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Graines de conteurs

GRAINES DE CONTEURS

faire pousser de nouvelles histoires

Graines de conteurs est un projet fédérateur inter-classes et inter-degré autour des contes. Il invite les élèves, par le biais d’ateliers d’écriture, de lecture et de mise en jeu pluridisciplinaire (illustration, théâtre, danse et chant), à revisiter les schémas narratifs traditionnels pour inventer des récits à la lisière de la fiction et du réel, capables de rendre compte du monde contemporain.

Rumeurs Urbaines s’attache à présenter et accompagner la pluralité des formes de récit existant aujourd’hui. Depuis une trentaine d’années, le renouveau du conte s’est illustré par un mélange des disciplines artistiques (musique, danse, vidéo), une plus grande porosité avec le théâtre (décor, lumière, jeu) ainsi qu’un renouvellement des sujets abordés (récits de vie, réactualisation des mythes, inventions contemporaines). C’est cette vitalité des arts de la parole que nous souhaitons partager avec les élèves.

Ce projet permet aussi de rappeler que les récits n’appartiennent pas seulement au passé et ne relèvent pas uniquement du monde de l’enfance. Les mythes ont pour fonction d’expliquer le monde qui nous entoure aussi nous avons toujours besoin de les réactualiser. C’est pourquoi nous proposons aux élèves de construire leurs propres variations contemporaines à partir de schémas narratifs existants. Ces variantes enrichissent le mythe au même titre et avec la même légitimité que les versions antérieures. C’est ce qu’explique Claude Lévi-Strauss, dans son Anthropologie structurale (1958) :

« Nous proposons au contraire de définir chaque mythe par l’ensemble de toutes ses versions. Autrement dit : […] Il n’existe pas de “version vraie” dont toutes les autres seraient des copies ou des échos déformés. Toutes les versions appartiennent au mythe.»

Saison 5 – 2021-2022

20 classes (CE1 > CM2, 6e, ULIS, UPE2A), 5 groupes d’adultes (adultes allophones)
450 participants
267 heures de pratique artistique

11 partenaires dans 6 villes (92) :
écoles élémentaires Jean Lurçat à Gennevilliers, Simone Veil et Charles Péguy à Colombes
collèges Gay-Lussac à Colombes, Guy Môquet à Gennevilliers, Truffaut à Asnières-sur-Seine, Les Champs-Philippe à La Garenne-Colombes, Léonard de Vinci à Chatenay-Malabry
centre social et cuturel Petit-Colombes, Europe à Colombes et centre Nelly Roussel à Villeneuve-la-Garenne

Autrices et auteurs : Gustave Akakpo, Jules Benveniste, Valérian Guillaume, Juliette Malfray et Métie Navajo.

Intervenants : Mouna Belghali, Odile Burley, Amandine Gay, Christine Guenon, Héloïse Menassier, Claire Poisson, Ydire Saïdi et Pauline Tremblay.

Ce projet reçoit le soutien du Ministère de la Culture dans le cadre du projet Action culturelle et langue française, du Département des Hauts-de-Seine, du Rectorat de Versailles, des villes de Colombes et Gennevilliers, de la Fondation du Crédit Mutuel pôle Lecture, de la Fondation La Poste et du Réseau Canopé.

Lire les textes :

A la recherche du manège disparu

A la recherche du manège disparu – école Simone Veil à Colombes

Par : Yassine AAFIR, Halima ALOUANE, Waël BALAZI, Mohamed-Farès BEN SLAMA, Yacoub BENAMRANE, Mohamed-Wassim BENSAYAH, Amany BOUFAR, Zoé CELLE, Malak CHOUAIB, Inès EL KHOULOUDI, Sofian EL MAHDI, Oumar FOFANA, Rayan FOLLIN, Nour EL MOWAHID, Jenna-Sophie GOMA, Alexandre HADJALI, Saliha HAMIDI, Bilal HMIMOU, Nolan LEHAIRE, Côme MINA, Aïda Ibra NDIAYE, Aryash PANDEY, Enessa PERAZIC, Haron QARNI, Laurenza THURAM, Azaria TOURRAINE

Enseignante : Noémie Bertho

AVS : Laurène

Autrice intervenante : Métie Navajo

Graines de conteurs – saison 5

 

LISTE DES PERSONNAGES :

Cheval de bois

Guépard

Licorne

Dragon

Lion

Dinosaure

Voiture

Fusée de Neptune

Fusée de mars

Quad rouge

Quad bleu

Monstre

Plusieurs « super héros »

Le vieux monsieur qui vend les tickets

La femme très jolie qui repeint

Les enfants de l’école Simone Veil


Un jour, il n’y a plus eu d’arc en ciel.

On ne sait pas si c’est le même jour que le manège a disparu.

Ça s’est passé quand nous étions à l’école.

Peut-être pas pendant qu’on était à l’école, mais on s’en est rendus compte une fois qu’on était à l’école.

On ne sait pas exactement quand ça s’est passé.

Justement.

On n’est même pas sûrs que ça s’est passé.

Chut.

Indice ?

On ne sait pas quand ça s’est passé…

INDICE NUMERO 1 :

L’école, c’est l’école Simone Veil.

Nous, nous sommes les enfants de l’école ; pas tous les enfants de l’école, une partie, c’est-à-dire, une classe.

INDICE numéro 2

Dans notre ville, il y a plein d’endroits intéressants :

La boulangerie, Leclerc, Lidl

Il y a les rues, le jardin de la maison de ma copine

On peut voir un match, des combats

On peut rouler dans un bus

Faire du vélo

Il y a la fête de la cerise, mais pas tout le temps

Le parc Pierre Lagravère

La Défense

C’est à Colombes, la Défense ?

Le stade, la piscine, la MJC, le magasin royal

Leclerc

Déjà dit Leclerc

La médiathèque, l’église, Carrefour

Le restaurant

La tour Eiffel

C’est à Colombes, la tour Eiffel ?

Pas loin

L’île marante

On peut faire de la danse aussi, du patin à glace

Il y a le moulin joli, le club de karaté et le club d’échecs

Le manège…

Le manège, voilà, on le voyait depuis la fenêtre de notre classe, dans l’école Simone Veil, dans la ville qui s’appelle Colombes, vous avez compris.

Ce manège est fait de bois, peint de couleurs différentes, il est haut, et tourne vite, il fait le bonheur des enfants des alentours. On y voit chaque jour s’activer :

Des chevaux de bois, un guépard, une licorne, un dragon, un lion, un dinosaure, une voiture rouge, une fusée de Neptune, une fusée de Mars, plusieurs super héros, un quad rouge, un quad bleu, une femme très jolie qui repeint, un monsieur qui vend les tickets.

Sauf que, un jour, on ne l’a plus vu.

Les enfants s’approchent des grandes baies vitrées de leur salle de classe, regardent dehors.

Tu le vois ?

Non…

Qu’est-ce que tu vois alors ?

De la fenêtre de la classe, je vois un tram qui passe avec des voitures

Des enfants qui jouent

Je vois un parc avec des jeux et des arbres avec des feuilles qui tombent avec des canards sauvages et un toboggan

Des chiens qui aboient

Manuel Macron qui marche à côté des voitures

Je vois des bancs, des bâtiments, des vélos, des fenêtres, la poste

Le ciel

Je vois quelqu’un avec un gros casque, une ambulance, je vois quelqu’un qui ramène du pain

Facteur à vélo, livreurs à moto, oiseaux qui volent

Un pot pour chiens, une cabane pour livres, des avions

Un camion qui transporte du sable, un camion moyen de taille noire et un camion énorme de taille blanche où il est écrit « Diagonale ».

Des personnes sur le trottoir, des camping-cars, du béton, des oiseaux, des corbeaux, des camions de chantier, un panneau « INTERDIT AUX BALLONS »

La rue Marguerite Yourcenar

Des bâtiments modernes aux formes bizarres

Le tramway, le restaurant, une poubelle

Manuel Macron qui marche à côté du parc

Des couleurs : rouge orange jaune violet bleu vert rose noir gris

Je vois… nos reflets sur la vitre

Et le manège…

Quel manège ?

Le manège n’y est plus ! Il n’y a plus de manège !

C’était bien ça, du jour au lendemain, le manège avait disparu. Comme c’est bizarre. Où était-il passé ? Il fallait mener l’enquête… Qui d’autres que nous, enfants de l’école Simone Veil, pouvions-nous charger de résoudre l’énigme du manège disparu ?

Nous avons formé des groupes.

Brigade actions, au rapport !

Oui cheffe !

Qu’avez-vous relevé ?

Camion à bois / dame qui court / camion poubelles / Dame avec poussette / voiture qui sort d’un garage / les pigeons mangent, les arbres bougent / un embouteillage

Rien à signaler chez les pigeons ?

Un pigeon tellement gros que j’ai cru que c’était un ballon !

Tiens, tiens… Brigade sensations, au rapport !

Oui cheffe !

Qu’avez-vous remarqué ?

Du soleil /le bruit du klaxon / le bruit de quand on parle très fort

Parfait. Autre chose ?

Oui, cheffe !

Le ciel bleu

Des jeux multicolores

Des immeubles blancs

Des bancs marron

Des arbres marron et verts : c’est l’automne

De l’herbe verte

Des voitures rouges

Des routes noires avec du blanc

Du soleil jaune comme au printemps

Des poteaux gris

Des nuages blancs

Des trams blancs verts noirs

Des feuilles vertes

Hum, hum… Intéressantes ces couleurs, suspectes, ces saisons…

Cheffe… ?

Oui ?

On a aussi remarqué des traces de pas, une boite vide ayant contenu un téléphone à côté de la boite à livres.

Je pense que c’est un meurtre, cheffe. C’est la guerre des meurtres contre la bibliothèque, à mon avis.

Mais, et le manège ?

Pas vu.

On ne l’a pas vu.

Personne n’a la moindre idée ?

Je pense avoir vu le voleur, cheffe, le jour de sa disparition, quelqu’un dormait dans le parc…

HYPOTHESES SUR LA DISPARITION DU MANEGE

Dans une enquête, mon cher Sherlock, il faut formuler des hypothèses.

Il y a eu un voleur, donc, forcément.

Quand quelque chose disparaît, c’est qu’il y a un voleur.

Le voleur a laissé des traces derrière lui, il a appelé du renfort pour l’aider.

Le voleur en camion a déplacé le manège.

La police serait passée.

Le voleur de manège est une pauvre âme qui l’a pris pour l’utiliser comme maison.

Le voleur est méchant, il a récupéré du bois du manège. Avec le bois il veut construire une terrible machine.

C’est un magicien !

Mais pourquoi voler notre manège ?

Il vole le manège pour ensuite pouvoir kidnapper des enfants

Pour faire plaisir aux gens qu’il aime.

Il n’y aurait pas qu’un seul voleur, un voleur, seul, ne peut pas déplacer tout un manège.

C’est sûr.

Il y aurait six voleurs !

Six voleurs ?

Six voleurs pendant la nuit avec des biscuits et des talkies walkies, sont entrés dans le parc, ils ont enlevé le manège.

Ce sont six agents municipaux : le manège était vieux et ils l’ont emmené en réparation, ou à la décharge ou ils l’ont mis dans un parc où il n’y a pas de manège.

Ils ont enlevé le manège parce que les enfants n’arrivaient pas à descendre et donc il fallait en changer.

La nuit, il y avait des enfants qui se cachaient dans les arbres, les six voleurs sont entrés, déguisés, sur les six il y en avait au moins dix qui essayaient de déplacer le manège : et un était si fort qu’il pouvait le prendre seul.

Mais personne ne sait ce qu’est devenu le manège… Que sont devenus le quad rouge, la fusée de Mars, les chevaux de bois, la très jolie femme qui repeint et les autres ? Personne ne le sait, hélas.

Hélas…

LES DISPARU.E.S DU MANEGE

Souvenirs

Je me souviens lorsque je repeignais, un jour, une petite fille m’a dit : tu es très jolie

Je me souviens, ce jour-là, il y avait plein d’enfants devant le manège. Un enfant est monté sur moi. Il a appelé tous ses copains : ils voulaient tous monter sur moi, car je suis le super héros Naruto !

J’aimais marcher dans les airs, et les enfants me voyaient voler au -dessus du manège.

Je me souviens avoir vu mes roues tourner à toute vitesse à cause du nombre trop élevé de l’énergie, et depuis, mes roues tournent, tournent…

Un jour un enfant est monté sur moi, m’a fait un câlin : il m’adorait même si je suis un dinosaure dangereux.

Je me souviens des enfants sur mon dos, ils riaient et frappaient des mains et en disant : qu’ils sont doux, les poils du lion !

Les enfants m’aimaient bien, et je leur donnais parfois des cadeaux, parfois un ticket gratuit.

En fait, je suis un dinosaure très gentil, mais avec des écailles terrifiantes.

Un enfant est tombé dans ma toile d’araignée, je l’ai sauvé.

Je me souviens quand je suis arrivé dans le manège, tout le monde a dit « waaahhh ». J’étais fier. Parce que je suis Batman. Un enfant a dit « il est vachement musclé »

Je repeignais le matin, très tôt. Quelqu’un a demandé un ticket pour le manège mais il n’y en avait plus, il a menacé le monsieur qui vend les tickets. Je repeignais les créatures du manège le soir, et je l’ai vu parler tout seul derrière la maison avec son chien noir.

Le manège est allé très vite, très vite, j’étais la voiture la plus rapide du monde.

Un jour Dragon a craché du feu, il a enflammé le manège. Il ne s’était pas rendu compte qu’il y avait des enfants dedans. Alors il décida de sauver les enfants des flammes.

J’ai aimé voir ma petite fille choisir la couleur du manège pour la première fois à 4 ans.

Je me souviens quand la fusée m’a percuté, puis a essayé de s’envoler mais comme un pigeon… elle était attachée au manège, elle ne pouvait pas ! Manuel Macron a alors sauté de 10 km d’altitude.

C’était le soir, le dernier tour. Un garçon est monté sur moi, j’en avais marre ! C’est la fin, j’ai pensé. Je vais partir dans une grotte.

Un jour, des jumeaux s’amusaient sur mon dos, ils faisaient des tresses dans ma crinière de bois.

Un jour que je vendais des tickets, le dragon m’a dit :

Viel homme qui vend des tickets, veux-tu monter sur moi ?

Mais non Dragon, tu vois bien que je suis occupé !

Le dragon a craché du feu, alors j’ai dit oui. Personne ne tenait les commandes, c’était un tour extraordinaire.

**

Interrogatoire

Dinosaure, qu’es-tu devenu ?

Je suis devenu un véhicule dinosaure en bois, je suis libre ! Je roule sur la route, ouais, trop cool.

Où es-tu allé après la disparition du manège, Guépard ?

Je suis allé dans un parc d’attraction, et je suis redevenu sauvage.

Licorne, qu’es-tu devenue ?

Je suis allée avec les autres licornes au pays des licornes.

Super héros, qu’es-tu devenu ?

Je suis resté un super héros et je sauve la ville de Colombes, tous les jours.

Quad rouge, qu’es-tu devenu ?

Je vis dans les égouts, je suis en tout petits morceaux

Fusée de Neptune, qu’es-tu devenue ?

J’ai été cassée, arrachée du manège.

(J’ai quelque chose à vous révéler – ne le répétez pas – le voleur était un chien qui bavait, qui nageait dans l’espace, dans l’univers.)

(Je suis la Fusée de Mars)

Cheval en bois, qu’est-ce-que tu es devenu ?

J’ai été découpé par des maçons, j’ai eu mal, quelqu’un m’a pris et après j’étais quelque part dans le monde, un monsieur m’a dit que j’étais dans la décharge.

Quad bleu, qu’es-tu devenu ?

Je suis devenu une décoration dans la maison et je suis emprisonné.

Jolie femme qui repeint, qu’es-tu devenue ?

J’étais seule et ma fille est morte à cause d’un morceau du manège qui est rentré dans ses poumons, alors je suis malheureuse.

Une histoire très triste.

Heureusement, dans une autre enquête, je raconte que j’ai trouvé du travail dans un autre manège où je suis devenue directrice. Et ma fille va très bien.

Monstre, qu’es-tu devenu ?

Je suis devenu tout poilu, vous savez, j’étais très content de quitter ce manège, je suis en vacances maintenant.

Vieux monsieur vendeur de tickets, qu’es-tu devenu ?

Je suis devenu pauvre parce que j’ai perdu mon travail.

Voiture rouge, qu’es-tu devenue ?

Je suis devenue un taxi jouet d’un petit enfant.

Cheval en bois, qu’es-tu devenu ?

Je suis dans un manège tout pourri, celui qui vend les tickets n’arrête pas de crier sur nous.

On n’a pas retrouvé tous les super héros. Mais on raconte que le super héros Spiderman est devenu plus fort après la disparition du manège, il s’est mis à la recherche du coupable.

Et toi, Lion, qu’es-tu devenu ?

Je suis devenu triste.

ARC-EN-CIEL

Certains disent que le manège a disparu au pied de l’arc en ciel.

Certaines disent que le manège n’a pas disparu.

Certains disent que les enfants détectives ont aidé les personnages du manège à revenir.

Certaines disent qu’il n’y a jamais eu de manège, dans ce parc qui est en bas de l’école, et que les enfants regardent de la fenêtre.

EPILOGUE

Dans les histoires, il arrive que les voleurs et les voleuses soient attrapés par la police, et s’ils sont attrapés ils sont mis en prison et reçoivent toutes sortes de châtiments. Parfois la police ne les attrape jamais. Parfois les voleurs n’aiment pas la nourriture en prison. Parfois ils s’échappent, parfois, ils dansent.

Voilà.

Mais laissez-moi vous raconter la fin de l’histoire, la vraie fin de l’histoire.

Le manège, comme par magie, est revenu à sa place, calculée au millimètre près. Le quad rouge, le dragon et tous les autres personnages étaient de retour.

On l’a réparé.

Ce jour-là, il y avait un arc-en-ciel : beaucoup de soleil et de pluie

Les enfants détectives ayant fini leur enquête, ils se jetèrent sur le quad rouge et les autres personnages

Leurs amis aussi et les autres enfants revinrent.

Et même les parents !

Bref, tout le monde était revenu pour célébrer le grand retour du manège.

Tout le monde l’adorait. Les parents l’adoraient autant que les enfants, le manège était devenu aussi célèbre que la tour Eiffel.

Je dois préciser que pendant mon enquête, car je fais partie des enfants détectives, j’ai trouvé une boite de téléphone.

On va trouver ça bizarre qu’une boite de téléphone mène à des bandits, mais c’est vrai !

Vous vous posez peut-être encore des questions, mais je ne peux pas vous répondre, ce serait trop long.

Pour faire bref, ils voulaient s’emparer du manège et ils ont réussi mais heureusement on l’a retrouvé et ils ont été arrêtés. Bon, j’aurais pu faire plus long, mais je ne vais pas aller à l’infini.

C’est fini.

Voilà. Mais juste : je n’ai pas encore tout dit.

Fin.

 

Nous, nos arbres

Nous, nos arbres – école Charles Péguy A à Colombes

Par : Ons ABICHOU, Mohamed Hamada EL GOURCHE, Khadija GHORBEL, Cristiano KEMAYO, Lexie KOLIMEDJE, Hamza-Ali MANZOOR, Layanah MOUTOUSSAMY, Adam ABARAGH, Alexia ANDRÉ, Thiwanka ARIYARATNA, Mila CLEMENT, Amelia DAGONIA, Shemsy DARYAZID, Ramatoulaye DIALLO, Khelifa DJELOUAH, Abdelrahman ELWAN, Yowel KANTENG, Halima KECILI, Abdel-Salam LATRACH, Fares MAZIOUD, Destiny ODOUMA, Sohane TOUQUET

Enseignante : Olga De March

AVS : Djamila et Vanessa

Autrice intervenante : Métie Navajo

Graines de conteurs – saison 5


Dans ma ville qui s’appelle Colombes, il y a une grande avenue, et autour, les bâtiments de la cité des Grèves 2, la rue Jules Ferry, la rue Jean de la Fontaine

La mosquée

La boulangerie, la pharmacie, Good Price

L’école Charles Péguy

C’est là que nous dessinons cette carte de la ville

Charles Péguy : école A, école B, gymnase, école maternelle

Il y a aussi l’hôpital Louis Mourier

Des passages piétons, un par exemple pour aller au Lidl

La cité des Grèves 1

Le Parc

Vous verriez mieux sur nos cartes, on a représenté tout ça sur des belles cartes qu’on a dessinées nous-mêmes.

Vous ne les voyez pas, forcément, mais vous les entendez.

Plus loin, il y a la piscine, le KFC, les magasins, le centre

L’escalade

La Défense

La grande avenue au milieu, c’est l’Allée des platanes. On l’a appelée comme ça, parce qu’il y a des platanes.

Maintenant, il y en a moins, car les arbres ont été coupés.

Et c’était des platanes ?

Oui… Enfin…

C’était sûrement des platanes.

 

***

NOS ARBRES

J’ai rêvé d’un arbre.

Il s’appelle EKALIKE, il fait 3 mètres 26. Il pèse une tonne. Il porte des pommes mélangées avec des bananes. Ma famille protège cet arbre depuis des générations. On le trouve aux USA (Etats-Unis).

Sur mon arbre ALIAMEA poussent des plumes d’or, il ne vit qu’en Guyane et en Guadeloupe, il est de couleur verte plutôt vert clair.

Il fait 11 mètres de haut.

Ses plumes donnent de l’oxygène et soignent des maladies. Elles sont très grandes : elles font trois mètres. Les gens pensaient que cet arbre était maléfique sauf qu’une personne a tenté l’expérience de l’utiliser pour son rhume, ça a marché. Tout le monde aime cet arbre, il vit éternellement. Il pousse dans une oasis bleu turquoise, il a également des citrons bleus dans son feuillage de plumes.

C’est un bel arbre, mon arbre. Il vit en Russie. Il a beaucoup de fruits : tomates, fraises, mangues et aussi beaucoup de cerises.

Le DAMA est un arbre unique au monde qui pousse dans la grotte de Lascaux.

Sa particularité est que tous les trois ans il donne de l’ADN de dinosaure et des riches se battent pour le couper. Dans ses branches il y a la plus rare de toutes les chauve-souris.

Il date du Jurassique, il est adoré par les scientifiques.

J’ai rêvé d’un arbre.

Les girafes l’adorent, elles mangent ses feuilles. Comme fruits il a des fraises, bananes, kiwis et beaucoup de feuilles. Son tronc est fait de chêne noir. Il a été créé à partir d’actinidias (c’est l’arbre à kiwis), de bananiers et de fraisiers. C’est un SAFER, il vient d’Afrique. Un seul spécimen pousse tous les ans.

Mon arbre est seul de son espèce, il vit sur les pyramides, en Egypte.

Le SYMESH est un arbre d’Afrique. Il y en a beaucoup en Algérie, son fruit, le SYM, est très acide. Il fait partie des plus grands arbres du monde. Il vit entre 30 et 90 ans. Cet arbre fait plus de 90 m. Ses branches sont accrochées au sol.

La signification de Symesh est Shemsy en algérien.

Mon arbre s’appelle SONNIO. Il est petit. Ses feuilles sont en forme d’étoiles. La couleur est bleue. Le tronc est violet.  Il pousse en Tunisie, au lieu de la terre,  il pousse dans du sable. C’est un arbre sacré : quand cet arbre devient adulte, il marche. C’est Tomie Ben Zaied qui a découvert cet arbre.

On ne trouve le BADEL qu’en Nouvelle Zélande.

Il y en a un qui pousse par siècle, et tous les cent ans, il donne un fruit qui apporte la grande force surhumaine.

Mon arbre s’appelle YANALAH. Il est grand, il vit en Afrique, il pousse dans l’eau. Ses feuilles sont roses, le tronc est bleu. Il est rare dans le monde entier.

J’ai rêvé d’un arbre.

Le NACROTIS, qui vit à Sao Paulo au Brésil en Amérique. Il est grand. Il donne des mangues, des bananes et des fraises. Il a des feuilles vertes. Il aime un peu la chaleur. Il a besoin de beaucoup d’eau. Il a 90 ans et il mesure 3 mètres.

Le LIMA est de taille moyenne, il a des branches longues et il a des feuilles de couleur automne. Il pousse au Maroc, il est très fragile et les animaux qui viennent le plus souvent sur cet arbre sont des écureuils car il a des noisettes. Son tronc est de couleur marron et tout mon arbre brille.

Le SCIALE est un arbre très rare, il vivait au Moyen âge, il va se décrire lui-même : « Je suis très grand mais maigre, je n’ai pas beaucoup de feuilles, on peut me trouver en Afrique ».

TAHIKONUR est un arbre rare qui pousse dans les prairies.

Feuilles violettes, tronc de couleur bleu, fruits : poire pomme citron.

Dans cet arbre-là coule la sève d’or.

Il a des pics sur le tronc.

Il a été découvert en Amérique par Christophe Colomb en 1492 et alors il a crié : AU SECOURS !

On dit qu’il est incassable et que dieu habite dedans.

L’arbre HAMZAELA se situe en Asie du sud, il n’a pas de feuilles, il a besoin de coca pour se nourrir, il mesure 2m99, les écureuils aiment grimper sur son tronc, son tronc vaut 3808 euros !

Mon arbre s’appelle LIXEE. Il pousse en Afrique. Il est petit. Les feuilles sont en forme d’étoile. Il existe trois variétés de LIXEE. Pour l’instant personne ne l’a découvert. Pour l’arroser il faut de l’eau bénite et du Fanta.

Le LIMAH vient d’Algérie.

Il est en or.

Il a des noix de coco en or.

Il n’a que des pigeons VIP.

Il est unique au monde.

Il est sucré.

Il mesure 3 mètres 90.

Pour une semaine chanceuse, les humains peuvent le voir les lundis, en lisant des sourates.

Personne ne peut le toucher.

Il a une histoire : c’est le premier arbre de 10 000 ans.

Bien des gens ont voulu le couper, mais sans y arriver : tout le monde croit que c’est un dieu.

Le TOUMARA est un arbre d’Afrique plus précisément de Guinée, on l’appelle aussi le TOUMA.

Signification : arbre qui guérit toutes les maladies. Il est très sacré et n’a pas de fruits ni de légumes mais des feuilles magiques. Il guérit tout. Cet arbre a une histoire, écoutez bien ! Un jour, un homme trouva une graine précieuse. Il décida de planter la graine et pendant une semaine il s’occupa bien de l’arbre et au 7ème jour, l’arbre poussa. Il était très grand, il mesurait 100 mètres, il vit entre 50 et 100 ans. Il faut bien s’en occuper.

L’arbre UNITED donne des fruits de la paix, de la joie, le bonheur, l’amitié, ses pommes ont les couleurs de l’arc en ciel.

J’ai rêvé des 10 arbres MAHADA

Le 1er arbre mesure 7 m il vit en Afrique et il mange les humains.

Le 2ème arbre mesure 8 m il vit au Maroc, il est très chaud.

Le 3ème arbre mesure 9 m il vit en Algérie, il guérit les malades.

Le 4ème arbre mesure 2 m il vient de l’Egypte et il est doux et ses histoires, ses histoires…

Le 5e arbre vient de l’Espagne et mesure 1 m, il vole et il est glacé.

Le 6e arbre vient des Etats Unis et mesure 0 cm : il est tout petit.

Le 7e arbre vient du Canada et mesure 1000 mètres, il a plein de lignes.

Le 8e arbre vient du Sénégal et mesure 2 mètres et n’écoute pas.

Le 9e arbre vient de Colombes et mesure 12 m.

Le 10e arbre est nouveau et vient de Paris et mesure 4000 m et il est bizarre.

J’ai rêvé d’un arbre, ou alors ce sont les arbres qui ont rêvé de moi.

 

LE JOUR OU LES ARBRES ONT ETE COUPES

Au début je n’avais pas remarqué, puis j’ai été énormément surpris.

J’étais vraiment vraiment choqué.

J’étais triste.

Je ne me rappelle plus quand cet événement s’est passé.

Je m’en suis rendu compte un matin, en allant à l’école.

J’étais dégoûtée.

Le jour même j’ai cru que c’était la fin du monde.

Je me suis demandé : pourquoi ?

J’étais en classe quand ils l’ont fait. J’étais très déçu de ne plus les voir.

J’ai ressenti de la tristesse.

Ça m’a fait bizarre.

J’étais malheureux, c’est comme si on m’avait arraché les cheveux.

Les gens prenaient des photos.

Je me suis posée beaucoup de questions, par exemple : comment ? Pourquoi ? Quand ? Dans ma tête tout se mélangeait. En plus, j’étais sur le chemin de l’école.

Je ne m’y attendais pas, j’étais en colère.

C’était plus joli avant.

C’était un matin, en allant à l’école, j’ai remarqué un changement : « où les arbres sont-ils passés ? » J’étais si triste.

Les personnes qui les avaient coupés n’étaient donc pas fichues de se rendre compte de ce qu’elles avaient fait ?

Je me suis posée une question : pourquoi veulent-ils moins de nature ?

Tous les jours je voyais ces arbres. Et un jour, quand je suis allée à l’école, je n’ai plus vu les arbres : c’est comme si c’était pas le même chemin que je prenais tous les jours pour aller à l’école. Depuis je me suis habituée.

Quand j’ai vu les gens couper des arbres, je me suis demandé : pourquoi ? C’était une vengeance surprise, et j’ai compris que c’était pour la prolongation du T1 ; le tram.

Il y avait moins d’oxygène, moins d’oiseaux et plus de pollution. Quand ils n’étaient pas coupés, tout le monde s’en fichait. Les gens mettaient des déchets sur eux, des chiens faisaient leurs besoins sur eux.

Je m’en suis aperçu le soir. Aujourd’hui, il y a de nouveaux bus mais à cause d’eux, les arbres ont été coupés.

Le jour où les arbres ont été coupés ça m’a fait bizarre. Pendant cela, il y a eu beaucoup de travaux pour le tram. Ce qui est bien c’est que le tram passera à côté de chez moi.

Je me suis dit : pourquoi ils coupent les arbres ? Ça sert à rien parce qu’il y aura moins d’oxygène. Et ça sera pas bien pour notre santé. Et aussi il n’y aura plus mon ami le bus 304 parce qu’il y aura le tram.

« Pourquoi ils coupent les arbres ? » j’ai demandé à une dame

« Pour qu’il y ait moins de pollution. » elle a répondu.

La fumée des bus qui sort des bus pollue la ville plus que le tram.

Moi j’avais pas trop remarqué les arbres, ils étaient sur le côté, je les regardais pas. Je m’en fichais un peu. Et là, c’est notre sujet de conte.

En fait, les messieurs qui construisent le tramway ont coupé les arbres parce qu’il y avait pas de place, alors ils ont pris la place des arbres pour construire le tramway.

On pense que c’était des platanes.

On n’est pas sûrs.

 

QUAND VOUS NOUS COUPEZ, CE SONT VOS REVES QUE VOUS ETRANGLEZ

LA PAROLE EST AUX ARBRES

J’étais en train de me reposer et des humains viennent avec des camions et ont coupé mes amis. A mon tour, ils ont coupé mes branches petit à petit, et m’ont transporté dans une scierie et quand je me suis réveillé, j’étais dans un entrepôt en tant que table et j’ai été transporté dans une école, ON A MIS DES AFFAIRES DANS MON VENTRE et on a mis des trucs sur ma tête.

*

Moi, arbre UNITED, je suis né le 22 décembre 130. Je pensais que je ne vieillirais jamais car je suis immortel ! Mes pommes ne pourrissent pas ; avant sur terre j’étais maltraité, les hommes ne faisaient pas attention à moi. Les chiens faisaient leurs besoins sur moi. Jusqu’au jour où les hommes m’ont trahi : ils m’ont coupé ! Maintenant au paradis je ne vieillirai jamais, voilà.

*

J’ai été coupé, j’ai eu très mal et je suis devenu une fenêtre. Je suis content. Je suis là pour protéger du froid.

*

Vils spécimens de l’espèce humaine,

Vous avez fait pipi sur moi !

Votre chien a fait caca sur moi !

Vous avez jeté votre canette de coca cola sur moi, et votre bouteille en plastique !

Plus simplement : vous êtes des démons !

*

Ma graine a poussé en 1980. Là, tout de suite, on écrit sur ma feuille.

J’ai pleuré beaucoup trop. Avant je donnais des bananes.

*

J’aurais préféré qu’il me déplace au lieu de me tuer. J’ai été déçu des hommes. Je suis au paradis des arbres, si vous vous demandez ce que c’est, eh bien, c’est un paradis pour les arbres. Mais j’en veux aux hommes. Ce que je détestais par-dessus tout, c’était leurs chiens : ils se croyaient tout permis ! Y’a pas wesh ! Non mais franchement ! Un peu de respect pour les arbres !

*

Je m’adresse au monde entier pour lui donner une leçon.

Je m’explique.

Quand Elon Musk m’a coupé et transporté dans sa villa de 1km carré avec son camion immense ; aucun animal n’a pu survivre chez lui, même pas les chauve-souris. Ce C /O/ N de riche a dû vendre ses animaux morts à la fourrière. Quand il l’a fait, il a dit au président du pays, ceci coûte 999 millions d’euros. Les scientifiques n’étaient pas d’accord mais c’était trop tard. Je n’ai passé qu’un an dans son jardin et il ne s’occupait même pas de moi, et après un an il m’a jeté. Mais quelqu’un m’a recueilli et il m’a planté dans une vulgaire rue, la nuit des voleurs prenaient mon ADN de dinosaure, et un jour : ON M’A COUPE !

Pendant mon existence de 180 millions d’années j’en ai vu des arbres coupés. Quand les dinosaures se sont éteints, les arbres de mon espèce ont gardé un peu d’ADN dans leurs feuilles. On coupe les arbres et le peu qui reste étouffe à cause de la pollution.

*

Vous détruisez de plus en plus d’espèces alors gare à vous : je me vengerai !

*

J’ai eu très mal. A présent, je suis la table d’un enfant. Il met sa trousse sur ma tête, certains collent leurs chewing-gum, je n’arrive pas du tout à les enlever. D’autres mettent des cahiers dans mon ventre. Mon tronc a été coupé le 15 juillet 2024 devant mes meilleurs amis, j’ai la rage contre les humains. Je n’ai plus jamais revu mes branches. Ils ne me donnent jamais d’eau. Et voilà, c’est mon histoire. La morale en est que les humains sont des assassins.

*

J’étais bien dans mon environnement, je voudrais me venger. Heureusement j’ai réapparu, mais sans mes branches, je suis devenu ovale et tordu, j’ai vu un Allemand et je lui ai dit : pourquoi tu m’as coupé ? Il m’a dit : j’ai été obligé par le chef, il m’a dit de te couper.

*

Je suis le Badel, l’arbre tout puissant !

J’étais vénéré par les hommes mais un jour j’ai senti une douleur inexplicable car les hommes commençaient à me torturer avec des armes et avec du feu j’ai commencé à m’effondrer, tout ce que je savais c’était que j’étais en train de mourir et il y avait ma sève qui coulait de partout, je ne voyais plus rien. J’ai disparu et depuis la pollution a commencé à tuer les hommes tellement il n’y a plus d’oxygène parce que moi, je vous sauvais de la pollution.

*

Quand je me suis fait couper en rondelles, j’étais très triste. Maintenant je suis dans la forêt enfin, en petits bouts de bâtons, je sers à faire du feu.

*

Humains, ne coupez pas d’arbres, je vous le dis, après vous aurez moins d’oxygène.

*

Je suis très déçu, les humains sont des idiots, maintenant je suis une brindille, j’ai envie d’exterminer les humains mais je n’ai pas de mains.

*

Aujourd’hui je suis mort.

Nous sommes le 2 avril 3000. Et je suis né le 2 avril 2044, il y a longtemps. J’ai vécu pendant 144 ans et plus.  On m’a transformé en villa de 9900 mètres carrés. Et je suis très bien en villa. Ce que j’ai à dire aux humains, c’est que j’aurais préféré rester avec mes jolies mèches et mon fruit le SYM.

*

Je suis mort.

Je suis devenu du bois à brûler pour le feu

Je suis né en 2000 en Italie

J’aurais préféré être laissé vivant.

Même si on faisait pipi et caca sur moi.

J’aimais sentir l’air sur mes feuilles.

*

Je suis devenu un yacht, je ne regrette pas, ou peut-être un petit peu. J’aimerais vous adresser un mot très chers humains : ne vous inquiétez pas, on vous aime quand-même

*

On m’a coupé en 2004, moi, Toumara, arbre sacré, et je suis devenu une table, et mes feuilles, des médicaments, je suis très heureux de vous être utile. J’ai vécu 44 ans.

*

Aujourd’hui, je suis mort !

Ils m’ont utilisé pour prendre de l’or qu’il y à l’intérieur de moi, ils ont pris mes noix de coco pour guérir le Covid et Omicron, et mon bois c’est pour 3 chaises en or pour les riches. Mais vous savez, les humains, j’ai quelque chose à vous dire : je suis heureux, je repose en paix.

 

NOUS VOUS FAISONS UNE LETTRE

Cher Ministre de l’écologie et de la nature,

On te fait cette lettre parce que les arbres ont été coupés à Colombes, avenue Salvador Allende, ou Allée des Platanes. Nous sommes la classe des CM1 CM2 de Charles Péguy A. Nous sommes très heureux de te faire cette lettre car tu pourras peut-être changer notre ville.

Mais il ne faudra pas planter les arbres à côté du tram T1. On pourra les planter devant notre école ?

Bien à toi.

 

Chers citoyens, chères citoyennes de Colombes,

Pourquoi n’avez-vous pas empêché cela ? On a déjà des bus, pourquoi vouloir un tramway ? D’accord un tramway pollue moins que les bus. Mais les arbres, pourquoi les couper ? Pourquoi ne vous rebellez- vous pas ? Et aussi, pourquoi ne savez-vous pas vous rebeller ?

On doit replanter des arbres.

Si vous êtes avec moi, dites-le à la mairie !!!

 

Cher Emmanuel Macron, Président de l’État,

Nous sommes heureux de t’écrire cette lettre pour te dire que nous sommes très mécontents de la maltraitance des arbres. Ce n’est pas juste : l’oxygène commence à s’épuiser, les fruits sont moins cultivés et il y a moins d’oiseaux.

 

Chers ouvriers, chères ouvrières paysagistes,

Nous sommes la classe Cm1 CM2 de l’école Charles Péguy A. Nous sommes curieux de savoir pourquoi vous avez coupé les arbres ? Est-ce que vous êtes fiers d’avoir coupé les arbres ? C’est pour le tram ? C’est pour libérer de l’espace ? Ils nous manquent, nos arbres ! Est-ce que vous allez les replanter ?

 

Chers Maire chère Mairesse et adjointes, adjoints,

Nous demandons des explications pour la disparition des arbres dans la grande allée des platanes, nous sommes très mécontents, nous les élèves de l’école. Ce n’est plus le même chemin mais pourtant si.

Quand il y avait plus d’arbres, il y avait plus de nature.

Fait à Colombes, le mois de janvier 2022-02-25Signé : les CM1 CM2 de l’école Charles Péguy A.

Bonjour, je m’appelle Platane. Je voudrais ajouter quelque chose. Quand ils m’ont coupé, je n’ai pas crié. Je suis devenu une vieille porte, dans une école très bruyante. J’aimerais vous dire encore un mot.

Chers spécimens de l’espèce humaine,

Chers et chères cohabitant.e.s de la planète Terre,

On vous donne de l’oxygène et vous au lieu de nous remercier vous nous coupez ?!

Les enfants nous tirent les branches, on en assez, ça nous fait mal, on est des êtres vivants.

Arrêtez de couper les arbres, ça ne sert à rien. A part à polluer. Au lieu de couper les arbres et de rien planter en retour. Plantez des arbres et plantez le nombre que vous avez coupé.

***

Pour aller à l’école, je descends d’abord les escaliers de mon immeuble (il est grand, ma porte est rouge, et j’habite au 239 rue du Pdt Salvador Allende 92 Colombes) bref, je descends les escaliers, après je traverse une petite rue et j’avance, je traverse encore une petite rue, j’avance encore un peu et je traverse encore une rue qui est la rue Jean de la Fontaine, j’avance au bout d’un moment je passe à côté de l’arrêt de bus 304 celui des Courtilles, après j’avance et je traverse la rue qui est juste à côté de l’école et j’avance un peu et je suis arrivée. Vous voyez ?

Avant, il y avait des arbres sur la grande allée, entre le Lidl et les cités des grèves, c’était des platanes je crois, ils ont été coupés.

Fin

 

 

 

 

Le jour où on est devenu.e.s grand.e.s

Le jour où on est devenu.e.s grand.e.s – Collège Les Champs Philippe à La Garenne-Colombes

Par : Zakaria AMRANE, AMRANI LEVY Luna, Gabriele ASSOUS, Manel AYARI, Lora BEAUCHERON, Lea BEDDA, Alexis BERTIN, Annasimon BESHARA, Lorine BIQUE, Naelle BIQUE, Alessandra DACCACHE, Sacha DALLIER, Romain KHODARA, Sofiane LABSSI, Gabriel LAHCENE, Emma LOUREIRO, Timothée NUNES PINTO DE SOUSA, Rayan OUBERRANE, Thibaut PRUVOST, Zoé RIBOLI, Zaïna SADEK, Ayan THUILLIER, Romain TREMBLAY, Eusèbe WICHEGROD, Naïla ZIANI

Enseignante : Elisabeth Clément

Documentaliste : Emmanuelle Boireau

Autrice intervenante : Juliette Malfray

Graines de conteurs – saison 5

Note liminaire : Le texte est écrit en écriture inclusive et inclut le pronom non genré « iel » ou « iels » (singulier/pluriel).


Notre histoire débute dans la cour de notre immeuble. On se retrouve là, à 10h, tous les dimanches matin… Attendez. On ne s’est même pas présenté.es ! C’est qu’on est super pressé.es de vous raconter. L’histoire que vous allez entendre est une histoire vraie. Encore plus vraie que la vérité, promis juré craché. Et nous voilà : Jacob, Jenny, Noée, Sam, Jordan, Nausicaa, Jean Junior dit JJ, Lucas, Jamil, Arun, Juliette et June. On vit tous.tes dans le même immeuble, appelé Le Paillette. Les architectes l’ont appelé comme ça parce que quand il fait beau, à la fin de journée, le soleil se reflète sur toutes les vitres et on dirait que l’immeuble scintille. Bref. On n’est pas là pour vous raconter l’histoire de notre immeuble. On est là pour vous raconter notre histoire. On est le groupe des enfants, ou plutôt… on était. Ça a bien changé depuis ce jour que nous allons vous conter. Le jour où nous sommes devenus des grand.e.s…

L’ÉPISODE

Tout commença un dimanche, dans la cour de notre immeuble. On se retrouve là, à 10h, tous les dimanches matin, pour faire le point. Parce que le samedi soir, à 18h, c’est l’évènement. Le samedi soir, c’est le nouvel épisode à la télé.
Au début de chaque épisode, il y a toujours la même introduction.

« M’SSIEURSDAMES M’DAMESIEURS
MERCI D’ÊTRE AVEC NOUS AUJOURD’HUI
POUR UN COMBAT
QUI VA VOUS RAGOURDIR
VOUS ETOILER
VOUS ENFENESTRER
VOUS CLAIRVOYER
VOUS SHLASSER
VOUS INCITANTIONNER
VOUS ORTAQUER
VOUS DÉVRAGER
ET VOUS TYPHONER
VOICI VENIR A VOUS
LES MONSTRUEUX
LES DÉJÀ CÉLÈBRES
DON DICERPISCOTE
COMPLOTATOR
CRICOR
MARYOUN
WÔK SUHI LE TUEUR AUX SUSHI
LAMORTA ET FANTOMINA
MAGIKÔ
ONIAK ET SON BINÔME MALÉFIQUE KROLL
LES FRÈRES VLADIMER ET VLATONCHIR
CRAOWN LE DÉVOREUR DE MINUIT
GOUSSAME ET AMÉRASS
WAGI LE MONSTRE
EUWOGARA

KINKROXOUN
ET ZOUMORIKATOTO
POUR UN COMBAT INÉDIT
QUI VA VOUS RENDRE
ASPRITE
CROUPTIS
FAIBLOTRISTES
SENSIFIÉS
ÉMOTIONNALISÉS
ET ENSHITLÉ
C’EST À VOUUUUUUUUUUUUUUUS »

Ce dimanche matin-là, comme tous les dimanches, ça discute de partout dans la cour, un joyeux bourahah. Euh. Brouahah.

Dans un coin, on entend :
– Et là, Fantomina voulait le shlasser, mais elle s’est sentit faiblotriste !
– Mais non, elle n’était pas faiblotriste, elle était asprite !
– Mais si, il a dit « Je vais t’ortaquer espèce de faiblotriste » ça veut dire qu’elle était « faiblotriste »
– Non il a dit « Je vais te shlasser Fantomina, et tu seras faiblotriste »
– Mais c’est Lamorta qui a dit ça
– N’importe quoi, on dirait que vous l’avez pas vu cet épisode
– Si, que même après Fantomina elle a répondu « Si tu me shlasses, moi, je vais te typhoner Lamorta ! Et tu te
sentiras asprite ! »

Dans un autre coin, on entend :
– Et là, Kincrocsoun il lui répond « je vais te typhoner et j’espère que tu te noieras et que tu seras croupti »
– Violennnnnnnt
– Sauf qu’il lui a répondu « Essaie toujours et tu vas voir »
– Alors Waggy le monstre il l’a asprité shlassé en vitesse
– Ouaaaaaaaaaa
– Et là Oniak débarque et il leur dit : « Je vais vous arbritiser puis je vais me sensifier de votre sannnng »
– Sauf que Wôk Sushi arrive ! Et il dit « Non, tu ne pourras pas, je suis démotionnalisé et je suis déjà mort, mais moi,
je vais te crouptir Oniak »

Encore ailleurs, on entend :

– Complotator a voulu l’ortaquer pour l’émotionaliser, mais Magikô était insensible à ses attaques alors Kincrocsoun l’a schlassé

– Et puis Don Dicerpixote il était super en colère il disait : « Zoumorikatoto, mon tacos m’a otakité pour toi, je vais t’enshitler ! »

– Et là, ils ont appelé la police !

– N’importe quoi !

– Mais si je te jure

– Et la police elle a voulu tous les arrêter en disant que c’était interdit d’être ivre sur la voie publique, mais là Vlatonchir est arrivé, il les a incitentionné et slaché et crouptiiiii

– Et ortaquééé

– Et maudiiit

– Et ils ont été crouptiiis

– Bien faiiiit

– Ouaaiiiii

Alors qu’on discute vivement, quelques fenêtres s’ouvrent. On entend alors des « À TAAAAAABLE » provenant des appartements. Alors tout le monde rentre manger très très vite parce que tout le monde a très très faim et parce ce qu’il ne faut pas faire attendre les parents trop trop longtemps. Si bien que personne n’aura perdu la face devant les autres d’avoir raté le dernier épisode. Eh oui ! Parce que la veille, à 18h, personne n’a regardé le dernier épisode ! Ce soir-là, il s’est passé un évènement extraordinaire.

LE MESSAGE

À 17h59 précise, chacun.e découvre sur son lit, entre l’oreiller et le doudou bien rangé, un petit mot écrit à l’encre noire, dans une langue inconnue :

Vladerme, chavana !

À ce moment-là on est tellement terrorisé.e.s qu’on n’a pas la tête à regarder la télé, ni à raconter aux copains. Et toute la journée du dimanche passe sans joie, sans oser rien dire. Pourtant, on meurt d’envie de savoir si les autres ont reçu quelque chose aussi.

Finalement, en fin de journée, on décide de se retrouver dans la cour juste avant la nuit, résolu.e.s à avouer la vérité. On descend tous.tes en même temps, pile quelque part entre « le dîner, les dents, pipi et au lit », furtivement et rapidement, pour ne pas effrayer les parents. Quand on comprend qu’on a tous.tes reçu le même message, on fait des pronostics pour essayer de deviner ce qu’il pourrait bien signifier :

– À mon avis, ça veut dire « Meurs, chavana ! »

– C’est qui Chavana ?

– Mais non ça veut dire « Va-t’en, chenapan ! »

– Chenapan pan pan !

– Chut, tu vas nous faire remarquer !

– Laisse, iel fait sa crise de destruction

– Du calme, je pense que ça veut juste dire « Attention, pousse-toi ! ». On veut nous prévenir d’un danger mortel.

– J’ai peur…

– Bah non, ça veut juste dire « Je te déteste ! », c’est quelqu’un qui veut faire peur à tout le monde pff…

– Dis pas ça ! C’est peut-être un monstre des ténèbres qui nous écrit.

– Ouiii, il nous dit : « Esclaaave, hors de ma vue ! »

– Il a écrit deux mots. C’est plutôt « Mange, esclave ! »

– Non ça veut dire « soldaaaaat, tueeeeeerrrrr ! »

(Iel compte les syllabes sur ses doigts) Tu-ez-LES ! cha-va-NA !

– Calmos pepitos !

– Non, Vladerm c’est un prénom. Ça veut dire… « Vladerm, arrête !

– Non : « Vladerm, crève ! »

– Non : « Vladerm, habille-toi »

– Non : « Vladerm, ça va pas la tête ! »

– Vladerm en français c’est Victor

– Ah bon ?

– Ouai

– Comment tu sais ?

– Je le sais, c’est tout. À mon avis, ça veut dire « Victor, ça va pas ! »

– N’importe quoi, Vladerm c’est un diminutif de Vladimir, c’est écrit « Vladimir chanta ! »

– C’est qui Vladimir ?

En colère Ça veut dire : « Tu peux te taire, PLEASE ! »

– CHUT, faut pas alerter les parents.

Le groupe se calme.

-Peut-être qu’il veut juste nous dire… « J’ai faim, va faire les courses ».

– Mais non, il dit « Je m’ennuie trop ! »

– Ou il dit « Les maths, ça sert à rien !»

– Ah ah, t’aimerais bien !

– Il dit peut-être « Vacances avec Rihanna » ?

Temps. Tout le monde le/la regarde.

– Ben quoi, j’ai le droit de rêver aussi !

Tout le monde regarde la phrase et murmure « Vladerme, chavana ». Certain.es essayent d’autres traductions et commencent à inventer une chanson rythmée :

Vladim est un cheval

Va-t’en, cheval !

Moi j’aime les chats

Oniak va-t’en d’ici !

Tout le monde participe à la chanson en frappant des pieds, des mains, en inventant des rythmes en beatbox, il y en a qui font même un petit pas de danse. Ça leur fait du bien de s’amuser un peu.

Soudain, une fenêtre s’ouvre au cinquième étage. Tout le monde fait silence quelques instants. Quelqu’un secoue la nape du dîner. Des miettes de pain nous tombent sur la tête. June a envie d’éternuer… Mais elle réussit à se retenir et la fenêtre se referme. Alors on forme un petit cercle pour discuter d’un plan d’attaque :

– Bon, on n’a pas le choix, il faut qu’on découvre qui nous a envoyé cette lettre.

– On peut faire une embuscade, se cacher dans la chambre juste avant 18h, et attendre de voir.

– On fait ça !

– OUAI !

LA PREMIÈRE ENTREVUE

Le samedi suivant, à 17h45, on se prépare. Chacun.e prend ce qu’iel a sous la main pour se défendre : pistolet à eau, tuyau d’arrosage, cookies, couvercles de poubelle, trampoline …  Au cas où ! On va chez Sam, qui habite au neuvième et dernier étage. C’est de chez lui qu’on vient admirer le coucher de soleil quand il fait beau. Pas de chance ce soir-là, il fait tout gris. Dans la chambre de Sam, tout le groupe se cache dans l’armoire, sauf Noée qui est allongée dans son lit pour tromper le monstre et lui faire croire qu’elle dort. C’est Noée qui s’est dévouée, parce qu’elle court plus vite que tout le monde et qu’un jour elle gagnera une médaille olympique.

À 18h pile poil, ça commence. Au début, tout se passe comme prévu. Une énorme forme entre dans la chambre. On a du mal à voir depuis le placard. Le monstre est grand. Non : ÉNOOORME ! Et il porte sur son énooorme dos… un tout petit sac à dos rose. On a envie de rire parce que c’est ridicule d’avoir un si petit sac à dos quand on est si grand, et puis c’est impossible de voler toute une chambre avec ce sac, on se dit. Le monstre s’approche du lit, tend son bras, et au moment où il veut toucher le lit… BOUH ! On sort de notre cachette ! Le monstre, surpris, saute par la fenêtre et se met à courir sur le toit de l’immeuble. Alors on saute aussi et on le suit ! C’est une course poursuite effrénée, le monstre est agile, il sautille. Nous, on sprinte, mais sans faire de bruit sur le sol pour éviter que les parents d’Arun et Nausicaa, qui habitent juste en dessous, ne soient dérangés par le raffut sur leur plafond…

Arrivé au bout du toit, le monstre regarde à droite, à gauche, en bas : il est bloqué. Il se retourne face à nous. On fait bloc devant lui pour lui faire barrage. Alors, il brandit son petit sac rose. Là c’était sûr, on éclate de rire. Mais lui, imperturbable, ouvre le sac et en sort… Le doudou de Jamil !

– OH NONNN ! IL A VOLÉ TOUS NOS DOUDOUS !

Le monstre suspend le sac de doudous dans le vide. C’est haut, neuf étages. Et même si les doudous sont légers, ça ferait une sacrée chute. Et puis un doudou, ce n’est pas comme un chat, pas sûr que ça retombe sur ses pattes. Il faut déjà qu’il ait des pattes. Et ce n’est pas le cas de tous les doudous. Non vraiment, ça s’annonçait mal…

Profitant de notre hésitation, le monstre fonce sur nous, le groupe se fend en deux pour le laisser passer et le voilà qui court droit vers la cage d’escalier…

LE CAUCHEMAR CONTINUE

Bon, on ne va pas rentrer trop dans les détails parce que sinon vous ne saurez jamais comment ça fini. On met le turbo. À force de poursuivre le monstre, on se retrouve en pleine forêt de Fontainebleau. À croire qu’il n’y a pas que Noée qui est forte en course ! Cette forêt, on la connaît bien, on y a construit une cabane quand on était plus petits. AH ! C’était le bon temps… Jenny propose qu’on y retourne, au cas où le monstre se soit enfuit là-bas. Dans la cabane, on découvre une lettre posée sur le sol, où il est écrit : « Retrouvez-moi au quatrième arbre avant la sortie de cette forêt ». Lorsqu’on arrive à l’endroit précis, on tombe sur un marchand de glace élégant qui nous propose de monter dans son camion de glace pour découvrir tous ses parfums et nous offrir un cornet. On n’est pas bêtes, monter dans son camion, même pas en rêve, on la connaît, la technique des marchands de glace élégants. Mais il y a des parfums si délicats : fleur d’oranger, menthe fraîche, rose ; et d’autres tellement originaux : fromage de chèvre, harissa, cornichon… Qu’on se laisse finalement tenter par une p’tite boule. Juste une ! Chacun.e choisi son parfum (bon, ok, deux pour les plus gourmand.es) et on déguste notre glace. Petit à petit, on commence tous.tes à être dans les pommes cuites. On baille de plus en plus fort et on finit par s’endormir. Et là, on fait des cauchemars terribles :

Jordan par exemple, rêve qu’il se fait surprendre entrain d’espionner le monstre, qui s’appelle Moyan Shaolin, et qui discute avec son complice Chabriele le medium. Au moment de s’enfuir en mode passe-partout pour aller raconter toute l’histoire à ses amis, Chabriele le médium, comme il est médium, avertit le monstre, alors Moyan Shaolin crie « Je te vois, mollusque sauvage ! » et il le poursuit !

June, elle, rêve qu’elle tue sans faire exprès son rappeur préféré. Elle se rend compte alors que même les stars peuvent mourir et elle se fait poursuivre par le fantôme de son idôle.

Nausicaa rêve qu’elle est devant une sa série préférée mais que la télé tourne en boucle et qu’elle n’arrive pas à s’en détacher. À un moment, un monstre sort de la télé et crie BOUUUH ! Alors elle fait une crise d’épilepsie.

Et JJ, lui, rêve que tout le monde se retrouve ligoté en haut d’une tour, les uns à côté des autres. Alignés comme ça, iels ressemblent à des petits bouts de viande sur la grille d’un barbecue, comme une sorte d’offrande vivante… Mais à qui ?

En vérité, tout le monde se réveille sain et sauf, au pied de l’immeuble, à la nuit tombée, comme par magie. Le pire n’était pas encore arrivé. Car pendant ce temps, dans l’antre du monstre…

DANS L’ANTRE DU MONSTRE

Monstre : Ir snare mire ?

Enfant maléfique : Oui, ils ont bien reçu la lettre

M : Are quite chanre iss mairesse !

E : Bien, il sera fait selon vos désirs.

M : Irasse arete neach irachte ?

E : Non, ils ne me soupçonnent pas.

M : Nour il quitsse arte quisse

E : Vous êtes sûr de ce que vous dites ?

M : Nichisse areteire !

E : Pardon maître, je suis désolé, dans ce cas, il faudra avancer le plan…

M : Nare isse nire chartare.

E : Bien, je m’en occupe.

M : Nirisse artare snaraquasse ?

E : Oui, cette fois-ci je ne vous décevrai pas. Et bientôt, vous règnerez sur le monde grâce à votre projet X …

M : IKssssssssss

E : Vous êtes trop drôle maître !

ÇA VA CHAUFFER

La séquence qui va suivre peut heurter les personnes sensibles. On préfère vous prévenir. Le plus dur n’était pas de se réveiller. Non. Le plus dur, c’était de retourner chez nous et d’affronter les parents qui étaient morts de trouille de pas nous voir dans nos lits comme le dit le proverbe. Les dents, pipi et… mon enfant a disparu ! ça allait chauffer.

On était dans un sacré dilemme parce que si on disait la vérité aux parents, qu’on nous avait volé nos doudous, non seulement on serait passé.es pour des bébés. On préférait être privé.es de sortie quelques jours. Et on voulait à tout prix récupérer nos doudous…

Alors voilà ce qui s’est passé.

Chez Jean-Junior :

Jean-Claude : Où étais-tu Jean ? Je me suis inquiété.

Jean Junior : Hein ?

Jean-Claude : Je répète : où étais-tu ?

Jean Junior : Où j’ai été.

Jean-Claude : Oui

Jean Junior : Ah. Bah.

Jean-Claude : Bah quoi ?

Jean Junior : J’ai été…

Jean-Claude : Tu as été…

Jean Junior : J’ai été à la douche.

Jean-Claude : À la douche.

Jean Junior : Oui

Jean-Claude : Je n’ai pas entendu l’eau couler.

Jean Junior : Ah oui c’est vrai… Enfin… Je voulais dire…

Jean-Claude : Tu voulais dire ?

Jean Junior : En fait… j’étais en train… de faire mes devoirs !

Jean-Claude : Montre-les-moi.

Jean Junior : Oui bien sûr, je vais les chercher…

Jean Junior partit en courant dans sa chambre. Il avait peur, mais il était aussi en colère. On pouvait dire qu’il était… en polère ! Et il enfila une petite laine parce qu’il avait froid et il se mit rapidement à finir ses devoirs.

Chez Juliette :

Claudine : T’as vu l’heure, jeune fille ?

Juliette : J’étais en train de me brosser les dents…

Claudine : Tu te fiches de moi ?

Juliette : Mais absolument pas maman ! Si j’ai pris du temps, c’est parce que je rattrapais toutes les fois où je ne me suis pas brossé les dents.

Claudine n’est pas une maman très gentille. Parfois Juliette revient au collège les yeux tous gonflés d’avoir pleuré toute la nuit, avec des traces rouges qui restent pendant deux mois. Mais Juliette elle court presque aussi vite que Noée, et dès qu’elle pourra, elle ira rejoindre son Roméo, et nous, on saura où elle est, mais on dira rien !

Chez Jenny :

Le père de Jenny s’appelle Jhon. Ça se prononce comme John, mais ça s’écrit « J.H.O.N ». Quand il est né, son père, le grand-père de Jenny, s’est trompé d’orthographe en inscrivant le prénom dans le registre à la clinique. Il était dyslexique, ce n’était pas sa faute. Jhon n’a jamais fait corriger son prénom. Il avait hérité de la dyslexie de son père et il en était fier. Il refusait que quiconque le reprenne quand il faisait une faute de français.

Jhon : Mais où étais-tu passée ? Je me suis beaucoup inquiété pour toi !

Jenny : J’étais en train de m’avancer sur mes devoirs avec une copine…

Jhon : Tu ne m’as pas prévenu, et en plus tu ne m’as pas répondu au téléphone quand je t’ai appelé. Pour la peine, tu seras privée de sortie pendant 1 mois.

Jenny : Oh non, papa, s’il te plaît !

Jhon : Il fallait réfléchir avant d’agir, un point sitout !

Jenny : Un point sitout ?

Jhon : Oui

Jenny : S.I.T.O.U.T ?

Jhon : Tu fais ton intelligente jeune fille ? File dans ta chambre !

Si Jenny avait dit à son père pourquoi elle était sortie, elle aurait été privée de sortie pendant un an. Et si elle lui avait dit que la bonne expression c’était « un point c’est tout », alors là… ça aurait été encore pire ! Alors elle se résigna et elle partit dans sa chambre, triste et en colère. Colériste, quoi !

Jhon : Et sans faire claquer la …

On entend la porte claquer sur la fin de sa phrase.

Chez Jordan :

La maman de Jordan avait une façon particulière de parler. Elle parlait très fort en allongeant la fin de ses mots. Ça n’arrivait pas seulement quand elle annonçait des informations importantes, du genre, « à taaaaable », ou, « je t’aime mon fiiiiiiiiiiils », ça, tous les parents le font. Elle, elle était plutôt du genre à rallonger des mots inutiles, du genre « débarrasse la taaaaaable », ou « range ta chammmmbre ». Ça c’est quand elle est en phase 1. Et plus elle est en colère, plus elle rallonge les mots. Ce soir-là, quand elle surprit Jordan qui essayait de rentrer en douce, elle était très en colère. Très trèèèèèèès :

Maman de Jordan : T’ÉTAIS  OÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙÙ ?!

Jordan : J’étais dans ma chambre !

Maman de Jordan : Ne te fiche pas de moi, j’ai vérifié avant que tu Arriiiiiiiiivvves !

Jordan : C’est que…

Maman de Jordan : C’est que qui que quoi dont où mais où est donc or ni caaaaaaar !

Quand les phrases de la mère de Jordan ne voulaient plus rien dire, c’est qu’elle était rentrée en phase 3. Jordan avait alors une parade imbattable pour la calmer.

Jordan : Maman ! Je te préparais une surprise !

Maman de Jordan : Aaaah !

Jordan : Oui.

Maman de Jordan : Dans ce cas, fais comme si je ne t’avais rien diiit.

Jordan : Tu as tout gâché, maintenant ça ne sert plus à rien…

Maman de Jordan : Mais siiii, mais siiii, j’ai déjà oublié !

Jordan : Bon, je vais dans ma chambre.

Maman de Jordan : D’accord mon fiiiils. (Pour elle-même) J’espère que ce sont de nouvelles claquettes…

La mère de Jordan avait perdu sa paire de claquette quand un gros rat était venu se faufiler dans l’appartement et qu’elle l’avait poursuivi en lui jetant dessus, mais elles étaient passée par la fenêtre et avaient atterri dans le pare-brise d’un camion de livraison qui roulait et qui s’était crashé dans le mur de l’immeuble. La mère de Jordan était choquée et très triste. Elle avait perdu une magnifique paire de claquette… Mais on n’est pas là pour parler des claquettes de la maman de Jordan.

LE PLAN SECRET

Le samedi suivant, une fois que tout le monde s’est fait gronder, rouspéter, disputer, houspillé, sermonné, réprimandé, privé de sortie… On se retrouve dans la cour, bien décidés à attraper le monstre et à récupérer nos doudous, qui devaient avoir passé une semaine horrible sans nous. Pour s’assurer de faire revenir le monstre, on a sorti nos plus belles peluches des placards pour faire croire qu’on avait tous.tes un deuxième doudou ! Pour que ça marche, il fallait qu’on étudie en détail ce que c’est, un doudou

DÉFINITION D’UN DOUDOU : C’est une peluche un peu moche, délavée, sale comme si elle avait été trainée dans la poussière et sous les meubles pendant des années, et mâchouillée, déchirée, découpée par endroit. L’œuvre d’un monstre. Ou d’un petit bébé tout mignon. Ou d’un petit monstre tout mignon mais quand même carnivore, brrr.

On a tous travaillé dur pendant toute la semaine pour que nos peluches ressemblent à des vieux doudous. On vous raconterait bien les détails, mais croyez-nous… vous ne voulez pas savoir.

Pour se préparer à la deuxième confrontation avec le monstre, on décide de faire des simulations de rencontre par équipe. Jacob, Jamil et Sam se mettent ensemble. Ils décident de s’inspirer d’une scène qu’ils ont vu dans une série policière. Jacob joue l’inspecteur Mimiche. Arun joue l’inspecteur Mimouche. Et Sam joue le monstre :

Mimiche : Je crois que tu es dans la moulise….

Mimouche : Oui, la moulise de la moulise

Sam : La moulise ? On dit la mouise, non ?

Mimiche : Quoi ?

Mimouche : Quoi quoi ?

Sam : On dit « être dans la mouise ».

Mimiche : Qu’est-ce que c’est que la mouise ?

Mimouche : Oui, qu’est-ce que c’est ?

Sam : Ok !

Mimiche : Je suis un terrien

Mimouche : Et moi, un terrien

Sam : Wow ! Moi aussi, un terrien !

Mimiche : Mais tu ne connais pas la moulise ?

Mimouche : Tu ne la connais pas ?

Sam : Ok !

Mimiche : Mouchoir !

Mimouche : Torchon !

Mimiche : Serviette !

Mimouche : Sopalin !

Sam : Oui chef !

Tous les trois se rendent compte que cette discussion n’a aucun sens, alors ils continuent de se creuser la tête.

Au même moment, June et Jenny cherchent aussi un stratagème. À la télé, il y avait cette série que tous les grands-frères et les grandes sœurs regardent le samedi soir, après la série des enfants. June aime bien regarder la série aussi, discrètement par-dessus la tête de sa grande sœur. Alors forcément, à ce moment-là, elle n’est pas très concentrée sur sa tâche. Surtout que c’est un épisode décisif ! Celui ou Elsa avoue toute la vérité à Hanna :

Elsa : Il faut que je t’avoue un truc…

Hanna : Je t’écoute

Elsa : Eh bien…

Hanna : Allez, je n’ai pas tout mon temps

Elsa : J’ai fait une battle avec Jul…

Hanna : Jul le rappeur ?

Elsa : Oui

Hanna : Mais c’est génial ! Pourquoi es-tu triste ?

Elsa : Parce qu’il… Il … Il… Il…

Hanna : Parce qu’il t’a battue, évidemment, ça ne m’étonne pas.

Elsa : Il est mort.

Hanna : Ahahahahah

Elsa : À cause de la potion

Hanna : Tu mens

Elsa : C’est la vérité

Hanna : Arrête, personne ne peut le tuer, c’est une star, les stars ne meurent pas.

Elsa : Hanna, il faut que tu me croies. J’ai tué Jul et j’ai tué son chien Grégoire et maintenant Grégoire son chien me hante quand je rappe !

Hanna : Mais t’es complètement folle…

Jenny se met en colère : « June, on n’a pas toute la journée… ». Mais June était fascinée : « J’y crois pas… J’ai fait un rêve prémonitoire. Je te jure Jenny, cette scène je l’ai rêvée ! Je suis trop forte ! Je vais devenir la plus grande scénariste de tous les temps ! ». Jenny trouve June énervante et prétentieuse… Énertieuse, quoi ! Elle aurait préféré se mettre en duo avec Arun, son voisin de palier, qui a de beaux yeux noirs. Tellement beaux qu’elle se noie dedans quand il la regarde, et alors elle commence à sentir son cœur battre vite et son ventre faire des p’tits bruits, et à avoir chaud… Mais ça c’est une autre histoire !

Pendant ce temps-là, Jacob accompagne Lucas chez le dentiste, comme ça ils pourraient discuter ensemble d’un stratagème dans la salle d’attente. Pendant qu’ils sont assis tous les deux, Jacob reçoit un sms de sa maman.

Échange de sms sur le téléphone portable de Jacob :

Julie : Jacob, où es-tu ?

Jacob : Je suis à l’anniversaire de Rayan, maman…

Julie : Tu as pensé à lui offrir un cadeau ?

Jacob : Non…

Julie : Sais-tu ce qui lui ferait plaisir ?

Jacob : Il veut une carte v-buck à 80 euros

Julie : Ah c’est drôle, toi aussi tu en voulais une, non ?

Jacob : Euh, non…

Julie : Bon, d’accord, je vais la lui chercher à Micromania.

Jacob : Mission passed !

Julie : Quoi ?

Jacob : Oups pardon maman je me suis trompé de destinataire.

13 minutes plus tard, dans la salle d’attente.

Julie : C’est bon, j’ai déposé la carte dans sa boîte aux lettres.

Jacob : Mais il fallait me la donner à moi ! Je ne peux pas la récupérer dans sa boîte aux lettres !

Julie : Et pourquoi tu ne peux pas, puisque tu es chez lui ?

Jacob : …

Julie : Petit malin. Je ne sais pas où tu es, mais tu rentres tout de suite. Et pour la peine, je te prive de jeux-vidéos.

Devant Jacob et Lucas, un garçon un peu plus grand qu’eux est assis et se tortille sur sa chaise. Il est en pleur. On dirait qu’il a très peur d’aller chez le dentiste. Il doit peut-être se faire retirer une dent à cause d’une grosse carie. Ahy Ahy. Lucas remarque que le garçon parle tout seul et qu’il raconte tout ce qu’il avait fait de mal en pensant qu’il allait être épargné alors qu’en fait le dentiste allait lui faire payer. Jacob est trop concentré sur son téléphone, il n’entend rien. Lucas écoute avec un peu plus de concentration. Il entend alors une phrase murmurée par le garçon : « Je suis désolé d’avoir écrit cette lettre et d’avoir fait peur à beaucoup d’enfants, mais s’il vous plaît, épargnez-moi… ». C’est le déclic. Lucas, en état de choc, chuchote à Jacob : « Jacob, je crois que c’est beaucoup plus grave que ce qu’on pense. Le monstre n’est pas tout seul à agir… Il faut retrouver tous nos amis pour les prévenir ». Tant pis pour le dentiste. Ils sortent tous les deux en courant.

LA DÉCOUVERTE DU SECRET

Le samedi en fin de journée, on se retrouve dans la cour. Là, Lucas et Jacob nous expliquent qu’il n’y a pas qu’un seul monstre voleur de doudou. Que c’est un complot, et que les grands frères et les grandes sœurs sont dans le coup ! On est super déterminé.es et en colère. On est colerminé.es ! À 17h30, on se retrouve dans notre cabane dans la forêt. On place tous les doudous dans la cabane et on attend que le monstre arrive. Et à 18h pile poil, le monstre apparaît et entre dans la cabane. Alors on referme la porte sur lui et on l’encercle : plus possible de s’échapper ! Le monstre est surpris et il a l’air triste. Il se retourne vers nous :

– J’en ai marre, je suis fatigué, vous êtes tétu.es. Pourquoi vous tenez tant que ça à vos doudous ?

– Taisez-vous ! C’est nous qui posons les questions ! Pourquoi nous voler tous nos doudous ?

– Mais voyons, c’est comme ça depuis la nuit des temps ! Est-ce que vous voyez un seul adulte qui a encore son doudou sur son lit ?

Là on réfléchit, et on se rend compte que les adultes n’ont pas de doudou

– Eh oui, c’est comme ça ! À un moment où à un autre, j’apparaît pour faire disparaître les doudous. Parfois, j’interviens sur les aires d’autoroute, dans les hôtels, dans les restaurants. Je fais glisser le doudou sous un siège, ou dans une allée de supermarché… Et hop ! Disparu. Vous, vous m’avez donné du fil à retorde pendant toutes ces années. Chacun et chacune d’entre vous, impossible de vous arracher votre doudou que vous gardiez bien précieusement contre vous pendant les vacances ou dans les supermarchés. Alors vous avez grandi. Et j’ai dû prendre une décision pour venir les récupérer.

– Mais comment faites-vous pour récupérer les doudous de tous les enfants ?

– J’ai des esclaves à doudou, partout dans le monde. Ce sont souvent des grands enfants qui n’ont pas eu la chance d’avoir un doudou quand ils étaient petits, et qui ont besoin de se venger. Alors, ils travaillent pour moi.

– Mais c’est dégueulasse ! Les traitres…

– Il faut s’adresser avec respect à ses ainés.

– Non, on refuse que ça se passe comme ça !

– Comment ça pourrait se passer autrement ?

– Il faut que tous les enfants puissent décider eux-mêmes de quand et comment ils veulent dire au revoir à leur doudou. C’est important.

– Ah les jeunes d’aujourd’hui… ! Vous êtes casse-patte ! À l’époque de vos parents c’était plus facile. Si je vous laisse décider vous-même du sort de vos doudous, à quoi je sers moi ?

– C’est peut-être le moment de partir à la retraite.

– C’est vrai que je suis fatigué.

– Vous pourriez peut-être trouver un nouveau métier ?

– Un nouveau métier… Je peux vous avouer quelque chose ?

– Dites-nous.

– Je n’ai pas choisi d’être voleur de doudous. Moi, ce que je voulais, c’était être fleuriste. Mais un monstre fleuriste, à l’époque, on n’avait pas le droit…

– Mais aujourd’hui c’est différent ! Vous pouvez faire une reconversion professionnelle !

– C’est une bonne idée ça…

Et finalement, on réussit à récupérer tous nos doudous. En rentrant chez nous, on décide de tout raconter aux parents. Et quand on leur raconte, ils ouvrent de grands yeux. On dirait qu’iels nous croient ! Certain.es versent même une petite larme en se souvenant de leur doudou perdu sur une aire d’autoroute, ou sur une plage, très loin. Notre histoire devient célèbre. Tous les parents du monde manifestent avec nous pour le droit de dire au revoir aux doudous sans violence ! Par exemple en le rangeant dans un placard, ou en l’offrant à un enfant qui n’en avait pas, ou en l’enterrant dans le jardin ou sur la plage.

Tout le monde parlait de Vladerm Chavana. À la télé aussi. Alors le gouvernement a décidé que ce jour-là serait un jour férié national, en hommage au monstre voleur de doudou qui vend maintenant des super fleurs un peu partout dans le monde.

Nous aussi, on est devenu.es célèbres. Et le samedi suivant, à 18h, dans notre série préférée, on a eu un épisode spécial doudous !

LA BATAILLE

– Oh non ! Encore des doudous mutants

– Je suis le chef des doudous. Que les combats commencent !

– Doudou méchant contre Louison, roi des claquettes

– Doudou rockeur contre Naya

– Doudou tueur contre Isoka le lanceur de cartes

– Doudou Di Caprio contre Jordan

– Polochon contre Martine, la pro du disco

Voici le tableau. Tous les doudous sont très forts mais les enfants combinent leur puissance et utilisent leur attaque spéciale… lance-patate ! Les doudous sont pulvérisés au sol. C’est alors qu’arrive le Big Dooonut : « Ahahaha ! C’est moaaaa qui ai écrit « Vladerm Chavana ! », et ça veut dire que vous allez tous avoir du diabète si vous me mangez… »

Le Doonut les écrasa en deux secondes et ils s’écrièrent « NONNNNN ». C’est alors que Ratatouille, Di Caprio, Jul, Elvis Presley et Églantine arrivèrent. Ensemble, ils terrassèrent le Big Doonut en utilisant l’attaque ultime : le lance-pépites de chocolats. Ils sauvèrent le monde, à partir de ce jour ils devinrent président. Morale de l’histoire : les enfants sont les meilleurs.

Et nous, à partir de ce jour-là, on est devenu.es gran.des.

Contes de voyage

CONTES DE VOYAGE – Collège Guy Môquet à Gennevilliers

Enseignant : Elliot Richard

Autrice intervenante : Juliette Malfray

Graines de conteurs – saison 5

Note liminaire : nous avons travaillé sur la thématique commune du voyage et sur la forme du dialogue théâtral. Chaque histoire a été écrite par groupe de 6. Le cadre formel de la première scène était donné : A et B sont devant une étendue d’eau. A veut partir, B veut retenir A. À partir de cette première scène, chaque groupe a imaginé un canevas. Ensuite, chacun.e a été en charge d’écrire individuellement une scène de l’histoire.

Le texte est écrit en écriture inclusive et inclut le pronom non genré « iel » ou « iels » (singulier/pluriel).

 


 

Victoria, la clocharde Banana et Raquette le Rat

SAISON 1 ÉPISODE 3

Par Amir AOUZALE, Lina BENANI, Enzo RAMA, Yasmine SASSI, Ali ZAOUI

Bienvenu.e.s dans un monde où il a été décrété que le collège ça ne servait à rien, et qu’après le CM2, il fallait travailler à la station de gestion de tri. Dans ce monde, il y a notre héroïne, Victoria.

Victoria est la fille de parents respectables. Dans le monde de Victoria, parents respectables ça veut dire que ses parents ont un travail, une maison, au moins un enfant, et un animal de compagnie de type hamster, cochon dinde ou poisson rouge (les autres animaux de type en laisse, comme les chiens, les chats, les hippopotames, sont interdits). Mais en vrai, ses parents travaillaient tellement qu’elle ne les voyait presque pas. Elle aurait préféré des parents un peu moins respectables, et elle aurait aimé avoir un chat.

Ce que Victoria préférait, c’était Jugluer. Jugluer, c’est un verbe qui veut dire recycler la superglue. Le mot est apparu en même temps que les stations nationales de gestion des déchets. Pour jugluer, Victoria devait enfiler une combinaison spéciale : des gants en velours très épais, une bâche en plastique jaune et des lunettes transparentes récupérées dans les classes de SVT de tous les collèges maintenant fermés.

Tout ce qui n’allait pas au tri sélectif allait dans d’immenses bennes, et ces immenses bennes à la fin de la journée étaient vidées sur de lonnnnngs tapis roulants qui menaient tout droit vers… les égouts. La rumeur disait qu’un immense rat géant vivait dans les égouts et qu’il dévorait tous les déchets. Et plus on produisait de déchet, plus le rat grossissait. Les égouttiers et égouttières étaient les héros de la ville. Ce sont elles et eux qui avaient le courage d’aller dans les égouts nettoyer. Victoria se disait que pour éviter tous les problèmes, plutôt que de trier les déchets, il faudrait ne pas en fabriquer. Mais dans le monde de Victoria, personne n’écoute les enfants. Et les déchets s’accumulent, tellement qu’ils forment des immeubles dans certains coins de la ville.

Victoria travaillait bien et vite. Elle avait un objectif. Elle voulait partir vivre avec ses cousins et cousines de l’autre côté de la méditerranée, ils allaient encore au collège eux. Et comme c’était la fin du mois, elle venait de recevoir son salaire… De quoi pouvoir s’acheter un aller simple pour partir.

La scène se passe dans les couloirs du métro. Victoria rentre chez elle après le travail, avec son argent en poche. Les couloirs du métro sont remplis d’eau croupie, ça sent mauvais. Heureusement, Victoria porte de belles chaussures de pluie en caoutchouc. Alors qu’elle marche, une personne habillée avec des loques vient lui demander de l’argent. C’est Banana, une clocharde, encore jeune mais on a du mal à deviner son âge tellement elle a de poussières sur le visage. Elle se prénomme Banana parce qu’elle collectionne les peaux de bananes. Victoria refuse de lui donner son argent, qu’elle a si durement gagné. Et elle commence à presser le pas. Banana lui barre la route.

Victoria : Laisse-moi partir

Banana : Non

Victoria : Laisse-moi partir sinon…

Banana : Sinon quoi ?

Victoria : Je vais m’enfuir.

Banana : Hummmmmmm

Une musique de suspens et d’action se fait entendre. Ça fait : Bam Bam Bam, violoncelle, orchestre, violon, allegro, Bam Bam Bam, Tata ! C’est la course. Victoria, qui était très forte en course à l’école, court sans s’arrêter. Banana perd de vue Victoria. « Ouf » dit-elle, « je l’ai semée ».

Elle passe à côté d’une grande bouche d’égout ouverte. Une main tire Victoria et elle tombe dans les égouts. Victoria crie. Fort. Arrivée au sol, elle se redresse.

– Oh, ça pue là-dedans !

Elle demande : « Il y a quelqu’un ? ». « Ouiii » répond une voix inconnue et très flippante. Tout d’un coup, les néons s’éteignent. Il fait totalement noir. Si noir qu’on ne verrait même pas un œil blanc dans la pénombre. Victoria avance à tâtons en posant ses mains sur les murs froids et dégoulinants d’un liquide fétide. En avançant, elle découvre des tunnels, des dizaines de tunnel, non, des milliards de tunnels. Et elle ne sait pas lequel choisir. Elle voudrait retourner à l’air frais. Elle s’engage dans un tunnel dans lequel un néon grésille et où elle voit un peu où elle met les pieds. Il y a des écoulements et ses chaussures sont trempées. Elle entend alors un frémissement à ses pieds. Elle crie. Fort. Dans le noir, elle voit un petit rat tout mignon. Elle se dit : « Tiens, si c’est ça le gros rat des égouts qui fait peur, alors les égouttier.es racontent des mensonges ! ». En regardant un peu plus attentivement, elle remarque que le petit rat porte une toute petite enveloppe sur son dos. Intriguée, Victoria la récupère délicatement, l’ouvre, et en sort une petite lettre sur laquelle il est écrit :

« Cher Raquette, ça fait longtemps que je ne suis pas redescendue dans les égouts et qu’on ne s’est pas parlés. J’espère que tu vas bien. Je crois que j’ai trouvé quelqu’un. Tu es toujours d’accord pour le plan ? Je viendrai te rendre visite dans deux jours chez toi pour en parler. J’espère que tu es toujours à la même adresse. Ahah. À demain. Signé C.B »

« C.B… ». Victoria relit les initiales, et là, elle se rend compte que c’est la Clocharde Banana qui a écrit la lettre ! La clocharde Banana travaille pour Raquette le Rat ! Victoria sent tout son corps trembler. En observant la lettre de plus près, elle remarque qu’il y a des tâches rouges. « Est-ce du sang », se demande-t-elle ? Pleine de peur mais aussi d’excitation, elle décide de garder la lettre et elle se met en tête d’élucider ce mystère, bien décidée à surprendre les deux voyous. Même s’il faut attendre deux jours sans manger, ni boire, ni se doucher.

Soudain, face à elle, au fond du tunnel, une immense forme apparaît. «  Je rêve » dis Victoria. Après un silence, la voix répond « Non, tu ne rêves pas » et la forme avance. Victoria a peur. À présent elle en est sûre, c’est Raquette le Rat. Raquette, qui va lui voler tout son argent durement volé. Alors qu’elle perdait espoir, Victoria se rendit compte que les poils de l’énorme rat avaient l’air faux. Et puis les moustaches aussi. Et puis les oreilles. En fait, une fois la peur passée, elle se rend compte que c’est un garçon dans un costume. Un garçon avec des yeux noirs qu’elle croit reconnaître…

– Kinjo, c’est toi ?

– Victoria ?

Le garçon enlève son gros manteau de poils. Kinjo et Victoria étaient ensemble à la maternelle. Ils étaient même amoureux.

– Kinjo, incroyable, je ne pensais pas que je te reverrai un jour !

Kinjo a l’ai gêné.

– Victoria, ça alors, je ne m’y attendais pas… Eh ben… Viens, je te fais visiter !

Les parents de Kinjo étaient respectables, mais pas autant que ceux de Victoria, c’est pourquoi Kinjo n’avait pas le droit de travailler à la station de tri. Ses parents étaient morts peu après la fin de la maternelle et Kinjo avait du se débrouiller tout seul. Alors il s’était construit un énorme costume de rat qui faisait peur, et il avait répandu la rumeur d’un rat méchant en se faisant appeler Raquette le Rat. Plus personne ne voulait descendre dans les égouts. Alors il a pu se construire une cabane, proche des tunnels du métro pour aller récupérer de la nourriture là-haut. Ils arrivent devant la cabane, faite de bric et de broc. Kinjo dit : « Voilà le palace ! ». Ça fait rire Victoria. Elle se rend compte que tous les meubles de sa cabane sont en fait du mobilier d’école, sans doute récupéré dans les collèges fermés.

Kinjo allume une bougie. « Tu vas voir, c’est encore plus sympa que là-haut ! ». Et Kinjo sort une grosse boîte de fast-food pas trop entamée, récupérée juste avant qu’elle soit jetée. Il dispose les petits filets de poulet sur un plateau de cantine, et le pose sur un bureau avec deux chaises. Un petit restaurant improvisé. Victoria est très touchée par les attentions de Kinjo. Elle est heureuse. C’est vrai que c’est plus amusant en bas que là-haut. Victoria en a marre de ce monde de déchets recyclés. Elle se sent mieux avec les anciens meubles et les anciens amis. Elle décide alors de s’installer quelques temps dans les égouts avec Kinjo, et elle oublie quelques temps sont envie de partir. Ce que Victoria oublie, c’est que Banana, elle, ne l’a pas oubliée. Et elle ne s’est pas rendu compte que Banana, c’était son ancienne meilleure amie de la maternelle.

Que va-t-il se passer ? Raquette le rat et Banana vont-ils voler son argent à Victoria ? Va-t-elle risquer sa vie pour rester dans les égouts ?

La suite au prochain épisode…

CHANSON DU GÉNÉRIQUE

JE ME SOUVIENS 

Je me souviens, Ô je me souviens

De ce jour d’été où cette lueur d’espoir me vint

Je devais partir loin

C’est d’argent dont j’avais besoin

Je me souviens de ton anniversaire

Quand tu étais tombé par terre

Je me souviens

L’espace nous offrait une planète terre

Mais nous jetions tous nos déchets par terre

Je me souviens

Puis je reviens

Et je ne me souviens plus de rien


L’AMOUR IMPOSSIBLE

Par Mohamed-Amine BELHADI, Maïmouna CAMARA, Oumniya CHINOUNE, Bryan FERREIRA,  Ahmed HUSSEIN, Shayma HENNI

Scène 1 : Dans la file d’attente de son cœur

La scène se passe dans le port de Marseille. Un bateau est amarré. On peut lire sur sa coque l’inscription Porto Santo Line. Quelques voyageurs sont là pour le départ. Certains accompagnent juste. C’est le moment des embrassades.

Bilal et Louane sont devant l’embarcadère.

Bilal : S’il te plaît Louane, tu n’es pas obligée.

Louane : Laisse moi Bilal, je dois le retrouver. D’après mes recherches, il vit là-bas, à Lisbonne.

Bilal : Mais Louane, je tiens à toi ! Imagine, il t’arrive un truc, je ne pourrai pas t’aider ! Imagine s’il te rejette comme à tes trois ans, quand il est parti, alors tu te retrouveras à la rue, dans une ville inconnue, imagine !

Louane : Ne t’en fais pas, si ça arrive je prendrai un hôtel et je t’appellerai tout de suite. Je t’appellerai tous les soirs.

Bilal : Et s’il est méchant avec toi ? S’il est violent ?

Louane : Ma mère ne m’a jamais rien dit sur lui. Il est peut-être très gentil. Je ne le connais presque pas mais il me manque et j’ai envie de le retrouver.

Bilal : Et si ta mère l’apprenait ?

Louane : Bilal tu m’as promis, pas un mot à ma mère, tu entends ? C’est le pacte et si tu brises le pacte entre nous alors je ne te parlerai plus jamais, c’est clair ?

Bilal : Louane, bien sûr que je ne vais pas le dire à ta mère. Mais… je crois que tu ne me comprends pas … Je t’aime. Et je ne veux pas que tu t’en ailles. J’ai trop peur de te perdre si tu t’en vas. Imagine, si tu rencontres quelqu’un là-bas.

Louane : D’abord ne t’inquiètes pas pour ça c’est ridicule. Et puis, Bilal… Moi aussi je t’aime, mais… En amitié seulement.

Un temps.

Louane : Je suis vraiment désolée.

Bilal : N’oublie jamais que je serai toujours là pour toi.

Louane : Oui, je te le promets, on restera toujours en contact, on s’écrira.

Un temps.

Louane : C’est l’heure, je dois embarquer

Bilal : Ouai, malheureusement…

Louane : Bilal arrête, tu m’énerves, c’est comme si j’allais mourir, sérieux.

Bilal : Comment je peux ? T’es ma sœur de sang, je vais faire quoi si t’es pas là, hein, t’y penses à ça ? C’est égoïste…

Louane : Bilal, je t’en fais la promesse, je ne t’oublierai pas, je serai avec toi en pensée, tous les jours.

Une annonce passe dans les haut-parleurs : « Dernier appel pour les voyageurs à destination de Lisbonne, embarquement immédiat. »

Louane : J’y vais

Louane prend Bilal dans ses bras.

Louane : PAS DE BÊTISES HEIN !

Elle rit. Bilal se force à rire un peu. Elle monte dans le bateau et va sur le pont. Le bateau démarre et s’éloigne. Louane envoie plein de bisous à Bilal avec ses mains. Et Louane part sous les yeux humides de Bilal.

Scène 2 : Elle se défile

Sur le bateau, Louane et Bilal s’envoient des sms :

Louane : zy ya un mec chelou là.

Bilal : comment ça ?

Louane : bah chp il me tourne autour, il force avec les eye contact

Bilal : la vie mtn s’il fait un truc je le démonte

Louane : tkt on va rien me faire je sais trop bien me battre 😉

Bilal : oe tu fais ce que je t’ai appris

Louane : En plus eu…

Bilal : dit !

Louane : bah il est plutôt beau hein.

Bilal : T sérieuse ?

Louane : mais nn je rigole.

Louane : attend il vient me voir…

Bilal : tu lui dis dégage

Bilal : Louane

Bilal : allo

Sur le pont du bateau :

Y : Salut

Louane : Salut

Y : Je t’observe depuis qu’on est partis. T’es pas comme les autres. T’as plein d’étoiles dans le regard, on dirait que tu attends quelque chose et c’est beau à voir. Je te trouve superbe. Voilà je voulais te le dire, et désolé si tu m’as pris pour un fou à te tourner autour et tout, du coup, je voulais juste te le dire. Je m’appelle Yanis.

Louane : Salut Yanis. C’est vrai que tu m’as fait un peu peur mais je te trouve superbe aussi donc ça va, enfin, je veux dire, tes yeux, ton regard, enfin je veux dire… Oklm !

Yanis : Oklm

Ils rient tous les deux.

Yanis : Tu t’appelles comment ?

Louane : Louane

Yanis semble perturbé.

Louane : y’a un problème ?

Yanis : Je sais que je vais vite, mais, je ne sais pas pourquoi, je sens que je ne dois pas m’empêcher de te le dire. Je suis tout seul pour le voyage et je pense que toi aussi. Ça te dit qu’on continue le voyage ensemble ?

Louane : Oui, ça me dit.

Yanis : On n’est pas samedi

Louane : Faut que je t’apprenne des meilleures blagues par contre…

Ils rient.

Scène 3 : Déjà arrivé, déjà reparti

Louane et Yanis passent tout le trajet ensemble à rire. Ils se rendent compte qu’ils aiment les mêmes musiques. Les mêmes séries. Les mêmes blagues. Une rencontre comme ils n’en avait encore jamais vécu. Et ça fait tout drôle à Louane quand ils arrivent à Lisbonne et que Yanis lui annonce :

Yanis : Je suis désolé Louane, j’ai reçu un appel de ma mère, elle est à Braga, en Espagne. Elle est malade. Je ne peux pas la laisser seule dans cette épreuve. C’est la plus importante à mes yeux. Elle souffre du cancer et je dois l’accompagner faire ses chimios. J’espère que tu ne m’en veux pas.

Louane : Je ne veux pas qu’on se sépare… Trouve un moyen pour me retrouver à Lisbonne.

Yanis : J’essaierai de revenir, mais pour le moment je dois vraiment partir.

Louane : Promets-le-moi.

Yanis : Louane laisse-moi, il faut que je me dépêche, je veux être auprès de ma mère le plus rapidement possible.

Louane : Promets-moi de m’écrire tous les soirs !

Yanis : Je te le promets.

Louane regarde Yanis partir et laissa échapper dans un soupir :

Louane : Je t’aime…

Yanis entend la voix dans son dos, mais il ne se retourne pas.

Yanis voulait aller en Espagne en train ou en avion mais il n’avait pas l’argent. Alors il fait de l’auto-stop sur l’autoroute. Un monsieur qui a l’air très gentil s’arrête. On le voit monter dans la voiture. Ils roulent, longtemps, ils discutent de la vie, Yanis raconte l’histoire de sa mère, il se confie, puis ils se font des blagues, ils rigolent. À un moment, Yanis a l’impression que la voiture ne va pas vers l’Espagne, mais il est trop mort de rire pour s’inquiéter.

Louane s’installe le soir même dans une petite chambre d’hôtel, et elle attend un message de Yanis. Mais Yanis ne lui écrit pas. Elle se sent faiblotriste, faible et triste. Non, colériste, triste et en colère. Pour faire passer sa colère, Louane aimait beaucoup chanter et danser. Elle met la musique à fond dans sa chambre d’hôtel et elle crie les paroles :

J’ai envie de fracasser la musique

son volume augmente,

il augmente,

mais je vais l’éclater

ça fait mal à la tête

 ma tête ne fait que chauffer

Elle aurait bien aimé aller rejoindre Yanis à Braga. Elle veut prendre un billet de train sur son téléphone mais son téléphone s’éteint. Plus de batterie. Et elle avait oublié son chargeur. Elle décide de prendre un taxi. Mais elle ne voit aucun taxi. Elle essaye de faire du stop. Mais aucune voiture, personne. Même pas un chat dans les rues.

Alors elle retourne dans sa chambre et écrit une carte postale à Bilal.

Scène 4 : Y’a pas de vrai poto dans la vie

Cher Bilal. Tu me manques beaucoup. Est-ce que je te manque aussi ? Après plusieurs jours de recherche seule, j’ai surmonté mes peurs, j’ai parlé à des gens qui m’ont aidé à retrouver mon père. Je l’ai enfin rencontré il y a deux jours. Je vais te le décrire : il est grand, barbu, gentil, et drôle. Il m’a acheté plein de vêtements et de bijoux, il dit qu’il ne veut que mon bonheur. Aujourd’hui il m’a acheté une voiture en cadeau. Tu te rends compte, une voiture ! Bon, je suis encore trop jeune pour la conduire, mais un jour je pourrai, et tu viendras, et je te conduirai partout. Bilal je vais rester encore quelques temps ici. Une dizaine d’année je pense. Byebye.

En réalité, Louane retrouva son père quelques jours plus tard, et elle apprit deux choses, une cool et une moins cool. La première, c’est qu’il s’était remarié et qu’il avait eu des enfants avec sa femme, elle avait donc des frères et sœurs. La deuxième, c’est qu’il était violent avec sa nouvelle femme et ses enfants. Mais Louane n’avait pas le cœur à le dire à Bilal. Alors elle resta à Lisbonne, trouva un petit boulot, un appartement, et elle commença une nouvelle vie, seule mais heureuse.

Bilal réussit à se consoler petit à petit. Il écrivait beaucoup pour faire passer sa colère. Des chansons. Il finit même par devenir connu. Un de ses sons faisait beaucoup penser à son histoire d’amour impossible avec Louane…

SUR UN FIL

Sur un fil

Il se défile comme un fil

Je me faufile il se défile

Dans la file d’attente de son cœur

Je me dandine comme un fossile

Je m’échappe comme l’huile

Et je repense à ce film qui me terrifie

Où la fille fait un crime et jette un rire fini

Y’a pas de vrai poto dans la vie

C’est chacun ça merde, c’est chacun ses ennuis

Comme il dit

Déjà arrivé, déjà reparti

Je bascule

Je bascule

Et le fil me rattrape

Je rattrape

Je rattrape

Mais le fil me bascule

Et je tombe

Sous les bois d’automne, je ne me découvre pas d’un fil

Sous les bois d’automne, je recouds mon cœur


Le voyage de Nawel

Par Maryam AKAOU, Amal DAHBI, Ahmad DARKAZANLI, Hassimiou DIALLO, Amir GRICHI, Mariama KEBE

N.B : Newel et Anabal sont des prénoms non genrés.

Anabal et Newel sont devant la mare au canard de la fête foraine.

ANABAL : On fait un pari ?

NEWEL : O.K

ANABAL : Celui/Celle qui pêche le plus de canard remporte tout le panier de jetons.

NEWEL : O.K !

3 minutes plus tard.

NEWEL : Encore gagné !

ANABAL : Pfff, à un canard près…

NEWEL : Avec tous ces canards, j’ai au moins gagné 5 jetons. Et si je cumule avec tous les jetons de tous les manèges, ça fait 90 jetons ! Et 90 jetons, ça fait ? ça fait ?

ANABAL : Laisse-moi avec ta bonne humeur insupportable…

NEWEL : 300 euros !

ANABAL : Quoi ?

NEWEL : Oui c’est ce qu’ils ont dit à l’entrée de la fête foraine.

ANABAL : Ah oui quand même…

NEWEL : Je me demande ce que je vais bien pouvoir faire de tout cet argent…

ANABAL : On s’ennuie ici, on a fait toutes les activités.

NEWEL : Ouai grave, on a tout fait.

ANABAL : Je vais partir.

NEWEL : Tu veux partir où.

ANABAL : À Dumbaï.

NEWEL : Dumbaï ? Tu veux pas dire Dubaï ?

ANABAL : Non, Dumbaï, c’est encore mieux. Écoute. Maintenant qu’on se connait depuis longtemps…

NEWEL : Oui ?

ANABAL : On se connaît depuis longtemps non ?

NEWEL : Je ne sais pas, c’est combien longtemps ?

ANABAL : Alors maintenant, j’ai besoin que tu m’aides à partir.

NEWEL : Pourquoi je t’aiderai à partir ?

ANABAL : Parce que t’es mon ami.e, et un.e ami.e ça aide à partir.

NEWEL : Mais je ne veux pas que tu partes moi !

ANABAL : Tu sais, l’argent que tu viens de gagner… Si tu me le donnais, je pourrais réaliser mon rêve.

NEWEL : Ton rêve c’est de partir dans un pays qui n’existe pas ?

ANABAL : Si, il existe !

Anabal réussit à voler l’argent de Newel. S’en suit une course poursuite effreinée. Mais comme Anabal court plus vite que Newel, Iel arrive à s’enfuir avec l’argent. Newel crie : « Je te retrouverai ! »

Caché derrière le manège des auto-tamponneuses, Anabal reprend son souffle, quand il se rend compte qu’il y a quelqu’un à côté de lui.

ANABAL : Qui est-ce qui me colle comme ça ?

JEAN-PIERRE : C’est moi.

ANABAL : T’es qui ?

JEAN-PIERRE : Je m’appelle Jean-Pierre Mozer

ANABAL rit

JEAN-PIERRE : Pourquoi tu rigoles ?

ANABAL : Tu t’appelles Jean-Pierre

JEAN-PIERRE : Et alors ?

ANABAL : Rien.

JEAN-PIERRE : On m’a dit que tu voulais partir quelque part

ANABAL : Qui t’a dit ça ?

JEAN-PIERRE : Je partirai demain à l’aube. À Dumbaï

ANABAL : À Dumbaï ! Mais moi je rêve d’y aller !

JEAN-PIERRE : Je peux t’y amener…

ANABAL : Trop bien !

JEAN-PIERRE : Mais je veux quelque chose en échange.

ANABAL : Je la sens pas ton histoire, Jean-Pierre.

JEAN-PIERRE : Je t’emmène, si tu arrives à me trouver… des Ferrero Rochers.

ANABAL : Hein ?

JEAN-PIERRE : Oui, j’adore ça ! Prends deux grandes boîtes.

ANABAL : Si c’est que ça… Marché conclu !

JEAN-PIERRE : Rejoins-moi ici à la fermeture de la fête foraine. À tout à l’heure.

ANABAL : D’accord. À tout à l’heure !

Ce qu’Anabal ne savait pas, c’est que Jean-Pierre avait vu qu’iel avait volé tout le butin de Newel. Et Jean-Pierre n’aimait pas les voleurs. Alors il donna une bonne leçon à Anabal.

Le soir venu, Anabal revint avec les Ferrero Rochers.

JEAN-PIERRE : À présent, on fait un duel, il faut que tu manges toute une boîte.

ANABAL : Toute ? Mais il y en a 72.

JEAN-PIERRE : Oui. Et il faut que tu finisses avant moi.

ANABAL : Même pas peur !

Anabal mangea si vite et si bien les 72 Ferrero rocher qu’il finit la boîte en 45 secondes chrono. Jean-Pierre terminait tout juste de déguster son premier.

ANABAL : Alors Jean-Pierre, c’est qui le plus fort ? Dumbaï, j’arrive !

Soudain, Anabal entendit un énorme bruit, comme un cri grave et très long.

ANABAL : Qu’est-ce que c’était ?

Jean-Pierre sourit et finit d’avaler la noisette de son premier Ferrero. Le bruit reprit de plus belle. Anabal mit la main sur son ventre et compris que c’était lui qui faisait tout ce bruit.

ANABAL : Je ne me sens pas très bien.

Et Anabal resta cloué.e au sol tandis que Jean-Pierre récupérait le sac rempli du butin pour le rendre à Newel. Anabal resta dans les toilettes de la fête foraine toute la nuit.

Moralité : Quand on vole des noisettes, on férochie !

Férochier : verbe du premier groupe. Avoir la colique pour avoir mangé de Ferrero Rochers.


Le voyage de Peujo, RangeRover, Mercedes, Ferari et Renaut

Par Nayla BOUMAIL SI MOHAMMED, Lalla-Fatima DEMBELE, Kelvin LUIT-HAUTBOUT, Jonathan MASWINGI NGABWALA, Fatoumata TOURE, Jack WU.

Il y a fort longtemps, existait une cité reculée dans le désert, proche d’une immense oasis. La rumeur disait que l’oasis était hantée par un monstre nommé Rangerover, qui logeait dans l’oasis. Dans cette cité, la voiture n’existait pas, si bien que les habitant.es de cette cité s’appelaient Mercedes, Renaut, Ferari, Tesla… Il y vivait une jeune fille, Peujo, fille du roi et de la reine Fiat, morts dans un accident de bateau quand elle était très jeune. On raconte que c’est le monstre de l’oasis qui les auraient engloutis. C’est son grand frère, Ferari, qui avait repris le gouvernement de la cité à la mort de leur parent. Le jour de ses douze ans, Peujo avait envie de célébrer son anniversaire avec ses copines et de se rendre sur la plage. Elle demanda l’autorisation à son frère.

Peujo : Bonjour Ferari, je vais nager à la rivière avec mes copines

B : Mais tu es complètement inconsciente petite sœur. Tu as oublié ?

Peujo :  C’est faux, c’est une rumeur

B : Peujo, la rivière est hantée, c’est trop dangereux.

Peujo :  Mais non, puisque je suis avec mes cop’s !

B : C’est hors de question. Viens voir.

Ferari emmena sa sœur en haut de la tour de leur palais. Là, il lui donna des jumelles.

Ferari : Regarde Peujo. Tu vois cette forme noire dans l’eau, qui longe la côte ? C’est lui… Range Rover, le monstre de l’oasis. Il est craint par tous nos navigateurs et par tous ceux qui viennent récupérer de l’eau pour abreuver la cité. C’est un monstre effrayant et mystérieux, plus astucieux que l’homme. Pour une raison que tout le monde ignore, il choisit sa victime et une fois qu’il l’a choisie, il la suit pendant des années, toute la vie s’il le faut, jusqu’au moment où il réussit à la dévorer. C’est pour ça que je t’interdis de partir sur la plage.

Peujo : Mais moi, il ne va pas me choisir !

Ferari : Ne risque pas ta vie, reste avec moi.

Peujo :  Tu dis tout ça parce que tu es jaloux.

Ferari : Peujo, ne fais pas l’enfant, ça n’a rien à voir. Je veux te protéger.

Peujo :  Moi j’ai assez grandi. J’ai 12 ans.

Elle veut partir mais son frère l’en empêche. Peujo crie :

Peujo :  Lâche-moi !

Ferari : Tu ne sortiras pas

Peujo :  Tu me fais mal, arrête. Tu gâches tout, toute ma vie.

Ferari : Je… Tu…

Elle réussit à se dégager et elle s’enfuit. Ferari se lance à sa poursuite.

Ferari : Peujo, reviens !

Peujo :  Je suis grande, je peux décider pour moi-même ce qui est bon pour moi.

Devant le palais, elle veut emprunter la belle moto de son frère, qui marche à l’électricité solaire, mais le moteur ne démarre pas, alors elle emprunte son vélo, mais la roue est crevée. Son frère finit par la rattraper et il l’enferme dans la tour. Mais Peujo n’a pas dit son dernier mot. Tout là-haut, elle observe de loin ce monstre des oasis. Elle reste très attirée par cette forme au loin.

La nuit tombée, elle entend un bruit :

– Pssstt, hey, psst !

Ce sont ses amies, elles ont réussi à s’infiltrer jusqu’en bas de la tour.

Peujo : Salut les filles vous allez bien ?

Les cops : Descend ! J’espère que tu t’es habillée.

Peujo descend avec une corde faite de draps et de tshirts attachés.

Peujo : Mercedes, Renaut, ça fait si longtemps, je suis si heureuse.

Les cops : Nous aussi Peujo !

Elles se font un câlin de cops.

Les cops : Tu vas nous raconter tout ce qui s’est passé avec ton frère.

Et elles partent bras dessus, bras dessous. Le soir-même, Peujo envoie une lettre à son frère.

Cher grand-frère,

Tu ne voulais pas que j’aille à l’oasis hanté. Je t’écris cette lettre pour te dire que j’ai réussi à m’échapper de la tour. Je ne suis pas heureuse avec toi. Je pars vivre chez Mercedes. À jamais. Bonne vie à toi.

P.S. : en partant je voulais garder un truc qui a ton odeur, je t’ai volé une paire de chaussette.

P.S. 2 : Je croyais qu’elles étaient propres mais elles étaient sales.

P.S. 3 : Au moins elles sentiront pendant longtemps.

Chanson de Peujo :

JE PARS

J’ai acheté un malabar

Puis un carambar

Et je pars

Loin

Avec des affaires dont je prendrai bien soin

Puis j’irai en Turquie

Avec Muriquie

Traverser le monde

Espérant malgré la pénombre

Et peut-être jusqu’aux États-Unis

Pour rire avec mes amies

Les années passent, Peujo grandit. Malgré tout, la jeune femme reste attirée par l’oasis et dès qu’elle peut, elle jette un œil au loin. Elle aperçoit à chaque fois le monstre qui l’attend patiemment. Elle est tellement attirée qu’elle décide de devenir porteuse d’eau, pour se rapprocher de l’oasis et voir le monstre d’un peu plus près.

Un jour, alors qu’elle remplissait de grandes jarres d’eau, elle remarque que l’oasis est complètement lisse. Aucun signe de Range Rover à l’horizon. Elle soulève une grande jarre sur sa tête pour la porter chez elle, soudain, quand elle se retourne, elle le voit : Range Rover, échoué sur la plage ! La jarre se brise au sol.

Le monstre est énorme, luisant, visqueux. Peujo frissonne. Puis, la peur se calmant un peu, elle voit que Range Rover respire péniblement. Elle se rapproche et elle voit, sous son aileron, un morceau de fer plus large que sa main, planté dans sa chair. Tout doucement, elle s’approche, enlève délicatement le morceau de fer. La bête ne gémit pas. Elle regarde Peujo avec ses deux grands yeux noirs.

Peujo se rend compte que la peau de Range Rover est douce. « Comme il est gentil ! »

Alors, Range Rover ouvre son immense mâchoire, et à sa grande surprise, Peujo vit apparaître ses parents ! Ils étaient toujours en vie, et avaient survécu dans le ventre du monstre pendant toutes ces années. Peujo était si heureuse qu’elle accepta de faire la paix avec son frère et de retourner vivre dans le palais.

 

La vérité sur les garçons et les filles

La vérité sur les garçons et les filles ! – collège François TrUffaut à Asnières-sur-Seine

Par : Airon-Nael Auditon, Radia Bekaddour, Rosette Djidjou, Rudilson Djimo, Clément Dolley, Sofiane Kokodil, Anna Melnychuk, Anakin Narbonne, Marine RIchard, Adam Rurak, Nouha Toure

Enseignante : Touria Bhourim

AVS : Mme Pujol

Auteur intervenant : Gustave Akakpo

Graines de conteurs – saison 5

 

Personnages

Grâce, Nour, Marlène,

Victorina, Fianso, Emerson,

Lucas, Toumaï, Rahima,

Colette, Modeste, Abel


Grâce : J’adore la gymnastique ! C’est super ! Tu veux en faire ?

Nour : La gymnastique, c’est nul ! C’est pour les filles.

Grâce : Mais pourquoi ? Personne n’a dit que la gymnastique est un sport spécifique aux garçons ou aux filles !

Nour : Les femmes, avant, n’avaient pas de sport olympique. La gymnastique a été créée pour elles.

Grâce : Moi, je dis que le sport c’est un truc tout public, pour tout le monde ! C’est écrit nulle part ça !

Nour : Oui mais, certains sports ont été créés spécialement pour les femmes. Comme la danse classique.

Grâce : Je ne suis pas d’accord avec toi ! Parce que dans Koh-Lanta, il y a quelqu’un qui s’appelle Mathéo et qui fait de la danse classique !

Nour : C’est vrai, mais tu vas trop loin. Tu te multiplies pour dire quelque chose.

Grâce : Je ne me multiplie pas ! Koh-Lanta, c’est le quotidien ! Et tu aimes Koh-Lanta ! Il y a des épreuves et dans ces épreuves, il peut y avoir de la gymnastique. Koh-Lanta, ça montre que les garçons font aussi des sports de « fille ». Koh-Lanta, c’est collectif !

Nour : Oui mais, à la fin, c’est du solo ! Et, un vrai garçon ne fait pas de la gymnastique, point barre !

Lucas : Un vrai garçon joue au foot, au basket, au volley, aux jeux électroniques…

Modeste : Aux jeux de société, aux jeux vidéos…

Toumaï : GTA5, Fortnite, Roblox, Wazabi, la Bonne Paye, Mikado, Uno…

Nour : Il fait du skate, du badminton…

Abel : Du kayak, du ski, de la boxe… mais il ne fait pas de mal. Il ne faut jamais faire du mal. Il aide plutôt les gens.

Toumaï : Ses parents, ses amis, les personnes âgées… Il aide les gens qui ont des problèmes, par exemple au collège, dans la rue ou dans les magasins.

Rahima : Un vrai garçon respecte les gens. Il est gentil et poli. Il est beau. Il porte des chemises, sweat à capuche ou sweat-shirt, joggings, t-shirt, short, jean, basket, et pour les accessoires, une montre et un petit bracelet. En fait, il est classe.

Victorina : Et sincère. C’est quelqu’un qui aime la nature, l’aventure… Quand il aime une fille, il l’aime comme elle est. Il lui fait des cadeaux. La nuit, il vient sous sa fenêtre et l’appelle pour aller se promener et regarder les étoiles. Il veut la voir pour parler avec elle, la regarder et réfléchir. Il la trouve belle. Il aime dessiner. Il joue à cache-cache avec ses copains.

Modeste : C’est tout moi. Beau, gentil, il aide les gens en difficulté. Il peut porter des objets lourds. Quand il sera père, il aimera jouer avec ses enfants, il fera du sport avec sa famille, il pourra devenir président et diriger le gouvernement et le pays. Il aime porter des pantalons bleus et des t-shirts multicolores. Il adore l’école et il apprend ses leçons. Le week-end, il fait les courses, il sort avec ses copains et copines, il fait du tennis, du badminton ou la grasse matinée. Il rend aussi parfois une petite visite à sa grand-mère.

Nour : Il se fait confiance.

Marlène : Pour moi, il est fort, beau, protecteur, drôle et cool. Il regarde des mangas comme Naruto, il mange des ramens, il joue à Colefe douti, et il doit avoir un dégradé.

Lucas (à Marlène) : Toi, tu penses à ton copain. Et je ne suis pas d’accord avec toi. Je ne regarde pas de mangas, en plus j’ai des cheveux longs. Et pourtant, je suis un vrai garçon, pas un faux !

Marlène : Les faux garçons sont moches et ne font de foot, ils ne se bagarrent pas et n’aiment pas les mangas, surtout Naruto, ils n’ont pas de dégradé, ils n’aiment rien, ils n’aiment pas les ramens, ils n’aiment pas ma petite cousine, ni l’italien, ni l’espagnol, ni le hollandais – mes langues préférées – ils n’aiment pas mes amies, ils n’aiment pas le basket, ni les Lakers.

Toumaï : Un vrai garçon ou un faux garçon peut être laid ou beau, fort ou nul, intelligent ou stupide, il peut parler n’importe quelle langue ! Enfin, je crois.

Victorina : Pour moi, un garçon qui n’est pas sincère avec ses copains et sa famille et qui se fâche tout le temps avec sa copine, c’est ça un faux garçon !

Fianso : Un garçon méchant, mal poli, stupide, radin, qui joue à des jeux vidéos violents, n’est pas un vrai garçon !

Grâce : Une garçon qui se bat, crie et offense les autres n’est pas un vrai garçon !

Emerson : Pour moi, un vrai garçon travaille bien à la maison et à l’école. Il respecte son papa et sa maman. Il n’aime pas se fâcher, se bagarrer ou se disputer. Il n’aime pas être triste.

Fianso : Un vrai garçon est surtout protecteur. Il doit protéger les filles, parce que les garçons peuvent se protéger eux-mêmes.

Lucas : Il doit aussi être intelligent, gourmand, bon sportif, bon joueur, bien musclé, bien coiffé, la barbe toujours bien tracée. Il court vite et bien. Mais je crois que les garçons ne dessinent pas beaucoup trop. Ils ne lisent pas trop de livres. Ils se racontent beaucoup de blagues. Ils jouent à chat, à cache-cache, à poule-renard-vipère, à un deux trois soleil. Ils sortent ensemble pour s’amuser. Les garçons resteront comme ça pour toujours.

Toumaï (ironique) : Un vrai garçon porte des habits de marque, il mange du sushi, du riz avec des petits pois et du saumon, voilà, c’est tout !

Fianso : Mais ça n’a rien à voir avec la nourriture !

Rahima : Si, un peu. Il doit savoir cuisiner, aider sa mère ou sa sœur à faire le ménage, les courses… Il a de la personnalité et le plus important pour moi, c’est qu’il n’est pas féminin. Il ne se comporte pas comme une fille, mais il sait parler aux filles, nuance.

Colette : Moi, je pense surtout qu’il parle bien aux filles. Il ne se moque pas des gens. Il respecte ses aînés et même les plus petits. Il a le sens du partage. Il s’habille comme il veut. S’il se sent à l’aise, c’est ce qui compte. Qu’il porte des pantalons, shorts, t-shirts, joggings ou jupes, cela ne change rien, tant qu’il est un vrai garçon.

Victorina : Ah non, un garçon ne porte pas de jupe !

Marlène : Une fois, j’ai vu un garçon qui s’était maquillé !

Victorina : Ça se fait pas !

Colette : Pourquoi pas ? Il peut porter ce qu’il veut, se maquiller, jouer à tous les jeux qu’il veut, tant qu’il se sent à l’aise, c’est ça qui compte. Peu importe ce que les gens pensent de lui. S’il aime jouer aux jeux dédiés aux filles, ce n’est pas grave.

Nour : Je ne suis pas d’accord ! Un garçon ne se maquille pas et il ne peut pas porter ce qu’il veut !

Colette : Et une fille, est-ce qu’elle a le droit de porter ce qu’elle veut ?

Abel : Les filles portent des jupes, des robes et font des activités de fille.

Victorina : Ça veut dire quoi ça ?

Abel : Elles jouent aux poupées barbies…

Marlène : Non, mais ! Et puis quoi encore !

Abel : Elles aiment Tik Tok, Snapchat et Instagram. Et elles aiment bien parler espagnol.

Victorina et Marlène : N’importe quoi !

Emmerson : Pour moi, une vraie fille est une fille qui travaille beaucoup à la maison pour sa famille et à l’école pour elle-même. Elle aide sa maman à la cuisine, elle aide son frère à réussir…

Marlène : Ah non ! Elle fait ce qu’elle veut, pour elle-même ! Que pour elle-même ! Bon, un tout petit peu pour les autres aussi, s’ils sont sympas.

Toumaï : Moi, je pense que l’important c’est qu’elle soit polie et gentille.

Marlène : Elle fait comme elle veut, elle s’habille comme elle veut : jupes, robes, pantalons…

Fianso : Sacs à main, maquillage, rouge à lèvres, vernie à ongles, bagues, bracelets, boucles d’oreilles, colliers…

Lucas : Moi, je sais un truc sur les filles : elles adorent les surprises. Et elles ont toujours des secrets.

Fianso : Pour moi, une vraie fille est belle et mignonne, elle sait faire la cuisine et elle a des bonnes formes. Et des yeux marrons.

Abel : Ouais ! Mignone et sexy.

Modeste : Les filles font de la beauté chaque matin. Elles restent plus souvent longtemps dans la salle de bain, surtout les adultes et les jeunes.

Fianso : Elles ne sont pas pareilles que les garçons. Elles achètent plein d’accessoires de beauté.

Modeste : Elles ont presque toutes des cheveux un peu longs, plus longs que les garçons. Elles se font des couettes, des queues de cheval ou des tresses, elles se lissent les cheveux ou les laissent bouclées, toujours pour se faire belles.

Nour : Elles portent des chaussures à talon et mettent des collants.

Modeste : Elles ne sont pas pareilles que les garçons, mais parfois, elles doivent décider comme un garçon.

Toumaï (toujours ironique) : Elles aiment jouer au loup-garou, UNO et au labyrinthe. Elles font du cirque, du judo et de la gymnastique. Et puis c’est tout.

Victorina : Une fille qui ne joue pas au loup-garou, ne fait de cirque ou du judo, ce n’est pas une vraie fille ?

Toumaï : Bah si, c’est une vraie fille ! Et elle peut aussi ne pas se maquiller…

Grâce (à Modeste) : C’est vrai ça ! Une fille qui ne fait pas de la beauté chaque matin, qui n’achète pas plein d’accessoires de beauté, ce n’est pas une vraie fille ?

Modeste : Euh… si ! Si c’est une vraie fille.

Grâce : Ah !

Colette : Pour moi une vraie fille est gentille, travailleuse, honnête, un tout petit peu sensible, partageuse, franche, belle, mais psychologiquement ou à l’intérieur d’elle-même parce que le physique ne compte pas. Elle ne doit pas se moquer des autres car on ne sait pas de quoi demain sera fait. Obéissante envers ses aînés à la maison, à l’école et même dans la rue, intelligente, respectueuse, propre, elle doit s’assumer sans avoir froid aux yeux. Elle doit être forte, sensible, mais pas à chaque fois, sinon elle se fera marcher dessus.

Marlène : Oui. Elle doit s’imposer et ne jamais laisser quelqu’un lui marcher dessus. Elle peut aimer toutes les couleurs qu’elle veut car ce n’est pas la couleur qu’une personne aime qui la qualifie.

Colette : Une vraie fille n’a pas de vêtements spécifiques à mettre, elle doit juste se respecter.

Marlène : Il n’y a pas d’activités pour les vraies filles car si elle est vraie, elle peut faire toute activité dans laquelle elle se sent bien.

Colette : Et c’est valable aussi pour un garçon.

Grâce : Oui. Et un garçon peut aussi chercher à plaire. Il peut jouer avec des poupées, danser, chanter, écrire des poèmes…

Fianso : Et il peut ne pas aimer le foot ou le basket ?

Toumaï : Oui !

Fianso : Il peut ne pas aimer jouer avec les garçons et préférer la compagnie des filles ?

Colette : Bah oui. S’il se respecte et s’il respecte les filles.

Nour : Et il peut aimer faire la gymnastique et la danse classique ?

Grâce : Évidemment. Il peut faire ce qui lui plaît. Il peut. Il a du pouvoir. C’est ça qu’on appelle un vrai garçon.

Lucas : Alors, je ne suis plus tout à fait d’accord avec ce que j’avais dit. Un garçon peut changer. Il peut aimer lire, dessiner, faire les activités qu’il veut. Et il peut aussi montrer ses émotions. Il en a le droit.

Marlène : Bien sûr. Mais ça dépend aussi de son enfance. Si son père ne lui a pas montré qu’il peut pleurer, il va croire que c’est interdit. Et il deviendra froid et sec. Je dis le père, mais ça peut être aussi les voisins, l’oncle, l’entourage. Tout ça a un grand impact sur nous.

Colette : Si par exemple, un garçon aimait porter des jupes ou se maquiller quand il était petit…

Fianso : Plus grand il aimera peut-être mettre des jupes et se maquiller…

Victorina : Ah, non, un garçon ne porte pas de jupe et ne se maquille pas !

Colette : Pourquoi ? Pourquoi les filles auraient-elles le droit de mettre des pantalons ou des cravates et les garçons, eux, n’auraient pas le droit de mettre des jupes ou de se maquiller ?

Marlène : Ouais, au fait, pourquoi ?

Vous ne le saviez peut-être pas...

Vous ne le saviez peut-être pas, mais une 2ème personne habite votre corps – collège Léonard de Vinci de Châtenay-Malabry

Par : Farès Belaid, Julia Buffard-Croquelois, Enzo Cardoso-Pinto, Madeline Cholley, Nolwen Da Veiga Ferreira, Wail Brahim Dahmane, Loan Desous, Mariam Diabira, Solene Kendra Ebatha Franck, Cameron Exilus, Enzo Faua, Manon Husson Lardemer, Brahim Lagha, Jordan Laroche, Lorney Maclean, Léane Petit, Daniella Pierre, Maxence Saint-Louis, Lorenzo Thérèse-Basile, Adélie Touré, Pharrell Ursulet-Lemaître, Elisha Zidago

Enseignante : Ombline Damy

Auteur intervenant : Gustave Akakpo

Graines de conteurs – saison 5


-Ce matin-là, Nick est convoqué dans le bureau de la directrice.

-Dans le bureau, il y a Julien et Marc.

-La directrice commence à crier sur Nick.

NICK : Mais pourquoi crie-t-elle ?

-Et là, il comprend :

NICK : Ah oui, hier j’ai frappé Julien, insulté Marc et les deux garçons ont promis de se venger.

JULIEN & MARC : Et la voilà, la vengeance !

-Mais ce que les garçons ne savent pas, c’est que Nick est battu chez lui. Et là, à ce moment-là, devant Julien et Marc, tout est sorti. Tout ce qu’il avait sur le cœur.

-Mais non, ça ne s’est pas passé comme ça ! Rien n’est sorti. Il a tout gardé en lui. Il s’est retenu.

-Pourquoi ?

-Mets-toi à sa place !

NICK : Et si mes parents se font arrêter ?

-Nick voudrait pleurer, mais il ne peut pas.

-Pourquoi ?

-Un garçon qui pleure, c’est la honte !

-C’est de la lâcheté.

-Un vrai garçon ne pleure pas.

MATHIS : J’en sais quelque chose. En début d’année, j’ai raté le premier cours d’histoire où la prof a dit qu’il fallait apporter, pour le prochain cours, un cahier particulier. Je n’ai pas le cahier. Je ne savais pas. La prof m’en fait le reproche. Et je me mets à pleurer. Toute la classe se retourne. Tout le monde se moque de moi.

-Ha ! Ha ! Ha ! Il pleure ! Wah ! La honte !

-Non mais, moi, si ça m’arrivait, non mais c’est simple, je meurs sur place, en fait !

MATHIS : J’entends des rires.

-Hi ! Hi ! Hi ! C’est une vraie fille !

-Ha ! Ha ! Ha ! Il n’a même pas honte !

MATHIS : Et la prof s’en fiche royalement. Personne n’écoute son cours et elle s’en fiche. Parce que tout le monde est trop occupé à se moquer de moi. J’ai envie de disparaître sous terre. Surtout, parce que dans le couloir, ce sera pire. Je les entends déjà :

-Tu sais Mathis, l’autre jour, il a pleuré en classe ! Mais devant tout le monde, genre !

-Le gars, c’est une fille ! Y a pas d’autres mots, en fait.

MATHIS : L’horreur ! Je les entends déjà siffler sur mon passage.

-Espèce de fille !

-Ça va pleurnicher !

-Alors, gros bébé, bien dormi ?

-Tu vas nous faire une autre crise de larmes aujourd’hui ?

MATHIS : Et tout ça, à cause de cette foutue société qui dit que les garçons ne doivent pas pleurer. Je ne vois pas ce qu’il y a de mal à exprimer ses sentiments. Vraiment…

-Mais, un vrai garçon ne pleure pas, c’est tout !

MATHIS : Et c’est quoi un vrai garçon ?

-Un vrai garçon est fort, il joue beaucoup, il ne porte pas de jupe, il porte des pantalons, il aime faire du sport et il est têtu.

-Un vrai garçon c’est celui qui sait se battre. Qui joue à Fifa. Qui ne joue pas aux Barbies. Qui aime les tacos. Un vrai garçon est une racaille qui écoute du rap, qui ne chante pas sous la douche, qui protège les filles et qui n’aime pas aller à l’école. Il ne doit pas ressembler à quelqu’un, il doit être lui-même.

-Moi, je trouve, au contraire, qu’un vrai garçon doit être fort en classe.

-Pour moi un vrai garçon fait surtout des bêtises. Il aime dominer et rabaisser les autres. Il se prend trop même beaucoup trop au sérieux. Il n’est pas drôle ou ses blagues blessent. Il est peut-être être intelligent pour quelques trucs mais très bête pour d’autres. Il ne comprend pas les autres, il est autocentré et souvent avare. Et c’est moche.

-Ah non, un vrai garçon n’est pas moche. Il porte du Lacoste et des habits de marque. Il est puissant. Il a un regard qui fait peur. Il passe la moitié du temps sur la console. Il zouk méga bien, il a une meuf, il se fait respecter par son gang et il a de la money. Rigolo et charo, il ne fait jamais la cuisine et dit : « La place de la femme, c’est à la cuisine ! » Un vrai garçon, c’est quelqu’un qui peut se reproduire. Et quand il fait voilà voilà avec sa femme, il le fait sérieusement. Quand il rage, il rage. Il tabasse même les filles. Il est monstrueux. Il crush sur une fille à 20 ans, il a un boulot à 25, une femme à 30 et 10 à 13 enfants, à 40 il a son gang et le reste de sa vie, il devient grand-père. Il se fait respecter par tout le monde. Il met h24 ses habits à la machine à laver. Il prend une douche par an. C’est un sauveur. C’est le gars qui s’est déjà fait briser les deux boules de cristal. Il doit tout supporter. Il peut protéger tout le monde. Il n’a pas peur de la mort. Et quand il fait caca, il bouche les toilettes. Il détient le world record des toilettes inondées. Il est stylé. Quand il a1€, il croit en avoir 100. Il peut parler, jouer et faire la vaisselle en même temps.

-Pour moi, un vrai garçon ne fait pas le ménage. Il aime seulement aller à la salle de sport.

-Ah non, moi je pense qu’un vrai garçon sait faire la cuisine, du bricolage… Et quand il vieillit, il a la calvitie.

-Jamais de la vie ! Jamais de calvitie !

-Je pense que c’est quelqu’un de plutôt grand, qui peut être très fort, qui peut avoir les cheveux longs, mais souvent ses cheveux sont courts. Un jour, il deviendra papa, il ira au bar voir ses potes, il portera des tenues de sport, mais pour les événements importants, il mettra des costards. C’est quelqu’un qui aime les films d’action, les films d’horreur et les films de super-héros.

-Toujours prêt à jouer à la Play, il n’aime pas ranger ses affaires, faire la vaisselle, cuisiner, jeter les poubelles… Il insulte pour rien. Il aime avoir la flemme. Il crie quand le PSG gagne. Il porte du Nike, de l’Adidas, du Lacoste et toutes les marques et il n’achète rien à Primark. Il achète tout sur les jeux vidéo pour après ne pas assumer, quand il se retrouve à découvert. Quand il perd, il rage comme d’hab. Il sort beaucoup et rentre tard.

-Un vrai garçon ne fait pas la vaisselle, ne cuisine pas, il mange des paquets de chips en jouant à Fifa 22. Il réchauffe sa nourriture au micro-onde. Il ne porte pas de robe, ne joue pas à la poupée, ne mets pas de faux ongles. Il est beaucoup plus musclé qu’une fille de même âge. Il n’a pas peur d’une mouche. Il n’abandonne jamais.

-Moi, je crois qu’un vrai garçon c’est quelqu’un qui aide les autres. Qui ne se fâche pas. Qui ne se dispute pas. Qui est responsable. Qui respecte les filles et aussi les garçons. Qui est attentionné. Qui arrive à faire des cadeaux. Qui aime tous les sports. Qui ne dit pas que les filles sont des tapettes.

-Mais les vrais garçons n’aiment pas partager !

-Et ils sont plus impatients que les filles !

-Ils mangent des plats épicés, font la grasse matinée, mettent toujours du parfum, ont toujours plein d’amis et ils savent danser.

-Un vrai garçon n’est pas expressif. Il est distant avec ses parents. Un vrai garçon ne dit pas « maman ». Il n’est plus un bébé. Il est viril.

-Pour moi, un vrai garçon est courageux, déterminé et pas énervant. Sage, gentil, aidant. Il ne se croit pas supérieur aux filles. Il n’est pas sexiste. Il doit être drôle, aimer le PSG et il regarde les dessins animés.

-Un vrai garçon est un garçon mature, gentil, qui tient ses promesses, respecte et encourage les autres. Pour moi, un vrai garçon n’est pas une fille.

-Il joue au foot comme Messi, Neymar et CR7. Il aime aller au Parc des princes. Il n’est pas raciste. Il n’est pas peureux.

-Il fait le mec devant ses camarades.

-Pour moi un vrai garçon, c’est surtout quelqu’un qui a peur de pleurer. Alors, qu’il devrait être gentil, avec un grand esprit.

-N’importe quoi ! Il ne pleure pas, il n’a pas peur, il ne joue pas à la poupée…

-Moi, j’aime jouer à la poupée. Y a un groupe de garçons qui se moquent de moi, parce que je joue à la poupée. Parce que je joue avec les filles. Ils se moquent et je ne dis rien. Mais, un jour, y en a un qui m’a traité de tapette et je lui ai fait face : « Pour qui tu te prends ? » À ce moment-là, j’ai senti que quelque chose a changé dans mon corps. Quand j’ai exprimé tout ce que j’avais à dire, je me suis senti libre. J’étais toujours le garçon qui jouait à la poupée, mais je n’étais plus le garçon sans défense. Je ne me laisserai plus faire. Depuis ce jour, j’ai compris que quand je n’étais pas d’accord, je pouvais m’exprimer et ne plus me laisser rabaisser.

-Lilas, elle, elle aime insulter Lorney, dans la cour de récréation, pour impressionner les garçons. Elle faisait ça tous les jours. Puis, un jour, elle s’est sentie très seule.

-Pour moi, un vrai garçon doit être sensible, intelligent, compréhensif. Ce n’est pas grave s’il n’est pas beau, s’il ne porte pas de beaux habits, mais tant qu’il a du cœur, qu’il est prêt à tout pour aider les autres, ça, pour moi, c’est un vrai garçon. Il peut jouer à la poupée, aimer le rose et ça devrait nous être égal ! C’est son cerveau, c’est sa vie, il fait ce qu’il veut, il aime ce qu’il veut. Mais les clichés nous donnent l’image d’un faux garçon : le garçon de l’extérieur. Mais, il y’a toujours un deuxième garçon. Un garçon de l’intérieur. Sensible, intelligent, gentil, drôle, mais il ne le montre pas forcément, de peur d’être jugé. Quand un garçon fait quelque chose de mal, ce n’est pas forcément sa faute. Il y a peut-être un problème derrière. Dans ces moment-là, il faut toujours voir le garçon de l’intérieur.

-Et si on pouvait entendre ce garçon de l’intérieur. Si on pouvait le voir parler avec le garçon de l’extérieur. Qu’est-ce qu’ils se diraient ?

-Imaginons-les dans une forêt.

GARÇON EXTÉRIEUR : Bon on entre dans cette forêt ?

GARÇON INTÉRIEUR : J’ai peur. Ça me rappelle Escape Roblox.

GARÇON EXTÉRIEUR : Ici, c’est la vraie vie. Et non, t’es un homme. Tu n’as pas peur. Tu es fort.

GARÇON INTÉRIEUR : Rappelle-toi : le monstre avait de grosses fesses.

GARÇON EXTÉRIEUR : Oui, il avait de grandes dents et puis il allait nous manger, et puis non, je n’y crois plus c’est une histoire inventée.

GARÇON INTÉRIEUR : Arrête. N’y va pas. Tu vas te pisser dessus. En plus, maman a dit de ne pas y aller.

GARÇON EXTÉRIEUR : Elle ne le saura jamais. S’il te plaît, sinon je vais perdre la face.

GARÇON INTÉRIEUR : Tu veux que maman nous engueule ?

GARÇON EXTÉRIEUR : Bon, d’accord, on rentre à la maison. En plus, je crois que le monstre me fait un peu peur.

-On peut aussi les imaginer dans la rue.

GARÇON EXTÉRIEUR : Oh, j’en ai marre des cours ! Aujourd’hui, on va sécher.

GARÇON INTÉRIEUR : On va se faire punir.

GARÇON EXTÉRIEUR : Ta gueule !

GARÇON INTÉRIEUR : On va avoir plusieurs remarques et des heures de colle !

GARÇON EXTÉRIEUR : La ferme !! On sèche. On ira voir un match de foot.

GARÇON INTÉRIEUR : Tu sais, aujourd’hui, il y a burger frites à la cantine.

GARÇON EXTÉRIEUR : Ok, on sèche pas.

GARÇON INTÉRIEUR : Yes !

-Ou dans une cour de récréation.

GARÇON EXTÉRIEUR : Je joue au foot.

GARÇON INTÉRIEUR : Je préfère la poupée. Tu veux essayer ?

GARÇON EXTÉRIEUR : Jamais devant les autres ! Ils vont se moquer de moi !

GARÇON INTÉRIEUR : Peut-être que non. Mais de toute façon, tu es trop brutal, tu vas les abîmer, elles sont fragiles !

GARÇON EXTÉRIEUR : Mais c’est toi qui me dis de jouer avec elles et après tu me dis qu’elles sont trop fragiles ! Moi, je vais jouer au foot, un point c’est tout !

GARÇON INTÉRIEUR : D’accord. Alors essaye.

GARÇON EXTÉRIEUR : Je refuse d’avoir la honte devant tout le monde.

GARÇON INTÉRIEUR : Ils vont peut-être aimer aussi.

GARÇON EXTÉRIEUR : Ce sont des garçons !

GARÇON INTÉRIEUR : Ce n’est pas parce que ce sont des garçons qu’ils ne peuvent pas jouer à la poupée ! C’est comme si tu disais que les garçons n’ont pas le droit d’aimer le rose !

GARÇON EXTÉRIEUR : Le rose et les poupées, c’est pas la même chose !

GARÇON INTÉRIEUR : Est-ce que tu aimes les poupées ?

GARÇON EXTÉRIEUR :  Je ne sais pas.

GARÇON INTÉRIEUR : Tiens.

GARÇON EXTÉRIEUR : Je ne te fais pas confiance. Si les autres rigolent, je les plante ! Je te jure, s’ils se moquent, je les tue ! Tu veux que je finisse en prison pour une histoire de poupée ?

GARÇON INTÉRIEUR : Bon, laisse tomber. Au moins, j’aurais essayé. En plus, ça aurait pu te calmer.

GARÇON EXTÉRIEUR : Tu es sûr ?

GARÇON INTÉRIEUR : Bien sûr ! Et ça développe l’imagination.

GARÇON EXTÉRIEUR : Si tu connaissais « capitaine Tsubasa », tu saurais laquelle d’imagination il faut développer.

GARÇON INTÉRIEUR : Essaye, et si tu n’y arrives pas, je te laisse tranquille. Jouer à la poupée, ça détend, ça te fait travailler l’imagination, tu crées ta propre histoire, ton propre univers, ça développe l’empathie… C’est important l’empathie.

GARÇON EXTÉRIEUR : C’est quoi ?

GARÇON INTÉRIEUR : C’est quand on arrive à se mettre à la place des autres, quand on arrive à comprendre l’autre.

GARÇON EXTÉRIEUR : D’accord, donne.

-Dans un salon.

GARÇON INTÉRIEUR : Je suis amoureux de Pyna.

GARÇON EXTÉRIEUR : Ah non, elle est moche.

GARÇON INTÉRIEUR : Pas pour moi.

GARÇON EXTÉRIEUR : Qu’est-ce que tu lui trouves ?

GARÇON INTÉRIEUR : Elle est belle et gentille. Pas comme certaines personnes qui jugent sans même connaître.

GARÇON EXTÉRIEUR : Elle est plutôt moche, ouais !

GARÇON INTÉRIEUR : Je suis plus vrai que toi ! Toi, tu n’es qu’une façade !

GARÇON EXTÉRIEUR : Tant pis pour toi ! Quand tu verras qu’elle est moche, que tu te sentiras mal avec elle, ce sera ton problème.

-Devant un écran de téléphone.

GARÇON INTÉRIEUR : Je trouve vraiment cette personne méchante. Mais aussi, je veux être populaire.

GARÇON EXTÉRIEUR : Je trouve vraiment cette personne gentille, mais moi je ne veux pas être populaire.

GARÇON INTÉRIEUR : Pourquoi je ne suis pas comme les autres ? Je voudrais avoir un milliard d’abonnés sur Tiktok.

GARÇON EXTÉRIEUR : Pourquoi je serais comme les autres ? Et je ne veux pas d’un milliard d’abonnés.

GARÇON INTÉRIEUR : Oui, je l’avoue, je suis amoureux d’une star très populaire.

GARÇON EXTÉRIEUR : Moi être amoureux d’une star ? Non mais, c’est un rêve impossible !

GARÇON INTÉRIEUR : Bon, je crois que je vais pleurer. Je ne l’aime pas. Je la déteste.

GARÇON EXTÉRIEUR : Je ne vais pas pleurer.

GARÇON INTÉRIEUR : Je trouve ce gars vraiment chelou.

GARÇON EXTÉRIEUR : Je ne trouve vraiment pas ce gars chelou.

GARÇON INTÉRIEUR : Comment faire pour dépasser Charlie Damélio ?

GARÇON EXTÉRIEUR : Comment faire pour ne jamais dépasser Charlie Damélio ?

GARÇON INTÉRIEUR : Vraiment, la vie d’influenceur est très dure.

-Sur la route pour aller au travail.

GARÇON INTÉRIEUR : Tiens, une personne âgée.

GARÇON EXTÉRIEUR : T’es sérieux, tu vas aider la vieille ?

GARÇON INTÉRIEUR : Bah oui, c’est comme ça qu’on nous a éduqués.

GARÇON EXTÉRIEUR : J’en ai rien à faire, on y va !

GARÇON INTÉRIEUR : S’il te plaît ! Je sais que tu as changé, mais s’il te plaît !

GARÇON EXTÉRIEUR : Si tu l’aides, tu vas voir ! Je te fais une chiquette en Antarctique !

GARÇON INTÉRIEUR : C’est bon, on y va ! En plus, on va être en retard !

GARÇON EXTÉRIEUR : C’est mieux pour toi !

GARÇON INTÉRIEUR : Je sens qu’on va passer une mauvaise journée.

GARÇON EXTÉRIEUR : Vas-y ! Après le boulot, on ira jouer au foot.

GARÇON INTÉRIEUR : Je sais que tu n’aimes pas le foot. Ne te force pas. Ah, voilà le bus !

GARÇON EXTÉRIEUR : Tu parles de quoi ? J’adore le foot !

GARÇON INTÉRIEUR : Mais oui, bien sûr ! Et moi, je n’aime pas regarder Pepa Pig ! Fais signe au chauffeur d’arrêter le bus.

GARÇON EXTÉRIEUR : Je suis plus fort que toi au foot. Je joue dans la meilleure équipe du monde. Je joue à Châtenay-Malabry !

GARÇON INTÉRIEUR : Arrête le bus !

-Le bus est parti.

GARÇON INTÉRIEUR : Voilà, tu es content ? On a loupé le bus !

GARÇON EXTÉRIEUR : Ce ne sont pas mes affaires de toute façon. Et toi, tu ne pouvais pas l’arrêter ?

GARÇON INTÉRIEUR : À ce que je sache, c’est plutôt ton côté bad boy qui parle aux gens, s’active pour aller au travail… À cause de toi, on doit marcher maintenant !

GARÇON EXTÉRIEUR : T’inquiète pas, on vole cette trottinette. Le dernier arrivé est bête !

GARÇON INTÉRIEUR : De 1, on ne va rien voler, de 2, on partage le même corps, donc on arrivera au même moment, du bête !

GARÇON EXTÉRIEUR : De 1, je suis d’accord, de 2, tu ne me parles pas comme ça !

GARÇON INTÉRIEUR : C’est bon, j’en ai marre de me battre contre moi-même pour rien. Fais ce que tu veux, je ne veux plus être dans nos affaires. Ne me parle plus.

GARÇON EXTÉRIEUR : On fait quoi alors ?

GARÇON INTÉRIEUR : … ?

GARÇON EXTÉRIEUR : HEEEEEEEEEEEH OOOOOOOOOH !

GARÇON INTÉRIEUR : … ?

GARÇON EXTÉRIEUR : T’es mort ? C’est bon, t’es mort ?

GARÇON INTÉRIEUR : …?

GARÇON EXTÉRIEUR : Tu joues à quoi ?

GARÇON INTÉRIEUR : …

GARÇON EXTÉRIEUR : Je vais te défoncer ! Slap ! Aïe !

GARÇON INTÉRIEUR : Arrête ! Tu me fais mal aussi !

GARÇON EXTÉRIEUR : Rien à foutre ! On va où ?

GARÇON INTÉRIEUR : On est censé aller au travail ! Si t’avais utilisé le peu de cerveau qui te reste en dessous de la calvitie tu le saurais ! On est en retard de 30 mn, tu veux quoi d’autre, racaille !

GARÇON EXTÉRIEUR : On rentre chez nous, fin !

-On peut les imaginer se disputer à propos de leurs amours.

GARÇON EXTÉRIEUR : Hier, tu as embrassé un garçon.

GARÇON INTÉRIEUR : Eh bah quoi ?

GARÇON EXTÉRIEUR : C’est répugnant ! On n’embrasse pas quelqu’un du même sexe !

GARÇON INTÉRIEUR : On a le droit de choisir la personne avec qui on veut être heureux. Ce garçon, je le trouve beau, intelligent, très musclé !

GARÇON EXTÉRIEUR : Ça m’a fait mal. J’ai senti la vieille bave de garçon. La bave des filles, ça pétille mieux.

-On peut aussi les imaginer se quereller à propos d’un four.

GARÇON EXTÉRIEUR : Le four est en panne. Je vais appeler le voisin, ok ?

GARÇON INTÉRIEUR : Non, je vais me débrouiller.

GARÇON EXTÉRIEUR : J’appelle le voisin.

GARÇON INTÉRIEUR : S’il aggrave le problème, c’est pas ma faute.

GARÇON EXTÉRIEUR : Je ne le sens pas bien, là. Je ne nous fais pas confiance.

GARÇON INTÉRIEUR : Écoute, on fait avec ce qu’on peut. C’est le four du voisin ? Non. Je le répare, parce que c’est notre four.

GARÇON EXTÉRIEUR : Je préfère appeler le voisin. Il est plus expérimenté.

GARÇON INTÉRIEUR : Je veux me frapper, je veux me frapper, je veux me frapper.

-Moi, tout ça m’a inspiré une petite histoire. Je vous la raconte, pour finir ?

-Ok/ D’accord/ Vas-y/ On t’écoute.

-Jasontasonraisonraisin a giflé le petit garçon Augustintintintintintintin pour impressionner Mariahdeslanovaferrarilamborghiniquopainpainauchocolat. Après ça, Augustintintintintintintin est allé le dire au directeur et Mariahdeslanovaferrarilamborghiniquopainpainauchocolat était très énervé contre lui, car il ne le savait pas mais c’était son petit frère. Le directeur lui fit une exclusion de 3 jours, plus 4 heures de colle quand il reviendra parce que, ça aussi il ne le savait pas, le garçon qu’il a giflé et la fille dont il est amoureux sont les enfants du directeur. Après les trois jours, il n’était toujours pas revenu. Même si elle était très énervée contre lui, Mariahdeslanovaferrarilamborghiniquopainpainauchocolat s’inquiétait pour lui. En fait, il avait séché le cours en fugant pour ne pas se faire disputer par ses parents. Elle alla chez Jasontasonraisonraisin mais personne ne répondit, car ses parents étaient partis à sa recherche. Elle chercha partout dans la ville, mais en vain. Sur le chemin, elle vit un truc très étonnant, c’était Zemmour qui a giflé Kim Jong-un et pris Poutine en octogone pour impressionner Pécresse, Lepen et Brigitte Macron. Sur le chemin, elle vit un autre truc étonnant, son petit frère Augustintintintintintintin, mais ça ne l’entonna pas plus que ça, et ensemble ils partirent à la recherche de Jasontasonraisonraisin. Ils le retrouvèrent dans les bras de ses parents, à côté de Macron, ils étaient en train de jouer à UNO dans la forêt. Après, ils rentrèrent chez eux, et Mariahdeslanovaferrarilamborghiniquopainpainauchocolat et Jasontasonraisonraisin se mirent en couple et se marièrent à l’âge de 11 ans, et Augustintintintintintintin est devenu son beau-frère.

Fin.

 

 

 

 

 

 

La déambulation du monstre dans la ville

la déambulation du monstre dans la ville – École jean lurçat à Gennevilliers

Par Marwa BERDJI, Myriam BOURAMDANE, Khady CAMARA, Camille CHEMMI, Clémence DONFOUET PETIT, Imène EL HADANI, Mohammed FASRAOUI, Adel HAJJI, Mayssae HAJJI, Kaïs LELUT, Ally LENGANE, Assile MAKHLOUK, Giulietta MIVOVAN, Rafid MOHAMED, Anessa MOHAMMAD, Mélina MORAIS, Feryel ROMDHANE, Ernest SANDOZ, Siramakan SANGARE, Eynaël SOUSA VIERA E SILVA, Abdou Aziz SOW, Yann WALLA KITTY

Enseignante : Emmanuelle Pauliac

Auteurs intervenants : Valérian Guillaume et Jules Benveniste

Graines de conteurs – saison 5

Note introductive : ces contes sont le fruits de l’imagination de leurs autrices et auteurs. Nous sommes intervenus dans le processus d’écriture collective des contes qui suivent, dans la mesure où nous avons proposé un cadre pour jouer avec les codes de l’invention et de la construction d’un récit.
Nous voulons laisser de la place à l’interprétation des lectrices et des lecteurs de ces œuvres pour considérer comme bon leur semble d’éventuelles déviances concernant les normes d’écriture de la langue française académique, que nous avons préféré observer comme des trouvailles poétiques aussi aiguisées que surprenantes.


Il était mille fois un monstre qui s’appelait TAGRÉMER. Il vivait dans un pull en laine qui grattait.
Un jour, il arriva dans le cimetière de la ville.

TAGRÉMER est un monstre triste, avec une tête de livre, des mains en rond et un corps très long.
C’est au pays des bonbons qu’il fit la rencontre de son premier humain. Alors, une créature légendaire contrôlée par Urbassa s’abattit sur la ville en lançant son rayon purifi-cateur droit sur l’humain et TAGRÉMER. L’humain, qui n’avait pas d’autre nom que « humain », voulu donner une fessée au monstre qui, les fesses en feu, s’envola. La fessée fut très forte, mémorable.
Énervé, le monstre tape sur le sol et tape sur le mur.
Il crie avec une voix d’outre-laine, et court après l’humain.
Il crie :
QUILITITA!

Le monstre et l’humain ont peur l’un de l’autre et décident donc mutuellement que c’est mieux s’ils se séparent, et ils s’éparent en se poussant violemment. La raison secrète de leur séparation c’est que l’humain mange ses crottes de nez.
Chaque fois qu’il se promenait du côté du cimetière où il venait trouver un peu de paix, il repensait à cette histoire.
Après quelques souffles de vent qui risquent de tourner les pages de son livrisage, TAGRÉMER poussa plus loin jusqu’à la pizzeria où, d’habitude il mange des soufflés au camembert supplément chocolat, vanille, fraise, beurre de cacahuète, pistache et caramel et il finit par boire un lait avec du chocolat, des céréales et des raisins secs !
Il repensa à ce qu’il s’était dit alors :
Je ne ferai plus jamais confiance aux humains !!

D’abord, en sortant du restaurant, il rencontre une monstre.
C’est bien la première fois que je te vois, pense TAGRÉMER.

Puis, sans réfléchir il lui lance, à la monstre, une bague qui lui sert de marque-page pour ne jamais perdre le fil de sa tête et la monstre l’attrape d’un coup en faisant un saut en rond qui rend TAGRÉMER encore plus admiratif.

Tu as fait tomber une bague monsieur le monstre, dit-elle.
Elle n’est pas tombée, je l’ai lancée, répondit TAGRÉMER.
Je sais bien, dit-elle encore, j’ai bien vu que tu me l’as lancée et moi j’ai voulu vérifier ta sincérité parce que j’ai entendu dire que la vérité sort de la bouche des livres.

TAGRÉMER était vraiment impressionné par cette monstre qui venait de croiser sa route devant la pizzeria qui longe la route du cimetière.

Je confirme ton savoir, osa-t-il répondre sans bien savoir comment.
Et moi je prends ta bague monsieur le monstre. Comment t’appelles-tu ?
TAGRÉMER, dit TAGRÉMER. Et toi?
REUMEUGRAT.

Il y eut un silence intense entre les deux monstres. L’instant d’après, ils étaient en couple.

La monstre aussi a son propre objet : c’est un diamant (brillant, bleu, qui ressemble à un losange, comme une étoile). Elle veut le montrer à son nouveau compagnon mais tout à coup surgit le criminel le plus recherché. Personne ne connaît son identité. Il assomme tous les gardiens et les policiers de la ville d’un seul coup, il trouve le code secret, il prend le diamant de REUMEUGRAT et part !
En courant !!!

Les braconniers retrouvent le diamant après avoir poursuivi le criminel et les monstres lui fracassent la tête.

Il ne faut jamais faire confiance aux humains, dit TAGRÉMER.

REUMEUGRAT pense la même chose.

Les maisons se mettent à parler à cause du fracas, pour demander le silence et les immeubles ouvrent de grands yeux. Les jouets se mettent à voler et tous les autres objets de la ville se transforment en glace. C’est la nuit d’un côté et le jour de l’autre. Il pleut des ballons du côté nuit et, côté jour, il pleut de l’huile d’olive.
C’est alors que retentit une énorme explosion venue des plus lointains recoins du pays d’Urbassa, la Urbassi, et, une voix du fin fond des fissures de la ville se fait entendre :

C’est quelqu’un qui a fait du bien,
qui est resté plusieurs années,
qui a tenu sa parole
Même s’il est vieux c’est pas mon livre mais
C’est le Poundou.

À la surprise générale, TAGRÉMER va mettre la bague au doigt.

TAGRÉMER et REUMEUGRAT se marient un soir à 17h au bord de Tahiti, le restaurant derrière la place du métro, dans la salle privée au-dessus où il y a les murs peints avec les dauphins, les plages et les oiseaux.
Costard-cravate, robe rouge.
Une monstre jalouse veut détruire le mariage, mais elle n’y arrive pas grâce à la protection du Poundou qui était là depuis le début, l’esprit des fissures de la ville.

En arrivant au mariage, l’humain se regarde aller. Il s’y voit, dans la salle de mariage, et il fête le mariage. Puis il mange et il rentre.

Avant de partir, les monstres et l’humain entonnent cette chanson en chœur :

Blobli bla bla
Blolo cacaloulou
Cacachanel gucchiblingbling lolololo
Rourou
Balabala cricaca
Ful ful ful
Ratatata

LA VOIX ou LA VOIE DU MONSTRE

la déambulation du monstre dans la ville – École jean lurçat à Gennevilliers

Par Badr AIT SAI, Christ-Adel AMON, Abderahman BADOUH, Aya BALAC, Marwa BEN AHMED, Samy BENOUMESSAD, Sifia BOUMZGANE, Alaa BOUSSOUF, Alexandro EYOB, Chahine HAJJI, Ilian HASSANI, Maya HEDADJ, Ilyas HOURAN, Sarah ILBOUDO, Priyanka IRUSHIKESHA, Hamadou KOUROUMA, Emilie LALAOUI, Rabia SAADI, Wassil SAUDUBRAY, Jules STEFANI-LAW, Mael SYM VARLET, Souleimane ZARBAN

Enseignante : Céline Demeyere

Auteurs intervenants : Valérian Guillaume et Jules Benveniste

Graines de conteurs – saison 5

Note introductive : ces contes sont le fruit de l’imagination de leurs autrices et auteurs. Nous sommes intervenus dans le processus d’écriture collective des contes qui suivent, dans la mesure où nous avons proposé un cadre pour jouer avec les codes de l’invention et de la construction d’un récit.
Nous voulons laisser de la place à l’interprétation des lectrices et des lecteurs de ces œuvres pour considérer comme bon leur semble d’éventuelles déviances concernant les normes d’écriture de la langue française académique, que nous avons préféré observer comme des trouvailles poétiques aussi aiguisées que surprenantes.


Texte 1

Il était une fois un monstre
il est un peu perdu…
tout tourne dans sa tête à la fois
triste mais aussi heureux !

Il fait trois fois la taille d’un ogre, il a cinq yeux, il est poilu, il a beaucoup de cheveux, il sent le camembert.

je ne sais pas

Ce qui lui arrive, c’est qu’il rencontre une personne dans le village et cette personne est son ami qu’il n’avait pas vu depuis longtemps.

Il rencontre ensuite un chat qui est bloqué sur un arbre
le chat est en fait un sorcier
qui le piège
pour faire des recherches et pour savoir
où il habite,
d’où il vient
d’où il est intelligent.
Le monstre rencontre un coffre,
un coffre si magnifique qu’il est époustouflé en le voyant car c’est sans doute la plus belle chose qu’il a vu dans toute sa vie
avec le coffre, ils se lient d’amitié
ils ont beaucoup de points communs,
ils s’entendent vraiment bien,
les deux sont très beaux.

Le coffre le piège avec un couteau.
Le monstre saute très très haut.
Il est fier de lui mais il a vécu quelque chose avec ce coffre et il doit lui avouer son plan et il lui dit :

Cher coffre, tu sais que je ne voulais pas trop te rencontrer au départ car je voulais manger toutes les maisons et les objets de l’intérieur et je t’aime pas car tu pues et t’es pas de qualité, désolé.

Malheureusement, après ses aveux il se rend compte
qu’il s’est trompé d’endroit
et donc le monstre se rend compte
que toute cette aventure s’est déroulée pour rien
et donc
il part.


Texte 2

Il était une fois un monstre qui a été empoisonné par un sorcier.
Mais un jour, il réussit à se délivrer et partit voir un vieil homme pour le malheur qu’il a eu.

Ce monstre a des bras très longs, qui traînent par terre et qui s’emmêlent souvent. Sa tête est très petite par rapport à son corps et elle se rétracte dans le cou lorsqu’il est troublé. Il boit beaucoup d’eau sinon sa gorge se dessèche très rapidement et sa langue commence à gonfler, gonfler, gonfler… Personne n’est aussi rapide que lui.
Le monstre est au milieu d’une ville urbaine. Les habitants effrayés s’enfuient et d’autres partent chercher des armes pour l’attaquer sans savoir que le monstre est peut-être inoffensif. Au début il doit aller au cinéma mais il ne peut plus parce qu’un autre monstre a cassé le cinéma.

Alors c’est toi le monstre ? Je n’ai pas peur de toi.
Narked ?
Comment connais-tu mon nom ?
Narked, tu ne me reconnais pas ? C’est moi, Nteegn
Nteegn ? Qu’est-ce qui t’est arrivé ?
Je ne sais pas. Je ne comprends pas ce qui m’est arrivé.

Tout d’un coup, il se transforme en une pâte gluante, verte, toute petite – car à chaque fois qu’il est triste il se transforme en pâte gluante – et quand il redevient calme, il n’est plus une petite pâte gluante.
Quand les autres pensent au monstre, ils se disent : impossible, c’est pas le monstre.
Lui, il a quelque chose en lui que les humains ont aussi mais ces derniers ne comprennent pas ses sentiments. Dès qu’il s’énerve il détruit tout devant lui, etc… Mais bon, de toute façon les humains pour lui ça ne sert qu’à faire son repas. Toute la ville tremble, tous les bâtiments s’écroulent et tous les gens de la ville crient.
Le monstre se transforme en humain. La potion a arrêté de faire effet.

Le lendemain, alors qu’il parcourait une piste, l’humain tombe et se fait très très mal au pied.
Il décide d’aller à l’hôpital mais tous les médecins et infirmiers sont terrifiés. À chaque fois qu’il rencontre des humains, les humains fuient. Les gens le voient comme une bête sauvage et veulent tous le tuer parce qu’il est pas très beau.

Il croise alors un djinn, sorcier du désert de la salle de classe déserte la nuit, qui lui promet de réaliser ses vœux à condition qu’ils fassent un bout de chemin ensemble. Il accepte à la condition que le djinn réalise son premier vœu : un kilo de macarons. Le djinn est très très fort mais il a un point très sensible : dès que tu lui mets un coup, il tombe et pleure, c’est son tibia.
Les policiers tirent sur eux car ils ont peur. Le djinn se volatilise, le monstre ne riposte pas, il ne peut rien contre des armes à feu. Il accepte donc la mort et demande aux policiers d’arrêter de tirer et ils acceptent et le monstre sort de sa cachette – il s’était caché dans un caniveau – et les policiers demandent aux humains de le tuer et c’est alors que le monstre se rappelle des derniers mots de sa mère. Il se prend une balle dans la jambe.
Soudain, du feu jaillit de son corps et il tue tous les policiers.
La ville détruite devient comme s’il y avait un grand tsunami – énorme ! – ou un tremblement de terre sur la ville à cause des dégâts du monstre, qui s’énerve à chaque fois qu’il ne mange pas au SUMT, juste à l’angle de la rue où ça fait bientôt dix ans qu’il y a des travaux, et il est content quand il mange du bon poulet halal du SUMT.
Les humains sont effrayés, certains s’évanouissent de peur. D’autres ne baissent pas les bras.
La téléportation dans d’autres mondes parallèles, le monstre sait le faire, il peut ordonner de tuer qui il veut en un claquement de doigts, il contrôle une flamme à plus de 1000°C de réchauffement et contrôle la glace tellement froide qu’elle te brûle, il contrôle aussi à distance et peut prendre plein d’humains avec sa télikinisi et contrôle aussi l’eau et aussi les rayons du soleil. Il peut voler très rapidement et a des rayons laser plus chauds que le soleil.
La ville devient complètement bizarre. Il y a des bâtiments qui flottent et des choses qui s’écroulent.

Mais pour que le monstre redevienne lui-même il doit faire des spectacles de marionnettes et il doit attirer une personne à la fin du spectacle pour que cette personne dise une formule et se transforme elle-même en monstre et pour se délivrer elle doit faire la même chose ainsi de suite.

Saison 4 – 2020-2021

11 classes (CE1, CE2, 6e, ULIS), 5 groupes d’adultes (étudiants et adultes allophones)
237 participants
210 heures de pratique artistique

9 partenaires dans 5 villes (92, 95) :
école élémentaire Jean Lurçat à Gennevilliers
collèges Gay-Lussac à Colombes, Guy Môquet à Gennevilliers, Truffaut à Asnières-sur-Seine, Les Champs-Philippe à La Garenne-Colombes
centre social et cuturel Petit-Colombes, Europe et Fossés-Jean à Colombes
CROUS de Versailles

Autrices : Faustine Noguès dans le cadre du programme de résidences d’écrivain de la Région Ile-de-France et Stéphanie Marchais en partenariat avec le Panthéon dans le cadre du dispositif « Sortir du cadre »

Intervenants : Mouna Belghali, Christine Guenon, Lise Lenne, Imad Assaf (comédiennes), Pauline Tremblay (danseuse), Claire Poisson (plasticienne).

Ce projet reçoit le soutien de la Région Île-de-France dans le cadre du programme de résidences d’écrivains, du Département des Hauts-de-Seine dans le cadre de projets Ermès, de la Ville de Gennevilliers dans le cadre des Cités éducatives, de la Fondation du Crédit Mutuel pôle Lecture, du Réseau Canopé et du Panthéon.

Saison 3 – 2019-2020

8 classes (CP > 6e), 4 groupes d’adultes allophones
166 participants
100 heures de pratique artistique

Auteurs : Guillaume Cayet et Marc Soriano

Intervenants : Mouna Belghali (mise en voix), Zoé Bléher (danse), Christine Guenoun (mise en voix), Sandrine Nicolas (mise en voix), Claire Poisson (Illustration), Cathy Renoir (chant), Marc Soriano (mise en voix)

Etablissements partenaires
école élémentaire Jean Lurçat à Gennevilliers
collège Gay-Lussac à Colombes
centre social et cuturel Petit-Colombes à Colombes

Ce projet est soutenu par le Ministère de la Culture dans le cadre du projet Action culturelle et langue française, par le Département des Hauts-de-Seine dans le cadre de projets Hermès, par la Direction Départementale de la Cohésion Sociale des Hauts-de-Seine dans le cadre du FDVA 2 « Fonctionnement et Innovation », par la Ville de Gennevilliers dans le cadre des Cités éducatives, par le Rectorat de Versailles dans le cadre des projets d’éducation artistique et culturelle PACTE.

Saison 2 – 2018-2019

12 classes (CE2, CM1, CM2, 6e, UPE2A et ULIS)
247 participants
148 heures de pratique artistique

Autrice : Penda Diouf

Intervenants : Mouna Belghali (mise en voix), Marc Soriano (mise en voix), Edgar Sekloka (chant), Pauline Tremblay (danse), Bertrand Sallé (Illustration)

Etablissements partenaires
école élémentaire Jean Lurçat à Gennevilliers
collège Gay-Lussac à Colombes
collège Guy Môquet à Gennevilliers
collège Truffaut à Asnières-sur-Seine

Dans le cadre d’une résidence territoriale artistique et culturelle en établissement scolaire de la DRAC Île-de-France, Ministère de la Culture. Avec le soutien du Département des Hauts-de-Seine dans le cadre de projets SIEL et de la Fondation SNCF.

Saison 1 – 2017-2018

7 classes (CM1, CM2, 6e et 3e)
269 participants directs
60 heures de pratique artistique
105 participants indirects (spectateurs lors des restitutions)

Auteur : Sylvain Levey

Intervenant : Marc Soriano (mise en voix)

Etablissements partenaires
école élémentaire Jean Lurçat à Gennevilliers
collège Gay-Lussac à Colombes
collège Louis Blériot à Levallois-Perret

Avec le soutien du Département des Hauts-de-Seine dans le cadre de projets SIEL et de la Fondation SNCF.

Lire les textes

Les mots datant de la guerre

Les mots datant de la guerre – collège Gay-Lussac à Colombes

Par : Sarah Amrouche, Mohamed Azizi, Yacine Boumezbeur, M’hamed Bouzguer, Salsabila Cimetiere-Bounit, Ioana Ciuraru Misca, Eva Duflot Morard, Luakhan Gomara Ruiz Pierre, Enzo Gomes Fortes, Lilou Jarvis, Hugo Joannes-Despaux, Kyliane Kamba –Carqueville, Oscar Lapierre, Marie Letellier, Erica Morari, Jah-mylson Moreau, Nora Moutaouakil, Luana Oliveira Faria Simao, Raphaël Richard, Noé Ruelle, Issam Saad,
Syrine Salmi, Alice Thiou, Raphaël Vaillant, Louaï Youbi, Lola Zaragoza.

Autrice intervenante : Faustine Noguès

Graines de conteurs – saison 4


Il était une fois une jeune fille qui s’appelait Océane. Ses parents étaient divorcés et elle habitait avec sa mère. Elle avait quatorze ans et était en quatrième. Elle adorait l’athlétisme et courrait très vite. Physiquement, Océane était noire, elle avait les yeux marrons et les cheveux noirs. Son meilleur ami s’appelait Tim, mais tout le monde l’appelait « le petit Tim », même s’il était en quatrième. Tim faisait de la natation et rêvait de participer aux jeux Olympiques de Paris 2024 en équipe junior. Il avait de grandes chances d’y participer car il se sentait comme un poisson dans l’eau. Tim était petit de taille, il avait les yeux bleus, il était maigre et blanc de peau.

Tout commença dans un centre contre le harcèlement et le racisme dans un petit quartier de la ville de New York en Bretagne. Les directeurs du centre étaient Rose Lakïe, âgée de vingt ans, et Djibril Lemoulant, âgé de vingt-quatre ans. C’était un couple et ils avaient tous deux vécu le harcèlement scolaire, ce qui les avait rapprochés. À l’école, Océane se faisait harceler par garçon nommé Owen, c’est pourquoi elle avait rejoint le centre. Océane adorait y aller et elle y passait tout son temps en dehors des entraînements d’athlétisme. Elle avait réussi à y entraîner Tim qui se faisait aussi harceler par Owen. Dans le centre, ils avaient rencontré Pénélope, une jeune fille avec qui ils s’étaient liés d’amitié, et Lya Dubois, une bénévole de dix-huit ans, très impliquée, qui venait tous les jours. À l’intérieur du centre, il y avait beaucoup de grandes pièces pour que tout le monde se sente bien. Certaines pièces étaient faites pour pouvoir parler avec des psychologues, d’autres permettaient de lire, danser, manger, dormir, se faire masser, etc.

Océane et Tim étaient voisins, tandis que Pénélope et son père Vango Max habitaient un petit appartement dans le centre de New York. Pénélope se faisait harceler à cause de sa couleur de peau et de son poids. Elle était très complexée d’être elle-même. Son père, Vango Max avait trente-sept ans. Il était chauffeur de taxi et avait les cheveux bruns avec une mèche blonde devant les yeux. Océane, Tim et Pénélope s’étaient décidés ensemble à trouver ce qui clochait chez Owen et pourquoi il embêtait les gens.

Un jour où Océane et Tim jouaient dans la cave d’Océane, ils découvrirent une trappe sur le sol. Ils décidèrent de l’ouvrir et virent qu’elle donnait sur un tunnel. Ils marchèrent à l’intérieur de celui-ci qui était vieux et boueux. Il était compliqué d’éviter les flaques de boue. Au bout du tunnel, ils tombèrent sur une autre trappe qui donnait sur la cave de Tim. Ils réalisèrent alors que des souterrains reliaient toutes les maisons du quartier.

Alors qu’ils parcouraient le tunnel, Océane et Tim eurent des visions en lien avec ce qui leur faisait le plus peur. La plus grande peur d’Océane était les clowns tueurs depuis un cauchemar qu’elle avait fait une nuit après avoir vu le film Ça, au cinéma avec Tim. Pendant son cauchemar, son cœur battait la chamade, elle tremblait et transpirait. Dans son cauchemar, elle voyait un clown tueur, les cheveux en pétard, les dents aiguisées comme des rasoirs, un grand sourire aux lèvres, une blouse blanche avec des taches de sang, de grandes bottes et de grands ballons rouges. Elle essayait de se battre contre le clown mais restait impuissante et elle avait fini par tomber au sol. Tim était apparu avec une batte de baseball et il avait assommé le clown. Océane s’était réveillée en sursaut, fiévreuse. Elle avait eu très peur.

Dans le tunnel, elle voyait donc des clowns mais Tim ne les voyait pas. Tim, lui, voyait des araignées car elles étaient ce dont il avait le plus peur depuis la mésaventure qui lui était arrivée quand il était plus jeune. Un jour où il était parti promener son chien, il avait trouvé une grotte pleine d’araignées. Il était tombé dans les pommes et son chien avait eu beau lui aboyer dans les oreilles, il ne s’était pas réveillé. Son chien était donc parti chercher Océane qui avait dû trouver un autre passage car celui par lequel Tim était entré s’était éboulé. Océane avait ramené Tim chez lui et en se réveillant, il avait peur de tout. Cela avait duré une journée entière. Depuis ce jour, Tim avait très très peur des araignées.

Océane et Tim avançaient donc comme ils pouvaient dans les tunnels jusqu’à ce qu’ils arrivent à un refuge situé sous une statue. Le refuge faisait deux mètres de haut et un mètre cinquante de large. Il y avait une grande salle avec un lit superposé, un coffre et une radio. Océane et Tim ouvrirent le coffre, et découvrirent plein de petits papiers sur lesquels des messages étaient inscrits. À ce moment-là, leurs peurs disparurent. À la place, ils eurent tous deux une vision de la seconde guerre mondiale. Ils virent Hitler, de Gaulle, des milliers de soldats et des véhicules en tout genre. Les soldats allemands étaient vêtus d’ensembles vert-de-gris et de grandes bottes noires. Les soldats français portaient de grands manteaux vert kaki et ils avaient un kit de survie. Ils se battaient avec des fusils. Océane et Tim ne firent que regarder la bataille puis ils se demandèrent pourquoi ils avaient eu cette vision. Ils pensèrent qu’elle venait des messages qu’ils avaient dans les mains. Une fois que la vision disparut, ils purent lire les messages suivants :

Je suis là et je vous encourage pour la prochaine guerre. C.D.G

La guerre ne sert à rien, ne vous rebattez pas.

Si vous refaites la guerre, vous y laisserez votre vie.

La guerre RECOMMENCERA !

Ne refaites pas la même erreur que nous.

Il faut faire attention aux personnes qui harcèlent, nous aussi nous avons vécu ça !

Ces messages leur firent aussitôt penser à d’autres messages qui avaient été retrouvés dans le centre contre le harcèlement. Un jour, Océane était dans la bibliothèque du centre où elle avait pris un livre de son auteur préféré. Lorsqu’elle l’avait ouvert à la première page, un message s’en était échappé et était tombé par terre. En le ramassant elle avait lu :

La guerre est de retour et forte

Elle n’avait pas compris d’où venait ce mot.

Un autre jour, Tim se rendait au cabinet de son psychologue dans le centre et avait vu un message dans la salle d’attente. Dessus, il y avait marqué :

Si vous voyez ce mot, c’est que vous avez trouvé le refuge ! Surtout ne vous battez pas, c’est une horreur pour tout le monde ! Si vous êtes fâché avec quelqu’un, faites la paix.

Une autre fois, Lya Dubois était elle aussi tombée sur un message de ce genre. Alors qu’elle balayait, elle avait vu une feuille de papier avec écrit dessus :

Chères générations futures, j’écris cette lettre pendant la seconde guerre mondiale. Cachez-vous à l’endroit où vous avez trouvé cette lettre s’il y a une guerre. Profitez de vos proches le plus possible, car il est possible de les perdre.

Et enfin, Pénélope avait trouvé le dernier message dans la cantine du centre. Il était écrit dessus :

Faites l’amour pas la guerre !!!

Pénélope avait été choquée par ce message et l’avait montré à Océane.

Pour comprendre l’origine de ces messages, il nous faut revenir dans le passé. Pendant la seconde guerre mondiale, la petite ville de New York en Bretagne était occupée par l’armée allemande. En utilisant de la dynamite, des personnes juives construisirent ce refuge souterrain pour pouvoir se cacher des Allemands. Parmi ces personnes se trouvait l’arrière-arrière-arrière-arrière-grand-père de Tim. À la fin de la guerre, un soldat allemand qui s’était installé à New York eut une idée. Il avait lui-même harcelé des français pendant la guerre. Mais depuis que la France avait repoussé l’Allemagne, c’était les Allemands qui étaient harcelés par les français. Il pensa alors : « si nous laissions des messages, les générations d’après pourront peut-être les voir et arrêter le harcèlement ». De nombreux habitants du village décidèrent donc d’écrire des messages aux générations futures pour éviter une nouvelle guerre. Mais alors pourquoi certains de ces messages avaient été retrouvés dans le centre contre le harcèlement ? C’est qu’au-dessus du refuge découvert par Océane et Tim se trouvait une statue hantée par le fantôme de Charles de Gaulle. Un jour, alors que l’esprit de Charles de Gaulle remontait sur Terre, il eut un très mauvais pressentiment et pensa qu’une troisième guerre mondiale allait éclater. Il décida donc de déplacer certains messages du refuge vers le centre pour que les habitants de New York les trouvent.

En voyant Océane et Tim, le fantôme de Charles de Gaulle eut peur qu’ils racontent à tout le monde l’existence du refuge et qu’il ne soit plus possible de s’y cacher si une nouvelle guerre éclatait. Il se mit donc à faire tomber plein d’objets et à déplacer des choses pour leur faire peur et qu’ils partent. Cela fonctionna. Océane et Tim s’enfuirent en courant. Seulement, alors qu’ils avançaient dans le tunnel, ils tombèrent sur Owen qui voulait les racketter et qui les menaça avec un gros chien. Tout à coup, Océane se mit à penser sans raison au film Aladin :

Ce rêveeeuuuu bleuuuu… 

Elle s’interrogea beaucoup sur sa pensée. Pourquoi pensait-elle à cela tout à coup ? Au lieu d’aider Tim, Océane était distraite.

De son côté, Tim pensa comme quelqu’un de sage et se dit :

Ah dommage, c’est pas grave pour mes cinq euros. 

En le regardant, Océane comprit à quoi pensait Tim. De son côté, Tim vit qu’Océane était dans les nuages et se dit : « elle pense à tout et n’importe quoi comme d’habitude ». Exaspéré, Tim se laissa faire. Il fronça les sourcils et ne se défendit pas. Owen trouva le billet de cinq euros puis fouilla Tim encore et encore en pensant trouver plus d’argent. Puis Owen en eut marre de ne rien trouver et repartit avec son chien. Alors Océane dit à Tim : « mais peut-être qu’Owen n’est pas si méchant… ». Océane repensa alors à une histoire que lui avait racontée Pénélope. Un jour, alors qu’elle rentrait chez elle, Pénélope avait vu Owen arriver chez lui avec une mauvaise note. Le père d’Owen s’était mis à le frapper devant Pénélope. Owen avait lancé un regard à Pénélope qui voulait dire : « ne le répète pas ». En effet, Owen harcelait les gens parce qu’il avait une vie pourrie et voulait qu’ils subissent le même sort. Le père d’Owen avait commencé à le battre alors qu’il avait trois ans et, depuis qu’il n’avait plus de travail, il sombrait dans l’alcool. Owen n’aimait pas son père et avait une meilleure relation avec sa mère mais il ne la voyait plus car elle était partie en voyage d’affaire. Il ne voyait plus ses frères et sœurs non plus car ils s’étaient tous mariés et avaient quitté la maison. Quand il était avec son père, Owen n’avait le droit de rien faire.

Quand ils retournèrent au centre, Océane et Tim racontèrent leur découverte à Pénélope qui leur dit : « si cette vision vous a été destinée, c’est qu’il y a une bonne raison ». Océane et Tim décidèrent alors de faire connaître le refuge autour d’eux. Le père de Pénélope, Vango Max leur donna les coordonnées d’une archéologue qui s’appelait Micheline Jaq et ils prirent rendez-vous avec elle. Celle-ci fut très heureuse d’apprendre leur découverte car elle cherchait ce refuge depuis longtemps. En discutant avec Micheline Jaq, Océane et Tim eurent l’idée d’écrire un livre qui raconterait leur histoire et celle du refuge. Micheline leur expliqua les étapes à suivre : il fallait d’abord qu’ils écrivent le livre, puis qu’ils le montrent à une maison d’édition qui le publierait si cela lui plaisait. Le fantôme de Charles de Gaulle avait suivi Océane et Tim jusqu’au rendez-vous avec l’archéologue. Il était content d’apprendre qu’ils allaient écrire un livre car beaucoup de gens allaient pouvoir lire les messages de la seconde guerre mondiale et cela pouvait peut-être aider à mettre fin au harcèlement. Océane et Tim se mirent donc au travail et quelques mois plus tard ils finirent leur livre qui s’intitulait Le refuge du harcèlement. Après l’avoir envoyé à plusieurs éditeurs, ils reçurent une réponse positive de la maison d’édition Jeunesse, qui accepta de le publier.

Le livre d’Océane et Tim eut beaucoup de succès et la découverte du refuge provoqua plusieurs événements. La maire de la ville de New York en Bretagne s’appelait Paola Dumarais. Elle avait remporté les élections avec un programme écologiste. Son grand combat pour la ville était le tri des déchets. Paola Dumarais fut très heureuse de la découverte du refuge car il s’agissait d’un monument historique. Elle prit la décision de construire un musée qui serait une copie exacte du refuge et où seraient exposés tous les messages de la seconde guerre mondiale. Le musée s’appellerait Les Réfugiés et serait situé juste au-dessus du vrai refuge qui resterait fermé au public. Paola Dumarais envoya donc une lettre aux habitants de New York pour les informer de son projet :

Bonjour,

j’aimerais construire un musée dans notre ville, qui serait la copie d’un refuge de la seconde guerre mondiale. Ce musée sera ouvert à tous pour quelques euros seulement. Le refuge a été construit par des juifs et quelques années plus tard, il a été trouvé par deux enfants. Il va y avoir une augmentation des impôts pendant un mois pour construire ce refuge.

Vive la Bretagne. Vive la France.

Paloa Dumarais, maire de New York en Bretagne

Au même moment, dans l’entreprise de construction de bâtiments Buildax, Mme Anne Kessel, la patronne, dont le but était de se faire de l’argent pour agrandir son entreprise et ses biens, était dans sa salle de réunion. Elle venait d’apprendre l’existence du refuge et réfléchissait à ce qu’elle pourrait en tirer. Soudain, un de ses employés eut une idée, il dit : « et si on achetait le refuge pour construire un parking ? ». Tous dirent en cœur : « adjugé vendu », et envoyèrent une proposition d’achat à Paola Dumarais :

Bonjour,

nous avons vu votre projet de construction d’un musée mais nous pensons qu’un parking serait plus utile et bénéfique pour la ville. Nous vous proposons une offre d’achat de cinq millions d’euros pour construire le parking.

Anne Kessel, patronne de Buildax

Au début, Paola Dumarais refusa l’offre de Buildax car elle ne voulait pas vendre le monument. Puis, comme elle n’arrivait pas à réunir suffisamment d’argent pour construire le musée, elle reconsidéra l’offre. Un groupe d’archéologue dirigé par Micheline Jaq apprit la nouvelle et écrivit à son tour à la maire :

Bonjour,

nous sommes au courant de votre affaire avec Buildax. Nous cherchons ce refuge depuis tant d’années et nous avons enfin une piste. On vous en supplie, ne le détruisez pas. Nous voulons l’étudier et cela pourrait vous rapporter plus gros que l’offre de Buildax grâce aux touristes qui viendront voir les recherches. Nous pouvons aussi le vendre à d’autres pays pour une grosse somme d’argent. Les visiteurs seront plus intéressés par la visite d’un refuge original. Nous pourrions y trouver autre chose comme des vestiges de la seconde guerre mondiale ou de nouveaux messages encore plus intéressants.

Micheline Jaq et les archéologues

Paola Dumarais était très mal à l’idée de vendre le refuge, mais elle accepta tout de même l’offre de Buildax en espérant que les travaux du parking seraient retardés et que le projet finirait par être abandonné. Elle répondit aux archéologues :

Bonjour,

nous acceptons l’offre de Buildax mais nous allons récupérer tous les messages et leur trouver une place dans le musée de la ville. Le temps de la construction du parking, on vous laissera explorer le refuge de fond en comble.

Paloa Dumarais, maire de New-York en Bretagne

            Une grande période de travaux débuta donc dans la ville de New York. Pour construire le musée, il fallait d’abord en dessiner les plans, faire les bases avec les briques, construire les murs, le toit et enfin rajouter les éléments décorateurs. Quant au parking, les travaux consistaient à creuser dix mètres de profondeur, faire couler du béton, construire les poteaux pour faire tenir le deuxième étage, faire la plateforme du deuxième étage et faire la rampe pour que les voitures montent.

De son côté, le fantôme de Charles de Gaulle percevait très mal ces projets car le refuge n’allait plus être accessible en cas de nouvelle guerre. Il hanta donc les chantiers de construction pour empêcher les travaux. Sur le chantier du musée, il fit tomber des objets qui se cassèrent et changea de place les objets. La construction du musée pris deux jours de retard à cause des objets cassés par le fantôme.

Mais le fantôme de Charles de Gaulle concentra tous ces efforts pour arrêter le chantier du parking. Il fit voler les briques pour former dans les airs le nom d’Anne Kessel suivit de la phrase : « partez de chez moi ». Il prit du béton et le fit couler sur la tête du patron de chantier. Il trempa ses pieds dans le béton et marcha pour faire des traces de pas. Finalement, les employés du chantier eurent peur et plus personne ne voulut travailler pour la construction du parking. Le projet ne vit jamais le jour.

Seul le musée ouvrit ses portes. Le jour de son inauguration, tout le monde était réuni pour écouter le discours d’ouverture de Paola Dumarais. Devant la foule, elle dit :

Mesdames, messieurs. Tout d’abord, merci d’être venus à cette inauguration du musée Les Réfugiés. Nous avons travaillé dur pour arriver à ce résultat et j’espère qu’il vous plaira. Je déclare donc le musée Les Réfugiés ouvert !

            Quelques temps plus tard, alors qu’Océane et Tim étaient devenus les stars de New-York suite à la parution de leur livre, ils reçurent une lettre d’Owen :

Chers Océane et Tim le petit,

j’ai lu votre désastre et je ne l’ai point aimé. Vous ne précisez pas où se trouve votre horrible refuge. Cordialement.

Owen.

Océane et Tim répondirent :

Merci de votre message mais nous n’aimons pas les lettres de jaloux. Cordialement.

Les auteurs.

Alors Owen pris la décision d’écrire lui aussi une lettre aux générations futures. Une nuit, il partit à la recherche du refuge sous le musée et y laissa sa lettre :

Bonjour générations futures.

Si vous lisez ce message c’est que vous avez trouvé le refuge. Je ne vous dirais pas de ne pas faire la guerre car moi je la crée en harcelant tout le monde. Donc faites la guerre, pas ami-ami. Cordialement.

Une personne du passé composé.

Fin.

Les aventures de Lola et Lintailo

Les aventures de Lola et Lintailo – école Jean Lurçat à Gennevilliers

Par : Naïla Allal, Aymen Ali Baais, Alya Bensehil, Aya Blout, Adam Boumour, Khady Camara, Kounda Djikine, Naba-Fatoumata Doumbia, Assiya El Bekkaoui, Zakariya Ferjani, Naël Geoffre Bouras, Adel Hajji, Filipe Lopes Araujo, Giulietta Mivovan, Rafid Mohamed, Elise Ren, Adam Taieb, Selma Talsi, Janna Taoussil, Maïmouna Toure, Yann Walla Kitt

Autrice intervenante : Faustine Noguès

Graines de conteurs – saison 4


1. LOLA

Il était une fois une petite fille qui s’appelait Lola. Elle avait neuf ans et elle était en CM1. Elle avait les cheveux noirs et des lunettes. Elle était petite et très bronzée. Dans la vie, Lola était très chanceuse. Par exemple, un jour, elle était en cours de mathématiques quand le maître l’interrogea. Il lui demanda : « combien font vingt fois vingt ? » Lola ne connaissait pas la réponse. Elle dit une réponse au hasard et c’était la bonne réponse. Un autre jour, en cours de français, le maître lui demanda de conjuguer le verbe dormir à l’imparfait. Lola ne connaissait pas l’imparfait mais il y avait des affiches à côté d’elle et elle y lut la réponse. Encore une autre fois, en cours de sciences, le maître dit de prendre le produit violet et de le verser dans le verre. Lola n’écoutait pas les consignes mais elle tomba sur le bon produit par hasard. La plus grande peur de Lola était de perdre sa mère car elle avait déjà perdu son père. Son rêve était d’avoir un grand château. À l’intérieur, il y aurait une grande piscine, un grand jardin avec beaucoup de fleurs et de grandes douves remplies d’eau pour la protéger. Lola avait une sœur qui s’appelait Lillyte, et une cousine du nom de Sara.

2. LINTAILO

Le jour de la rentrée, Lola traînait dans les couloirs de l’école et elle rencontra un maître qui s’appelait Lintailo. Il avait des livres dans les mains et il les fit tomber. Alors Lola les ramassa et les lui donna. En arrivant en classe, elle vit que Lintailo était son maître. Elle pensa qu’il était génial.

Lintailo avait vingt ans. Ses yeux étaient bleus et il avait les cheveux noirs et bleus. Lintailo avait un secret : il avait un pouvoir magique qui lui permettait de jeter des lunettes en feu pour protéger les gens. Lintailo avait très peur des monstres. Cette peur venait d’un événement qui lui était arrivé lorsqu’il était bébé. Un sorcier du nom de Gargamel qui vivait dans une maison sale, pleine d’araignées et de souris, voulait voler le pouvoir de Lintailo parce qu’il était jaloux. Il avait capturé Lintailo et avait répété : « Oh Lintailo, Lintailo, que ton pouvoir vienne à moi. Oh oh magie pouvoir ! Que ton pouvoir soit à moi pour toujours ! Et que personne ne prenne mon pouvoir ! ». Mais Lintailo avait jeté ses lunettes en feu et avait réussi à s’enfuir. Alors, le sorcier en colère avait jeté une malédiction à Lintailo pour que toute sa vie il ait peur des monstres.

3. LE SECRET

Une semaine après la rentrée, Lola surprit Lintailo en train d’utiliser son pouvoir dans un parc. Voyant qu’elle avait découvert son secret, Lintailo lui dit : « je suis un super-héros. Mon pouvoir c’est de jeter des lunettes en feu. Quand je jette des lunettes tout le Luth brûle. Même les personnes brûlent quand elles touchent mon feu. Je peux également éteindre le feu avec mes lunettes. Lola, promets-moi de ne pas révéler ce secret car je l’ai caché à tout le monde. S’il est découvert, plus personne ne m’aimera et mes parents ne me feront plus confiance ». Seulement, de retour en classe, Lola ne put se retenir et répéta à tout le monde que le maître avait des pouvoirs. Depuis, elle avait très peur qu’il la renvoie de l’école.

4. LE LUTH

L’école de Lola et Lintailo se trouvait dans le quartier du Luth à Gennevilliers. Dans le Luth il y avait des bâtiments, des maisons, des écoles, des collèges, des magasins, des parcs pour faire du sport et jouer. Il y avait aussi un stade de foot, des arbres, des fleurs, des buissons et des oiseaux. Dans le Luth il y avait un endroit magnifique : la pleine, d’où on voyait tout, la lune, les étoiles et même des étoiles filantes. Mais il y avait aussi un endroit horrible : le cimetière, avec ses tombes, ses araignées et leurs toiles. Une rumeur disait que le Luth était hanté par Zélèph, un petit garçon qui était mort en tombant dans les escaliers de l’école quelques années plus tôt.

5. ERINA

Dans le Luth vivait une petite fille qui s’appelait Erina. Ses parents étaient très méchants avec elle et la punissait tous les jours parce qu’elle pleurait tout le temps. Sa maison était toute moche et pleine d’araignées. Dans la maison d’Erina, il n’y avait pas de cuisine, pas de couleurs, pas de fenêtres. Erina n’aimait pas le Luth car elle trouvait que les gens y étaient trop gentils. Un soir, elle décida de mettre le feu au quartier. Elle fabriqua trois bombes qu’elle plaça au milieu du Luth. Avec les bombes, Erina mit le feu aux bâtiments, aux rues, aux maisons, aux toits et aux piétons. Lintailo fut le premier à voir le feu et il appela les pompiers. Erina essaya de s’enfuir mais il l’attrapa et elle partit en prison.

Quand Lola apprit ce qu’il s’était passé, elle expliqua à Lintailo que les parents d’Erina étaient méchants avec elle et qu’il fallait l’aider à devenir gentille plutôt que de la mettre en prison. Lola prépara donc un entraînement pour Erina afin de la pousser à devenir gentille. Lola demanda ensuite à Lintailo de l’aider à faire sortir Erina de prison.

6. EN PRISON

Erina était enfermée dans une prison sécurisée très loin du Luth. La prison était surveillée par des gardes violents et glaciaux. Erina fit plusieurs tentatives pour essayer de sortir. Elle dit aux gardes qu’elle avait réfléchi et qu’elle s’excusait pour ce qu’elle avait fait. Comme ils ne la laissèrent pas sortir, elle essaya de leur faire croire que quelqu’un s’était échappé. Comme ils ne la crurent pas, elle leur dit qu’ils faisaient erreur et qu’elle n’était pas Erina mais Lola. Cela ne marcha pas non plus et elle prétendit qu’elle était amie avec le chef des gardes. Mais toutes ces ruses ne fonctionnèrent pas. Erina était très en colère dans la prison. Elle pensait : « je déteste mes parents, un jour je vais me venger encore une fois. Un jour je vais sortir de la prison et mettre des pièges dans tout le Luth ».

Pendant ce temps, Lola et Lintailo arrivèrent à la prison. Ils virent que deux surveillants n’étaient pas là, alors ils prirent leurs vêtements et se déguisèrent en gardes. Ils cherchaient la cellule d’Erina quand ils virent une gardienne s’approcher d’eux en les regardant bizarrement. Lola pensa qu’ils allaient se faire attraper et eut peur qu’on la prenne pour une menteuse. De son côté, Lintailo se sentait rassuré dans son costume de gardien. Mais Lola dit tout à coup à la gardienne : « pourquoi tu me regardes comme cela ? », la gardienne demanda : « qui es-tu ? » et Lola répondit : « je suis une gardienne ». Lintailo n’aimait pas le comportement de Lola car il pensait qu’ils allaient se faire remarquer. Finalement, la gardienne continua de marcher. Lintailo et Lola allèrent chercher la clé dans le bureau du directeur de la prison.

En sortant du bureau, ils virent qu’ils étaient filmés par des caméras de surveillance. Lintailo était stressé et se méfiait, il avait peur d’être vu. Il décida de se cacher sous les caméras avec Lola pour ne pas se faire repérer. Mais un garde les remarqua. Lola proposa à Lintailo de lancer ses lunettes en feu puis elle alla elle-même donner un coup de poing au garde. Elle prit ensuite la clé et courut vers la cellule d’Erina. Lintailo pensa que Lola était forte, très puissante et courageuse.

Alors qu’elle essayait d’ouvrir la porte de la cellule où était enfermée Erina, les alarmes se mirent à sonner. Elle pensa qu’ils allaient se faire attraper. Lintailo sentit qu’ils s’étaient trompés de clés. Lola alla casser l’alarme pendant que Lintailo essayait toutes les clés pour ouvrir la porte. Enfin, la porte s’ouvrit et ils partirent tous les trois en courant.

7. DEVENIR GENTILLE

De retour au Luth, Lola donna à Erina une lettre qu’elle avait écrite pour elle :

Ma chère Erina,

on se rejoint au parc où on s’est rencontré. Si tu acceptes de venir, je te promets que tu ne seras plus jamais seule.

Lola

Erina accepta d’aller au parc et de suivre l’entraînement de Lola pour devenir gentille. La première étape de l’entraînement consistait à aider une vieille mamie. Puis Erina dut sauver des canards en les aidant à traverser la rivière. Ensuite, elle dut jouer avec des petites filles. À la fin de l’entraînement, Erina jouait avec tous les petits du parc. Dans sa tête, elle se dit alors : « maintenant, je promets que je vais essayer de me faire des amis, que je ne mettrai plus jamais le feu au Luth et que je ne serai plus jamais méchante ».

8. ZÉLÈPH

De son côté, Zélèph, le fantôme du Luth, cherchait une idée pour se venger de ses camarades de classe qui l’avaient poussé dans les escaliers trois ans plus tôt. Depuis ce jour, il hantait le Luth en poussant les gens, en faisant bouger les objets, en claquant les portes et en soulevant les meubles. Quand Zélèph apprit qu’Erina avait mis le feu au Luth il était étonné et triste. Mais il était tout de même un peu content qu’Erina soit partie en prison. Zélèph n’aimait pas Erina car il pensait qu’elle était responsable de sa mort. En CP ils étaient dans la même classe et Zélèph bousculait tout le temps Erina, donc elle avait décidé de se venger en le poussant dans les escaliers. Elle ne pensait pas qu’il allait mourir.

Après l’entraînement de Lola, Erina se mit à repenser à la mort de Zélèph. Elle se sentit très coupable. Elle eut peur que le fantôme de Zélèph ne la tue, alors elle décida de lui écrire une lettre :

Bonjour Zélèph,

c’est moi, Erina. Je viens te présenter mes excuses car je m’en veux de t’avoir poussé dans l’escalier quand nous étions en CP.

Erina

Zélèph se sentit mal en lisant la lettre mais il était toujours en colère. Il voyait qu’Erina se sentait coupable de sa mort mais il lui en voulait tellement qu’il ne réussit pas à lui pardonner. Zélèph continua donc à hanter le Luth jusqu’à la fin des temps.

9. TRAHISON

À l’école, Lintailo entendit des élèves de la classe parler de son pouvoir et découvrit que Lola avait révélé son secret. Il était très fâché et se mit en colère. Depuis qu’il avait été enlevé par le sorcier Gargamel, Lintailo avait peur que des méchants viennent l’attaquer. C’est pour cela qu’il ne voulait pas que l’on connaisse son pouvoir, même s’il savait qu’il était très fort et très puissant. Lintailo avait également peur que les gens viennent tout le temps lui demander des autographes s’ils savaient qu’il était un super-héros. Il fit donc un discours à la classe et dit : « n’écoutez pas Lola ! Ne l’écoutez pas ! Ce n’est pas vrai ». Puis, le soir, il écrivit une lettre à Lola :

Chère Lola,

Tu n’imagines pas toutes les conséquences de tes actes. Tous les méchants savent de quoi je suis capable. Ils me craignent et peuvent préparer des plans pour m’avoir. Tu dois convaincre les élèves que tout est faux si tu veux revenir dans mon groupe de travail.

Le maître.

         Lintailo avait raison d’avoir peur car depuis vingt ans, le sorcier Gargamel préparait sa vengeance. Il avait réussi à inventer une poudre qui, si elle touchait Lintailo, lui prendrait son pouvoir. Gargamel laissa un bonbon empoisonné sur le bureau de Lintailo. Quand il le mangea, il s’endormit et Gargamel jeta sa poudre sur lui. Quand il se réveilla, Lintailo avait perdu son pouvoir et ne pouvait plus jeter de lunettes en feu.

10. TRANSFORMATION

Lintailo fut beaucoup plus détendu une fois qu’il avait perdu son pouvoir car il n’avait plus peur que des méchants l’attaquent. Il pardonna donc à Lola d’avoir dévoilé son secret et elle put revenir dans son groupe de travail. Erina avait complètement changé depuis l’entraînement de Lola. Avant l’entraînement, quand Erina rencontrait une nouvelle personne elle se disait : « elle est moche, stupide et bête ». Maintenant, quand elle rencontre quelqu’un, elle se dit : « courage, tu peux te faire une amie ». Avant, quand Erina et ses parents allaient manger chez des amis, Erina pétait à table, elle mettait ses doigts dans son nez, elle enlevait ses chaussures et mettait ses pieds sur la table. Maintenant elle se comporte bien, elle ne pète plus, elle ne met plus ses doigts dans son nez ni ses pieds sur la table.

Fin.

La mystérieuse recette du Coca-Cola

La mystérieuse recette du Coca-Cola – collège Guy Môquet à Gennevilliers

Par : AIT BAALI Sofia, ARENAS Kevin-John, ARRADI Mohamed Yasine, BADAWI Iléna, BASTIEN Léon, BOUARABA Zakarya, BOUBAKRI Dina, BOUMAIL SI MOHAMMED Ranya, CHEN Lucas, CISSÉ Mahya, DAHMANI Youssra, DAUNIS Rayan, DEMBELE Ismaël, DORSAIN Mathis, EL JEROUANI Amine, FERKOUS Ryad, HAFDI Mouâd, LE GUILLOUX-TREHOREL Alexandra, LUCKIEWICZ Zuzanna, MAMALASHVILI Nila, MARTA Tony, WANG Joel

Autrice intervenante : Faustine Noguès

Graines de conteurs – saison 4


 

Il était une fois deux amis, Billie, une jeune fille de quatorze ans, et Molio, un garçon de treize ans. Ils formaient une bande de trois avec un autre garçon du nom de Matama. Ils s’étaient tous trois connus enfants car leurs pères étaient amis. Mais le père de Molio et celui de Billie étaient morts prématurément, ce qui avait rapproché les deux adolescents. Ils avaient beaucoup de points communs. Leurs pères étaient morts mais pas de la même façon. Le père de Molio était mort d’un cancer, alors que celui de Billie s’était étouffé avec un cookie. Bizarre non ? Leurs objectifs aussi se ressemblaient. Molio voulait être un grand scientifique et Billie une jeune joueuse de baseball. Tous deux des métiers très malins. Molio avait une grande sœur du nom d’Emma, avec laquelle il s’entendait bien. Emma était très solitaire à cause de la mort de son père. Molio avait une peur particulière, celle du cancer, depuis que son père était décédé de cette maladie. Le chemin que Molio prenait tous les matins pour aller au collège était assez terrifiant car il l’obligeait à passer devant l’hôpital dans lequel son père était mort. Mais le plus effrayant fut ce jour où Molio eut une hallucination et vit son père sortir guéri de l’hôpital alors qu’il était déjà mort. De son côté, Billie avait peur du vide depuis une sortie scolaire qu’ils avaient faite au début de l’année dans l’usine de fabrication de Coca-Cola de la ville. Passionnée par la boisson, Billie s’était approchée de la cuve quand soudain, Emma qui essayait de rattraper sa classe avait couru un peu trop près de Billie et l’avait, sans faire exprès, poussée dans la cuve. Billie avait fait une chute de plusieurs mètres et il avait fallu aller la chercher dans les bulles du Coca-Cola.

Un soir, les mamans de Molio et Billie les laissèrent tous les deux pour se rendre à une fête avec leurs amies de la fac. Ils avaient tout à leur disposition, sauf du soda et ils repensèrent à leur sortie dans l’usine de Coca-Cola. Ils se souvinrent qu’il y avait de grandes machines qui remplissaient les canettes et les bouteilles comme dans les dessins animés. Il y avait d’immenses structures qui stockaient les bouteilles en attendant que les camions viennent les chercher. Mais ce qui les avait marqués, c’est qu’on leur avait dit que dans cette usine était cachée la recette secrète du Coca-Cola. Elle se trouvait dans un coffre-fort presque impossible à ouvrir. Il était possible d’acheter une carte magnétique qui servait à ouvrir le coffre mais elle coûtait 100 000 000 000 milliards de dollars. Ayant soif et le goût du risque, Molio et Billie décidèrent d’aller dans l’usine de Coca-Cola où ils essaieraient de trouver le coffre-fort.

Arrivés devant l’usine de Coca-Cola, les deux amis repérèrent une entrée un peu à l’écart d’où une lumière brillait. Ils tentèrent d’ouvrir la porte mais n’y parvinrent pas et errèrent dans les buissons à la recherche d’une idée. Là, ils trouvèrent une pince et un tournevis que les gardes de l’usine avaient oubliés dans les buissons. Molio dit à Billie : « j’ai trouvé une pince ! » mais au même moment ils entendirent les pas d’un garde qui s’approchait d’eux. Billie dit à Molio : « cache-toi, je vais faire diversion pendant que tu essaies d’ouvrir la porte avec la pince ». Le garde arriva près de Billie et la regarda bizarrement. Celle-ci le salua et elle entendit Molio chuchoter : « je n’arrive pas à ouvrir la porte, j’ai pris le tournevis au lieu de la pince ». Exaspérée, Billie eut une idée et dit au garde : « regardez un écureuil, il a besoin d’aide ». Ce à quoi le garde répondit : « reste-là, je vais l’aider ». Alors, pendant que le garde avait le dos tourné, Billie lança la pince à Molio et fit semblant de partir. Le garde continua sa ronde. Quand Billie revint vers Molio, elle vit qu’il avait réussi à ouvrir la porte. Seulement, dès qu’ils entrèrent dans l’usine, un garde les attrapa et appela la police qui vint les chercher. Au poste, les policiers essayèrent d’appeler leurs mères mais elles ne répondirent pas. Ils placèrent donc les deux adolescents en garde à vue.

Le lendemain matin, c’est Ethan qui vint les chercher au poste de police. Ethan était le médecin qui s’était occupé du père de Molio pendant son cancer. Depuis sa mort, il gardait toujours un œil sur Molio et sa sœur Emma. Ethan entra dans la pièce avec les yeux rouges et les mains tremblantes, il dit : « les enfants, j’ai une terrible nouvelle à vous annoncer. Vos mères sont portées disparues. » Les deux adolescents étaient au bord des larmes. Billie, qui était la plus grande, devait montrer l’exemple, elle dit : « on va les retrouver hein. » Ce à quoi Molio répondit : « maintenant ça me revient ! J’ai entendu leur nom hier à l’usine ! »

L’intuition de Molio était la bonne. En effet, la veille, Vegesun, qui était le gérant l’usine avait repéré le manège de Molio et Billie sur les caméras de surveillance. Vegesun était très méchant car il avait vu beaucoup de films de clowns tueurs et voulait lui-même en être un. Il ne supportait pas de voir une famille avec des parents protecteurs et leurs enfants parce que quand il était petit, ses parents s’aimaient tellement qu’il n’était rien pour eux. Vegesun habitait dans l’usine de Coca-Cola, dans une petite salle qui était sa chambre. Elle était rouge comme Coca-Cola et noire comme l’obscurité de la nuit. Les murs étaient remplis de posters de clowns tueurs. Quand Vegesun était plus jeune, il avait été en prison car il avait tellement regardé de films de clowns tueurs, dont un très connu, qu’il avait un jour essayé d’étrangler un enfant avec la ficelle d’un ballon. Vous vous demandez comment il a pu devenir gérant de l’usine de Coca-Cola après tout cela ? C’est très simple. Le grand-père paternel de Vegesun était le créateur de Pepsi. Mais son fils, Arouf, ne l’aimait pas et créa l’entreprise Coca-Cola qui eut beaucoup de succès grâce à sa recette secrète qui était meilleure que celle de Pepsi. Quand Arouf fut trop vieux pour gérer l’entreprise, il légua le titre de gérant à son fils. C’est Arouf qui décida d’enfermer la recette du Coca-Cola dans un coffre, afin que personne ne puisse faire de contrefaçon.

Quand Vegesun vit Billie et Molio tenter de s’introduire dans l’usine, il décida de leur donner une bonne leçon en enlevant leurs mères. Vegesun avait comme gardes du corps des gorilles qu’il avait capturés lors d’un de ses voyages. Au moment même où Molio tentait d’ouvrir la porte de l’usine avec la pince, Shisui et Lili, les mères des deux adolescents, étaient sur le chemin du retour de leur fête. L’autoroute était vide quand tout à coup, trois voitures les encadrèrent. Les gorilles de Vegesun sortirent des voitures et les ceinturèrent. Elles tentèrent de se débattre mais les gorilles étaient plus forts qu’elles. Ils les assommèrent et les emmenèrent dans l’usine. Quand elles se réveillèrent, elles ne savaient pas où elles se trouvaient.

Le lendemain, après les cours, Emma et Molio se retrouvèrent devant l’usine. Billie manquait à l’appel. Molio dit à Emma : « Billie a une heure de colle, un élève l’a insultée alors elle a sorti sa batte et l’a menacé ». Emma répondit : « zut, on a besoin d’elle ». Ils attendirent donc une heure pendant laquelle ils firent leurs devoirs. Quand Billie finit par arriver, Emma lui dit : « tu fais tout pour te faire punir quand tu as quelque chose à faire ». En attentant Billie, Emma et Molio avait repéré une entrée par les bouches d’aération de l’usine. En rampant, ils réussirent à pénétrer à l’intérieur mais tombèrent nez-à-nez avec Vegesun qui leur dit : « vous savez, diriger cette usine, c’est seulement une couverture, mon vrai métier c’est de tuer des gens ». Alors Billie eut soudain envie de détruire le monde qu’elle trouvait injuste car son père était mort. Elle se sentit très triste mais le cacha au fond d’elle. De son côté, Molio pensait à cette phrase qu’il entendait souvent : « Ha ha ha tu fais ton mignon mais en vérité tu te sens mal ». Molio était découragé par sa pensée, mais Billie qui avait envie de détruire le monde attrapa sa batte qu’elle avait récupérée dans le bureau du principal et frappa de toutes ses forces dans l’arcade de Vegesun qui se mit à saigner et perdit connaissance. Les adolescents partirent en courant à la recherche de leurs mamans mais découvrirent avec stupeur que, pour ralentir leurs recherches, Vegesun avait placé de fausses femmes en plastiques cagoulées dans toutes les pièces de l’usine. Dans l’une des salles se trouvait les vraies mamans, mais où était cette salle ? Ils cherchèrent mais ne trouvèrent pas et, ayant peur que Vegesun se réveille, ils rentrèrent chez eux pour préparer un plan.

Quand ils arrivèrent, ils virent qu’une lettre avait été déposée pour eux, ils l’ouvrirent et lurent :

Demande de rançon

Chère Billie, cher Molio,

Je suis Vegesun, le gérant de l’usine où vous vous êtes baladés il n’y a pas longtemps. Je voudrais que vous me présentiez vos excuses.

Pour que nos conflits soient éteints, je vous propose de travailler gratuitement pour moi dans l’usine. Si vous acceptez, je libèrerai vos mères. Si vous refusez, vous ne les reverrez plus jamais. Travaillez pour moi et vous les sauverez de la mort.

Si vous prévenez la police, vos mères mourront sur le champ.

Je vous laisse un jour de réflexion. Un garde viendra chercher votre réponse demain à vingt-et-une heure.

Pensez à vos mères.

Vegesun, gérant de l’usine Coca-Cola.

            À la lecture de cette lettre, Molio était en pleurs et Billie en rage. Molio pleurait comme un enfant de cinq ans. Emma voulut le réconforter mais il était trop tard, Molio avait craqué. Il pleurait toutes les larmes de son corps en criant : « Maman ! ». Cela dura trois minutes puis il se calma. Il dit : « excusez-moi, j’en avais besoin ». Alors Billie lui mit une claque et cria : « je m’en fous de tes besoins, on est tous découragés ». Elle dit ensuite qu’il ne fallait pas accepter l’offre mais aller prendre des photos pour les donner à la police. Molio répliqua : « non, il faut obéir et les policiers croiront mieux nos mères que nous ». Ils débattirent pendant dix minutes et, finalement, ce fût Billie qui trancha : « on va à l’usine », dit-elle. Sur le chemin, ils virent plusieurs voitures et eurent le réflexe de se cacher. Arrivés devant l’usine, ils retrouvèrent la bouche d’aération par laquelle ils étaient entrés la fois précédente. Seulement, une fois de plus, Vegesun les avait vus entrer par les caméras de surveillance. Il se lança à leur poursuite et leurs petites jambes ne suffirent pas à lui échapper. Molio s’énerva sur Billie car il pensait que tout était de sa faute. Il se dit intérieurement : « elle est trop lente cette fille et elle ne sait même pas courir ». Quant à Billie, elle devint soudain anéantie et perdit espoir. Molio s’acharna sur Billie et elle se mit à pleurer, ce qui est étonnant car elle n’avait pas pleuré depuis longtemps, plus précisément depuis la mort de son père. Pendant que Molio et Billie se disputaient, Vegesun réussit à attraper Emma et il disparut avec elle.

Vegesun dit à Emma qu’elle allait désormais travailler gratuitement pour lui. Il lui montra le processus de fabrication du Coca-Cola. La première étape consistait à mettre la boisson dans une énorme cuve. Il fallait ensuite l’extraire grâce à un grand tuyau pour le transférer dans une bouteille en plastique. Enfin, il ne restait plus qu’à mettre l’étiquette de la marque sur la bouteille, le bouchon et à placer le Coca-Cola dans un environnement froid. À la fin de son explication Vegesun dit à Emma : « mais toi, ton travail sera de nettoyer les toilettes de l’usine ». Pour qu’elle ne puisse pas s’enfuir, Vegesun plaça une puce électronique dans la nuque d’Emma. Celle-ci était dégoutée par le travail qu’elle devait accomplir et chercha une idée pour s’enfuir.

Au même moment, Ethan, ne voyant pas revenir les adolescents, sentit que quelque chose clochait. Il eut alors une idée. Connaissant la concurrence historique entre Vegesun et Mohamed Ni, le gérant de l’entreprise Pepsi, Ethan décida d’appeler ce dernier pour l’informer que quelque chose ne tournait pas rond dans l’usine de Coca-Cola :

« – Bonjour, je vous appelle car il se passe des choses dans l’usine de Coca-Cola, dit Ethan.

– Ah bon ? répondit Mohamed d’un air intéressé.

– Oui, Vegesun fait n’importe quoi.

– Oui, vraiment ?

– Oui, je ne plaisante pas, vous pouvez nous aider vous et votre équipe ».

Quand Ethan raccrocha, Mohamed Ni réfléchit quelques instants. Bien qu’Ethan ne lui ait pas vraiment donné d’informations sur ce qui se passait dans l’usine de Coca-Cola, il s’agissait peut-être d’une opportunité pour Pepsi de remporter enfin le marché des sodas.

Dans l’un des sous-sols de l’usine de Coca-Cola, Shisui et Lili, les mères de Molio et Billie, étaient enfermées et gardées par les gorilles de Vegesun. Leur prison était très sombre, les gorilles les forçaient à travailler et les empêchaient de dormir. Au début, Shisui et Lili ne virent pas de solution pour s’enfuir puis elles remarquèrent que la fatigue commençait à s’emparer des gorilles. Elles se mirent donc à chanter des berceuses et tous les gorilles finirent par s’endormir. Alors, Shisui qui était journaliste, courut dans une autre pièce où se trouvait un téléphone. Elle appela son bureau :

Bonjour Catherine,

je me suis fait séquestrer dans l’usine de Coca-Cola par le gérant de l’usine qui s’appelle Vegesun. SOS aidez-moi. Je suis avec Lili, la mère de la jeune Billie. Attention, tout est surveillé par des gorilles. Faites passer au plus vite les infos.

Catherine était sa collègue la plus proche et la responsable de la rédaction. Catherine décida donc de faire passer le message. Elle rédigea son texte le plus vite possible. Les caméras s’allumèrent, les lumières s’allumèrent et c’était parti. « TOP ! »

Bonjour, bienvenue sur Infofofo le journal des nouvelles infos. Aujourd’hui, notre jeune et célèbre Shisui a été séquestrée dans l’usine de Coca-Cola par son gérant appelé Vegesun. Pourrait-on voir et découvrir le visage de ce mystérieux Vegesun ? De nouvelles infos seront mises à jour sur Infofofo.

            Suite à cette première annonce télévisée, toute la rédaction du journal se mit à enquêter sur Vegesun et, un peu plus tard dans la même journée, Catherine fit une deuxième annonce :

Bonjour, nous revoilà sur Infofofo. Pour la première fois, nous vous dévoilons les secrets de Vegesun et de l’usine de Coca-Cola. Vegesun habite dans l’usine de Coca-Cola. Il est devenu gérant suite au départ de son père Arouf. Il a des gorilles domestiques faits pour séquestrer les mères.

            De son côté, Mohamed Ni réfléchissait à un plan pour découvrir ce qui se tramait dans l’usine de Coca-Cola. La télévision était allumée dans son bureau quand soudain, il vit le journal Infofofo. Mohamed se doutait que la police n’allait pas tarder à perquisitionner l’usine de Coca-Cola et décida donc de s’y rendre au plus vite dans le but de récupérer la recette secrète. En arrivant à l’accueil de l’usine, il se fit passer pour un inspecteur sanitaire et put entrer sans problème. Il arpenta l’usine à la recherche de la pièce où se trouvait le coffre-fort. Il fit une pause pour aller aux toilettes où il croisa Emma qui nettoyait. Quand il sortit des toilettes, Emma remarqua un levier situé sous l’urinoir. Elle tira dessus et une trappe s’ouvrit. Alors Emma rassembla son courage et s’entailla la nuque pour enlever la puce que lui avait implantée Vegesun. Elle laissa la puce dans les toilettes pour que Vegesun pense qu’elle s’y trouvait toujours. Elle avança dans la trappe et rampa dans un petit tunnel. Au bout de celui-ci, elle arriva dans une cave où se trouvait le coffre-fort. Elle essaya de l’ouvrir mais il était solidement fermé. Elle vit qu’il y avait un emplacement pour la carte magnétique, mais aussi une petite caméra. Elle comprit qu’il s’agissait d’un dispositif de reconnaissance d’iris. Elle eut alors une idée. Elle remonta dans les toilettes puis passa dans les bouches d’aération pour arriver dans le bureau de Vegesun. Elle entendit la télévision et vit que Vegesun faisait les cent pas dans la pièce d’à côté. Emma récupéra son portable qu’elle aperçut sur le bureau, puis retourna dans la cave où se trouvait le coffre. Là, elle chercha sur internet une photo de Vegesun et trouva celle qu’Infofofo venait de publier. Elle zooma sur l’œil de Vegesun, plaça la photo devant la caméra et le coffre s’ouvrit. Emma était choquée, contente et joyeuse. Elle se dit intérieurement : « oh mon dieu, j’ai enfin trouvé la recette ! Je suis la première personne à avoir trouvé la recette secrète du Coca-Cola. »

Vegesun ne remarqua pas la présence d’Emma dans son bureau parce qu’il était absorbé par ce qu’il venait de voir dans le journal Infofofo. Tout était révélé au public. Il pensa : « et mince, je suis mal barré. Je suis vraiment dans la merde. Il faut absolument que je réalise un plan et au plus vite ». Il décida de s’en aller très loin et de prendre les deux mères avec lui. Il s’imaginait laisser Shisui et Lili dans une petite maison dans la forêt qui avait un jour appartenu à ses parents, puis revenir à l’usine l’air innocent. La difficulté était que Vegesun était très connu pour les années qu’il avait passées en prison et que certains de ses voisins avaient déjà commencé à avoir des soupçons, voire à informer la police de sa mauvaise réputation dans toute la ville. En pensant à cela, Vegesun s’énerva et cassa la télévision. Il descendit ensuite voir Shisui et Lili et commença à se déchaîner sur elles. Il les frappa, recouvrit leur corps de bleus, et le pire c’est qu’il appréciait pleinement ce qu’il était en train de faire. Après cela il sortit de la pièce et essaya de se calmer en fumant une cigarette.

À ce moment-là, Shisui et Lili comprirent qu’elles couraient un grand danger et décidèrent d’arrêter d’attendre que la police vienne les délivrer. Elles se mirent donc à courir dans toute l’usine, les gorilles à leurs trousses. Elles réussirent à semer les gorilles et tout à coup, Shisui vit au sol la montre de Molio. Elle comprit alors que leurs enfants essayaient de les retrouver dans l’usine et dit à Lili : « Billie, Molio et Emma sont aussi dans l’usine, on ne peut pas partir sans les avoir retrouvés. »

Mohamed Ni errait toujours dans l’usine. Désespéré de ne pas trouver la salle du coffre, il retourna aux toilettes. Emma était ressortie mais avait laissé la trappe ouverte. Mohamed Ni avança donc dans le tunnel et pénétra dans la salle du coffre. Alors qu’il pensait à tout l’argent qu’il allait gagner grâce à la recette du Coca-Cola, il arriva devant le coffre et découvrit que celui-ci était vide. Il poussa un grand cri et se jeta contre le mur. Dans son désespoir, il appuya par mégarde sur un bouton. Le sol se mit à bouger sous ses pieds. La salle du coffre était en fait un ascenseur qui permettait d’aller dans un placard à balais enfoncé plus profondément sous terre. Mohamed entra dans le placard à balais, jeta tous les balais au sol et découvrit un tiroir dans le mur, il l’ouvrit et trouva une feuille sur laquelle était inscrit :

Vegesun, mon fils.

Voici la vraie recette du Coca-Cola. Jamais personne ne doit tomber sur cette recette. J’ai placé une fausse recette dans le coffre. Ainsi, même si quelqu’un parvient un jour à acheter la carte magnétique, il ne pourra pas faire du vrai Coca-Cola.

Caféine + sucre + eau + colorant + gaz + herbe aromatique.

Alors que Mohamed Ni sautait de joie, il entendit des bruits d’explosion. C’était Emma qui, ne parvenant pas à retrouver Molio et Billie, avait trouvé des pétards dans une salle. Elle les alluma, ce qui produisit un feu d’artifice au sein de l’usine. Molio, Billie, Shisui et Lili comprirent qu’il s’agissait sans doute d’un appel d’Emma et il se précipitèrent à l’endroit où explosaient les feux d’artifices. Quand ils se virent tous les cinq, ils se jetèrent dans les bras les uns des autres. Emma cria : « j’ai trouvé la recette secrète du Coca-Cola ! » et montra la feuille aux autres qui n’en croyaient pas leurs yeux. Ils coururent jusqu’à la porte de l’usine et rentrèrent chez eux avec la recette. En entendant les bruits d’explosion, Vegesun prit peur et tenta de s’échapper mais il tomba sur la police qui arrivait dans l’usine et il se fit embarquer aussitôt. Quant à Mohamed Ni, il reprit le chemin de l’usine Pepsi en sifflotant et prépara les papiers pour racheter l’usine de Coca-Cola.

Chez Molio, tout le monde fit la fête. Billie inventa une devinette :

Quelles sont les deux premières syllabes du mot « végétarien » et comment on dit « soleil » en anglais ?

Tout le monde répondit : « Vegesun » et se mit à rire. Billie se dit intérieurement : « quand je pense qu’il y a quelques heures on était tous tristes et que maintenant on rigole ».

Molio écrivit et déclama un poème :

Pour celui qui,

En prenant des vies,

Se prenait pour un génie,

Prends garde,

Car celui qui a les yeux plus gros que la vie,

Ne sait pas qu’elle est plus grosse que lui.

Tout le monde applaudit.

Avant de s’endormir Molio pensa : « j’ai eu si peur de perdre ma mère, heureusement maintenant elle est avec nous. Aujourd’hui Billie est plus que ma meilleure amie… ».

Dans son lit, Billie se disait mentalement : « ça fait du bien de rentrer chez soi, cette aventure nous a tous soudés ».

En effet, cette aventure rapprocha encore plus les deux familles. Le lendemain matin, Billie trouva même une lettre de Molio devant sa porte et lut :

Billie,

t’es fraîche comme la crème fraîche. Quand je te vois je deviens rouge comme la fraise. T’es trop jolie comme les raviolis. Toi, fille, veux-tu être ma copine ?

            Et c’est ainsi que s’achève l’histoire de comment Billie et Molio ont réussi à renverser l’empire Coca-Cola. Suite à cette aventure, Vegesun passa le reste de ses jours en prison. Mohamed Ni racheta l’usine de Coca-Cola et Pepsi devint leader sur le marché des sodas. Quant à Molio, Billie et Emma, ils tentèrent à plusieurs reprises de faire du Coca-Cola en suivant la recette trouvée dans l’usine mais ils s’étonnèrent à chaque fois car leur boisson avait un goût fade et qu’elle ne pétillait pas.

L'aspirateur maudit

L’aspirateur maudit – collège Les Champs Philippe à La Garenne-Colombes

Par : Aya Aboulghazal, Lola Aix, Ghania Arifi, Zakarya Ben Ali, Alicia Betari, Nourhene Boudjedir, Hajar Boulhez, Nicolas Chamussy, Tilouen Destrebecq, Siloe-Keren Dimatshio Mpombo, Enzo Gautherin, Noura Ghafir Dit Masri, Asselyne Kachroud, Zackaria Kaddouri, Diarra Thei Keita, Ines Maccury, Soheir Messar, Adil Mir, Salome Passerat, Jaycee Rakotondrazanany, Kamil Renard, Nayla Samba, Lina Sekkai, Livia Sitbon, Yathusa Sivakumar, Ania Slimane, Merlin Sokambi, Thierno Sy, Noha Zaghdane

Autrice intervenante : Faustine Noguès

Graines de conteurs – saison 4

1. Bill Super Pauvre et Léna

Quelque part au milieu de l’océan se trouvait Koh Lanta, une île très petite, d’environ quinze kilomètres carrés. Une plage s’étendait sur ses côtes et, dans les terres, il y avait une forêt. On surnommait Koh Lanta, « l’île de la longévité », car ses habitants vivaient très longtemps et gardaient toujours une apparence jeune grâce à un bouclier qui protégeait l’île du vieillissement. Le record de longévité était détenu par une personne décédée à l’âge de quatorze mille ans. Au cœur des terres, on trouvait une Fontaine de Jouvence ainsi qu’une pierre qui permettait de guérir toutes les maladies. De plus, les habitants avaient créé des potagers avec des légumes et des fruits grâce auxquels ils se nourrissaient très bien et restaient en bonne santé.
La capitale de l’île, Katanakana était une ville d’une propreté remarquable grâce à Bill Super Pauvre, un homme de quatre-vingt-dix-huit ans, dont le métier était aspirateur de rue. Il était passionné par ce métier qu’il avait exercé toute sa vie. Son aspirateur n’était pas comme les autres. Grâce à une puissance pulmonaire remarquable, Bill Super Pauvre pouvait, d’une simple inspiration, aspirer les saletés. Ces dernières finissaient dans un réservoir qu’il portait sur son dos. Sa plus grande peur était de ne plus pouvoir aspirer les choses depuis ce jour où, enrhumé, il avait été obligé d’arrêter de travailler. Son rêve était de devenir le plus grand pauvre du monde. Seulement, il cachait un secret : sa famille était très riche car son grand-père de trois cents ans, Bill Super Riche, était devenu millionnaire après avoir gagné plusieurs fois au loto. Bill Super Pauvre avait honte de cette richesse et avait très peur des cambriolages.
Dans la ville de Katanakana vivait également une jeune fille nommée Léna. Elle avait vingt ans, elle adorait la magie et voulait en faire son métier. Ses cheveux étaient très clairs, quasiment blancs, comme ceux de son petit frère Félix, âgé de seize ans, et de sa petite sœur Rosa, âgée de treize ans. Léna était très gentille et aimait aider les gens. Elle adorait sa famille et sa meilleure amie, Bella. Léna avait très peur de perdre son frère et sa sœur depuis l’accident qui lui était arrivé un jour où elle les avait emmenés avec elle faire des courses. Alors qu’elle cherchait des ingrédients pour créer une potion, un portail magique était apparu et Rosa et Félix avaient disparu dans le néant. Léna avait été terrifiée à l’idée de ne plus jamais les revoir. Heureusement, ils étaient réapparus quelques minutes plus tard et elle avait décidé de ne plus jamais amener son frère et sa sœur au supermarché.

2. La rencontre mystérieuse

Avant que ne commence la plus grande aventure de la ville de Katanakana, Léna et Bill Super Pauvre se connaissaient très peu. Ils s’étaient simplement croisés un jour au Billmarché, le supermarché de la ville. Léna s’y était rendue pour faire des provisions de bières et Bill Super Pauvre venait se fournir en sacs d’aspirateur. Quand il l’avait vue, il avait pensé : « Ah elle est belle ! ». Léna, elle, ne l’avait pas trouvé à son goût. Pour engager la conversation, il lui avait demandé : « Vous prenez quoi comme marque ? ». Ils avaient un peu discuté et Léna avait fini par l’apprécier. Plus tard dans l’après-midi, Léna avait eu rendez-vous au Café de l’Amour avec Billy Wikings, qu’elle avait rencontré sur le site Bouboulechérie.com. Billy Wikings avait six cents ans mais son apparence était celle d’un jeune homme. Ces cheveux étaient courts, blancs avec des mèches rouges. Il avait les yeux verts pendant la journée et bleus pendant la nuit. Billy Wikings avait beaucoup fait rire Léna pendant ce rendez-vous, en lui racontant les nombreux métiers qu’il avait exercés. Il avait adoré être médecin car il pouvait manger des cœurs pour rester en vie, banquier car il pouvait voler de l’argent, livreur de pizzas car il pouvait manger des pizzas en cachette, bijoutier car il volait les bijoux. En revanche, il n’avait pas aimé être programmeur car il était sous-payé, ni professeur car il n’aimait pas les élèves. Le métier qu’il rêvait de faire à ce moment-là, était agent secret parce qu’il connaissait le monde par cœur et aurait pu se servir de ses compétences. Alors que Léna riait, Bill Super Pauvre, qui se trouvait par hasard dans le même café, s’était retourné et avait tout de suite reconnu la jeune femme rencontrée plus tôt. Désespéré de la voir avec Billy Wikings, il avait dit à la serveuse : « Hey mademoiselle, t’es jolie, t’es fraîche, ça te dirait pas une glace à la menthe ? ». Ce à quoi la jeune femme avait répondu : « Monsieur, sortez, je ne tolère pas qu’on me parle d’une façon aussi irrespectueuse ! » et l’avait mis dehors. Léna avait à son tour reconnu Bill Super Pauvre et l’avait regardé d’un air interloqué. À ce moment-là, elle ne pouvait imaginer l’aventure qu’ils s’apprêtaient à vivre ensemble.

3. Le début du cauchemar

Ce matin-là, tout était calme dans la ville de Katanakana. Bill Super Pauvre se rendit au Billmarché et décida d’aspirer les déchets laissés par les clients à côté du rayon chips. Une plume qui passait par là le fit éternuer. Quand il rouvrit les yeux, Bill Super Pauvre constata avec horreur qu’en éternuant, il avait aspiré toute la ville de Katanakana dans son réservoir.
De son côté, Léna rentrait d’un voyage sur l’île de Lathulicee. Quand elle arriva à Katanakana, elle fut stupéfaite. Là où auparavant il y avait des immeubles et constructions, il n’y avait plus qu’un espace entièrement vide. Elle tomba sur Bill Super Pauvre désespéré. Il lui dit : « J’ai aspiré la ville ! Toute la ville a été aspirée ! Qu’est-ce que j’ai fait ? ». Léna répondit :
« – Comment est-ce possible ? Est-ce que ça t’a fait mal ?
– Non.
– Tu n’as pas l’air si étonné, remarqua-t-elle.
– En fait, cela m’est déjà arrivé, confia Bill Super Pauvre.
– Ah oui ?
– Il y a longtemps, j’habitais dans une autre ville et je l’ai aspirée dans mon réservoir, c’est pour cette raison que j’ai déménagé ici.
– Et comment tu as fait pour remettre la ville ?
– Je ne l’ai pas fait, elle a disparu du globe.
– Attends, ça veut dire que notre ville va disparaître ?
– Pas si on arrive à la faire sortir de mon réservoir. »
Léna et Bill Super Pauvre devaient trouver une idée, alors ils allèrent siroter du Red Bill sur une petite plage ensoleillée pour réfléchir à une solution.

4. Katanakana en danger

Pendant ce temps, dans le réservoir, les habitants de la ville vivaient un véritable cauchemar. Au moment de l’aspiration, ils furent comme pris dans un ouragan et ne virent plus que du blanc et du néant. Puis, une fois que toute la ville avait été aspirée, ils virent dans le ciel une sorte de bulle qui était en fait la paroi transparente du réservoir. À l’intérieur de celui-ci, la ville était intacte à la seule différence que des déchets de chips et d’emballages flottaient partout dans les airs. Au journal télévisé Katinfo, les journalistes tentaient de trouver des explications. Le flash info de ce matin-là disait :
« Bonjour, nous nous retrouvons sur Katinfo pour une urgence. Nous ne savons pas encore ce qu’il se passe mais la police a promis d’ouvrir une enquête.
Hypothèse 1 : la Terre a été aspirée par un trou noir.
Hypothèse 2 : c’est l’apocalypse.
Hypothèse 3 : le soleil s’est éteint.
Hypothèse 4 : la Terre a explosé et nous sommes tombés dans l’espace. »
Plus tard dans la journée, les journalistes invitèrent Billy Wikings en espérant qu’il parviendrait à expliquer la situation : « Bonjour chers Katanakaniens, j’espère que vous êtes toujours là. Nous allons recevoir Billy Wikings, le plus grand érudit de tous les temps. Billy Wikings nous vous écoutons. » Billy Wikings apparut à l’écran et s’exprima posément : « Ça ne peut pas être un trou noir, sinon il ferait très chaud et on ne verrait rien. Ça ne peut pas non plus être l’apocalypse sinon on serait mort. Pareil pour le soleil éteint. Si la Terre avait explosé, la ville serait détruite et nous flotterions dans l’air. »
Les policiers municipaux, aspirés eux aussi, commencèrent leur enquête. Ils se rendirent sur le réseau social Superpauvre et virent une vidéo faite par Bill dans laquelle il filmait son réservoir d’aspirateur avec toute la ville coincée à l’intérieur. Ils lui envoyèrent donc un message sur un autre réseau social, SuperSnap et lui demandèrent : « que se passe-t-il ? ». Bill Super Pauvre répondit qu’il avait aspiré la ville et qu’il allait trouver une solution avec Léna pour la faire sortir du réservoir.
Bella, la meilleure amie de Léna, se réveilla elle aussi dans le réservoir de l’aspirateur. En voyant l’énorme bulle dans le ciel, elle ne comprit rien. Elle était sous le choc, en panique et pensa qu’elle rêvait. Elle envoya un message à Léna : « Léna, où es-tu ? J’ai besoin de toi. Je ne sais pas ce qu’il m’arrive mais c’est sûrement un rêve. Si tu peux, rappelle-moi quand tu recevras ce message. » Léna répondit aussitôt : « Ne t’inquiète pas, je vais venir vous chercher toi et Rosa, mais il faut que tu gardes ton calme. Et je veux que tu veilles sur Rosa, elle est sûrement en panique. Bisous ». Léna et sa sœur Rosa avaient rencontré Bella au Billmarché quelques années plus tôt. Bella était une charmante jeune fille aux yeux roses, brune avec deux mèches blondes. Elle était très vite devenue la meilleure amie de Léna, ce qui avait rendu Rosa jalouse. De son côté, Bella, qui avait perdu ses parents dans un accident de voiture alors qu’elle était enfant, était également jalouse de la relation que Léna entretenait avec sa sœur. Bella avait grandi avec un sentiment de honte et d’abandon et elle ne supportait pas de voir la famille parfaite de sa meilleure amie Léna. Cependant, après le message de Léna, Bella décida d’aller tout de même rendre visite à Rosa pour qu’elle ne soit pas en panique. Même si les deux jeunes filles se détestaient, elles discutèrent longuement et parlèrent du lycée où Rosa allait bientôt entrer car elle était très intelligente. Bella finit par se confier à Rosa et lui raconta l’histoire de sa famille. Seulement, Rosa décida de répéter ces confidences à tout le monde. Elle se rendit au milieu de la ville et raconta l’histoire de Bella à tous les passants.

5. D’îles en îles à la recherche de la solution

À l’extérieur du réservoir, Bill Super Pauvre et Léna cherchaient une solution. Il leur fallait trouver une personne qui serait capable de construire une machine permettant de faire sortir la ville. Bill Super Pauvre n’avait plus assez d’argent pour payer la construction d’une telle machine. Avec Léna, ils décidèrent donc de se mettre à la recherche de Bill Super Riche, afin de lui demander de l’argent.
Bill Super Pauvre pensa d’abord que son grand-père pouvait se trouver sur l’île cachée de Konoha. Cette île avait longtemps appartenu à Bill Super Riche, jusqu’à ce que son rival, Itachi, ne la vole et emprisonne l’ancien propriétaire. Sur l’île cachée de Konoha, il y avait des dragons à cent têtes, cinquante yeux rouges et cinquante yeux violets de samouraï géants. Ils parlaient une langue qui s’appelait le Katsuyan. Dans cette langue, katu voulait dire bonjour, kati : au revoir et voudzi : merci. Lorsqu’ils arrivèrent sur l’île, les dragons les accueillirent bien mais quelques temps après, ils voulurent les tuer. Bill Super Pauvre et Léna décidèrent donc de s’enfuir. Alors qu’ils couraient sur la plage, ils virent arriver sur la mer L’Île Flottante. Ils sautèrent dessus et échappèrent ainsi aux dragons.
Peu de temps après leur arrivée sur L’Île Flottante, un tsunami de crème anglaise, une avalanche de blancs en neige et des météorites caramélisées dévastèrent l’île. Bill Super Pauvre et Léna étaient aux anges. Ils dégustèrent ces événements météorologiques. Pendant qu’ils avalaient le dessert qu’avaient créé ces événements, ils découvrirent, coincée sous une météorite caramélisée, une femme du nom de Mahaut. Ils la libérèrent et, pour les remercier, elle leur apprit que s’ils mangeaient un bout de la montagne sacrée, ils trouveraient la réponse à leur question. Mahaut les mena à la montagne et après en avoir mangé un petit bout, ils eurent une certitude : ils devaient se rendre sur l’île des Inséparables.
Bill Super Pauvre et Léna trouvèrent un bateau qui effectuait la liaison. Après une nuit au milieu de la mer, ils arrivèrent sur l’île des Inséparables. Lorsqu’ils descendirent du bateau, un phénomène magique se produisit : une personne faite d’eau sortit de la mer. Léna cria : « C’est Jack dans le Titanic ! Il revit ! ». Bill Super Pauvre répondit : « Léna, tu délires. Non, c’est pas vrai, c’est Léonardo Di Caprio ! ». Léonardo Di Caprio s’avança sur la plage avant de se transformer brusquement en Madaka. Madaka était un ninja aquatique. Il possédait un œil qui lui permettait de voir les mouvements de ses ennemis à l’avance. Grâce à cet œil, Madaka savait que Bill Super Riche habitait au centre de la Terre et leur proposa de les y conduire.
Au centre de la Terre, Bill Super Riche avait une villa de couleur transparente, un zoo avec des animaux légendaires : guépards, léopards, lions en or. Il avait également une piscine avec un requin baleine, une plage privée, un jacuzzi, des Superstations 5, des Tours Eiffel de trois cents mètres de haut dans le jardin et un ascenseur dans la villa. Il vivait dans cet endroit avec ses majordomes et ses animaux. De huit heures à neuf heures, Bill Super Riche avait l’habitude de manger des céréales en or pour le petit-déjeuner, tout en regardant une émission de voitures appelée Autoriche. De neuf heures à dix heures il jouait à la Superstation 5 et le reste de la journée il regardait des vidéos sur Supersnap, se promenait dans son zoo, se baignait dans son jacuzzi et dans sa piscine. Quand Léna et Bill Super Pauvre arrivèrent chez lui, Bill Super Riche, ingrat, repoussa son petit-fils : « Tu n’as rien à faire ici, sors de là ! », s’écria-t-il. Alors Bill Super Pauvre éclata en sanglot et dit : « Moi dans la vie, tout ce que je voulais, c’était être pauvre ! ». Avec Léna, ils retournèrent sur l’île des Inséparables à la recherche d’une nouvelle solution.

6. Sortez-nous d’ici !

Au cœur du réservoir, la ville était dans le chaos. Billy Wikings organisa une manifestation avec d’autres habitants pour protester contre la situation. Sur les pancartes, on pouvait lire : « Sortez-nous d’ici ! », « On veut revenir ! », « On veut que tout redevienne comme avant ! », « Réparez tout ça ! ». La star de l’île, JP, un jeune garçon de onze ans qui avait gagné le célèbre jeu télévisé Mort Subite deux ans plus tôt et qui, depuis, était vénéré par tous les habitants, décida de faire une vidéo. Il y disait : « Salut tout le monde, c’est JP. On se retrouve pour une nouvelle vidéo. Je voulais vous soutenir dans cette période difficile. Pour vous remonter le moral, je vais vous montrer une toute nouvelle recette de cuisine que je viens d’inventer. » On le voyait ensuite préparer un sandwich à base de chips qu’il attrapait dans les airs. Quant à Rosa, elle était désespérée car son plan pour mettre la honte à Bella ne fonctionnait pas du tout. Tous les passants à qui elle avait raconté l’histoire de Bella prenait maintenant cette dernière en pitié. Bella se faisait de plus en plus d’amis et devenait de plus en plus gentille. De son côté, Rosa se sentait délaissée et était de plus en plus jalouse.

7. L’invention de Béatrice

Sur l’île des Inséparables, Léna et Bill Super Pauvre étaient toujours à la recherche d’une solution quand, sans le faire exprès, ils appuyèrent sur un bouton incrusté dans le sol. Celui-ci s’ouvrit et ils découvrirent un petit chemin qui menait à une maison en bois et en métal. Là, vivait Béatrice l’inventrice. Son magasin était au rez-de-chaussée, sa chambre et son atelier au premier étage. Par le petit chemin, elle pouvait arriver à la mer où le bruit des vagues l’aidait à se concentrer. Béatrice l’inventrice était devenue célèbre après avoir inventé un appareil électroménager qui, grâce à la musique, exerçait une attraction sur les feuilles mortes du jardin qui atterrissaient alors dans une grande tasse. Béatrice entendit du bruit sur le chemin et sortit accueillir Bill Super Pauvre et Léna. Elle avait une blouse blanche, des cheveux en pétard et de grosses lunettes rondes. Elle s’écria :
« – Salut mes cocos ! Venez prendre le thé ! Je m’appelle Béatrice, et vous ?
– Moi c’est Bill Super Pauvre, madame la mouche. Mais appelez-moi BSP, c’est plus stylé, répondit Bill.
– Excusez-le, moi c’est Léna.
– Je suis seule sur cette île mais dès qu’il y a des touristes c’est la même chose. Mais qu’est-ce qui vous amène à moi ?
– Eh bien nous sommes malencontreusement tombés ici. Mais attendez, vous êtes inventrice ! Nous allons vous raconter notre histoire, vous pourrez peut-être nous aider », dit Léna.
Bill se lança dans les explications :
« – Je suis aspirateur-man, je suis un Jedi, sauver le monde c’est mon métier. Sauf que là, j’ai aspiré ma ville, Katanakana. Nous avons parcouru trois îles pour arriver ici où nous avons rencontré Madaka. Il nous a conduit jusqu’à BSR, mon grand-père, mais celui-ci n’a pas voulu nous aider, alors nous sommes ici. Il faut qu’on trouve un moyen de sauver la ville.
– Vous êtes inventrice ! Vous pouvez nous aider. Il y a ma sœur et ma meilleure amie dans le réservoir. Pouvez-vous inventer une machine ? demanda Léna, désespérée.
– Je vais vous aider, parce que quand j’étais jeune, moi aussi j’ai été confrontée à une situation pareille. J’étais seule au monde. Je peux vous construire une machine en échange de votre amitié, dit Béatrice.
– Oui, je suis cent pour cent d’accord, s’écria Léna
– Être ami avec une mouche, c’est possible ? demanda Bill.
– J’ai déjà la machine en tête, il me faudra maximum deux semaines pour la réaliser, dit Béatrice à la cantonade. Allez mes cocos, vous allez dormir à la maison ! »
Bill Super Pauvre, Béatrice et Léna devinrent très vite les meilleurs amis du monde. Béatrice construisit une flèche en bois de cinq centimètres. Au bout de cette flèche était fixé un poste de pilotage en métal dans lequel se trouvaient quatre petits bonshommes. Le premier, Mahmoud, était un brocoli, Mimosa le cerveau de l’équipe était un fromage, Rania était une carotte stressée qui avait tout le temps peur et Banana une banane très gourmande et toujours prête. Ces bonhommes étaient magiques, mangeables, ils pouvaient ressusciter, se transformer en petits riquiquis ou devenir géants.

8. Les quatre bonshommes comestibles

Bill Super Pauvre, Béatrice et Léna, retournèrent sur l’île de Koh Lanta pour mettre leur plan à exécution. Béatrice enfonça la flèche dans le bras de Bill Super Pauvre. Les bonshommes devinrent alors minuscules et purent circuler jusqu’au réservoir. Au moment où ils furent injectés, ils s’exclamèrent :
« – Transformation tous petits !!
– Ça sent le renfermé ! s’écria Mahmoud.
– Normal, on est enfermé, rétorqua Banana.
– Let’s go trouver les gens ! encouragea Mimosa.
– On va se faire manger, s’inquiéta Rania.
– Si on les libère on gagne quoi ? demanda Banana
– Des chips barbecue, répondit Mahmoud
– Pas de souci, c’est pour quand qu’on va aider les habitants ? s’impatienta Banana.
– Pour maintenant, lança Rania. »
Tous en cœur, ils s’écrièrent : « on y va ! » et s’élancèrent dans la ville en demandant à tous les passants de les manger. Quand ils les croquaient, les Katanakaniens devenaient minuscules et pouvaient remonter le tuyau pour sortir du réservoir.
Bill Super Pauvre et Léna virent alors sortir un à un tous les habitants de la ville. Ils étaient fous de joie. Quand ils sortaient, les Katanakaniens s’écriaient : « enfin on est sorti ! On est libre !!! Allons faire la fête !! ». Ils firent des feux d’artifices et jouèrent de la musique tous ensemble pour fêter leur liberté retrouvée. Rosa aperçut Léna et était toute contente car elle lui avait manqué. Ne voyant pas Bella, elle se demanda où elle était et commença à s’inquiéter. Puis elle l’aperçut au loin et courut vers elle. Rosa réalisa alors qu’il valait mieux faire la paix avec Bella pour ne pas rester dans son ombre. De son côté, Bella se rendait compte qu’elle avait pu être méchante avec Rosa du fait de sa jalousie. Au milieu de la ville en fête, elle se pardonnèrent et se prirent toutes les trois dans les bras.
Devant tous les habitants, Bill Super Pauvre fit un beau discours : « Bonjour la ville de Katanakana. Je sais que vous avez été un peu perdus ces temps-ci et je vous comprends totalement. Pour info, vous étiez bloqués dans mon réservoir, scientifiquement dans mon dos. Ça peut paraître fou mais c’est la vérité. Ne m’en voulez pas mais c’est à cause de moi que vous vous êtes retrouvés dans mon réservoir. Pardonnez-moi mais j’ai éternué et vous avez atterri dans mon dos mais je peux vous garantir que cela n’arrivera plus jamais. Je vous le jure et que la fête commence ! »
Au milieu de la foule, Léna remarqua que les policiers prenaient des notes pendant le discours. Le lendemain, ils annoncèrent à Bill Super Pauvre qu’une enquête était ouverte pour déterminer s’il était responsable de ce qui était arrivé à la ville. S’il était reconnu responsable, Bill Super Pauvre risquait d’aller en prison, d’avoir une amende, d’être isolé dans une grotte ou d’être exilé. La justice sur l’île était rendue par une cour composée de cinq juges élus par le peuple. Pour se défendre, Bill prétendit avoir fait exprès d’aspirer la ville car il savait qu’elle était menacée par le cyclone Éole et voulait protéger les habitants. Le peuple manifesta son soutien envers Bill Super Pauvre. Les habitants ne voulaient pas qu’il soit sanctionné et ils demandèrent aux juges d’être cléments. Après avoir entendu la population et les arguments de Bill, les juges décidèrent de ne pas le condamner.

Peu de temps après la fin du procès, les Katanakaniens décidèrent d’organiser une grande fête et proclamèrent la date du 24 septembre, jour de leur sortie du réservoir, fête nationale de Koh Lanta. Depuis lors, chaque année à cette date, tous les habitants sont invités à faire la fête sur une petite île voisine du nom de Marvana. Au cœur de la fête, trône un immense buffet de chips à volonté.

Les trois voeux d'Aloha

Les trois voeux d’Aloha – collège Truffaut à Asnières-sur-Seine

Par : Rania Adjovi, Maissa Ben Belgacem, Abdouramane Diallo, Clément Dolley, Marine Richard, Adam Rurak.

Autrice intervenante : Faustine Noguès

Graines de conteurs – saison 4


  1. Un tajine

Notre histoire commence sur une île, dans un village qui s’appelait Village. Oui, c’est étrange. Les habitants de Village ne devaient pas être très inspirés le jour où ils trouvèrent ce nom. Quoi qu’il en soit, la vie de Village était rythmée par une grande fête qui avait lieu chaque année. Au cours de cette fête, les habitants, deux par deux, avaient pour mission de cuisiner un plat. Un jury était ensuite chargé de goûter les recettes pour décerner le prix culinaire de Village.

C’est lors de cette fête que Léa et Joe avaient fait connaissance. Ils avaient été réunis en binôme et avaient décidé de cuisiner un tajine. Leur plat se composait de persil, d’olives, de viande et d’œufs. Les autres participants du village avaient, cette année-là, concocté des plats étonnants. Les membres du jury purent ainsi déguster : des ramens au Nutella avec du poulet épicé ; des pâtes au wasabi avec une banane et du jus d’orange ; de la banane avec une souris ; des pêches au Ketchup ; du tiramisu au camembert et des œufs en chocolat avec de la mayonnaise. Sans surprise, c’est le tajine de Léa et Joe qui avait remporté le premier prix.

Léa avait soixante-dix ans et elle était passionnée par la musique. Elle rêvait de devenir chanteuse depuis ce jour où, alors qu’elle était enfant, elle avait vu un concert du groupe ABBA à la télévision. Léa adorait chanter de la musique pop comme Prince, Michael Jackson ou Elvis Presley. Sa maison était collée à celle de Joe qui l’entendait chanter toute la journée.

Joe avait vingt-six ans. Il portait toujours un chapeau de cow-boy, un gilet marron et des santiags car il était aventurier. Depuis qu’il était enfant, Joe rêvait d’avoir un teckel qui l’accompagnerait dans ses aventures.

  1. Un peu trop de silence

Un jour de juillet, il faisait très beau et chaud au Village. La journée était calme. Trop calme. Depuis son réveil, Joe sentait que quelque chose n’était pas comme d’habitude. En début d’après-midi, il réalisa qu’il n’avait pas entendu Léa chanter de la journée. Il décida d’aller chez elle, entra et la trouva étendue sur le sol. Elle avait fait un malaise. Il lui donna de l’eau et elle se réveilla. Il lui proposa un café et resta discuter avec elle pour s’assurer qu’elle allait mieux.

Au cours de la discussion, Joe raconta à Léa la mission qui allait l’occuper les jours suivants. Il devait trouver le trésor d’Aloha. La légende d’Aloha prédisait que les personnes qui trouveraient le coffre verraient se réaliser trois vœux.

Léa était fascinée par cette histoire et Joe lui proposa de l’accompagner dans son aventure. Tous deux ignoraient que Baki, le boxeur du village, avait tout entendu en passant sous les fenêtres de Léa. Baki avait un rêve lui aussi : il voulait devenir le plus grand boxeur de tous les temps. C’est pourquoi, il décida lui aussi d’aller chercher le trésor d’Aloha. Baki espérait le trouver avant Léa et Joe.

  1. De grottes en grottes

Léa et Joe commencèrent leurs recherches par une grotte qui s’appelait

L’Amazonie. Pour y descendre, ils avaient réuni leur équipement : une lampe torche, une blouse, un casque et des bottes. Quand ils arrivèrent au fond de la grotte, Léa et Joe firent une découverte macabre. Sur le sol, un homme était mort.

Baki, qui les suivait discrètement, fut désespéré en voyant le cadavre. Il s’agissait de son ami Léo, qui était lui aussi passionné de boxe. Léa et Joe décidèrent d’emporter le corps sur leur bateau pour le ramener au Village. Baki était très triste, il pleura et pensa qu’il avait un nouveau rêve : celui de ramener Léo à la vie.

Léa et Joe poursuivirent leurs recherches dans une autre grotte. Il s’agissait de la Grotte Mystérieuse. Dès qu’ils entrèrent, ils virent de la fumée sortir d’un coup et distinguèrent le regard sombre d’une personne. Il s’agissait de Baki, qui voulait leur faire peur afin de gagner du temps. Baki avait inventé un piège à destination de Léa et Joe. Pendant qu’ils essayaient de calmer leur peur, Baki disposa un faux coffre dans la grotte. Quand Léa et Joe le trouvèrent, ils crurent qu’il s’agissait du trésor d’Aloha. Seulement, leurs vœux ne furent pas exaucés. Ils crurent alors que la légende était fausse et décidèrent de rentrer chez eux. Baki était satisfait, il allait pouvoir chercher le trésor seul.

  1. L’indice de Mystère

Alors que Léa et Joe dînaient ensemble chez Léa, ils entendirent toquer à

la porte. Ils ouvrirent et virent apparaître Mystère, un garçon de seize ans très mystérieux. Mystère leur dit : « Je vous ai vu chercher le trésor, je connais des indices sur la grotte d’Aloha : dans la grotte il y a des gouttes d’eau et on peut entendre la voix du roi qui a caché son trésor en dessous de son île. Pour trouver la grotte, il faut d’abord chercher un sous-marin très spécial. Ce sous-marin s’appelle Malus, il a été construit par Ulysse pendant l’Antiquité grecque, puis il a appartenu à Jules Verne. Trouvez Malus et vous trouverez le trésor d’Aloha. »

Après avoir révélé ses indices, Mystère disparut aussi vite qu’il était apparu. Léa et Joe réfléchirent un moment à ce qu’ils venaient d’entendre. Tout à coup, Léa eut une illumination. Elle s’écria : « Le sous-marin Malus doit être resté à l’époque de Jules Verne, nous devons voyager dans le temps ». Alors que Joe se demandait comment ils allaient pouvoir retourner à l’époque de Jules Verne, Léa se précipita dans la cuisine et rassembla des ingrédients. Elle connaissait une recette à voyager dans le temps.

  1. Rendez-vous au XIXème siècle

Pour effectuer un tel voyage, il fallait mélanger du cassoulet, du saucisson, des pâtes, du Ketchup et de la sauce au chien saucisson. Quand le plat fut prêt, Joe et Léa le mangèrent. Les murs de la maison de Léa tremblèrent et se transformèrent. Les photos de la vie de Léa disparurent et furent remplacées par des portraits de Jules Verne. Ils avaient réussi ! Ils étaient retournés au XIXème siècle et se trouvaient à présent dans la maison de Jules Verne.

Léa et Joe arpentèrent les pièces de la maison et n’eurent pas de mal à trouver le sous-marin Malus. Il avait d’abord été construit par Ulysse avec des planches de bois. Pour avancer, il fallait utiliser des rames. Un très long tuyau permettait de respirer. Des siècles plus tard, Jules Verne avait découvert le sous-marin, l’avait restauré, y avait ajouté quatre grands pieds et une machine pour respirer sous l’eau. Dans le poste de pilotage, il y avait un tableau de bord avec huit boutons. Le premier permettait de démarrer le moteur, le deuxième de ralentir, le troisième d’accélérer, le quatrième de klaxonner, le cinquième d’allumer la radio, le sixième d’ouvrir la porte, le septième d’arrêter le moteur. Le huitième bouton était le plus mystérieux : il permettait d’enclencher des essuie-glaces, ce qui, pour un sous-marin est assez cocasse.

De son côté, Baki était entré chez Léa. Voyant qu’elle et Joe avaient disparus, il goutta le plat et se retrouva lui aussi chez Jules Verne. Il les suivit jusqu’au sous-marin et se cacha dans une de ses trappes.

Dans la cabine de pilotage, Léa et Joe découvrirent une carte sur laquelle une croix avait été tracée. Ils décidèrent de se rendre à cet emplacement pour voir si la grotte s’y trouvait. Ils se mirent en route et passèrent à côté de l’Afrique du Sud, du Brésil, des États-Unis, et de l’Australie. Après ce long périple, ils arrivèrent à l’endroit indiqué sur la carte. Incroyable ! Une grotte sous-marine était là.

  1. Une apparition

Bien qu’elle soit située sous l’eau, la grotte était lumineuse. Au centre de

celle-ci s’étendait un lac. Léa et Joe, suivis de Baki, arrivèrent dans une grande pièce au centre de laquelle le coffre brillait. On pouvait y lire plusieurs inscriptions comme : « Ouvre le coffre et tu auras ce que tu veux », ou encore :  « Fais attention à tes vœux ».

En voyant le coffre, chacun pensait aux rêves qu’il ou elle allait réaliser. Léa s’imaginait chanter sur scène comme France Gall. Elle rêvait de vivre dans la maison de Prince et d’avoir un studio d’enregistrement.

Joe pensait au teckel avec lequel il allait pouvoir vivre de grandes aventures.

Baki, lui, était animé par deux vœux. Tout d’abord, il souhaitait voir se réaliser son rêve d’enfance : devenir le plus grand boxeur de tous les temps. Mais Baki rêvait également de ramener Léo à la vie et s’imaginait pouvoir faire à nouveau des entraînements et des combats avec lui.

C’est pourquoi Baki surgit de sa cachette et se précipita pour voler le coffre. Léa se jeta sur lui et Joe lui fit un croche-pied. Baki tomba au sol et le coffre fut propulsé à l’autre bout de la pièce. À ce moment-là, le fantôme de Léo fit son apparition. Tout le monde fut stupéfait et la bagarre s’arrêta net. Léo prit la parole : « Il me reste encore beaucoup de choses à vivre et je ne peux me résoudre à mourir aussi jeune. Vous devez utiliser un des vœux pour me ramener à la vie. Si vous ne le faites pas, je vous hanterais pour le restant de votre vie. »

  1. Le dilemme

Dans la grotte, un véritable tribunal s’organisa. Léa, Joe et Baki n’apprécièrent

pas les menaces de Léo mais ils reconnurent qu’ils ne pouvaient pas refuser de le ramener à la vie. Il ne restait donc plus que deux vœux et chacun essaya de défendre son rêve.

Baki s’exprima le premier : « Je rêve d’être un grand boxeur depuis l’âge de douze ans. Je me souviens d’un entraînement que j’ai fait avec Léo il y a quelques semaines. Il m’encourageait et je ne me suis jamais senti aussi bien qu’à ce moment-là. Quand je boxe, c’est le seul moment où je me sens à ma place. Si je devenais le plus grand boxeur, je pourrais être un exemple pour beaucoup d’adolescents. En plus, je reverserais l’argent des compétitions à des associations, ainsi qu’au Village. »

Léa et Joe furent touchés par le discours de Baki mais ils lui répliquèrent qu’il n’avait pas nécessairement besoin du vœu pour devenir le plus grand boxeur : il pouvait s’entraîner.

Léa prit ensuite la parole : « Je suis la plus vieille d’entre nous et il ne me reste pas beaucoup d’années à vivre. Depuis toute petite, je rêve de devenir chanteuse et je suis triste de ne pas avoir réussi à accomplir ce rêve. Si je devenais chanteuse, je pourrais apporter de la bonne humeur aux gens. De plus, cela fait des années que je n’ai pas pu aller voir mon fils qui habite loin. Grâce à l’argent des concerts, je pourrais profiter de lui. »

Joe et Baki écoutèrent attentivement les paroles de Léa puis ils lui demandèrent : « mais est-ce que tu sais chanter au moins ? Si tu n’es pas devenue chanteuse, il y a peut-être une raison. »

Joe parla en dernier : « Quand j’étais petit, j’avais un chien qui s’appelait Saucisson. Le jour de ses quinze ans, il a sauté dans le vide et il est mort. Depuis, je me sens seul et je rêve de retrouver un ami fidèle qui m’accompagnerait dans mes aventures. Si j’avais ce chien, je pourrais résoudre encore plus d’enquêtes, trouver d’autres trésors et aider les gens en leur donnant de l’argent. Je pourrais aussi fournir les musées et enrichir la vie culturelle. En plus, c’est moi qui connaissais la légende d’Aloha, c’est donc normal que je puisse réaliser mon rêve. »

Léa, Baki et Léo n’étaient pas très convaincus par l’argumentaire de Joe. Pourquoi ne se contentait-il pas d’acheter un chien ? Joe répondit qu’il ne voulait pas n’importe quel chien, il souhaitait avoir un chien parlant.

  1. La solution

Dans la grotte, Léa, Joe et Baki semblaient dans une impasse.

C’est finalement Léo qui trouva une solution. Il dit à Joe : « J’ai une proposition à te faire. J’ai chez moi un chien très fidèle et dégourdi. Certes, il ne parle pas, mais je te promets qu’avec lui tu ne te sentiras plus jamais seul. Laisse Léa et Baki réaliser leur rêve et je te donne mon chien. »

Joe fit preuve d’altruisme et accepta la proposition de Léo. Les trois vœux furent prononcés. Léo revint à la vie, Baki devint le plus grand boxeur et Léa se mit à chanter avec talent. Léa sortit de son sac une boîte qui contenait la recette à voyager dans le temps. Tous en mangèrent une cuillère et retournèrent à leur époque.

Quand ils sortirent de la grotte, ils furent arrêtés par une foule qui attendait là. Il s’agissait du fan club de Léa et de Baki qui étaient devenus célèbres grâce aux vœux. Les deux stars restèrent là à signer des autographes tandis que Joe suivit Léo chez lui. Dès qu’ils ouvrirent la porte, le chien de Léo se jeta sur Joe pour lui faire la fête. Joe était si heureux qu’il éclata de rire. Il prit le chien dans ses bras et déclara en le regardant dans les yeux : « Saucisse, désormais, tu t’appelleras Saucisse ».

Fin.

La ville penchée

La ville penchée – école Jean Lurçat à Gennevilliers

Graines de conteurs – saison 3

Auteur intervenant : Marc Soriano

   0. L’écrivain

MARCO : – Bonjour je m’appelle Marco, je suis écrivain, je fabrique des histoires. Il y a quelques temps quelqu’un m’a téléphoné et m’a dit que j’allais recevoir une valise et il a raccroché. J’ai à peine eu le temps de dire que j’en avais déjà une. Le lendemain on a sonné à la porte et on m’a livré une valise. Elle était pleine de billets. Le téléphone a encore sonné et la même voix m’a demandé, en échange de l’argent, de fabriquer une histoire qui parle de… chut ! Il paraît que quand on en parle, ils viennent. Une histoire avec des…

L’écrivain se met à faire des grimaces et à se tordre dans tous les sens.

Vous avez compris ? Moi j’en ai une peur terrible. J’ai accepté le travail bien sûr. J’aurais préféré une histoire normale avec des gens normaux.

Vous y croyez, vous, aux… ?

L’écrivain se met à pousser des cris affreux, à hurler, à rugir comme une bête.

Je le fais bien, non ? C’est clair maintenant ? Vous êtes sûrs qu’il n’y en a pas ici ? Je les connais, en plus ils sont malins, ils se cachent. Vous avez bien regardé partout ? Non, je plaisante, ici on est tranquille.

Il sursaute.

Excusez-moi, j’ai cru en voir un derrière la porte, là. Peut-être que nous en rencontrons souvent sans le savoir ? On dit même que certains sont comme tout le monde pendant la journée, et que la nuit, ils se transforment en… Et s’il y en avait un à côté de vous ?

Il faut que je trouve une idée, la voix au téléphone m’a bien dit, « une histoire de … Il chuchote, on l’entend à peine… monstres… mais que personne ne connaît et qu’on ne trouve pas dans le catalogue habituel des Ogres, Loup-garous, Dracula, Frankenstein et compagnie ». Chut ! j’en ai des sueurs froides. On dit qu’il y en aurait, pas très loin d’ici. Vous êtes au courant ?

Tiens, j’aperçois des enfants qui discutent dans la cour de leur école. Allons voir de quoi ils parlent, peut-être savent-ils quelque chose ?

1. Cour d’école

CINDY : –  Tu habites où ?

SARAH : –  Par là. Tu passes devant le stade et tu continues. C’est loin. Tu marches longtemps.

CINDY : –  Ça s’appelle comment ?

SARAH : –  J’en sais rien, c’est la rue où les arbres sont carrés.

CINDY : –  Non mais autour de ta rue, ça s’appelle comment ?

SARAH : –  Je sais pas. Si, Légo-le-Grand,

CINDY : –  Ah oui je connais. Ma maison aussi c’est une grande biscotte. Mais c’est à Grande-barre-les-orteils

SARAH :  – Grande-barre-les-orteils !

CINDY :  – À côté de Chaussette city !

SARAH :  – Ça doit sentir mauvais.

EMMA :  – Il y a une ville qui s’appelle Bonbonville, où les gens ont mal aux dents.

SARAH :  – Et Trampoline-les-accidents ? où les gens sautent partout ?

CINDY :  – En vrai il y a une ville qui s’appelle Penché-sur-Seine

SARAH :  – Elle est où ?

CINDY :  – Pas très loin. C’est là où j’ai un cousin. Mon cousin Erdan, qui est policier.

SARAH :  – Je crois que je la connais cette ville

CINDY :  – Ça ça m’étonnerait, c’est une ville secrète

SARAH :  – C’est fait comment une ville secrète ?

EMMA :  – Pareil qu’une ville normale, mais personne ne sait où elle est

CINDY : – Non, elle est pas pareille qu’une ville normale.

SARAH : – Elle est comment ?

CINDY : – Elle a des tours qui sont toutes penchées

EMMA : – Comme ça ?

CINDY : – Non, pire, comme ça. Alors tout tombe par la fenêtre

EMMA : – C’est pas possible, on perd tout.

CINDY : – Si, c’est possible. Parce qu’il y a plein plein de magasins là-bas. On peut s’acheter tout ce qu’on veut

SARAH : – Ils doivent être riches

CINDY : – Plus que riches. Méga-riches. Ils ont des livres en chocolat et des shampooings à la fraise

EMMA : – Tu parles. Ils doivent avoir des armoires à laver, où les habits sont toujours propres et bien rangés

CINDY :  – Oui ils en ont plein. Et des chiens volants. Et des assiettes aussi. Volantes.

SARAH :  – Je sais c’est pour pas qu’elles tombent par les fenêtres

CINDY :  – Ben oui, demande à Arthur

ARTHUR : – Quoi ?

CINDY : – Penché-sur-Seine, ça existe ?

ARTHUR  : – Ben oui, je connais. Mais faut pas y aller là-bas. Il fait tout noir, tout le temps.

CINDY : – Ça m’étonnerait, ils ont plein de magasins

ARTHUR : – Oui, y’a l’électricité

EMMA : – Des magasins où on vend des chauves-souris ?

CINDY : – Non des magasins avec des tartines déjà beurrées

SARAH : – Et aussi des rouges à lèvres qui font parler les muets, je crois

ARTHUR : – Non, c’est des rouges à lèvres fluo, pour les sourds, pour qu’ils voient les lèvres bouger dans le noir

EMMA : – Ils ont des pulls à paillettes, des chaussures qui clignotent ?

SARAH : – Bien sûr, et des poupées avec des gros yeux lumineux !

ARTHUR :  – Mais là-bas tu peux pas jouer au foot

EMMA :  – T’as dit qu’il y avait l’électricité

ARTHUR : – Oui mais les terrains sont penchés, alors l’équipe du bas perd toujours dix à zéro.

EMMA :  – C’est l’enfer cette ville.

SARAH :  – On pourrait y aller

CINDY :  – N’importe quoi, on n’a pas le droit

SARAH :  – Pourquoi on n’a pas le droit ?

CINDY :  – J’ai pas le droit de le dire

ARTHUR :  – T’as qu’à le dire quand même

CINDY :  – Qu’est-ce que tu donnes en échange

ARTHUR :  –  Un autocollant à paillettes

CINDY :  –  Et un autre rose fluo ?

ARTHUR :  –  D’accord

EMMA : –  Ça sonne !

MARCO : – On ne va pas en rester là. Vous croyez que c’est vrai ce que dit Cindy ? Il existe vraiment, son cousin Erdan ? Attendez, je vais écrire la scène où elle lui téléphone. Non mais, c’est qui le patron ?

3. Au téléphone

CINDY :  – Erdan ?

ERDAN :  – Qui est à l’appareil ?

CINDY :  – C’est Cindy

ERDAN :  – Cindy, quelle surprise !

CINDY :   – J’aimerais bien venir te voir à Penché-sur-Seine

ERDAN :  – Non non non, moi je vais venir te voir à Grande-Barre-Les-Orteils

CINDY :  – J’en ai marre, pourquoi je peux jamais venir ?

ERDAN :  – Tu sais bien pourquoi. C’est dangereux

CINDY :   –  Je viens avec Arthur

ERDAN :  – Arthur c’est qui ?

CINDY :   – Il est dans ma classe, il est fort et même plus que fort, il a un déguisement de super-héros

ERDAN : – Tu parles !

CINDY : – Je t’envoie sa photo normale. Tu l’as ?

ERDAN : – Oui

CINDY : – Et sa photo de super-héros, voilà.Tu l’as ?

ERDAN : – Oui.  Tu parles !

CINDY : – Et aussi je serai avec Chloé. Tu la connais ?

ERDAN : – Non

CINDY : – Je t’envoie sa photo, elle a des super-pouvoirs, regarde bien ses yeux tu vas comprendre. Tu l’as ?

ERDAN : – Oui . Tu parles !

CINDY : – Laisse-moi essayer. Je viens aussi avec Emma et Sarah.

ERDAN : – Vos parents sont d’accord ?

CINDY : – Non, on va leur dire qu’on va au cinéma

ERDAN : – N’importe quoi !

CINDY :   – Allez ! S’il te plaît !

ERDAN : – Bon écoute-moi bien. Il n’y aucun bus, aucun tram, aucun train qui arrive ici

CINDY :  – On fera de l’auto-stop

ERDAN : – Personne ne connaît la route, personne ne sait venir ici

CINDY :  – Ce n’est pourtant pas loin

ERDAN : – Il n’y a qu’une voiture qui peut t’emmener à Penché-sur-Seine, une voiture toute noire, avec des vitres noires, qui roule à 200km/h sur une route isolée et introuvable. Bonne chance.

CINDY : – Erdan ! Il a raccroché.

  1. dans la rue

MARCO : – Ça se complique. Et ce n’est pas moi qui vais trouver cette route secrète, je n’habite pas ici. Je vais demander aux passants… Excusez-moi madame, pour aller à Penché-sur-Seine, je dois passer par où ?

LA DAME : – Où ? Non mais ça va pas ? Vous me prenez pour qui ?

MARCO : – Désolé, je… Monsieur ! Oh il est mignon votre chien, comment s’appelle-t-il ?

LE MONSIEUR : – Hot-Dog, je l’ai trouvé dans la rue, il avait l’air perdu.

MARCO : – Je voulais vous demander, vous connaissez la route pour aller à Penché-sur-Seine ?

LE MONSIEUR : – Pardon ? Vous êtes sûr que c’est dans le coin ? Tais-toi Hot-Dog ! Je ne comprends pas ce que dit le monsieur, arrête d’aboyer !

MARCO : – Votre chien a l’air de connaître

LE MONSIEUR : – Hot-Dog viens ici ! Il est parti comme une flèche. Redites-moi le nom que vous cherchez ?

MARCO : – Penché-sur-Seine

LE MONSIEUR : – Il recommence à faire des bonds et à piailler, on n’a qu’à le suivre.

MARCO : – Regardez, il s’est assis à l’entrée du stade, sur une plaque d’égoût.

LE MONSIEUR : – Ben alors, mon chienchien ?

MARCO : – Il penche la tête. Vous voulez bien m’aider à soulever la plaque ? Voilà… Il fait noir là-dedans ! C’est profond… ça sent l’essence, c’est sûr, la route doit passer là-dessous. Merci Hot…

LE MONSIEUR : – Hot-Dog !

MARCO: – Il a sauté…

LE MONSIEUR : – Hot-Dog !

MARCO: – Disparu

LE MONSIEUR : – Tout ça, c’est à cause de vous !

MARCO: – Venez, on va essayer de…

LE MONSIEUR : – Vous croyez que je vais vous suivre là-dedans ? Certainement pas ! Au revoir, monsieur, et si vous le retrouvez, voici ma carte, appelez-moi !

MARCO : – Bon… Rentrer là-dedans tout seul ? Jamais de la vie ! Je vais faire venir Cindy et sa bande. Je ne vais pas tout faire, non plus… les personnages de mon histoire sont là pour ça ! C’est qui le patron ?

  1. Devant le stade

ARTHUR : – Je ne vois rien. Pas de route secrète.

SARAH  : – C’est l’entrée du stade !

CINDY : – Attendez, c’est sous nos pieds que ça se passe. Arthur, tu es dessus. Vous avez pris vos lampes ?

ARTHUR :  – Il faut lever cette plaque ?

CINDY : – Oui. Voilà…Éclaire-moi

EMMA :  – Fais attention !

CINDY : – Il y a des barreaux d’échelle pour descendre, comme dans mon rêve. Allez on y va…

CHLOÉ : – Maman, j’ai peur !

CINDY : – Je suis déjà en bas, ce n’est pas si haut.

ARTHUR : – On n’y voit rien !

EMMA : – Eclaire avec ta lampe, il fait tout noir !

CINDY : – Bande de super-héros en carton !

CHLOÉ : – Attendez-moi !

  1. Dans le tunnel

SARAH : – Arthur, sors-nous de ce tunnel.

EMMA :  – Chloé, fais quelque chose

CINDY :  – Oui c’est le moment de mettre en action vos super pouvoirs

ARTHUR : – S’il n’y a pas de méchants, je ne peux rien faire

EMMA : – Il y a Sarah

SARAH : – N’importe quoi, c’est pas drôle

EMMA : – Elle a un lance-pierre je vous signale

CHLOÉ : – Il fait trop nuit, on ne voit rien

SARAH : – En vrai c’est juste un déguisement

ARTHUR : – N’importe quoi, j’ai déjà sauvé quelqu’un

EMMA : – Au fait Cindy tu le dis ton secret ?

CINDY : – Je l’ai dit à Arthur

EMMA : – Je n’ai pas d’autocollant en échange

CINDY : – Dis-le, Arthur

ARTHUR : – Contre deux vignettes de footballeur

SARAH : – Quand on sera revenu je te les donnerai, mon frère en a plein

ARTHUR : – D’accord. A Penché-sur-Seine, il y a une forêt, et dans cette forêt, il y a plein de monstres.

CHLOÉ : – Quel genre de monstres ?

ARTHUR : – Des monstres méchants et affreux

EMMA : – Ce n’est jamais gentil et beau, un monstre

CHLOÉ : – Ah si, ça existe. Il y a quatre catégories. Niveau 1, gentil et beau, niveau 2, gentil et affreux, niveau 3, méchant et beau, niveau 4, méchant et affreux.

ARTHUR : – Là-bas, ce n’est que du niveau 4

CINDY : – Regardez, on sort du tunnel

EMMA : – Toujours pas de voiture

CINDY : – Ça va venir

  1. Marco est devant son ordi. Il surfe

MARCO : – Ça y est, j’ai trouvé une voiture de course noire, modèle familial, très rare, et son chauffeur, un loup. Heureusement il ne mange que du poisson et des bonbons pétillants. Mais il roule comme un dingue. C’est bien ça ?

LOUP apparaît sur l’écran : – Affirmatif.  Pour aller là-bas, on n’a pas le choix. Bravo pour la voiture, une Sesto Elemento, le top. Vous avez pensé à mon paquet de bonbon-soucoupes ? Il m’en faut un bon kilo

MACRO : – Vous trouverez ça dans la boîte à gant. Je vous ai ajouté des Têtes Brûlées.

LOUP : – Génial

MARCO : – Avec des mammouth-tétines, des crocodiles et aussi des œufs au plat

LOUP : – Magnifique ! Juste une question : vous ne m’avez pas mis dans la liste au début, c’est normal ?

MARCO : – … Oui, dans toutes les histoires, le loup c’est la star enfin ! Ça ne se mélange pas avec les autres personnages !

LOUP : – Vu comme ça. Bon, j’y vais moi.

MARCO : – Soyez prudent.

LOUP disparaît

MARCO : – Je m’en suis tiré comme j’ai pu…On avait dit pas de loup. J’ai craqué. Oh et puis c’est qui le patron ?

  1. Sur la route

Une voiture de course, noire et longue, fait un grand dérapage et s’arrête. Ses portières s’ouvrent toutes seules, comme par magie. Les enfants montent dedans, et elle repart en trombe.

  1. Dans la voiture de course

CINDY : – Vous pouvez rouler moins viiiiiite ?

SARAH : – Au secours au secours au secours maman au secours au secours maman maman au secours !

CHLOÉ : – Je crois que je vais vomir.

ARTHUR : – J’adore

EMMA : – Il est fou ce loup il est fou ! Il est loup ce fou, il est loup !

CINDY : – C’est un loup ?

EMMA : – Un fou déguisé en loup !

ARTHUR : – Il ne nous entend pas.

SARAH : –  Au secours au secours au secours maman au secours au secours maman maman au secours !

CHLOÉ : – J’ai le cœur dans la bouche. Stoooooop !

EMMA : – Arrêtez, s’il vous plaît arrêtez !

ARTHUR : – Ça va tout droit et à fond, il maitrise. Aaaaaah ! Ooooooh !

La voiture s’arrête.

LOUP : – Non mais vous croyez qu’on arrive à Penché-sur-Seine comment ? En tricycle ?

CINDY : – C’est encore loin ?

LOUP : – On arrive. Je vous laisse en ville ou vous préférez la forêt ?

CINDY : – Vous connaissez Erdan ?

LOUP : – Non.

CINDY : – Il est policier

LOUP : – Je ne connais personne en ville, pas trop mon truc. Mais je peux vous déposer au commissariat

CINDY : – D’accord. Il y a des gens qui habitent la forêt ?

LOUP : – Oui dans les grottes. Les monstres ! Vous êtes au courant ? L’ambiance est bien plus sympa qu’en ville. Ils organisent une fête ce soir, j’y vais. Si ça vous dit, appelez-moi. Voilà ma carte.

CINDY : – Merci. Votre déguisement est mortel.

LOUP : – Mon déguisement ? Quel déguisement ?

CINDY : – De loup !

LOUP : – Mon déguisement de loup ? Le loup rit aux éclats. Excellent ! Mon déguisement de loup !!! Vous m’avez l’air d’être une sacrée bande ! Venez à la fête !

La voiture redémarre en trombe, encore plus vite

  1. Au commissariat de Police de Penché-sur-Seine

ERDAN : – Levez le doigt, s’il vous plaît, et faites votre description. Ne parlez pas trop vite, articulez bien, afin que le portrait-robot apparaisse sur l’écran. Oui Madame ?

NORA : – Il avait la peau blanche et transparente, avec cinq yeux, deux bouches et des tentacules

ERDAN : – Bien. Voyons ça… Ah ! Ça pourrait être Kémie, d’après la fiche…

NORA : – Oui c’est bien lui, quelle horreur !

ERDAN : – Non c’est bien elle, c’est une dame.

NORA : – Une dame ? Vous plaisantez ?

ERDAN : – Pas du tout.

ALI : – Moi, il ressemblait à un taureau, mais il avait des cornes à la place des oreilles, des ailes et une moustache. Il avait l’air gentil.

ERDAN : – C’est noté. Un instant s’il vous plaît… Oh oh, pas de doute c’est bien lui, c’est Gaspi. Tout petit taureau.

ALI : – Gaspi ?

ERDAN : – Oui apparemment il joue avec la nourriture et fait n’importe quoi.

CHALLAH : – Celui que j’ai vu a trois yeux, quatre bras et des oreilles de lynx.

ERDAN : – Veuillez répéter s’il vous plaît. Parfait. Attendons que le système… Voilà. Léoni ! On ne connaît que lui.

CHALLAH : Je le reconnais, il m’a volé des chouquettes.

ERDAN : – Oui madame ? À vous !

CLOÉ : -Moi il avait cinq têtes, des griffes mortelles et…

ERDAN : – Cinq têtes, cinq têtes… ça me dit quelque chose. Ah voilà, regardez c’est Mardi, aucun doute. Très dangereux.

CLOÉ : – Mardi, c’est son nom ça ?

ERDAN : – Faut croire. Il vous a fait quelque chose, une agression, un…?

CLOÉ : – Non, il a sonné à ma porte pour me vendre un calendrier. Je ne l’ai pas laissé entrer.

ERDAN : – Vous avez bien fait. Monsieur ?

KYLIAN (montrant Cloé) : – Je pense que cette dame nous cache quelque chose, je la reconnais.

CLOÉ : – Je vous demande pardon ?

KYLIAN : – Elle avait la peau jaune, une robe jaune, et une bouche pleine de dents pointues. Mais c’est la même personne. L’image apparaît sur l’écran. Regardez, c’est elle. Cloé sort du bureau en bousculant tout le monde.

ERDAN : – Attrapez-là ! Erdan siffle dans son sifflet et des agents se lancent à la poursuite de Cloé. Nos agents vont la capturer. Continuons.

CHALLAH : – J’en ai vu un, avec des poils rayés, jaunes et violets. Petit, rond, avec un œil et des dents pointues.

ERDAN : – Ça ne me dit rien… attendez… non, rien dans la bécanne. Ah si…Vingt, il s’appelle. Comme le chiffre vingt. Rien à signaler ?

CHALLAH : Il voulait des bonbons gratuits. Des oursons.

ERDAN : – Vous savez que c’est une drogue qui fait des ravages ? Je plaisante. Plus de témoignage ?

ISABELLE : – Si, moi j’ai vu briller trois yeux rouges dans un parking souterrain.

ERDAN : – Trois yeux rouges ? Pas d’autres détails ?

ISABELLE : – C’était dans le noir. Il riait sans arrêt. J’ai eu la peur de ma vie !

ERDAN : – Ça peut être celui-là, pas encore identifié, c’est un X .

NORA : – Deux têtes, avec une fermeture éclair sur une des bouches ? Oui je l’ai vu. Trois tentacules d’un côté, trois pattes de l’autre, des ailes et quatre pieds ?

ERDAN : – C’est ça.

NORA : – Une odeur infecte. Il roupillait en bas de mon immeuble. Avec un autre qui avait le corps couvert de poils verts et des tentacules très longues.

ERDAN : – Ça tombe bien, il s’appelle Tentacule, regardez. Il dit qu’il a 140 ans. Il attrape les pigeons pour se nourrir. Monsieur ?

MARIO : – J’en ai vu un avec un oiseau sur la tête !

ERDAN : – Oui, c’est Toby, un petit, le corps couvert d’insectes et une cape rouge ?

MARIO : – Ça doit être ça. Avec un autre qui crachait du feu, une langue de serpent, huit bras et treize pieds.

ERDAN : – C’est Jerry, c’est pas le pire… il est souvent avec Malke, lui il a 4 oeils , treize pieds, huit bras, tu en coupes un, ça repousse… un vrai monstre à l’ancienne, toujours sur un mauvais coup, un vraie teigne.

Bon je crois qu’on a fini les identifications ? Je voulais quand même vous faire part de nos dernières découvertes, car, comme dit le proverbe, « quand il n’y en a plus, y’en a encore »… Il semblerait que la vague d’arrivage de monstres ne cesse de grandir, cela afin de mieux vous préparer.

Les portraits apparaissent sur l’écran

Des piques rouges sortant du corps, une tête rectangulaire et de grandes oreilles, c’est Franck. Niveau 2.

Visqueux, une sorte de pieuvre avec une énorme verrue, c’est Destructeur, niveau 4.

Son visage est comme une feuille au bout d’un corps en forme de tige de 2 m, avec des pétales de fleur tout en haut, elle s’appelle Feuille. Niveau 1.

La paire Mou et Croc… c’est peut-être un couple. Croc ressemble à un dragon avec  grandes écailles dorsales, Mou a une tête d’ours avec des bras au niveau des oreilles… sa robe et ses chaussures à  talon laisse penser qu’il s’agit plutôt d’une femme. Niveau 2.

Lui il n’a pas de visages mais 9 yeux répartis sur des 3 tiges et 3 spirales en forme de crotte, six bras, deux jambes, il s’appelle Capi. Effrayant, niveau 4.

Je vous laisse admirer Luc… et le petit Biscoto, avec ses 4 jambes et ses 4 bras, son oreille unique, il est là, dit-il, pour protéger les humains à l’aide de son couteau.

Voilà, je vous rappelle les règles de sécurité, après 19h restez chez vous et faites le 111 si vous vous sentez menacé. Si vous en voyez, ne leur parlez pas et éloignez-vous.

NORA : – Il paraît qu’ils aiment la musique et qu’il suffit de chanter pour les rendre inoffensifs, c’est vrai ?

ERDAN : – On raconte beaucoup d’âneries.

Une image de monstre apparaît encore sur l’écran – Son visage ressemble à celui d’Erdan, mais avec un œil vert, un œil bleu, une grosse verrue sur le front, des piques sur la tête, des dents pointues, une chemise à bandes multicolores et surtout une énorme queue de crocodile. Et il porte le même insigne de police. Tous les regards se tournent vers Erdan, puis on pousse des cris. « C’est lui, c’est lui ! » Grosse pagaille. Erdan s’enfuit.

  1. Le bureau de l’écrivain

MARCO : – Oh la la elle commence à m’échapper complètement cette histoire. C’est bien ce que je disais, il faut se méfier de tout le monde. Et la voiture noire ? Elle est passée où ? Voilà ce que c’est, quand on laisse les personnages faire ce qu’ils veulent ! 

  1. La voiture noire s’approche de la ville, les tours penchées apparaissent. Les rues sont désertes, c’est l’heure du couvre-feu. Sur les murs on voit de grandes affiches avec des portraits de monstre et ce message :

AIDEZ-NOUS À CAPTURER LES MONSTRES

TANT QUE NOUS NE SERONS PAS DÉBARASSÉS DE CES CRÉATURES

NOS MALHEURS CONTINUERONT

EMMA : – Regarde, il y a un monstre qui s’appelle Erdan

CINDY : – Tu es sûre ?

EMMA : – Regarde !

CINDY : – Il ressemble à mon cousin en plus.

EMMA : – C’est lui ?

CINDY : – On dirait. Je n’y comprends plus rien

SARAH : – Qu’est-ce qu’on fait ?

LOUP : – Allons dans la forêt, vous allez voir, on va bien s’amuser.

  1. La voiture passe dans une zone industrielle, entre ville et forêt.

CHLOÉ : -Toutes ces usines !

EMMA : – Des centaines !

CINDY : – Comme ça ils peuvent fabriquer tout ce qu’ils veulent !

SARAH : – C’est aussi pour ça qu’ils vivent dans le noir, y’a trop de fumée !

ARTHUR : – C’est pas à cause des monstres ?

LOUP : – Mais non, eux ils viennent ici pour se cacher justement.

14. Une grotte au milieu de la forêt. C’est la grande fête des monstres. Il y a une scène, on joue de la musique, on danse etc. Arthur et Chloé ont leurs tenues de super-héros.

ARTHUR : – Depuis qu’on est arrivé, personne ne fait attention à nous

SARAH : – J’ai eu peur au début, mais maintenant je m’amuse comme une folle. Il faut s’habituer c’est tout, celui-là par exemple, il a un œil pour toi et les autres sont occupés à regarder autre chose.

CINDY : –  Regarde, il fait griller des saucisses en crachant du feu

EMMA : – Et celui-là, avec ses tentacules, il fait le service à toute vitesse, dix assiettes à la fois !

CINDY : – Et lui, il peut jouer de la guitare et du piano en se grattant les oreilles !

CHLOÉ : – Je crois que les méchants ne sont pas venus.

SARAH : – Ils font quand même des combats pour s’amuser.

EMMA : – Il monte à quel hauteur celui-là ?

ARTHUR : – Il dépasse les arbres.

CINDY monte sur la scène : Bonsoir tout le monde ! J’ai un message pour Erdan. Erdan tu es là ? Ce n’est pas la peine de te cacher, tout le monde est au courant. Erdan, si tu m’entends, voilà ce que j’ai à te dire. Ce serait bien mieux de reconstruire la ville. Avec vous, je crois que ça pourrait aller vite de remettre les immeubles bien droits. Comme ça, il y aurait moins d’usine, moins de fumée et donc du soleil à Penché-sur-Seine. La vie serait bien plus agréable, et bien plus marrante avec les monstres. Je suis sûre que si on s’y prend comme ça, les plus dangereux ne resteront pas.

– Bravo !

– Je suis d’accord !

– C’est génial comme idée !

– On va faire ça.

– Qu’est-ce que tu en penses Erdan ?

Je suis entièrement d’accord, merci Cindy !

Dans la grotte la fête fut extraordinaire. Dès le lendemain, les monstres arrivèrent en ville avec Erdan en tête pour réaliser l’idée de Cindy.

  1. Dans la rue, Marco se promène. Le chien Hot-Dog le rattrape.

MARCO : – Ça alors Hot-Dog ! Bonjour mon chienchien, je vais te ramener à ton maître. Il m’avait donné sa carte, voyons voir…

« Georges Delattre

Ligue Internationale de Défense des Monstres

29 rue de la tour »

C’est qui le patron ?

 

On raconte tou·te·s des histoires

On raconte tou·te·s des histoires

Ecrit par les élèves de 6e du collège Gay-Lussac avec l’aide de Guillame Cayet (auteur) et Céline Demeyere (enseignante). Année scolaire 2019-2020. Graines de conteurs – saison 3.

On raconte tou·te·s des histoire
Des histoires pour bien grandir
Des histoires pour se faire peur la nuit
Des histoires pour se démêler les cheveux
Se tordre les narines
Se crisper les doigts de pieds
Se faire mourir de rire
S’éloigner du pire
S’éclater la panse du ventre
Se regarder grandir
Quitter l’enfance
Quitter l’enfance
Avec l’impression que l’enfance est une île
L’adolescence une mer
Et le reste la terre en face…

On sait jamais trop comment ça commence une histoire
Par une majuscule, ça s’est sûr…
Mais d’où ça vient ?
Qui nous la raconte ?
Et comment ça finit ?
Comment ça finit une histoire ?
Comment ça se finit une histoire ?
Par un point ?
Pourquoi ça se finit une histoire ?
Qui pointe le dernier point ?
Pourquoi ça semble écrit depuis toujours et que ce toujours
Nous semble très vieux ?
Genre : Truc d’opéra pour les mort·e·s
Genre : Michel Drucker Vivement Dimanche
Genre : Perrault As-Been
Pourquoi il faudrait finir
Est-ce qu’on ne pourrait pas finir de finir ?
Commencer par recommencer

On se souvient très bien de la première fois
De la première histoire
Dans le lit
On s’endort
C’est assez agréable
On entend cette voix
On n’arrive pas à dormir
Une lumière s’allume
Le lit commence à trembler
Quelque chose se passe
Nos lits se craquellent sur une forêt

Mais pourquoi une forêt déjà ?
Qu’est-ce que de la forêt on peut bien en avoir à faire ?
Y’a que du béton
Une forêt de parpaings ici
Qu’est-ce qu’ils nous ont fait les arbres ?
Pourquoi les loups seraient forcément mangeurs de petites filles ?
Pourquoi les arbres voudraient-illes nous perdre ?
Pourquoi la forêt ça devrait être pour le monde des contes ?

Et ici
Le quartier
Ici
La ville
Ici
Notre jeunesse
Ici
L’école
Ici
Le monde
Le monde du vrai
Le monde du dur
Le monde du chiant
Le monde du pas pour les histoires

Peut-être que justement
Ce qu’on pourrait faire nous
C’est se raconter des contes d’ici
Pas des contes de princes et de princesses
Ni les comptes des riches et de leur richesse
Mais des contes de kebab et de dealers
Des contes de flics et de profs
Des contes de petits vieux
Des contes d’épiciers
Des contes pour ici
Pour pas finir
Pour se raconter
Pour pas finir d’en finir de s’en raconter des histoires…

1.

Sarah a 15 ans. Elle habite dans un petit appartement HLM avec ses parents. Un jour, elle entend un vieil homme appeler à l’aide. Le vieil homme a cassé sa canne, et faute de l’ascenseur toujours pas réparé, il n’arrive pas à monter les étages. Alors Sarah sort de son appartement et aide le petit vieux à rentrer chez lui.

Mais – il faut le croire – le vieil homme n’était pas vraiment un vieil homme. C’était plutôt un elfe, déguisé en vieil homme.

-Tu as été gentille avec moi. Tu es pleine de bonté. Dès que tu souhaiteras quelque chose, tu l’obtiendras, lui dit le vieil homme.

Depuis longtemps, Sarah rêvait d’offrir un voyage à ses parents, car c’était leur rêve de partir à Paris, mais le problème, c’est qu’ils n’avaient pas d’argent.

Sarah sourit au vieil homme.
Les billets tombèrent du ciel comme par magie.

Et l’on dit que le vieil homme, grâce au sourire de Sarah, devint immortel.

2.

Devanture de magasin.
6ème arrondissement de Paris.

C’est l’histoire d’Abraham. il a dix-huit ans. Il vit dans le ciel. Parce qu’il est pauvre. Et que le ciel c’est moins cher. Un jour il croise Roby (un nom comme ça, genre Britney, un nom qui fait star du show-bizz), il croise Roby, super pour lui elle est divorcée, il lui dit :
– Tu veux que je t’épouse ?
Il a rien à perdre Abraham. Il vient du ciel.
– Moi je te trouve plutôt sexy
Et Roby elle le regarde et elle dit… un truc qu’il comprend pas, mais ça doit vouloir dire « toi aussi, ouais… »

Et Abraham dit :
– Le plan c’est qu’on va faire deux gosses, le premier on l’appellera Hugues. Et le deuxième, on va l’appeler Gérard. Des noms bien français pour que ça se passe bien.

Abraham descend du ciel et ne rêve que d’une chose : s’accrocher les pieds au sol
S’arrimer à la terre
Dans l’habitude des gens qui vont bien

Abraham continue son histoire dans sa tête :
– Regarde nos enfants Roby ?
(Roby est loin. Roby est déjà partie. Elle est de la terre elle. Des espaces qui vont bien. Elle ne veut pas d’un homme du ciel)
Regarde nos enfants
Regarde nos enfants
dit Abraham en tenant ses deux chiens en laisse

Mais dejà derrière lui il les entend
Le policier : Bonjour…
– Bonjour
Le policier : Vous faites quoi ici?
– Je descends du ciel. J’attends ma femme qui est rentée dans le grand magasin
Le policier : Vous êtes devant les Galeries Lafayette Monsieur. Les gens comme vous c’est pas là qu’illes doivent trainer, on fait pas la manche devant les Galeries Lafayette.

3.

C’est l’histoire d’une fille qui mange dix grecs en 40 minutes et à la fin elle vomit.

4.

Il était une fois l’histoire d’une mère et de ses deux enfants. L’une s’appelait Léa et la deuxième Maddie. Maddie était traitée comme une servante. Elle faisait la vaisselle, le balai, la serpillère, rangeait toutes les chambres. Sa mère ne l’aimait pas vraiment, parce que Maddie était le portrait-craché de son père, parti il y a des années, pour la guerre, ou quelque affaire comme cela, et jamais revenu.

Un jour, la mère de Maddie lui demande d’aller lui acheter une bouteille d’eau. Maddie se rend à l’épicerie, achète une bouteille et rentre chez elle. En retour, elle croise une vieille dame, assoiffée, qu’il lui demande si elle ne peut pas boire dans sa bouteille.

Maddie lui tend sa bouteille. La vieille dame boit. Attendrie par l’acte de la jeune fille, la vieille dame lui révéla sa vraie nature. C’était en fait une fée. Elle farfouilla dans son sac, badigeonna le visage de la jeune fille d’une petite poudre. À partir de maintenant, quand la jeune fille parlerait, elle perlerait des billets.

En rentrant à la maison, et voyant le don que sa soeur venait d’acquérir, Léa décida de sortir dehors, pour elle aussi aller chercher une bouteille d’eau. Mais en retour, croisant la vieille dame et ne distinguant chez elle aucune présence féérique, Léa l’envoya balader. Elle gardait sa bouteille pour une fée qui devait trainer dans le coin, pas pour une vieille peau.

La vieille dame farfouilla dans son sac, en sortit une autre poudre, badigeonna le visage de la jeune fille. Celle-ci se mit à dire :
– qu’est-ce que tu fais vieille folle?
Mais c’était trop tard…

Des mouches, des araignées et des mygales sortaient déjà de sa bouche.

5.

Hafid a trente ans. Hafid vivote. Il a toujours vécu de petits commerces. Ça n’a jamais vraiment marché, mais c’est comme ça. Les autres disent d’Hafid que c’est parce qu’il est trop dans sa tête et pas assez dans ses baskets. Il vit à la Cité, avec les autres, là où il est né. Mais son rêve à lui, ce serait d’aller vivre à la Cité Suprême. Il y pense nuits et jours. La Cité Suprême. La Cité réservée pour les Grands, pour ceux qui ont de la maille. La Cité Suprême où t’as des métros partout, et des gens bien sapés qui font comme si la Cité, la sienne, n’existait pas.

Hafid il aimerait ça : faire comme si sa cité à lui n’existait pas vraiment.
Hafid il passe sa vie comme ça : à rêver de la Cité Suprême
Toute sa vie
Toute sa vie il passe sa vie à rêver
Et un jour
À force d’être trop dans sa tête
À un passage piéton, Hafid se prend une voiture
Et il meurt
Et son rêve avec lui

6.

Un jour, un boulanger et une boulangère attendaient une fille. La mère avait toujours fait le rêve que si un jour elle avait une fille, elle deviendrait danseuse étoile, rêve qu’elle n’avait pas pu accomplir.

En face de la boulangerie, il y avait un magasin de ballerines, les plus belles ballerines qui soit. Pour faire plaisir à son amoureuse, son homme alla acheter les ballerines, mais leur prix contenait quelque zéros de trop. Alors, sans trop réfléchir, tandis que le commerçant avait les yeux sur d’autres clients, le boulanger mit les ballerines dans son sac et partit en courant. Il fut vite rattrapé par le commerçant qui lui dit, comprenant que c’était pour une naissance, qu’il pouvait garder les ballerines jusqu’à la majorité de sa fille mais que si, à sa majorité, les ballerines ne lui étaient pas rendues, de graves problèmes allaient s’abattre sur sa fille.

Le temps. Les années. Les danses passèrent. L’enfant devenue fille devenue adolescente dansait de mieux en mieux. Arrivée à la veille de sa majorité, son père ne se souvint pas de la prophétie du commerçant, mort depuis longtemps et puis le lendemain sa fille devait passer une audition pour obtenir un premier rôle dans un ballet important, alors de ses ballerines, elle en aurait bien besoin.

L’audition arriva.

La fille se mit à danser. Mais à peine la musique avait-elle commencé que ses pieds se mirent à la chauffer. Elle regarda ses ballerines. Celles-ci avaient disparu et à la place de ses pieds se dessinaient la forme étrange d’une miche de pain.

7.

C’est l’histoire d’une vieille dame qui était coincée aux toilettes depuis mille ans parce qu’elle n’arrivait pas à tirer la chasse.

8.

Un jeune homme
Rêvait de partir en mer
Il prit un bateau
Mais son bateau coula
Il nagea tant bien que mal
Jusqu’à ce qui semblait être une île au loin
Mais l’île se transformera en crocodile
Et l’avala

9.

Un jeune homme
Rêvait de partir en mer
Il prit un bateau
Mais son bateau coula
Il nagea tant bien que mal
Jusqu’à ce qui semblait être une île au loin
Mais l’île était enneigée
Plus il marchait sur elle
Plus il s’enfonçait
Le jeune homme mourut de froid

10.

Un jeune homme
Rêvait de partir en mer
Il prit un bateau
Mais son bateau coula
Il nagea tant bien que mal
Jusqu’à ce qui semblait être une île au loin
L’île lui tendit des papiers
Et le jeune homme devient ilien

11.

C’est l’histoire d’une femme qui arrive chez un homme. L’homme vit seul depuis longtemps. Il a pourtant l’air sympathique. Il prévient juste sa femme qu’elle peut tout faire dans cette maison sauf ouvrir son ordinateur. Mais un soir que la femme voulait regarder une série, elle prit l’ordinateur de son homme, sans se rappeler de son interdiction. Lorsqu’elle ouvrit internet, elle tomba des pages et des pages de vidéos de femmes nues. Alors la femme prit ses affaires et s’en alla.

12.

C’est l’histoire d’une fille qui se marie et a beaucoup d’enfants

C’est l’histoire d’une fille qui ne se marie pas

C’est l’histoire d’une fille qu’on marie de force

C’est l’histoire d’une fille qui trouve que la mariage, c’est pour les boeufs

C’est l’histoire d’une fille

C’est l’histoire d’un gars

C’est des gars

Des filles

Des gars

Des filles et des gars

13.

Il était une fois Bernard, quatre-vingt-seize ans, qui voulait voyager, parcourir le monde en avion.

Le problème, c’est que Bernard était locataire d’une petite chambre en maison de retraite – maison de maltraite disait souvent Bernard pour rire.

Un soir quand tout le monde était en train de dormir, Bernard fugua, et courut prendre l’avion. Malheureusement, il n’avait pas assez d’argent pour cela. Il décida d’attendre que le jour se lève devant sa banque pour aller récupérer ce qu’il lui restait sur son compte en banque. Mais quand il arriva au guichet, il se rendit compte qu’il n’y avait plus rien sur celui-ci. Alors Bernard se souvint de ces films qu’il regardait enfant, des films de braquage et avec sa canne, il menaça le guichetier de lui filer tout le pognon de sa caisse, sinon il allait passer un sale quart d’heure.

Le guichetier ému du courage de Bernard vida tout l’argent qu’il avait sur son compte en liquide et l’offrit à Bernard, qui put, une fois à l’aéroport s’envoler, loin de sa maison de retraite.

On en aurait des histoires comme ça encore à se raconter

On en aurait des histoires comme ça encore à se raconter
Pour pas finir
Des histoires parfois qui ratent
Des histoires parfois dont on connaît pas encore la fin
Des histoires parfois où on a déjà la fin
Mais c’est pas grave on se les raconte quand même
Parce que dans la frite ce qui est bon c’est le goût, c’est pas de savoir qu’un jour t’auras fini ta frite
Des histoires qu’on aimerait pas raconter mais qui existent
Des histoires qu’on invente
Qu’on transforme
Pour se sentir plus grands
Des fois entre potes
On s’assoit sur les bancs
Et on se raconte des trucs
Des récits guerriers
On est des Super-Héros
Nos histoires font des voeux
On ne veut plus de châteaux
On veut des PS4
des trampolines
Nos histoires construire des mondes

C’est l’histoire de gens qu’on a souvent fait jouer dans un film muet
Et au bout d’un moment le film muet se met à parler…

C’est l’histoire d’un gars
Un jour il fait un film
mais le film est magique
Et le mec perd sa voix

C’est l’histoire d’histoires qui ne disent plus que l’important c’est l’atterrissage
Mais comment on se ré-envole une fois qu’on a atterri

Les animorphoses

Les animorphoses

écrit par les élèves de l’école Jean Lurçat à Gennevilliers
Graines de conteurs saison 2
Autrice intervenante : penda diouf

Distribution
Le conteur
La petite fille
Le camarade 1
Le camarade 2
La camarade 3
La camarade 4
Le camarade 5
La camarade 6
La camarade 7
Le camarade 8
Le camarade 9
Le camarade 10
Le camarade 11
Le camarade 12
Le camarade 13
Le camarade 14
Le camarade 15
Le camarade 16
La camarade 17
Le camarade 18

Le conteur
Il était une fois une petite fille, très tête en l’air. Ses parents voulaient lui offrir un animal pour son anniversaire. Son animal préféré.

La petite fille
Mais j’ai oublié lequel c’est.

Le conteur
Tu as oublié quel animal tu préfères ?

La petite fille
Oui, j’ai oublié.

Le conteur
Viens avec moi. Nous allons faire le tour de tes camarades de classe dans la cour de récréation. Peut-être ils pourront te donner une idée.

La petite fille
Excuse-moi, j’ai oublié quel était mon animal préféré. Est ce que tu peux m’aider ?

Le camarade 1
Mon animal préféré est un félin roux. Il a quatre pattes, des moustaches et il miaule. Il habite dans une maison et mange des croquettes et du pâté.

La petite fille
C’est le … chat !

Le camarade 1

Et devine quoi ! Hier, en buvant du lait, il s’est transformé en chalinpe. 
Il a une tête de lapin et un corps de chat. Son pelage est de la même couleur que les lions. Il miaule comme les chats. Il mange des croquettes de carottes. Il habite dans la forêt et creuse des terriers. Il marche à quatre pattes.
Ses petits s’appellent les chalapins.

Le conteur
C’est le chalinpe que tu cherches ?

La petite fille
Non ce n’est pas cet animal….

Le conteur
Allons demander à quelqu’un d’autre…

La petite fille
Excuse-moi… Je cherche mon animal préféré. Tu peux m’aider ?

Le camarade 2
Il ressemble à quoi ?

La petite fille
Justement, je ne sais pas, je ne sais plus.

Le camarade 2
Mon animal préféré est un chien très mignon qui est très joueur et qui vit dans les maisons. Il a un nom japonais. Il aime jouer avec son maître. Il ressemble à un petit renard avec des poils courts et roux. Son pelage est très doux. Il est très intelligent et futé.

Le conteur
Alors, c’est celui là ?

La petite fille
Non, malheureusement, ce n’est pas le … shiba inu ! Même si je les aime beaucoup.

Le camarade 2
Lorsqu’il mange de la viande empoisonnée, des ailes lui poussent deux heures il tard. Il a des grandes griffes. Il a 4 pattes. Il a de longues oreilles. Il a une grande gueule. Il mange de la viande et des os.
Il devient le … drachien renard.

Le conteur
Ne t’en fais pas, on va trouver. Allons demander à la petite fille là-bas

La petite fille
Excuse-moi, est ce que tu as un animal préféré ? J’ai oublié le mien.

La camarade 3
Où ça ? Sur une aire d’autoroute ?

La petite fille
Non, j’ai oublié à quoi il ressemblait. J’ai une mémoire de poisson rouge.

La camarade 3
Mon animal préféré a des oreilles pointues, parfois de différentes couleurs. Il court vite et il aime jouer. Il vit à la montagne. Il est connu pour ses yeux bleus.

Le conteur
C’est le… husky ?

La camarade 3
Oui, exactement. Et quand il boit une potion qui s’appelle Naturalia, il se transforme. C’est une fée qui prépare en mélangeant du persil, des fleurs, des zestes d’oranges et de l’eau.
Il devient très grand avec un pelage doux, noir et blanc. Il a aussi une corne qui pousse sur le museau et des ailes. C’est un huscorne. Ses petits s’appellent les Husreaux. Tu veux que je t’en donne un ?

La petite fille
Non, ce n’est pas le huscorne… mais c’est gentil.

Le conteur
On va finir par trouver. Est ce que ça t’a donné des idées ?

La petite fille
Oui, mais je n’ai pas encore fini le tour de mes camarades. Excuse-moi, tu pourrais me décrire ton animal préféré ? Ca va m’aider à trouver le mien. Je ne sais plus à quoi il ressemble.

La camarade 4
Mon animal préféré mange du bambou. Il a un pelage noir et blanc. Il a des petites oreilles et une petite queue. Il marche à quatre pattes et il vit dans la forêt en montagne. C’est le … panda !
Il se transforme grâce à un crayon magique qui a des pouvoirs. C’est moi qui l’ai dessiné et le dessin a pris vie.
Je lui ai dessiné une corne dorée, une crinière et une queue arc en ciel. Il flotte dans les airs même s’il n’a pas d’ailes. Il mange des bambous arc en ciel. 
C’est le pandicorne. Regarde, il est venu me chercher. Tu veux venir avec moi on va faire un tour ?

La petite fille
J’aimerais bien une fois que j’aurais trouvé mon animal préféré…

La camarade 4
Comme tu veux…

Le conteur
Et la petite fille se mit à voler, loin et haut dans les airs. De la cour de récréation, on ne distinguait qu’un tout petit point aux couleurs de l’arc en ciel.

Charades
Mon premier est la première syllabe du mot hutte. 
Mon deuxième nous sert à glisser sur les pistes de neige. 
Mon tout est un animal qui aime le froid. 
C’est le husky !

Mon premier est la troisième syllabe dans « il se penche ». 
Mon second est la première syllabe du mot « damier ». 
Mon tout est noir et blanc. Qui suis-je ?
Le panda !

Le conteur
Et si on allait demander au petit garçon qui joue aux billes là-bas ?

La petite fille
Allons-y !
Excuse-moi…

Le camarade 5
Tu veux jouer avec moi ?

La petite fille
Non, j’ai une question à te poser. A quoi ressemble ton animal préféré ?

Le camarade 5

Mon animal préféré a des poils gris. Il est de taille moyenne. Il a une longue tête. Il vit en meute dans la forêt. Il court vite. C’est l’ancêtre du chien. Il mange toutes sortes de viande. On le retrouve dans beaucoup de contes.

La petite fille
C’est le… loup ! Mais le loup aime manger les petites filles comme le petit chaperon rouge…

Le camarade 5
Un jour, mon loup est parti en forêt et le sinbiot l’a attaqué. Le sinbiot est un liquide qui peut être de toutes les couleurs. Mon loup est devenu visqueux, noir et rouge et plus grand qu’un humain. Il a toujours quatre pattes mais il peut en avoir plus parfois. Sa tête est plate. Il n’a pas de poils. Il a des dents très pointues. S’il se casse un membre, il se répare directement et se remet comme avant.

La petite fille
Non ton animal me fait peur. Ce n’est pas celui-là.

Le camarade 5

Dommage, il est très doux même s’il fait peur quand on le voit.

Le conteur
Ne désespère pas, on va demander aux deux petites filles qui jouent aux voitures là-bas.

La petite fille
Excuse-moi, à quoi ressemble votre animal préféré ?

La camarade 6
Mon animal préféré vit dans la savane et mange des gazelles. Il est très puissant. Mais un jour, avec la boucle de fusion, il a fusionné avec un singe. Il a maintenant le cri perçant d’un singe. Des fois, il se transforme quand il se bagarre. Il vit dans un volcan. Il est rouge. Ses griffes sont empoisonnées. Il habite dans la jungle et parfois on peut le voir dans les zoos aussi. Mais il est mieux en liberté. Dans on élément naturel.

La petite fille
C’est le … lion ! Comme dans le conte « comment le lion devint roi ».

La camarade 7
Le mien, il est gris. Il a des oreilles en triangle. Il a des moustaches. Il miaule.

La petite fille
C’est le … chat, comme le Chat Botté ?

La camarade 7
Non, il s’est transformé en chaironpar lorsqu’il est tombé dans une flaque d’eau. Maintenant, il a 8 yeux sur la gueule. Il a des pattes comme celles d’un oiseau, les ailes de pingouin, une tête de chat. Il a des écailles.
Il mange des requins grâce à sa grande gueule. Il nage et il marche. Il vit dans les nuages et sur la mer. Son petit est le chairon.

Charades
Mon premier est la première syllabe du mot loupe. 
Mon deuxième est la première lettre du mot pirate mais on ne l’entend pas. 
Mon tout est un mammifère très présent dans les contes de fée.
C’est le loup !

Mon premier est le nom du méchant dans le dessin animé Le roi lion
Mon deuxième est la première syllabe du mot loupe. 
Mon tout est l’animal imaginaire d’Amine
C’est le … scarlou !

Le conteur
Et les garçons là bas qui jouent au marchand. Allons leur demander.

La petite fille
Oui, on sait jamais…

Le camarade 8
Mon animal préféré a un pelage plein de poils dorés. Il vit souvent en Afrique. Il peut aussi rugir comme un lion. Il est très rapide et puissant.

La petite fille
C’est le … jaguar !

Le conteur
Je n’ai jamais rencontré de jaguar dans aucun conte. 
La petite fille
Et bien voilà, tu en as un. Même si ce n’est pas mon animal préféré.

Le camarade 8
Le jaguar a tué toutes les araignées du monde. Mais une araignée génétique l’a mordu. C’est devenu un Jaguardus.
Le Jaguardus est très grand, il a un pelage fait de pierres. Il habite dans des grottes. Il a le cri d’une petite fille et il peut voler dans l’espace.

La petite fille
C’est quoi le cri d’une petite fille ?

Le camarade 8
C’est comme ça.
Il crie.

La petite fille
Mais toi aussi, tu cries comme ça…

Le camarade 9
Moi aussi, je crie comme ça quand j’ai peur.

Le conteur
Et toi ton animal il est comment ?

Le camarade 9
Mon animal préféré vit dans le désert. Il est petit. Il a de grandes oreilles qui peuvent mesurer jusqu’à 18 à 20 cms. Il a des moustaches et il est doux. Il est très recherché comme animal domestique. Il est omnivore.

La petite fille
C’est le …fennec !

Le camarade 9

Il se transforme en fennicorne quand on lui dit « fennec, transforme-toi ! ». Mais il se transforme uniquement quand il fait confiance à son maître.
Tu veux essayer ?

La petite fille
J’essaierai quand j’aurais trouvé mon animal.

Le camarade 9
Le fennicorne vit dans le désert ou dans le ciel. Il est petit et quand il se transforme, il devient grand et doux. Il est aux couleurs de l’arc en ciel. Il a une corne et des ailes de licornes. Il est très recherché pour sa magie.

La petite fille
Ce n’est pas lui non plus. J’espère qu’on va finir par trouver.

Le conteur
Allons voir ce petit garçon qui est au coin. On dirait qu’il a fait une bêtise.

La petite fille
Pourquoi tu es au coin ?

Le camarade 10
J’ai mangé les goûters des autres.

Le conteur
Attention, tu vas finir comme dans Charlie et la chocolaterie…

La petite fille
Dis moi, quel est ton animal préféré ?

Le camarade 10
Mon animal préféré pèse 5 à 7 kgs et est de taille moyenne. Il mesure 105 à 130 cms de long. Il a la forme d’un vautour. Il vit en haut des montagnes. Il vole et il marche. Il a des plumes. Il a un bec et des yeux rouges.

La petite fille
Facile…C’est le gypaète barbu. Et qu’est ce qu’il s’est passé ?

Le camarade 10

Il volait en haut d’un volcan quand il a vu un rhinocéros s’enfuir. Etonné, il a arrêté de voler et a été touché par la cartouche d’un fusil. Il est tombé dans la lave en même temps qu’une araignée. Maintenant, il a le corps d’un dragon mais il n’a que deux pattes et des ailes de gypaète barbu. Il a 8 yeux et une gueule de tigre. Il est fait de lave et de roches. Il des déplace grâce à ses pattes et à ses ailes. Il est chaud comme de la lave et il a des cornes de rhinocéros. Il vit dans le volcan. Il est sauvage. Il crache de la lave. Il vit jusqu’à 3500 ans. Il fait un bébé tous les deux ans. Il s’appelle le dragon de lave. Ses petits sont les dragonions.

La petite fille
Il me plait bien… Mais je pense que mes parents auront du mal à en trouver…

Charades
Mon premier est la première syllabe du mot férié. 
Mon second est au centre de notre visage. 
Mon troisième est la troisième syllabe du mot quenelle. 
Mon tout est un animal qui vit dans le désert.
C’est le … fennec !

Mon premier est la 10ème lettre de l’alphabet.
Mon deuxième est quelque chose que l’on fait quand on marche.
Mon troisième est ma cinquième lettre de l’alphabet.
Mon 4ème est la première syllabe du bot barbe.
Mon 5è est la première syllabe du mot buffet.
C’est le … gypaète barbu

Le conteur
Et si on allait voir le petit garçon qui pleure là bas ?

La petite fille
Qu’est ce qu’il t’arrive ?

Le camarade 11
Lui là-bas a mangé mon goûter. Je lui ai couru après et je suis tombée. Je vais lui envoyer mon animal préféré pour lui faire peur.

La petite fille

C’est quoi ton animal préféré ?

La camarade 11
Mon animal préféré a des rayures noires. Il court vite. Il a des moustaches, un pelage jaune. Il a un cri féroce. Il mange de la viande. Il va le manger…

La petite fille
C’est le … tigre.

La camarade 11
Un jour, il a senti une fleur empoisonnée. Un enfant avait fait tomber une potion magique dessus, sans le faire exprès. Le tigre est alors devenu tout bizarre. C’est devenu un animal qui mange des humains et peut manger des arbres rien qu’en respirant. Il peut manger plein d’autres sortes de nourriture encore. 
Il court à la vitesse de la lumière. Il peut voyager dans le temps tellement il court vite. Il peut cracher du feu. Il vit sous terre, dans le sable par exemple.

Le conteur
Je pense qu’il ne mangera plus jamais ton goûter si tu lui racontes ça… Et les deux filles qui se bagarrent là-bas ?

La petite fille
Excusez-moi de vous déranger pendant la bagarre, est ce que vous pouvez me décrire votre animal préféré ?

La camarade 12
Le mien marche à quatre pattes et il miaule. Il est petit et vit dans les maisons et aime être dehors. C’est le … chat !Il s’est transformé durant son sommeil. Il est grand et gros et aime le bambou.
C’est devenu un… pancha.

La camarade 13
Moi, mon animal préféré est blanc, très doux et ressemble à une boule de coton. Il mange des carottes et de la salade.

Les autres en chœur
C’est le …lapin !

La camarade 13

Un jour, une sorcière a pris un crayon magique, a gommé ses pattes et les a remplacées par des pattes de cheval. Elle lui a rajouté deux cornes de vaches au-dessus des oreilles. Maintenant, ce n’est plus vraiment un lapin. C’est le vapinval, un mélange de vache, lapin et de cheval.

La camarade 12
Ca n’existe pas un Vapinval.

La camarade 13
Un pancha non plus…

Elles recommencent à se chamailler.

Le conteur
Viens on va finir par trouver…. Tu n’as toujours pas d’idée ?

La petite fille fait non de la tête.

Le conteur
Il reste encore ce petit groupe là-bas.

La petite fille
Pardon de vous déranger, vous pourriez me décrire votre animal préféré ?

Le camarade 14
Mon animal préféré a huit tentacules et une grosse tête. Il a 9 cerveaux céphalopode. Il vit sous la mer.

La petite fille

C’est la … pieuvre.

Le camarade 14
Elle se transforme naturellement quand elle a froid en mer… En niours. Le niours est petit animal et a un bec d’ornithorynque. Il a deux pattes palmées et est poilu. Ses yeux sont gros. Il a un très bon caractère. Il vit en forêt et peut être domestiqué. Il aime les choses qui brillent, donc fais attention à tes boucles d’oreilles et à ton bracelet.

Le conteur
C’est lui ?

La petite fille
Non, pas encore.

Le camarade 15
Mon animal préféré vit dans les arbres. Il est de petite taille. Il a un bec et des plumes grises sur ses ailes. Il vit dans le noir et mange des souris. Il se déplace en volant.

Le conteur
C’est le … hibou , comme dans « Le roi et le hibou ».

Le camarade 15

Quand il boit de la « précatise », une potion magique composée d’herbes, de croquettes et de carottes, il se transforme en Remouchika. Il devient alors grand et mince, avec une tête de renard. Il a des poils courts. Il peut être blanc ou roux. Ses pattes sont blanches comme celles d’un mouton. Il vole et court très vite. Il mange parfois des croquettes. Il vit dans la forêt mais peut être domestiqué et vivre dans la maison. Ses petits sont les rechika. Sa femelle s’appelle la chimouka.

Le camarade 16
Mon animal préféré a un pelage roux avec des rayures noires. Il est carnivore. Il mange des sangliers, des biches et d’autres animaux de la forêt. Il peut parfois attaquer l’homme. C’est un félin mignon mais féroce. 
C’est le … tigre !

Le conteur
Ça pourrait être lui ?

La petite fille
Non, je ne crois pas.

La camarade 17
Mon animal préféré vit dans la mer. Il a une peau lisse et douce. Il mesure environ 2 mètres et pèse environ 300 kgs. Il a de petits yeux et une bouche en forme de bec. Il est très intelligent. 
C’est le … dauphin, comme dans la série télévisée « Flipper le dauphin ».
Si je prends un crayon magique, il peut se transformer. En quoi ? ca reste un mystère ! Et toi ton animal ?

Le camarade 18

Le mien a un pelage noir et blanc. Il vit en Chine et au Tibet. Il mange du Bambou.
C’est le panda. Mais s’il mange du bambou empoisonné, il peut se transformer à minuit. Il devient très grand, avec de grandes oreilles. Il mange du bambou avec sa trompe. Il vit en Afrique et en Asie. 
C’est l’élépan !

Charades
Mon premier est le bruit que fait le pistolet. 
Mon second est la première syllabe du mot château.
Mon tout est un animal imaginaire.
C’est le pancha.

Mon premier est un endroit où dorment les oiseaux
Mon deuxième est un animal qui vit en Amérique, en forêt avec beaucoup de poils. 
Mon tout est un animal imaginaire décrit plus haut
C’est le niours !

Mon premier est la première syllabe du mot « jamais »
Mon deuxième est le premier son du mot « goûter »
Il faut supprimer une lettre du mot « tard » pour donner mon troisième. 
Mon tout est le … jaguar

Mon premier est la première syllabe du mot « histoire »
Mon deuxième est la première syllabe du verbe « bousculer »
Mon tout est un animal qui voit dans la nuit
C’est le hibou !

La petite fille
Je crois que j’ai trouvé

Les autres
Ah enfin… pas trop tôt…

Le conteur
Vas-y fais nous deviner…

La petite fille
L’animal que je préfère est de taille moyenne. Ses poils sont courts mais il y en a de plusieurs sortes et de plusieurs couleurs. Il vit dans une maison. Il obéit à presque tous les ordres qu’on lui donne. Il aime jouer mais quand il est mal éduqué, il peut mordre. Son repas préféré, c’est le riz et les croquettes. Il aboie.
C’est le … chien !

Mon premier est le premier son du mot « chiffre »
Mon deuxième est la 3ème voyelle de l’alphabet
Mon troisième est le chiffre entre 0 et 2
Mon tout est un animal qui aboie.
C’est le chien ! C’est un chien que je vais demander à mes parents pour mon anniversaire !

FIN

Le château mystérieux

Le château mystérieux

écrit par les élèves du Collège Guy Môquet à Gennevilliers
Graines de conteurs saison 2
Autrice intervenante : penda diouf

Distribution
Le conteur
Corentin
Anthony
Wassim
Rose
Noura
Louis
Wassila
Tom
Jason

Le conteur
Il était une fois … des enfants,
passant l’après-midi ensemble
pour fêter un anniversaire.
Les enfants
J’y étais!
Et moi !
Et moi aussi.
Le conteur
Oui. Et toi aussi…
Les enfants
On a visité le château ! Vous vous rappelez ?
Pour l’anniversaire des jumeaux, Wassim et Wassila.
Un vrai château,
Comme dans les livres !
On attendait ce moment depuis des jours,
Des semaines,
Des mois !
Au programme de la journée :
Visite du château
Visite des jardins,
Pique-nique
Jeu du loup garou improvisé. 
Corentin
Tu sais jouer au loup garou ?
Le conteur
Les enfants laissez-moi reprendre. Je vais vous laisser la parole tout à l’heure.
C’était un château magnifique. 
Pas un château fort construit sur une colline
pour guetter les ennemis.
C’était un château de la Renaissance
Où les rois et reines avaient leurs habitudes,
Venaient se reposer,
S’amuser dans les jardins
Ou chasser dans les bois.
Le château était majestueux.
Les enfants
Grand comme ça
Non comme ça
Plus grand que toi en tout cas, minus !
Le conteur
Les enfants s’il vous plait !
Un par un si vous voulez raconter.
Anthony
Est-ce que je peux continuer la description ? J’avais pris des notes ce jour-là.
Le conteur
Très bien. Les autres, on écoute votre camarade.
Anthony
Il y avait deux tours
Et des drapeaux de lions.
Wassim
Le lion, c’est mon animal préféré.
Le roi de la jungle.
Rose
Moi je préfère les ours. C’est plus fort que les lions.
Noura
Chut…
Anthony
Je recommence. Il y avait des lions, symboles des armureries de la famille…
Et une fois à l’intérieur…
C’était magnifique
Je n’ai jamais vu ça.
Comme dans un rêve
Louis
Il y avait de grandes pièces avec des tapisseries
Qui représentaient des scènes de chasse
Des batailles et des victoires.
Corentin
Et des grandes cheminées,
Tellement profondes qu’on pouvait s’y cacher.
Wassim
Et tenir debout sans se baisser.
Wassila
A l’intérieur, les chambres étaient tellement grandes
Corentin
Spacieuses
Le conteur
Mais dans ce château, il y avait trois chambres étranges.
Louis
Des chambres interdites aux visiteurs dans lesquelles il ne fallait entrer sous aucun prétexte.
Wassim
La première était une chambre dédiée aux énigmes.
Wassila
La seconde était la chambre des cauchemars. Une chambre où dormait l’ancêtre du château, dans son cercueil.
Corentin
S’endormir dans cette pièce, c’est donner vie à ses propres cauchemars.
Rose
Dans la dernière chambre se trouvait une bibliothèque remplie de livres avec un bureau. Sur le bureau, une machine à écrire très ancienne. Un vieux modèle. A côté, un coffre, plein de masques et de costumes. Il y avait de grandes armoires avec des films de science-fiction. C’était la chambre de Jason, le propriétaire du château, que personne n’avait revu depuis des années.
Marwan
La visite a commencé tôt le matin.
Nous étions fatigués de monter et descendre les escaliers,
Traverser les longs couloirs,
Passer de chambre en chambre.
Rose
Fatigués par la visite,
D’arpenter le château
De haut en bas
Et de bas en haut
Du nord au sud
et d’est en ouest.
Anthony
Les douze coups de midi ont sonné.
Enfin…
Nous sommes allés dans le jardin
Pour pique-niquer.
Louis
J’ai des chips du poulet !
Noura
Dis, t’aurais une serviette en papier ?
La sauce de ma salade s’est renversée.
Rose
J’échange mon morceau de fromage contre une banane.
Wassim
Du pain et du fromage
Des carottes râpées
Des fruits et de la compote en dessert !
Noura
C’était tellement bien de manger dehors, sur l’herbe.
Wassila
On a couru, sauté
On a fait la course
On a joué à chat
On s’est caché derrière les buissons du jardin
On a joué à se faire peur
On s’est raconté des blagues.
Anthony
Et puis on a décidé de jouer
A notre jeu préféré
Au loup-garou !
Les enfants, chacun son tour
Il y a beaucoup de personnages dans ce jeu.
Il y a le villageois. Il n’a aucun pouvoir sauf le vote.
Le loup-garou, il peut tuer quelqu’un chaque fois qu’il va au village.
Le chien-loup, il a le pouvoir de se transformer en loup-garou.
La petite fille peut ouvrir un œil pour savoir qui est le loup-garou.
La voyante, elle peut s’aider de ses cartes.
Le voleur peut voler une carte. 
Cupidon, il peut marier deux personnes.
Le maire du village, il se fait élire en début de partie. S’il y a une égalité, c’est lui qui tranche.
Le protecteur, il peut protéger une personne.
L’enfant sauvage peut tuer n’importe qui.
Les trois frères, ils tuent n’importe qui. Ils peuvent même se tuer entre eux.
Le chasseur, à sa mort peut emporter quelqu’un avec lui. C’est lui qui choisit.
La sorcière a trois pouvoirs : elle peut ressusciter, tuer ou ne rien faire du tout.
Le maître du jeu, il réveille chaque personnage chaque nuit. 
Le but du jeu, c’est que les loups garous tuent les villageois et que les villageois tuent les loups garous.
Tom
Vous avez compris les règles du jeu ?
Wassila
Alors on a commencé la partie.
Le conteur
C’est alors que Marwan a disparu. Il avait mal au ventre. Les enfants s’inquiétèrent et partirent à sa recherche. Quelle ne fut pas leur surprise de voir Marwan, avec des oreilles pointues. Ses habits étaient déchirés, ses ongles trop longs dépassaient de ses chaussures. Son nez s’épatait, ses yeux devenaient rouges. Il avait de grandes dents coupantes qui sortaient de sa bouche énorme. Il montrait ses mains pleines de poils à ses camarades effrayés. Lui-même ne savait pas ce qui lui arrivait.
Marwan
C’est moi c’est moi. N’ayez pas peur. Je ne vous ferai aucun mal.
Louis
Marwan, c’est toi ?
Marwan
Je voulais aller aux toilettes et je me suis perdu dans cette chambre là-bas.
Louis
Mais c’est la chambre interdite !
Marwan
Et je me suis endormi…
Le conteur
Les enfants effrayés s’enfuirent en courant.
Ils tombèrent nez à nez avec Jason, l’habitant du château. Il était très grand. Il avait des boutons sur la tête et des yeux vairons. Une tâche de naissance lui recouvrait une partie du visage. Ses cheveux étaient emmêlés comme s’il ne s’était jamais coiffé de sa vie. Il boitait et bégayait beaucoup. Il ne sortait jamais de sa chambre et n’avait pas l’habitude de rencontrer les visiteurs.
Jason
En jouant au Jeu du loup garou, vous avez réveillé la malédiction du château. En effet, sur cette plaine, il y a des centaines d’années, plusieurs enfants ont disparu. Des battues ont été organisées. Ils n’ont jamais été retrouvés. Une meute de loups a longtemps été chassée, sans succès. Le jeu du loup-garou les a réveillés. Leur âme est parmi nous. Vous allez devoir trouver la force et le courage de vous battre. Les épreuves seront nombreuses.
Noura
Mais il manque Tom ! Tom, où es-tu ?
Louis
Pourvu qu’il ne se soit pas transformé en loup-garou lui aussi.
Corentin
J’ai peur…
Le conteur
Sur les conseils de Jason, ils décidèrent d’aller dans la salle des énigmes. Ils cherchèrent partout dans la pièce. Soudain….
Anthony
J’ai trouvé quelque chose !
Le conteur
Anthony trouva une horloge sur laquelle était collé un papier avec une lettre écrite dessus. Petit à petit, comme un puzzle, à reconstituer, des lettres apparurent ainsi. Après le M, un R et un U.
Rose
MUR, c’est le mot mur qui est apparu. Il faut chercher sur le mur la suite des indices.
Le conteur
Le château, petit à petit, se transformait. Les enfants entendirent les éclairs, au loin. La nuit tomba très vite alors que c’était le milieu de l’après-midi. Ils entendirent les cris désespérés de Marwan le loup-garou et les bruits de sabots d’un cheval. 
Corentin
J’espère que ce n’est pas le chevalier sans tête.
Le conteur
Les enfants virent apparaître des toiles d’araignées aux coins des murs. Des gros rats se faufilaient entre leurs jambes. Un bruit attira leur attention.
Le grésillement d’une télé, que personne n’avait allumé, les surprit dans la bibliothèque. Les uns à côté des autres, ils cherchèrent de nouveaux indices. De nombreux livres étaient rangés. Ils furent attirés par un livre de Conan Doyle, « Sherlock Holmes ». Il semblait bouger tout seul sur l’étagère. 
Ils ouvrirent le livre et furent surpris d’y découvrir leur ami Tom à l’intérieur. Il accompagnait le détective et semblait beaucoup s’amuser.
Tom
Et les copains, c’est vraiment super ici ! Je mène des enquêtes. Je m’amuse comme un fou !
Wassila
Dis, tu ne veux pas sortir ? On est tous venus te chercher !
Tom
Ah non! Moi, je suis très bien où je suis. C’est mon livre préféré. Vous pouvez le refermer et le reposer dans la bibliothèque.
Corentin
Et l’école ?
Tom
Je m’en fiche. Je préfère aider Sherlock, même si le docteur Watson est parfois un peu jaloux. 

Le conteur
Les enfants lui obéirent, un peu déçus qu’il n’ait pas envie de les retrouver. Tom était heureux dans son livre. Il vivait plein d’aventures avec Sherlock Holmes et Watson. Mais à peine avait-il commencé un nouveau chapitre qu’il faillit tomber dans le néant. 
La page était vide…
Noura
La page était vide…
Rose
La page était vide…
Tom
Y a quelqu’un ? Les copains, vous êtes là ? Me laissez pas tout seul ici… Y a plus rien à faire… C’est le vide.
Wassila
Ah ! Heureusement que je suis restée à côté. Je savais bien que tu aurais besoin d’aide tôt ou tard.
Le conteur
Ni une ni deux, Wassila saisit la main de son ami et le tira de toutes ses forces, jusqu’à ce qu’il soit entièrement sorti du livre.
Et pendant ce temps…
Pendant que les enfants erraient dans le salon, on entendit un grognement sourd. Une patte poilue et griffue s’avançait vers l’entrebaillement de la porte, une respiration sourde les fit frémir.
Wassim
Marwan !!!!
Le conteur
Il était face à eux, bavant, les yeux plein de rage… Les enfants se mirent à courir partout, de haut en bas. De bas en haut. 
Le loup-garou fit tomber les tableaux, prêt à les dévorer tout cru.
Rose
Jason, vite, il faut venir nous aider !
Jason
Vous avez réveillé la malédiction du château en jouant au loup-garou dans le jardin. Ils sont réapparus en quête de chair fraîche. Pour enlever le sortilège, vous devez répondre à cette charade. Venez avec moi dans la chambre des énigmes.
Mon premier est le contraire de propre
Mon deuxième est un pronom personnel singulier neutre
Mon tout est la plus grande salle du château.

Noura
Moi, moi, je sais !
C’est le salon
Le salon !

Jason
Bravo ! Maintenant, il va falloir attirer Marwan dans la chambre des cauchemars. Une fois à l’intérieur, il va se rendormir et tout redeviendra comme avant.
Le conteur
Les enfants décidèrent alors d’attirer Marwan. Il était très gourmand. Il décidèrent de laisser dans la chambre des cauchemars tout ce que Marwan aimait bien : des sucettes, du chocolat, des bonbons, des biscuits, des gâteaux au chocolat. Toutes les bonnes choses qu’il leur restait du pique-nique. Les enfants installèrent toutes ces bonnes choses à l’entrée de la pièce, en faisant attention de ne pas s’endormir. Et puis, ils appelèrent Marwan. 
Les enfants
Marwan, viens voir ! On a une surprise pour toi. On t’attend.
Le conteur
Marwan arriva, essoufflé et menaçant. A la vue de toutes les friandises, il se radoucit et commença à manger tranquillement sans se rendre compte qu’il retournait dans la chambre des cauchemars. Repu comme un loup peut l’être, il s’endormit à même le sol. Petit à petit, le soleil se remit à briller à l’extérieur, le vent arrêta de souffler. La tempête disparut comme elle était apparue. Plus de rats, ni de toiles d’araignées. Tout était calme et apaisé. Marwan se réveilla, comme si de rien n’était, même s’il avait un peu mal au ventre.
Rose
Marwan, ça va ? Tu ne nous refais plus ça !
Marwan
Je ne me souviens plus. Qu’est-ce qu’il s’est passé ?
Corentin
Venez les amis, on ne doit pas rester ici !
Louis
Quel cauchemar cette journée…
Wassim et Wassila
C’était un super anniversaire ! Mieux qu’un parc d’attractions !
Le conteur
Les enfants quittèrent le château. Dans le salon, ils aperçurent un tableau auquel ils n’avaient pas fait attention précédemment : un portrait de Jason avec sa date de naissance, 1736 et sa date de décès :1817

Anthony
Regardez, il a quelqu’un qui nous fait coucou par la fenêtre !
Rose
Oui, il sourit !
Tous les enfants
C’est Jason !!

FIN

Le marchand de sommeil

Le marchand de sommeil

écrit par les élèves du Collège Gay-Lussac à Colombes
Graines de conteurs saison 2
Autrice intervenante : penda diouf

Distribution
Le conteur
Le père
Marvin
Linda
Le marchand de sable
Le marchand de cauchemars

Le conteur
Il était une fois… L’heure de se lever…
Hé ! Hé ! Il est sept heures. L’heure de se lever. 
Il est sept heures 10. L’heure de se lever.
Il est sept heures 15. L’heure de se lever.
Il est sept heures 20…

Le père
Tu exagères, tu vas être en retard !

Marvin

C’est mon père. Il s’exaspère…

Le père
Tu n’es pas encore levé ? Il y a école aujourd’hui.
Mais comment tu fais pour être en retard chaque matin…
Dépêche-toi ! Je t’ai préparé ton petit déjeuner.
Ton chocolat est chaud
tes céréales sur la table
la confiture sur tes tartines
ton jus d’orange pressé…
Va vite prendre ta douche.
Le temps que tu sortes,
je serai déjà parti
Mais on se voit ce soir,
Je t’aiderai à faire tes devoirs.

Marvin
Alors je me lève lentement
La tête pleine de moutons,
de rêves et de cauchemars
Pleine de sable et de désert
Pleine de lune
Je sors mes bras de sous la couette…
Ah ! il fait froid.
J’hésite,… Je sors un pied, puis l’autre. 
Je m’étire, une dernière fois
Avant de m’élancer dans la salle de bains.
Ah ! je glisse. Aïe !je me cogne.

Le conteur
Le compte à rebours,
comme chaque matin,
a commencé.

Marvin
J’ai mes super pouvoirs
D’une main je me brosse les dents,
De l’autre je me peigne les cheveux.
D’une main, j’enfile mes vêtements
De l’autre je bois mon chocolat chaud.
D’une main je fais mes lacets,
De l’autre je m’élance dans l’escalier.
Je cours, je m’envole.
J’ai comme des ailes
Pour sortir de l’immeuble,
Tourner à gauche,
Saluer Mme Mimoun
Qui promène son chien.
Courir, deux rues plus loin
Pour chercher mon amie Linda
Qui m’attend en bas de chez elle.

Linda
Ah, enfin, j’ai cru que tu n’arriverais jamais…
J’ai failli partir toute seule.

Marvin
Excuse moi !
Mon réveil a sonné… au moins dix fois
Sans que j’arrive à me lever.

Linda
On a une évaluation en maths et SVT en plus.

Marvin
Oh non, je n’ai pas révisé.

Linda
Il est trop tard. Je ne vais pas pouvoir t’aider.

Marvin
On va prendre des bonbons à la boulangerie pour la récré ?

Linda
Mais non, on est en retard… On ira ce soir, en rentrant.

Marvin
Allez suis moi on court !
On va passer par le raccourci !

Linda
Par le parc ?

Marvin
Oui !

Linda
Non, je n’aime pas passer par là!
Trop de coins sombres
Et d’ombres qui nous regardent…
On peut contourner et longer le mur du parc.

Le conteur
Attention les enfants ! Faites attention !

Marvin
Attention à la flaque d’eau Linda !

Le conteur
Mais c’est trop tard ! Elle a …

Marvin
Linda, Linda mais tu es où ?

Le conteur

Disparue, envolée
Volatilisée

Marvin
Je m’approche de la flaque,
Je n’y vois que mon reflet…
Inquiet
Je décide d’y mettre un pied, pour voir et…

Le conteur
Et il tombe,
Pendant des secondes
Des minutes
Des heures.
La chute semble interminable.

Marvin
Il ne manquait plus que ça
Je vais être en retard à l’école pour de bon…

Le conteur
Il atterrit dans une jungle
un peu secoué
tout étourdi,
si bien qu’il n’a pas la force de se relever.
Il fait sombre et humide.
Le sol est mouillé.
Il entend des bruits d’animaux : des hiboux, des loups, des tigres. 
Des singes l’approchent et lui font signe de suivre.
Ils se balancent de lianes en lianes,
Joueurs facétieux
Au loin il aperçoit
Un château, baigné par la lumière de la lune. 
Autour du château, une armée de fennecs.
Ils gardent le lieu, vigie immobile et bruyante.
Leurs cris résonnent comme un terrible avertissement.
Circulant entre les fennecs, leur caressant le dos
Comme des animaux de compagnie
Un homme porte des babouches et une djellaba.
Une djellaba bleue
Sombre comme la nuit.
A ses côtés, son fidèle âne
Portant des sacoches pleines de sable.

Marvin
Je le connais…
Je le reconnais
Je l’ai déjà vu quelque part
Dans le secret de mes nuits.
C’est le marchand de sable !

Le conteur
Il vient de très loin,
plus loin que l’océan,
de l’autre côté du désert.
Il marche, il marche,
Et saupoudre du sable,
Du rêve pour les enfants.

Marvin s’approche lentement.

Marvin

Hé ho ! T’es qui?
Qu’est-ce que je fais là ?

Le marchand de sable
Ne t’approche pas trop, ce sont des sables mouvants. Tu es dans le pays des rêves.

Marvin se pince.

Marvin
Je suis bien réveillé pourtant. Mais elle est où Linda ?

Le marchand de sable
Linda ?

Marvin
Ma voisine, mon amie. Elle a marché dans la flaque d’eau elle aussi et a disparu…

Le marchand de sable
Je pense qu’elle est avec mon frère.
Marvin
Quel frère ?
Le marchand de sable
Mon frère, le marchand de cauchemars.

Marvin
Où est-ce que je peux le trouver ?

Le marchand de sable
Suis les traces qu’il y a au sol.

Marvin
Merci !

Le marchand de sable
Bon courage ! Méfie-toi de lui
Il est terrible.
Il paraît même qu’il mange les enfants.

Le conteur
Quand Linda est tombée dans la flaque d’eau,
Elle est tombée directement dans les bras du marchand de cauchemars.
Il est très grand, très mince,
comme un squelette.
Il porte un masque blanc
Et une combinaison rouge.
Comme il vient de très loin lui aussi,
Il a des chaussures dans un état…

Linda
Un sale état
Toutes rapiécées, pleines de trous.
Et qui puent…

Le conteur
Il a les yeux rouges
Car il ne dort pas beaucoup.
Il distribue les cauchemars.

Linda
Lâchez-moi ! Lâchez moi je vous dis !
Vous ne me faites pas peur !

Le conteur
Linda s’est retrouvée dans un vieux cachot,
 au milieu d’un château hanté.
La petite est futée,
Elle est habituée à regarder des séries
A lire des livres
Où le héros finit par trouver
A force de réflexion
Comment s’échapper.
Elle retire la barrette de ses cheveux
Et l’enfonce dans la serrure. 
Clac. Ca s’ouvre.
Linda fait doucement, doucement…
Pour ne pas éveiller les soupçons du marchand de cauchemars.
Et elle se met à courir, vite, vite
Comme elle n’a jamais couru.

Pendant ce temps…

Marvin
Linda ? Linda ? 
Linda où es-tu ?

Linda
Marvin, c’est toi ?

Marvin
Linda ?

Linda
Marvin, ne crie pas trop fort… Le marchand de cauchemars va savoir que je me suis sauvée sinon.
Comment on fait pour sortir d’ici ?

Marvin
On peut aller voir le marchand de sable et lui demander de nous réveiller. Ou se cacher dans les sacoches de sable de son âne pour rentrer à la maison.

Linda
Allons-y !

Le conteur
Ils continuent de marcher, sans se rendre compte que le marchand de cauchemars les suit à la trace.
Ils marchent, sans trop savoir où ils vont dans cette végétation touffue, dense. La lune les éclaire à peine. Ils entendent les bruits de la forêt, les cris des fennecs au loin.

Marvin
Linda, je ne retrouve plus le chemin. Tout se ressemble ici.

Linda
On va y arriver Marvin.

La voix du marchand de sable
Linda, Marvin, par ici !

Marvin
Viens c’est le marchand de sable. Il est gentil. Il vient nous aider.

Le conteur
Les enfants s’approchent en courant.

Linda
Mais cette odeur de pieds…

Marvin
Ces chaussures trouées…
Ce masque blanc
Ces yeux rouges

Le marchand de cauchemars
Vous pensiez m’échapper… Mais j’ai une ouïe très fine, des yeux rouges très perçants qui me permettent de voir dans le noir.

Le conteur
C’est à cet instant que le marchand de sable arrive, suivi de son âne et des fennecs.

Le marchand de sable
Tu vas les laisser tranquille, maintenant !

Le marchand de cauchemars
Et pourquoi donc ?

Le marchand de sable
Ils ne t’ont rien fait !

Le marchand de cauchemars
Déjà petit, tu aimais défendre les autres.

Le marchand de sable
Je ne t’ai pas toujours connu comme ça. Tu te souviens quand tu m’as sauvé la vie petit ? J’étais tombé dans le lac et tu m’as secouru.

Le marchand de cauchemars
Oui mais c’était toi le chouchou. Les parents ne jouaient jamais avec moi. Je me suis toujours débrouillé tout seul.

Le marchand de sable
J’étais trop petit pour m’en rendre compte. Je suis désolé.

Le marchand de cauchemars
Je te propose ceci : Je vais te poser 3 charades. Si tu réponds juste, je les libère et tu pourras les ramener chez eux. Si tu te trompes, ils restent avec moi.

Le marchand de sable
Je t’écoute.

Le marchand de cauchemars
Mon premier est un déterminant possessif
Mon second est la deuxième syllabe de table
Mon troisième est le contraire de dur
Mon quatrième est l’air qui bouge les feuilles

Mon tout, on peut s’enfoncer dedans.

Le marchand de sable
Les sables mouvants !

Linda et Marvin :
Bravo bravo !

Le marchand de cauchemars
J’ai commencé facile… Voilà la suite
Mon premier, on le lance pour tirer au sort,
Mon second est le 1er son du mot Zorro
Mon troisième on le respire. Il est parfois pollué.
Mon tout est un endroit remplir de scorpions où resteront mes deux prisonniers.

Le marchand de sable
Le désert !

Le marchand de cauchemars
Tu ne perds rien pour attendre !

Linda et Marvin
Bravo bravo !

Le marchand de cauchemars
Mon premier signifie le partage
Mon second est la première syllabe de cheval
Mon troisième est l’endroit où vivent les canards
Mon tout fait peur la nuit et même le jour

Le marchand de sable, Linda et Marvin en même temps
Les cauchemars !

Le conteur
Marvin et Linda rejoignent le marchand de sable. Avant de partir, Linda court vers le marchand de cauchemars pour lui donner son goûter. Il est très ému.
Marvin et Linda rentrent chez eux à dos d’âne avec le marchand de sable. Ils traversent le monde des saisons. Le printemps d’abord avec les singes qui sautent d’arbres en arbres. Puis l’été avec la mer et son rivage. Arrive l’automne avec une avalanche de feuilles qui crissent sous les pas. Puis l’hiver et ses flocons de neige.
Ils se réveillent chacun dans leur lit.
Hé ! Hé ! Il est sept heures. L’heure de se lever. 
Il est sept heures 10. L’heure de se lever.
Il est sept heures 15. L’heure de se lever.
Il est sept heures 20…
FIN

De l'autre côté de la fôret

De l’autre côté de la forêt

écrit par les élèves du Collège Truffaut à Asnières-sur-Seine
Graines de conteurs saison 2
Autrice intervenante : penda diouf

Il était une fois une fée qui s’appelait Fleur. Elle vivait dans une immense forêt séparée en deux. Fleur vivait du côté joyeux. La végétation était belle. Il y avait de grandes et jolies fleurs et les fées naissaient à l’intérieur. Elles restaient dans les pétales à s’épanouir, jusqu’à ce qu’elles soient suffisamment grandes pour se débrouiller seules. Ca sentait partout très bon. Il y avait des odeurs de bonbons et de chocolat. Les maisons étaient très colorées et les toits étaient fait en biscuits. Cela ressemblait au paradis.
Fleur vivait ici avec sa famille et son fidèle loup Flèche. Flèche avait un arc magique. Cet arc lui permettait de protéger la famille de Fleur et la forêt. Il lui avait été transmis par son père, qui le tenait de son père, qui le tenait de son père…
Mais il s’aperçut un jour que son arc avait disparu. Il chercha partout, sous le toit, dans la cave, sur la terrasse, dans les fourrés, dans le jardin. Derrière les lianes, sous les champignons, sous les grands arbres, dans leur feuillage. L’arc n’était nulle part. Flèche s’éloignait de plus en plus de la maison et s’enfonçait dans l’autre partie de la forêt. Cette partie était interdite. C’était le domaine de la sorcière. La forêt était noire et profonde. Elle était effrayante parce qu’il y avait de grands arbres touffus et sombres. Elle était très étendue. En s’y promenant, on entendait des bruits d’animaux invisibles. Des animaux dangereux comme des loups, des ours, des serpents ou parfois des corbeaux ou des chauve-souris. C’était une forêt au coloris noir et marron. Un endroit abandonné où personne n’était allé depuis très longtemps. Même le soleil avait déserté . On sentait des odeurs d’animaux et de feuillage qui moisissait. En entrant, on ressentait de la peur.
La fée Fleur sortit de la maison à la recherche de son loup. Mais elle ne le trouva pas. 
Elle partit voir Ernest le grand chêne :
« -Bonjour Ernest, as-tu vu mon loup ?
-Flèche ? Non pourquoi ?
-Il a disparu…
Peut-être tu pourrais demander à la pie. Elle a toujours un œil sur tout. »
Et Fleur partit demander à la pie.
« -Bonjour Joséphine, as-tu vu mon loup ?
-Flèche ? Non pourquoi ?
-Il a disparu…
Peut-être tu pourrais demander à la marmotte. De son terrier en hauteur, elle voit tous ceux qui entrent et sortent. »
Et Fleur partit demander à la marmotte.
« -Bonjour Félix, as-tu vu mon loup ?
-Flèche ? Non pourquoi ?
-Il a disparu…
Peut-être tu pourrais demander à la chouette. Elle voit dans la nuit. »
« -Bonjour Lilly, as-tu vu mon loup ?
-Pourquoi ?
-Il a disparu…
-Au petit matin, alors que le soleil se levait à peine, je crois l’avoir aperçu en direction de l’autre coté de la forêt. »
Pendant ce temps, dans la forêt profonde, la sorcière préparait ses pièges à loups. Elle suspendit et cacha une cage dans les branches et posa sur le sol un morceau de viande. Il suffisait de déplacer la viande pour faire tomber tout droit la cage sur le loup.
Et Flèche avait faim. Cela faisait un moment qu’il était parti. Il avait marché longtemps, longtemps, sans retrouver son arc. Comment protéger sa famille, Fleur et les siens si l’arc avait disparu ? Il était encore tôt mais les rayons du soleil n’arrivaient pas à percer l’épais feuillage de ce côté de la forêt. 
Flèche se demandait comment retourner chez lui. Il était perdu, n’avait aucun repère. Et d’un coup, il se mit à renifler fort. De plus en plus fort. L’odeur de la viande… Il s’approcha, s’approcha du morceau de viande et sans se méfier, croqua dedans de toutes ses dents.
Il eut à peine le temps d’entendre le rire très aigu de la sorcière que la cage tomba sur lui et le fit prisonnier.
La pauvre petite fée n’avait toujours pas trouvé son loup. Pour le chercher, elle dut s’approcher du côté sombre de la forêt, dans des zones où elle n’avait jamais été auparavant. Elle aperçut la prison abandonnée, que personne n’avait visité depuis des années. 
Elle entendit des bruits bizarres, des cris. Les cris des prisonniers morts qui n’avaient jamais réussi à sortir. Et là, au milieu des gémissements, un appel à l’aide.
« Au secours… Aidez moi… au secours… »
Cette personne, c’était un pirate.
Le pirate jeta un papier sur Fleur pour signaler sa présence. Fleur regarda le papier où était écrit « Regarde en haut, je suis là, prisonnier ».
Mais un zombie vint le chercher pour l’éloigner de la fenêtre et lui dire de se taire. Elle l’entendit crier « Aide moi à sortir de la prison ». 
Alors Fleur utilisa sa bague pour immobiliser les zombies. Le pirate put récupérer les clés et partir en courant.
Le pirate se mit à courir, doucement au début car il n’avait plus l’habitude de courir. Il était resté de longues années dans une toute petite pièce, à tourner en rond comme un animal en cage, un éléphant dans un zoo, un tigre dans un minuscule enclos. Il eut l’impression de retrouver la liberté. Il sentait l’air sur son visage, le vent dans ses vêtements, la terre sous ses pieds. Il courait sans trop savoir où il allait, en oubliant complètement celle qui l’avait aidée lorsqu’il tomba nez à nez avec une maison un peu délabrée. 
C’était la maison de la sorcière, qu’il aperçut à trainer à traîner la cage où se trouvait le loup Flèche.
« Le pirate : Toi ici ?
La sorcière : Oh, mais qu’est ce que tu fais là ? Je te croyais mort depuis si longtemps…
Le pirate : Tu n’as pas changé.
La sorcière : Toi tu as vieilli. Je t’ai attendu. Longtemps…
Le pirate : Me voilà !
La sorcière : Maintenant, je ne t’attends plus… J’ai fait ma vie et elle me convient bien.
Le pirate : J’étais enfermé, dans une prison gardée par des zombies. Impossible de sortir pour te retrouver comme je te l’avais promis. »
Pendant ce moment de retrouvailles, la fée recherchait toujours son animal Flèche.
« Flèche, Flèche , où es-tu ? »
Peu à peu, elle arriva devant une énorme bâtisse toute sombre. De la cheminée sortait de la fumée verte ou violette selon le sens du vent. On entendait des bruits d’animaux lugubres. Il semblait à Fleur que les arbres se rapprochaient, se resserraient, que les branches des arbres allaient peu à peu l’enserrer et l’attraper.
Tout à coup, elle entendit Flèche l’appeler. Elle essaya de se dégager des branches et courut vers le bruit. Flèche hurlait tristement dans sa cage. Il n’avait pas l’habitude d’être enfermé, entravé. Sans son arc, il n’avait plus aucun pouvoir. Elle s’approcha de Flèche et le consola.
« -Flèche, mon loup, je suis là. Ne t’en fais pas, je vais te secourir. Où est ton arc ?
-C’est la sorcière qui l’a récupéré. La dernière fois que je suis allé en forêt j’ai beaucoup joué et je l’ai oublié sous l’arbre. La sorcière en a profité pour le prendre. »
Elle entendit du bruit, venant de l’intérieur de la bâtisse. Elle s’approcha et vit par la fenêtre la sorcière et le pirate en train de diner.
Fleur entra discrètement dans la cuisine et, du seuil de la porte, elle utilisa les pouvoirs de sa bague pour immobiliser la sorcière. Mais le pirate était rapide. Il récupéra l’arc et s’enfuit le plus loin possible.
La sorcière immobilisée, la fée courut après le pirate. Celui ci sans se rendre compte, se rapprochait de la prison où il avait été enfermé pendant des années. 
Mais dans la course, il ne vit pas la grosse pierre qui se dressait devant lui. Il tomba. La fée en profita pour récupérer l’arc.
La fée retourna ainsi jusqu’à la maison de la sorcière et délivra Flèche. Elle lui redonna son arc.
La sorcière était toujours immobilisée, comme figée en statue devant son ragoût, sans pouvoir le goûter. Le pirate, quant à lui, fut de nouveau fait prisonnier. Il se mit à crier
« A l’aide, A l’aide ! Venez m’aider s’il vous plait ! »
Mais les gardes zombies le tenaient bien attaché dans sa nouvelle cellule.
« -S’il vous plaît, je ferai ce que vous voulez ! »
Fleur et Flèche repassaient devant la prison. Ils entendirent le pirate les supplier et Fleur lui demanda :
« -Je t’ai aidé à te libérer tout à l’heure et tu ne m’as pas aidé en retour. Pourquoi nous devrions t’aider maintenant ?
-J’ai compris la leçon. Je vais devenir gentil. Je vous laisserai repartir sains et sauf. Je m’engage à devenir garde forestier et à m’occuper de la forêt. Je prendrai soin des animaux, comme des chevaux sauvages, des lapins, des loups, des sangliers et du corbeau. Je prendrai soin des fleurs, comme les roses, les tulipes, le muguet et les violettes. Je parlerai aux arbres comme le bouleau et le peuplier, le charme, le châtaignier et le sapin pour vérifier qu’ils vont bien. Je prendrai soin de l’épicéa qui est malade vers la maison de la sorcière. Je m’occuperai également de la sorcière et lui ferai de bons petits plats. »
La fée Fleur prit donc sa bague magique et la lança par terre. Comme par magie, la forêt commença sa lente transformation. La prison se transforma en chalet magnifique avec tous les outils nécessaires pour prendre soin de la nature. Le vieil arbre mort dont les fleurs ne poussaient plus devint un arbre magnifique plein de fruits et où les oiseaux pouvaient construire leur nid. Un arc en ciel apparut dans le ciel. Les fleurs se mirent à pousser, les arbres devinrent plus forts, les animaux plus accueillants. Plus Fée et Flèche se rapprochaient de leur maison et plus la nature se métamorphosait. Flèche salua ses amis : le grand chêne Ernest qui secoua ses branches, la marmotte Felix qui sortit de son terrier pour les saluer, la chouette Lilly qui put se rendormir enfin, la pie Joséphine qui annonça la nouvelle à tous les autres animaux. Le pirate ne retourna pas en prison et il devint un excellent garde-champêtre, protégeant tous les arbres et les animaux. La sorcière continua à faire des recettes au pirate et à lui concocter de bons petits plats. Flèche et Fleur rentrèrent chez eux et ils vécurent tous heureux entourés de leurs amis.

Le diner de la sorcière :
Recette
7 serpents
3 rats avec la peau
4 yeux de chèvre
2 langues de vache
3 oreilles de singe
200 gr de sucre
300 gr de farine
15l de sang
Mélanger le serpent, le rat avec les oreilles de singe. Mettre dans une casserole et chauffer à feu doux. Rajouter le reste des ingrédients avec la farine et le sucre. Beurrer le moule. Mettre dans un moule et dans le four pendant une heure à 150 degrés.

FIN

C’é moi ki è cramais la poubel

C’é moi ki è cramais la poubel

écrit par les élèves du Collège Gay-Lussac à Colombes
Graines de conteurs saison 1
texte lauréat du comité de lecture

Note de Sylvain Levey : C’est un travail collectif à partir d’une histoire vraie. Chaque petit groupe a pris en charge une partie de l’histoire et le tout a été mis en commun et terminé en commun.

1.
C’était un vendredi
Un vendredi sous la pluie
Une journée ordinaire
Maths, histoire-géo, récré, English
Cantine
Salade tomates sans oignons
Poulet patatoes sans sauce ketchup
Yaourt nature, y’a plus de sucre
Sauf dans les poches de Latronche.
Tout à coup, sous le préau : Un hurlement.
Suivi d’une pagaille dans le réfectoire.
Tout le monde court dans tous les sens.
Luna Méchante pète un câble.
Mimiki elle c’est les plombs.
Latronche termine toutes les assiettes.
Tout le monde pleure.
Panique dans la place.

2.
Latronche est un champion.
Latronche est capable de manger huit hamburgers en moins d’un quart d’heure.
Latronche porte du XXL.
Latronche a deux frères : Tronche de cake et Tronche au carré.
Il habite à Mantes-la-jolie au dessus d’un fast-food.
A l’école, tout le monde respecte Latronche
Parce qu’il est très fort du ventre.
Parce qu’il répond par des coups de poing quand il n’est pas content.
C’est pour ça qu’il a plus d’heures de colles que d’heures de cours.

3.
La belle Valentine
Belle et triste Valentine
Son père : il n’est jamais là.
Sa belle mère : elle l’oblige à faire toutes les corvées.
Une vraie cendrillon.
Valentine
Ce vendredi-là
Ce vendredi sous la pluie.
Elle a craqué
L’allumette.

4.
Luna est une fille de 6e5
Elle porte bien son nom.
Luna méchante.
Luna est méchante depuis qu’elle a attrapé la puberté
Des poils sous les aisselles
Des boutons partout sur le visage.
Et un sourire d’enfer avec son appareil dentaire.
Elle a une chaîne Youtube.
Les tutos de Luna
Une chaîne tuto make up
Elle a six abonnés
Sa mère, son père, ses frères et ses sœurs.

5.
Les autres ont couru pas moi.
Tout ce que je veux moi c’est manger.
Je m’appelle Latronche c’est pas pour mon QI c’est pour ma capacité à ingurgiter.
Moi j’ai juste entendu un cri.
J’ai senti l’odeur de brûlé.
J’ai cru que c’était le poulet qui cramait.
Non
C’était la poubelle.
C’est qui ?
Qui a cramé la poubelle ?
Luna méchante ?
Ca ne m’étonnerait pas.
Mimiki ?
Je pourrai l’écraser avec mon ventre.
Valentine n’était pas à la cantine.
Mais ! Non ! Pas elle ! Pas la belle Valentine !

6.
Mimiki est un garçon aux yeux verts et cheveux blancs.
Mimiki est en 6e6.
Son surnom c’est rapido.
Mimiki
Son père était fan de Naruto.
Il mange vite, il lit vite, il court vite, il travaille vite.
Il parle tellement vite que personne ne le comprend.
– Val…Cram…pob…
– Hein ?
– Val…Cram…Poub…
– Quoi ?
– Valentineacramélapoubelle.
– Je comprends rien.

7.
C’est bien fait pour elle.
Cette fille je la déteste.
Ne me dîtes pas que je suis jalouse.
Elle se croit la plus belle.
Même Latronche est amoureux d’elle.
C’est moi ki é cramais la poubel
C’est moi qui l’ai écrit au tableau.
Et j’ai signé Valentine.
C’est bien fait pour elle.

8.
Valentine était triste ce matin-là.
Sa belle mère lui avait encore crié dessus.
– Lève-toi petit cafard ! Va ranger le lave vaisselle.
Valentine était en retard comme d’habitude.
A cause de sa belle mère comme d’habitude.
Valentine en a eu marre ce matin là.
Elle n’en pouvait plus Valentine.
Valentine a trouvé un briquet dans la rue.
Elle s’amuse avec.
Elle brûle d’abord une feuille.
Un contrôle de maths sur les équations.
Ah oui X 2 donc x égal 4.
Ce n’était pas ça.
Valentine avait marqué trois.
Elle a jeté son contrôle à la poubelle.
Le papier s’est consumé, la flamme a repris vie et la poubelle a pris feu.
Valentine est partie et pense à sa vie qui part en fumée.

Abécédaire des objets chers

Abécédaire des objets chers (à nos yeux)

écrit par les élèves de l’école Jean Lurçat à Gennevilliers
Graines de conteurs saison 1

Note de Sylvain Levey : chaque élève a apporté un objet important pour lui, l’a fait découvrir aux autres élèves de la classe et a écris dessus pour, au final, rassembler 22 poèmes sur les objets chers à nos yeux.

H comme Héritage
Il est léger.
Il est long.
Il est rectangulaire.
Il me rappelle ma grand-mère.
Ma grand-mère qui est morte.
C’est elle qui me l’a offert.
J’étais moitié triste,
Moitié contente.
Il a appartenu à ma grand-mère,
Puis il a appartenu à mon grand-père,
Ensuite il a appartenu à mon père,
Et enfin pour finir à moi.
Il a voyagé dans le monde entier.
En Allemagne,
En Belgique,
Au Luxembourg,
Au Danemark,
En Norvège,
En Angleterre,
En Irlande,
En Espagne,
Au Portugal,
En Italie,
En France.
Il est rangé dans mon armoire.
J’avais 9 ans.
Il sent bon la Mecque.

Z comme Zoo
Un coeur
Un coeur très fragile
Un coeur que j’ai acheté au zoo
J’aimais bien ce zoo.
Il y avait du monde
Mes parents et mon frère
Et des animaux
Des singes, des lions, des éléphants.
Des animaux
Du plus petit au plus grand.
Mon coeur
C’est mes parents qui me l’ont offert.
C’était une belle journée.
La neige qui tombe sur le tigre.

M comme Mickey
Quand j’avais 1 an
Il était plus grand
Que moi.
Quand j’avais 2 ans
Il était un peu plus grand
Que moi.
Quand j’avais 3 ans
Il était un tout petit plus grand
Que moi.
Quand j’avais 4 ans
Il était presque à ma taille.
Quand j’avais 5 ans
Il faisait la même taille que moi.
Quand j’avais 6 ans
Il était un tout petit peu plus petit que moi.
Quand j’avais 7 ans
Il était plus petit que moi.
Quand j’avais 8 ans
Il était beaucoup plus petit que moi.
Quand j’avais 9 ans
Il était beaucoup, beaucoup
Beaucoup plus petit que moi.
Maintenant que j’ai 10 ans
Il est minuscule par rapport à moi.
Cet objet
C’est mon doudou Mickey Mouse.
Je l’ai eu pour mes 1 an en 2008.
Je l’ai encore mais je vais
L’offrir à mon petit frère.
Je dormais tout le temps
Avec lui, je mangeais
Tout le temps avec lui.
Et quand je le donnerai
à mon petit frère
J’espère qu’il sera
Comme moi quand
J’étais avec lui.

Q comme Question
– Qui te l’a offert ?
– C’est ma mère, j’avais trois ans et quand
Elle me l’a donné, je l’ai pris dans mes bras, j’étais rassuré.
– Quand l’as-tu eu ?
C’était en 2010 c’était un mercredi.
– Pourquoi tu tiens à cet objet ?
– Car il me fait penser à mes parents et aussi car il m’empêche d’avoir peur du noir voilà mon doudou est précieux.
– Où tu le mets dans ta chambre ?
– Je le met dans mon lit et quand j’ai besoin de mon doudou je le prend dans mes bras.
– Est-ce que tu l’aimes ?
– Oui je l’aime comme tous les enfants aiment leur doudou.

S comme Souvenir
C’est ma tante qui me l’a offert, elle apportait toujours des choses quand elle venait chez moi :
_mon autre livre d‘High School musical
_une poterie faite à la main
_un dauphin en verre
Et enfin mon livre Mon Chiot magique
Le chiot magique, je l’ai eu à neuf ans lors d’une fête chez moi. C’est le dernier cadeau qu’elle m’a fait avant sa mort.
Je le lis quand je m’ennuie.
C’est mon plus beau souvenir d’elle, le plus beau de tous.

C comme Coeur
C’est un souvenir de vacances.
J’avais 9 ans.
J’étais partie en vacances.
Avec l’ami de mon père, ma mère et mon frère.
Il faisait chaud.
Un jour, nous sommes allés sur un marché.
Un marché de souvenirs.
J’ai acheté un coeur.
Un coeur avec du sable dessus.
Un coeur avec un prénom.
Said
Said c’est le prénom de mon papa.
Je suis rentrée en France.
Je lui ai offert mon coeur.
Mon père était content.

D comme Dinosaure
Il appartenait
A mon petit, petit cousin
Qui l’a donné à mon
Petit cousin
Qui l’a donné à mon cousin
Qui l’a donné à mon grand, grand frère
Qui l’a donné à mon grand frère
Qui l’a donné à ma sœur
Qui me l’a donné.
Maintenant c’est mon doudou
Et je ne le donnerai à personne.
Mon doudou il est petit, il est vert,
Il est fabriqué en laine et en Chine
C’est un dinosaure.
Il me fait penser à mon grand-père
Car c’est lui qui me l’a offert juste avant sa mort.

V comme Victoire
Mon objet
Est très petit
Et il est très léger.
Je l’ai eu quand j’avais 6 ans dans mon club de football.
Je l’ai eu en m’entraînant très dur.
En courant 10 tours de terrain.
En transpirant beaucoup.
En m’entraînant dans la neige et dans la boue.
Mon entraîneur fait un classement et je suis arrivé deuxième.
C est mon entraîneur qui me l’a donné.
Il est dans une vitrine chez moi.
J’étais très heureux.
Quand je le vois, ça me fait penser à mon entraîneur.
Quand je le vois, ça me fait penser à Neymar et Ronaldo.
Quand je le vois, ça me fait penser au PSG.

L comme Légende Vivante
J’avais 10 ans et les autres avaient 12 ans.
J’ai fais beaucoup d’efforts pour l’avoir, c’était très compliqué.
Il faisait très froid et il était très tôt, c’était une compétition.
Il y avait 200 coureurs, c’était un cross très important.
Et je suis arrivé 11e, j’ai eu une médaille.
Ce cross s’appelle FSGT et même si je ne suis pas arrivé premier, je suis fier de moi et ma famille.
Et un jour je serai peut-être une légende vivante.

K Comme Kallbhi
Mon coeur
Le coeur de ma tante
Mon coeur est arrivé chez moi en 2014
J’avais 7 ans
Mon coeur me fait penser à elle
Mon coeur je l’ai appelé Najat comme me tante
– Grâce à mon coeur je suis joyeuse en ce moment même
– Grâce à mon coeur je pleure moins quand je suis triste
– Grâce à mon coeur je me sens bien
Cet objet est précieux à mes yeux
Je le mets sur mon bureau
Hafida kallbhi !

O comme Or
Tu me fais penser à ma victoire dans un tournoi de football.
Je t’ai posé au milieu de la chambre, de mes autres trophées.
Je t’ai ramené parce que notre équipe a tout donné.
Je te regarde avant de dormir.
Je rêve de toi la nuit, tu es ma coupe, elle vaut de l’or.

J comme Jumelle
Elles
Mes boucles d’oreilles.
Je les ai eu je n’avais pas 5 ans mais 5 mois.
Ma mère me les a achetées dans une bijouterie.
Elles
Mes boucles d’oreilles.
Etaient dans une vitrine dans une bijouterie pas dans une boulangerie.
Ma sœur a les même boucles d’oreilles que moi.
Caroline c’est ma sœur jumelle.
Caroline et moi nous sommes deux sœur jumelles non nées sous le signe des gémeaux
Mais née sous le signes du taureau
Mi fa sol la mi ré
Ce sont nos boucles d’oreilles adorées

W comme Waouh !
Je l’adore waouh !
Je l’adore waouh !
Je l’adore waouh !
Je l’adore la nuit
Le lundi
Le mardi
Le mercredi
Le jeudi
Le vendredi
Le samedi
Et le dimanche
Je l’adore vous le saviez
C’est ma Minnie waouh !
Ma Minnie c’est mon doudou adoré
Waouh ! Waouh ! Waouh !

B comme Belle
Il appartenait à une petite fille qui s’appelle Lounis.
Lounis c’est une petite fille que gardait ma maman.
Ma maman elle est copine avec sa maman.
Sa maman elle ma l’a offert quand j’avais un an et demi.
Quand je l’ai reçu, j’étais si heureuse que je passais mes journées entières à jouer avec.
Je l’ai appelé en souvenir de Belle et Sébastien.
Il est toujours à mes côtés même la nuit quand je dors.
Belle, c’est mon doudou favori.

F comme Fière
C’était mon premier tournoi.
C’était mon premier trophée.
J’ai gagné trois matchs.
Avec ma raquette j’ai tout défoncé.
Ce trophée est rouge et un peu argenté
C’est le plus grand de ceux que j’ai gagnés
Quand je l’ai eu, tout le monde était fier de moi
Maintenant il est dans mon armoire bien calé contre les autres
Quand je les regarde, moi aussi je suis fière de moi !

U comme Un jour
Cet objet appartenait à ma mère
Puis un jour à ma sœur qui l’a donné
à mon frère qui un jour me l’a donné
Qui un jour le donnera à mon petit frère
Qui le donnera a son fils
Qui le donnera a ses enfants.
Ce doudou pour l’instant est
Posé sur mon lit et restera
Tous les jours à mes cotés.

T comme Teddy
IL est très très très très très très précieux.
IL est très très très très très cher a mes yeux.
IL s’appelle Teddy.
Teddy c’est ma vie.
Teddy, je l’aime.
Teddy vit dans mon lit.
Teddy est blotti contre mon coeur.
Teddy est mon bébé.
Teddy c’est ma mère qui me l’a donné.
Teddy il me fait penser à mon grand-père.
JTM Teddy

A comme Ariane
Elle est si précieuse à mes yeux.
Les couleurs jaune bleu et noir sont mes préférées
Je l’ai fabriqué avec un bâton des ailerons des bout de bois
Avec une lame en fer je l’ai taillé
Je l’ai appelé Ariane 6 la plus légendaire
J’étais si heureux du résultat !
C’est ma fierté
C’est ma plus belle fusée

P comme Photo
Je l’ai eu à un an, un an et demi, encore tout petit petit.
C’était un vendredi à 21h30, je voulais aller dormir et j’ai vu toute ma famille, mes tantes, mes cousins, bref toute ma famille était chez moi, là devant moi.
Et depuis ce jour là, elle est posée en haut de mon armoire dans un cadre.
Tous les soirs je la regarde avant de m’endormir.
Sur ma photo, j’avais deux mois encore tout petit petit. Sur la photo, j’était bouboule (trop chou).
J’espère que je leur monterai à mes enfants et ça feras un bon exemple pour mes enfants.

N comme Neymar
Parce que le foot c’est ma vie
Parce que ça ma fait penser à Neymar.
Parce que c’est mon joueur préféré
Parce que ça me sert à jouer au foot
Parce que quand je le porte je suis très fort
Parce que ça me porte bonheur
Je l’ai eu dans la boutique du PSG à Saint-Denis
Parce que c’est mon père qui me l’a offert
Parce que j’étais très content
C’est mon maillot !
Neymar !
Jr !
P !
S !
G !
Ici c’est Paris !
Paris est magique !

E comme Enfance
Doudi est petit et léger.
Doudi est précieux pour moi.
Doudi a appartenu à mon grand grand frère puis à ma sœur puis à mon autre frère.
Doudi reste tout le temps dans mon lit.
Doudi dors souvent avec moi.
Doudi me fait penser a moi quand j était petite.
Doudi l’ai eu a 3 ans.
Doudi c’est un chien marron.
Doudi je l’ai eu chez ma grand-mère.
Doudi était très très précieux pour mes frère et ma sœur.
Doudi quand je ne l’aurai plus, je serai très triste.
Un jour je dirai adieu à mon enfance

365 jours

365 jours

écrit par les élèves du Collège LOUIS BLÉriot à levallois-perret
Graines de conteurs saison 1

Note de Sylvain Levey : chaque élève a écrit quatre souvenirs. Un souvenir de printemps, d’été, d’hiver et d’automne puis a choisi un des souvenirs et a écrit une scène (dialogue ou monologue) à partir de ce souvenir. L’ensemble des textes forme le texte 365 jours qui correspondent à une année scolaire.

03.07.2017
– Maman ???
– Oui ?
– Je peux aller à la piscine ?
– Non, prépare–toi, on va à la plage.
– Mais pourquoi ?
– Parce que c’est moi qui décide !
– Mais…
– Il n’y a pas de « mais ».
– Ça s’fait trop pas !
– Prends ton matelas et file !
– T’as pas d’ordres à me donner !
– Attends… Quoi ???
– T’as très bien entendu.
– C’est une blague, là ??! File !!!
– A la piscine !
– Non, ni à la piscine, ni à la plage, dans ta chambre !

18.07.2017
Y’a un bruit porte droite. J’y vais en tremblant. Rien. Quelle chance ! Je regarde le matelas et, là, une peluche Freddy. Dans le placard, il y a un monstre rouge, avec un crochet et des dents pointues. Et c’est un monstre ! C’est pire ! La lumière l’effraie, heureusement. Je ferme le placard et le rouvre. La lumière, vite ! C’est quoi, ça ? Une peluche trop mignonne. Je préfère ça plutôt que ce monstre réapparaisse. Porte gauche : j’entends une forte respiration. Je ne sais pas quoi faire. Bon, je vais fermer la porte. Je retourne vers le lit et… Boum ! Cet ours, c’était la peluche ou quoi ? Je me réveille brusquement. Quel drôle de cauchemar ! Il est seulement une heure du matin. Pauvre de moi… Maman m’avait pourtant dit de ne pas trop jouer aux jeux vidéo.

04.08.2017
Plage du Ruppione à proximité d’Ajaccio en Corse A1 (Corse– du– Sud)
On s’ennuyait (à en mourir). La location se trouvait (à trois mètres) derrière nous, mais maman ne voulait (comme d’habitude) rien entendre.
– Mais maman, ce n’est pas juste !
– Emma, tu es fatiguée (l’excuse du siècle) et Lise tu as les oreilles fragiles. (Pour la millième fois) NON !
– Mais maman, dès qu’on dit quelque chose, tu n’es pas (jamais) d’accord !

11.08.2017
– Maman je peux aller au parc ?
– Non, tu dois finir ce dialogue.
– Maman je peux aller chez un ami ?
– Non, tu as ce dialogue à finir.
– MamanjepeuxjoueràlaPS4 ?
– Non, tu joues à des jeux trop violents.
– Maman je peux faire voler mon drone ?
– Non, c’est trop dangereux pour le faire à la maison.
– Maman je peux allez au fast food ?
– Non, tu dois finir le dialogue.
– Maman je peux aller à la piscine ?
– Non tu as un problème d’oreille.
– Maman je peux jouer sur le PC ?
– Non c’est non ! Quand je dis non c’est non !
– Mais alors qu’est-ce que je peux faire ?
– Tu devrais lire un livre pour finir ce dialogue.

14.08.2017
En août, je suis allé en vacances au Cap Ferret. J’ai fait du surf avec mon frère et on s’est quand même bien marré mais, quand on surfe, il y a plein de trucs positifs et négatifs. Par exemple, quand on surfe sur l’océan Atlantique, l’eau est froide et c’est très énervant de tomber dans de l’eau glacée. Alors il me dit :
– Des fois, je me demande pourquoi j’aime le surf. Tiens, dis-moi des points positifs.
– Bah, je ne sais pas moi, il y en a plein comme la sensation qui est cool !
– Non mais t’as pas d’autres points positifs à part ça ?
– Que ça fait passer le temps, qu’il y a des grosses vagues… Bah, ok, j’avoue, il n’y a pas beaucoup de points positifs mais, au moins, il n’y a pas de points négatifs !
– T’es sûr de ça ?
– OUI !
– Je vais t’en citer des points négatifs tu vas voir… Alors il y a la température de l’eau, la planche jamais à la bonne taille pour celui qui la prend, les vagues qui soulèvent ta planche et qui te font mal, la foule et pleins d’autres choses comme ça.
– Ok, t’as gagné mais j’ai trouvé un point positif… C’est qu’on est ensemble !

22.08.2017
À la boutique de Futuroscope, j’ai voulu acheter la peluche lapin crétin mais ma mère m’a dit non !!! Je lui ai dit :
– S’il te plait
– Non !
– S’il te plait !!
– Bon d’accord mais que ça hein ?
Oui !!!

Après avoir acheté la peluche, je lui ai dit :
– Maman, je peux avoir la big peluche de l’âge de glace ?
– Non tu en as déjà une!
– Oui mais je n’ai pas celle de l’âge de glace.
– Non !
– S’il te plait ?
– Non !!!
– S’il te plait !
– Bon d’accord mais que ça !!
– Ouais !!!

Un peu plus tard, je lui ai dit :
– Maman, je peux avoir la peluche d’Arthur et les mini moy’s ?

31.08.2017
La veille de la rentrée.
– Maman j’ai pas envie d’aller au collège !!!
– Si, il faut aller au collège !
– Mais j’ai pas envie !!
– Tu es obligé de toute façon…
– Mais maman ça sert à quoi d’aller au collège ?
– Ça sert à apprendre des choses qui te serviront plus tard pour trouver du travail.
–Mais ça sert à quoi ??
– Ça sert à ne pas arriver en retard au collège, à ne pas prendre un billet de retard.
– Mais maman je veux pas aller au collège, les matières sont nulles !!!
– Mais non y’a des matières très bien comme les arts plastiques…
– Et ça sert à quoi l’art plastique ?!
– Bah je sais pas mais c’est très bien pour dessiner…
–Bah tu vois ça sert à rien !!
– Bon tu te tais et tu te prépares !!!
– OK…
Le lendemain
– C’est bon tu es près ??
– Oui je suis prêt…
– Okducouptuyvas…
– Oui…
–Àcesoirmonchéri !
– Oui c’est ça à ce soir…
Plus tard, devant le collège
– Oh salut Martin, ça va ?
– Ouais et toi ?
– Moi flemme de devoir aller au collège, pfff….
– Oui c’est pareil pour moi des fois. Bon, on y va ?
– Bah oui on est obligé, ok, pff…

13.09.2017
Devant le collège
A Salut les gars ça va ?
B  Ouais.
C  Çava…
B Vous avez bien dormi ?
A Pas très bien…
C Ça peut aller
A  On est le combien ?
B  Vendredi 14
C  Moi je n’en sais rien
A  Au moins on n’est pas vendredi 13
B  Grave
C  Heureusement
B Et j’ai oublié mon carnet !
A Tu vas finir à 17h30 !
C On finit à 13h30 en plus !
B Non mon téléphone il est plus dans ma poche
A T’es sérieux !!
C En plus ton téléphone il coûtait 800 €. Et moi, j’ai oublié mon sac !
A  Je n’avais même pas vu ! Tu vas finir à 17h30 toi aussi !
B  Mince j’ai toutes mes heures de colle aujourd’hui et j’en ai 4 du coup moi aussi je finirai à 17h30 !
C  On est le trio de la retenue ! LOL ! Et on aura une punition
B Eh les gars ! Il y a écrit vendredi 13 sur le panneau des absences !!!
A Je comprends mieux maintenant !!

03.10.2017
– M’man, où sont mes clés ?
– Dans ton sac.
– Oh ! J’avais oublié.
– ‘Pa, où sont mes lunettes ? Je les cherche.
– Hier j’ai cassé tes lunettes sans faire exprès.
– Eh ! Ça ne se fait pas. Tu aurais pu me prévenir avant.
– M’man, où est mon parapluie ?
– Il est…
Tut tut
– Hein ? Je n’ai rien entendu avec le klaxon des voitures.
– Hein?
– Tu peux la fermer ?
– Quoi?
– La fenêtre. Tu peux la fermer, s’il te plaît ?
– Non, il faut aérer la pièce.
– Oui, mais je ne t’entends presque pas.
– Tant pis. Débrouille-toi. Je m’occupe de Julia car il est 7h50 et elle n’est pas encore debout.
– Alors je la ferme.
– Comme tu veux.
– M’man? P’pa?
– Oui. Demande à ta mère.
– Mais elle ne répond pas.
– Qu’est-ce qu’il y a ?
– Tu m’emmènes ?
– Non.
– Pourquoi ?
– Parce qu’il est 7h53.
– Mais moi je suis en retard !
– Débrouille-toi, je dois emmener Julia à l’école.
– Mais il n’y en a que pour Julia à la fin ! Et moi je suis toujours en retard.

27.10.2017
La voisine d’en face.
Salut, c’est Manuella, la grande sœur de Thomas et Hugo. Ils sont à l’école ! GÉ-NIA-LI-SI-ME ! J’appelle Emma, ma B.F.F.
– Ouais allô ?
–…
– S’lut Emma !
–…
–Ouais et toi?
–…
– Eh bah, j’me disais que tu pourrais venir chez moi… pour voir un film toutes les deux ?
–…
–Twilight? Ça te va?
–…
– O.K. Bisous.
–…
Pendant que je préparais tout pour notre séance ciné entre Best Friend Forever, quelqu’un sonne à l’entrée. Je sors de la cuisine et je me précipite vers la porte. Je regarde par le judas et je vois une fille pas comme les autres. J’ouvre la porte et je lui dis :
– Euh… je peux t’aider ?
– Salut ! Je m’appelle Gamora, fille de Thanos. Je suis ta nouvelle voisine.
– Euh… Tu joues à quoi là ? Tu ne vas pas me dire que tu t’appelles GAMORA !?!
– Mais si, je m’appelle…
– MÃRÌA ! Dit une femme grosse comme un sac à patates qui sort de la porte d’en face. Encore en train de raconter des bêtises !
– Mais maman…
– Il n’y a pas de MAIS qui tienne ! Désolée, mademoiselle ! Elle est toujours comme ça, ma Marìñata.
La femme sac à patates rentre à l’intérieur et ferme la porte.
– Tu veux venir chez moi ? Lui demandai-je.
– Oui. Pourquoi pas ?
Emma arrive et dit :
– Salut Manuella ! Ça va ?
– Ouais. On peut dire ça. Ah au fait, je te présente Maria, ma nouvelle voisine. Elle regarde le film avec nous.
– AH ! D’accord.
On entre à l’intérieur et on montre la pochette du film à Maria. Elle dit :
– COOL ! Twilight ! J’adore ! Mais je préfère Dracula.
– T’es compliquée ! C’EST QUASIMENT LA MÊME CHOSE ! dit Emma à Maria.
On a regardé deux heures et demie sur la vie de Dracula et Maria dit :
– C’était cool. On regarde la suite demain !
Emma dit :
– C’était cool mais j’peux pas ! Trop de devoirs ! Manuella aussi !
AAH ! JE HAIS CETTE MARIA !

31.10.2017
Tu vas même pas me croire : je me suis baignée dans la Manche le seul jour de beau temps. Il y avait un soleil radieux, je te le promets, qui, à l’abri du vent, nous permettait de réchauffer nos corps. Les grosses vagues nous ont éclaboussés. J’ai vu des poissons ; un de mes amis a vu des crabes et a même ramassé trois kilos de coques et je te l’avais dit que tu n’allais pas me croire ! C’est beaucoup trois kilos de coques !!!
J’ai aussi fait des châteaux de sable. Oui oui, c’est vrai, je suis allée à la piscine et j’ai appris à plonger et c’est vrai ! J’ai aussi appris à jouer à la pétanque avec mon frère et mon père ; le soir, j’ai mangé une gaufre au Nutella.
Sur les planches, j’ai fait du vélo avec mon papa. Si, si, je te jure, même s’il y avait beaucoup de vent, j’ai fait du vélo. C’était trop cool !!!

15.11.2017
Il faut que tu mettes de la crème Nivéa ! C’est Nivea.fr qui te l’a dit.
Il faut manger cinq fruits et légumes par jour ! C’est mangerbouger.com qui te l’a dit.
Il faut acheter une Toyota Yaris ! C’est Toyota.fr qui te l’a dit.
Il faut changer d’assurance auto ! C’est lesfurets.com qui te l’a dit.
Il faut acheter du lait ! C’est « les produits laitiers, c’est nos amis pour la vie » qui te l’a dit.
Il faut acheter du shampoing Head & Shoulders ! C’est Antoine Griezmann qui te l’a dit.
Il faut acheter du steak ! C’est Mmm !!! Charal qui te l’a dit.
Il faut que tu ailles à Carrefour j’optimise ! C’est Carrefour.fr qui te l’a dit.
Il faut changer de banque ! C’est CIC.com qui te l’a dit.
Il faut que tu achètes des pizzas ! C’est Domino pizza qui te l’a dit.
Il y a des pâtes dans le frigo ! C’est maman qui te l’a dit.
Mais c’est pas un pub maman ?

01.12.2017
Les balises
Aujourd’hui, vous savez quoi ? On a sport ! On va faire une course d’orientation. Tout d’abord la prof nous dit comment nous allons faire. En avant !
Nous allons en balise 1. Ça fait du bien d’être dehors même s’il fait froid.
Direction balise 2 : dans la classe, certains se sont trompés.
En avant pour la balise 3. J’aurais préféré courir pour me réchauffer… C’est reparti.
Balise 4 : je commence à geler !
Balise 5 : je suis un glaçon !
On doit aller en balise 6. Je plains mes copines qui n’ont pas de gant… Capucine qui a fait une chute énorme et qui a dû arrêter.
Voici enfin la dernière balise : nous sommes toutes congelées. Enfin, je crois, sauf si un extra- terrestre se trouve parmi nous.
On rentre au collège, on a cours et on rentre chez nous. Je m’affale sur le canapé. J’ai mal au ventre, à la tête et j’ai froid. J’appelle ma mère. On va chez le médecin qui dit que j’ai une gastro. J’appelle mes amis pour leur dire que je ne serai pas là demain. Ils me disent que Capucine a une entorse, Valentin a la grippe et Benjamin la varicelle, que la prof a attrapé la gastro.
Voilà pourquoi j’ai lancé une pétition pour interdire la course d’orientation en hiver !

28.12.2017
17h45
« Maman on est bientôt arrivé à la montagne ? Nous sommes partis depuis 8 heures ce matin et il fait nuit maintenant.
– Oui, mon chéri dans dix minutes, on sera garés devant le châlet de l’hôtel. J’espère que nous aurons une grande chambre et un balcon avec une super vue !
– Et qu’il y aura des copains aussi !
– En tout cas, cette année, nous aurons de la neige, tu as vu tout ce qu’il est tombé pendant le voyage ?
– Oui, maman, j’ai même eu un peu peur de glisser dans le vide, quand nous avons dérapé sur la glace.
20h32
– Tu m’aides à porter les bagages ? On prend une douche et on descend prendre un chocolat devant la cheminée ?
– Bonne idée, j’ai hâte de louer le matériel de ski, de réserver nos forfaits et les cours à l’ESF. Je passe la seconde étoile cette année.
– On va se coucher pour être en forme demain.

28.12.2017
8h01
– Il est huit heures du matin, on va au ski !
– Ça y est, je suis en haut des pistes et prêt à m’élancer. AAAAAAAh, maman, il y a du verglas ! Je vais trop vite pour éviter ce sapin… »
Je me réveille dans un hélicoptère, bien enveloppé dans une coque en plastique, en route pour l’hôpital de Gap.

31.12.2017
– Oh j’adore l’hiver car on peut jouer avec la neige et demain, c’est la nouvelle année. C’est trop cool.
– On fait un bonhomme de neige ?
– Non, j’ai trop froid. On va plutôt boire un chocolat chaud. Hum, c’est trop bon.
– Et maintenant, on fait de la luge.
– OK, le dernier arrivé est une poule mouillée.
– J’ai gagné. Tu es une poule mouillée. Maintenant on fait du ski.
– Non, je ne veux plus jouer avec toi car tu gagnes tout le temps et tu me fais la rage.
– Bon, d’accord je ne te ferai plus la rage si toi tu me fais pas la rage.
– Non, tu m’as fait la rage alors je te fais la rage.
– Bon, peut-être qu’avec un peu de chance je gagnerai !
– Je te lance un défi : si tu gagnes, tu peux te réchauffer, mais si tu perds tu devras rester dehors. C’est compris ou je dois le répéter ?
– Non, j’ai compris. A la une, à la deux et à la trois.
– J’ai gagné, tu as perdu, tu vas mourir de froid.
– Ça ne se fait pas, j’ai perdu parce que j’ai trébuché sur un rocher… Pourquoi ça tombe sur moi ? Je vais mourir de froid et c’est reparti pour une dispute.

11.01.2017
– Salut les gars ça va ? Moi j’ai mal dormi.
– Ouais, moi aussi, j’ai mal dormi.
– Salut les gars, ça va ?
– Ça va bien et toi?
– Ça va.
– Vous saviez que la prof de math n’est pas là ?
– Ah bon ? Youpi ! On finit à 15h25.
– Oh non, j’ai oublié mon carnet, je vais me taper deux heure de perm’.
– Pas de chance, tu finis à 17h30.
– Oh non, moi aussi…
– Ouais, bah, on pourra rentrer ensemble.
– De toute façon, t’es bête, t’oublie tout.
– Quoi ? C’est toi qui parles ? Hier et avant– hier, t’avais oublié ton carnet.
– Bah toi non plus, c’est pas la première fois !
– Bon on arrête avec nos disputes.
– Ouais, t’as raison. On entre au collège.

22.02.2018
Je suis en février au ski, en ce moment je suis avec ma cousine Eloïse ; elle va passer l’étoile de bronze. Je parie que vous allez dire : « ouais, c’est trop génial ! » Mais en fait ça va être l’horreur toute la semaine. D’abord parce qu’elle va être la chouchoute du moniteur et ensuite elle va se la péter.

25.02.2018
Le jour des récompenses, je vais la voir…
– Alors je parie que tu l’as eue ?
–Bahoui !
C’est évident non, comme si elle ne m’avait pas assez cassé les pieds toute la semaine !
Elle engage une partie de boules de neige, bien sûr, c’est pour fêter ça. Je joue gentiment le jeu pendant deux minutes mais, par ennui, je lui lance une grosse boule de neige dans sa figure. Je fais semblant d’être désolée alors qu’au fond je me dis que, primo, si on me cherche, on me trouve et deusio, entre cousine nous sommes dans l’obligation de nous chamailler par moment.

11.03.2018
Salut ! Bon, eh oui ! vous êtes bien dans mon histoire, eh OUAIS !
Aujourd’hui, quand je me lève ma mère me dit tout le temps : « Ça va, tu n’as pas trop froid ? » – NON MAMAN !!!!!!!
Elle croit tout le temps que j’ai froid ; elle fait comme si j’avais froid à sa place, mais, en fait, je n’ai pas froid !!! « mais je l’aime ma Maman »
C’EST PAS TOUT ! Je n’ose même pas dire une réponse à ma mère, donc à la place, je dis :
– OUAIS… !

– Tu veux faire quoi ma chérie ?
– OUAIS… !
– Ma chérie ça va ?
– Mais tu me l’as déjà dit, Maman.
Mon frère qui s’en mêle :
– Ma petite sœur chérie, ça va ?
– Tu m’énerves !!! OH !!!!!!!!!
– Bon,on y va papa !
Ma petite sœur s’en va sans moi comme ça ? Ma mère s’adresse à mon frère :
– Mon poussin tu prends ton manteau. Allô ? Mon poussin ?
– Maman, je n’ai pas froid, et surtout, ne m’appelle pas mon poussin, s’il te plaît ; tu ne vas pas me le faire aussi !!!!
– Mon poussin tu as …………………………….
– Bon à mon avis on va partir sans lui. Papa, hein que c’est dommage ?

01.04.2018
Aujourd’hui c’est le poisson d’avril.
– Ça va?
– Oui.
– Stiti !
– OK, je vais voir Kevin.
– Tu passes une bonne journée ?
– Ouais.
– Stern !
– Salut.. À toute…
– Eh, tu sais comment on fait un poisson ?
– Non mais je m’en fish.
– Comment ?
– Taire !
– Ça va?
– Non…
– Bril !

03.04.2017 au 06.4.2018
La PIRE classe
En classe découverte, il y avait la pire classe ! La classe CM1 b. On n’avait pas de chance ! Surtout pour nos voisins (de chambre car on était en groupe) : d’un côté, il y avait notre PROFESSEUR !!!!! Et de l’autre côté, un groupe de filles très bizarres. Elles ne dormaient presque jamais ! Elles criaient tout le temps…
Et donc notre prof venait tout le temps et pensait que c’était nous ! La honte qu’on avait ! Un jour, on a décidé que j’allais entrer dans leur chambre sans faire de bruit.
Et, elles m’ont vue. J’ai vu leur chambre : c’était horrible !!!!!
Des bonbons partout avec des sucreries alors qu’on n’avait pas le droit !
Et je vous raconte pas la boum !
Depuis, je ne suis plus jamais rentrée dans des chambres comme ça…

19.04.2018
– Maman, je peux aller au parc avec Kira ?
– Ok.
– Maman, je peux aller au parc avec ma trotte ?
– Ok.
– Mais avant, j’ai envie de me faire belle !
– Ok.
– Donc tu me prêtes ton maquillage ?
– Ok.
– Et maman, je peux prendre ton nouveau sac de chez Zara ?
– Ok.
– Maman,jepeuxteprendreunbilletde20pouracheterdesbonbecs ?
– Ok.
– Etilyenadusoleil !
– Ok.
– Donc je peux prendre ta nouvelle paire de lunettes ?
– Ok.
– Et la casquette de papa ? Elle est trop stylée !
– Ok.
– Maman, je peux prendre les clé de p’pa ? J’ai perdu les miennes.
– Ok.
– Maman, il fait beau mais froid. Je peux prendre ton foulard qui te porte bonheur ?
– Ok.
– Maman, pourquoi tu me réponds toujours par OK et jamais par des phrases ?

03.05.2018
– Bonjour mon chéri. Aujourd’hui je ne serai pas là et ton père non plus, donc tu seras tout seul. Je vais te rappeler TOUTES les règles à suivre quand tu es seul :
Interdiction de manger des bonbons.
Tu n’invites pas de copains.
Tu ne sors pas sans mon autorisation.
Si jamais tu sors, ne cours pas.
Tu ne traverses pas au feu rouge.
Tu mets ton écharpe et tes gants.
Tu te laves les mains avant de manger.
Tu m’appelles avant de te coucher.
Tu te couches à 21h et pas après.
Tu fais la vaisselle.
Tu te douches.
Tu fais le ménage.
Tu te laves correctement les dents après avoir mangé.
Tu ne réponds pas aux inconnus.
Tu ne fais pas trop de bruit.
Tu ranges ta chambre.
Ne monte surtout pas sur une chaise ou un tabouret.
Appelle ton père aussi pour lui raconter ta journée.
Mange ce que je vais te préparer.
FAIS TOUT CE QUE JE T’AI DIT.
– Mais maman, toi tu fais tout le contraire de ce que tu viens de dire. Ça ne se fait pas !

15.05.2018
Les bourgeons explosent.
Je me souviens, les bourgeons explosaient. On était en tee-shirt. Il faisait chaud, le soleil était plein de joie. Nous étions de même, pour jouer surtout ! On riait.
Par contre pour travailler, il n’y avait personne. Sauf à l’atelier de peinture. Pourquoi ? Parce qu’il y avait Arsène Lupin ! Il menait une enquête sur l’aiguille creuse.

21.06.2018
– Alors, on mange quand ? J’AI FAIM !!!!
– Bientôt, bientôt.
– Quand bientôt ? J’AI FAIM !!!!
– QUOI!!! Dans une ou deux heures ? Deux heures, c’est trop long ! Une heure aussi. J’AI FAIM !!!!
Un peu plus tard
– Y reste combien de temps ? J’AI FAIM !!!!
– Plus qu’une heure.
– QUOI ? Y faut encore attendre une heure ? Mais J’AI FAIM !!!!
– Arrête d’exagérer.
– Je n’exagère pas, ça m’énerve ! J’veux manger des sushis, des hamburgers, des frites, des bonbons et plein de ketchup et surtout pas des épinards, des choux de Bruxelles, des brocolis, des endives, du poisson ou des courgettes. Et c’est mois qui décide, c’est clair ?
– Oui, oui, mais tu mangeras quand tes parents rentreront.
– J’AI FAIM!!!! J’veux manger tout de suite et pas après et ce n’est pas parce que mes parents sont à la fête de la musique que je mangerai plus tard pigé ?
– Ce n’est pas prêt de toute façon.
– Grrr ! C’est bon ? On passe à table ?
– Non pas tout de suite.
Ding ! Dong !
– Ah enfin vous êtes là, c’est pas trop tôt ! Allez allez ! À table !
– Je ne veux plus jamais revenir garder votre fils !

30.06.2018
La ponctuation
– Salut, tu veux lire mon texte ?
– OK!
– Oh mais tu as fait plein de fautes. Tu as oublié la ponctuation !
– OK, j’en ai marre. Tais-toi.
– Y’a quoi ? Je suis en train de corriger tes fautes.
– OK mais moi, au moins, je mange bien. Moi, au moins, je range ma chambre. Moi, au moins, je ne casse pas mon téléphone.
– Chut ! Tu m’énerves. Je vais te raconter une histoire. Tu te rappelles quand on est partis en Algérie ? Il y avait tous nos cousins et cousines dans la cuisine. On mange, on discute et, tout d’un coup, il y eu un grand coup de tonnerre. Puis, il n’y avait plus d’électricité et on a tous crié. Et comme on était dans le noir et qu’il y avait de l’orage en même temps ?
Ah oui ! J’en m’en souviens.
– Même Sofia a eu peur alors elle a couru pour aller voir maman et elle s’est cognée dans l’armoire.
– Ah oui, c’est vrai !C’était trop rigolo. Bref, tu peux me corriger.
– T’as oublié la majuscule.
– Fffff… Pourquoi j’ai dit ça, moi ? Stop ! Sors de ma chambre !
– Pourquoi ?
– Je parle bien français, non ? Tu as bien compris, là ? J’ai mis la ponctuation. Sors !
– Bon, si tu as des fautes, c’est pas de ma faute…

La fabrique des histoires

Avec les adultes allophones dans les centres sociaux et les étudiants au CROUS.

 

2021-2022

2019-2020

Lire les textes

L'écriture et l'imaginaire

L’écriture et l’imaginaire (riche dans les idées) – Centre social et culturel Petit-Colombes

Par : Hasnae ABBASSI, Akhtar ALI NAHEED, Engy AWED, Sana BENAISSA, Lelli BOUACHERINE, Madoussou DIARY, Fatiha E D DAYTI, Fatima EL ACHGAR, Walaa ELWAN, Messaouda HADI SAID, Olga HUZOVSKA, Jemaa IDBOUYA, Sahar KHELA SALAMA, Marwa MEDDEB, Herry NIANGADOU, Maria Ramos SANTOS DANTAS, Maniula SATHTHAPPAN, Sasireka SINGAMAPPANER, Jamila TAOUSSI, Naima WAHI, Hanan YAHYAOUI

Formatrice : Saida Benarab

Autrice intervenante : Métie Navajo

Graines de conteurs – saison 5


Note de l’autrice

Nous avons travaillé ensemble autour de la disparition, à partir de différents exercices qui mêlent réalité et invention. Nos séances ont été traversées de rires chaleureux, de questions, de silences studieux. En parlant de la disparition (de l’amour, de la neige) nous avons parlé du monde tel qu’il est aujourd’hui, proche et lointain – l’ailleurs rêvé, connu ou inconnu – tel qu’elles l’aiment et ne l’aiment pas, toujours affamées de joie et de beauté.

Didascalies : visite d’un bébé

Pleurs d’un enfant hors de la salle

Rires

Joie

[Ce sont les mots avec lesquels tout a commencé, un mois de novembre, au centre social et culturel Petit-Colombes. Autour de nous, des immeubles, le froid, les lumières de Noël. Près de nous, les enfants de certaines d’entre nous dans des poussettes, qui parfois s’impatientent et nous réclament ; à l’intérieur de nous, le souvenir, l’ailleurs, le lointain, et aussi le présent, froid et chaud à la fois.  

Nous étions à Colombes-sur-Seine.  Et loin de Colombes-sur-Seine.]

 Métie Navajo

 

Ici, il y a le Centre culturel et social Petit Colombes, où nous sommes.

Ici, au tout début, il y a ces mots :

 

         Fantastique Novembre Wagon Heureuse Neige Terre Rose                                    Narcisse Hotmail Imagination Amour Article Infini Force

 

Avec ces mots, s’écrivent des voyages d’amour et des histoires de neige.

 

Daniele

J’aime novembre parce que c’est l’automne. J’aime imaginer la lune briller la nuit et rendre notre monde lumineux. J’aime les arbres vêtus de belles couleurs. L’automne, c’est la saison après l’été, lorsque les feuilles tombent des arbres. C’est aussi la saison où les jours se font plus courts et plus froids, mais je suis toujours heureuse en novembre parce que je suis née en novembre.

 

Naheed

Aujourd’hui, c’est un bon jour pour écrire mon dernier texte pour l’école. Après, ce sera les vacances. Je me suis assise, j’ai ouvert la fenêtre pour regarder la neige au dehors. J’ai mis mon vase à côté de moi. J’y ai mis des roses rouges et blanches, et des narcisses. Ça nourrit mon imagination. Après cinq heures de travail, j’ai fini. J’ai relu et envoyé ma copie par email. J’espère avoir une bonne note. Quand la nuit est tombée, je suis sortie. J’étais très heureuse parce que le wagon du train était vide. A travers la vitre, je pouvais voir la lune éclairant le ciel.

 

Sahar

J’aime bien le mois de novembre parce que l’hiver arrive. La neige va commencer à tomber. Le froid va inonder le monde d’amour.

 

Engy

Il neige fort.

Rose et Narcisse jouent au tennis.

Rose gagne toujours, elle est heureuse.

Narcisse est tombée amoureuse le jour où la lune a brillé.

Elle pense que l’amour va durer éternellement.

 

Leila

Il y avait deux copines : l’Amour et l’Heureuse.

Elles s’étaient rencontrées sur la lune qui était couverte de neige. La vue était fantastique. Alors les deux amies ont décidé de se promener et de jouer un peu dans la neige. Et pendant qu’elles jouaient, elles ont retrouvé une autre amie qui s’appelait Narcisse.

 

Anonyme

Au mois de novembre, c’est l’anniversaire de mon amour, je suis très heureuse, j’imagine ce que je vais lui offrir. Je me connecte sur Hotmail pour regarder des articles, je trouve un parfum fantastique : extrait d’odeur de narcisse.

 

Fatima

Un jour, je décide de faire un voyage en train. Dans le wagon, je rencontre une chanteuse que j’aime beaucoup car elle donne une force d’imagination infinie.

Je suis très heureuse car elle va chanter une chanson que j’aime, « amour de la rose ». J’en profite pour lui demander son adresse mail (narcisse.92700@hotmail.com), pour m’abonner à son compte et recevoir ses notifications.

 

Hasnae

J’ai gagné un voyage ! Mais c’était au mois de novembre et je n’aime pas voyager pendant l’hiver : c’est nuageux et le temps est triste. Je manque de force, d’énergie… Vive l’été ! Le soleil, la mer et les glaces, les couleurs, les flamands roses ; la musique aussi et l’amour.

 

Sana

Cette année-là, j’ai réservé un train pour aller à la montagne, il a neigé. C’était fantastique et la nuit j’ai mangé sous la lune.

 

Olga

Aujourd’hui, je me suis réveillée heureuse, parce c’est notre anniversaire de mariage. Nous sommes ensemble depuis 10 ans déjà, c’est passé si vite.

Ce matin, mon mari m’a fait une surprise : un grand bouquet de roses.

Et il m’a dit : « je t’aime jusqu’à la lune, aller et retour. »

 

Jamila

J’ai reçu un mail d’une amie me demandant de la rejoindre, pour l’aider à écrire un article. J’étais très motivée sachant que c’est fantastique de travailler avec elle. Malgré le froid, malgré la neige, on avait beaucoup d’inspiration. On a fini nos recherches et on a écrit un article fantastique.

 

Fatiha

Au mois de novembre commence le froid et j’ai la sensation d’avoir besoin d’amour.

Je me suis imaginée sur la lune. L’idée de rester là-bas, dans l’infini de la lune, m’a donné de la force.

 

Maria

Une nuit, j’ai regardé le ciel et la lune était très belle. Elle éclairait toute la terre. J’ai vu la grandeur et la force de l’amour infini de dieu.

 

Herry

Dans mon imagination, les gens qui sont nés en novembre sont des gens fantastiques. Ils sont toujours joyeux de vivre et adorent les narcisses et les roses. Ils aiment aussi partir en lune de miel en amoureux.

 

Walaa

Un jour de novembre, j’ai pris un train pour le sud. J’ai rencontré une personne fantastique dans le wagon, belle comme un narcisse. Elle était seule. Elle avait un visage comme la lune, des joues comme des roses. Dès le premier regard, je suis tombé amoureux d’elle.

 

Nous avons décrit nos « ici », rêvé nos ailleurs,

décrit nos ailleurs, rêvé nos ici…

 

Ici, il y a le ciel gris et des gens tristes

Ici, il y a le bruit qui assomme

Ici, il y a mes copines que j’aime

 

Là-bas, il y a mon petit village où je renais à chaque fois

Là-bas, il y a mon âme qui flotte entre le ciel et la terre

Là-bas, il y a ma douce maman qui me prend dans ses bras

Là-bas, il y a la nature, l’hiver, le printemps, l’automne et l’été

Là-bas, il y a la lune qui éclaire les nuits et les cœurs tristes

LEILA

 

Dans ma ville qui s’appelle Colombes il y a plein de choses. C’est un lieu vivant. Il y a des centres commerciaux qui facilitent la vie des gens. Il y a des restaurants. Pas loin de chez moi, il y a un grand parc avec de grands arbres et du gazon. C’est un lieu magnifique où je pratique le sport. Il y a le centre culturel où je suis les cours de français. Il y a les transports en commun qui facilitent les déplacements.

Ici, il y a des embouteillages sur la route du Pont de Bezons et du bruit qui me stresse.

Ici, il y a les crottes de chiens, surtout dans les zones pavillonnaires.

Ici, il y a des centres commerciaux et des immeubles.

Là-bas, c’est le coucher du soleil avec vue sur la mer et sur la montagne

Ici, il y a beaucoup de voitures qui polluent.

Là-bas, c’est le ciel qui change peu à peu de couleur, qui passe du bleu à l’orange

Là-bas, c’est le bonheur car je me sens toujours en vacances

Là-bas, c’est romantique ; c’est un moment partagé face à cette belle nature

NAÏMA

 

Ici, il y a de beaux musées

Là-bas, c’est ma vie et ma famille qui me manquent

Ici, il y a beaucoup de bruits

Là-bas, c’est un lieu situé entre la mer et les montagnes, les montagnes à gauche et la mer à droite.

Ici, il y a toujours la pluie

Là-bas, c’est le soleil toute l’année

Ici, il y a la pollution

Là-bas, c’est un paysage parfumé par les figues de barbarie et les arganiers.

Là-bas, c’est l’amour et le respect qui importent.

FATIMA

 

Ici, il y a l’Arc de triomphe

Là-bas, c’est la fête tous les samedis

 

Ici, il y a de la lumière

Là-bas, j’entendais les hiboux la nuit

 

Ici, il y a des chiens dans les appartements et les maisons

Là-bas, ce sont des animaux dangereux

 

Là-bas, c’est la tranquillité sur les campus

Là-bas, c’est ma phobie

Là-bas, c’est une ville de rêves ensoleillés

Là-bas, ce sont des touristes anglophones

Là-bas, ce sont les vacances tous les trois mois

Là-bas, c’est ma ville d’enfance

 

Ici, il y a un sac autour de moi

MADOUSSOU

 

Ici, il y a mon lieu de vie quotidien, où j’habite

Il y a beaucoup de végétation : des arbres et des fleurs

Ici, il y a de grands bâtiments et beaucoup de logements

Ici, il y a un grand terrain mais il n’est pas très approprié pour les jeunes à cause des pierres

Ici, il y a un grand parking

Ici, il y a des granges de différentes couleurs

 

Là-bas, c’est mon paysage rêvé, un lieu adorable

Là-bas, c’est une vallée de jolis lacs et de montagnes

Là-bas, c’est un lieu rempli de jolies fleurs du soleil, de nuages et l’eau du lac qui s’écoule

Là-bas, c’est l’herbe verte qui chatouille nos orteils, des fleurs qui offrent à nos yeux des couleurs vives et des montagnes majestueuses

Là-bas, ce sont de beaux animaux : des paons, des chats et des lapins

Là-bas, j’habite dans un grand palais avec de nombreuses chambres.

NAHEED

 

Ici, il y a beaucoup de belles maisons

Là-bas, c’est la mer bleue, l’eau douce

Ici, il y a de beaux et grands parcs

Là-bas, ce sont les montagnes incroyablement hautes

Ici, il y a une belle place devant la mairie et j’y vais souvent

Là-bas, c’est la promenade au bord de la mer après le coucher du soleil, les pieds dans l’eau

 

Là-bas d’où je viens, c’est un paysage magnifique

Là-bas, c’est le désert ! On ne voit que du sable. Avec le reflet du soleil, on dirait de l’or dispersé.

Là-bas, c’est l’histoire de mille ans

Là-bas, ce sont les belles maisons dans la campagne

Là-bas, ce sont les grands arbres avec du rouge, du blanc, du noir

WALAA

 

Ici, il y a beaucoup de touristes

Là-bas, ce sont des nuages dans le ciel étoilé

Ici, il y a beaucoup de monde

Là-bas, c’est le voyage, j’aime bien

Ici, il y a beaucoup d’animaux

Là-bas, la place faite à la nature est grande

MANJULA

 

Ici, dans mon quartier, il y a de très grands immeubles

Ici, dans ma ville il y a trop de voitures

Ici, il y a trop de pollution

Ici, il y a trop de gens

Ici, il y a différentes cultures

Ici, il n’y a pas de salle de sport assez proche de chez moi et je m’ennuie

Ici, il y a de jolis parcs, j’aime bien m’y balader

 

Là-bas, c’est une ville qui s’appelle Tavernes, où j’ai passé de bonnes vacances.

Là-bas, c’est la France. En décembre, il fait très froid.

Là-bas, c’est le Yémen avec ses plages de sable. C’est mon pays.

Là-bas, c’est Socotra où il y a de magnifiques paysages.

Là-bas, c’est Barcelone où je pense aller passer mes vacances.

HANAN

 

Ici, il y a un grand parc avec un beau lac.

Là-bas, c’est mon petit paradis sur Terre, avec le soleil et la mer

Ici, il y a la tranquillité car on est loin des transports et du bruit

Là-bas, c’est loin de la civilisation, je me connecte avec la nature, je profite du coucher du soleil et du bruit de la mer

Ici, il y a un petit paradis caché dans le centre-ville

Là-bas, c’est comme si tu naissais à nouveau

Là-bas, c’est la vraie nature préservée de l’Homme ; avec de l’air pur qui te remplit les poumons et il te semble que tu peux voler !

OLGA

 

Ici, il y a beaucoup de maisons et de pavillons.

Ici, il y a beaucoup d’étrangers.

Ici, il y a beaucoup de moustiques en été.

Ici, il y a le centre social.

Ici, il y a des arbres et des plantes.

Ici, il n’y a pas beaucoup de pédiatres pour les enfants.

Là-bas, c’est la mer Méditerranée, les nuages dans le beau ciel. J’adore le son de la mer, son odeur, nager et bronzer.

Là-bas, il fait chaud toute l’année. Je n’ai jamais froid.

Là-bas, c’est la naissance de mon fils.

Là-bas, c’est Barcelone, les ramblas et la lumière.

Là-bas, c’est la place de Catalogne avec plein de pigeons.

Là-bas, c’est le long voyage pour aller voir ma famille. Je peux laisser mes enfants jouer avec leurs cousins.

Là-bas, c’est la joie et le bonheur pour moi quand je vois la mer et ma famille.

SAHAR

 

Ici, il y a de jolies maisons avec de grands jardins

Ici, il y a beaucoup de pigeons dans les rues

Ici, il y a des rats dans les parcs

Ici, il y a de beaux paysages verts et lumineux. J’aime m’y balader tranquillement la nuit.

Ici, il y a de grands magasins. Nous avons le choix pour faire des courses

Ici, il y a de nombreux parkings pour les voitures

Ici, il y a beaucoup de gens qui promènent leurs chiens et laissent les rues sales.

Ici, il y a des transports rapides qui nous permettent d’arriver à l’heure à notre destination.

Là-bas, c’est un paysage au bord de la mer où le soleil brille derrière les nuages

Là-bas, c’est la fête d’anniversaire de ma petite-fille et je lui offre de beaux cadeaux

Là-bas, c’est l’hiver, il fait froid

Là-bas, c’est mon fils qui voyage avec sa famille

Là-bas, c’est la France où vivent beaucoup de nationalités

Là-bas, c’est Barcelone où j’ai passé mes vacances

Là-bas, c’est le rêve de vivre au paradis

MARIA

 

Là-bas, c’est très beau et très calme

Là-bas, c’est plein de nature

Là-bas, c’est plein de fleurs de différentes couleurs

Là-bas, c’est plein de belles montagnes

Là-bas, ce sont des vues incroyables

Là-bas, c’est l’hiver avec les nuages et la neige

Là-bas, c’est le patinage sur glace

Là-bas, c’est l’été, les balades à vélo en montagne

Là-bas, ce sont les bâtiments construits en pierre et en bois

Là-bas, c’est le silence

Là-bas, ce sont les animaux sauvages

Là-bas, c’est plus confortable

Là-bas, je me sens bien

Là-bas, ce sont des personnes souriantes

Ici, il y a des jeux pour les enfants

Ici, il y a beaucoup de bruits, cela me stresse

Ici, il y a un centre commercial : j’ai beaucoup de choix

Ici, il y a la poste, la pharmacie, un grand parc : c’est magnifique

ENGY

 

Ici, il y a de grands immeubles.

Ici, il y a des espaces verts mais les parcs sont petits et il y a quelques arbres. C’est vraiment pas assez ; j’aimerais plus d’espaces verts.

Ici, il y a toujours des embouteillages, plein de voitures bloquées qui produisent énormément de bruits et de pollution.

Ici, il y a de petites maisons avec de petits jardins. J’aurais voulu habiter dans une petite maison plutôt que dans un petit studio.

Ici, il y a de grands centres commerciaux où je passe toute la journée pour pouvoir faire tous les magasins.

Ici, il y a ma vie toute bouleversée.

 

Là-bas, c’est la montagne

Là-bas, c’est la forêt

Là-bas, ce sont les routes fermées quand il neige

Là-bas, ce sont les écoles fermées quand il neige

Là-bas, ce sont les voitures qui glissent sur la route

Là-bas, c’est se réveiller et admirer un paysage blanc tous les matins d’hiver

Là-bas, c’est l’odeur du bois qui brûle pour nous réchauffer et la fumée qui sort des cheminées

Là-bas, c’est plein de fleurs colorées au printemps

Là-bas, c’est plein de monde qui se promène

Là-bas, c’est le ciel bleu et les oiseaux qui chantent

Là-bas, c’est là que les personnes aiment passer des vacances pour échapper au bruit de la ville

Là-bas, c’e sont les cascades d’eau froide

Là-bas, c’est la source d’eau au goût de soufre

FATIHA

 

Ici, il y a deux grands arbres devant la porte

Ici, en été, il y a beaucoup de bruits

Ici, il y a un arrêt de bus juste en bas de la maison

Ici, il y a de la musique et une rue avec des pavillons

Ici, il y a une mosquée et une rue pavillonnaire

Ici, il y a un immeuble de quatre étages bien sécurisé

Ici, il y a une cour avec des fleurs

Ici, il y a des magasins à côté et ça m’arrange car je n’ai pas de voiture

Ici, il y a un parc et une petite rivière : c’est mon endroit préféré

Ici, il y a de l’incivilité

 

Là-bas, c’est une plage de sable blanc et le ciel bleu

Là-bas, ce sont les vacances, la joie et la fête

Là-bas, c’est un grand jardin où poussent des manguiers, des orangers et un immense baobab

Là-bas, c’est un village tranquille avec des vaches et des chèvres

Là-bas, c’est le réveil calme avec le chant des oiseaux

FATIMA

 

Ici, il y a beaucoup d’embouteillages, de problèmes, de chiens qui salissent les rues, il y a aussi des maisons pleines d’humidité.

Ici, il y a aussi beaucoup de moustiques qui nous dérangent la nuit. Il y a beaucoup de souris et de chats. Dans ma ville, il y a un parc et une bibliothèque que j’aime beaucoup.

JAMAA

 

Ici, il y a des embouteillages sur la route du pont de Bezons

Ici, il y a beaucoup de centres commerciaux

Ici, il y a des problèmes de transport à partir de 19h

Ici, il y a beaucoup de pigeons sur la place Aragon

Ici, il y a des lumières partout dans les rues à l’approche de Noël

Ici, il y a de grands immeubles

Ici, il y a, en automne, des arbres qui jaunissent

J’aime regarder le paysage

HERRY

 

Ici, il y a toujours des embouteillages surtout à midi et le week-end, ça me dérange.

Ici, il y a beaucoup de cités où se mélange différentes populations.

Ici, il y a la Seine qui traverse la ville, au bord de cette dernière il y a des parcs très jolis et agréables.

Ici, il y a toujours des travaux. Par conséquent, il y a des changements d’arrêts de bus donc on perd du temps.

Ici, il y a des centres culturels toujours disponibles pour aider les gens qui en ont besoin.

JAMILA

 

Dans ma ville à Colombes, il y a des choses que j’aime et d’autres que je n’aime pas.

Il y a de jolis paysages : quand je vais au parc, je vois de grands arbres, des fleurs et des nids d’oiseaux.

Ici, il y a des magasins pour faire ses courses.

Ici, il y a de magnifiques lumières la nuit pour la fête de Noël.

Mais ici, il y a aussi des choses qui m’énervent comme les embouteillages non seulement pour la circulation mais pour le bruit et la pollution.

Ici, il y a les rats qui sortent de partout.

Ici, il y a les crottes de chien sur les trottoirs.

MARWA 

Nous avons pensé à des pays faits à partir des lettres de nos noms, où la neige avait disparu.

Rania c’est mon pays, il a de grandes montagnes. Avant, il y avait beaucoup de neige. Quand elle tombait, elle laissait sur la Terre un grand drap blanc. La lumière du soleil donnait de la magie aux paysages.

Maintenant, à cause de la pollution, cette merveille n’existe plus : la neige a disparu.

MARIA

Aras : où la neige a disparu des montagnes.

Aras : où la neige a disparu.

Je trouve magnifique ce grand ciel bleu avec le soleil qui commence à descendre derrière la montagne, c’est une vue splendide, ce coucher du soleil

Aras : où la neige a disparu.

Je pouvais gravir la montagne avec ma famille. Nous pouvions y faire beaucoup de choses : emprunter les télésièges et admirer le paysage vu d’en haut. C’était vraiment fantastique. Par contre quand la neige commençait à tomber, c’était un peu dangereux pour mes enfants. Quand la neige couvrait tout, on ne pouvait pas courir facilement, le sol glissait et les enfants avaient des bleus partout. Maintenant, à Aras, la neige a disparu, mais la vie reste très jolie. Il y a plein de lumières, de la joie et des rires.

SAHAR

Wamar : le pays où la neige a disparu. Le ciel est bleu, le soleil brille. Les oiseaux gazouillent, tout le monde est heureux.

C’est vrai que les montagnes étaient jolies avec la neige, elles étaient toutes blanches.

On faisait du ski. On pouvait voir la fumée des cheminées au-dessus de chaque maison. Mais la vie quotidienne était difficile. Aujourd’hui pourtant, la neige nous manque.

La neige a disparu, mais pas la joie. La solidarité et la gentillesse existent toujours.

MARWA

Lanjuma, c’est le pays où la neige a disparu. Quand la neige a disparu, les enfants l’ont cherchée. Avant, il neigeait toute la nuit. Au matin, nous nous réveillions et nous voyions la neige qui recouvrait le sol. Nous étions très contents. Maintenant, la neige a disparu : nous avons perdu ce beau paysage.

La neige a disparu. Mes enfants demandent : où est la neige ? Nous sommes tristes.

MANJULA

Anima, où la neige a disparu à cause du changement climatique. Nous avons perdu le manteau neigeux qui recouvrait les montagnes. Les arbres demeurent verts pendant le froid de l’hiver. Pas de blanc.

Le soleil ne trouve plus son chemin à travers les nuages pour que tout devienne lumineux comme par magie.

Nous avons perdu les pistes de ski et les merveilleux paysages.

NAÏMA

Forgomes, le pays où la neige a disparu. Oh que c’était beau ! La ville toute blanche dans le froid glacial. Il fallait s’habiller chaudement et faire de grands efforts pour sortir. Mais dehors c’était amusant : batailles de boules de neige, et bonshommes de neige. Aujourd’hui ce n’est plus pareil. Il fait doux. On a la liberté de s’habiller comme on veut et de sortir quand on veut.

FATIMA

Niangara est mon pays natal. Autrefois il y avait beaucoup de neige sur les champs, les arbres et les fleurs. La disparition soudaine de la neige et le changement climatique inquiètent les habitants. Niangara a commencé à changer de paysage : les rivières disparaissent, la lumière devient grise. Il ne fait plus froid, on peut se promener librement et le ciel commence à se dégager.

HERRY

Nasah, le pays où la neige a disparu : plus de bonshommes de neige, plus d’enfants qui courent partout pour faire des boules de neige. Il n’y a plus de ville blanche ni de maisons couvertes de neige. La sensation de confort et de paix nous manque. Tout comme la ville qui reste lumineuse jour et nuit et le paysage qui ne change plus de couleur, il lui manque quelque chose : la neige a disparu.

HASMAE

Tafï : le pays où la neige a disparu. Ça me remplit de tristesse de voir Tafï en plein hiver sans neige. Aujourd’hui, on est en décembre, il n’y a pas de neige. Les rues sont propres, aucune difficulté pour circuler. Tafï a perdu son charme : plus de touristes, finies les journées où tout le monde était bloqué, où les écoles étaient fermées, où les enfants jouaient dans les rues pendant que leurs parents nettoyaient leurs voitures couvertes de neige. J’essaie d’expliquer à mes enfants comment était Tafï avec la neige, c’est malheureux que mes enfants n’aient jamais eu l’occasion de jouer avec la neige.

FATIHA

Illei était un petit village qui portait chaque année un joli manteau blanc. Cela faisait un merveilleux tableau à couper le souffle, surtout la nuit, quand on voyait des flocons de neige scintiller comme des diamants sous la lumière de la lune qui, telle une lampe magique, éclairait le village. C’était une vue magnifique.

Pendant la journée, tous les enfants sortaient pour jouer et s’amuser, mais à cause du changement climatique, au fur et à mesure des années la neige a disparu et les traits du si beau village en hiver ont changé ; il a perdu toute sa beauté et son charme, il est devenu triste.

LEILA

Aalaw est un pays où la neige a disparu, ce n’est pas facile. Pourquoi ? Parce qu’avant, quand il y avait de la neige, toute la famille se retrouvait autour de la cheminée pour manger des châtaignes grillées, discuter et profiter de la douceur familiale. Quand il y avait trop de neige, la vie s’arrêtait. Plus d’école, plus de travail ni de transports.

Finalement la neige manque car les enfants aimaient jouer à faire des boules de neige, surtout pendant la période de Noël.

WALAA

Nanah c’est mon pays. Avant, il y avait beaucoup de neige, c’était très joli. Les paysages étaient magnifiques et donnaient de la joie. Maintenant, il n’y a plus de neige à cause de la pollution, et certains animaux ont disparu aussi comme les ours et les loups. La neige a laissé place aux incendies qui ravagent nos paysages.

HANAN

 

Et nous avons dit non. Non à ce monde où la neige disparaît.

Je dis non à la disparition des montagnes

Je dis non à l’abandon des ouïghours qui n’ont aucun droit

Je dis non aux hommes qui violentent leur femme

Je dis non à la fermeture des boîtes de nuit

Je dis non à l’arnaque

Je dis non aux enfants qui agressent leurs amis

Je dis non à la troisième dose

Je dis non à la paresse de Madoussou

Je dis non à la discrimination au travail

 

Je dis oui, oui et oui à l’amour

MADOUSSOU

 

Je dis non à la disparition de l’amour

Je dis non à la méchanceté

Je dis non à la jalousie

Je dis non à la mauvaise intention

Je dis non à tout ce qui fait mal au cœur

Je dis non à celui qui profite des gentils

Je dis non à celui qui profite de son pouvoir pour faire du mal aux autres

Je dis non à la société qui ne donne sa chance qu’aux riches

Je dis non à tous les mauvais sentiments qui existent sur la terre

Je dis non à tous les humains qui n’apprécient pas les bons sentiments qui existent (l’amour, la gentillesse, la bonne foi)

 

Je dis oui au bonheur et à la joie de vivre

WALAA

 

Je dis non aux personnes méchantes

Je dis non à un monde où on vit comme des robots

Je dis non à la disparition de l’amour

Je dis non à la jalousie entre les femmes

Je dis non à la vie avec violence et sans confiance

Je dis non à la colère

JE DIS NON À LA COLÈRE

Je dis non au ciel gris sans soleil

Je dis non à la société non-mixte

Je dis non au racisme

 

Je dis oui à la solidarité, à l’amour, à la joie et à la sagesse de vivre ensemble

MARWA

 

Je dis non à la nature qui disparaît

Je dis non à la disparition des espèces animales

Je dis non à la pollution des océans

Je dis non à un monde qui nous stresse

Je dis non à l’égoïsme et l’individualisme

Je dis non à l’exploitation de la nature

 

Je dis oui à l’amour de la nature

NAHEED

 

Je dis non à la violence

Je dis non à la discrimination

Je dis non à la solitude

Je dis non à la tristesse

Je dis non aux enfants qui abandonnent leurs parents quand ils deviennent adultes

Je dis non aux parents qui harcèlent leurs enfants quand ils ont des difficultés

Je dis non au pass sanitaire dans chaque lieu

Je dis non à une vie dans l’ignorance

 

Je dis oui aux couples qui s’aiment, à la solidarité et à la générosité

ENGY

 

Je dis non à la tristesse des mamans qui ont la vie dure

Je dis non à la solitude

Je dis non aux relations familiales abusives

Je dis non aux gens qui nous blessent avec leur comportement

Je dis non à la trahison et à l’hypocrisie

Je dis non au changement climatique

Je dis non au corona qui nous fait vivre un cauchemar et qui nous fait perdre de nombreux êtres chers

Je dis non à la violence entre les familles, entre les enfants et à la violence dans la rue

Je dis non à tous ceux qui portent des masques et prétendent être innocents

 

Je dis oui à toutes les belles relations qui nous rassemblent

LEILA

 

Je dis non aux profiteurs

Je dis non à la violence

Je dis non au manque d’amour

Je dis non à la solitude

Je dis non à un monde où les êtres vivent comme des robots

Je dis non à la distance émotionnelle

Je dis non à la souffrance

Je dis non au chagrin

 

Je dis oui à l’amour durable, au bonheur et à la joie

NAIMA

 

Je dis non à la disparition de l’amour

Je dis non à l’abandon des enfants

Je dis non à l’isolement des vieux

Je dis non À une vie sans fête et sans la Saint-Valentin

Je dis non à la méchanceté des uns envers les autres

Je dis non au manque de solidarité

Je dis non à l’utilisation du téléphone en classe

Je dis non au racisme en France

Je dis non à l’hypocrisie

 

Je dis oui À LA VIE

HERRY

 

Je dis non à la méchanceté, parce qu’elle nous fait oublier notre humanité

Je dis non à passer beaucoup de temps au téléphone car cela nous empêche de communiquer

Je dis non à la violence parce qu’elle ne produit que la guerre et la mort.

Je dis non à la jalousie car cela ne mène qu’à la violence et à la méchanceté

Je dis non à la télé parce que cela pollue notre cerveau

Je dis non à l’agressivité avec les enfants, car cela produit de l’agressivité et de la violence entre les enfants

Je dis non à l’oubli des personnes âgées qui ont besoin de nous

Je dis non à la grève des transports parce que c’est fatiguant

Je dis non au manque de respect

 

Je dis oui à l’amour car il nous aide à tout surmonter, pardonner et oublier

OLGA

 

Je dis non à la violence

Je dis non à l’intimidation

Je dis non à l’utilisation excessive des téléphones

Je dis non à la jalousie qui détruit les relations entre les couples

Je dis stop au shopping : c’est du gaspillage d’argent

Je dis non à la totale confiance car elle amène parfois du malheur

Je dis non à la haine pour que l’amour et la paix règnent sur le monde

Je dis stop à la visite des voisins sans prévenir

Je dis non à la provocation

 

Je dis oui aux câlins et à l’amour de mon mari

JAMILA

 

Je dis non à la discrimination

Je dis non au sexisme

Je dis non à un monde où les gens ne se respectent plus

Je dis non à la polygamie

Je dis non au mari macho qui croit que la place de la femme est dans la cuisine

Je dis non au mariage sans amour

Je dis non aux reproches

Je dis non à l’abus de pouvoir

 

Je dis oui à l’amour et à la joie

FATIMA

 

Je dis non à la violence parce qu’elle engendre le chaos

Je dis non à l’égoïsme parce qu’il ne connaît pas l’amour

Je dis non à l’agressivité des parents envers leurs enfants

Je dis non au chocolat car il n’est pas bon pour la santé

Je dis non à la tristesse parce qu’elle nous angoisse

Je dis non à la vie sans amour

Je dis non à l’abandon des personnes âgées

Je dis non au manque de respect

Je dis non à la guerre qui tue les innocents

 

Je dis oui à la confiance et l’amour des enfants

Enfin, je dis oui à la vie et à la paix

MARIA

 

Je dis non au shopping sur Internet

Je dis non aux séries télé

Je dis non aux jeux vidéo

Je dis non à la société de consommation

Je dis non à la violence

Je dis non aux flammes qui brûlent les bâtiments

Je dis non à l’isolement des vieux

Je dis non à la triste réalité

Je dis non aux enfants orphelins

 

Je dis oui aux longs voyages à la mer

SASIREKA

 

 

 

Entre ciel et terre

Entre ciel et terre – Centre social et culturel Europe à Colombes

Par : Sabrina ABDELAZIZ, Amina ALILAT, Malgozaia BELMAGHNI, Hawa DIOP, Fatima EL AYOUBI, Fatima Zohra EL BAKKOURI, Mlika KOUBI, Souhila LAHMIDI, Sadjia MANSOURI, Clarice MBAMI BAKOUMEN, Lucia MENACA CARDONA, Rachida MGAIJER

Formatrice : Amina Dhif

Auteur intervenant : Gustave Akakpo

Graines de conteurs – saison 5


L’histoire commence dans une salle d’attente, chez le médecin. Il y a en majorité des femmes avec leurs enfants. Un enfant demande à sa maman : « Il est où papa ? » Ça fait plusieurs fois qu’il lui pose cette question. Plusieurs fois dans la même journée. Alors elle est un peu excédée, la maman.

« Arrête ! Papa, il travaille, c’est moi qui suis là avec toi. C’est moi qui fais tout. Je t’amène chez le docteur, à l’école, au parc jouer, les rdv, c’est moi, les courses, c’est moi, les anniversaires chez les copains, faire à manger… »

« Ça c’est sûr », dit une maman, en souriant, « du moment qu’on ne travaille pas, on est obligé de tout faire.

– En même temps, ce « tout » c’est du travail.

– C’est beaucoup de travail !

– Et quand il y a quelque chose, c’est la faute de maman : « C’est toi qui es avec eux toute la journée, moi je travaille. »

– « Elle travaille pas bien à l’école ? Comment ça se fait ? Tu ne l’as pas suivie. T’as raté quelque chose, c’est pas normal. »

– Il a fait des bêtises, le petit. « Ah bon, pourquoi tu ne lui as pas expliqué ? »

– Même si tu expliques, de toute façon, c’est ta faute !

– S’il tombe…

– Ça c’est pire !

– « Pourquoi tu ne l’as pas surveillé ? Pourquoi tu n’as pas fait attention ? »

– « Ça veut dire que tu es en train de discuter avec tes copines, tu ne l’as pas surveillé ! »

– Ils ne savent pas que les enfants courent à gauche, à droite, grimpent, dévalent, montent, vont partout dans tous les sens !

– Moi, je trouve que ce n’est pas normal, le papa, il ne fait rien. Il travaille, oui mais c’est la femme… »

Et l’enfant d’intervenir : « Je vais le dire à papa que vous avez dit qu’il ne fait rien ! »

Et les femmes éclatent de rire.

Et l’enfant d’ajouter :

« Quand je serai grand, je serai fort comme papa !

– On n’a pas dit le contraire, lui répond sa maman. Papa est fort. Mais ça ne veut pas dire que maman n’est pas forte. Papa travaille mais maman travaille aussi.

– Non, maman, elle ne travaille pas ! Dit l’enfant.

– Elle n’est pas payée ! Rajoute une femme rigolant en chœur avec toutes les autres.

Toutes ? Non. Il y en a une qui ne rit pas.

– Moi, je ne suis pas d’accord quand on parle de l’homme comme ça. C’est vrai que la maman s’occupe de tout, mais si l’homme ne ramenait pas les sous à la maison…

– C’est vrai !

– Mais il y a des femmes qui travaillent et qui s’occupent aussi bien de leurs enfants !

– Moi, je peux bien aller travailler ! Mais je préfère m’occuper de mes enfants.

-L’homme peut aussi rester à la maison, garder les enfants, les amener à l’école, aux rdv… pendant que maman ramène les sous !

– Il y a bien des papas qui font ça ! C’est pas parce que la femme travaille, mais parce qu’ils n’ont plus de femme. Comme il y a des mamans qui travaillent et s’occupent seules de leurs enfants.

– Moi je veux voir mon papa ! Réclame encore l’enfant.

– Vous voyez les enfants, quelle ingratitude !

– Papa travaille, il part tôt, il rentre tard. Il sort le matin à 8h30, il rentre à 20h le soir. Les enfants ne le voient que 5 mn. « Ça va ? Ça va ? » et ils vont dormir. Ils n’ont que le dimanche avec papa.

– C’est un choix.

– Oui, dans le couple on fait toujours un choix. Mais hier, mon mari m’a fait la remarque : « Aujourd’hui, je suis rentré à 20h30 et ils sont déjà au lit ! Je ne les vois pas ! » Je lui ai répondu : Mais demain, il y a école ! – S’il est en retard tant pis pour lui ! – Parce que le lendemain matin c’est maman qui doit les réveiller. « Je suis fatigué.e ! »  « Je ne veux pas aller à l’école ! » C’est moi qui vais galérer avec eux. Ils vont aller en pleurs à l’école, j’aime pas les ramener en pleurs. Il faut qu’ils y aillent de bonne humeur pour bien travailler, se concentrer. « Je sors il fait nuit, je rentre il fait nuit, je ne vois pas mes enfants ! » Je lui ai dit : c’est pas de ma faute, c’est comme ça.

– Quoiqu’il en soit, pour moi, c’est toujours la maman qui se sacrifie le plus pour les enfants.

– C’est normal, elle est femme.

– Les mamans s’inquiètent toujours pour leurs enfants. Même s’il a 60 ans, du moment que je suis en vie, il reste toujours mon bébé.

– La femme, c’est la colonne vertébrale de la famille. On dit qu’elle est faible, qu’elle est douce, mais c’est sur elle que tout repose. Elle est l’amour, la rose, la fragilité, la sève que l’homme doit protéger avec sa force d’homme. La famille est un arbre dont la femme est la sève et l’homme, l’écorce.

– Ça, c’est quand l’homme est là ! »

L’enfant, quant à lui, retourne à ses jeux, les femmes, elles, poursuivent.

« Il suffit d’un rien et on est lancée ! Chacune en a sur le cœur. C’est comme ça. L’homme est la préoccupation des femmes avec leurs copines, la femme est la préoccupation des hommes avec leurs copains.

– La Docteure, elle, elle parle comme un homme.

– J’aime sa façon de parler, elle me rappelle une tante. Non pas exactement comme la Docteure, ma tante, elle parle en tapant la main sur la table. Mais toutes les deux ont cette façon de parler, autoritaire ! On sent en elle une personne décisive dans ses projets et ses objectifs. Elle est responsable. C’est vraiment une personne qui peut diriger une entreprise. Ma tante, elle, elle a perdu son mari tôt. Avec 5 enfants, 2 filles et 3 garçons, y’avait personne pour l’aider à s’occuper de ses enfants, donc elle a décidé d’aller travailler dans l’entreprise où son mari avait travaillé, elle travaillait dur, toujours concentrée sur son boulot, elle riait pas toujours, le visage serré, les gens se posaient la question, pourquoi elle est comme ça. Elle a su éduquer ses enfants seule sans l’aide de personne.

– Quand il n’y a pas d’écorce, la sève devient écorce. Je suis forte et fragile, parce que je fais les deux. Je ne mets pas de parfum, je ne vais pas être belle, parce que je dois travailler, la poussière, le ménage, je vais élever mes enfants. Je fais tout le travail d’un homme et d’une femme. J’ai trouvé en moi l’homme sur lequel m’appuyer et ma féminité est enfouie là en dessous de la poussière des responsabilités.

– Pour moi, la force c’est dans la tête. Parce que pour la femme, la force c’est dans la tête. Par rapport à l’homme, on dit il est fort, il est fort physiquement, dans la tête parfois, il est faible.

– Mais, l’homme doit toujours se montrer fort. Les hommes ne peuvent jamais devenir fragiles. L’homme ne peut jamais lâcher sa virilité. C’est sa sécurité.

– Mais il y a des situations où l’homme devient fragile.

– Oui, mais il ne reconnaîtra pas sa fragilité.

– Oui, la femme, elle connaît la fragilité de l’homme, elle devient sa maman. L’homme, même lorsqu’il est fragile, il y a son orgueil, « c’est moi l’homme, c’est moi. »

– Moi je connais des hommes qui savent être fragiles. Ça dépend des mentalités. De comment l’homme est éduqué.

– T’as raison.

– Ma tata elle est décédée, elle a laissé trois enfants. Et c’est le père qui remplace la maman maintenant. Avant, le pauvre, il ne s’occupait de rien, et maintenant, il s’occupe d’eux, comme une femme. Il leur parle de tout, comme une femme qui donne des conseils à ses enfants. C’est difficile, mais pour lui, c’est la vie. Être, parler comme une femme.

– Pendant plusieurs années, j’ai vécu avec ma famille. Jamais séparée d’eux. Toujours ensemble. C’est pour ça que j’avais un homme qui était mon bras droit. Avec lui, je n’étais jamais triste. Plutôt, j’étais courageuse. Il ne m’a jamais parlé fort ou engueulé, pas une claque, jamais ! J’étais fière de lui et je le reste toujours. Vous savez de qui je parle ? Mon père. Il était un homme travailleur, qui se levait à 4h du matin, mettait ses vêtements qui étaient parfois noirs à cause du charbon. Il était machiniste. Conducteur de trains de charbons. Malgré tous les mauvais temps, les blessures, il était capable de travailler et de ramener à manger à ses enfants.

– Moi, j’ai un garçon et une fille. Je leur donne la même éducation. Je leur dis : Vous êtes pareil. Tout le monde participe aux tâches de la maison. C’est l’éducation que j’ai reçue. Mes frères aussi.

– Moi, mon frère, jamais il ne fera la cuisine, mais il va m’amener chez le médecin, payer les médicaments…

– Donc il se limite à ses tâches d’homme.

– … voilà, et moi je dors tranquille.

– Si on regarde du côté de la philosophie, le Père de la philosophe, c’est Socrate ou – moi je les mélange toujours – Socrate ou Platon, selon lui, la société quand elle a commencé à faire la tribu, le chef, à s’organiser, et qu’on a commencé à faire chacun sa place la hiérarchie, ils ont dit : « C’est l’homme ! La hiérarchie, c’est l’homme et il protège la femme, l’enfant et le serviteur, il protège les plus fragiles. Il va faire la guerre, il va chasser, il va commander ! » Mais un jour, l’homme a commencé à déraper, à faire de sa force, une injustice. Il commence à faire pression sur sa femme : On va voir une autre… On va faire une autre maison… On va la punir avec ses enfants…, c’est parce que c’est lui qui travaille ! C’est lui qui touche l’argent ! À travers cette souffrance, la femme s’est réveillée. Pour sauver sa peau et la peau des enfants.

– J’avais 7 ans, mes parents sont séparés, divorcés, mon père s’est remarié avec une autre femme, il a eu avec elle 4 garçons. Quand j’allais en vacances chez les garçons, mes frères avaient le droit de jouer devant la maison, avec leurs vélos et moi, comme je suis une fille, j’avais pas le droit. Ça me révoltait parce que ce n’était pas juste.

– Le jour où j’ai eu mon bac, c’était le plus grand jour de ma vie. Je rêvais de terminer mes études. Mais, dans certaines familles conservatrices, la fille à un certain âge doit se marier, avoir des enfants… Mes parents sont contre tout ça. Ils croient que fille et garçon sont sur le même pied d’égalité. Du coup, j’ai les mêmes pensées que mes parents. Donc, j’ai continué mes études et j’ai eu ma licence et mes parents étaient fiers de moi, car j’ai le même droit que les garçons. Je raconte ça, parce que dans ma famille, les garçons sont nombreux.

– Moi, je me souviens bien de ce jour, où je jouais avec mes copines et 3 garçons sont venus vers nous et ils nous ont proposé un jeu du lion et des chèvres. Je leur ai demandé d’être le lion, ils n’ont pas accepté parce que je suis une fille et le rôle de lion c’est pour les garçons, du coup j’ai exprimé mon mécontentement, les garçons ont protesté, mais j’ai fini par être le lion.

– Personnellement, je pense qu’il n’y pas de qualités ou de valeurs qui caractérisent spécifiquement un sexe. Les femmes et les hommes doivent être à égalité. Pour moi, la personne qui représente le mieux la virilité c’est ma mère, parce qu’elle est une personne qui a toutes les qualités que doit avoir une personne virile. Pour moi la virilité est symbole de courage, force et assurance.

– On dit la virilité, la virilité, c’est quoi un homme viril ? Une femme virile ?

– C’est quoi un homme viril ? C’est un homme bien, qui est conscient, qui a réussi sa vie.  Il prend du temps pour se faire du bien. Il respecte les gens sages et courageux.

– Un homme patient, courageux, responsable, qui a une parole, qui respecte la femme, qui ne pleure pas, qui a un impact positif sur la vie d’une femme.

– Un homme viril pour moi c’est un homme qui prend soin de la femme qui la traite comme la reine et bien sûr montre sa force en dehors de la maison.

– Il est travailleur, attentionné. Il peut prendre une décision ferme au sein d’une famille et de son entourage. Il peut aussi assurer dans tous les projets de la vie quotidienne, qu’il soit grand, petit, pauvre ou riche, il peut prendre une décision ferme.

– Pour moi un homme viril serait un homme qui s’assume complètement, qui montre son côté fort et qui a le courage de reconnaître ses faiblesses.

– Quelqu’un de courageux, qui se bat pour ses droits et ses rêves, quelqu’un qui réfléchit, quelqu’un qui trouve toujours des solutions, sans faire du mal à l’autre, qui est positif, heureux, quelqu’un qui peut être tranquille même quand il lui arrive des choses, qui ne se laisse pas dicter sa conduite.

– Quelqu’un qui sait résoudre les problèmes, sans aggraver les choses ! »

Cette dernière remarque provoque aussi un grand éclat de rire, interrompu par la porte de la Docteure qui s’ouvre.

Mon premier ciel

Mon premier ciel – Centre Nelly Roussel à Villeneuve-la-Garenne

par : Inthidar AYEB, Jalila ALLAOUI, Jamila EL HANCHAOUILI, Saidi KALILA, Assata TAPSOBA

Formatrice : Bernadette Bidjeg
Autrice intervenante : Jessie Chapuis
Graines de conteurs – saison 5


I PRÉSENTATION

JAMILA : Bonjour, je joue Fatima.

KALILA : Moi, je joue Nadia.

ASSATA : Et moi Bernadette.

INTIDHAR : Je suis Leïla.

CHOETZO : Moi, ce sera Tenzin.

II J’OUVRE LES YEUX

1 – FATIMA

J’ouvre les yeux
Je vois des roses rouges et roses, des bananiers
Je sens l’odeur de la menthe

J’entends des oiseaux qui chantent

Je vois un beau soleil qui brille
Je suis dans le jardin de mes parents.

2 – BERNADETTE

J’ouvre les yeux
J’imagine les gens qui se baignent à Marseille

Je me souviens des cris des animaux
Je vois les beaux bâtiments de La Défense.

 

III AÉROPORT   1

NADIA     Bonjour Madame, vous allez où ?

TENZIN   Bonjour, je vais au Tibet.

NADIA     Et moi en Belgique.

TENZIN   Excusez-moi madame, moi je vais au Tibet, je pense que vous vous êtes trompée de train parce qu’il va au Tibet.

NADIA     Ce train va en Belgique !

TENZIN   C’est pas possible, le Tibet et la Belgique c’est pas pareil !

NADIA     Il faut attendre le prochain arrêt, vous verrez…

TENZIN   Je vais au Tibet, pas en Belgique !

NADIA     Excusez-moi madame, je crois que vous allez en Belgique…

TENZIN   Excusez-moi madame, je peux pas aller en Belgique, je suis désolée, je n’ai pas beaucoup de temps et ce train va au Tibet.

NADIA     Oh la la ! C’est moi qui me suis trompée ??!

TENZIN   Je pense ! Fais attention, si ce train va au Tibet et que tu t’es trompée, alors qu’est-ce que tu fais là ? Là-bas personne ne parle français. Qu’est-ce que tu fais là ? Tu ne connais pas quelqu’un là bas ?

NADIA     Moi je ne connais personne là-bas !

 

IV MA MÈRE

FATIMA

Au Maroc, j’étais petite, le français ça me rappelle mon enfance, on était dans la même maison avec ma tante, ma grande tante, car c’est la tante de ma mère, elle vient de Belgique avec ses enfants, eux ils parlent français. Moi je comprenais pas : « pourquoi moi je comprends pas ce qu’ils disent ? »

Je voulais comprendre le français, mais là-bas au Maroc, ils apprennent pas le français aux petits. Seulement à partir du CP. Ma mère n’a pas été à l’école, mais elle met des mots en français parce qu’elle habitait avec sa tante et ses enfants, elle prend des mots, elle raconte des histoires avec des mots en français. « Maman, mais tu parles en français ? »

Elle a jamais été à l’école – jamais. Elle a pas appris à l’école l’arabe ou le français ! Mais elle dit des mots en français car ça lui vient dans sa tête. Après elle demande : « ça veut dire quoi ? »

Ça me fait rire des fois, je te jure, des fois ça me fait rire ! Elle dit « j’ai entendu ça et je l’ai retenu dans ma tête. » Elle est intelligente ma mère.

 

V AÉROPORT 2

FATIMA     Bonjour, excusez-moi madame s’il vous plaît, votre vol est à quelle heure ?

BERNADETTE   Je ne sais pas, je me suis renseignée et un monsieur m’a dit : « aux environs de 15h. »

FATIMA     Comme moi ! J’ai un vol pour le Maroc, ils ont eu du retard, je suis un peu stressée, je vais voir mes parents, j’ai peur que le vol soit annulé, c’est pour ça que je vous demande des renseignements…

BERNADETTE   Madame moi aussi je suis inquiète – on est tous pareils – je suis inquiète – on est tous pareils !

FATIMA     Là vous m’inquiétez ! Je ne veux pas retourner chez moi, j’ai déjà fait mes bagages, j’ai tout fait, j’aimerais finir ce voyage…

BERNADETTE   Le matin tu prépares ton voyage et puis quand c’est annulé vraiment ça fait mal au coeur – ouais c’est vrai ça fait mal au coeur – retourner à la maison vraiment c’est dur…

FATIMA     C’est pour ça je suis stressée ! Vous avez regardé, vous n’avez pas reçu de message ? Parce que moi j’ai rien reçu, moi ça me stresse beaucoup, ça me stresse vraiment.

BERNADETTE   Moi madame, vraiment, moi aussi je me renseigne, ce sont les gens qui m’informent un peu – un peu, sinon je ne connais rien du tout…

FATIMA     Les responsables de vols ne sont pas au bureau pour leur demander – ils finissent l’enregistrement – ils ne sont pas là – c’est pour ça moi…

BERNADETTE   Je suis nulle comme vous…

FATIMA     Vous allez au Maroc ?

BERNADETTE   Non moi je vais en Afrique ! Silence Je n’ai aucune idée, on attend, je ne sais pas quoi dire, oh ! Il y a si longtemps que je ne suis pas allée en Afrique !

FATIMA     Mes parents n’arrêtent pas de m’appeler : « est ce que tu as pris l’avion ? », « est ce que tu as pris l’avion ? » J’ai dit « pas encore, pas encore » !

BERNADETTE   Voilà pourquoi moi je ne dis jamais que je viens, je vais les surprendre !

FATIMA     Vous, ça se voit vous êtes pas stressée comme moi. Vous faites une surprise à votre famille ?

BERNADETTE   Oui, personne n’est au courant. Moi je ne dis rien, parce que si c’est annulé… sinon c’est … « tu avais dit que tu venais ? » Ils t’appellent ils sont inquiets. J’aime la surprise, si c’est annulé je vais rentrer tranquillement et puis attendre de voir comment les choses vont se passer…

FATIMA     Ah non, moi je stresse beaucoup…

BERNADETTE   Une fois ma soeur, elle aussi avait préparé son voyage au Maroc avec son mari et puis ils ont raté l’avion – peut être que votre avion est déjà parti – on ne sait pas…

FATIMA     Ah la la ! J’espère pas !!

BERNADETTE   Ma soeur quand elle avait raté son avion avec son mari et ses trois enfants, ah la la ! Ils étaient pas contents !

J’espère que pour vous ce ne sera pas la même chose ! Même la famille était pas contente – sa belle-mère, pendant des semaines, ne lui a plus parlé à sa belle-fille. Pourquoi ? Parce qu’elle a gaspillé l’argent de son fils donc maintenant elle déteste ma soeur… J’espère que personne ne va vous détester !

FATIMA     Mais ce n’est pas de sa faute s’ils ont raté l’avion, ce n’est pas de sa faute !

BERNADETTE   Il y a des gens qui ne comprennent pas tout ça… Il ne faut pas que ça soit pareil pour vous. J’espère. Moi je me suis payée mon billet alors ça va…

 

VI AVANT JE NE PARLAIS PAS FRANÇAIS

TENZIN

Je n’avais jamais entendu le français, mes parents étaient agriculteurs, je suis allée à l’école et je suis venue ici et je ne parlais pas français. Je suis venue en France à cause des problèmes politiques au Tibet, toute ma famille est au Tibet et moi je suis ici, je me suis échappée et je suis venue ici. Quand je suis arrivée en France, j’étais avec une copine qui s’appelle Lhamo et un copain Japa. Nous ne connaissions personne mais j’ai entendu parler d’une association « Bateau Joseph » à Conflans-Sainte-Honorine. Ils ont aidé beaucoup de gens.

 

VII J’AI OUVERT LES YEUX

3 – NADIA

C’est un dimanche
Je suis allée chez mon fils, c’est la fin de l’été
Je me suis promenée dans son jardin avec ma petite-fille
J’ai arrosé les fleurs, ramassé des noisettes, siroté mon thé

J’ai fait de la balançoire avec ma petite-fille
J’ai fait de la balancelle et je me suis endormie.

4 – TENZIN

J’ai regardé à la télé l’histoire du Tibet
Je suis au parc, je regarde les enfants jouer, je rêve de m’évader

Il y a beaucoup de gens qui se baladent
C’est important pour moi de comprendre l’histoire de mon pays

J’aime voir les paysages de mon pays
Ici, certains regardent les oiseaux, les animaux
D’autres lisent leurs livres.

 

VIII LA ROBE DE MA SOEUR

LEÏLA

Je suis dans ma chambre lumineuse

J’ouvre mon armoire et je vois la robe que ma soeur m’a offerte

Rose et fleurie, satinée et longue,

Elle me rappelle l’été dernier

Nous étions avec ma soeur jumelle sur la terrasse de Gabes

La maison de nos parents

On entendait le bruit des vagues et des oiseaux

Le temps passait vite et nos rires éclataient dans l’air joyeux.

 

IX AÉROPORT 3

BERNADETTE        Bonjour madame, où vous allez  ?

TENZIN            Je vais au Tibet.

BERNADETTE        Mais on est dans le même train, moi je vais aux Pays-Bas, est-ce que la direction est bonne ?

TENZIN            Ah non c’est pas possible !

BERNADETTE        Je suis inquiète, beaucoup de fois je me trompe comme ça.

TENZIN            Non, non je ne me suis pas trompée. Peut-être vous, vous vous êtes trompée de train.

BERNADETTE        Si je me suis trompée ça serait … je n’ai pas beaucoup d’argent sur moi. Et puis si c’est la direction du Tibet, je ne comprends rien, comment je vais faire !

Ça serait… Je vais me perdre.

TENZIN            C’est pas possible.

BERNADETTE   Mais comment on va faire ?

TENZIN   Non non je suis dans le bon train, je n’ai pas changé.

BERNADETTE  Je suis trop inquiète, je ne sais pas quoi faire. Mais je crois que c’est la direction des Pays-Bas, je crois que c’est la bonne direction.

TENZIN     Non, non, non, je vous dis que je vais au Tibet, j’ai le ticket pour le Tibet. Je vais aller au Tibet. Ce n’est pas un ticket pour les Pays-Bas.

BERNADETTE   Non mais je sais que sur mon ticket c’est Pays-Bas qui est écrit, je suis sûre.

TENZIN     Non, non, non peut-être vous vous êtes trompée ?

BERNADETTE  Non, non je ne me suis pas trompée. Je suis sûre.

TENZIN   Non mais Madame, excuse-moi, si tu t’es trompée et que tu es dans le train pour le Tibet, qu’est-ce que tu vas faire là-bas ?

BERNADETTE  Je vais aller mendier au Tibet. Je serai chômeuse au Tibet. Je vais dire que je suis sourde et muette. Et quand j’aurais un peu d’argent, je reviendrai. Je sais pas si les chinois… est-ce qu’ils donnent ?

TENZIN    Je n’ai pas compris.

BERNADETTE    Arrivée chez vous, en Chine. Le Tibet c’est la Chine ? Je ne comprends pas le chinois. Arrivée en Chine, si je demande : « donne-moi de l’argent », ils vont m’en donner ?

TENZIN      Ils vont vous donner de l’argent mais vous allez avoir des problèmes, vous ne parlez pas tibétain, vous ne parlez pas chinois, vous aurez des difficultés pour chercher à manger, pour chercher où dormir, il y aura de nombreuses difficultés. Est-ce que vous voulez vous marier avec un tibétain ?

BERNADETTE    Non je ne veux pas me marier.

TENZIN     Pourquoi quel est le problème ?

BERNADETTE    Je ne veux pas me marier. Je vais mendier, demander aux gens, si je gagne un peu, je paie mon retour. Je reviens aux Pays-Bas, c’est mieux. Je ne rêve même pas d’aller en Chine, parce qu’en Chine, même pour parler c’est difficile.

TENZIN    Peut-être quand tu vas arriver au Tibet, tu vas t’intéresser aux tibétains, car ils sont gentils.

BERNADETTE   Les gens du Tibet ?

TENZIN   Oui, les tibétains.

 

X J’OUVRE LES YEUX

LEÏLA

J’ouvre les yeux

Je vois mes grands enfants

Je veux leur préparer le goûter

Des pancakes, des crêpes, des gâteaux, du thé, des fruits, des pastels

Des chaussons quoi !

Je voudrais, comme avant, les voir se bagarrer autour de moi.

 

XI J’AI LAISSÉ DERRIÈRE MOI

BERNADETTE

Je laisse derrière moi

Les cascades de Banfora

Le Lac Tingrela avec ses hippopotames

Le pic de Sindou

Une famille de rochers perdus dans la forêt, pourtant nous on est « nés trouvés là-bas », avec des têtes et des seins de femmes figés dans la nature.

En France, tout est différent

Au Burkina, il y a trop de souffrances

Dans ma chambre avec mes enfants, au Burkina, je rêvais d’aller en France

Pour avoir une nouvelle vie

J’ai beaucoup discuté avec mes enfants

On a échangé nos idées

Mes enfants m’ont encouragée

J’ai fait une petite valise.

 

TOUTES

JE FUGUE DANS MES PENSÉES

JE VENDS DU COUSCOUS DE MANIOC À BANFORA

JE DANSE AU THÉÂTRE DE LA VILLE

À PARIS, MOI, JE SUIS COUTURIÈRE

JE SUIS PÂTISSIÈRE DANS LE 13ÈME À PARIS

JE FAIS DES GÂTEAUX ORIENTAUX À VILLENEUVE-LA-GARENNE

JE SUIS GUIDE TOURISTIQUE DANS LES ÎLES

JE SUIS TRAITEUR À PARIS

JE FUGUE DANS MES PENSÉES

 

 

Le cercle des fières anonymes

Mesdames, je vous ai vues doucement vous détendre au fil de l’écriture, accepter mes petits jeux créatifs et vous livrer à la page avec confiance et joie. Je vous ai vues éclore et c’est toujours très émouvant d’assister au déploiement d’un être.

Cette floraison, ce bouquet de personnalités qui peu à peu s’est épanoui, n’aurait pu avoir lieu sans le regard empathique de Saida, qui a grandement oeuvré à la réussite de cet atelier. Merci à elle, merci à vous toutes.

Voilà certains de vos textes, je n’ai pas pu tous les intégrer ici, mais vous les retrouverez au sein du recueil. J’ai été très touchée par notre rencontre. Je vous souhaite une vie bonne, à sculpter selon vos souhaits.

Stéphanie Marchais, janvier 2021 au Centre social et culturel Petit-Colombes à Colombes

 

Le cercle des fières anonymes

Je suis anonyme et voilà ma parole, donnée à vous toutes, dans ce cercle de femmes :

J’ai vécu dans une famille pleine d’amour, de bonheur et de contentement, avec les meilleurs des parents, des frères et des sœurs, jusqu’à ce qu’il soit temps pour moi de voyager. La dernière heure est passée très vite. J’étais triste de quitter ma famille. Ma mère m’a serrée dans ses bras : « il n’y a personne au monde qui t’aime plus que moi mais c’est la vie. Je te souhaite d’être heureuse où que tu sois, tu vas beaucoup me manquer, je t’aime tant. »

J’ai quitté la maison en pleurant, désemparée de laisser ma famille. Je n’avais jamais pensé qu’il pouvait y avoir des moments plus difficiles que celui-là, jusqu’au jour où j’ai perdu ma mère. Le monde est devenu sombre à mes yeux, après sa mort, la vie n’avait plus de goût.

Je t’aime maman, tu es ma vie.

 

Et j’aime le ciel étoilé de Kestulc

j’aime mes réveils à Bath-yenni, mon village natal

j’aime l’humour de mes frères

les blagues de mes neveux

le souffle du vent sur mes montagnes Le Djurdjura

les contes que ma mère nous contait

j’aime lire Maalouf, Hugo, Djaout, Mammeri, Gary, Kateb Yacine

écouter Idir, Le Forestier, Les Beatles, Ferrat

j’aime déambuler dans les musées de Paris et d’Alger

j’aime ma langue maternelle, le berbère

j’aime voir la joie dans les yeux de mes enfants

j’aime ces moments partagés à refaire le monde ou tenter de le comprendre

J’aime l’honnêteté

j’aimerais que les hommes apprennent à s’accepter malgré leurs différences

j’aimerais que les hommes cessent de se haïr au nom d’une culture, d’une identité ou d’une religion

j’aimerais que mes rêves ne soit pas qu’illusion.

 

OUI. Je suis Sana, j’entre dans le cercle, voilà ce que je dis

S sensible
A algérienne
N nerveuse
A amoureuse

 

Quand j’étais petite, tu sais, j’aimais aller chez ma tante car elle avait des filles de mon âge. On s’amusait beaucoup. Elle avait une petite ferme avec des moutons, des coqs, des chiens, on jouait, on ne voulait jamais rentrer à la maison. Ma tante préparait de délicieux plats que l’on mangeait avec grand appétit. Ce sont des moments que je n’oublierai jamais.

 

Je te comprends. Jamila c’est moi, je vous rejoins et je dis ce qui suit

J’aime la vie, me balader dans Paris, regarder la mer de loin

J’aime apprendre la culture des autres, la tolérance

J’aime compter sur moi

J’aime partager ma joie

J’aime rigoler avec mes amies

J’aime l’argent

J’aime aider les nécessiteux

J’aime les bijoux en or

J’aime être simple et polie, active

J’aime le buffet des mariages, le poulet rôti et les biscuits aux amandes

J’aime les câlins de mes enfants, les voyages, les séries à la télévision

J’aime aller au marché chaque jour

J’aime me maquiller

J’aime l’été

J’aime changer de look

J’aime venir au centre culturel

J’aime j’aime j’aime beaucoup de choses !

 

Maman aujourd’hui je pars avec ma fille rejoindre mon amour. J’ai préparé toutes mes affaires, il me manque seulement ta bénédiction. Tu sais, je suis très contente, enfin je peux réaliser mon rêve d’aller en Europe. On verra si ce changement de vie me fait du bien. Je veux me débarrasser des contraintes vécues avec ma belle-famille tu comprends? Je te promets que je te parlerai souvent et que je te rendrai visite chaque vacances.

Je t’entends me dire: « tu as pris la décision de nous quitter ma fille, c’est ton choix et je ne veux pas t’empêcher pas de vivre heureuse avec ta famille. Je te souhaite bonne chance, du plus profond de mon cœur, bonne chance. Profite de la vie et prends soin de toi ».

J’entends ma chère maman, merci, je sais ton grand cœur. Tu connais mon caractère, je déteste les gens qui se mêlent de ma vie personnelle, je veux pouvoir sortir et entrer sans justifier où je vais ni d’où je viens. J’ai hâte de découvrir la vraie vie et retrouver, ou plutôt reprendre, la liberté qui m’a été volée. Je veux organiser des fêtes chez moi avec mes amies, je veux danser, plaisanter et faire ce que je veux, c’est tellement dommage que ces réjouissances soient considérées comme un défaut honteux. Un aveu, maman : je pars d’ici sans nostalgie. Il n’y a que toi qui me manqueras.

 

Je suis Wallaa, je partage ton goût de vivre, le mot que j’ai choisi c’est :

Les principes. Ce sont des valeurs importantes que l’on devrait semer dans le cœur et la tête de nos enfants. Ils sont le symbole de l’honnêteté et nous permettent de nous construire sur le plan financier et moral sans jamais rien dérober à personne.

 

Et moi Leila, j’ai choisi Pardon :

Ce mot à une grande valeur pour moi, la personne qui le prononce doit être courageuse et audacieuse. Il est difficile de demander pardon surtout si on a blessé ou si on a été blessé. Quand on demande pardon, on se sent bien et apaisé.

 

Je m’appelle Maria, je suis dans la ronde des femmes avec vous :

– Écoute -moi ma fille chérie, les enfants sont comme les oiseaux ils naissent, ils grandissent, ils ouvrent leurs ailes et s’envolent, mais ne t’inquiète pas, tout se passera bien, je serai heureuse avec votre bonheur.

 

– Maman je suis fière d’être ta fille, je sais que tu as le coeur brisé, mais soutiens-moi dans chaque décision que je prends.

 

– Oui. N’oublie jamais tes principes, les rêves se réalisent avec la responsabilité et la persévérance. Si un jour les choses deviennent difficiles, n’abandonne pas, n’arrête jamais de te battre pour tes idéaux, recommence chaque jour avec humilité et honnêteté. Parce que le vainqueur n’est pas celui qui remporte toutes les batailles, mais celui qui franchit tous les obstacles. Ma belle enfant tu me manqueras, mais dans mes prières je demanderai qu’on allume chacun de tes pas.

 

  • J’aime le rayon brillant du soleil chaque matin
  • j’aime quand le vent frappe mes cheveux
  • j’aime la brise au bord de la mer
  • j’aime le parfum de mes enfants quand je les serre dans mes bras
  • j’aime ma famille
  • j’aime me faire de nouveaux amis
  • j’aime apprendre de nouvelles cultures
  • j’aime lire des histoires d’amour
  • enfin j’aime vivre parce que la vie est belle.

 

Hasna je suis, je dépose cette lettre comme un caillou au centre de la ronde des femmes :

Mon cher oncle, tu as été un bel exemple pour nous. Tu t’es battu contre toutes les difficultés de la pauvreté pour atteindre ton objectif. Tu as vécu dans un petit village reculé, tes parents étaient illettrés mais ils ont cru en toi, ils t’ont poussé à étudier, ils ont quitté leur village pour que tu puisses faire des études. Tu ne les as pas déçus, tu as consacré toute ta vie à cela, à une époque où très peu de gens donnaient de l’importance aux études. Toi tu as été clairvoyant, intelligent et courageux. Ta réussite est un exemple pour beaucoup d’enfants et leurs parents. C’est une richesse inestimable. Je pense que tu as une place réservée au Panthéon auprès de tous ces gens exceptionnels.

 

Naheed c’est moi, j’entre dans le cercle à mon tour et je dis les choses suivantes :

N comme novembre

A adorable

H heureuse

E élégante

E énergétique

D dynamique

 

Ma mère ne voulait pas que je m’éloigne en me mariant, elle espérait me garder près d’elle. Personne n’était triste le jour de mon mariage, mais deux ans plus tard, je suis partie pour la France et toute ma famille a pleuré. Ma mère me disait souvent:

« Je me souviens encore du jour où tu es arrivée dans ma vie. Je n’aimais pas quand tu me laissais pour l’école ou les sorties. J’ignore si on pourra se revoir bientôt mais je sais qu’aujourd’hui tu es devenue une femme forte, autonome, gentille et intelligente et je suis fière de toi. »

 

Il n’y a pas de mots justes pour décrire la relation sacrée, spéciale, émotionnelle entre une mère et sa fille mais il arrive un moment dans la vie de chaque maman où elle se sent à la fois impuissante et heureuse : sa fille entre dans une nouvelle phase de la vie.

 

J’aime la vie et dans ma vie j’aime ma famille et mes amis

j’aime passer de bons moments avec mes parents

j’aime cuisiner différentes recettes

j’aime le lever du soleil

j’aime lire et écrire dans la tranquillité et le silence

j’aime être toujours positive

j’aime aider les autres avec plaisir

j’aime passer les vacances au Pakistan avec mes sœurs et mes frères

j’aime la nature

j’aime me promener au bord de la mer avec mon mari

j’aime la beauté et le silence des lacs et des vallées

j’aime être sociale

 

Bouacherine Leïla, je parle en mon nom dans cette ronde :

Beautiful
Oh, mon dieu
Un magnifique sourire qui éclaire la vie
Agréables moments avec ma famille
Calme comme mon grand-père
Humble
Excusez-moi jusqu’à la fin du monde
Rire toujours parce que la vie est courte
Intelligente
Ne me blâme pas
Essaye de me comprendre

 

Pour moi Sana, la tendresse est mon mot préféré.

Même si on est grand, on reste un enfant, on a toujours besoin d’une touche de tendresse : un joli mot, un câlin doux, un regard d’amour, pour nous donner la force de continuer à vivre. Sans tendresse, on ne le pourrait pas.

 

Maryvonne c’est moi, vous dans le cercle, écoutez mes J’aime

J’aime me balader

rire

j’aime mon fils

aller au magasin

les nouveaux vêtements

aller au cinéma

faire de la couture

j’aimerais bien améliorer mon écriture

j’aime lire

aller au théâtre

faire des gâteaux

j’aime ma maîtresse

j’aime discuter

voyager à l’étranger

j’aimerais bien aller en Haïti pour passer les fêtes avec ma mère

j’aime le couscous marocain

faire du ski

faire des économies

faire du sport

manger des sushis

jouer avec mes petits-enfants

j’aime la tranquillité.

 

Je suis Fatima, femme du cercle, je vous donne mon histoire :

Celle de ma mère et de la mer .

Ces deux mots ont une grande valeur pour moi et symbolisent des moments agréables que j’ai vécus. Plusieurs années ont passé, je n’arrive toujours pas à oublier la tendresse de ma mère, je n’arrive pas à trouver les mots pour exprimer mes sentiments pour ma chère Habibi maman, elle disait, « je vais consacrer ma vie à bâtir notre avenir ». Parfois je l’imagine au bord de la mer, à se baigner et s’amuser. Elle me surveillait en même temps qu’elle préparait de bons plats, de délicieux bains de mer. Comment elle arrive à faire tout cela ?!!? Ma mère est source d’amour. Ma mère et la mer ont en commun de donner beaucoup sans obtenir de récompense. Je t’aime ma chère mère, j’aime toutes les mamans du monde.

 

Sana, c’est moi, et j’aime Jouer :

C’est un mot de joie, d’éclats de rire, un mot clair et net, un mot qui ne connaît ni manque ni qualité. Jouer avec une poupée en bois fabriquée soi-même. Chercher des chutes de tissu chez la couturière pour faire de jolies robes à la poupée. Ramasser des boîtes vides pour construire sa maison. C’est un mot loin des soucis et du stress.

 

Moi, Dalila, j’ajoute cette lettre dans le cercle :

Chère grand-mère,

tu es une femme formidable. Tu as frôlé la mort plusieurs fois pendant cette guerre où tu as combattu pour la liberté et la dignité de ton peuple. Tu as soigné les femmes de ton village, tu les as soutenues dans les moments difficiles, tu as partagé leurs deuils et leurs problèmes au quotidien. Tu es devenue la fierté du village et de toute ta famille. Tu n’as jamais baissé les bras face aux crises. Tu t’es démenée pour les autres. Tu as construit ce cimetière qui porte ton nom. Grand-mère tu es un roc, tu es bienveillante et solide, ta place est au Panthéon. Repose en paix.

 

Je m’appelle Sasireka, j’entre dans la ronde :

J’aime ma famille

j’aime bien parler avec toi

j’aime beaucoup la musique et la danse tamouls

la lecture et l’histoire

le cinéma et le théâtre

j’aime aller à la mer avec mes enfants

voyager en Belgique

j’aime l’agriculture, la ferme et les animaux.

 

Walla je suis, un hommage à mon père :

Aujourd’hui j’écris pour toi papa. Il y a déjà 10 ans que tu es parti mais tu as toujours ta grande place dans mon cœur. Tu es la personne qui mérite d’avoir une place au Panthéon parmi les grands hommes. Tu as sacrifié ton temps et ta vie pour la création de cette association dont le seul objectif est d’aider les gens dans le besoin. Je t’ai vu rentrer du travail et repartir directement à l’association, demander à maman de préparer des repas et nous prier, nous les enfants, de les apporter à l’association. Je t’ai vu passer ton temps à récolter des fonds et distribuer des aides aux veuves et aux familles pauvres. Je t’ai vu aider les étudiants par tous les moyens possibles. Je t’ai vu mettre en place une garderie pour permettre aux femmes de travailler. Je te remercie au nom de toutes ces personnes. Aujourd’hui quand je passe devant cette association, je me dis : voilà la fleur de tout ce travail fantastique, papa.

 

Jamila, moi je dis que :

Notre vie, c’est maintenant. J’ai consacré la moitié de la mienne à l’éducation de mes enfants. Je suis restée à leur côté, je les ai accompagnés, poussés à réaliser leurs rêves. La vie est belle et ne dure pas. Mes enfants ont grandi et sont indépendants. Maintenant je suis libre, il n’y a aucun obstacle qui m’empêchera de continuer à vivre : je peux dormir sans que le réveil ne sonne, je peux me promener sans me soucier du temps, je peux voyager sans attendre l’arrivée des vacances scolaires. J’ai beaucoup de rêves dans la tête. Il n’est jamais trop tard. La couture, la danse, la peinture sur soie.

J’aimerais, vous savez, être une fée magique pour régler tous les problèmes des gens.

 

Aïcha c’est moi, dans le cercle avec vous  :

J’aime la nature

les grands arbres, les oiseaux

J’aime les oiseaux et leurs chants qui inspirent l’espoir et l’optimisme

J’aime l’optimisme qui apporte le bonheur

J’aime partager le bonheur avec les autres

J’aime respecter les autres et les aider

J’aime rendre les gens heureux, en particulier les enfants

J’aime les enfants avec leur bon cœur

J’aime les bonnes personnes qui acceptent les autres comme ils sont

J’aime la liberté qui apporte la paix

J’aime la paix dont nous avons besoin pour vivre en sécurité

J’aime la sécurité qui est la tranquillité d’esprit et le vrai bonheur.

 

Hasnae, j’entre dans la ronde pour vous donner mon histoire :

De quelle douleur parlez-vous ?

Je vois toujours mon frère fort malgré la souffrance, la tristesse et le choc. Je vois le sourire qui cache sa douleur, qui cache le manque et les larmes.

De quelle séparation parlez-vous ?

La séparation douloureuse. Cette séparation définitive, terrible, qu’est la mort, insupportable.

De quels souvenirs parlez-vous ?

Souvent les bons souvenirs font plus mal que les mauvais. Bouzine tu es mort mais toujours dans nos cœurs, chaque jour, à chaque occasion, à chaque Aïd, nous ne t’oublierons jamais.

 

Je suis Marwa, avec vous femmes de la ronde, j’aime

Ma famille

Le temps passé avec eux

Les couleurs

Je rêve de devenir une grande designer

Les voyages

Mon pays

Passer mes vacances en Tunisie

La vie

Sans Corona.

 

Je suis Hanan, j’entre dans la danse des paroles :

Ma tante est une personne formidable. Après trois ans de mariage, son mari est décédé en la laissant seule avec un bébé. Un peu plus tard sa belle-mère est décédée en laissant un petit garçon d’un an. Ma tante qui était très jeune, a pris la responsabilité d’élever son fils et son beau-frère. Elle vivait dans un village, allait chercher de l’eau au puits, cultivait son champ avec son beau-frère sur le dos. C’est un acte humanitaire et noble, surtout dans cette société qui considérait que les femmes célibataires n’avaient aucune valeur.

 

Moi Djamila, j’ajoute cette lettre au cercle :

Chère tante, à une époque de ta vie, la chance t’a abandonnée : ton mari est décédé en te laissant sept enfant à élever. Tu étais jeune et radieuse, très jolie mais sans aucune expérience et tu subissais une grande pression de la part de tes frères et beaux-frères qui refusaient l’idée que tu travailles. En plus les gens du village étaient médisants à ton égard et critiquaient ton mode de vie, contraire aux normes et mœurs établis. Pour eux, la femme est faite pour rester à la maison. Heureusement tu n’as pas pris en considération leurs opinions, tu n’as pas tenu compte de la critique. Tu es toujours la femme courageuse, battante, guerrière solide qui ne baisse jamais les bras. D’ailleurs ta dignité et ta fierté t’ont aidé à être indépendante. Tu es un exemple pour moi. Tu as créé une association pour aider les femmes en difficulté. Pour tes actes et tes sacrifices, tu mérites d’avoir ta place auprès des grands hommes et grandes femmes, au Panthéon, ce monument où se reposent les personnes qui ont laissé une trace et œuvré pour l’humanité.

 

– Entrez dans le cercle, ouvrez vos visages, tendez vos mains vous les humains,

– Notre vie, c’est maintenant.

– La preuve, nous sommes plein de vie.

– Il n’y a pas de femme ou d’homme idéal, alors

– Nous voulons être heureux malgré les obstacles qui parfois nous freinent

– Nous voulons profiter de chaque instant de notre vie, en restant honnête et en gardant un esprit libre.

– Nous sommes contents de rendre les autres joyeux, parfois, c’est la cerise sur le gâteau.

– Stop à la guerre

– Stop à la souffrance

– Stop à la violence

– Oui à la paix

– Nous souhaitons la belle vie à toute l’humanité.

 

 

 

Vivre, regarder, se réjouir, partir

Voilà les textes de fiction écrits lors des ateliers d’écriture menés en novembre et décembre 2020, au Centre social et culturel des Fossés Jean à Colombes.

Sur mes propositions d’écriture, ces histoires sont nées de l’imaginaire de Abla, Chérifa, Rachida, Mounira, Rakia, Sofia, Fernanda, Meriem et Oum, sous l’œil bienveillant de Flore Blancher, Femme Libre, d’Opinion, Râleuse et Energique.

Mesdames, j’ai pris un plaisir fou à vous accompagner sur ces chemins d’écriture, où nous nous sommes rencontrées par la grâce des mots. Je vous en remercie.

Je vous souhaite de continuer à rêver grand vos vies.

Stéphanie Marchais, janvier 2021.

VIVRE, REGARDER, SE REJOUIR, PARTIR

  • Je suis Abla, Aimable Beauté Libre et Assistante accomplie.
  • Je suis Chérifa, Chaleureuse Heureuse Energique Radieuse Idéale Femme forte A
  • Je suis Rachida, Ravie rationnelle Adulte Calme courageuse capable Honnête Intelligente Dynamique A
  • Je suis Mounira, Meilleure Orange Unique Normale Imaginaire imaginative Rapide Active moi aussi.

Nous sommes des Femmes de 2020, capables de prendre la responsabilité de nos familles, de travailler et de vivre libres. Nous aimerions voyager, exister dans un monde meilleur.

  • En 2020, il faut être une guerrière pour se sauver, pour se porter secours à soi-même. Etre une Femme en 2020, c’est difficile. Il faut avoir du courage et de l’espoir, et savoir être une bonne joueuse mais il ne faut surtout jamais abandonner ou laisser tomber. N’aie pas peur du futur, Femme de 2020, même si tu ne sais pas ce que l’avenir te réserve. Ne lâche pas l’affaire.
  • Moi je dis que La femme 2020 est très libre. Elle a l’égalité avec et contre l’homme. Elle est capable de tout et sort de chez elle pour travailler. Encore un effort et nous serons plus efficaces, plus solidaires, plus présentes, plus actives dans le monde.

La Femme de 2020 est courageuse, forte, patiente, aimante et aimée. Le courage et la force de travailler, de sortir. La patience et l’amour pour le foyer, les enfants. Nous savons tout mener de front, au travail et à la maison.

Moi je dis chapeau aux femmes, qu’elles travaillent ou qu’elles soient au foyer, nous sommes toutes courageuses.

  • Je suis Rakia, Rassembler, réussite, Agréable, aimable, K je n’ai pas trouvé, Intuitive, immensité, idéal, intense, infatigable, incroyable, intelligente, A
  • Je suis Sofia, Sexy, Orange, Fonction, Image, Aller jusqu’au bout.
  • Je suis Fernanda LEAL SILVA, Libre, Etat, Amoureux, amoureuse, Lumineux, Sensible, Imagination, Lunaire, Vague, A
  • Je suis Meriem, Magnifique, Elégante, Ravie, réaliste, Image, Enervée, M

Nous sommes des Femmes de 2020, et même de 2021, qui vivons dans les quartiers et regardons le monde autour de nous. Comment va le monde ?

  • Dans un quartier riche, que ce soit en France ou ailleurs, les conditions de vie ne sont pas les mêmes. J’ai remarqué qu’on ne peut pas se permettre de faire les choses qu’on a l’habitude de faire dans un quartier pauvre, chez les riches. Presque tout le monde y possède une voiture, il n’y a presque pas de HLM ou d’immeubles, rien que des pavillons et des maisons. On ne trouve que des gens aisés qui ont un mode de vie top. Les rues sont propres, moins fréquentées, bien calmes parce que chacun a tout ce dont il a besoin.  La majorité des gens des quartiers huppés ne considèrent pas trop les gens des quartiers populaires, qui sont sales et non structurés. Il y a un grand contraste. Qu’en penses-tu ?
  • Un jour je suis passée dans un quartier propre, très propre. De la lumière partout, sur les murs, par les fenêtres, sur les portes. La rue était grande, impeccable. J’étais tellement choquée que j’ai demandé à un homme devant son pavillon pourquoi la rue était si lumineuse. « C’est la fête bientôt », il m’a dit. J’avais oublié que c’était le nouvel an ! Même pour les fêtes, dans les quartiers riches, tous les voisins sont coopératifs. Ils sont attachés et travaillent ensemble. Qu’en dis-tu ?
  • Ecoute : c’est un matin du mois de mars, le printemps. Il fait beau. Je décide de faire une marche. Je me retrouve dans un quartier riche, calme, très très calme. Propre. Les pavillons ont une belle architecture et les arbres sont bien coupés. On n’entend que les oiseaux qui survolent les avenues et on voit des papillons danser. Peu de gens dans la rue. Voilà.
  • Je vais te dire quelque chose : dans une ville riche comme Neuilly-sur-Seine par exemple, il y a une grande différence. Au niveau de la propreté, entre les établissements scolaires. Le regard des gens est différent aussi. Et puis il y a des grands parcs et des boulevards magnifiques.
  • Il était une fois une femme, une dame plutôt, qui habitait un quartier riche. Je fais la dame aisée : « C’est un quartier que je n’oublierai pas, Il est sublime, quand tu pénètres les rues de ce quartier, tu trouves des arbres verts, et même de toutes les couleurs, des routes très propres, de très jolis hôtels offrant de bons services. Pour les voitures, il y a même des personnes rémunérées pour garer les voitures des résidents de ce quartier ». Tu vois l’ambiance ?
  • Je vois. Aujourd’hui en sortant me promener dans mon quartier, j’ai entendu une voix qui m’appelait, « Fernanda ! ». C’était une pierre.
    « Fernanda, écoute-moi, j’ai été piétinée pendant des siècles et maintenant je fais partie du chemin des gens. Ici je suis heureuse car j’occupe une position stratégique pour observer le monde.
    Quand le temps est sec, que je me trouve sale, parfois le boulanger sort et me baigne d’eau et de savon. Les poils de son balai me font rire, comme me font rire les doigts des enfants qui jouent dans les trous mouillés de mon trottoir. La boulangerie est à côté de la boucherie, et j’aime l’odeur de pain qu’elle dégage. Les oiseaux viennent manger les miettes sur mon dos. Nous, pierres, sommes connectées par une extension territoriale, jusqu’au changement de matière, quand nous sommes traversées par une rivière ou par la saleté grasse.
    Je me sens donc reliée avec les autres pierres du quartier. Je sais par exemple, que la pierre du passage piéton aime quand les mamans lui traversent tranquillement dessus, avec leurs poussettes et leurs bébés, ça donne de la beauté à la vie de tous les jours. C’est la première fois que j’entends murmurer une pierre vous savez. C’est aussi cela, mon quartier.

C’est le grand départ. La Femme de 2020 – 2021 sort de chez elle et prend le chemin du Panthéon. Pourquoi le Panthéon ?!!!?

  • Il y a quelques jours que je pense que oui, moi et beaucoup d’autres femmes, nous méritons d’entrer au Panthéon. Après tout, sur 81 personnes, seulement 4 sont des femmes. Cela me semble injuste.
  • Il y a cinq ans, j’étais en Algérie avec mes parents mais j’étais perdue. Ma vie n’avait pas de sens.
  • Notre vie c’est maintenant alors j’y vais aussi, sur la place des grands hommes. Pour moi, le départ de ma langue parle de l’arrivée de la nostalgie, celle qui embrasse les jours rythmés par les paysages autour de moi, autour du lit, et les bruits des enfants où je dors et où je me réveille.
  • Je vais m’asseoir devant le Panthéon, et durant un mois à partir de la pleine lune, à 17h précises, je vais broder une des belles robes de ma grand-mère. Cette pièce de soie beige représente la continuité générationnelle dont les femmes sont les grandes responsables. Cette robe de mon ancêtre figure aussi un véritable lien affectif, un respect du passé et une reconnaissance de ma propre histoire. Je l’emmène avec moi.

Je broderai les noms et prénoms de femmes de mon cercle social, de ma famille, de toutes celles qui comptent. À la fin du mois de la lune, je mettrai la robe, égrènerai tous les prénoms de ces femmes puissantes et je danserai à nouveau sous la lumière lunaire. Et toi, pour quelles raisons pars-tu pour le Panthéon ?

– Aujourd’hui, je suis là, en France et je suis mariée, j’ai trois enfants, deux garçons et une fille et ils sont adorables. Demain, je veux juste voir mes enfants grandir et avoir un bel avenir : santé, prospérité, bonheur.

–  Je sens qu’il y a quelque chose de Simone Veil en moi parce que je ne laisse pas quelqu’un d’autre choisir ma vie à ma place. Depuis que j’ai entendu parler de Simone Veil, je rêve de suivre ses pas. j’ai envie de faire des recherches sur l’adolescence et l’enfance de Simone Veil et voir si son histoire ressemble à la mienne car je me vois en elle.

– Oui un jour c’est le départ. C’est difficile, le premier départ, c’est difficile d’être maman mais avec l’habitude et l’amour, tout passe. Alors j’écris une lettre pleine de douceur, je mets les bols du petit-déjeuner sur la table, j’ouvre la porte et je sors. A bientôt.

– Elle se lève ce matin, très fatiguée, stressée car elle vit une situation dure. Tous les endroits et les objets lui rappellent le passé, c’est une femme battue par son mari…  Plus tard elle créera une association de défense pour les femmes battues. Et leurs enfants.

– Aujourd’hui, je suis triste. Hier, on était malade. Demain, on dépassera ça.

– Simone Veil est une femme politique française. Elle est déportée à Auschwitz à l’âge de 16 ans. Durant la Shoah, elle perd son père, son frère et sa mère. Malgré tout ça elle ne baisse pas les bras, elle continue ses études.

– Il y a vingt ans, je vivais au Togo. Depuis dix ans, je vis à Paris. Et dans cinq ans, je ferai le tour du monde.

– La chose de Simone Veil en moi, c’est la liberté de faire le travail que je veux et même d’avoir le corps que je veux. Elle est très courageuse cette Simone, de dire et de faire ce qu’elle fait pendant la période de 1975. C’est une femme qui fait progresser les droits des femmes.

– il y a toujours cette voix dans ma tête qui ne part pas : « tu devrais aller là où tu mérites d’être, parmi les grands et les penseurs ». C’est vrai que dans cette vie, j’ai fait un groupe d’œuvres exceptionnelles, ça mérite de reposer là-bas au Panthéon ou du moins de visiter cet endroit et de l’apprécier. Chaque femme qui se bat pour sa famille et pour elle-même le mérite en cette période, non ?

Aujourd’hui je me suis réveillée tôt, avec mon uniforme de travail, l’uniforme de médecin, je suis médecin, j’ai dans l’espoir toujours d’aider les autres, je suis prête à sacrifier ma vie pour mes passions. J’emporte avec moi un bouquet de roses qui poussent en hiver. Pour le déposer devant le monument des grands hommes et des grandes femmes.

– Il était une fois une dame du nom de Marie, Marie Femme Au Foyer, avec quatre gosses. Dépassée, épuisée par la routine de ses journées, elle décide de quitter la maison. Un vendredi après-midi elle part en direction du Panthéon. Elle fait le long chemin. Arrivée au monument elle en fait le tour, va voir l’un des agents et lui montre un emplacement en lui disant qu’elle est là pour rester. L’agent lui dit que ce n’est pas possible de s’installer là, il lui explique les conditions grâce auxquelles on est admis au Panthéon. Vu que la chère dame est déjà au bord de la crise de nerfs et commence à dénoncer cette injustice dans la manière dont les gens sont admis au Panthéon et d’autres pas, c’est vrai quelle injustice, l’agent se tait. Marie Femme Au Foyer déclare qu’elle vaut plus que tous ceux qui sont là parce qu’elle seule porte d’illustres personnalités en elle, qu’elle a fait quatre gosses qui font partie de l’histoire de France en plus d’elle-même, et que ses enfants ont tout pour devenir les quatre héros de demain, ainsi elle n’attendra pas sa propre mort pour accéder à la panthonéisation, ni que quelqu’un décide de son sort. La dame continue à demander à l’agent, qui est parti, si la devise de la France ne se pratique pas au Panthéon ? Où sont alors la liberté, l’égalité et la fraternité ? Sans réponse, elle sort un papier de son sac, écrit tout son mécontentement, le remet à l’agent qui s’est volatilisé, puis rentre chez elle en emportant dans ses bras l’enseigne de Simone Veil qui l’inspire tellement.

Des hommes trop grands, des femmes trop grandes

Vous allez lire les textes écrits par Morelle, Floriane, Raphaël, Ilias, Fatoumata, fidèles de l’atelier du jeudi soir, étudiants réunis par le CROUS de Versailles.

Certains étudiants n’ont fait que passer, d’autres sont restés. Alors j’ai tenté de tisser un ensemble cohérent avec toutes les paroles de cette jeunesse. Je n’ai pas pu inclure tous les textes, j’ai choisi les plus puissants, les plus singuliers.

J’ai pris beaucoup de plaisir à dialoguer avec ces jeunes hommes et ces jeunes femmes, tous authentiques, malgré la barrière des écrans.

Courage et rage, tendresse, espoir, rêves, écoutez, ils ont beaucoup à dire.

Stéphanie Marchais, janvier 2021.

Des hommes trop grands, des femmes trop grandes

C’est l’heure, et on ne change pas l’heure de la routine. Comme chaque soir j’enfile mon costume et je me prépare. Le bas puis le haut. Je gravis les quelques marches qui me séparent de la scène. J’inspire profondément. Je sens le silence et la pression autour de moi. C’est ce moment léger et flottant, que je préfère. Ephémère, délicieux.

  • J’aime l’odeur de la forêt, de la mousse du lierre, celle des longues randonnées en montagne,

J’aime l’odeur du soir, du crépuscule qui pénètre les campagnes,

J’aime les longues soirées d’été au lac, à regarder le soleil se coucher.

  • Qui sommes-nous ?

Je suis celle qu’on regarde de haut,

Celle qu’on dévalorise à cause de sa couleur de peau

  • J’aime les Noëls enneigés au coin du feu de cheminée.
  • Je suis aussi celle qui dans le silence de la nuit prie tous les dieux pour juste un regard affectueux

Celle qui dans l’espérance d’un devenir plus prometteur, a dû quitter ses terres entre larmes et peurs

Au risque d’être paradoxale, laissez-moi vous dire que je n’ai pas eu le choix, c’était peur ou douleur

  • Je n’aime pas les araignées aux longues pattes velues.

J’aime les personnes qui sont toujours là pour me soutenir quand je ne vais pas bien.

  • Si l’on m’avait demandé mon identité auparavant, j’aurais fièrement répondu que je suis Boty, descendante de la tribu des Gagou et des Baoulés, de la digne lignée d’Abla Pokou !
  • Mais aujourd’hui, qui suis-je, je vous le demande ?
  • J’aime me perdre dans les rues et découvrir de nouveaux endroits
  • J’aime l’odeur du gâteau au chocolat

J’aime me perdre dans tes yeux.

  • Aujourd’hui, ma terre ne vibre plus sous mes pieds

Ce noir dont on dit qu’il est la somme de toutes les couleurs, ici ce noir, c’est du délavé !

Prise entre deux cultures, quelle est mon identité ?

  • J’aime la devise de notre pays, liberté – égalité – fraternité
  • Mon identité est trop vaste et polysémique pour ne tenir que sur quelques pages du Robert
  • Mon identité prend vie dans les champs de cannes à sucres et se développe sur les terres blanches
  • J’aime l’odeur de fumée de l’automne orangé.
  • Mon identité n’est pas que le passé hérité de mes Pères, c’est aussi le futur que je léguerai à ma descendance.
  • J’aime le fait d’être une Femme
  • Je n’aime pas l’égoïsme de cette société.
  • J’aime sentir ton cœur battre contre ma peau.
  • Je suis humaine ! je suis femme ! je suis noire ! je suis africaine ! je suis francophone ! je suis moi !

La petite fille regarde par la fenêtre la pluie tomber et les arbres danser dans le vent. Elle attend tous les jours son père parti au combat. Il rentrera sain et sauf de cette guerre sanglante qui a déjà brisé des milliers de familles. L’espoir

D’une vie normale.

Nous incarnons la mer qui ne cesse jamais

Nous sommes les émotions, c’est par elles que nous nous exprimons

Nous naissons, grandissons et nous diffusons

Sous la forme de modestes vaguelettes,

Nous sommes aussi de fortes claques quand nous l’osons

De colossales vagues quand il s’agit de prendre position

Le risque est alors lâcher-prise , nous nous abandonnons

A un acte dévastateur, ouragan nous devenons.

  • Trop de morts parmi les miens dans les mers

Trop d’enfants qui meurent de faim quand les adultes s’empiffrent

Ça doit bouger ! Ça doit bouger mais surtout ça doit changer !

Notre vie c’est maintenant. Pas demain. Pas hier. Nous, toi, moi avançons, courons plutôt. À grands enjambés. Vite.  Notre but se rapproche. Pas le moment de ralentir.

Maintenant je fais tout pour y arriver. Je ne nous laisserai pas passer à côté.

La lumière au bout du tunnel, nous, toi, moi accélérons. Excités, on se surprend à rire, est-ce vraiment possible d’aller aussi vite ?

On y est, nous tendons la main à la lumière. Elle s’éteint.

Désabusée, je me retourne vers toi. Mais il n’y a que moi.

J’ai compris. La prochaine fois je saurai. Je reprendrai mon souffle, je serai prête. La prochaine fois, sans toi j’y arriverai. Ma vie n’attendra plus.

  • J’aime tellement de choses mais pas dessus tout, je t’aime toi

J’aime quand tu souris, mais j’aime encore bien plus quand tu me souris moi.

Les forêts brûlent, le niveau des mers monte, la terre est à l’agonie. Nous la regardons souffrir sans rien faire. Partout, la pollution s’invite dans nos villes et le bruit des klaxons envahit nos rues. La faune sauvage se meurt car elle n’a plus de maison, l’Homme la chasse pour conquérir davantage de terres. Nous fermons les yeux, ce n’est qu’un mauvais rêve. Ça doit bouger, ça doit changer.

  • J’aime quand, dans tes bras je trouve refuge pour prendre ma dose matinale de gaieté.

A perte de vue, c’est tout ce qu’il perçoit de l’horizon. Les nuages forment une collerette, trop grande, qui l’empêche de voir le reste de son corps. Il n’est qu’une tête, une tête flottante. Il lui arrive de rencontrer d’autres têtes comme la sienne mais beaucoup plus petites. Elles se cachent derrière de drôles d’oiseaux métalliques qui volent à sa hauteur. Elles apparaissent et disparaissent régulièrement .

  • J’aime la société, mais j’avoue, la société sans toi serait irréelle

Ardeur

Bravoure du chevalier

Combat loyal

Déplacer des montagnes

Eteindre les flammes

Force herculéenne

Guépard agile

Héros

Lion féroce

Monstre vaincu

Nager en eaux troubles

Océan de volonté

Point fort

Regard déterminé

Suivre son instinct

Tuer son ennemi

Un espion de l’ombre

Victoire héroïque

Yeux perçants

  • J’aime partager avec toi mes rêves, mes passions mais je préfère de loin partager ton vécu réel.

Soudain, son regard a changé. J’ai dit quelque chose qui ne fallait pas ?

Je sens un poids grandir dans ma poitrine, un sentiment que je ne parviens pas à définir. Son regard exprime l’étonnement et l’incompréhension mais ce n’est pas ce qui m’interpelle. C’est quelque chose de plus profond et qui me blesse : du dégoût. Tout d’un coup, j’aimerais revenir cinq minutes en arrière. De tout mon cœur j’aimerais faire disparaître cette phrase qui l’a tant perturbé. Le silence s’installe entre nous. Lourd, douloureux. Je n’ose plus parler de peur d’aggraver la situation. Je lève la tête dans l’espoir de le voir sourire et de l’entendre dire : « Je ne savais pas, pourquoi tu ne l’as pas dit plutôt ? » ou encore « Ce n’est pas grave, c’est tout à fait normal ». Si c’était normal il n’aurait pas eu cette réaction. Je lui prends la main. Il se laisse faire, sans conviction, plongé dans ses pensées.

Pourtant, je connais les règles, quand je fais une bêtise, je sais que je serai puni. Je fais donc tout mon possible pour les éviter ou du moins, pour ne pas me faire attraper. Aujourd’hui c’est différent. Nous sommes sur le chemin de retour. Il est venu me chercher après l’école et je lui raconte ma journée. Les parties de foot et nos jeux d’enfants. Qu’est-ce qui a bien pu se passer ? Maintenant, je le vois fuir mon regard, se détourner. Il va m’abandonner et ça, ça me fait peur. La panique m’envahit et je me mets à pleurer. Bon sang, mais quel mal y-a-t-il à dire que l’on aime les garçons ?

  • J’aime quand après la pluie toi et moi on savoure passionnément l’odeur du sable mouillé.

 

Notre vie c’est maintenant

Un condensé de sentiments

Un tourbillon de questionnements

 

Préserver sa zone de confort

Ou partir à l’aventure

Nous sommes pris par le vertige

Avons déjà accumulés 50 piges

 

Réfléchissons aux derniers chapitres

D’une vie à déconstruire

J’aimerais faire le grand pas

Mettre fin à ce débat.

  • J’aime ma famille, mes frères, mes sœurs, ma mère
  • J’aime quand tu me regardes passionnément, quand tu me protège de tout comme un père.

Sous le soleil de plomb, elle porte sa lourde protection. Sous son masque, personne ne peut apercevoir qu’une fille combat aux côtés des plus grands chevaliers du royaume. Sous son masque, elle manie les armes avec une habilité sans égale. Sous son masque, elle poignarde son adversaire en plein cœur avec une froideur remarquable. Sous son masque, elle cache une longue chevelure dorée. Sous son masque, elle est une fille, une chevalière hors pair.

  • Pourquoi avoir peur du lion qui ne tue que pour se nourrir et aimer l’Homme qui tue pour son plaisir ?

Ça doit bouger ! Ça doit bouger mais surtout ça doit changer ! 

Nous incarnons la mer qui ne cesse jamais

Nous sommes l’argent pur de la planète

Notre force intérieure ne cesse de grandir

Face aux fauteurs de misère malhonnêtes

Aucune organisation pour nous retenir

Notre combat est porteur de sens

Pour la nouvelle génération, un îlot d’espérance

Regagnons nos terres, spoliées par l’argent Roi

Rêvons d’un retour triomphant toi et moi

  • Tant d’Hommes dans le monde mais pourquoi si peu d’humanité ?

Je vois des pauvres charbonner pour des miettes tandis que les riches sont payés pour se prélasser

Pour être plus libres, on crée des lois qui nous emprisonnent et après, contre ces lois, on fait la guerre

Ça doit bouger ! Ça doit bouger mais surtout ça doit changer !

  • Maman c’est une femme homme. C’est une femme forte. Elle n’a jamais faim, à chaque fois elle nous dit mangez, j’ai le ventre le plein, mangez. Et chaque nuit son ventre grogne. Maman, c’est une femme brave, elle n’a jamais peur, même quand il pleut, l’eau qui tombe sur notre lit moisi ne l’effraie pas, ça camoufle ses larmes. Maman n’a pas de limites, pas de honte, chaque jour, je la vois s’agenouiller, quémander afin de trouver de quoi remplir nos ventres ballonnés de vers. Elle me dit, fais-toi humble, tout le temps de ta vie, fais-toi humble. Être humble ou faire pitié, je me le demande sans cesse.
  • Egalité des sexes prononcée mais pourquoi les coups ne sont que pour les femmes ?

Egalité des êtres humains reconnue mais pourquoi les Noirs sont sans cesse discriminés ?

Ça doit bouger ! Ça doit bouger mais surtout ça doit changer !

Dans mon champ, je suis ma propre norme, je construis un petit monde à mon image. Je ne supporte plus la présence humaine, je suis pétrifié à l’idée d’y être de nouveau confronté.

Un jour je me lève et suis complètement subjugué par cette grande femme au corps disproportionné, ce même visage lourd à porter. Pour la première fois, je n’esquive pas ce miroir qui me hante depuis tant d’années. Je me sens, enfin, pleinement à ma place.

 

Les visages de nos maisons

Il y a eu des séances d’écriture zoom à 3, puis à tous, des séances d’écriture depuis un train de banlieue, depuis une voiture au milieu des embouteillages, des ateliers d’écriture mi zoom au centre avec Amina et mi de chez nous, avec des fonds d’écran d’Arc de Triomphe et de vaisselle pas faite. On a tout expérimenté, et rien ne nous a rebuté. On a écrit avec la vie qui va.

Merci Iman, Erdem, Camilla, Nora, merci Nourredine, Kahina, Khadija, Amina, d’avoir partagé ces temps de vendredi pour la beauté du geste d’écriture, pour la poésie et le soin de nos âmes.

Stéphanie Marchais, février 2021.

Les visages de nos maisons – par les adultes du Centre social et culturel Europe

Dans ma maison, tu viendras, sois prête à monter tout en haut d’un arbre.
Ma maison est une petite cabane au sommet d’un grand chêne, un beau sapin, un blanc bouleau, un bel érable, décoré de deux hamacs.
Dans ma maison, tu viendras, et tu seras courageuse parce que tu verras le monde d’en haut comme le ferait un petit garçon, mais moi je crois qu’il n’y a ni grand ni petit, c’est juste une histoire de regard.
Dans ma maison, tu viendras et tu laisseras ta valise à ses pieds, parce qu’ici on est sans bagage.
Tu viendras, et tu perdras le temps. Il n’y aura pas d’heure dans cette maison, parce que pour moi, la bonne heure ici, c’est quand le soleil nous donne un bisou sur le visage ou qu’un oiseau chante une chanson.
Dans ma maison, qui n’est pas le Panthéon, tu viendras.

Tu y monteras, aussi mon Papa, mon Trésor.
Perdre son père, c’est perdre une partie de soi. Quelqu’un qui a toujours été là, pour le meilleur et pour le pire. C’est perdre l’homme qui nous a appris tellement de choses. C’est perdre notre meilleur ami, avec lequel on riait et on faisait des activités toutes plus extraordinaires les unes que les autres. Si je devais revivre ma vie, je choisirai à nouveau d’être ton fils.

Et moi ta petite fille.
J’écris ton nom grand homme, symbole de ma famille. En 1973, tu as combattu le jour et la nuit pour ton pays. C’était la guerre d’Egypte. Je me rappelle la félicité de te voir et d’entendre ta voix raconter les jours passés. Ces souvenirs sont des leçons de vie pour moi. Ma mère est née sans toi, elle avait 5 mois, tu ne l’avais encore jamais vue. Tu ne connaissais d’elle que quelques photos où elle jouait, entourée d’oranges. Ta valeur est ma force.

Dans ma maison d’automne, tout seul, j’écris pour toi.
Je cherche l’équilibre entre la simplicité et l’intelligence.
Le jour où tu viendras, nous cuisinerons ensemble.
J’espère que tu aimes le piment rouge, j’ai choisi un super plat pour nous.
Est-ce que tu pourras mettre, s’il-te-plaît, ton rouge à lèvres rouge rouge, c’est mon préféré?
Dans ma maison, tu verras le rouge est la seule couleur pour moi.
Je mettrais un peu de musique dans ma maison,
Et nous danserons.
Ce ne sera pas le Panthéon, mais nous danserons. Nous danserons.

Tu avais neuf ans, tu montais à cheval avec ta sœur Gabriela. Elle te racontait une histoire en surveillant la vitesse du trot. Gabriela était enceinte, tu étais heureuse, dans moins de quatre mois, un nouveau membre arriverait dans la famille. Soudain, un homme inconnu a fait irruption à cheval et il a séquestré ta sœur en la prenant par la taille. Elle hurlait. Sans hésiter, tu as grimpé sur le cheval pour aller chercher l’aide de votre père. C’est à cet instant que tu es devenue une cavalière experte. A la fin du jour, ton père est rentré à la maison avec Gabriela. L’homme avait cessé sa course aux cris du père.
Cette histoire me donne la force de ne pas hésiter quand quelqu’un que j’aime a besoin de moi. Elle me dit aussi qu’il est possible de bien vivre, même si l’existence paraît compliquée et qu’il semble ne pas y avoir de solution à un problème. Je me souviens de toi et ton courage.

Je sais que tu voudrais venir plus souvent dans ma maison, mais le boulot, la famille et tout le reste, t’empêchent de me rendre visite. Mais quand quelqu’un se pose devant ma porte, je deviens le plus heureux du monde.

Je suis puissant, parce que j’ai une force de résistance élevée.
Je n’ai plus peur, parce que j’ai vécu des moments qui m’ont marqué très fort.
Je suis vivant, parce que j’ai décidé de tourner la page et tout recommencer.

J’aime le visage de ma mère, il ressemble à un paysage à deux façades. Quand je regarde ses yeux verts comme de l’herbe humide, brillante du soleil du matin, ils reflètent la bonté de son cœur. Au-dessous de ses yeux, sa peau est ravinée par des rides creuses comme des rivières qui perforent la terre. Elle a souffert dans sa vie pour nous faire grandir mes frères et moi, mais elle est toujours souriante, bienveillante.

Mon visage a vieilli, il a plusieurs marques de vie.
L’expérience nous traverse complètement et aussi notre peau.
Mon visage a vieilli depuis que j’ai quitté mon pays.
Je suis une jeune avec beaucoup d’expérience.
Je peux dire que mon visage a vieilli
Parce que mes pensées ont changé
Grâce aux difficultés.
C’est juste les cadeaux que la vie nous donne.
Alors oui, peut-être il a quelques taches mon visage,
Quelques lignes qui s’approfondissent chaque année.
Ça nous arrivera tôt ou tard.
C’est le commun de l’humanité.

Moi, personnellement, je crois dans les énergies de l’univers. Je pense que tout se produit à cause de quelque chose : ce qu’on fait aujourd’hui, on en verra le résultat plus tard. Profiter “aquí y ahora” c’est le mieux, parce que c’est tout ce que nous avons. Après, on verra.

Je rêve d’une petite maison tout en bois avec des fenêtres transparentes pour être au contact de l’extérieur. A l’intérieur, une cuisine minuscule dotée de vaisselle en bois clair, de chaises de bois sculpté, d’une table à manger et d’un lit près de la cheminée. Cette maison produit son électricité, elle dispose d’une petite salle de bain et elle est sur roulettes, ce qui permet d’être proche de la nature et de vivre dans des endroit différents toute l’année : le printemps dans la forêt verte, l’été à côté d’une belle plage, l’automne et l’hiver dans la prairie avec les animaux et l’odeur de terre humide.

Le Visage du Paysage
Aimer l’Aurore
L’Eau, y Entrer
Fatigué des Fleurs Fanées
Hurler Imaginer, jamais cesser
La Langue de la Lune
Le Nez de la Nuit
Respirer nos Rivières

Il était courageux, sévère avec les grands mais les petits l’aimaient beaucoup, c’est lui qui organisait les activités du village. À la fin de la semaine, le jour du marché, tous les petits l’attendaient, il venait les bras pleins de cadeaux. Notre relation était belle. Parfois il me déposait à l’école dans sa jolie Mercedes. Il avait un seul fils, banquier au nord du bled, les visites étaient rares. Il est mort à l’âge de 90 ans. Dans le Panthéon de mon coeur, il est.

Je veux vous dire pourquoi je suis vivant, parce que tout est nouveau en France pour moi et j’apprends tout un par un, et ça me rend trop énergique !
Je veux vous dire pourquoi je n’ai plus peur, parce que j’ai vécu le pire avant.

Je suis puissante.
Parce que j’ai appris de presque toutes mes erreurs.
Parce que je peux choisir ce qui me donne du bonheur.
Il faut être motivé pour vivre tu sais, si on vit sans avoir un but c’est comme ne pas vivre.

Regarde : le rayon de lumière de ton regard transforme l’obscurité de la toundra en une plage unique et vivante !

À dix-huit ans, j’ai vieilli à l’intérieur de moi.
Mes yeux voient au-delà de mon âge, j’ai une responsabilité sur moi.
J’ai vieilli, je ne parle pas le langage des jeunes. A 18 ans, j’ai vieilli parce que je ne sens plus l’envie d’être à la mode ou d’acheter un sac de marque.
Maintenant je suis celle qui me fait confiance
Je préfère le silence plutôt qu’une réponse.

À dix-huit ans, je me suis rendue compte que j’avais vieilli quand j’ai vu ma soeur de 15 ans gérer ses centaines d’applications avec sa chaîne Youtube et ses comptes Instagram et Facebook et je me suis dit : « Ouhlala le temps passe très vite ! »
Dans un ou deux ans je serai une adulte complètement dépassée par les nouvelles technologies.

Dans ma maison, tu viendras, une fois passée la porte d’entrée, ce sera ta maison.
Elle sera un rêve et donnera sur un lac, un lac couleur d’espoir. Tu prendras ton petit-déjeuner au jardin, tu cuisineras dans une cuisine toute équipée avec vue sur l’eau et partout, il y aura tes tapis préférés. Elle sera ouverte à tous les gens que tu aimes.
Dans ma maison, qui n’est pas le Panthéon, tu viendras et tu resteras longtemps car elle fera de toi une femme détendue.

Pour moi, le dieu est présent à l’intérieur de nous, de chacun et chacune de nous. C’est cette chaleur qui réchauffe notre âme, cet amour qu’on éprouve envers l’autre et cette force qui empêche de faire du mal au vivant.

Moi je crois que c’est moi le dieu de ma vie. Je peux créer ce que je veux et ce que je pense et inventer ma destinée.

Ça fait cinq ans que je suis partie de chez mes parents. La seule chose que j’ai emportée avec moi, c’est la clé de la porte principale. « Pourquoi tu ne prends pas la clé de ta chambre ? a demandé mon frère, c’est privé c’est tes affaires à toi, pourquoi ? »
Il ne comprend pas que c’est l’amour que j’ai pris avec moi, le bonheur de nous quatre, mes parents, lui et moi. Chaque fois que je saisis la clé entre mes mains, je rentre à la maison et la joie m’envahit.

Quand je la regarde, je vois une grande mer où le temps s’arrête et le soleil se lève très vite.

Quand je la regarde, son visage souriant me fait « Heidi prends-moi dans tes bras et on voyage jusqu’aux Chutes du Niagara ! »

Quand je la regarde, je vois le tableau d’une maison simple dessinée, où un vieux couple vit ensemble.

Quand je la regarde, je vois un jardin infini de fleurs de pavots, une première impression à couper le souffle.

Quand je la regarde, je vois un désert, au coeur duquel un homme vient de trouver une rivière.