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Blablabla

  • EncyclopÈdie de la parole, blablabla / Joris Lacoste et Emmanuelle Lafon

  • Encyclopédie de la parole, blablabla / Joris Lacoste et Emmanuelle Lafon

  • EncyclopÈdie de la parole, blablabla / Joris Lacoste et Emmanuelle Lafon

  • EncyclopÈdie de la parole, blablabla / Joris Lacoste et Emmanuelle Lafon

Blablabla

 

Flashs de mots et de sons aux tonalités vives et contemporaines, reflet de l’enfance porté par un petit bout de femme passeur des complexités et merveilles de notre époque. Conçu à hauteur d’enfants à partir d’enregistrements de toutes sortes, ce solo porté brillamment par l’actrice, musicienne et danseuse Armelle Dousset s’adresse à tous.

Comme par magie, les sons deviennent extraordinaires et indispensables pour déclencher rires et étonnement. Une encyclopédie sonore qui dessine autant les merveilles que les manipulations de notre société.

Avec

Conception : Encyclopédie de la parole
Composition : Joris Lacoste
Mise en scène : Emmanuelle Lafon
Interprétation : Armelle Dousset
Création sonore : Vladimir Kudryavtsev
Lumière : Daniel Levy
Régie générale en tournée : Philippe Montémont ou Laurent Mathias
Assistanat à la mise en scène : Lucie Nicolas
Collaboration technique : Estelle Jalinie
Collaboration informatique musicale : Ircam Augustin Muller
Coordination de la collecte des documents sonores : Valérie Louys
Collecteurs : Armelle Dousset, Julie Lacoste, Joris Lacoste, Emmanuelle Lafon, Valérie Louys, Lucie Nicolas, Elise Simonet
Production : Echelle 1:1 en partenariat avec Ligne Directe
Co-production : Festival d’Automne à Paris, La Villette – Paris, Centre Pompidou Paris – spectacles
vivants, T2G – Théâtre de Gennevilliers – Centre dramatique national, Le Volcan – Scène nationale du Havre, Théâtre de Lorient – Centre dramatique national, La Bâtie – Festival de Genève, CPPC –
Théâtre L’Aire Libre, avec le soutien de l’Ircam – Centre Pompidou

L’Encyclopédie de la parole

L’Encyclopédie de la parole est un projet collectif qui cherche à appréhender transversalement la diversité des formes orales.

Depuis septembre 2007, les poètes, acteurs, artistes plasticiens, ethnographes, musiciens, curateurs, metteurs en scène, dramaturges, chorégraphes, réalisateurs de radio qui animent le collectif, collectent toutes sortes d’enregistrements et les répertorient en fonction de phénomènes particuliers de la parole : cadences, choralités, compressions, emphases, espacements, mélodies, répétitions, résidus, saturations, timbres, etc. Chacune de ces notions constitue une entrée de l’Encyclopédie, dotée d’un corpus sonore et d’une notice explicative.

À partir de ces enregistrements, l’Encyclopédie de la parole produit des pièces sonores, des spectacles, des performances, des conférences, des installations, un jeu…

Comme des refrains familiers

Pour créer le spectacle Blablabla, la metteuse en scène Emmanuelle Lafont et le compositeur Joris Lacoste se sont demandé ce qu’entendent les enfants de 6 à 11 ans en France aujourd’hui. Qu’est-ce qui compose leur univers sonore, à la maison, en classe, pendant la récréation, à la télévision, dans la rue, sur YouTube, dans le métro, chez le docteur, pendant le cours de sport. Ils se sont ensuite entourés d’une fine équipe de collectrices qui d’une manière ou d’une autre sont en contact avec des enfants. En amont de la composition, chacune a mené son enquête, avec ses moyens propres : questionnaires, échanges, écoutes partagées, temps passés dans la classe d’une amie institutrice, afin de constituer une collection d’enregistrements sonores.

un travail de composition

C’est à partir de là que peut commencer le travail de composition de Joris Lacoste : « Quand je compose un spectacle pour l’Encyclopédie de la parole, je commence par écouter en boucle tout ce que nous avons collecté, des centaines d’extraits, jusqu’à les avoir dans l’oreille comme des refrains familiers. Au bout d’un moment certains documents s’imposent comme des points de départ, des pivots autour desquels je construis des rapprochements, des contrastes, des détours… L’enjeu, dans Blablabla, est de créer de la continuité dans la différence : on traverse un grand nombre de paroles très disparates, des plus quotidiennes aux plus fictionnelles, mais leur succession chaotique crée des situations théâtrales, des petites scènes dialoguées, des micro-histoires. »

une mise en scène qui met au jour le montage

Emmanuelle Lafon : « Le point de départ de l’écriture et de la mise en scène est le même que pour nos précédents spectacles : restituer vocalement une collection d’enregistrements sonores à une assemblée. Mais la question de la narration est abordée plus frontalement. Il m a semblé indispensable que le spectateur, pris dans le flux d’extraits souvent très courts, soit toujours conscient du montage : en réalité, ces paroles hétérogènes n’auraient jamais dû se rencontrer, mais, prononcées ensemble, elles font apparaître personnages, dialogues, situations, paysages… Le spectateur est à la fois acteur de ce montage (c’est lui qui identifie chaque parole et décèle le moment où on passe de l’une à l’autre) et spectateur de la fiction qui a lieu, avec ses déploiements, ses rebondissements, ses comédies et ses drames. À cette fin, le processus de travail est mis au jour : l’actrice fait d’abord entendre des enregistrements originaux, un peu comme le ferait un DJ. On la voit restituer petit à petit de sa voix ce qu’on vient d’entendre ensemble, ce matériau préexistant ; elle manipule elle-même les outils de transformation de sa voix ; ses métamorphoses provoquent des changements de la lumière qui elle aussi met en relief et l’unicité de chaque parole, et les pans de fiction qui se succèdent. On donne toutes les clefs de la fabrique pour permettre de mieux l’oublier. »

un seule en scène vertigineux

Joris Lacoste : « Nous nous sommes rendus compte avec [le spectacle] Parlement qu’un solo amplifie la projection pour le spectateur : on est face à une actrice qui est à la fois seule et fortement peuplée, puisque traversée de dizaines de voix. Chaque personnage apparaît précisément, mais on perçoit aussi la métamorphose de l’un à l’autre. La jubilation, je crois, vient de ce jeu paradoxal entre sincérité et distanciation : littéralité de chaque parole reproduite et artifice de la métamorphose.

Emmanuelle Lafon : « Il y a une proximité particulière avec une actrice seule en scène : on s attache à ce visage, à cette bouche, à ce corps, mais paradoxalement ce sont des dizaines de voix qui s’adressent à nous à travers une seule. La plasticité de cette voix est minutieusement travaillée pour renforcer à la fois le concret et le vertige de ce jeu d’adresses multiples. Armelle Dousset est une incroyable actrice/musicienne/danseuse aimant jouer d une présence ambivalente propice à ce jeu de transformisme. »

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