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Fleuve

Fleuve

 

Une traversée sonore et narrative où l’intime, le poétique et le politique se répondent dans un même écho.

Si notre corps est constitué à 60% d’eau et si la nature de l’eau est de couler dans le sens du courant, sur quoi s’appuie-t-on intérieurement pour être capable en certaines circonstances d’aller contre le courant ?

D’une collision avec les illustrations d’Amy Cutler est née l’histoire de « Milie qui-se-fond-si-bien-dans-l’décor-qu’on-l’a-même-pas-vue ».

Sortie de chantier présentée après une semaine de résidence au Théâtre le Hublot, dans le cadre d‘Histoires provisoires, journée professionnelle où retrouver également Sabrina Chézeau, Tony Havart et Hélène Palardy.

Extrait du spectacle Bouteilles à la mer

Avec

Récit et écriture : Amandine Orban de Xivry
Ecriture sonore et musicale : Marie Vander Elst (violon, voix, musique électronique)
Mise en scène : Lara Hubinont
Techniciens son et lumière : Olivier Lefebvre et Christophe Hella
Costumes/scénographie : Marie Kersten
Coproduction : La Maison du Conte de Chevilly-Larue, Festival Rumeurs Urbaines / Cie Le Temps de Vivre.
Partenariats : CC Rochefort, la MCFA (Be-)
Accueils en résidence : Théâtre le Hublot, Le Corridor, la MCFA, les Abattoirs de Bomel, le Bamp
Aide à la création de la FWB (Be-)

Amandine Orban

Amandine Orban de Xivry

Amandine mêle écriture et oralité, répertoire traditionnel et récits de créations, travail en solitaire et émulsions collectives. Elle défend des spectacles pour la scène autant que du conte tout terrain et mène des actions culturelles en lien avec ses créations. Etre conteuse pour elle c’est marcher. Marcher en forêt ou sur le tarmac, au milieu des gens et des arbres. Relier sa tête et son corps. Habiter le monde. Guetter l’invisible. Espérer le big bang intime, celui qui lui rappelle que la frontière entre réalité et imaginaire est plus poreuse qu’elle le pense…

Tout commence le jour où j’ai rencontré le Chaperon rouge cannibalique et la conteuse Myriam Mallié. Ces rencontres ont nourri mon travail pendant plusieurs années :
2009 / Spectacle GRANDS-MÈRES, SI VOUS SAVIEZ… avec Fabien Mouton (musicien).
2009-10 / Ecrivaine publique, projet de correspondances intergénérationnelles organisé par l’Asbl Entr’âges.
2009-16 / Contes pour les ateliers intergénérationnels organisés par l’Asbl Femmes et Santé. 2010 / Création radio DES ÉPINGLES ET DES AIGUILLES, un docu-fiction à la rencontre de mes grands-mères avec le Chaperon rouge comme porte d’entrée.

Puis il y a la soif d’explorations et d’émulsions collectives…
2011 / Spectacle ROUGE! HISTOIRES DE MONSTRES À 4 VOIX (conte et palette graphique) avec Sophie et Jérôme Clerfayt et Marie-Rose Meysman
2011-12 / Création du collectif de conteurs Le lampadaire à deux bosses (LA2B) et du spectacle CONFIDENCES SUR UN BANC (espace public)
2013 / Formation « Raconter à plusieurs » donnée au Festival du conte de Stavelot
2012-13 / Participation au LABO DE CONTEURS de la MDC de Paris mené par Abbi Patrix 2014-15/ Labo avec le collectif LA2B : raconter à plusieurs, espace public et territoire
2016 / Spectacle QUAI DES DÉPARTS RENOUVELÉS (espace public) avec le collectif LA2B et formation« Conter à plusieurs, imaginaire et territoire » donnée au Festival de Chiny
2017-18 / TANDEM ! : Créations en duo avec des circassiens, un projet de la Maison du Conte de Chevilly-Larue (Paris) et de l’Académie Fratellini (Paris) mis en scène par Olivier Letelier

Et pendant ce temps, je brouille les frontières entre réel et fiction, je creuse le territoire…
2013-14 / Lancer de bouteilles à la mer (avec des histoires dedans)
2015 / Spectacle BOUTEILLES AAN ZEE avec le musicien Martin Kersten
2016 / PLUTÔT TARZAN OU PÉNÉLOPE ? conférence art. et citoyenne avec la musicienne M. Colin et la fileuse B. VanKleef au Th. du Cloître à Bellac (Fr.), sur invitation de N. Bonneau
2017 / Master-class « Réalité-fiction » donnée à Chiny
2017 / SUR LA CORDE conférence art. et citoyenne chez Music Fund en partenariat avec la MCFA, avec le luthier C. Bertram et la conteuse A. Borlée (idée originale : N.Bonneau).

Actuellement, je cherche une parole qui touche à l’intime comme au politique et questionne en particulier le lien entre l’individu et le groupe.
2017 / Ateliers contes et création d’histoire autour du (anti-)conformisme pour enfants 2017/ COMME TOUT L’MONDE solo de contes tout terrain
2018 / FLEUVE création en cours avec Marie Vander Elst

Marie Vander Elst

Marie Vander Elst

A l’âge de huit ans, j’ai appelé ma mère et je lui ai dit en montrant la télévision « maman, c’est de cet instrument-là que je veux jouer ». Je ne connaissais pas encore le mot « violon » et ne savais pas non plus qu’un violon dormait depuis de nombreuses années dans le grenier de la maison familiale. C’était le violon de ma mère, un violon qui a cessé de chanter le jour où une maladie a attaqué les mains de l’ancienne violoniste.
J’ai alors entamé une longue formation musicale avec Dominique Huybrechts à l’Académie de Schaerbeek (Bruxelles). Une formation en violon mais également en solfège, solfège de perfectionnement, analyse musicale et musique de chambre.
Ma formation en violon a ensuite été complétée par des Master Class avec des professeurs de renommée internationale. Il faut dire qu’à l’époque, je me préparais à passer l’examen d’entrée au Conservatoire Royal de Bruxelles.
Pourtant, la veille de l’examen, la confiance m’a glissée entre les doigts. Je ne me suis pas présentée. J’ai entamé des études de philosophie et de droit. J’ai exercé comme avocate. Puis j’ai tout quitté pour la musique. Et à nouveau la confiance était glissante. J’ai entamé une formation en agriculture biologique. J’ai exercé comme fromagère.
Mais cela fait maintenant deux ans que je suis devenue musicienne professionnelle. J’ai pu compléter ma formation avec des cours de tambourin, de composition, de guitare, de beatbox, de chant et de musique électronique. Les années de silence s’étaient sans doute chargées de nombreux désirs qui ont voulu éclore les uns après les autres.
Aujourd’hui, je suis chanteuse dans le quatuor vocal La Crapaude ; violoniste dans le duo Zemer & Klyde ; chanteuse et violoniste dans le nouveau groupe de cover rock Three Wood Band ; auteur, compositeur et chanteuse dans un projet de chansons françaises et accompagnée désormais par la chanteuse et pianiste Peggy Deloge ; et compositrice pour le spectacle « Fleuve » porté par Amandine Orban. J’ai en outre donné des ateliers de musique dans une école primaire et j’ai démarré un projet d’ateliers de chansons wallonnes avec une des autres chanteuses du quatuor La Crapaude.

Sources d’inspirations

Illustrations
Amy Cutler, Turtle Fur, éd. Hatje Cantz (illustrations et univers sur lesquels je me suis appuyée pour l’écriture)
Annie Kurkdjian

Pensée
Michel Terestchenko, Un si fragile vernis d’humanité, Banalité du mal, banalité du bien, éd. La Découverte/Poche, Paris, 2007
Starhawk, Femmes, magie & politique, éd. Les empêcheurs de penser en rond / La Seuil, Paris, 2003
Miguel Benasayag, La fragilité, éd. La Découverte/Poche, Paris, 2007
Michela Marzano, Visages de la peur, éd. PUF, Paris, 2009
Vinciane Despret et Isabelle Stenghers

Poésie – Littérature
Anne Waldman, Fast speaking woman, éd. Maelström, Bxl, 2008
Monique Wittig, Les guérillères, les éditions de minuit, Paris, 1969

Musique
Alog, Amateur
Bjork, Utopia
Deus, My Sister is my Clock
Laurie Anderson & Kronos Quartet, Landfall
Laurie Anderson, Big Science
Myriam Pruvot, NIEBLA
Mansfield TYA, Nyx
Nathan Fake, Providence
Noir Désir, Nous n’avons fait que fuir – poème chanté
Portishead, Dummy
Portishead, Glory Times

/ 1 / Extrait du récit

(…) Ona, quand elle était petite, elle écrasait des petites bêtes rouges avec ses doigts sur la pierre chaude. Elle aimait bien voir les taches que ça faisait. Ona, d’avoir toutes ces femmes qui la suivent partout tout le temps, ça lui est monté à la tête. Son corps, il allait là où il voulait. Puis sa tête s’empressait de reprendre les rennes : « à gauche, mes petits poissons, allons allons on traîne pas derrière. Vous entendez les bruits ? Faut rester serrées, je vous dis… Unies face à l’ennemi. … Les petits poissons dans la mer, ils restent en banc. Pourquoi ? Quand le barracuda arrive. Il croit voir un seul énorme poisson et il se décourage. Si t’en as qui part tout seul de son côté. Qu’est-ce qu’il lui arrive ? Schnak ! Il s’fait bouffer. Voilà pourquoi faut qu’on reste groupier, mes petits poissons, unies je vous dis ! Allez suivez-moi, toutes à droite».
Et Greta qui faisait toujours tout pour qu’Ona la regarde, elle suivait derrière et jouait l’assistante : « Ona a dit à droite, allez, plus vite que ça ! ».
Et le banc des femmes suivait la tête d’Ona ou plutôt son corps, son corps aveugle, sourd et sauvage qu’avançait là où il voulait, qui se prenait les bosses, les troncs, les trous. Chef sans tête qui sait pas où il va mais qui y va quand même.
Et la tête d’Ona, soutenue par Greta, fidèle au poste. Ona en tête de banc qui hurle : « par ici, j’ai dit par ici bordel-de-merde ! ». La tête d’Ona qui se prend au jeu, comme un petit enfant qui croit que la terre entière tourne autour de lui. Tu sais le pouvoir, ça te crée des drôles de trucs dans le cerveau. Ça augmente la dopamine,… puis dopé comme ça, tu te crois heureux. Mais dès que ça redescend, tu te sens en manque, t’as besoin de ta dose, alors t’écrases des petites bêtes sous tes doigts juste comme ça pour le plaisir, puis ça va mieux. Y en a ils sont tellement shootés en permanence par l’hormone du pouvoir qu’ils connaissent même plus l’état de manque.

/ 2 / Extrait de Goutte

Je suis une goutte
une petite goutte
une petite goutte qui ressemble comme deux gouttes d’eau à toutes les gouttes
Je suis une goutte d’eau dans l’océan
Dans l’océan
Et d’y penser, cela me suffit à me fondre dans la marée
Je surfe sur la vague
Je suis le courant
Mais je suis aussi le courant

Je suis le courant
Je suis au courant
Je suis cours d’eau
Je suis cours d’eau et
Je cherche mes congénères
Je cherche ry, ruisseau, rivière, fleuve, flot
Je me jette, je me fonds, je me coule
Je suis ry, ruisseau, rivière, fleuve, flot
Tiens, il pleut… Fort, dis donc…
Je suis fleuve et je gonfle
Il pleut
Il pleut fort et je gonfle
Si ça continue, je vais sortir de mon lit
Je le dis, si ça continue je vais sortir de mon lit,
Je vais sortir de mes gonds, si ça continue
Mais les nuages s’en foutent : ils pleuvent !

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