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Graines de conteurs

GRAINES DE CONTEURS

faire pousser de nouvelles histoires

Graines de conteurs est un projet fédérateur inter-classes et inter-degré autour des contes. Il invite les élèves, par le biais d’ateliers d’écriture, de lecture et de mise en jeu pluridisciplinaire (illustration, théâtre, danse et chant), à revisiter les schémas narratifs traditionnels pour inventer des récits à la lisière de la fiction et du réel, capables de rendre compte du monde contemporain.

Rumeurs Urbaines s’attache à présenter et accompagner la pluralité des formes de récit existant aujourd’hui. Depuis une trentaine d’années, le renouveau du conte s’est illustré par un mélange des disciplines artistiques (musique, danse, vidéo), une plus grande porosité avec le théâtre (décor, lumière, jeu) ainsi qu’un renouvellement des sujets abordés (récits de vie, réactualisation des mythes, inventions contemporaines). C’est cette vitalité des arts de la parole que nous souhaitons partager avec les élèves.

Ce projet permet aussi de rappeler que les récits n’appartiennent pas seulement au passé et ne relèvent pas uniquement du monde de l’enfance. Les mythes ont pour fonction d’expliquer le monde qui nous entoure aussi nous avons toujours besoin de les réactualiser. C’est pourquoi nous proposons aux élèves de construire leurs propres variations contemporaines à partir de schémas narratifs existants. Ces variantes enrichissent le mythe au même titre et avec la même légitimité que les versions antérieures. C’est ce qu’explique Claude Lévi-Strauss, dans son Anthropologie structurale (1958) :

« Nous proposons au contraire de définir chaque mythe par l’ensemble de toutes ses versions. Autrement dit : […] Il n’existe pas de “version vraie” dont toutes les autres seraient des copies ou des échos déformés. Toutes les versions appartiennent au mythe.»

Saison 1 – 2017-2018

7 classes (CM1, CM2, 6e et 3e)
269 participants directs
60 heures de pratique artistique
105 participants indirects (spectateurs lors des restitutions)

Auteur : Sylvain Levey

Intervenant : Marc Soriano (mise en voix)

Etablissements partenaires
école élémentaire Jean Lurçat à Gennevilliers
collège Gay-Lussac à Colombes
collège Louis Blériot à Levallois-Perret

Avec le soutien du Département des Hauts-de-Seine dans le cadre de projets SIEL et de la Fondation SNCF.

Saison 2 – 2018-2019

12 classes (CE2, CM1, CM2, 6e, UPE2A et ULIS)
247 participants
148 heures de pratique artistique

Autrice : Penda Diouf

Intervenants : Mouna Belghali (mise en voix), Marc Soriano (mise en voix), Edgar Sekloka (chant), Pauline Tremblay (danse), Bertrand Sallé (Illustration)

Etablissements partenaires
école élémentaire Jean Lurçat à Gennevilliers
collège Gay-Lussac à Colombes
collège Guy Môquet à Gennevilliers
collège Truffaut à Asnières-sur-Seine

Dans le cadre d’une résidence territoriale artistique et culturelle en établissement scolaire de la DRAC Île-de-France, Ministère de la Culture. Avec le soutien du Département des Hauts-de-Seine dans le cadre de projets SIEL et de la Fondation SNCF.

Saison 3 – 2019-2020

8 classes (CP > 6e), 4 groupes d’adultes allophones
166 participants
100 heures de pratique artistique

Auteurs : Guillaume Cayet et Marc Soriano

Intervenants : Mouna Belghali (mise en voix), Zoé Bléher (danse), Christine Guenoun (mise en voix), Sandrine Nicolas (mise en voix), Claire Poisson (Illustration), Cathy Renoir (chant), Marc Soriano (mise en voix)

Etablissements partenaires
école élémentaire Jean Lurçat à Gennevilliers
collège Gay-Lussac à Colombes
centre social et cuturel Petit-Colombes à Colombes

Ce projet est soutenu par le Ministère de la Culture dans le cadre du projet Action culturelle et langue française, par le Département des Hauts-de-Seine dans le cadre de projets Hermès, par la Direction Départementale de la Cohésion Sociale des Hauts-de-Seine dans le cadre du FDVA 2 « Fonctionnement et Innovation », par la Ville de Gennevilliers dans le cadre des Cités éducatives, par le Rectorat de Versailles dans le cadre des projets d’éducation artistique et culturelle PACTE.

Lire les textes

La ville penchée

    0. L’écrivain

MARCO : – Bonjour je m’appelle Marco, je suis écrivain, je fabrique des histoires. Il y a quelques temps quelqu’un m’a téléphoné et m’a dit que j’allais recevoir une valise et il a raccroché. J’ai à peine eu le temps de dire que j’en avais déjà une. Le lendemain on a sonné à la porte et on m’a livré une valise. Elle était pleine de billets. Le téléphone a encore sonné et la même voix m’a demandé, en échange de l’argent, de fabriquer une histoire qui parle de… chut ! Il paraît que quand on en parle, ils viennent. Une histoire avec des…

L’écrivain se met à faire des grimaces et à se tordre dans tous les sens.

Vous avez compris ? Moi j’en ai une peur terrible. J’ai accepté le travail bien sûr. J’aurais préféré une histoire normale avec des gens normaux.

Vous y croyez, vous, aux… ?

L’écrivain se met à pousser des cris affreux, à hurler, à rugir comme une bête.

Je le fais bien, non ? C’est clair maintenant ? Vous êtes sûrs qu’il n’y en a pas ici ? Je les connais, en plus ils sont malins, ils se cachent. Vous avez bien regardé partout ? Non, je plaisante, ici on est tranquille.

Il sursaute.

Excusez-moi, j’ai cru en voir un derrière la porte, là. Peut-être que nous en rencontrons souvent sans le savoir ? On dit même que certains sont comme tout le monde pendant la journée, et que la nuit, ils se transforment en… Et s’il y en avait un à côté de vous ?

Il faut que je trouve une idée, la voix au téléphone m’a bien dit, « une histoire de … Il chuchote, on l’entend à peine… monstres… mais que personne ne connaît et qu’on ne trouve pas dans le catalogue habituel des Ogres, Loup-garous, Dracula, Frankenstein et compagnie ». Chut ! j’en ai des sueurs froides. On dit qu’il y en aurait, pas très loin d’ici. Vous êtes au courant ?

Tiens, j’aperçois des enfants qui discutent dans la cour de leur école. Allons voir de quoi ils parlent, peut-être savent-ils quelque chose ?

1. Cour d’école

CINDY : –  Tu habites où ?

SARAH : –  Par là. Tu passes devant le stade et tu continues. C’est loin. Tu marches longtemps.

CINDY : –  Ça s’appelle comment ?

SARAH : –  J’en sais rien, c’est la rue où les arbres sont carrés.

CINDY : –  Non mais autour de ta rue, ça s’appelle comment ?

SARAH : –  Je sais pas. Si, Légo-le-Grand,

CINDY : –  Ah oui je connais. Ma maison aussi c’est une grande biscotte. Mais c’est à Grande-barre-les-orteils

SARAH :  – Grande-barre-les-orteils !

CINDY :  – À côté de Chaussette city !

SARAH :  – Ça doit sentir mauvais.

EMMA :  – Il y a une ville qui s’appelle Bonbonville, où les gens ont mal aux dents.

SARAH :  – Et Trampoline-les-accidents ? où les gens sautent partout ?

CINDY :  – En vrai il y a une ville qui s’appelle Penché-sur-Seine

SARAH :  – Elle est où ?

CINDY :  – Pas très loin. C’est là où j’ai un cousin. Mon cousin Erdan, qui est policier.

SARAH :  – Je crois que je la connais cette ville

CINDY :  – Ça ça m’étonnerait, c’est une ville secrète

SARAH :  – C’est fait comment une ville secrète ?

EMMA :  – Pareil qu’une ville normale, mais personne ne sait où elle est

CINDY : – Non, elle est pas pareille qu’une ville normale.

SARAH : – Elle est comment ?

CINDY : – Elle a des tours qui sont toutes penchées

EMMA : – Comme ça ?

CINDY : – Non, pire, comme ça. Alors tout tombe par la fenêtre

EMMA : – C’est pas possible, on perd tout.

CINDY : – Si, c’est possible. Parce qu’il y a plein plein de magasins là-bas. On peut s’acheter tout ce qu’on veut

SARAH : – Ils doivent être riches

CINDY : – Plus que riches. Méga-riches. Ils ont des livres en chocolat et des shampooings à la fraise

EMMA : – Tu parles. Ils doivent avoir des armoires à laver, où les habits sont toujours propres et bien rangés

CINDY :  – Oui ils en ont plein. Et des chiens volants. Et des assiettes aussi. Volantes.

SARAH :  – Je sais c’est pour pas qu’elles tombent par les fenêtres

CINDY :  – Ben oui, demande à Arthur

ARTHUR : – Quoi ?

CINDY : – Penché-sur-Seine, ça existe ?

ARTHUR  : – Ben oui, je connais. Mais faut pas y aller là-bas. Il fait tout noir, tout le temps.

CINDY : – Ça m’étonnerait, ils ont plein de magasins

ARTHUR : – Oui, y’a l’électricité

EMMA : – Des magasins où on vend des chauves-souris ?

CINDY : – Non des magasins avec des tartines déjà beurrées

SARAH : – Et aussi des rouges à lèvres qui font parler les muets, je crois

ARTHUR : – Non, c’est des rouges à lèvres fluo, pour les sourds, pour qu’ils voient les lèvres bouger dans le noir

EMMA : – Ils ont des pulls à paillettes, des chaussures qui clignotent ?

SARAH : – Bien sûr, et des poupées avec des gros yeux lumineux !

ARTHUR :  – Mais là-bas tu peux pas jouer au foot

EMMA :  – T’as dit qu’il y avait l’électricité

ARTHUR : – Oui mais les terrains sont penchés, alors l’équipe du bas perd toujours dix à zéro.

EMMA :  – C’est l’enfer cette ville.

SARAH :  – On pourrait y aller

CINDY :  – N’importe quoi, on n’a pas le droit

SARAH :  – Pourquoi on n’a pas le droit ?

CINDY :  – J’ai pas le droit de le dire

ARTHUR :  – T’as qu’à le dire quand même

CINDY :  – Qu’est-ce que tu donnes en échange

ARTHUR :  –  Un autocollant à paillettes

CINDY :  –  Et un autre rose fluo ?

ARTHUR :  –  D’accord

EMMA : –  Ça sonne !

MARCO : – On ne va pas en rester là. Vous croyez que c’est vrai ce que dit Cindy ? Il existe vraiment, son cousin Erdan ? Attendez, je vais écrire la scène où elle lui téléphone. Non mais, c’est qui le patron ?

3. Au téléphone

CINDY :  – Erdan ?

ERDAN :  – Qui est à l’appareil ?

CINDY :  – C’est Cindy

ERDAN :  – Cindy, quelle surprise !

CINDY :   – J’aimerais bien venir te voir à Penché-sur-Seine

ERDAN :  – Non non non, moi je vais venir te voir à Grande-Barre-Les-Orteils

CINDY :  – J’en ai marre, pourquoi je peux jamais venir ?

ERDAN :  – Tu sais bien pourquoi. C’est dangereux

CINDY :   –  Je viens avec Arthur

ERDAN :  – Arthur c’est qui ?

CINDY :   – Il est dans ma classe, il est fort et même plus que fort, il a un déguisement de super-héros

ERDAN : – Tu parles !

CINDY : – Je t’envoie sa photo normale. Tu l’as ?

ERDAN : – Oui

CINDY : – Et sa photo de super-héros, voilà.Tu l’as ?

ERDAN : – Oui.  Tu parles !

CINDY : – Et aussi je serai avec Chloé. Tu la connais ?

ERDAN : – Non

CINDY : – Je t’envoie sa photo, elle a des super-pouvoirs, regarde bien ses yeux tu vas comprendre. Tu l’as ?

ERDAN : – Oui . Tu parles !

CINDY : – Laisse-moi essayer. Je viens aussi avec Emma et Sarah.

ERDAN : – Vos parents sont d’accord ?

CINDY : – Non, on va leur dire qu’on va au cinéma

ERDAN : – N’importe quoi !

CINDY :   – Allez ! S’il te plaît !

ERDAN : – Bon écoute-moi bien. Il n’y aucun bus, aucun tram, aucun train qui arrive ici

CINDY :  – On fera de l’auto-stop

ERDAN : – Personne ne connaît la route, personne ne sait venir ici

CINDY :  – Ce n’est pourtant pas loin

ERDAN : – Il n’y a qu’une voiture qui peut t’emmener à Penché-sur-Seine, une voiture toute noire, avec des vitres noires, qui roule à 200km/h sur une route isolée et introuvable. Bonne chance.

CINDY : – Erdan ! Il a raccroché.

  1. dans la rue

MARCO : – Ça se complique. Et ce n’est pas moi qui vais trouver cette route secrète, je n’habite pas ici. Je vais demander aux passants… Excusez-moi madame, pour aller à Penché-sur-Seine, je dois passer par où ?

LA DAME : – Où ? Non mais ça va pas ? Vous me prenez pour qui ?

MARCO : – Désolé, je… Monsieur ! Oh il est mignon votre chien, comment s’appelle-t-il ?

LE MONSIEUR : – Hot-Dog, je l’ai trouvé dans la rue, il avait l’air perdu.

MARCO : – Je voulais vous demander, vous connaissez la route pour aller à Penché-sur-Seine ?

LE MONSIEUR : – Pardon ? Vous êtes sûr que c’est dans le coin ? Tais-toi Hot-Dog ! Je ne comprends pas ce que dit le monsieur, arrête d’aboyer !

MARCO : – Votre chien a l’air de connaître

LE MONSIEUR : – Hot-Dog viens ici ! Il est parti comme une flèche. Redites-moi le nom que vous cherchez ?

MARCO : – Penché-sur-Seine

LE MONSIEUR : – Il recommence à faire des bonds et à piailler, on n’a qu’à le suivre.

MARCO : – Regardez, il s’est assis à l’entrée du stade, sur une plaque d’égoût.

LE MONSIEUR : – Ben alors, mon chienchien ?

MARCO : – Il penche la tête. Vous voulez bien m’aider à soulever la plaque ? Voilà… Il fait noir là-dedans ! C’est profond… ça sent l’essence, c’est sûr, la route doit passer là-dessous. Merci Hot…

LE MONSIEUR : – Hot-Dog !

MARCO: – Il a sauté…

LE MONSIEUR : – Hot-Dog !

MARCO: – Disparu

LE MONSIEUR : – Tout ça, c’est à cause de vous !

MARCO: – Venez, on va essayer de…

LE MONSIEUR : – Vous croyez que je vais vous suivre là-dedans ? Certainement pas ! Au revoir, monsieur, et si vous le retrouvez, voici ma carte, appelez-moi !

MARCO : – Bon… Rentrer là-dedans tout seul ? Jamais de la vie ! Je vais faire venir Cindy et sa bande. Je ne vais pas tout faire, non plus… les personnages de mon histoire sont là pour ça ! C’est qui le patron ?

  1. Devant le stade

ARTHUR : – Je ne vois rien. Pas de route secrète.

SARAH  : – C’est l’entrée du stade !

CINDY : – Attendez, c’est sous nos pieds que ça se passe. Arthur, tu es dessus. Vous avez pris vos lampes ?

ARTHUR :  – Il faut lever cette plaque ?

CINDY : – Oui. Voilà…Éclaire-moi

EMMA :  – Fais attention !

CINDY : – Il y a des barreaux d’échelle pour descendre, comme dans mon rêve. Allez on y va…

CHLOÉ : – Maman, j’ai peur !

CINDY : – Je suis déjà en bas, ce n’est pas si haut.

ARTHUR : – On n’y voit rien !

EMMA : – Eclaire avec ta lampe, il fait tout noir !

CINDY : – Bande de super-héros en carton !

CHLOÉ : – Attendez-moi !

  1. Dans le tunnel

SARAH : – Arthur, sors-nous de ce tunnel.

EMMA :  – Chloé, fais quelque chose

CINDY :  – Oui c’est le moment de mettre en action vos super pouvoirs

ARTHUR : – S’il n’y a pas de méchants, je ne peux rien faire

EMMA : – Il y a Sarah

SARAH : – N’importe quoi, c’est pas drôle

EMMA : – Elle a un lance-pierre je vous signale

CHLOÉ : – Il fait trop nuit, on ne voit rien

SARAH : – En vrai c’est juste un déguisement

ARTHUR : – N’importe quoi, j’ai déjà sauvé quelqu’un

EMMA : – Au fait Cindy tu le dis ton secret ?

CINDY : – Je l’ai dit à Arthur

EMMA : – Je n’ai pas d’autocollant en échange

CINDY : – Dis-le, Arthur

ARTHUR : – Contre deux vignettes de footballeur

SARAH : – Quand on sera revenu je te les donnerai, mon frère en a plein

ARTHUR : – D’accord. A Penché-sur-Seine, il y a une forêt, et dans cette forêt, il y a plein de monstres.

CHLOÉ : – Quel genre de monstres ?

ARTHUR : – Des monstres méchants et affreux

EMMA : – Ce n’est jamais gentil et beau, un monstre

CHLOÉ : – Ah si, ça existe. Il y a quatre catégories. Niveau 1, gentil et beau, niveau 2, gentil et affreux, niveau 3, méchant et beau, niveau 4, méchant et affreux.

ARTHUR : – Là-bas, ce n’est que du niveau 4

CINDY : – Regardez, on sort du tunnel

EMMA : – Toujours pas de voiture

CINDY : – Ça va venir

  1. Marco est devant son ordi. Il surfe

MARCO : – Ça y est, j’ai trouvé une voiture de course noire, modèle familial, très rare, et son chauffeur, un loup. Heureusement il ne mange que du poisson et des bonbons pétillants. Mais il roule comme un dingue. C’est bien ça ?

LOUP apparaît sur l’écran : – Affirmatif.  Pour aller là-bas, on n’a pas le choix. Bravo pour la voiture, une Sesto Elemento, le top. Vous avez pensé à mon paquet de bonbon-soucoupes ? Il m’en faut un bon kilo

MACRO : – Vous trouverez ça dans la boîte à gant. Je vous ai ajouté des Têtes Brûlées.

LOUP : – Génial

MARCO : – Avec des mammouth-tétines, des crocodiles et aussi des œufs au plat

LOUP : – Magnifique ! Juste une question : vous ne m’avez pas mis dans la liste au début, c’est normal ?

MARCO : – … Oui, dans toutes les histoires, le loup c’est la star enfin ! Ça ne se mélange pas avec les autres personnages !

LOUP : – Vu comme ça. Bon, j’y vais moi.

MARCO : – Soyez prudent.

LOUP disparaît

MARCO : – Je m’en suis tiré comme j’ai pu…On avait dit pas de loup. J’ai craqué. Oh et puis c’est qui le patron ?

  1. Sur la route

Une voiture de course, noire et longue, fait un grand dérapage et s’arrête. Ses portières s’ouvrent toutes seules, comme par magie. Les enfants montent dedans, et elle repart en trombe.

  1. Dans la voiture de course

CINDY : – Vous pouvez rouler moins viiiiiite ?

SARAH : – Au secours au secours au secours maman au secours au secours maman maman au secours !

CHLOÉ : – Je crois que je vais vomir.

ARTHUR : – J’adore

EMMA : – Il est fou ce loup il est fou ! Il est loup ce fou, il est loup !

CINDY : – C’est un loup ?

EMMA : – Un fou déguisé en loup !

ARTHUR : – Il ne nous entend pas.

SARAH : –  Au secours au secours au secours maman au secours au secours maman maman au secours !

CHLOÉ : – J’ai le cœur dans la bouche. Stoooooop !

EMMA : – Arrêtez, s’il vous plaît arrêtez !

ARTHUR : – Ça va tout droit et à fond, il maitrise. Aaaaaah ! Ooooooh !

La voiture s’arrête.

LOUP : – Non mais vous croyez qu’on arrive à Penché-sur-Seine comment ? En tricycle ?

CINDY : – C’est encore loin ?

LOUP : – On arrive. Je vous laisse en ville ou vous préférez la forêt ?

CINDY : – Vous connaissez Erdan ?

LOUP : – Non.

CINDY : – Il est policier

LOUP : – Je ne connais personne en ville, pas trop mon truc. Mais je peux vous déposer au commissariat

CINDY : – D’accord. Il y a des gens qui habitent la forêt ?

LOUP : – Oui dans les grottes. Les monstres ! Vous êtes au courant ? L’ambiance est bien plus sympa qu’en ville. Ils organisent une fête ce soir, j’y vais. Si ça vous dit, appelez-moi. Voilà ma carte.

CINDY : – Merci. Votre déguisement est mortel.

LOUP : – Mon déguisement ? Quel déguisement ?

CINDY : – De loup !

LOUP : – Mon déguisement de loup ? Le loup rit aux éclats. Excellent ! Mon déguisement de loup !!! Vous m’avez l’air d’être une sacrée bande ! Venez à la fête !

La voiture redémarre en trombe, encore plus vite

  1. Au commissariat de Police de Penché-sur-Seine

ERDAN : – Levez le doigt, s’il vous plaît, et faites votre description. Ne parlez pas trop vite, articulez bien, afin que le portrait-robot apparaisse sur l’écran. Oui Madame ?

NORA : – Il avait la peau blanche et transparente, avec cinq yeux, deux bouches et des tentacules

ERDAN : – Bien. Voyons ça… Ah ! Ça pourrait être Kémie, d’après la fiche…

NORA : – Oui c’est bien lui, quelle horreur !

ERDAN : – Non c’est bien elle, c’est une dame.

NORA : – Une dame ? Vous plaisantez ?

ERDAN : – Pas du tout.

ALI : – Moi, il ressemblait à un taureau, mais il avait des cornes à la place des oreilles, des ailes et une moustache. Il avait l’air gentil.

ERDAN : – C’est noté. Un instant s’il vous plaît… Oh oh, pas de doute c’est bien lui, c’est Gaspi. Tout petit taureau.

ALI : – Gaspi ?

ERDAN : – Oui apparemment il joue avec la nourriture et fait n’importe quoi.

CHALLAH : – Celui que j’ai vu a trois yeux, quatre bras et des oreilles de lynx.

ERDAN : – Veuillez répéter s’il vous plaît. Parfait. Attendons que le système… Voilà. Léoni ! On ne connaît que lui.

CHALLAH : Je le reconnais, il m’a volé des chouquettes.

ERDAN : – Oui madame ? À vous !

CLOÉ : -Moi il avait cinq têtes, des griffes mortelles et…

ERDAN : – Cinq têtes, cinq têtes… ça me dit quelque chose. Ah voilà, regardez c’est Mardi, aucun doute. Très dangereux.

CLOÉ : – Mardi, c’est son nom ça ?

ERDAN : – Faut croire. Il vous a fait quelque chose, une agression, un…?

CLOÉ : – Non, il a sonné à ma porte pour me vendre un calendrier. Je ne l’ai pas laissé entrer.

ERDAN : – Vous avez bien fait. Monsieur ?

KYLIAN (montrant Cloé) : – Je pense que cette dame nous cache quelque chose, je la reconnais.

CLOÉ : – Je vous demande pardon ?

KYLIAN : – Elle avait la peau jaune, une robe jaune, et une bouche pleine de dents pointues. Mais c’est la même personne. L’image apparaît sur l’écran. Regardez, c’est elle. Cloé sort du bureau en bousculant tout le monde.

ERDAN : – Attrapez-là ! Erdan siffle dans son sifflet et des agents se lancent à la poursuite de Cloé. Nos agents vont la capturer. Continuons.

CHALLAH : – J’en ai vu un, avec des poils rayés, jaunes et violets. Petit, rond, avec un œil et des dents pointues.

ERDAN : – Ça ne me dit rien… attendez… non, rien dans la bécanne. Ah si…Vingt, il s’appelle. Comme le chiffre vingt. Rien à signaler ?

CHALLAH : Il voulait des bonbons gratuits. Des oursons.

ERDAN : – Vous savez que c’est une drogue qui fait des ravages ? Je plaisante. Plus de témoignage ?

ISABELLE : – Si, moi j’ai vu briller trois yeux rouges dans un parking souterrain.

ERDAN : – Trois yeux rouges ? Pas d’autres détails ?

ISABELLE : – C’était dans le noir. Il riait sans arrêt. J’ai eu la peur de ma vie !

ERDAN : – Ça peut être celui-là, pas encore identifié, c’est un X .

NORA : – Deux têtes, avec une fermeture éclair sur une des bouches ? Oui je l’ai vu. Trois tentacules d’un côté, trois pattes de l’autre, des ailes et quatre pieds ?

ERDAN : – C’est ça.

NORA : – Une odeur infecte. Il roupillait en bas de mon immeuble. Avec un autre qui avait le corps couvert de poils verts et des tentacules très longues.

ERDAN : – Ça tombe bien, il s’appelle Tentacule, regardez. Il dit qu’il a 140 ans. Il attrape les pigeons pour se nourrir. Monsieur ?

MARIO : – J’en ai vu un avec un oiseau sur la tête !

ERDAN : – Oui, c’est Toby, un petit, le corps couvert d’insectes et une cape rouge ?

MARIO : – Ça doit être ça. Avec un autre qui crachait du feu, une langue de serpent, huit bras et treize pieds.

ERDAN : – C’est Jerry, c’est pas le pire… il est souvent avec Malke, lui il a 4 oeils , treize pieds, huit bras, tu en coupes un, ça repousse… un vrai monstre à l’ancienne, toujours sur un mauvais coup, un vraie teigne.

Bon je crois qu’on a fini les identifications ? Je voulais quand même vous faire part de nos dernières découvertes, car, comme dit le proverbe, « quand il n’y en a plus, y’en a encore »… Il semblerait que la vague d’arrivage de monstres ne cesse de grandir, cela afin de mieux vous préparer.

Les portraits apparaissent sur l’écran

Des piques rouges sortant du corps, une tête rectangulaire et de grandes oreilles, c’est Franck. Niveau 2.

Visqueux, une sorte de pieuvre avec une énorme verrue, c’est Destructeur, niveau 4.

Son visage est comme une feuille au bout d’un corps en forme de tige de 2 m, avec des pétales de fleur tout en haut, elle s’appelle Feuille. Niveau 1.

La paire Mou et Croc… c’est peut-être un couple. Croc ressemble à un dragon avec  grandes écailles dorsales, Mou a une tête d’ours avec des bras au niveau des oreilles… sa robe et ses chaussures à  talon laisse penser qu’il s’agit plutôt d’une femme. Niveau 2.

Lui il n’a pas de visages mais 9 yeux répartis sur des 3 tiges et 3 spirales en forme de crotte, six bras, deux jambes, il s’appelle Capi. Effrayant, niveau 4.

Je vous laisse admirer Luc… et le petit Biscoto, avec ses 4 jambes et ses 4 bras, son oreille unique, il est là, dit-il, pour protéger les humains à l’aide de son couteau.

Voilà, je vous rappelle les règles de sécurité, après 19h restez chez vous et faites le 111 si vous vous sentez menacé. Si vous en voyez, ne leur parlez pas et éloignez-vous.

NORA : – Il paraît qu’ils aiment la musique et qu’il suffit de chanter pour les rendre inoffensifs, c’est vrai ?

ERDAN : – On raconte beaucoup d’âneries.

Une image de monstre apparaît encore sur l’écran – Son visage ressemble à celui d’Erdan, mais avec un œil vert, un œil bleu, une grosse verrue sur le front, des piques sur la tête, des dents pointues, une chemise à bandes multicolores et surtout une énorme queue de crocodile. Et il porte le même insigne de police. Tous les regards se tournent vers Erdan, puis on pousse des cris. « C’est lui, c’est lui ! » Grosse pagaille. Erdan s’enfuit.

  1. Le bureau de l’écrivain

MARCO : – Oh la la elle commence à m’échapper complètement cette histoire. C’est bien ce que je disais, il faut se méfier de tout le monde. Et la voiture noire ? Elle est passée où ? Voilà ce que c’est, quand on laisse les personnages faire ce qu’ils veulent ! 

  1. La voiture noire s’approche de la ville, les tours penchées apparaissent. Les rues sont désertes, c’est l’heure du couvre-feu. Sur les murs on voit de grandes affiches avec des portraits de monstre et ce message :

AIDEZ-NOUS À CAPTURER LES MONSTRES

TANT QUE NOUS NE SERONS PAS DÉBARASSÉS DE CES CRÉATURES

NOS MALHEURS CONTINUERONT

EMMA : – Regarde, il y a un monstre qui s’appelle Erdan

CINDY : – Tu es sûre ?

EMMA : – Regarde !

CINDY : – Il ressemble à mon cousin en plus.

EMMA : – C’est lui ?

CINDY : – On dirait. Je n’y comprends plus rien

SARAH : – Qu’est-ce qu’on fait ?

LOUP : – Allons dans la forêt, vous allez voir, on va bien s’amuser.

  1. La voiture passe dans une zone industrielle, entre ville et forêt.

CHLOÉ : -Toutes ces usines !

EMMA : – Des centaines !

CINDY : – Comme ça ils peuvent fabriquer tout ce qu’ils veulent !

SARAH : – C’est aussi pour ça qu’ils vivent dans le noir, y’a trop de fumée !

ARTHUR : – C’est pas à cause des monstres ?

LOUP : – Mais non, eux ils viennent ici pour se cacher justement.

14. Une grotte au milieu de la forêt. C’est la grande fête des monstres. Il y a une scène, on joue de la musique, on danse etc. Arthur et Chloé ont leurs tenues de super-héros.

ARTHUR : – Depuis qu’on est arrivé, personne ne fait attention à nous

SARAH : – J’ai eu peur au début, mais maintenant je m’amuse comme une folle. Il faut s’habituer c’est tout, celui-là par exemple, il a un œil pour toi et les autres sont occupés à regarder autre chose.

CINDY : –  Regarde, il fait griller des saucisses en crachant du feu

EMMA : – Et celui-là, avec ses tentacules, il fait le service à toute vitesse, dix assiettes à la fois !

CINDY : – Et lui, il peut jouer de la guitare et du piano en se grattant les oreilles !

CHLOÉ : – Je crois que les méchants ne sont pas venus.

SARAH : – Ils font quand même des combats pour s’amuser.

EMMA : – Il monte à quel hauteur celui-là ?

ARTHUR : – Il dépasse les arbres.

CINDY monte sur la scène : Bonsoir tout le monde ! J’ai un message pour Erdan. Erdan tu es là ? Ce n’est pas la peine de te cacher, tout le monde est au courant. Erdan, si tu m’entends, voilà ce que j’ai à te dire. Ce serait bien mieux de reconstruire la ville. Avec vous, je crois que ça pourrait aller vite de remettre les immeubles bien droits. Comme ça, il y aurait moins d’usine, moins de fumée et donc du soleil à Penché-sur-Seine. La vie serait bien plus agréable, et bien plus marrante avec les monstres. Je suis sûre que si on s’y prend comme ça, les plus dangereux ne resteront pas.

– Bravo !

– Je suis d’accord !

– C’est génial comme idée !

– On va faire ça.

– Qu’est-ce que tu en penses Erdan ?

Je suis entièrement d’accord, merci Cindy !

Dans la grotte la fête fut extraordinaire. Dès le lendemain, les monstres arrivèrent en ville avec Erdan en tête pour réaliser l’idée de Cindy.

  1. Dans la rue, Marco se promène. Le chien Hot-Dog le rattrape.

MARCO : – Ça alors Hot-Dog ! Bonjour mon chienchien, je vais te ramener à ton maître. Il m’avait donné sa carte, voyons voir…

« Georges Delattre

Ligue Internationale de Défense des Monstres

29 rue de la tour »

C’est qui le patron ?

 

On raconte tou·te·s des histoires

On raconte tou·te·s des histoires

On raconte tou·te·s des histoire
Des histoires pour bien grandir
Des histoires pour se faire peur la nuit
Des histoires pour se démêler les cheveux
Se tordre les narines
Se crisper les doigts de pieds
Se faire mourir de rire
S’éloigner du pire
S’éclater la panse du ventre
Se regarder grandir
Quitter l’enfance
Quitter l’enfance
Avec l’impression que l’enfance est une île
L’adolescence une mer
Et le reste la terre en face…

On sait jamais trop comment ça commence une histoire
Par une majuscule, ça s’est sûr…
Mais d’où ça vient ?
Qui nous la raconte ?
Et comment ça finit ?
Comment ça finit une histoire ?
Comment ça se finit une histoire ?
Par un point ?
Pourquoi ça se finit une histoire ?
Qui pointe le dernier point ?
Pourquoi ça semble écrit depuis toujours et que ce toujours
Nous semble très vieux ?
Genre : Truc d’opéra pour les mort·e·s
Genre : Michel Drucker Vivement Dimanche
Genre : Perrault As-Been
Pourquoi il faudrait finir
Est-ce qu’on ne pourrait pas finir de finir ?
Commencer par recommencer

On se souvient très bien de la première fois
De la première histoire
Dans le lit
On s’endort
C’est assez agréable
On entend cette voix
On n’arrive pas à dormir
Une lumière s’allume
Le lit commence à trembler
Quelque chose se passe
Nos lits se craquellent sur une forêt

Mais pourquoi une forêt déjà ?
Qu’est-ce que de la forêt on peut bien en avoir à faire ?
Y’a que du béton
Une forêt de parpaings ici
Qu’est-ce qu’ils nous ont fait les arbres ?
Pourquoi les loups seraient forcément mangeurs de petites filles ?
Pourquoi les arbres voudraient-illes nous perdre ?
Pourquoi la forêt ça devrait être pour le monde des contes ?

Et ici
Le quartier
Ici
La ville
Ici
Notre jeunesse
Ici
L’école
Ici
Le monde
Le monde du vrai
Le monde du dur
Le monde du chiant
Le monde du pas pour les histoires

Peut-être que justement
Ce qu’on pourrait faire nous
C’est se raconter des contes d’ici
Pas des contes de princes et de princesses
Ni les comptes des riches et de leur richesse
Mais des contes de kebab et de dealers
Des contes de flics et de profs
Des contes de petits vieux
Des contes d’épiciers
Des contes pour ici
Pour pas finir
Pour se raconter
Pour pas finir d’en finir de s’en raconter des histoires…

1.

Sarah a 15 ans. Elle habite dans un petit appartement HLM avec ses parents. Un jour, elle entend un vieil homme appeler à l’aide. Le vieil homme a cassé sa canne, et faute de l’ascenseur toujours pas réparé, il n’arrive pas à monter les étages. Alors Sarah sort de son appartement et aide le petit vieux à rentrer chez lui.

Mais – il faut le croire – le vieil homme n’était pas vraiment un vieil homme. C’était plutôt un elfe, déguisé en vieil homme.

-Tu as été gentille avec moi. Tu es pleine de bonté. Dès que tu souhaiteras quelque chose, tu l’obtiendras, lui dit le vieil homme.

Depuis longtemps, Sarah rêvait d’offrir un voyage à ses parents, car c’était leur rêve de partir à Paris, mais le problème, c’est qu’ils n’avaient pas d’argent.

Sarah sourit au vieil homme.
Les billets tombèrent du ciel comme par magie.

Et l’on dit que le vieil homme, grâce au sourire de Sarah, devint immortel.

2.

Devanture de magasin.
6ème arrondissement de Paris.

C’est l’histoire d’Abraham. il a dix-huit ans. Il vit dans le ciel. Parce qu’il est pauvre. Et que le ciel c’est moins cher. Un jour il croise Roby (un nom comme ça, genre Britney, un nom qui fait star du show-bizz), il croise Roby, super pour lui elle est divorcée, il lui dit :
– Tu veux que je t’épouse ?
Il a rien à perdre Abraham. Il vient du ciel.
– Moi je te trouve plutôt sexy
Et Roby elle le regarde et elle dit… un truc qu’il comprend pas, mais ça doit vouloir dire « toi aussi, ouais… »

Et Abraham dit :
– Le plan c’est qu’on va faire deux gosses, le premier on l’appellera Hugues. Et le deuxième, on va l’appeler Gérard. Des noms bien français pour que ça se passe bien.

Abraham descend du ciel et ne rêve que d’une chose : s’accrocher les pieds au sol
S’arrimer à la terre
Dans l’habitude des gens qui vont bien

Abraham continue son histoire dans sa tête :
– Regarde nos enfants Roby ?
(Roby est loin. Roby est déjà partie. Elle est de la terre elle. Des espaces qui vont bien. Elle ne veut pas d’un homme du ciel)
Regarde nos enfants
Regarde nos enfants
dit Abraham en tenant ses deux chiens en laisse

Mais dejà derrière lui il les entend
Le policier : Bonjour…
– Bonjour
Le policier : Vous faites quoi ici?
– Je descends du ciel. J’attends ma femme qui est rentée dans le grand magasin
Le policier : Vous êtes devant les Galeries Lafayette Monsieur. Les gens comme vous c’est pas là qu’illes doivent trainer, on fait pas la manche devant les Galeries Lafayette.

3.

C’est l’histoire d’une fille qui mange dix grecs en 40 minutes et à la fin elle vomit.

4.

Il était une fois l’histoire d’une mère et de ses deux enfants. L’une s’appelait Léa et la deuxième Maddie. Maddie était traitée comme une servante. Elle faisait la vaisselle, le balai, la serpillère, rangeait toutes les chambres. Sa mère ne l’aimait pas vraiment, parce que Maddie était le portrait-craché de son père, parti il y a des années, pour la guerre, ou quelque affaire comme cela, et jamais revenu.

Un jour, la mère de Maddie lui demande d’aller lui acheter une bouteille d’eau. Maddie se rend à l’épicerie, achète une bouteille et rentre chez elle. En retour, elle croise une vieille dame, assoiffée, qu’il lui demande si elle ne peut pas boire dans sa bouteille.

Maddie lui tend sa bouteille. La vieille dame boit. Attendrie par l’acte de la jeune fille, la vieille dame lui révéla sa vraie nature. C’était en fait une fée. Elle farfouilla dans son sac, badigeonna le visage de la jeune fille d’une petite poudre. À partir de maintenant, quand la jeune fille parlerait, elle perlerait des billets.

En rentrant à la maison, et voyant le don que sa soeur venait d’acquérir, Léa décida de sortir dehors, pour elle aussi aller chercher une bouteille d’eau. Mais en retour, croisant la vieille dame et ne distinguant chez elle aucune présence féérique, Léa l’envoya balader. Elle gardait sa bouteille pour une fée qui devait trainer dans le coin, pas pour une vieille peau.

La vieille dame farfouilla dans son sac, en sortit une autre poudre, badigeonna le visage de la jeune fille. Celle-ci se mit à dire :
– qu’est-ce que tu fais vieille folle?
Mais c’était trop tard…

Des mouches, des araignées et des mygales sortaient déjà de sa bouche.

5.

Hafid a trente ans. Hafid vivote. Il a toujours vécu de petits commerces. Ça n’a jamais vraiment marché, mais c’est comme ça. Les autres disent d’Hafid que c’est parce qu’il est trop dans sa tête et pas assez dans ses baskets. Il vit à la Cité, avec les autres, là où il est né. Mais son rêve à lui, ce serait d’aller vivre à la Cité Suprême. Il y pense nuits et jours. La Cité Suprême. La Cité réservée pour les Grands, pour ceux qui ont de la maille. La Cité Suprême où t’as des métros partout, et des gens bien sapés qui font comme si la Cité, la sienne, n’existait pas.

Hafid il aimerait ça : faire comme si sa cité à lui n’existait pas vraiment.
Hafid il passe sa vie comme ça : à rêver de la Cité Suprême
Toute sa vie
Toute sa vie il passe sa vie à rêver
Et un jour
À force d’être trop dans sa tête
À un passage piéton, Hafid se prend une voiture
Et il meurt
Et son rêve avec lui

6.

Un jour, un boulanger et une boulangère attendaient une fille. La mère avait toujours fait le rêve que si un jour elle avait une fille, elle deviendrait danseuse étoile, rêve qu’elle n’avait pas pu accomplir.

En face de la boulangerie, il y avait un magasin de ballerines, les plus belles ballerines qui soit. Pour faire plaisir à son amoureuse, son homme alla acheter les ballerines, mais leur prix contenait quelque zéros de trop. Alors, sans trop réfléchir, tandis que le commerçant avait les yeux sur d’autres clients, le boulanger mit les ballerines dans son sac et partit en courant. Il fut vite rattrapé par le commerçant qui lui dit, comprenant que c’était pour une naissance, qu’il pouvait garder les ballerines jusqu’à la majorité de sa fille mais que si, à sa majorité, les ballerines ne lui étaient pas rendues, de graves problèmes allaient s’abattre sur sa fille.

Le temps. Les années. Les danses passèrent. L’enfant devenue fille devenue adolescente dansait de mieux en mieux. Arrivée à la veille de sa majorité, son père ne se souvint pas de la prophétie du commerçant, mort depuis longtemps et puis le lendemain sa fille devait passer une audition pour obtenir un premier rôle dans un ballet important, alors de ses ballerines, elle en aurait bien besoin.

L’audition arriva.

La fille se mit à danser. Mais à peine la musique avait-elle commencé que ses pieds se mirent à la chauffer. Elle regarda ses ballerines. Celles-ci avaient disparu et à la place de ses pieds se dessinaient la forme étrange d’une miche de pain.

7.

C’est l’histoire d’une vieille dame qui était coincée aux toilettes depuis mille ans parce qu’elle n’arrivait pas à tirer la chasse.

8.

Un jeune homme
Rêvait de partir en mer
Il prit un bateau
Mais son bateau coula
Il nagea tant bien que mal
Jusqu’à ce qui semblait être une île au loin
Mais l’île se transformera en crocodile
Et l’avala

9.

Un jeune homme
Rêvait de partir en mer
Il prit un bateau
Mais son bateau coula
Il nagea tant bien que mal
Jusqu’à ce qui semblait être une île au loin
Mais l’île était enneigée
Plus il marchait sur elle
Plus il s’enfonçait
Le jeune homme mourut de froid

10.

Un jeune homme
Rêvait de partir en mer
Il prit un bateau
Mais son bateau coula
Il nagea tant bien que mal
Jusqu’à ce qui semblait être une île au loin
L’île lui tendit des papiers
Et le jeune homme devient ilien

11.

C’est l’histoire d’une femme qui arrive chez un homme. L’homme vit seul depuis longtemps. Il a pourtant l’air sympathique. Il prévient juste sa femme qu’elle peut tout faire dans cette maison sauf ouvrir son ordinateur. Mais un soir que la femme voulait regarder une série, elle prit l’ordinateur de son homme, sans se rappeler de son interdiction. Lorsqu’elle ouvrit internet, elle tomba des pages et des pages de vidéos de femmes nues. Alors la femme prit ses affaires et s’en alla.

12.

C’est l’histoire d’une fille qui se marie et a beaucoup d’enfants

C’est l’histoire d’une fille qui ne se marie pas

C’est l’histoire d’une fille qu’on marie de force

C’est l’histoire d’une fille qui trouve que la mariage, c’est pour les boeufs

C’est l’histoire d’une fille

C’est l’histoire d’un gars

C’est des gars

Des filles

Des gars

Des filles et des gars

13.

Il était une fois Bernard, quatre-vingt-seize ans, qui voulait voyager, parcourir le monde en avion.

Le problème, c’est que Bernard était locataire d’une petite chambre en maison de retraite – maison de maltraite disait souvent Bernard pour rire.

Un soir quand tout le monde était en train de dormir, Bernard fugua, et courut prendre l’avion. Malheureusement, il n’avait pas assez d’argent pour cela. Il décida d’attendre que le jour se lève devant sa banque pour aller récupérer ce qu’il lui restait sur son compte en banque. Mais quand il arriva au guichet, il se rendit compte qu’il n’y avait plus rien sur celui-ci. Alors Bernard se souvint de ces films qu’il regardait enfant, des films de braquage et avec sa canne, il menaça le guichetier de lui filer tout le pognon de sa caisse, sinon il allait passer un sale quart d’heure.

Le guichetier ému du courage de Bernard vida tout l’argent qu’il avait sur son compte en liquide et l’offrit à Bernard, qui put, une fois à l’aéroport s’envoler, loin de sa maison de retraite.

On en aurait des histoires comme ça encore à se raconter

On en aurait des histoires comme ça encore à se raconter
Pour pas finir
Des histoires parfois qui ratent
Des histoires parfois dont on connaît pas encore la fin
Des histoires parfois où on a déjà la fin
Mais c’est pas grave on se les raconte quand même
Parce que dans la frite ce qui est bon c’est le goût, c’est pas de savoir qu’un jour t’auras fini ta frite
Des histoires qu’on aimerait pas raconter mais qui existent
Des histoires qu’on invente
Qu’on transforme
Pour se sentir plus grands
Des fois entre potes
On s’assoit sur les bancs
Et on se raconte des trucs
Des récits guerriers
On est des Super-Héros
Nos histoires font des voeux
On ne veut plus de châteaux
On veut des PS4
des trampolines
Nos histoires construire des mondes

C’est l’histoire de gens qu’on a souvent fait jouer dans un film muet
Et au bout d’un moment le film muet se met à parler…

C’est l’histoire d’un gars
Un jour il fait un film
mais le film est magique
Et le mec perd sa voix

C’est l’histoire d’histoires qui ne disent plus que l’important c’est l’atterrissage
Mais comment on se ré-envole une fois qu’on a atterri

Ecrit par les élèves de 6e du collège Gay-Lussac avec l’aide de Guillame Cayet (auteur) et Céline Demeyere (enseignante). Année scolaire 2019-2020.

C’é moi ki è cramais la poubel

C’é moi ki è cramais la poubel

écrit par les élèves du Collège Gay-Lussac à Colombes
Graines de conteurs saison 1
texte lauréat du comité de lecture

Note de Sylvain Levey : C’est un travail collectif à partir d’une histoire vraie. Chaque petit groupe a pris en charge une partie de l’histoire et le tout a été mis en commun et terminé en commun.

1.
C’était un vendredi
Un vendredi sous la pluie
Une journée ordinaire
Maths, histoire-géo, récré, English
Cantine
Salade tomates sans oignons
Poulet patatoes sans sauce ketchup
Yaourt nature, y’a plus de sucre
Sauf dans les poches de Latronche.
Tout à coup, sous le préau : Un hurlement.
Suivi d’une pagaille dans le réfectoire.
Tout le monde court dans tous les sens.
Luna Méchante pète un câble.
Mimiki elle c’est les plombs.
Latronche termine toutes les assiettes.
Tout le monde pleure.
Panique dans la place.

2.
Latronche est un champion.
Latronche est capable de manger huit hamburgers en moins d’un quart d’heure.
Latronche porte du XXL.
Latronche a deux frères : Tronche de cake et Tronche au carré.
Il habite à Mantes-la-jolie au dessus d’un fast-food.
A l’école, tout le monde respecte Latronche
Parce qu’il est très fort du ventre.
Parce qu’il répond par des coups de poing quand il n’est pas content.
C’est pour ça qu’il a plus d’heures de colles que d’heures de cours.

3.
La belle Valentine
Belle et triste Valentine
Son père : il n’est jamais là.
Sa belle mère : elle l’oblige à faire toutes les corvées.
Une vraie cendrillon.
Valentine
Ce vendredi-là
Ce vendredi sous la pluie.
Elle a craqué
L’allumette.

4.
Luna est une fille de 6e5
Elle porte bien son nom.
Luna méchante.
Luna est méchante depuis qu’elle a attrapé la puberté
Des poils sous les aisselles
Des boutons partout sur le visage.
Et un sourire d’enfer avec son appareil dentaire.
Elle a une chaîne Youtube.
Les tutos de Luna
Une chaîne tuto make up
Elle a six abonnés
Sa mère, son père, ses frères et ses sœurs.

5.
Les autres ont couru pas moi.
Tout ce que je veux moi c’est manger.
Je m’appelle Latronche c’est pas pour mon QI c’est pour ma capacité à ingurgiter.
Moi j’ai juste entendu un cri.
J’ai senti l’odeur de brûlé.
J’ai cru que c’était le poulet qui cramait.
Non
C’était la poubelle.
C’est qui ?
Qui a cramé la poubelle ?
Luna méchante ?
Ca ne m’étonnerait pas.
Mimiki ?
Je pourrai l’écraser avec mon ventre.
Valentine n’était pas à la cantine.
Mais ! Non ! Pas elle ! Pas la belle Valentine !

6.
Mimiki est un garçon aux yeux verts et cheveux blancs.
Mimiki est en 6e6.
Son surnom c’est rapido.
Mimiki
Son père était fan de Naruto.
Il mange vite, il lit vite, il court vite, il travaille vite.
Il parle tellement vite que personne ne le comprend.
– Val…Cram…pob…
– Hein ?
– Val…Cram…Poub…
– Quoi ?
– Valentineacramélapoubelle.
– Je comprends rien.

7.
C’est bien fait pour elle.
Cette fille je la déteste.
Ne me dîtes pas que je suis jalouse.
Elle se croit la plus belle.
Même Latronche est amoureux d’elle.
C’est moi ki é cramais la poubel
C’est moi qui l’ai écrit au tableau.
Et j’ai signé Valentine.
C’est bien fait pour elle.

8.
Valentine était triste ce matin-là.
Sa belle mère lui avait encore crié dessus.
– Lève-toi petit cafard ! Va ranger le lave vaisselle.
Valentine était en retard comme d’habitude.
A cause de sa belle mère comme d’habitude.
Valentine en a eu marre ce matin là.
Elle n’en pouvait plus Valentine.
Valentine a trouvé un briquet dans la rue.
Elle s’amuse avec.
Elle brûle d’abord une feuille.
Un contrôle de maths sur les équations.
Ah oui X 2 donc x égal 4.
Ce n’était pas ça.
Valentine avait marqué trois.
Elle a jeté son contrôle à la poubelle.
Le papier s’est consumé, la flamme a repris vie et la poubelle a pris feu.
Valentine est partie et pense à sa vie qui part en fumée.

Abécédaire des objets chers

Abécédaire des objets chers (à nos yeux)

écrit par les élèves de l’école Jean Lurçat à Gennevilliers
Graines de conteurs saison 1

Note de Sylvain Levey : chaque élève a apporté un objet important pour lui, l’a fait découvrir aux autres élèves de la classe et a écris dessus pour, au final, rassembler 22 poèmes sur les objets chers à nos yeux.

H comme Héritage
Il est léger.
Il est long.
Il est rectangulaire.
Il me rappelle ma grand-mère.
Ma grand-mère qui est morte.
C’est elle qui me l’a offert.
J’étais moitié triste,
Moitié contente.
Il a appartenu à ma grand-mère,
Puis il a appartenu à mon grand-père,
Ensuite il a appartenu à mon père,
Et enfin pour finir à moi.
Il a voyagé dans le monde entier.
En Allemagne,
En Belgique,
Au Luxembourg,
Au Danemark,
En Norvège,
En Angleterre,
En Irlande,
En Espagne,
Au Portugal,
En Italie,
En France.
Il est rangé dans mon armoire.
J’avais 9 ans.
Il sent bon la Mecque.

Z comme Zoo
Un coeur
Un coeur très fragile
Un coeur que j’ai acheté au zoo
J’aimais bien ce zoo.
Il y avait du monde
Mes parents et mon frère
Et des animaux
Des singes, des lions, des éléphants.
Des animaux
Du plus petit au plus grand.
Mon coeur
C’est mes parents qui me l’ont offert.
C’était une belle journée.
La neige qui tombe sur le tigre.

M comme Mickey
Quand j’avais 1 an
Il était plus grand
Que moi.
Quand j’avais 2 ans
Il était un peu plus grand
Que moi.
Quand j’avais 3 ans
Il était un tout petit plus grand
Que moi.
Quand j’avais 4 ans
Il était presque à ma taille.
Quand j’avais 5 ans
Il faisait la même taille que moi.
Quand j’avais 6 ans
Il était un tout petit peu plus petit que moi.
Quand j’avais 7 ans
Il était plus petit que moi.
Quand j’avais 8 ans
Il était beaucoup plus petit que moi.
Quand j’avais 9 ans
Il était beaucoup, beaucoup
Beaucoup plus petit que moi.
Maintenant que j’ai 10 ans
Il est minuscule par rapport à moi.
Cet objet
C’est mon doudou Mickey Mouse.
Je l’ai eu pour mes 1 an en 2008.
Je l’ai encore mais je vais
L’offrir à mon petit frère.
Je dormais tout le temps
Avec lui, je mangeais
Tout le temps avec lui.
Et quand je le donnerai
à mon petit frère
J’espère qu’il sera
Comme moi quand
J’étais avec lui.

Q comme Question
– Qui te l’a offert ?
– C’est ma mère, j’avais trois ans et quand
Elle me l’a donné, je l’ai pris dans mes bras, j’étais rassuré.
– Quand l’as-tu eu ?
C’était en 2010 c’était un mercredi.
– Pourquoi tu tiens à cet objet ?
– Car il me fait penser à mes parents et aussi car il m’empêche d’avoir peur du noir voilà mon doudou est précieux.
– Où tu le mets dans ta chambre ?
– Je le met dans mon lit et quand j’ai besoin de mon doudou je le prend dans mes bras.
– Est-ce que tu l’aimes ?
– Oui je l’aime comme tous les enfants aiment leur doudou.

S comme Souvenir
C’est ma tante qui me l’a offert, elle apportait toujours des choses quand elle venait chez moi :
_mon autre livre d‘High School musical
_une poterie faite à la main
_un dauphin en verre
Et enfin mon livre Mon Chiot magique
Le chiot magique, je l’ai eu à neuf ans lors d’une fête chez moi. C’est le dernier cadeau qu’elle m’a fait avant sa mort.
Je le lis quand je m’ennuie.
C’est mon plus beau souvenir d’elle, le plus beau de tous.

C comme Coeur
C’est un souvenir de vacances.
J’avais 9 ans.
J’étais partie en vacances.
Avec l’ami de mon père, ma mère et mon frère.
Il faisait chaud.
Un jour, nous sommes allés sur un marché.
Un marché de souvenirs.
J’ai acheté un coeur.
Un coeur avec du sable dessus.
Un coeur avec un prénom.
Said
Said c’est le prénom de mon papa.
Je suis rentrée en France.
Je lui ai offert mon coeur.
Mon père était content.

D comme Dinosaure
Il appartenait
A mon petit, petit cousin
Qui l’a donné à mon
Petit cousin
Qui l’a donné à mon cousin
Qui l’a donné à mon grand, grand frère
Qui l’a donné à mon grand frère
Qui l’a donné à ma sœur
Qui me l’a donné.
Maintenant c’est mon doudou
Et je ne le donnerai à personne.
Mon doudou il est petit, il est vert,
Il est fabriqué en laine et en Chine
C’est un dinosaure.
Il me fait penser à mon grand-père
Car c’est lui qui me l’a offert juste avant sa mort.

V comme Victoire
Mon objet
Est très petit
Et il est très léger.
Je l’ai eu quand j’avais 6 ans dans mon club de football.
Je l’ai eu en m’entraînant très dur.
En courant 10 tours de terrain.
En transpirant beaucoup.
En m’entraînant dans la neige et dans la boue.
Mon entraîneur fait un classement et je suis arrivé deuxième.
C est mon entraîneur qui me l’a donné.
Il est dans une vitrine chez moi.
J’étais très heureux.
Quand je le vois, ça me fait penser à mon entraîneur.
Quand je le vois, ça me fait penser à Neymar et Ronaldo.
Quand je le vois, ça me fait penser au PSG.

L comme Légende Vivante
J’avais 10 ans et les autres avaient 12 ans.
J’ai fais beaucoup d’efforts pour l’avoir, c’était très compliqué.
Il faisait très froid et il était très tôt, c’était une compétition.
Il y avait 200 coureurs, c’était un cross très important.
Et je suis arrivé 11e, j’ai eu une médaille.
Ce cross s’appelle FSGT et même si je ne suis pas arrivé premier, je suis fier de moi et ma famille.
Et un jour je serai peut-être une légende vivante.

K Comme Kallbhi
Mon coeur
Le coeur de ma tante
Mon coeur est arrivé chez moi en 2014
J’avais 7 ans
Mon coeur me fait penser à elle
Mon coeur je l’ai appelé Najat comme me tante
– Grâce à mon coeur je suis joyeuse en ce moment même
– Grâce à mon coeur je pleure moins quand je suis triste
– Grâce à mon coeur je me sens bien
Cet objet est précieux à mes yeux
Je le mets sur mon bureau
Hafida kallbhi !

O comme Or
Tu me fais penser à ma victoire dans un tournoi de football.
Je t’ai posé au milieu de la chambre, de mes autres trophées.
Je t’ai ramené parce que notre équipe a tout donné.
Je te regarde avant de dormir.
Je rêve de toi la nuit, tu es ma coupe, elle vaut de l’or.

J comme Jumelle
Elles
Mes boucles d’oreilles.
Je les ai eu je n’avais pas 5 ans mais 5 mois.
Ma mère me les a achetées dans une bijouterie.
Elles
Mes boucles d’oreilles.
Etaient dans une vitrine dans une bijouterie pas dans une boulangerie.
Ma sœur a les même boucles d’oreilles que moi.
Caroline c’est ma sœur jumelle.
Caroline et moi nous sommes deux sœur jumelles non nées sous le signe des gémeaux
Mais née sous le signes du taureau
Mi fa sol la mi ré
Ce sont nos boucles d’oreilles adorées

W comme Waouh !
Je l’adore waouh !
Je l’adore waouh !
Je l’adore waouh !
Je l’adore la nuit
Le lundi
Le mardi
Le mercredi
Le jeudi
Le vendredi
Le samedi
Et le dimanche
Je l’adore vous le saviez
C’est ma Minnie waouh !
Ma Minnie c’est mon doudou adoré
Waouh ! Waouh ! Waouh !

B comme Belle
Il appartenait à une petite fille qui s’appelle Lounis.
Lounis c’est une petite fille que gardait ma maman.
Ma maman elle est copine avec sa maman.
Sa maman elle ma l’a offert quand j’avais un an et demi.
Quand je l’ai reçu, j’étais si heureuse que je passais mes journées entières à jouer avec.
Je l’ai appelé en souvenir de Belle et Sébastien.
Il est toujours à mes côtés même la nuit quand je dors.
Belle, c’est mon doudou favori.

F comme Fière
C’était mon premier tournoi.
C’était mon premier trophée.
J’ai gagné trois matchs.
Avec ma raquette j’ai tout défoncé.
Ce trophée est rouge et un peu argenté
C’est le plus grand de ceux que j’ai gagnés
Quand je l’ai eu, tout le monde était fier de moi
Maintenant il est dans mon armoire bien calé contre les autres
Quand je les regarde, moi aussi je suis fière de moi !

U comme Un jour
Cet objet appartenait à ma mère
Puis un jour à ma sœur qui l’a donné
à mon frère qui un jour me l’a donné
Qui un jour le donnera à mon petit frère
Qui le donnera a son fils
Qui le donnera a ses enfants.
Ce doudou pour l’instant est
Posé sur mon lit et restera
Tous les jours à mes cotés.

T comme Teddy
IL est très très très très très très précieux.
IL est très très très très très cher a mes yeux.
IL s’appelle Teddy.
Teddy c’est ma vie.
Teddy, je l’aime.
Teddy vit dans mon lit.
Teddy est blotti contre mon coeur.
Teddy est mon bébé.
Teddy c’est ma mère qui me l’a donné.
Teddy il me fait penser à mon grand-père.
JTM Teddy

A comme Ariane
Elle est si précieuse à mes yeux.
Les couleurs jaune bleu et noir sont mes préférées
Je l’ai fabriqué avec un bâton des ailerons des bout de bois
Avec une lame en fer je l’ai taillé
Je l’ai appelé Ariane 6 la plus légendaire
J’étais si heureux du résultat !
C’est ma fierté
C’est ma plus belle fusée

P comme Photo
Je l’ai eu à un an, un an et demi, encore tout petit petit.
C’était un vendredi à 21h30, je voulais aller dormir et j’ai vu toute ma famille, mes tantes, mes cousins, bref toute ma famille était chez moi, là devant moi.
Et depuis ce jour là, elle est posée en haut de mon armoire dans un cadre.
Tous les soirs je la regarde avant de m’endormir.
Sur ma photo, j’avais deux mois encore tout petit petit. Sur la photo, j’était bouboule (trop chou).
J’espère que je leur monterai à mes enfants et ça feras un bon exemple pour mes enfants.

N comme Neymar
Parce que le foot c’est ma vie
Parce que ça ma fait penser à Neymar.
Parce que c’est mon joueur préféré
Parce que ça me sert à jouer au foot
Parce que quand je le porte je suis très fort
Parce que ça me porte bonheur
Je l’ai eu dans la boutique du PSG à Saint-Denis
Parce que c’est mon père qui me l’a offert
Parce que j’étais très content
C’est mon maillot !
Neymar !
Jr !
P !
S !
G !
Ici c’est Paris !
Paris est magique !

E comme Enfance
Doudi est petit et léger.
Doudi est précieux pour moi.
Doudi a appartenu à mon grand grand frère puis à ma sœur puis à mon autre frère.
Doudi reste tout le temps dans mon lit.
Doudi dors souvent avec moi.
Doudi me fait penser a moi quand j était petite.
Doudi l’ai eu a 3 ans.
Doudi c’est un chien marron.
Doudi je l’ai eu chez ma grand-mère.
Doudi était très très précieux pour mes frère et ma sœur.
Doudi quand je ne l’aurai plus, je serai très triste.
Un jour je dirai adieu à mon enfance

365 jours

365 jours

écrit par les élèves du Collège LOUIS BLÉriot à levallois-perret
Graines de conteurs saison 1

Note de Sylvain Levey : chaque élève a écrit quatre souvenirs. Un souvenir de printemps, d’été, d’hiver et d’automne puis a choisi un des souvenirs et a écrit une scène (dialogue ou monologue) à partir de ce souvenir. L’ensemble des textes forme le texte 365 jours qui correspondent à une année scolaire.

03.07.2017
– Maman ???
– Oui ?
– Je peux aller à la piscine ?
– Non, prépare–toi, on va à la plage.
– Mais pourquoi ?
– Parce que c’est moi qui décide !
– Mais…
– Il n’y a pas de « mais ».
– Ça s’fait trop pas !
– Prends ton matelas et file !
– T’as pas d’ordres à me donner !
– Attends… Quoi ???
– T’as très bien entendu.
– C’est une blague, là ??! File !!!
– A la piscine !
– Non, ni à la piscine, ni à la plage, dans ta chambre !

18.07.2017
Y’a un bruit porte droite. J’y vais en tremblant. Rien. Quelle chance ! Je regarde le matelas et, là, une peluche Freddy. Dans le placard, il y a un monstre rouge, avec un crochet et des dents pointues. Et c’est un monstre ! C’est pire ! La lumière l’effraie, heureusement. Je ferme le placard et le rouvre. La lumière, vite ! C’est quoi, ça ? Une peluche trop mignonne. Je préfère ça plutôt que ce monstre réapparaisse. Porte gauche : j’entends une forte respiration. Je ne sais pas quoi faire. Bon, je vais fermer la porte. Je retourne vers le lit et… Boum ! Cet ours, c’était la peluche ou quoi ? Je me réveille brusquement. Quel drôle de cauchemar ! Il est seulement une heure du matin. Pauvre de moi… Maman m’avait pourtant dit de ne pas trop jouer aux jeux vidéo.

04.08.2017
Plage du Ruppione à proximité d’Ajaccio en Corse A1 (Corse– du– Sud)
On s’ennuyait (à en mourir). La location se trouvait (à trois mètres) derrière nous, mais maman ne voulait (comme d’habitude) rien entendre.
– Mais maman, ce n’est pas juste !
– Emma, tu es fatiguée (l’excuse du siècle) et Lise tu as les oreilles fragiles. (Pour la millième fois) NON !
– Mais maman, dès qu’on dit quelque chose, tu n’es pas (jamais) d’accord !

11.08.2017
– Maman je peux aller au parc ?
– Non, tu dois finir ce dialogue.
– Maman je peux aller chez un ami ?
– Non, tu as ce dialogue à finir.
– MamanjepeuxjoueràlaPS4 ?
– Non, tu joues à des jeux trop violents.
– Maman je peux faire voler mon drone ?
– Non, c’est trop dangereux pour le faire à la maison.
– Maman je peux allez au fast food ?
– Non, tu dois finir le dialogue.
– Maman je peux aller à la piscine ?
– Non tu as un problème d’oreille.
– Maman je peux jouer sur le PC ?
– Non c’est non ! Quand je dis non c’est non !
– Mais alors qu’est-ce que je peux faire ?
– Tu devrais lire un livre pour finir ce dialogue.

14.08.2017
En août, je suis allé en vacances au Cap Ferret. J’ai fait du surf avec mon frère et on s’est quand même bien marré mais, quand on surfe, il y a plein de trucs positifs et négatifs. Par exemple, quand on surfe sur l’océan Atlantique, l’eau est froide et c’est très énervant de tomber dans de l’eau glacée. Alors il me dit :
– Des fois, je me demande pourquoi j’aime le surf. Tiens, dis-moi des points positifs.
– Bah, je ne sais pas moi, il y en a plein comme la sensation qui est cool !
– Non mais t’as pas d’autres points positifs à part ça ?
– Que ça fait passer le temps, qu’il y a des grosses vagues… Bah, ok, j’avoue, il n’y a pas beaucoup de points positifs mais, au moins, il n’y a pas de points négatifs !
– T’es sûr de ça ?
– OUI !
– Je vais t’en citer des points négatifs tu vas voir… Alors il y a la température de l’eau, la planche jamais à la bonne taille pour celui qui la prend, les vagues qui soulèvent ta planche et qui te font mal, la foule et pleins d’autres choses comme ça.
– Ok, t’as gagné mais j’ai trouvé un point positif… C’est qu’on est ensemble !

22.08.2017
À la boutique de Futuroscope, j’ai voulu acheter la peluche lapin crétin mais ma mère m’a dit non !!! Je lui ai dit :
– S’il te plait
– Non !
– S’il te plait !!
– Bon d’accord mais que ça hein ?
Oui !!!

Après avoir acheté la peluche, je lui ai dit :
– Maman, je peux avoir la big peluche de l’âge de glace ?
– Non tu en as déjà une!
– Oui mais je n’ai pas celle de l’âge de glace.
– Non !
– S’il te plait ?
– Non !!!
– S’il te plait !
– Bon d’accord mais que ça !!
– Ouais !!!

Un peu plus tard, je lui ai dit :
– Maman, je peux avoir la peluche d’Arthur et les mini moy’s ?

31.08.2017
La veille de la rentrée.
– Maman j’ai pas envie d’aller au collège !!!
– Si, il faut aller au collège !
– Mais j’ai pas envie !!
– Tu es obligé de toute façon…
– Mais maman ça sert à quoi d’aller au collège ?
– Ça sert à apprendre des choses qui te serviront plus tard pour trouver du travail.
–Mais ça sert à quoi ??
– Ça sert à ne pas arriver en retard au collège, à ne pas prendre un billet de retard.
– Mais maman je veux pas aller au collège, les matières sont nulles !!!
– Mais non y’a des matières très bien comme les arts plastiques…
– Et ça sert à quoi l’art plastique ?!
– Bah je sais pas mais c’est très bien pour dessiner…
–Bah tu vois ça sert à rien !!
– Bon tu te tais et tu te prépares !!!
– OK…
Le lendemain
– C’est bon tu es près ??
– Oui je suis prêt…
– Okducouptuyvas…
– Oui…
–Àcesoirmonchéri !
– Oui c’est ça à ce soir…
Plus tard, devant le collège
– Oh salut Martin, ça va ?
– Ouais et toi ?
– Moi flemme de devoir aller au collège, pfff….
– Oui c’est pareil pour moi des fois. Bon, on y va ?
– Bah oui on est obligé, ok, pff…

13.09.2017
Devant le collège
A Salut les gars ça va ?
B  Ouais.
C  Çava…
B Vous avez bien dormi ?
A Pas très bien…
C Ça peut aller
A  On est le combien ?
B  Vendredi 14
C  Moi je n’en sais rien
A  Au moins on n’est pas vendredi 13
B  Grave
C  Heureusement
B Et j’ai oublié mon carnet !
A Tu vas finir à 17h30 !
C On finit à 13h30 en plus !
B Non mon téléphone il est plus dans ma poche
A T’es sérieux !!
C En plus ton téléphone il coûtait 800 €. Et moi, j’ai oublié mon sac !
A  Je n’avais même pas vu ! Tu vas finir à 17h30 toi aussi !
B  Mince j’ai toutes mes heures de colle aujourd’hui et j’en ai 4 du coup moi aussi je finirai à 17h30 !
C  On est le trio de la retenue ! LOL ! Et on aura une punition
B Eh les gars ! Il y a écrit vendredi 13 sur le panneau des absences !!!
A Je comprends mieux maintenant !!

03.10.2017
– M’man, où sont mes clés ?
– Dans ton sac.
– Oh ! J’avais oublié.
– ‘Pa, où sont mes lunettes ? Je les cherche.
– Hier j’ai cassé tes lunettes sans faire exprès.
– Eh ! Ça ne se fait pas. Tu aurais pu me prévenir avant.
– M’man, où est mon parapluie ?
– Il est…
Tut tut
– Hein ? Je n’ai rien entendu avec le klaxon des voitures.
– Hein?
– Tu peux la fermer ?
– Quoi?
– La fenêtre. Tu peux la fermer, s’il te plaît ?
– Non, il faut aérer la pièce.
– Oui, mais je ne t’entends presque pas.
– Tant pis. Débrouille-toi. Je m’occupe de Julia car il est 7h50 et elle n’est pas encore debout.
– Alors je la ferme.
– Comme tu veux.
– M’man? P’pa?
– Oui. Demande à ta mère.
– Mais elle ne répond pas.
– Qu’est-ce qu’il y a ?
– Tu m’emmènes ?
– Non.
– Pourquoi ?
– Parce qu’il est 7h53.
– Mais moi je suis en retard !
– Débrouille-toi, je dois emmener Julia à l’école.
– Mais il n’y en a que pour Julia à la fin ! Et moi je suis toujours en retard.

27.10.2017
La voisine d’en face.
Salut, c’est Manuella, la grande sœur de Thomas et Hugo. Ils sont à l’école ! GÉ-NIA-LI-SI-ME ! J’appelle Emma, ma B.F.F.
– Ouais allô ?
–…
– S’lut Emma !
–…
–Ouais et toi?
–…
– Eh bah, j’me disais que tu pourrais venir chez moi… pour voir un film toutes les deux ?
–…
–Twilight? Ça te va?
–…
– O.K. Bisous.
–…
Pendant que je préparais tout pour notre séance ciné entre Best Friend Forever, quelqu’un sonne à l’entrée. Je sors de la cuisine et je me précipite vers la porte. Je regarde par le judas et je vois une fille pas comme les autres. J’ouvre la porte et je lui dis :
– Euh… je peux t’aider ?
– Salut ! Je m’appelle Gamora, fille de Thanos. Je suis ta nouvelle voisine.
– Euh… Tu joues à quoi là ? Tu ne vas pas me dire que tu t’appelles GAMORA !?!
– Mais si, je m’appelle…
– MÃRÌA ! Dit une femme grosse comme un sac à patates qui sort de la porte d’en face. Encore en train de raconter des bêtises !
– Mais maman…
– Il n’y a pas de MAIS qui tienne ! Désolée, mademoiselle ! Elle est toujours comme ça, ma Marìñata.
La femme sac à patates rentre à l’intérieur et ferme la porte.
– Tu veux venir chez moi ? Lui demandai-je.
– Oui. Pourquoi pas ?
Emma arrive et dit :
– Salut Manuella ! Ça va ?
– Ouais. On peut dire ça. Ah au fait, je te présente Maria, ma nouvelle voisine. Elle regarde le film avec nous.
– AH ! D’accord.
On entre à l’intérieur et on montre la pochette du film à Maria. Elle dit :
– COOL ! Twilight ! J’adore ! Mais je préfère Dracula.
– T’es compliquée ! C’EST QUASIMENT LA MÊME CHOSE ! dit Emma à Maria.
On a regardé deux heures et demie sur la vie de Dracula et Maria dit :
– C’était cool. On regarde la suite demain !
Emma dit :
– C’était cool mais j’peux pas ! Trop de devoirs ! Manuella aussi !
AAH ! JE HAIS CETTE MARIA !

31.10.2017
Tu vas même pas me croire : je me suis baignée dans la Manche le seul jour de beau temps. Il y avait un soleil radieux, je te le promets, qui, à l’abri du vent, nous permettait de réchauffer nos corps. Les grosses vagues nous ont éclaboussés. J’ai vu des poissons ; un de mes amis a vu des crabes et a même ramassé trois kilos de coques et je te l’avais dit que tu n’allais pas me croire ! C’est beaucoup trois kilos de coques !!!
J’ai aussi fait des châteaux de sable. Oui oui, c’est vrai, je suis allée à la piscine et j’ai appris à plonger et c’est vrai ! J’ai aussi appris à jouer à la pétanque avec mon frère et mon père ; le soir, j’ai mangé une gaufre au Nutella.
Sur les planches, j’ai fait du vélo avec mon papa. Si, si, je te jure, même s’il y avait beaucoup de vent, j’ai fait du vélo. C’était trop cool !!!

15.11.2017
Il faut que tu mettes de la crème Nivéa ! C’est Nivea.fr qui te l’a dit.
Il faut manger cinq fruits et légumes par jour ! C’est mangerbouger.com qui te l’a dit.
Il faut acheter une Toyota Yaris ! C’est Toyota.fr qui te l’a dit.
Il faut changer d’assurance auto ! C’est lesfurets.com qui te l’a dit.
Il faut acheter du lait ! C’est « les produits laitiers, c’est nos amis pour la vie » qui te l’a dit.
Il faut acheter du shampoing Head & Shoulders ! C’est Antoine Griezmann qui te l’a dit.
Il faut acheter du steak ! C’est Mmm !!! Charal qui te l’a dit.
Il faut que tu ailles à Carrefour j’optimise ! C’est Carrefour.fr qui te l’a dit.
Il faut changer de banque ! C’est CIC.com qui te l’a dit.
Il faut que tu achètes des pizzas ! C’est Domino pizza qui te l’a dit.
Il y a des pâtes dans le frigo ! C’est maman qui te l’a dit.
Mais c’est pas un pub maman ?

01.12.2017
Les balises
Aujourd’hui, vous savez quoi ? On a sport ! On va faire une course d’orientation. Tout d’abord la prof nous dit comment nous allons faire. En avant !
Nous allons en balise 1. Ça fait du bien d’être dehors même s’il fait froid.
Direction balise 2 : dans la classe, certains se sont trompés.
En avant pour la balise 3. J’aurais préféré courir pour me réchauffer… C’est reparti.
Balise 4 : je commence à geler !
Balise 5 : je suis un glaçon !
On doit aller en balise 6. Je plains mes copines qui n’ont pas de gant… Capucine qui a fait une chute énorme et qui a dû arrêter.
Voici enfin la dernière balise : nous sommes toutes congelées. Enfin, je crois, sauf si un extra- terrestre se trouve parmi nous.
On rentre au collège, on a cours et on rentre chez nous. Je m’affale sur le canapé. J’ai mal au ventre, à la tête et j’ai froid. J’appelle ma mère. On va chez le médecin qui dit que j’ai une gastro. J’appelle mes amis pour leur dire que je ne serai pas là demain. Ils me disent que Capucine a une entorse, Valentin a la grippe et Benjamin la varicelle, que la prof a attrapé la gastro.
Voilà pourquoi j’ai lancé une pétition pour interdire la course d’orientation en hiver !

28.12.2017
17h45
« Maman on est bientôt arrivé à la montagne ? Nous sommes partis depuis 8 heures ce matin et il fait nuit maintenant.
– Oui, mon chéri dans dix minutes, on sera garés devant le châlet de l’hôtel. J’espère que nous aurons une grande chambre et un balcon avec une super vue !
– Et qu’il y aura des copains aussi !
– En tout cas, cette année, nous aurons de la neige, tu as vu tout ce qu’il est tombé pendant le voyage ?
– Oui, maman, j’ai même eu un peu peur de glisser dans le vide, quand nous avons dérapé sur la glace.
20h32
– Tu m’aides à porter les bagages ? On prend une douche et on descend prendre un chocolat devant la cheminée ?
– Bonne idée, j’ai hâte de louer le matériel de ski, de réserver nos forfaits et les cours à l’ESF. Je passe la seconde étoile cette année.
– On va se coucher pour être en forme demain.

28.12.2017
8h01
– Il est huit heures du matin, on va au ski !
– Ça y est, je suis en haut des pistes et prêt à m’élancer. AAAAAAAh, maman, il y a du verglas ! Je vais trop vite pour éviter ce sapin… »
Je me réveille dans un hélicoptère, bien enveloppé dans une coque en plastique, en route pour l’hôpital de Gap.

31.12.2017
– Oh j’adore l’hiver car on peut jouer avec la neige et demain, c’est la nouvelle année. C’est trop cool.
– On fait un bonhomme de neige ?
– Non, j’ai trop froid. On va plutôt boire un chocolat chaud. Hum, c’est trop bon.
– Et maintenant, on fait de la luge.
– OK, le dernier arrivé est une poule mouillée.
– J’ai gagné. Tu es une poule mouillée. Maintenant on fait du ski.
– Non, je ne veux plus jouer avec toi car tu gagnes tout le temps et tu me fais la rage.
– Bon, d’accord je ne te ferai plus la rage si toi tu me fais pas la rage.
– Non, tu m’as fait la rage alors je te fais la rage.
– Bon, peut-être qu’avec un peu de chance je gagnerai !
– Je te lance un défi : si tu gagnes, tu peux te réchauffer, mais si tu perds tu devras rester dehors. C’est compris ou je dois le répéter ?
– Non, j’ai compris. A la une, à la deux et à la trois.
– J’ai gagné, tu as perdu, tu vas mourir de froid.
– Ça ne se fait pas, j’ai perdu parce que j’ai trébuché sur un rocher… Pourquoi ça tombe sur moi ? Je vais mourir de froid et c’est reparti pour une dispute.

11.01.2017
– Salut les gars ça va ? Moi j’ai mal dormi.
– Ouais, moi aussi, j’ai mal dormi.
– Salut les gars, ça va ?
– Ça va bien et toi?
– Ça va.
– Vous saviez que la prof de math n’est pas là ?
– Ah bon ? Youpi ! On finit à 15h25.
– Oh non, j’ai oublié mon carnet, je vais me taper deux heure de perm’.
– Pas de chance, tu finis à 17h30.
– Oh non, moi aussi…
– Ouais, bah, on pourra rentrer ensemble.
– De toute façon, t’es bête, t’oublie tout.
– Quoi ? C’est toi qui parles ? Hier et avant– hier, t’avais oublié ton carnet.
– Bah toi non plus, c’est pas la première fois !
– Bon on arrête avec nos disputes.
– Ouais, t’as raison. On entre au collège.

22.02.2018
Je suis en février au ski, en ce moment je suis avec ma cousine Eloïse ; elle va passer l’étoile de bronze. Je parie que vous allez dire : « ouais, c’est trop génial ! » Mais en fait ça va être l’horreur toute la semaine. D’abord parce qu’elle va être la chouchoute du moniteur et ensuite elle va se la péter.

25.02.2018
Le jour des récompenses, je vais la voir…
– Alors je parie que tu l’as eue ?
–Bahoui !
C’est évident non, comme si elle ne m’avait pas assez cassé les pieds toute la semaine !
Elle engage une partie de boules de neige, bien sûr, c’est pour fêter ça. Je joue gentiment le jeu pendant deux minutes mais, par ennui, je lui lance une grosse boule de neige dans sa figure. Je fais semblant d’être désolée alors qu’au fond je me dis que, primo, si on me cherche, on me trouve et deusio, entre cousine nous sommes dans l’obligation de nous chamailler par moment.

11.03.2018
Salut ! Bon, eh oui ! vous êtes bien dans mon histoire, eh OUAIS !
Aujourd’hui, quand je me lève ma mère me dit tout le temps : « Ça va, tu n’as pas trop froid ? » – NON MAMAN !!!!!!!
Elle croit tout le temps que j’ai froid ; elle fait comme si j’avais froid à sa place, mais, en fait, je n’ai pas froid !!! « mais je l’aime ma Maman »
C’EST PAS TOUT ! Je n’ose même pas dire une réponse à ma mère, donc à la place, je dis :
– OUAIS… !

– Tu veux faire quoi ma chérie ?
– OUAIS… !
– Ma chérie ça va ?
– Mais tu me l’as déjà dit, Maman.
Mon frère qui s’en mêle :
– Ma petite sœur chérie, ça va ?
– Tu m’énerves !!! OH !!!!!!!!!
– Bon,on y va papa !
Ma petite sœur s’en va sans moi comme ça ? Ma mère s’adresse à mon frère :
– Mon poussin tu prends ton manteau. Allô ? Mon poussin ?
– Maman, je n’ai pas froid, et surtout, ne m’appelle pas mon poussin, s’il te plaît ; tu ne vas pas me le faire aussi !!!!
– Mon poussin tu as …………………………….
– Bon à mon avis on va partir sans lui. Papa, hein que c’est dommage ?

01.04.2018
Aujourd’hui c’est le poisson d’avril.
– Ça va?
– Oui.
– Stiti !
– OK, je vais voir Kevin.
– Tu passes une bonne journée ?
– Ouais.
– Stern !
– Salut.. À toute…
– Eh, tu sais comment on fait un poisson ?
– Non mais je m’en fish.
– Comment ?
– Taire !
– Ça va?
– Non…
– Bril !

03.04.2017 au 06.4.2018
La PIRE classe
En classe découverte, il y avait la pire classe ! La classe CM1 b. On n’avait pas de chance ! Surtout pour nos voisins (de chambre car on était en groupe) : d’un côté, il y avait notre PROFESSEUR !!!!! Et de l’autre côté, un groupe de filles très bizarres. Elles ne dormaient presque jamais ! Elles criaient tout le temps…
Et donc notre prof venait tout le temps et pensait que c’était nous ! La honte qu’on avait ! Un jour, on a décidé que j’allais entrer dans leur chambre sans faire de bruit.
Et, elles m’ont vue. J’ai vu leur chambre : c’était horrible !!!!!
Des bonbons partout avec des sucreries alors qu’on n’avait pas le droit !
Et je vous raconte pas la boum !
Depuis, je ne suis plus jamais rentrée dans des chambres comme ça…

19.04.2018
– Maman, je peux aller au parc avec Kira ?
– Ok.
– Maman, je peux aller au parc avec ma trotte ?
– Ok.
– Mais avant, j’ai envie de me faire belle !
– Ok.
– Donc tu me prêtes ton maquillage ?
– Ok.
– Et maman, je peux prendre ton nouveau sac de chez Zara ?
– Ok.
– Maman,jepeuxteprendreunbilletde20pouracheterdesbonbecs ?
– Ok.
– Etilyenadusoleil !
– Ok.
– Donc je peux prendre ta nouvelle paire de lunettes ?
– Ok.
– Et la casquette de papa ? Elle est trop stylée !
– Ok.
– Maman, je peux prendre les clé de p’pa ? J’ai perdu les miennes.
– Ok.
– Maman, il fait beau mais froid. Je peux prendre ton foulard qui te porte bonheur ?
– Ok.
– Maman, pourquoi tu me réponds toujours par OK et jamais par des phrases ?

03.05.2018
– Bonjour mon chéri. Aujourd’hui je ne serai pas là et ton père non plus, donc tu seras tout seul. Je vais te rappeler TOUTES les règles à suivre quand tu es seul :
Interdiction de manger des bonbons.
Tu n’invites pas de copains.
Tu ne sors pas sans mon autorisation.
Si jamais tu sors, ne cours pas.
Tu ne traverses pas au feu rouge.
Tu mets ton écharpe et tes gants.
Tu te laves les mains avant de manger.
Tu m’appelles avant de te coucher.
Tu te couches à 21h et pas après.
Tu fais la vaisselle.
Tu te douches.
Tu fais le ménage.
Tu te laves correctement les dents après avoir mangé.
Tu ne réponds pas aux inconnus.
Tu ne fais pas trop de bruit.
Tu ranges ta chambre.
Ne monte surtout pas sur une chaise ou un tabouret.
Appelle ton père aussi pour lui raconter ta journée.
Mange ce que je vais te préparer.
FAIS TOUT CE QUE JE T’AI DIT.
– Mais maman, toi tu fais tout le contraire de ce que tu viens de dire. Ça ne se fait pas !

15.05.2018
Les bourgeons explosent.
Je me souviens, les bourgeons explosaient. On était en tee-shirt. Il faisait chaud, le soleil était plein de joie. Nous étions de même, pour jouer surtout ! On riait.
Par contre pour travailler, il n’y avait personne. Sauf à l’atelier de peinture. Pourquoi ? Parce qu’il y avait Arsène Lupin ! Il menait une enquête sur l’aiguille creuse.

21.06.2018
– Alors, on mange quand ? J’AI FAIM !!!!
– Bientôt, bientôt.
– Quand bientôt ? J’AI FAIM !!!!
– QUOI!!! Dans une ou deux heures ? Deux heures, c’est trop long ! Une heure aussi. J’AI FAIM !!!!
Un peu plus tard
– Y reste combien de temps ? J’AI FAIM !!!!
– Plus qu’une heure.
– QUOI ? Y faut encore attendre une heure ? Mais J’AI FAIM !!!!
– Arrête d’exagérer.
– Je n’exagère pas, ça m’énerve ! J’veux manger des sushis, des hamburgers, des frites, des bonbons et plein de ketchup et surtout pas des épinards, des choux de Bruxelles, des brocolis, des endives, du poisson ou des courgettes. Et c’est mois qui décide, c’est clair ?
– Oui, oui, mais tu mangeras quand tes parents rentreront.
– J’AI FAIM!!!! J’veux manger tout de suite et pas après et ce n’est pas parce que mes parents sont à la fête de la musique que je mangerai plus tard pigé ?
– Ce n’est pas prêt de toute façon.
– Grrr ! C’est bon ? On passe à table ?
– Non pas tout de suite.
Ding ! Dong !
– Ah enfin vous êtes là, c’est pas trop tôt ! Allez allez ! À table !
– Je ne veux plus jamais revenir garder votre fils !

30.06.2018
La ponctuation
– Salut, tu veux lire mon texte ?
– OK!
– Oh mais tu as fait plein de fautes. Tu as oublié la ponctuation !
– OK, j’en ai marre. Tais-toi.
– Y’a quoi ? Je suis en train de corriger tes fautes.
– OK mais moi, au moins, je mange bien. Moi, au moins, je range ma chambre. Moi, au moins, je ne casse pas mon téléphone.
– Chut ! Tu m’énerves. Je vais te raconter une histoire. Tu te rappelles quand on est partis en Algérie ? Il y avait tous nos cousins et cousines dans la cuisine. On mange, on discute et, tout d’un coup, il y eu un grand coup de tonnerre. Puis, il n’y avait plus d’électricité et on a tous crié. Et comme on était dans le noir et qu’il y avait de l’orage en même temps ?
Ah oui ! J’en m’en souviens.
– Même Sofia a eu peur alors elle a couru pour aller voir maman et elle s’est cognée dans l’armoire.
– Ah oui, c’est vrai !C’était trop rigolo. Bref, tu peux me corriger.
– T’as oublié la majuscule.
– Fffff… Pourquoi j’ai dit ça, moi ? Stop ! Sors de ma chambre !
– Pourquoi ?
– Je parle bien français, non ? Tu as bien compris, là ? J’ai mis la ponctuation. Sors !
– Bon, si tu as des fautes, c’est pas de ma faute…

Les animorphoses

Les animorphoses

écrit par les élèves de l’école Jean Lurçat à Gennevilliers
Graines de conteurs saison 2

Distribution
Le conteur
La petite fille
Le camarade 1
Le camarade 2
La camarade 3
La camarade 4
Le camarade 5
La camarade 6
La camarade 7
Le camarade 8
Le camarade 9
Le camarade 10
Le camarade 11
Le camarade 12
Le camarade 13
Le camarade 14
Le camarade 15
Le camarade 16
La camarade 17
Le camarade 18

Le conteur
Il était une fois une petite fille, très tête en l’air. Ses parents voulaient lui offrir un animal pour son anniversaire. Son animal préféré.

La petite fille
Mais j’ai oublié lequel c’est.

Le conteur
Tu as oublié quel animal tu préfères ?

La petite fille
Oui, j’ai oublié.

Le conteur
Viens avec moi. Nous allons faire le tour de tes camarades de classe dans la cour de récréation. Peut-être ils pourront te donner une idée.

La petite fille
Excuse-moi, j’ai oublié quel était mon animal préféré. Est ce que tu peux m’aider ?

Le camarade 1
Mon animal préféré est un félin roux. Il a quatre pattes, des moustaches et il miaule. Il habite dans une maison et mange des croquettes et du pâté.

La petite fille
C’est le … chat !

Le camarade 1

Et devine quoi ! Hier, en buvant du lait, il s’est transformé en chalinpe. 
Il a une tête de lapin et un corps de chat. Son pelage est de la même couleur que les lions. Il miaule comme les chats. Il mange des croquettes de carottes. Il habite dans la forêt et creuse des terriers. Il marche à quatre pattes.
Ses petits s’appellent les chalapins.

Le conteur
C’est le chalinpe que tu cherches ?

La petite fille
Non ce n’est pas cet animal….

Le conteur
Allons demander à quelqu’un d’autre…

La petite fille
Excuse-moi… Je cherche mon animal préféré. Tu peux m’aider ?

Le camarade 2
Il ressemble à quoi ?

La petite fille
Justement, je ne sais pas, je ne sais plus.

Le camarade 2
Mon animal préféré est un chien très mignon qui est très joueur et qui vit dans les maisons. Il a un nom japonais. Il aime jouer avec son maître. Il ressemble à un petit renard avec des poils courts et roux. Son pelage est très doux. Il est très intelligent et futé.

Le conteur
Alors, c’est celui là ?

La petite fille
Non, malheureusement, ce n’est pas le … shiba inu ! Même si je les aime beaucoup.

Le camarade 2
Lorsqu’il mange de la viande empoisonnée, des ailes lui poussent deux heures il tard. Il a des grandes griffes. Il a 4 pattes. Il a de longues oreilles. Il a une grande gueule. Il mange de la viande et des os.
Il devient le … drachien renard.

Le conteur
Ne t’en fais pas, on va trouver. Allons demander à la petite fille là-bas

La petite fille
Excuse-moi, est ce que tu as un animal préféré ? J’ai oublié le mien.

La camarade 3
Où ça ? Sur une aire d’autoroute ?

La petite fille
Non, j’ai oublié à quoi il ressemblait. J’ai une mémoire de poisson rouge.

La camarade 3
Mon animal préféré a des oreilles pointues, parfois de différentes couleurs. Il court vite et il aime jouer. Il vit à la montagne. Il est connu pour ses yeux bleus.

Le conteur
C’est le… husky ?

La camarade 3
Oui, exactement. Et quand il boit une potion qui s’appelle Naturalia, il se transforme. C’est une fée qui prépare en mélangeant du persil, des fleurs, des zestes d’oranges et de l’eau.
Il devient très grand avec un pelage doux, noir et blanc. Il a aussi une corne qui pousse sur le museau et des ailes. C’est un huscorne. Ses petits s’appellent les Husreaux. Tu veux que je t’en donne un ?

La petite fille
Non, ce n’est pas le huscorne… mais c’est gentil.

Le conteur
On va finir par trouver. Est ce que ça t’a donné des idées ?

La petite fille
Oui, mais je n’ai pas encore fini le tour de mes camarades. Excuse-moi, tu pourrais me décrire ton animal préféré ? Ca va m’aider à trouver le mien. Je ne sais plus à quoi il ressemble.

La camarade 4
Mon animal préféré mange du bambou. Il a un pelage noir et blanc. Il a des petites oreilles et une petite queue. Il marche à quatre pattes et il vit dans la forêt en montagne. C’est le … panda !
Il se transforme grâce à un crayon magique qui a des pouvoirs. C’est moi qui l’ai dessiné et le dessin a pris vie.
Je lui ai dessiné une corne dorée, une crinière et une queue arc en ciel. Il flotte dans les airs même s’il n’a pas d’ailes. Il mange des bambous arc en ciel. 
C’est le pandicorne. Regarde, il est venu me chercher. Tu veux venir avec moi on va faire un tour ?

La petite fille
J’aimerais bien une fois que j’aurais trouvé mon animal préféré…

La camarade 4
Comme tu veux…

Le conteur
Et la petite fille se mit à voler, loin et haut dans les airs. De la cour de récréation, on ne distinguait qu’un tout petit point aux couleurs de l’arc en ciel.

Charades
Mon premier est la première syllabe du mot hutte. 
Mon deuxième nous sert à glisser sur les pistes de neige. 
Mon tout est un animal qui aime le froid. 
C’est le husky !

Mon premier est la troisième syllabe dans « il se penche ». 
Mon second est la première syllabe du mot « damier ». 
Mon tout est noir et blanc. Qui suis-je ?
Le panda !

Le conteur
Et si on allait demander au petit garçon qui joue aux billes là-bas ?

La petite fille
Allons-y !
Excuse-moi…

Le camarade 5
Tu veux jouer avec moi ?

La petite fille
Non, j’ai une question à te poser. A quoi ressemble ton animal préféré ?

Le camarade 5

Mon animal préféré a des poils gris. Il est de taille moyenne. Il a une longue tête. Il vit en meute dans la forêt. Il court vite. C’est l’ancêtre du chien. Il mange toutes sortes de viande. On le retrouve dans beaucoup de contes.

La petite fille
C’est le… loup ! Mais le loup aime manger les petites filles comme le petit chaperon rouge…

Le camarade 5
Un jour, mon loup est parti en forêt et le sinbiot l’a attaqué. Le sinbiot est un liquide qui peut être de toutes les couleurs. Mon loup est devenu visqueux, noir et rouge et plus grand qu’un humain. Il a toujours quatre pattes mais il peut en avoir plus parfois. Sa tête est plate. Il n’a pas de poils. Il a des dents très pointues. S’il se casse un membre, il se répare directement et se remet comme avant.

La petite fille
Non ton animal me fait peur. Ce n’est pas celui-là.

Le camarade 5

Dommage, il est très doux même s’il fait peur quand on le voit.

Le conteur
Ne désespère pas, on va demander aux deux petites filles qui jouent aux voitures là-bas.

La petite fille
Excuse-moi, à quoi ressemble votre animal préféré ?

La camarade 6
Mon animal préféré vit dans la savane et mange des gazelles. Il est très puissant. Mais un jour, avec la boucle de fusion, il a fusionné avec un singe. Il a maintenant le cri perçant d’un singe. Des fois, il se transforme quand il se bagarre. Il vit dans un volcan. Il est rouge. Ses griffes sont empoisonnées. Il habite dans la jungle et parfois on peut le voir dans les zoos aussi. Mais il est mieux en liberté. Dans on élément naturel.

La petite fille
C’est le … lion ! Comme dans le conte « comment le lion devint roi ».

La camarade 7
Le mien, il est gris. Il a des oreilles en triangle. Il a des moustaches. Il miaule.

La petite fille
C’est le … chat, comme le Chat Botté ?

La camarade 7
Non, il s’est transformé en chaironpar lorsqu’il est tombé dans une flaque d’eau. Maintenant, il a 8 yeux sur la gueule. Il a des pattes comme celles d’un oiseau, les ailes de pingouin, une tête de chat. Il a des écailles.
Il mange des requins grâce à sa grande gueule. Il nage et il marche. Il vit dans les nuages et sur la mer. Son petit est le chairon.

Charades
Mon premier est la première syllabe du mot loupe. 
Mon deuxième est la première lettre du mot pirate mais on ne l’entend pas. 
Mon tout est un mammifère très présent dans les contes de fée.
C’est le loup !

Mon premier est le nom du méchant dans le dessin animé Le roi lion
Mon deuxième est la première syllabe du mot loupe. 
Mon tout est l’animal imaginaire d’Amine
C’est le … scarlou !

Le conteur
Et les garçons là bas qui jouent au marchand. Allons leur demander.

La petite fille
Oui, on sait jamais…

Le camarade 8
Mon animal préféré a un pelage plein de poils dorés. Il vit souvent en Afrique. Il peut aussi rugir comme un lion. Il est très rapide et puissant.

La petite fille
C’est le … jaguar !

Le conteur
Je n’ai jamais rencontré de jaguar dans aucun conte. 
La petite fille
Et bien voilà, tu en as un. Même si ce n’est pas mon animal préféré.

Le camarade 8
Le jaguar a tué toutes les araignées du monde. Mais une araignée génétique l’a mordu. C’est devenu un Jaguardus.
Le Jaguardus est très grand, il a un pelage fait de pierres. Il habite dans des grottes. Il a le cri d’une petite fille et il peut voler dans l’espace.

La petite fille
C’est quoi le cri d’une petite fille ?

Le camarade 8
C’est comme ça.
Il crie.

La petite fille
Mais toi aussi, tu cries comme ça…

Le camarade 9
Moi aussi, je crie comme ça quand j’ai peur.

Le conteur
Et toi ton animal il est comment ?

Le camarade 9
Mon animal préféré vit dans le désert. Il est petit. Il a de grandes oreilles qui peuvent mesurer jusqu’à 18 à 20 cms. Il a des moustaches et il est doux. Il est très recherché comme animal domestique. Il est omnivore.

La petite fille
C’est le …fennec !

Le camarade 9

Il se transforme en fennicorne quand on lui dit « fennec, transforme-toi ! ». Mais il se transforme uniquement quand il fait confiance à son maître.
Tu veux essayer ?

La petite fille
J’essaierai quand j’aurais trouvé mon animal.

Le camarade 9
Le fennicorne vit dans le désert ou dans le ciel. Il est petit et quand il se transforme, il devient grand et doux. Il est aux couleurs de l’arc en ciel. Il a une corne et des ailes de licornes. Il est très recherché pour sa magie.

La petite fille
Ce n’est pas lui non plus. J’espère qu’on va finir par trouver.

Le conteur
Allons voir ce petit garçon qui est au coin. On dirait qu’il a fait une bêtise.

La petite fille
Pourquoi tu es au coin ?

Le camarade 10
J’ai mangé les goûters des autres.

Le conteur
Attention, tu vas finir comme dans Charlie et la chocolaterie…

La petite fille
Dis moi, quel est ton animal préféré ?

Le camarade 10
Mon animal préféré pèse 5 à 7 kgs et est de taille moyenne. Il mesure 105 à 130 cms de long. Il a la forme d’un vautour. Il vit en haut des montagnes. Il vole et il marche. Il a des plumes. Il a un bec et des yeux rouges.

La petite fille
Facile…C’est le gypaète barbu. Et qu’est ce qu’il s’est passé ?

Le camarade 10

Il volait en haut d’un volcan quand il a vu un rhinocéros s’enfuir. Etonné, il a arrêté de voler et a été touché par la cartouche d’un fusil. Il est tombé dans la lave en même temps qu’une araignée. Maintenant, il a le corps d’un dragon mais il n’a que deux pattes et des ailes de gypaète barbu. Il a 8 yeux et une gueule de tigre. Il est fait de lave et de roches. Il des déplace grâce à ses pattes et à ses ailes. Il est chaud comme de la lave et il a des cornes de rhinocéros. Il vit dans le volcan. Il est sauvage. Il crache de la lave. Il vit jusqu’à 3500 ans. Il fait un bébé tous les deux ans. Il s’appelle le dragon de lave. Ses petits sont les dragonions.

La petite fille
Il me plait bien… Mais je pense que mes parents auront du mal à en trouver…

Charades
Mon premier est la première syllabe du mot férié. 
Mon second est au centre de notre visage. 
Mon troisième est la troisième syllabe du mot quenelle. 
Mon tout est un animal qui vit dans le désert.
C’est le … fennec !

Mon premier est la 10ème lettre de l’alphabet.
Mon deuxième est quelque chose que l’on fait quand on marche.
Mon troisième est ma cinquième lettre de l’alphabet.
Mon 4ème est la première syllabe du bot barbe.
Mon 5è est la première syllabe du mot buffet.
C’est le … gypaète barbu

Le conteur
Et si on allait voir le petit garçon qui pleure là bas ?

La petite fille
Qu’est ce qu’il t’arrive ?

Le camarade 11
Lui là-bas a mangé mon goûter. Je lui ai couru après et je suis tombée. Je vais lui envoyer mon animal préféré pour lui faire peur.

La petite fille

C’est quoi ton animal préféré ?

La camarade 11
Mon animal préféré a des rayures noires. Il court vite. Il a des moustaches, un pelage jaune. Il a un cri féroce. Il mange de la viande. Il va le manger…

La petite fille
C’est le … tigre.

La camarade 11
Un jour, il a senti une fleur empoisonnée. Un enfant avait fait tomber une potion magique dessus, sans le faire exprès. Le tigre est alors devenu tout bizarre. C’est devenu un animal qui mange des humains et peut manger des arbres rien qu’en respirant. Il peut manger plein d’autres sortes de nourriture encore. 
Il court à la vitesse de la lumière. Il peut voyager dans le temps tellement il court vite. Il peut cracher du feu. Il vit sous terre, dans le sable par exemple.

Le conteur
Je pense qu’il ne mangera plus jamais ton goûter si tu lui racontes ça… Et les deux filles qui se bagarrent là-bas ?

La petite fille
Excusez-moi de vous déranger pendant la bagarre, est ce que vous pouvez me décrire votre animal préféré ?

La camarade 12
Le mien marche à quatre pattes et il miaule. Il est petit et vit dans les maisons et aime être dehors. C’est le … chat !Il s’est transformé durant son sommeil. Il est grand et gros et aime le bambou.
C’est devenu un… pancha.

La camarade 13
Moi, mon animal préféré est blanc, très doux et ressemble à une boule de coton. Il mange des carottes et de la salade.

Les autres en chœur
C’est le …lapin !

La camarade 13

Un jour, une sorcière a pris un crayon magique, a gommé ses pattes et les a remplacées par des pattes de cheval. Elle lui a rajouté deux cornes de vaches au-dessus des oreilles. Maintenant, ce n’est plus vraiment un lapin. C’est le vapinval, un mélange de vache, lapin et de cheval.

La camarade 12
Ca n’existe pas un Vapinval.

La camarade 13
Un pancha non plus…

Elles recommencent à se chamailler.

Le conteur
Viens on va finir par trouver…. Tu n’as toujours pas d’idée ?

La petite fille fait non de la tête.

Le conteur
Il reste encore ce petit groupe là-bas.

La petite fille
Pardon de vous déranger, vous pourriez me décrire votre animal préféré ?

Le camarade 14
Mon animal préféré a huit tentacules et une grosse tête. Il a 9 cerveaux céphalopode. Il vit sous la mer.

La petite fille

C’est la … pieuvre.

Le camarade 14
Elle se transforme naturellement quand elle a froid en mer… En niours. Le niours est petit animal et a un bec d’ornithorynque. Il a deux pattes palmées et est poilu. Ses yeux sont gros. Il a un très bon caractère. Il vit en forêt et peut être domestiqué. Il aime les choses qui brillent, donc fais attention à tes boucles d’oreilles et à ton bracelet.

Le conteur
C’est lui ?

La petite fille
Non, pas encore.

Le camarade 15
Mon animal préféré vit dans les arbres. Il est de petite taille. Il a un bec et des plumes grises sur ses ailes. Il vit dans le noir et mange des souris. Il se déplace en volant.

Le conteur
C’est le … hibou , comme dans « Le roi et le hibou ».

Le camarade 15

Quand il boit de la « précatise », une potion magique composée d’herbes, de croquettes et de carottes, il se transforme en Remouchika. Il devient alors grand et mince, avec une tête de renard. Il a des poils courts. Il peut être blanc ou roux. Ses pattes sont blanches comme celles d’un mouton. Il vole et court très vite. Il mange parfois des croquettes. Il vit dans la forêt mais peut être domestiqué et vivre dans la maison. Ses petits sont les rechika. Sa femelle s’appelle la chimouka.

Le camarade 16
Mon animal préféré a un pelage roux avec des rayures noires. Il est carnivore. Il mange des sangliers, des biches et d’autres animaux de la forêt. Il peut parfois attaquer l’homme. C’est un félin mignon mais féroce. 
C’est le … tigre !

Le conteur
Ça pourrait être lui ?

La petite fille
Non, je ne crois pas.

La camarade 17
Mon animal préféré vit dans la mer. Il a une peau lisse et douce. Il mesure environ 2 mètres et pèse environ 300 kgs. Il a de petits yeux et une bouche en forme de bec. Il est très intelligent. 
C’est le … dauphin, comme dans la série télévisée « Flipper le dauphin ».
Si je prends un crayon magique, il peut se transformer. En quoi ? ca reste un mystère ! Et toi ton animal ?

Le camarade 18

Le mien a un pelage noir et blanc. Il vit en Chine et au Tibet. Il mange du Bambou.
C’est le panda. Mais s’il mange du bambou empoisonné, il peut se transformer à minuit. Il devient très grand, avec de grandes oreilles. Il mange du bambou avec sa trompe. Il vit en Afrique et en Asie. 
C’est l’élépan !

Charades
Mon premier est le bruit que fait le pistolet. 
Mon second est la première syllabe du mot château.
Mon tout est un animal imaginaire.
C’est le pancha.

Mon premier est un endroit où dorment les oiseaux
Mon deuxième est un animal qui vit en Amérique, en forêt avec beaucoup de poils. 
Mon tout est un animal imaginaire décrit plus haut
C’est le niours !

Mon premier est la première syllabe du mot « jamais »
Mon deuxième est le premier son du mot « goûter »
Il faut supprimer une lettre du mot « tard » pour donner mon troisième. 
Mon tout est le … jaguar

Mon premier est la première syllabe du mot « histoire »
Mon deuxième est la première syllabe du verbe « bousculer »
Mon tout est un animal qui voit dans la nuit
C’est le hibou !

La petite fille
Je crois que j’ai trouvé

Les autres
Ah enfin… pas trop tôt…

Le conteur
Vas-y fais nous deviner…

La petite fille
L’animal que je préfère est de taille moyenne. Ses poils sont courts mais il y en a de plusieurs sortes et de plusieurs couleurs. Il vit dans une maison. Il obéit à presque tous les ordres qu’on lui donne. Il aime jouer mais quand il est mal éduqué, il peut mordre. Son repas préféré, c’est le riz et les croquettes. Il aboie.
C’est le … chien !

Mon premier est le premier son du mot « chiffre »
Mon deuxième est la 3ème voyelle de l’alphabet
Mon troisième est le chiffre entre 0 et 2
Mon tout est un animal qui aboie.
C’est le chien ! C’est un chien que je vais demander à mes parents pour mon anniversaire !

FIN

Le château mystérieux

Le château mystérieux

écrit par les élèves du Collège Guy Môquet à Gennevilliers
Graines de conteurs saison 2

Distribution
Le conteur
Corentin
Anthony
Wassim
Rose
Noura
Louis
Wassila
Tom
Jason

Le conteur
Il était une fois … des enfants,
passant l’après-midi ensemble
pour fêter un anniversaire.
Les enfants
J’y étais!
Et moi !
Et moi aussi.
Le conteur
Oui. Et toi aussi…
Les enfants
On a visité le château ! Vous vous rappelez ?
Pour l’anniversaire des jumeaux, Wassim et Wassila.
Un vrai château,
Comme dans les livres !
On attendait ce moment depuis des jours,
Des semaines,
Des mois !
Au programme de la journée :
Visite du château
Visite des jardins,
Pique-nique
Jeu du loup garou improvisé. 
Corentin
Tu sais jouer au loup garou ?
Le conteur
Les enfants laissez-moi reprendre. Je vais vous laisser la parole tout à l’heure.
C’était un château magnifique. 
Pas un château fort construit sur une colline
pour guetter les ennemis.
C’était un château de la Renaissance
Où les rois et reines avaient leurs habitudes,
Venaient se reposer,
S’amuser dans les jardins
Ou chasser dans les bois.
Le château était majestueux.
Les enfants
Grand comme ça
Non comme ça
Plus grand que toi en tout cas, minus !
Le conteur
Les enfants s’il vous plait !
Un par un si vous voulez raconter.
Anthony
Est-ce que je peux continuer la description ? J’avais pris des notes ce jour-là.
Le conteur
Très bien. Les autres, on écoute votre camarade.
Anthony
Il y avait deux tours
Et des drapeaux de lions.
Wassim
Le lion, c’est mon animal préféré.
Le roi de la jungle.
Rose
Moi je préfère les ours. C’est plus fort que les lions.
Noura
Chut…
Anthony
Je recommence. Il y avait des lions, symboles des armureries de la famille…
Et une fois à l’intérieur…
C’était magnifique
Je n’ai jamais vu ça.
Comme dans un rêve
Louis
Il y avait de grandes pièces avec des tapisseries
Qui représentaient des scènes de chasse
Des batailles et des victoires.
Corentin
Et des grandes cheminées,
Tellement profondes qu’on pouvait s’y cacher.
Wassim
Et tenir debout sans se baisser.
Wassila
A l’intérieur, les chambres étaient tellement grandes
Corentin
Spacieuses
Le conteur
Mais dans ce château, il y avait trois chambres étranges.
Louis
Des chambres interdites aux visiteurs dans lesquelles il ne fallait entrer sous aucun prétexte.
Wassim
La première était une chambre dédiée aux énigmes.
Wassila
La seconde était la chambre des cauchemars. Une chambre où dormait l’ancêtre du château, dans son cercueil.
Corentin
S’endormir dans cette pièce, c’est donner vie à ses propres cauchemars.
Rose
Dans la dernière chambre se trouvait une bibliothèque remplie de livres avec un bureau. Sur le bureau, une machine à écrire très ancienne. Un vieux modèle. A côté, un coffre, plein de masques et de costumes. Il y avait de grandes armoires avec des films de science-fiction. C’était la chambre de Jason, le propriétaire du château, que personne n’avait revu depuis des années.
Marwan
La visite a commencé tôt le matin.
Nous étions fatigués de monter et descendre les escaliers,
Traverser les longs couloirs,
Passer de chambre en chambre.
Rose
Fatigués par la visite,
D’arpenter le château
De haut en bas
Et de bas en haut
Du nord au sud
et d’est en ouest.
Anthony
Les douze coups de midi ont sonné.
Enfin…
Nous sommes allés dans le jardin
Pour pique-niquer.
Louis
J’ai des chips du poulet !
Noura
Dis, t’aurais une serviette en papier ?
La sauce de ma salade s’est renversée.
Rose
J’échange mon morceau de fromage contre une banane.
Wassim
Du pain et du fromage
Des carottes râpées
Des fruits et de la compote en dessert !
Noura
C’était tellement bien de manger dehors, sur l’herbe.
Wassila
On a couru, sauté
On a fait la course
On a joué à chat
On s’est caché derrière les buissons du jardin
On a joué à se faire peur
On s’est raconté des blagues.
Anthony
Et puis on a décidé de jouer
A notre jeu préféré
Au loup-garou !
Les enfants, chacun son tour
Il y a beaucoup de personnages dans ce jeu.
Il y a le villageois. Il n’a aucun pouvoir sauf le vote.
Le loup-garou, il peut tuer quelqu’un chaque fois qu’il va au village.
Le chien-loup, il a le pouvoir de se transformer en loup-garou.
La petite fille peut ouvrir un œil pour savoir qui est le loup-garou.
La voyante, elle peut s’aider de ses cartes.
Le voleur peut voler une carte. 
Cupidon, il peut marier deux personnes.
Le maire du village, il se fait élire en début de partie. S’il y a une égalité, c’est lui qui tranche.
Le protecteur, il peut protéger une personne.
L’enfant sauvage peut tuer n’importe qui.
Les trois frères, ils tuent n’importe qui. Ils peuvent même se tuer entre eux.
Le chasseur, à sa mort peut emporter quelqu’un avec lui. C’est lui qui choisit.
La sorcière a trois pouvoirs : elle peut ressusciter, tuer ou ne rien faire du tout.
Le maître du jeu, il réveille chaque personnage chaque nuit. 
Le but du jeu, c’est que les loups garous tuent les villageois et que les villageois tuent les loups garous.
Tom
Vous avez compris les règles du jeu ?
Wassila
Alors on a commencé la partie.
Le conteur
C’est alors que Marwan a disparu. Il avait mal au ventre. Les enfants s’inquiétèrent et partirent à sa recherche. Quelle ne fut pas leur surprise de voir Marwan, avec des oreilles pointues. Ses habits étaient déchirés, ses ongles trop longs dépassaient de ses chaussures. Son nez s’épatait, ses yeux devenaient rouges. Il avait de grandes dents coupantes qui sortaient de sa bouche énorme. Il montrait ses mains pleines de poils à ses camarades effrayés. Lui-même ne savait pas ce qui lui arrivait.
Marwan
C’est moi c’est moi. N’ayez pas peur. Je ne vous ferai aucun mal.
Louis
Marwan, c’est toi ?
Marwan
Je voulais aller aux toilettes et je me suis perdu dans cette chambre là-bas.
Louis
Mais c’est la chambre interdite !
Marwan
Et je me suis endormi…
Le conteur
Les enfants effrayés s’enfuirent en courant.
Ils tombèrent nez à nez avec Jason, l’habitant du château. Il était très grand. Il avait des boutons sur la tête et des yeux vairons. Une tâche de naissance lui recouvrait une partie du visage. Ses cheveux étaient emmêlés comme s’il ne s’était jamais coiffé de sa vie. Il boitait et bégayait beaucoup. Il ne sortait jamais de sa chambre et n’avait pas l’habitude de rencontrer les visiteurs.
Jason
En jouant au Jeu du loup garou, vous avez réveillé la malédiction du château. En effet, sur cette plaine, il y a des centaines d’années, plusieurs enfants ont disparu. Des battues ont été organisées. Ils n’ont jamais été retrouvés. Une meute de loups a longtemps été chassée, sans succès. Le jeu du loup-garou les a réveillés. Leur âme est parmi nous. Vous allez devoir trouver la force et le courage de vous battre. Les épreuves seront nombreuses.
Noura
Mais il manque Tom ! Tom, où es-tu ?
Louis
Pourvu qu’il ne se soit pas transformé en loup-garou lui aussi.
Corentin
J’ai peur…
Le conteur
Sur les conseils de Jason, ils décidèrent d’aller dans la salle des énigmes. Ils cherchèrent partout dans la pièce. Soudain….
Anthony
J’ai trouvé quelque chose !
Le conteur
Anthony trouva une horloge sur laquelle était collé un papier avec une lettre écrite dessus. Petit à petit, comme un puzzle, à reconstituer, des lettres apparurent ainsi. Après le M, un R et un U.
Rose
MUR, c’est le mot mur qui est apparu. Il faut chercher sur le mur la suite des indices.
Le conteur
Le château, petit à petit, se transformait. Les enfants entendirent les éclairs, au loin. La nuit tomba très vite alors que c’était le milieu de l’après-midi. Ils entendirent les cris désespérés de Marwan le loup-garou et les bruits de sabots d’un cheval. 
Corentin
J’espère que ce n’est pas le chevalier sans tête.
Le conteur
Les enfants virent apparaître des toiles d’araignées aux coins des murs. Des gros rats se faufilaient entre leurs jambes. Un bruit attira leur attention.
Le grésillement d’une télé, que personne n’avait allumé, les surprit dans la bibliothèque. Les uns à côté des autres, ils cherchèrent de nouveaux indices. De nombreux livres étaient rangés. Ils furent attirés par un livre de Conan Doyle, « Sherlock Holmes ». Il semblait bouger tout seul sur l’étagère. 
Ils ouvrirent le livre et furent surpris d’y découvrir leur ami Tom à l’intérieur. Il accompagnait le détective et semblait beaucoup s’amuser.
Tom
Et les copains, c’est vraiment super ici ! Je mène des enquêtes. Je m’amuse comme un fou !
Wassila
Dis, tu ne veux pas sortir ? On est tous venus te chercher !
Tom
Ah non! Moi, je suis très bien où je suis. C’est mon livre préféré. Vous pouvez le refermer et le reposer dans la bibliothèque.
Corentin
Et l’école ?
Tom
Je m’en fiche. Je préfère aider Sherlock, même si le docteur Watson est parfois un peu jaloux. 

Le conteur
Les enfants lui obéirent, un peu déçus qu’il n’ait pas envie de les retrouver. Tom était heureux dans son livre. Il vivait plein d’aventures avec Sherlock Holmes et Watson. Mais à peine avait-il commencé un nouveau chapitre qu’il faillit tomber dans le néant. 
La page était vide…
Noura
La page était vide…
Rose
La page était vide…
Tom
Y a quelqu’un ? Les copains, vous êtes là ? Me laissez pas tout seul ici… Y a plus rien à faire… C’est le vide.
Wassila
Ah ! Heureusement que je suis restée à côté. Je savais bien que tu aurais besoin d’aide tôt ou tard.
Le conteur
Ni une ni deux, Wassila saisit la main de son ami et le tira de toutes ses forces, jusqu’à ce qu’il soit entièrement sorti du livre.
Et pendant ce temps…
Pendant que les enfants erraient dans le salon, on entendit un grognement sourd. Une patte poilue et griffue s’avançait vers l’entrebaillement de la porte, une respiration sourde les fit frémir.
Wassim
Marwan !!!!
Le conteur
Il était face à eux, bavant, les yeux plein de rage… Les enfants se mirent à courir partout, de haut en bas. De bas en haut. 
Le loup-garou fit tomber les tableaux, prêt à les dévorer tout cru.
Rose
Jason, vite, il faut venir nous aider !
Jason
Vous avez réveillé la malédiction du château en jouant au loup-garou dans le jardin. Ils sont réapparus en quête de chair fraîche. Pour enlever le sortilège, vous devez répondre à cette charade. Venez avec moi dans la chambre des énigmes.
Mon premier est le contraire de propre
Mon deuxième est un pronom personnel singulier neutre
Mon tout est la plus grande salle du château.

Noura
Moi, moi, je sais !
C’est le salon
Le salon !

Jason
Bravo ! Maintenant, il va falloir attirer Marwan dans la chambre des cauchemars. Une fois à l’intérieur, il va se rendormir et tout redeviendra comme avant.
Le conteur
Les enfants décidèrent alors d’attirer Marwan. Il était très gourmand. Il décidèrent de laisser dans la chambre des cauchemars tout ce que Marwan aimait bien : des sucettes, du chocolat, des bonbons, des biscuits, des gâteaux au chocolat. Toutes les bonnes choses qu’il leur restait du pique-nique. Les enfants installèrent toutes ces bonnes choses à l’entrée de la pièce, en faisant attention de ne pas s’endormir. Et puis, ils appelèrent Marwan. 
Les enfants
Marwan, viens voir ! On a une surprise pour toi. On t’attend.
Le conteur
Marwan arriva, essoufflé et menaçant. A la vue de toutes les friandises, il se radoucit et commença à manger tranquillement sans se rendre compte qu’il retournait dans la chambre des cauchemars. Repu comme un loup peut l’être, il s’endormit à même le sol. Petit à petit, le soleil se remit à briller à l’extérieur, le vent arrêta de souffler. La tempête disparut comme elle était apparue. Plus de rats, ni de toiles d’araignées. Tout était calme et apaisé. Marwan se réveilla, comme si de rien n’était, même s’il avait un peu mal au ventre.
Rose
Marwan, ça va ? Tu ne nous refais plus ça !
Marwan
Je ne me souviens plus. Qu’est-ce qu’il s’est passé ?
Corentin
Venez les amis, on ne doit pas rester ici !
Louis
Quel cauchemar cette journée…
Wassim et Wassila
C’était un super anniversaire ! Mieux qu’un parc d’attractions !
Le conteur
Les enfants quittèrent le château. Dans le salon, ils aperçurent un tableau auquel ils n’avaient pas fait attention précédemment : un portrait de Jason avec sa date de naissance, 1736 et sa date de décès :1817

Anthony
Regardez, il a quelqu’un qui nous fait coucou par la fenêtre !
Rose
Oui, il sourit !
Tous les enfants
C’est Jason !!

FIN

Le marchand de sommeil

Le marchand de sommeil

écrit par les élèves du Collège Gay-Lussac à Colombes
Graines de conteurs saison 2

Distribution
Le conteur
Le père
Marvin
Linda
Le marchand de sable
Le marchand de cauchemars

Le conteur
Il était une fois… L’heure de se lever…
Hé ! Hé ! Il est sept heures. L’heure de se lever. 
Il est sept heures 10. L’heure de se lever.
Il est sept heures 15. L’heure de se lever.
Il est sept heures 20…

Le père
Tu exagères, tu vas être en retard !

Marvin

C’est mon père. Il s’exaspère…

Le père
Tu n’es pas encore levé ? Il y a école aujourd’hui.
Mais comment tu fais pour être en retard chaque matin…
Dépêche-toi ! Je t’ai préparé ton petit déjeuner.
Ton chocolat est chaud
tes céréales sur la table
la confiture sur tes tartines
ton jus d’orange pressé…
Va vite prendre ta douche.
Le temps que tu sortes,
je serai déjà parti
Mais on se voit ce soir,
Je t’aiderai à faire tes devoirs.

Marvin
Alors je me lève lentement
La tête pleine de moutons,
de rêves et de cauchemars
Pleine de sable et de désert
Pleine de lune
Je sors mes bras de sous la couette…
Ah ! il fait froid.
J’hésite,… Je sors un pied, puis l’autre. 
Je m’étire, une dernière fois
Avant de m’élancer dans la salle de bains.
Ah ! je glisse. Aïe !je me cogne.

Le conteur
Le compte à rebours,
comme chaque matin,
a commencé.

Marvin
J’ai mes super pouvoirs
D’une main je me brosse les dents,
De l’autre je me peigne les cheveux.
D’une main, j’enfile mes vêtements
De l’autre je bois mon chocolat chaud.
D’une main je fais mes lacets,
De l’autre je m’élance dans l’escalier.
Je cours, je m’envole.
J’ai comme des ailes
Pour sortir de l’immeuble,
Tourner à gauche,
Saluer Mme Mimoun
Qui promène son chien.
Courir, deux rues plus loin
Pour chercher mon amie Linda
Qui m’attend en bas de chez elle.

Linda
Ah, enfin, j’ai cru que tu n’arriverais jamais…
J’ai failli partir toute seule.

Marvin
Excuse moi !
Mon réveil a sonné… au moins dix fois
Sans que j’arrive à me lever.

Linda
On a une évaluation en maths et SVT en plus.

Marvin
Oh non, je n’ai pas révisé.

Linda
Il est trop tard. Je ne vais pas pouvoir t’aider.

Marvin
On va prendre des bonbons à la boulangerie pour la récré ?

Linda
Mais non, on est en retard… On ira ce soir, en rentrant.

Marvin
Allez suis moi on court !
On va passer par le raccourci !

Linda
Par le parc ?

Marvin
Oui !

Linda
Non, je n’aime pas passer par là!
Trop de coins sombres
Et d’ombres qui nous regardent…
On peut contourner et longer le mur du parc.

Le conteur
Attention les enfants ! Faites attention !

Marvin
Attention à la flaque d’eau Linda !

Le conteur
Mais c’est trop tard ! Elle a …

Marvin
Linda, Linda mais tu es où ?

Le conteur

Disparue, envolée
Volatilisée

Marvin
Je m’approche de la flaque,
Je n’y vois que mon reflet…
Inquiet
Je décide d’y mettre un pied, pour voir et…

Le conteur
Et il tombe,
Pendant des secondes
Des minutes
Des heures.
La chute semble interminable.

Marvin
Il ne manquait plus que ça
Je vais être en retard à l’école pour de bon…

Le conteur
Il atterrit dans une jungle
un peu secoué
tout étourdi,
si bien qu’il n’a pas la force de se relever.
Il fait sombre et humide.
Le sol est mouillé.
Il entend des bruits d’animaux : des hiboux, des loups, des tigres. 
Des singes l’approchent et lui font signe de suivre.
Ils se balancent de lianes en lianes,
Joueurs facétieux
Au loin il aperçoit
Un château, baigné par la lumière de la lune. 
Autour du château, une armée de fennecs.
Ils gardent le lieu, vigie immobile et bruyante.
Leurs cris résonnent comme un terrible avertissement.
Circulant entre les fennecs, leur caressant le dos
Comme des animaux de compagnie
Un homme porte des babouches et une djellaba.
Une djellaba bleue
Sombre comme la nuit.
A ses côtés, son fidèle âne
Portant des sacoches pleines de sable.

Marvin
Je le connais…
Je le reconnais
Je l’ai déjà vu quelque part
Dans le secret de mes nuits.
C’est le marchand de sable !

Le conteur
Il vient de très loin,
plus loin que l’océan,
de l’autre côté du désert.
Il marche, il marche,
Et saupoudre du sable,
Du rêve pour les enfants.

Marvin s’approche lentement.

Marvin

Hé ho ! T’es qui?
Qu’est-ce que je fais là ?

Le marchand de sable
Ne t’approche pas trop, ce sont des sables mouvants. Tu es dans le pays des rêves.

Marvin se pince.

Marvin
Je suis bien réveillé pourtant. Mais elle est où Linda ?

Le marchand de sable
Linda ?

Marvin
Ma voisine, mon amie. Elle a marché dans la flaque d’eau elle aussi et a disparu…

Le marchand de sable
Je pense qu’elle est avec mon frère.
Marvin
Quel frère ?
Le marchand de sable
Mon frère, le marchand de cauchemars.

Marvin
Où est-ce que je peux le trouver ?

Le marchand de sable
Suis les traces qu’il y a au sol.

Marvin
Merci !

Le marchand de sable
Bon courage ! Méfie-toi de lui
Il est terrible.
Il paraît même qu’il mange les enfants.

Le conteur
Quand Linda est tombée dans la flaque d’eau,
Elle est tombée directement dans les bras du marchand de cauchemars.
Il est très grand, très mince,
comme un squelette.
Il porte un masque blanc
Et une combinaison rouge.
Comme il vient de très loin lui aussi,
Il a des chaussures dans un état…

Linda
Un sale état
Toutes rapiécées, pleines de trous.
Et qui puent…

Le conteur
Il a les yeux rouges
Car il ne dort pas beaucoup.
Il distribue les cauchemars.

Linda
Lâchez-moi ! Lâchez moi je vous dis !
Vous ne me faites pas peur !

Le conteur
Linda s’est retrouvée dans un vieux cachot,
 au milieu d’un château hanté.
La petite est futée,
Elle est habituée à regarder des séries
A lire des livres
Où le héros finit par trouver
A force de réflexion
Comment s’échapper.
Elle retire la barrette de ses cheveux
Et l’enfonce dans la serrure. 
Clac. Ca s’ouvre.
Linda fait doucement, doucement…
Pour ne pas éveiller les soupçons du marchand de cauchemars.
Et elle se met à courir, vite, vite
Comme elle n’a jamais couru.

Pendant ce temps…

Marvin
Linda ? Linda ? 
Linda où es-tu ?

Linda
Marvin, c’est toi ?

Marvin
Linda ?

Linda
Marvin, ne crie pas trop fort… Le marchand de cauchemars va savoir que je me suis sauvée sinon.
Comment on fait pour sortir d’ici ?

Marvin
On peut aller voir le marchand de sable et lui demander de nous réveiller. Ou se cacher dans les sacoches de sable de son âne pour rentrer à la maison.

Linda
Allons-y !

Le conteur
Ils continuent de marcher, sans se rendre compte que le marchand de cauchemars les suit à la trace.
Ils marchent, sans trop savoir où ils vont dans cette végétation touffue, dense. La lune les éclaire à peine. Ils entendent les bruits de la forêt, les cris des fennecs au loin.

Marvin
Linda, je ne retrouve plus le chemin. Tout se ressemble ici.

Linda
On va y arriver Marvin.

La voix du marchand de sable
Linda, Marvin, par ici !

Marvin
Viens c’est le marchand de sable. Il est gentil. Il vient nous aider.

Le conteur
Les enfants s’approchent en courant.

Linda
Mais cette odeur de pieds…

Marvin
Ces chaussures trouées…
Ce masque blanc
Ces yeux rouges

Le marchand de cauchemars
Vous pensiez m’échapper… Mais j’ai une ouïe très fine, des yeux rouges très perçants qui me permettent de voir dans le noir.

Le conteur
C’est à cet instant que le marchand de sable arrive, suivi de son âne et des fennecs.

Le marchand de sable
Tu vas les laisser tranquille, maintenant !

Le marchand de cauchemars
Et pourquoi donc ?

Le marchand de sable
Ils ne t’ont rien fait !

Le marchand de cauchemars
Déjà petit, tu aimais défendre les autres.

Le marchand de sable
Je ne t’ai pas toujours connu comme ça. Tu te souviens quand tu m’as sauvé la vie petit ? J’étais tombé dans le lac et tu m’as secouru.

Le marchand de cauchemars
Oui mais c’était toi le chouchou. Les parents ne jouaient jamais avec moi. Je me suis toujours débrouillé tout seul.

Le marchand de sable
J’étais trop petit pour m’en rendre compte. Je suis désolé.

Le marchand de cauchemars
Je te propose ceci : Je vais te poser 3 charades. Si tu réponds juste, je les libère et tu pourras les ramener chez eux. Si tu te trompes, ils restent avec moi.

Le marchand de sable
Je t’écoute.

Le marchand de cauchemars
Mon premier est un déterminant possessif
Mon second est la deuxième syllabe de table
Mon troisième est le contraire de dur
Mon quatrième est l’air qui bouge les feuilles

Mon tout, on peut s’enfoncer dedans.

Le marchand de sable
Les sables mouvants !

Linda et Marvin :
Bravo bravo !

Le marchand de cauchemars
J’ai commencé facile… Voilà la suite
Mon premier, on le lance pour tirer au sort,
Mon second est le 1er son du mot Zorro
Mon troisième on le respire. Il est parfois pollué.
Mon tout est un endroit remplir de scorpions où resteront mes deux prisonniers.

Le marchand de sable
Le désert !

Le marchand de cauchemars
Tu ne perds rien pour attendre !

Linda et Marvin
Bravo bravo !

Le marchand de cauchemars
Mon premier signifie le partage
Mon second est la première syllabe de cheval
Mon troisième est l’endroit où vivent les canards
Mon tout fait peur la nuit et même le jour

Le marchand de sable, Linda et Marvin en même temps
Les cauchemars !

Le conteur
Marvin et Linda rejoignent le marchand de sable. Avant de partir, Linda court vers le marchand de cauchemars pour lui donner son goûter. Il est très ému.
Marvin et Linda rentrent chez eux à dos d’âne avec le marchand de sable. Ils traversent le monde des saisons. Le printemps d’abord avec les singes qui sautent d’arbres en arbres. Puis l’été avec la mer et son rivage. Arrive l’automne avec une avalanche de feuilles qui crissent sous les pas. Puis l’hiver et ses flocons de neige.
Ils se réveillent chacun dans leur lit.
Hé ! Hé ! Il est sept heures. L’heure de se lever. 
Il est sept heures 10. L’heure de se lever.
Il est sept heures 15. L’heure de se lever.
Il est sept heures 20…
FIN

De l'autre côté de la fôret

De l’autre côté de la forêt

écrit par les élèves du Collège Truffaut à Asnières-sur-Seine
Graines de conteurs saison 2

Il était une fois une fée qui s’appelait Fleur. Elle vivait dans une immense forêt séparée en deux. Fleur vivait du côté joyeux. La végétation était belle. Il y avait de grandes et jolies fleurs et les fées naissaient à l’intérieur. Elles restaient dans les pétales à s’épanouir, jusqu’à ce qu’elles soient suffisamment grandes pour se débrouiller seules. Ca sentait partout très bon. Il y avait des odeurs de bonbons et de chocolat. Les maisons étaient très colorées et les toits étaient fait en biscuits. Cela ressemblait au paradis.
Fleur vivait ici avec sa famille et son fidèle loup Flèche. Flèche avait un arc magique. Cet arc lui permettait de protéger la famille de Fleur et la forêt. Il lui avait été transmis par son père, qui le tenait de son père, qui le tenait de son père…
Mais il s’aperçut un jour que son arc avait disparu. Il chercha partout, sous le toit, dans la cave, sur la terrasse, dans les fourrés, dans le jardin. Derrière les lianes, sous les champignons, sous les grands arbres, dans leur feuillage. L’arc n’était nulle part. Flèche s’éloignait de plus en plus de la maison et s’enfonçait dans l’autre partie de la forêt. Cette partie était interdite. C’était le domaine de la sorcière. La forêt était noire et profonde. Elle était effrayante parce qu’il y avait de grands arbres touffus et sombres. Elle était très étendue. En s’y promenant, on entendait des bruits d’animaux invisibles. Des animaux dangereux comme des loups, des ours, des serpents ou parfois des corbeaux ou des chauve-souris. C’était une forêt au coloris noir et marron. Un endroit abandonné où personne n’était allé depuis très longtemps. Même le soleil avait déserté . On sentait des odeurs d’animaux et de feuillage qui moisissait. En entrant, on ressentait de la peur.
La fée Fleur sortit de la maison à la recherche de son loup. Mais elle ne le trouva pas. 
Elle partit voir Ernest le grand chêne :
« -Bonjour Ernest, as-tu vu mon loup ?
-Flèche ? Non pourquoi ?
-Il a disparu…
Peut-être tu pourrais demander à la pie. Elle a toujours un œil sur tout. »
Et Fleur partit demander à la pie.
« -Bonjour Joséphine, as-tu vu mon loup ?
-Flèche ? Non pourquoi ?
-Il a disparu…
Peut-être tu pourrais demander à la marmotte. De son terrier en hauteur, elle voit tous ceux qui entrent et sortent. »
Et Fleur partit demander à la marmotte.
« -Bonjour Félix, as-tu vu mon loup ?
-Flèche ? Non pourquoi ?
-Il a disparu…
Peut-être tu pourrais demander à la chouette. Elle voit dans la nuit. »
« -Bonjour Lilly, as-tu vu mon loup ?
-Pourquoi ?
-Il a disparu…
-Au petit matin, alors que le soleil se levait à peine, je crois l’avoir aperçu en direction de l’autre coté de la forêt. »
Pendant ce temps, dans la forêt profonde, la sorcière préparait ses pièges à loups. Elle suspendit et cacha une cage dans les branches et posa sur le sol un morceau de viande. Il suffisait de déplacer la viande pour faire tomber tout droit la cage sur le loup.
Et Flèche avait faim. Cela faisait un moment qu’il était parti. Il avait marché longtemps, longtemps, sans retrouver son arc. Comment protéger sa famille, Fleur et les siens si l’arc avait disparu ? Il était encore tôt mais les rayons du soleil n’arrivaient pas à percer l’épais feuillage de ce côté de la forêt. 
Flèche se demandait comment retourner chez lui. Il était perdu, n’avait aucun repère. Et d’un coup, il se mit à renifler fort. De plus en plus fort. L’odeur de la viande… Il s’approcha, s’approcha du morceau de viande et sans se méfier, croqua dedans de toutes ses dents.
Il eut à peine le temps d’entendre le rire très aigu de la sorcière que la cage tomba sur lui et le fit prisonnier.
La pauvre petite fée n’avait toujours pas trouvé son loup. Pour le chercher, elle dut s’approcher du côté sombre de la forêt, dans des zones où elle n’avait jamais été auparavant. Elle aperçut la prison abandonnée, que personne n’avait visité depuis des années. 
Elle entendit des bruits bizarres, des cris. Les cris des prisonniers morts qui n’avaient jamais réussi à sortir. Et là, au milieu des gémissements, un appel à l’aide.
« Au secours… Aidez moi… au secours… »
Cette personne, c’était un pirate.
Le pirate jeta un papier sur Fleur pour signaler sa présence. Fleur regarda le papier où était écrit « Regarde en haut, je suis là, prisonnier ».
Mais un zombie vint le chercher pour l’éloigner de la fenêtre et lui dire de se taire. Elle l’entendit crier « Aide moi à sortir de la prison ». 
Alors Fleur utilisa sa bague pour immobiliser les zombies. Le pirate put récupérer les clés et partir en courant.
Le pirate se mit à courir, doucement au début car il n’avait plus l’habitude de courir. Il était resté de longues années dans une toute petite pièce, à tourner en rond comme un animal en cage, un éléphant dans un zoo, un tigre dans un minuscule enclos. Il eut l’impression de retrouver la liberté. Il sentait l’air sur son visage, le vent dans ses vêtements, la terre sous ses pieds. Il courait sans trop savoir où il allait, en oubliant complètement celle qui l’avait aidée lorsqu’il tomba nez à nez avec une maison un peu délabrée. 
C’était la maison de la sorcière, qu’il aperçut à trainer à traîner la cage où se trouvait le loup Flèche.
« Le pirate : Toi ici ?
La sorcière : Oh, mais qu’est ce que tu fais là ? Je te croyais mort depuis si longtemps…
Le pirate : Tu n’as pas changé.
La sorcière : Toi tu as vieilli. Je t’ai attendu. Longtemps…
Le pirate : Me voilà !
La sorcière : Maintenant, je ne t’attends plus… J’ai fait ma vie et elle me convient bien.
Le pirate : J’étais enfermé, dans une prison gardée par des zombies. Impossible de sortir pour te retrouver comme je te l’avais promis. »
Pendant ce moment de retrouvailles, la fée recherchait toujours son animal Flèche.
« Flèche, Flèche , où es-tu ? »
Peu à peu, elle arriva devant une énorme bâtisse toute sombre. De la cheminée sortait de la fumée verte ou violette selon le sens du vent. On entendait des bruits d’animaux lugubres. Il semblait à Fleur que les arbres se rapprochaient, se resserraient, que les branches des arbres allaient peu à peu l’enserrer et l’attraper.
Tout à coup, elle entendit Flèche l’appeler. Elle essaya de se dégager des branches et courut vers le bruit. Flèche hurlait tristement dans sa cage. Il n’avait pas l’habitude d’être enfermé, entravé. Sans son arc, il n’avait plus aucun pouvoir. Elle s’approcha de Flèche et le consola.
« -Flèche, mon loup, je suis là. Ne t’en fais pas, je vais te secourir. Où est ton arc ?
-C’est la sorcière qui l’a récupéré. La dernière fois que je suis allé en forêt j’ai beaucoup joué et je l’ai oublié sous l’arbre. La sorcière en a profité pour le prendre. »
Elle entendit du bruit, venant de l’intérieur de la bâtisse. Elle s’approcha et vit par la fenêtre la sorcière et le pirate en train de diner.
Fleur entra discrètement dans la cuisine et, du seuil de la porte, elle utilisa les pouvoirs de sa bague pour immobiliser la sorcière. Mais le pirate était rapide. Il récupéra l’arc et s’enfuit le plus loin possible.
La sorcière immobilisée, la fée courut après le pirate. Celui ci sans se rendre compte, se rapprochait de la prison où il avait été enfermé pendant des années. 
Mais dans la course, il ne vit pas la grosse pierre qui se dressait devant lui. Il tomba. La fée en profita pour récupérer l’arc.
La fée retourna ainsi jusqu’à la maison de la sorcière et délivra Flèche. Elle lui redonna son arc.
La sorcière était toujours immobilisée, comme figée en statue devant son ragoût, sans pouvoir le goûter. Le pirate, quant à lui, fut de nouveau fait prisonnier. Il se mit à crier
« A l’aide, A l’aide ! Venez m’aider s’il vous plait ! »
Mais les gardes zombies le tenaient bien attaché dans sa nouvelle cellule.
« -S’il vous plaît, je ferai ce que vous voulez ! »
Fleur et Flèche repassaient devant la prison. Ils entendirent le pirate les supplier et Fleur lui demanda :
« -Je t’ai aidé à te libérer tout à l’heure et tu ne m’as pas aidé en retour. Pourquoi nous devrions t’aider maintenant ?
-J’ai compris la leçon. Je vais devenir gentil. Je vous laisserai repartir sains et sauf. Je m’engage à devenir garde forestier et à m’occuper de la forêt. Je prendrai soin des animaux, comme des chevaux sauvages, des lapins, des loups, des sangliers et du corbeau. Je prendrai soin des fleurs, comme les roses, les tulipes, le muguet et les violettes. Je parlerai aux arbres comme le bouleau et le peuplier, le charme, le châtaignier et le sapin pour vérifier qu’ils vont bien. Je prendrai soin de l’épicéa qui est malade vers la maison de la sorcière. Je m’occuperai également de la sorcière et lui ferai de bons petits plats. »
La fée Fleur prit donc sa bague magique et la lança par terre. Comme par magie, la forêt commença sa lente transformation. La prison se transforma en chalet magnifique avec tous les outils nécessaires pour prendre soin de la nature. Le vieil arbre mort dont les fleurs ne poussaient plus devint un arbre magnifique plein de fruits et où les oiseaux pouvaient construire leur nid. Un arc en ciel apparut dans le ciel. Les fleurs se mirent à pousser, les arbres devinrent plus forts, les animaux plus accueillants. Plus Fée et Flèche se rapprochaient de leur maison et plus la nature se métamorphosait. Flèche salua ses amis : le grand chêne Ernest qui secoua ses branches, la marmotte Felix qui sortit de son terrier pour les saluer, la chouette Lilly qui put se rendormir enfin, la pie Joséphine qui annonça la nouvelle à tous les autres animaux. Le pirate ne retourna pas en prison et il devint un excellent garde-champêtre, protégeant tous les arbres et les animaux. La sorcière continua à faire des recettes au pirate et à lui concocter de bons petits plats. Flèche et Fleur rentrèrent chez eux et ils vécurent tous heureux entourés de leurs amis.

Le diner de la sorcière :
Recette
7 serpents
3 rats avec la peau
4 yeux de chèvre
2 langues de vache
3 oreilles de singe
200 gr de sucre
300 gr de farine
15l de sang
Mélanger le serpent, le rat avec les oreilles de singe. Mettre dans une casserole et chauffer à feu doux. Rajouter le reste des ingrédients avec la farine et le sucre. Beurrer le moule. Mettre dans un moule et dans le four pendant une heure à 150 degrés.

FIN

La fabrique des histoires

Au Centre social et culturel du Petit-Colombes

2020

Ecriture : les apprenants des ateliers socio-linguistiques accompagnés par Guillaume Cayet et Marc Soriano
Mise en voix : Sandrine Nicolas
Français : Saïda Benarab

Avec le soutien du Ministère de la Culture dans le cadre du projet Action culturelle et langue française et la Direction Départementale de la Cohésion Sociale des Hauts-de-Seine dans le cadre du FDVA 2 « Fonctionnement et Innovation ».

 

Janette

Dans un petit pavillon situé dans un quartier calme de Colombes, assise à côté de la fenêtre, une vieille femme mince porte une robe fleurie et une grosse écharpe. Elle a des cheveux mi-longs qui tombent sur ses épaules, couleur des rayons du soleil. Elle a des yeux bleus et un regard aussi profond que la mer, un peu perdu. Elle a des joues roses et creuses, des mains frêles. Son sourire reflète sa sympathie et sa gentillesse.

Aujourd’hui le pavillon est en ruine, il a, hélas, perdu toute sa beauté. Dans le petit jardin qui le borde, Janette a planté de petits légumes pour survivre. Elle prépare elle-même ses repas, c’est la seule chose qui lui fait plaisir car elle ne gagne pas assez d’argent. Sa retraite est trop petite et à la mort de son mari, elle n’a eu droit à rien.

Quand la tristesse l’envahit, elle repense à son mariage, à sa robe de princesse avec un long voile, au joli bouquet de fleurs, à la belle bague en diamant que son mari lui avait offert. Toute sa famille était là, elle était la plus heureuse du monde.

Elle repense aussi à son enfance. Elle se souvient de la maison de ses grand-parents, où elle a passé toutes ses vacances, presque la moitié de l’année. La plupart du temps, elle jouait dans le jardin, elle avait peu d’amies, deux voisines seulement. Elle se rappelle très bien de certains détails : à l’entrée du jardin, il y avait une porte en bois ornée de clous en fer qui dessinaient des arabesques. Le jardin était entouré de lauriers roses et blancs. Derrière la maison, il y avait des arbres, une dizaine de citronniers et d’orangers. Au printemps, ils étaient couverts de fleurs qui embaumaient tout le jardin. Ce souvenir la remplit de joie et de nostalgie en même temps.

Lorsqu’elle se réveille ce matin-là, elle se rend compte qu’on est le 25 février 2020, jour de son anniversaire. Elle sort dans le jardin, à la recherche de petit bois pour se chauffer et de quelques fleurs pour se faire un couronne. Mais elle est si seule, il n’y a personne avec elle pour faire la fête. Elle décide de préparer un gâteau. Elle allume le four. Qui ne s’allume pas parce qu’EDF a coupé l’électricité et le gaz. Elle s’énerve très fort et commence à casser les choses autour d’elle. C’est en ramassant les débris, une fois calmée, qu’elle l’a trouvée : la lampe magique.

Dès qu’elle l’a prise entre ses main, le président Macron est sorti de la lampe, l’a regardée et lui a demandé :
– Que se passe-t-il ? Pourquoi êtes-vous dans cet état ?
– Mêle-toi de tes affaires ! a répondu Janette.
– Tu ne me reconnais pas ? a demandé le président surpris.
– Non, qui es-tu ? Que fais-tu ici ? Laisse-moi tranquille !
– Mais je suis le président ! Je suis là pour réaliser tes souhaits !
– Qu’est-ce que tu racontes ? a-t-elle demandé stupéfaite.
– C’est la vérité, demande-moi ce que tu veux.

Janette est restée pensive pendant un moment puis elle a répondu :

je veux que les enfants vivent dans l’insouciance
je veux la liberté
je veux voyager
je veux des bouquets de roses chaque matin
je veux une bonne retraite
je veux une grande maison
je veux un sac Louis Vuitton
je veux que tout le monde ait un bon salaire
je veux plus de moyens pour l’éducation, pour la santé, pour les personnes âgées
je veux que tous les retraités puissent aller en cure thermale
je veux faire du shopping sans compter
je veux que tout le monde ait du travail
je veux être heureuse et en bonne santé
je veux être riche
je veux avoir des amis et des parents
je veux revoir mon mari
je veux du travail
je veux retrouver ma jeunesse et avoir des enfants
je veux rectifier toutes les erreurs.

Et pour mon prochain anniversaire, je veux que mes amis viennent avec des bouquets de roses et des cadeaux, je veux porter une nouvelle robe, mettre le gâteau sur la table et le couper en pleurant de joie.

Récits des évènements

Je me souviens de la maison de mes grands-parents où j’ai passé toutes mes vacances quand j’étais enfant – presque la moitié de l’année. La plupart du temps, je jouais dans le jardin. J’avais peu d’amis, deux voisines seulement.
Je me rappelle très bien de certains détails : à l’entrée du jardin, il y avait une porte en bois, ornée de clous en fer qui dessinaient des arabesques.
Le jardin était entouré de lauriers roses et blancs. Derrière la maison, il y avait des arbres, une dizaine de citronniers et d’orangers. Au printemps, ils étaient couvert de fleurs qui embaumaient tout le jardin.
Ce souvenir me remplit de joie et de nostalgie en même temps.

Quand ma fille avait onze mois, nous sommes allées à la mer en Bretagne. C’était la première fois que ma petite Samia voyait la mer.
Elle aimait tout ce qui se passait autour d’elle. Avec la curiosité et toute sa concentration, elle passait son temps à examiner le sable. Avec tout son courage elle apprenait à marcher. Elle a réussi !
Mais la plus importante découverte était la mer. Quand Samia l’a vue pour la première fois, elle était impressionnée : qu’est-ce-qu’elle est grande et belle ! Elle a presque couru vers les vagues en voulant mettre ses pieds nus dans l’eau.
Mais dès que ses pieds ont touché les vagues, le bonheur sur son visage s’est changé en frayeur : c’était si froid ! C’était horrible !
L’instant d’après, Samia a fui cette méchante mer pour rejoindre sa maman…
Sanaa est partie rendre visite à ses parents qui vivent en Algérie. Elle est heureuse de les retrouver. Ses enfants en profitent aussi en faisant plein de choses. Malheureusement son fils fait une chute et s’ouvre la joue. Il est bien soigné à l’hôpital mais reste traumatisé, choqué. Sanaa a dû écourter ses vacances pour rentrer en France. Depuis, son fils ne veut plus repartir en Algérie.

Un jour, le centre social organise une sortie en bateau-mouche. Nous partons avec Saïda et mes copines. Saïda insiste toujours pour qu’on reste ensemble et qu’on suive l’itinéraire qu’on a préparé avant. Pour moi c’est une bonne expérience : j’apprends à me diriger dans les transports en commun. Tout d’un coup une des copines a disparu. Toutes paniquées, nous l’appelons sur son téléphone. Comme elle ne répond pas, on décide de continuer notre chemin dans l’espoir de la retrouver à la dernière station. Mais arrivées là, personne. Soudain le téléphone de Saïda sonne, c’est elle ! Saïda part la chercher puis revient avec elle. À ce moment, je me suis sentie heureuse : nous allions enfin nous balader toutes ensemble.

Ma copine était en Espagne dans sa famille. Pour revenir en France, elle prend le bus jusqu’à l’aéroport. Elle arrive à l’heure mais elle a l’air pressé. Elle se précipite vers le portique de sécurité en espérant ne pas rater son avion. Malheureusement en passant le contrôle, on lui demande de se mettre sur le côté. Le scanner n’a rien détecté aussi elle est choquée que les douaniers la fouillent minutieusement. Ils l’obligent à soulever ses vêtements devant tout le monde, heureusement pour elle, ils ne trouvent rien. Elle s’est sentie humiliée. Pour elle c’était une expérience inoubliable.

Un jour, j’avais un rendez-vous. J’ai pris le bus avec mes enfants. On arrive à destination. Je descends avec la poussette, le bus ferme ses portes et démarre. Mon fils est resté à l’intérieur. J’ai couru derrière le bus en pleurant. Heureusement, il y a avait des gens qui l’ont fait s’arrêter. Mon fils pleurait et je pleurais aussi. Le conducteur ne s’est même pas excusé.

L’année dernière, Jamila est partie en vacances en voiture avec ses amis. Le voyage s’est bien passé, ils faisaient des pauses toutes les trois heures. Le soir arrivé, ils ont décidé de passer la nuit sur une aire de repos car ils étaient très fatigués. Deux heures après, Jamila était dans la voiture endormie. Soudain elle entend un bruit, elle croit que les autres veulent quelque chose mais c’était des voleurs. Jamila perd connaissance alors que ses amis continuent de dormir. Les voleurs en profitent pour tout leur prendre, les choses et l’argent. Jamila est restée trois jours à l’hôpital. Après cette mauvaise expérience, elle a décidé de ne plus jamais voyager en voiture.

Un jour, on est allé au théâtre à Paris pour voir une pièce. Nous avons adoré la pièce qui était très drôle. Sur le chemin du retour, une de nos copines nous propose de prendre un raccourci. Nous la suivons à travers les petites rues. Mais finalement cela nous rallonge, nous sommes fatiguées. Arrivées à l’arrêt de bus, on s’est rendu compte qu’on l’avait accompagnée jusque chez elle car elle avait peur de rentrer seule. Elle nous a dit :
– Merci mes amies de m’avoir raccompagnée !

Aujourd’hui c’est l’anniversaire de mon fils. J’ai préparé une fête surprise pour lui. Tout est prêt, les invités, la famille, le gâteau… quand mon fils m’appelle et me dit :
– Maman, je ne peux pas venir, ma copine est à l’hôpital… elle va accoucher ! C’est mon cadeau d’anniversaire ! Et toi, maman tu vas être grand-mère !
On a laissé tomber la fête. Je suis allée à l’hôpital. J’étais la plus heureuse des grands-mères même si je n’étais pas au courant que ma belle-fille était enceinte.

En 1989, il m’est arrivé un terrible évènement. Une nuit, alors que nous étions couchés, mon mari a fait un malaise. Je lui parlais mais lui ne répondait plus. Antonio ! J’ai vu qu’il ne bougeait plus alors j’ai commencé à paniquer. Antonio ! Mon fils me demandait ce qu’il se passait et je lui répondais que son père n’allait pas bien. Il me conseilla alors d’appeler les voisins. Les voisins sont venus et ont essayé de le ranimer mais sans succès. Alors ils l’ont emmené à l’hôpital mais les médecins n’ont pas pu le ranimer. Tout était fini.

Dimanche dernier, il était prévu que j’accompagne mon fils au Salon de l’Agriculture, Porte de Versailles. On arrive à l’accueil pour acheter des billets mais la personne nous explique qu’on ne peut en acheter que dans certains centres commerciaux. A coté du Salon, aucun point de vente. Mon fils se met à hurler, je suis attristée, ne sachant où trouver de solution. Tout à coup une dame me propose ses billets : sa fille et sa nièce ne peuvent pas venir. A ce moment, mon fils se met à crier de joie. Enfin on visite le Salon ! On s’amuse à observer les animaux : les vaches, les chèvres, etc…

En mai 2019, j’ai vécu mon pire cauchemar. J’étais tombée très malade et j’ai perdu confiance, je ne croyais plus en l’amour. Ma vie s’est écroulée et j’ai du être opérée d’urgence pour une malformation de l’intestin. J’ai été hospitalisée pendant quatre mois. C’était long, j’ai déprimé, je me suis retrouvée toute seule et j’ai perdu confiance en mon entourage. Mais Dieu à fait un miracle : j’ai rencontré une femme et l’amour de ma vie dans cet hôpital.

Je suis partie au parc en groupe avec tous mes enfants. On a passé une belle journée. En rentrant à la maison, je ne vois plus ma fille de deux ans. Je commence à la chercher, à crier comme une folle. J’ai pensé au pire. Tout le monde commence à chercher avec moi et au bout de trente minutes on l’a trouvée : elle jouait tranquillement. J’ai beaucoup pleuré.

Pendant les dernières vacances, Saskra est partie avec ses enfants au zoo. Le matin, elle a préparé des sandwichs pour le pique-nique. Arrivés au zoo, ses enfants étaient très contents de voir les animaux. A midi, ils ont mangé, joué juste à côté d’un potager. Les enfants étaient excités. ils se sont jetés sur les légumes et ils ont tout arraché. Saskra était furieuse. Le propriétaire est arrivé en courant. Les enfants se sont sauvés. Saskra a payé les dégâts et les enfants ont été punis.

L’année dernière, le centre nous a suggéré de visiter la maison de l’écrivain Victor Hugo. On est arrivés sur place. Nous étions émerveillés par la beauté de cette maison, nous ne l’imaginions pas aussi belle et élégante. En la visitant on a découvert l’univers de Victor Hugo, où il a vécu. En voyant une telle maison, je pensais que les propriétaires étaient très heureux. Mais quand j’ai entendu l’histoire de leur vie, j’ai su qu’ils avaient été malheureux. Le récit était tellement captivant qu’un grand silence régnait dans la salle. Tout le monde écoutait avec attention. À tel point que ma copine Salima s’est endormie debout.

Histoires courtes

Ce garçon et cette fille ont l’air sympathique, à chaque période de vacances au bord de la mer je les retrouve en train de vendre des beignets. D’ailleurs face à une telle gentillesse, on est obligé de leur acheter ces délicieuses sucreries.

À la campagne, la nature est très belle, elle porte une jolie robe verte magnifique. Le soleil brille en souriant, on y respire un air frais et doux qui me remplit de bonheur et de nostalgie.

Hier, j’ai accompagné ma fille à la piscine, il faisait beau, le ciel était bleu. On est arrivées à l’heure, c’était la dernière séance avant les vacances. Elle a profité des jeux gonflables avec ses amies. En retournant chez nous, nous avons rencontré une amie dans la rue que l’on avait pas vue depuis longtemps. On a beaucoup parlé, on a échangé nos numéros, je suis rentrée chez moi joyeuse et comblée.

Hier j’ai fait une promenade dans la forêt. À ma grande surprise, j’ai retrouvé un ami d’enfance que je n’avais pas vu depuis mes 10 ans. Alors je lui ai raconté tout ce qui m’était arrivé depuis. C’était il ya si longtemps, quelle surprise !

J’ai pris une rue pour faire du lèche-vitrine, pour me relaxer du mal de tête que mon chien a provoqué. J’ai fini par conduire un camion et je me suis retrouvée dans un gîte en pleine nature.

Hier, je suis allée chez une amie, j’ai marché longtemps, arrivée chez elle je suis montée car elle était très fatiguée (elle habite au troisième étage). J’étais choquée de trouver la porte ouverte et de voir qu’il n’y avait personne et que tout était sombre quand soudain j’ai entendu « surprise ! » Il y avait des amis que je n’avais pas vu depuis longtemps j’étais tellement contente, c’était le meilleur jour de ma vie.

J’aimerais trouver le véritable amour mais je n’ai pas de chance. Alors j’ai décidé de construire mon propre amour en commençant par m’aimer. Je me sentais mieux que jamais alors j’ai pris la décision d’acheter un chien : je suis allée dans une animalerie, j’ai eu un coup de cœur pour un petit chiot blanc adorable que j’ai considéré comme mon bébé.

Quand j’étais à la mer avec mon amoureux mon cœur battait de joie en rentrant à la maison j’ai dessiné son portrait de profil et j’ai accroché ce tableau dans ma chambre.

Partir ! (et autres poèmes)

Partir !

Partir !
Aller n’importe où vers l’aventure, vers le soleil ou la banquise
Mais que ce soit avec une malle pleine de pain, de fromage et d’enthousiasme
Mais que ce soit dans une fusée pleine de bouquets, de baisers et d’amour !

S’habiller de lin, de soie et de cachemire,
De parfums et de jasmin
Partir
Malgré les guerres, les incendies, la pluie et les moustiques

Raccommoder s’il le faut nos cœurs
Comme des voiles trouées, arrachées au mât des bateaux
Mais partir !
Aller n’importe où et malgré tout !

Mais accomplir une œuvre !
Et que l’œuvre choisie soit belle,
Et qu’on y mette tout son cœur,
Et qu’on lui donne toute la vie.

Haïkus

dans le lieu où je travaille
je n’arrête pas de courir
pour ne pas être en retard

dans le jardin
les oiseaux chantent
un chasseur les tue

dans la forêt noire
un loup court
il mange le lapin

dans la salle de sport
je saute partout
je me casse les muscles

dans ma maison
mon fils joue au ballon
je laisse tomber mes photos

dans le vieux placard
une course de rats
un trou a été trouvé

à la mer
j’ai mis un sac de sable
pour arrêter l’eau

dans l’université
j’ai passé avec distinction
pour trouver un emploi

dans la cuisine
ma fille nettoie et parle
une assiette tombe

dans la salle de mariage
la femme danse trop vite
la gâteau tombe

À quoi tu penses ?

Je suis à Lidl mais ma tête n’est pas a Lidl, ma tête est au Maroc. Je pense à ma mère qui est malade et seule, je ne sais pas comment elle va aujourd’hui.

Quand je suis chez mon amie, je pense à ce que je dois faire le soir.
Quand je vais chercher mes enfants à l’école, je pense que je ne dois pas être en retard.

Quand je marche, j’imagine que je trouve de l’argent par terre.

Je pense à ce que je vais faire à manger, comment je vais me déplacer malgré les grèves.

Quand je suis à la salle de sport, je pense au coucher de soleil sur une plage de Tunisie.

Au Monoprix je me dis que je ne dois pas oublier d’acheter du riz, du sucre, de l’huile, des légumes et des couches pour mon bébé.

Je fais le ménage mais mon cerveau est au bled en Algérie. Je pense beaucoup à ma famille qui est restée là-bas.

À la maison, je pense que je dois appeler mon mari pour lui dire que j’ai eu l’attestation d’accueil pour le visa de mes beaux-parents. Je pense que je dois acheter les billets d’avion pour les faire venir.

Je suis à la bibliothèque, je pense que j’aimerai parler français couramment.

Je vois

Je vois la rue Colbert
il y a beaucoup d’immeubles
je vois de grandes maisons
je vois deux arrêts de bus
je vois les gens et les enfants sortir de l’école Henri Martin
je vois les bus 378, 304 et 276.

Je vois un plan d’évacuation
je vois des femmes qui se réunissent pour échanger et faire du sport
je vois dans chaque salle des jeux, des livres
je vois des portes
sur chaque porte, il y a un mot
je vois, dans le jardin, des enfants qui jouent et des parents qui échangent.

Je vois une grande porte
je vois 5 verrous
une cuisine
un grand couloir
des toilettes
une salle de sport
je vois une salle multimédia

je vois des fleurs jaunes
je vois des oiseaux dans la forêt
je vois un bébé mignon.

Je vois la réception
la salle multimédia
le centre est divers
je vois plusieurs espaces
toilettes, local de ménage et salle d’activité
je vois la rue, les voitures, les chiens
je vois beaucoup d’arbres, l’école maternelle, les enfants jouer.

Je vois les enfants
un groupe de personnes fêter un anniversaire dans le parc
un groupe d’étudiants en voyage dans le bus.

Je vois la fenêtre
la table
le plan d’évacuation
le bureau
je vois la petite annonce sur le tableau dans l’entrée
je vois le bureau d’accueil
la petite bibliothèque
les places pour attendre
la salle d’art
je vois des voitures, des trams
des bâtiments, le bus, le marché, le supermarché, l’hôpital, les personnes, l’église, l’école, les arbres, les restaurants.

Je vois plein de gens aujourd’hui au marché
je vois des femmes qui font de la couture dans ce centre
je vois une formation à la télé c’est important
je vois dans mon immeuble
je vois le facteur qui ramène un courrier
je vois un grand incendie au pays de l’Australie
je vois qu’il y a beaucoup d’arbres dans le parc de Gennevilliers
je vois que la femme de ménage a bien fait son travail.

Je vois beaucoup de ports
je vois une porte transparente, j’ouvre la porte
je vois plein de personnes, certaines qui marchent, certaines qui discutent, certaines qui pensent
je vois des enfants contents, des enfants pleurer
je vois des oiseaux chanter et danser
je vois la mer calme
je vois une incroyable aventure
je vois ma mère qui me manque beaucoup
je vois la guerre et beaucoup de gens blessés
je vois mon petit village qui porte une jolie robe verte
je vois un incroyable moment quand j’étais petite
je vois tous les beaux moments que j’ai vécus en étudiant
je vois tous les moments que j’ai passés à travailler entre le tribunal et le bureau
je vois les moments que j’ai passés dans les champs
je vois des gens qui nous ont quitté pour toujours.

Contes traditionnels

Oeuf d’or

Dans un petit village, un homme élève des canards. Chaque matin, il vend leurs œufs au marché. Un jour, il trouve un œuf en or. La chose se reproduit chaque matin. Il se met alors à gagner beaucoup d’argent. Mais un jour, il se demande : « pourquoi ne pas avoir tous les oeufs en une seule fois ? »
Alors, espérant devenir très riche, il ouvre le ventre du canard qui pond les oeufs en or. Malheureusement, il ne trouve rien de plus. Quant au canard, il est mort.

Morale : en espérant trop, on perd ce qu’on possède.

L’éléphant à la défense dorée

Dans une maison près d’un étang, vivait une femme qui élevait seule ses deux filles. Un jour un éléphant avec une défense dorée s’approche de sa maison. La femme a très peur mais l’éléphant la rassure :
– J’ai quelque chose à vous offrir : un peu de ma défense dorée afin que vous puissiez la vendre et vivre plus confortablement.
Et c’est ce qu’ils ont fait : la femme a vendu l’or de la défense a vécu plus confortablement. Mais très vite, elle a tout dépensé alors elle a décidé de s’emparer de la défense de l’éléphant.
– J’ai voulu t’aider et toi tu essayes de me tuer ? lui demanda le pachyderme.
Et l’éléphant est partit très loin pour toujours.

Morale : ne soyez jamais gourmand.

Ahmed et Bachir

Il était une fois deux amis, le premier s’appelait Ahmed et le second, Bachir.

Ahmed était aimé de tout le monde car il était gentil. Chaque matin, il partait pêcher du poisson qui lui servait à nourrir les plus pauvres.
Bachir, son ami, était jaloux de lui. Il tenta de ternir la réputation d’Ahmed en racontant partout autour de lui que ce n’était pas celui qu’on croyait. Comme personne ne le croyait, il s’engagea à en apporter la preuve.
Il expliqua qu’il devait s’absenter pour un voyage et demanda à Ahmed de cacher pour lui une bague précieuse qu’il devrait lui rendre à son retour. Ahmed accepta. Bachir se cacha pour voir où Ahmed cachait la bague précieuse et dès que ce dernier fut sorti, il la prit et la jeta à la mer.
Quand Bachir rentra de voyage deux semaines plus tard, il demanda à Ahmed de lui rendre la bague. Ahmed accepta mais insista pour manger d’abord ensemble les poissons fraîchement pêchés le matin même.
En nettoyant les poissons pêchés ce matin-là, la femme d’Ahmed trouva la bague dans le ventre d’un poisson. Ahmed la reconnu et la mis dans sa poche. Lorsqu’ils eurent terminé leur repas, Ahmed rendit la bague à Bachir.
Bachir, tout pâle, lui demanda comment il a trouvé cette bague alors qu’il l’avait jetée dans la mer.
Ahmed lui raconta comment sa femme l’a trouvée dans le ventre d’un poisson.

Hadidouène et l’âne de l’ogresse

Il était une fois un petit rusé qu’on appelait Hadidouène. Il n’avait de cesse de narguer l’ogresse en lui empruntant son âne dès qu’elle avait le dos tourné. Il gambadait toute la journée à travers champs. Dès qu’il la voyait, il se sauvait. Furieuse, l’ogresse le poursuivait mais n’arrivait jamais à l’attraper. Plus rapide, Hadidouène lui échappait et s’enfermait dans sa maison en fer.
L’ogresse pleurait de rage :
– Ah ! Si je pouvais mettre la main sur ce chenapan qui fatigue mon âme, je le mettrais dans la marmite et j’en ferais… un couscous !
Mais voilà Dame hyène qui passait par là :
– Bonjour ogresse, pourquoi pleures-tu ? C’est Hadidouène qui te cause du chagrin ?
Tu vois bien ! Si quelqu’un pouvait m’aider à l’attraper, je le récompenserais.
C’est simple ! Il n’y a pas mieux que la moelle de la queue d’une hyène pour coller Hadidouène sur le dos de l’âne. Ainsi tu pourras t’en emparer.
L’ogresse l’observa, un sourire en coin. Au lieu de récompenser son amie, elle lui lança :
– Merci du conseil ! Et puisque tu es là, je vais me servir de ta queue !

Dame hyène se débattit comme elle put mais l’ogresse la lui coupa net ; c’est d’ailleurs depuis cette époque que les hyènes n’ont plus de queue dit-on. Elle badigeonna le dos de l’âne avec la moelle de la queue de dame hyène puis, se frottant les mains, elle se dit : – Je vais mettre mon âme devant la porte d’ Hadidouène, je me cacherai derrière sa maison et dès qu’il sera collé, je me jetterai sur lui et n’en ferai qu’une bouchée.
Elle était tellement pressée que, pour aller plus vite, elle grimpa elle-même sur le dos de l’âne.
– Hue ! Hue ! cria-t-elle
Et l’âne trotta. Une fois arrivée, elle voulu descendre mais n’y parvint pas : elle était collée ! Hadidouène qui regardait par le trou de la serrure riait, riait. L’ogresse pestait, pestait. Une fois de plus, l’ogresse était victime de sa stupidité. Et Hadidouène le rusé continua à la narguer.
Je le sais parce qu’il m’a tout raconté.

Le garçon qui avait un sale caractère

Un garçon avait un sale caractère. Son père lui donna un sachet de clous et lui dit d’en planter un dans la barrière du jardin chaque fois qu’il perdrait patience.
Le premier jour il en planta 37. La semaine suivante, il arriva à se contrôler et le nombre de clous plantés diminua. Il comprit ainsi qu’il est plus facile de se contrôler que de planter des clous.
Le jour où il ne planta aucun clou, il alla trouver son père. Ce dernier lui demanda alors d’enlever un clou chaque fois qu’il arriverait à ne pas perdre patience.
Finalement le garçon réussit à enlever tous les clous. Le père emmena son fils devant la barrière et lui dit :
– Regarde la barrière : elle ne sera plus jamais comme avant. Chaque fois que tu te disputes avec quelqu’un, tu laisses une trace, que ce soit avec tes mots ou avec un couteau et même si tu t’excuses.

Le pêcheur et le poisson

Il était une fois, un vieux pêcheur qui habitait dans une petite cabane avec sa fille Sara qui avait 20 ans. Il sortait toutes les nuits avec sa petite barque pour pêcher des poissons qu’il vendait le lendemain. Une nuit, lorsqu’il retira son filet de la mer, il le trouva vide. La seconde fois, il entendit une voix douce qui venait du filet : c’était un poisson émerveillé qui implorait :
– S’il vous plaît pêcheur, remettez-moi à la mer, je vous aiderai.

Le pêcheur était surpris mais il fit ce que le poisson demandait en le prenant délicatement entre ses doigts. Lorsqu’il le rejeta dans l’eau, le petit poisson remercia le pêcheur. A son retour, il trouva sa fille devant la porte de la cabane. Elle était très contente : elle lui annonça qu’un homme était venu lui apporter un coffre plein de pièces d’or.

Le pêcheur retourna au bord de la mer qui était agitée de grosses vagues et longtemps il appela de toutes ses forces
– Petit poisson d’or !

Celui-ci sortit enfin de l’eau et demanda au pêcheur ce qu’il voulait. Le vieux pêcheur lui répondit qu’il voulait le remercier pour son aide. Le petit poisson était content parce qu’il avait réussi à semer la joie dans le cœur du vieux pêcheur.
Le vieux pêcheur devint un homme riche et il décida d’aider les pauvres.

Itak et la baleine

Quand le vent souffle fort c’est qu’il veut nous parler, écoutez ! Écoutez !

Le soir est tombé sur la banquise, Itak rentre chez lui. Mauvaise journée, mauvaise pêche ! Pas un seul poisson gros ou petit, son harpon n’a pas servi. Itak est triste et fatigué, ses enfants n’auront rien à manger et cela fait trois jours… ça ne peut pas durer ! Bientôt la nuit enveloppe Itak : plus moyen de se repérer.
– Quelle déveine ! s’écrit-il. Comment faire pour retrouver mon chemin ?

Il avance au hasard sans savoir où aller jusqu’à ce qu’une masse surgisse devant lui : « un îlot ! Sauvé ! Je vais tenter d’aborder… »
Itak s’approche, Itak observe quand soudain il comprend. Quel idiot ! Ce n’est pas un îlot, c’est une baleine. Une grande et lourde baleine grise, immobile sur la banquise qui le fixe d’un œil inquiet.
– C’est mon jour de chance ! s’écrit Itak. Personne n’a jamais tué une baleine tout seul, si j’y parviens, on racontera mon exploit jusqu’à la fin des temps.
Il saisit son harpon, s’apprête à le lancer…

– Pêcheur, pêcheur ne me tue pas ! gémit la baleine. Je suis venue près du rivage me reposer, la marée s’est retirée pendant que je dormais, je suis échouée. Si tu me laisses en paix, tu seras remercié.
– Une baleine qui parle ! Ça n’existe pas ! se dit Itak effrayé. C’est sans doute un esprit de la mer… je ferais mieux de m’en aller.

Flic-Flac, quelques coups de pagaie et le kayak s’est éloigné.
Le ventre vide, Itak pense à la baleine…
– Je suis stupide se dit-il, la chance ne revient pas deux fois, j’aurais dû vaincre ma peur et la tuer. Elle a promis de me remercier mais comment une baleine pourrait-elle m’aider ?
Le lendemain, le kayak n’obéit plus à ses pagaies, il se dirige tout seul vers le large, comme guidé. Soudain il s’arrête : sous le canot, Itak voit tant de poissons qu’il ne peut les compter !

Bonne journée, bonne pêche ! Ce soir-là, Itak et sa famille ont bien mangé et il en a été ainsi le jour suivant et tous les autres jours jusqu’à la fin de sa vie. Itak a rapporté du poisson même quand les autres pêcheurs revenaient les mains vides. Aujourd’hui encore, en conte dans tout le pays les exploits d’Itak, l’homme qui avait épargné la baleine.

Le vent vient de se calmer, mon conte est terminé.

Le corbeau et le pichet

Un jour un corbeau à moitié mort de soif trouve un pichet contenant un fond d’eau. Il essaye de mettre sa tête dans le pichet mais n’arrive pas à atteindre l’eau. Soudain il a une idée : il laisse tomber un caillou dans le pichet et l’eau monte, un second puis plein jusqu’à ce que l’eau se trouve à portée de son bec.
Et cela lui sauve la vie.

Les trois poissons

Cric crac mon conte sort du sac !

Dans un étang vivaient trois poissons. Le premier s’appelait Egasel, le second Nilamel, le troisième Tosel. Ce sont de drôles de noms mais les poissons ont souvent de drôles de noms. Egasel était prudent et instruit. Il connaissait beaucoup de choses et comprenait même le langage des hommes ce qui est très rare chez les poissons. Nilamel était téméraire et rusé, il n’avait peur de rien, nageait vite et savait toujours trouver la meilleure nourriture. Quant à Tosel, il était plus bête qu’un têtard qui vient de naître. Il regardait sans voir, écoutait sans comprendre et passait son temps à nager en tous sens sans savoir où il allait.

Un jour, deux pêcheurs s’approchèrent de l’étang et découvrirent les poissons.
Quelle chance ! se dirent-ils. Nous qui n’avons rien pêché depuis trois jours ! Nous reviendrons demain avec nos filets et nous les attraperons.
Egasel qui nageait près de la surface avait tout entendu.
Il avertit tout de suite ses amis :
– Fuyons avant qu’il ne sois trop tard ! Je connais un petit canal qui mène à un ruisseau. Suivez-moi et nous serons sauvés !
– Pourquoi nous presser ? répondit Nilamel. Si les pêcheurs ne viennent pas nous aurons quitté notre étang pour rien. Attendons demain, il sera toujours temps de partir.
Quant à Tosel, il ne répondit rien car il n’avait rien compris.
Egasel n’insista pas, il nagea jusqu’au canal et se réfugia dans le ruisseau.

Le lendemain, les pêcheurs arrivèrent. Nilamel les vit et prit peur. Vite, il nagea jusqu’au canal, mais les hommes en avaient fermé l’accès.
– Malheur ! se dit le poisson, j’aurais dû écouter mon ami. Si je ne trouve pas rapidement une ruse, je suis perdu !
Il monta jusqu’à la surface et se laissa flotter le ventre en l’air sans bouger, ni respirer. Les pêcheurs le virent et crurent qu’il était mort. Ils s’en saisirent et le jetèrent dans un coin. Alors Nilamel, en quelques bonds agiles, parvint jusqu’au ruisseau où il plongea.

Quant à Tosel, il nageait sans s’inquiéter. Les pêcheurs jetèrent leurs filets et il se retrouva prisonnier. Il comprit alors le danger mais trop tard. Il eut beau se débattre et s’agiter, il ne parvint pas à s’échapper. Les hommes le tirèrent hors de l’eau et le lendemain, le vendirent au marché.

Cric, crac, mes pied sont mouillés, mon conte est terminé !

Aladin

Il était une fois, dans un pays d’Orient, un jeune garçon prénommé Aladin. Il vivait dans la misère avec sa pauvre mère. Tandis que celle-ci travaillait dur, Aladin vagabondait. Un après-midi, sur la place du marché, alors qu’il jouait avec ses amis, un riche étranger s’approcha de lui. L’homme portait un turban orné de diamants. Son regard était aussi noir que le charbon.
Tu es bien Aladin ? demanda l’étranger.
Oui monsieur, c’est moi, répondit l’enfant.
Aimerais-tu gagner beaucoup d’argent ?
Oh oui ! s’exclama Aladin.
Alors viens avec moi.

Aladin suivit l’inconnu jusqu’à un endroit éloigné du village. Il s’arrêtèrent devant un tas de pierres. L’homme en souleva une et dit :
– Tu vas passer par ce petit trou, descendre sous terre et me rapporter la lampe qui est tout en bas. Tiens, prends cet anneau en or, il te protégera.

À ces mots, l’homme retira la bague qu’il portait au doigt et la tendit à Aladin. Aladin se glissa dans l’étroite ouverture et découvrit un escalier qui menait à une caverne. Celle-ci était remplie de coffres de pierres précieuses et de bijoux en or. Aladin resta sans bouger : il n’avait jamais vu pareil trésor ! Soudain la voix de l’homme au-dehors se fit entendre :
– La lampe Aladin ! Apporte-moi la lampe !
Le garçon regarda autour de lui et vit, posé sur un coffre, une vieille lampe sans éclat. Il s’en empara mais au lieu de ressortir sur le champ, il décida de remplir d’abord ses poches d’or.
– Dépêche-toi ! hurla l’homme au dehors, impatient.
– J’arrive, répondit Aladin qui remontait maintenant l’escalier. Tendez-moi la main pour m’aider à sortir, demanda-t-il en arrivant en haut.
Non, donne-moi la lampe avant ! cria l’étranger.
Vexé, Aladin mit la lampe dans sa poche et redescendit. Si cet homme ne voulait pas l’aider, et bien il ne l’aiderait pas non plus !

Soudain l’enfant entendit un bruit sec et se retrouva sans lumière. L’homme avait rebouché le trou avec une pierre.
– Puisque tu te plais là-dedans, restes-y pour l’éternité ! bougonna l’étranger avant de s’en aller.
Seul dans l’obscurité, Aladin se mit à pleurer. Pourquoi avait-il suivi l’homme au regard noir ? Alors qu’il se frottait les mains de désespoir, l’anneau qu’il portait au doigt se mit à briller. Une créature scintillante apparut dans un nuage de fumée et lui dit :
– Je suis le génie de l’anneau, fais un vœu et je l’exaucerai.
– Je veux rentrer chez moi, murmura Aladdin.

L’instant d’après, Aladin se retrouvait près de sa mère. Il lui raconta son incroyable aventure et comme elle refusait de le croire, le garçon sortit la lampe de sa poche. Sa mère déclara :
– Je vais la nettoyer puis la vendre au marché.
À l’aide d’un chiffon, elle commença à astiquer l’objet. Quand elle l’eut frotté trois fois, un autre génie, plus grand encore que celui de l’anneau, en sortit.
Je suis le génie de la lampe, dit celui-ci, fais un vœu et je l’exaucerai.
J’ai faim, chuchota Aladin.

En un clin d’œil l’enfant vit paraître devant lui un énorme festin. À partir de ce jour, grâce à la lampe magique d’Aladin, sa mère ne manqua plus de rien. Il lui suffisait de frotter la lampe trois fois et le génie surgissait, prêt à exaucer ses souhaits. Quant au jeune Aladin ce jour fut pour lui le premier d’une longue vie remplie d’extraordinaires aventures.

Un jour peut-être le recroiseras-tu dans tes lectures.

La vache des orphelins

Il était une fois il y a fort longtemps, une famille composée d’un couple et de leurs deux enfants, une fille et un garçon. Le bonheur submergeait le cœur de la famille qui habitait dans une cabane où chantaient les oiseaux. Le ciel était bleu, le vent caressait la verdeur de la terre. La femme s’occupait affectueusement de ses enfants et de leur vache malgré la pauvreté, les manques et les misères. Les jours et les nuits allaient ainsi, calmes et heureux quand soudain la mère eut une grave maladie qui la conduisit à la mort. Alors la tristesse entra dans la maison sans demander la permission. Misère, douleur, déluge de larmes, ce fut le temps de la séparation. Les enfants cherchèrent leur mère dans le cœur de leur père, la cabane devint triste, même la vache sentit la perte de la mère.

Un an après la mort de la mère, le père décida d’épouser une autre femme pour prendre soin des enfants. Il choisit une femme qu’il pensait être bonne mais derrière sa beauté se cachait un cœur des plus sévères. Lorsque la femme donna naissance à une fille qu’ils appelèrent Aïcha, sa haine envers les deux enfants devint totale. La femme maléfique les obligea à passer la journée dehors, affamés, négligés. Ils ne rentraient qu’à la nuit tombée avec la vache et se couchaient dans l’étable. Ils recevaient affection et tendresse de la vache et tiraient leur nourriture de son lait frais.

La femme du père était inquiète : malgré la privation et la négligence à leur égard, les enfants grandissaient et devenaient beaux alors que sa fille Aïcha restait pâle et mince malgré sa grande attention envers son alimentation. Elle décida de surveiller les deux enfants et envoya sa fille avec eux pour savoir ce qu’ils faisaient, où ils mangaient, qui s’occupait d’eux. Le lendemain Aïcha découvrit avec surprise que ses frères et sœurs se nourrissaient au pis de la vache comme des enfants allaités par leur mère. Alors qu’elle essayait de les imiter, la vache la frappa à l’oeil. Aïcha retourna auprès de sa mère et lui raconta ce qui était arrivé. Quand la femme vit et entendit cela, sa colère s’intensifia. Elle punit les enfants et décida de se débarrasser de la vache. Elle demanda à son mari de vendre la vache mais ce dernier refusa car elle était le seul héritage de sa première épouse pour les enfants. La femme insista de mille et une manières, si bien qu’il ne put refuser. Lorsqu’il vendit la vache, les enfants furent affligés : ils sentirent à nouveau la mort de leur mère, comme si elle était morte deux fois. La nuit où le père vendit la vache, il vit sa première femme en rêve. Pleurant, elle lui dit :
– Pourquoi as-tu vendu la vache ? Va voir le boucher, reprends le sein de la vache et mets-le sur ma tombe.
Le père se réveilla affreusement de son sommeil, il alla chez le boucher, rapporta la poitrine et la plaça sur la tombe comme il lui avait été demandé. Puis il dit aux enfants d’aller sur la tombe de leur mère. Les deux enfants arrivèrent affamés et assoiffés. Le sein de la vache était plein de lait qu’ils burent jusqu’à être repus.

Chaque jour, ils venaient sur la tombe de leur mère pour manger et retournaient heureux à la maison. La femme était confuse : elle voyait bien que les deux enfants étaient en bonne santé et qu’ils devenaient plus beaux chaque jour. Une nouvelle fois, elle demanda à sa fille de les surveiller. Les enfants, connaissant la haine de la femme, tentèrent de la dissuader de les suivre mais elle insista et découvrit leur secret. Quand elle s’approcha pour boire le lait sur la tombe de la mère, celui-ci se changea en sang. En colère, elle rentra se plaindre à sa mère et lui dit ce qu’elle avait vu et ce qu’il s’était passé. La femme commença à penser à une astuce pour se débarrasser des enfants. Elle se rendit sur la tombe et jeta le sein de la vache aux chiens, puis elle expulsa les enfants de la maison et même du village. Quand le père revint, il ne trouva pas ses enfants mais la femme dit qu’ils étaient partis sans prévenir et il les chercha en vain.

Ne sachant où aller, le frère et la soeur marchèrent à travers la montagne, les vallées. Un jour trop fatigués, ils s’arrêtèrent près d’une rivière. La fille vit quelque chose de bizarre dans l’eau et se souvint que sa mère lui avait parlé d’une vallée magique. Elle se retint de boire et tenta d’en empêcher son frère mais ce dernier ne réussit pas à l’écouter, il ne supportait plus la soif. Dès qu’il but, il fut métamorphosé en une étrange créature. Tous les deux continuèrent leur marche jusqu’à atteindre une vieille cabane où vivait une vieille femme seule. La fille lui raconta son histoire et la vieille décida d’aider les enfants. Après tout ce qui leur était arrivé, un sentiment de bonheur et de joie les étreignit enfin devant la générosité de cette dame.

Un jour, la fille décida d’aller chercher de l’aide pour son frère.
En chemin elle rencontra le cortège du roi qui était à la chasse. Celui-ci admira sa beauté fascinante et l’aima d’un coup de foudre. Lorsqu’elle raconta son histoire, il accepta de l’aider à condition qu’elle accepte sa demande en mariage. Ce fut un grand mariage dont tout le monde parla. Le frère fut traité avec gentillesse et redevint normal.
Ainsi ils vécurent heureux avec amour et dans la paix et ils oublièrent leur tristesse et la misère.