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Graines de conteurs

GRAINES DE CONTEURS

faire pousser de nouvelles histoires

Graines de conteurs est un projet fédérateur inter-classes et inter-degré autour des contes. Il invite les élèves, par le biais d’ateliers d’écriture, de lecture et de mise en jeu pluridisciplinaire (illustration, théâtre, danse et chant), à revisiter les schémas narratifs traditionnels pour inventer des récits à la lisière de la fiction et du réel, capables de rendre compte du monde contemporain.

Rumeurs Urbaines s’attache à présenter et accompagner la pluralité des formes de récit existant aujourd’hui. Depuis une trentaine d’années, le renouveau du conte s’est illustré par un mélange des disciplines artistiques (musique, danse, vidéo), une plus grande porosité avec le théâtre (décor, lumière, jeu) ainsi qu’un renouvellement des sujets abordés (récits de vie, réactualisation des mythes, inventions contemporaines). C’est cette vitalité des arts de la parole que nous souhaitons partager avec les élèves.

Ce projet permet aussi de rappeler que les récits n’appartiennent pas seulement au passé et ne relèvent pas uniquement du monde de l’enfance. Les mythes ont pour fonction d’expliquer le monde qui nous entoure aussi nous avons toujours besoin de les réactualiser. C’est pourquoi nous proposons aux élèves de construire leurs propres variations contemporaines à partir de schémas narratifs existants. Ces variantes enrichissent le mythe au même titre et avec la même légitimité que les versions antérieures. C’est ce qu’explique Claude Lévi-Strauss, dans son Anthropologie structurale (1958) :

« Nous proposons au contraire de définir chaque mythe par l’ensemble de toutes ses versions. Autrement dit : […] Il n’existe pas de “version vraie” dont toutes les autres seraient des copies ou des échos déformés. Toutes les versions appartiennent au mythe.»

Saison 4

11 classes (CE1, CE2, 6e, ULIS), 5 groupes d’adultes (étudiants et adultes allophones)
237 participants
210 heures de pratique artistique

9 partenaires dans 5 villes (92, 95) :
école élémentaire Jean Lurçat à Gennevilliers
collèges Gay-Lussac à Colombes, Guy Môquet à Gennevilliers, Truffaut à Asnières-sur-Seine, Les Champs-Philippe à La Garenne-Colombes
centre social et cuturel Petit-Colombes, Europe et Fossés-Jean à Colombes
CROUS de Versailles

Autrices : Faustine Noguès et Stéphanie Marchais

Intervenants : Mouna Belghali, Christine Guenon, Lise Lenne, Imad Assaf (comédiennes), Pauline Tremblay (danseuse), Claire Poisson (plasticienne).

Ce projet reçoit le soutien de la Région Île-de-France dans le cadre du programme de résidences d’écrivains, du Département des Hauts-de-Seine dans le cadre de projets Ermès, de la Ville de Gennevilliers dans le cadre des Cités éducatives, de la Fondation du Crédit Mutuel pôle Lecture, du Réseau Canopé et du Panthéon.

En quelques mots

En 2020-2021, il réunit 4 collèges de Colombes, Asnières-sur-Seine, Gennevilliers et La Garenne-Colombes (élèves de 6e et ULIS), le CROUS de Cergy (étudiants), 3 centres sociaux et culturels de la ville de Colombes (adultes allophones) et 1 école élémentaire de Gennevilliers (élèves de CE1 et CE2).

Pour la quatrième saison du projet, nous avons souhaité aller plus loin dans l’implication d’un·e auteur·rice. Associer un auteur dans le cadre du programme de résidences d’écrivain de la Région Ile-de-France nous permet d’inscrire l’enjeu d’une création au coeur de Graines de conteurs.

Dans ce cadre, Faustine Noguès a imaginé l’atelier « Avant d’agir, à quoi pensent les héros et les héroïnes ? » Dans les contes traditionnels, les héros et héroïnes se caractérisent par leurs actes.. Il s’agira cette fois d’observer les héros et héroïnes dans l’instant qui précède leurs choix et leurs actes. Quelles pensées les traversent ? Comment celles-ci influencent-elles leurs choix ? Est-ce que d’autres pensées les auraient conduits à agir différemment et ainsi, à changer le cours de leur histoire ?

Quant à Stéphanie Marchais, l’autrice intervenant auprès des adultes, elle s’inscrit dans le partenariat avec le Panthéon dans le cadre du dispositif « Sortir du cadre », en proposant aux participants d’écrire sur le thème des personnes illustres.

Saison 3 – 2019-2020

8 classes (CP > 6e), 4 groupes d’adultes allophones
166 participants
100 heures de pratique artistique

Auteurs : Guillaume Cayet et Marc Soriano

Intervenants : Mouna Belghali (mise en voix), Zoé Bléher (danse), Christine Guenoun (mise en voix), Sandrine Nicolas (mise en voix), Claire Poisson (Illustration), Cathy Renoir (chant), Marc Soriano (mise en voix)

Etablissements partenaires
école élémentaire Jean Lurçat à Gennevilliers
collège Gay-Lussac à Colombes
centre social et cuturel Petit-Colombes à Colombes

Ce projet est soutenu par le Ministère de la Culture dans le cadre du projet Action culturelle et langue française, par le Département des Hauts-de-Seine dans le cadre de projets Hermès, par la Direction Départementale de la Cohésion Sociale des Hauts-de-Seine dans le cadre du FDVA 2 « Fonctionnement et Innovation », par la Ville de Gennevilliers dans le cadre des Cités éducatives, par le Rectorat de Versailles dans le cadre des projets d’éducation artistique et culturelle PACTE.

Saison 2 – 2018-2019

12 classes (CE2, CM1, CM2, 6e, UPE2A et ULIS)
247 participants
148 heures de pratique artistique

Autrice : Penda Diouf

Intervenants : Mouna Belghali (mise en voix), Marc Soriano (mise en voix), Edgar Sekloka (chant), Pauline Tremblay (danse), Bertrand Sallé (Illustration)

Etablissements partenaires
école élémentaire Jean Lurçat à Gennevilliers
collège Gay-Lussac à Colombes
collège Guy Môquet à Gennevilliers
collège Truffaut à Asnières-sur-Seine

Dans le cadre d’une résidence territoriale artistique et culturelle en établissement scolaire de la DRAC Île-de-France, Ministère de la Culture. Avec le soutien du Département des Hauts-de-Seine dans le cadre de projets SIEL et de la Fondation SNCF.

Saison 1 – 2017-2018

7 classes (CM1, CM2, 6e et 3e)
269 participants directs
60 heures de pratique artistique
105 participants indirects (spectateurs lors des restitutions)

Auteur : Sylvain Levey

Intervenant : Marc Soriano (mise en voix)

Etablissements partenaires
école élémentaire Jean Lurçat à Gennevilliers
collège Gay-Lussac à Colombes
collège Louis Blériot à Levallois-Perret

Avec le soutien du Département des Hauts-de-Seine dans le cadre de projets SIEL et de la Fondation SNCF.

Lire les textes

Les mots datant de la guerre

Les mots datant de la guerre – collège Gay-Lussac à Colombes

Par : Sarah Amrouche, Mohamed Azizi, Yacine Boumezbeur, M’hamed Bouzguer, Salsabila Cimetiere-Bounit, Ioana Ciuraru Misca, Eva Duflot Morard, Luakhan Gomara Ruiz Pierre, Enzo Gomes Fortes, Lilou Jarvis, Hugo Joannes-Despaux, Kyliane Kamba –Carqueville, Oscar Lapierre, Marie Letellier, Erica Morari, Jah-mylson Moreau, Nora Moutaouakil, Luana Oliveira Faria Simao, Raphaël Richard, Noé Ruelle, Issam Saad,
Syrine Salmi, Alice Thiou, Raphaël Vaillant, Louaï Youbi, Lola Zaragoza.

Autrice intervenante : Faustine Noguès

Graines de conteurs – saison 4


Il était une fois une jeune fille qui s’appelait Océane. Ses parents étaient divorcés et elle habitait avec sa mère. Elle avait quatorze ans et était en quatrième. Elle adorait l’athlétisme et courrait très vite. Physiquement, Océane était noire, elle avait les yeux marrons et les cheveux noirs. Son meilleur ami s’appelait Tim, mais tout le monde l’appelait « le petit Tim », même s’il était en quatrième. Tim faisait de la natation et rêvait de participer aux jeux Olympiques de Paris 2024 en équipe junior. Il avait de grandes chances d’y participer car il se sentait comme un poisson dans l’eau. Tim était petit de taille, il avait les yeux bleus, il était maigre et blanc de peau.

Tout commença dans un centre contre le harcèlement et le racisme dans un petit quartier de la ville de New York en Bretagne. Les directeurs du centre étaient Rose Lakïe, âgée de vingt ans, et Djibril Lemoulant, âgé de vingt-quatre ans. C’était un couple et ils avaient tous deux vécu le harcèlement scolaire, ce qui les avait rapprochés. À l’école, Océane se faisait harceler par garçon nommé Owen, c’est pourquoi elle avait rejoint le centre. Océane adorait y aller et elle y passait tout son temps en dehors des entraînements d’athlétisme. Elle avait réussi à y entraîner Tim qui se faisait aussi harceler par Owen. Dans le centre, ils avaient rencontré Pénélope, une jeune fille avec qui ils s’étaient liés d’amitié, et Lya Dubois, une bénévole de dix-huit ans, très impliquée, qui venait tous les jours. À l’intérieur du centre, il y avait beaucoup de grandes pièces pour que tout le monde se sente bien. Certaines pièces étaient faites pour pouvoir parler avec des psychologues, d’autres permettaient de lire, danser, manger, dormir, se faire masser, etc.

Océane et Tim étaient voisins, tandis que Pénélope et son père Vango Max habitaient un petit appartement dans le centre de New York. Pénélope se faisait harceler à cause de sa couleur de peau et de son poids. Elle était très complexée d’être elle-même. Son père, Vango Max avait trente-sept ans. Il était chauffeur de taxi et avait les cheveux bruns avec une mèche blonde devant les yeux. Océane, Tim et Pénélope s’étaient décidés ensemble à trouver ce qui clochait chez Owen et pourquoi il embêtait les gens.

Un jour où Océane et Tim jouaient dans la cave d’Océane, ils découvrirent une trappe sur le sol. Ils décidèrent de l’ouvrir et virent qu’elle donnait sur un tunnel. Ils marchèrent à l’intérieur de celui-ci qui était vieux et boueux. Il était compliqué d’éviter les flaques de boue. Au bout du tunnel, ils tombèrent sur une autre trappe qui donnait sur la cave de Tim. Ils réalisèrent alors que des souterrains reliaient toutes les maisons du quartier.

Alors qu’ils parcouraient le tunnel, Océane et Tim eurent des visions en lien avec ce qui leur faisait le plus peur. La plus grande peur d’Océane était les clowns tueurs depuis un cauchemar qu’elle avait fait une nuit après avoir vu le film Ça, au cinéma avec Tim. Pendant son cauchemar, son cœur battait la chamade, elle tremblait et transpirait. Dans son cauchemar, elle voyait un clown tueur, les cheveux en pétard, les dents aiguisées comme des rasoirs, un grand sourire aux lèvres, une blouse blanche avec des taches de sang, de grandes bottes et de grands ballons rouges. Elle essayait de se battre contre le clown mais restait impuissante et elle avait fini par tomber au sol. Tim était apparu avec une batte de baseball et il avait assommé le clown. Océane s’était réveillée en sursaut, fiévreuse. Elle avait eu très peur.

Dans le tunnel, elle voyait donc des clowns mais Tim ne les voyait pas. Tim, lui, voyait des araignées car elles étaient ce dont il avait le plus peur depuis la mésaventure qui lui était arrivée quand il était plus jeune. Un jour où il était parti promener son chien, il avait trouvé une grotte pleine d’araignées. Il était tombé dans les pommes et son chien avait eu beau lui aboyer dans les oreilles, il ne s’était pas réveillé. Son chien était donc parti chercher Océane qui avait dû trouver un autre passage car celui par lequel Tim était entré s’était éboulé. Océane avait ramené Tim chez lui et en se réveillant, il avait peur de tout. Cela avait duré une journée entière. Depuis ce jour, Tim avait très très peur des araignées.

Océane et Tim avançaient donc comme ils pouvaient dans les tunnels jusqu’à ce qu’ils arrivent à un refuge situé sous une statue. Le refuge faisait deux mètres de haut et un mètre cinquante de large. Il y avait une grande salle avec un lit superposé, un coffre et une radio. Océane et Tim ouvrirent le coffre, et découvrirent plein de petits papiers sur lesquels des messages étaient inscrits. À ce moment-là, leurs peurs disparurent. À la place, ils eurent tous deux une vision de la seconde guerre mondiale. Ils virent Hitler, de Gaulle, des milliers de soldats et des véhicules en tout genre. Les soldats allemands étaient vêtus d’ensembles vert-de-gris et de grandes bottes noires. Les soldats français portaient de grands manteaux vert kaki et ils avaient un kit de survie. Ils se battaient avec des fusils. Océane et Tim ne firent que regarder la bataille puis ils se demandèrent pourquoi ils avaient eu cette vision. Ils pensèrent qu’elle venait des messages qu’ils avaient dans les mains. Une fois que la vision disparut, ils purent lire les messages suivants :

Je suis là et je vous encourage pour la prochaine guerre. C.D.G

La guerre ne sert à rien, ne vous rebattez pas.

Si vous refaites la guerre, vous y laisserez votre vie.

La guerre RECOMMENCERA !

Ne refaites pas la même erreur que nous.

Il faut faire attention aux personnes qui harcèlent, nous aussi nous avons vécu ça !

Ces messages leur firent aussitôt penser à d’autres messages qui avaient été retrouvés dans le centre contre le harcèlement. Un jour, Océane était dans la bibliothèque du centre où elle avait pris un livre de son auteur préféré. Lorsqu’elle l’avait ouvert à la première page, un message s’en était échappé et était tombé par terre. En le ramassant elle avait lu :

La guerre est de retour et forte

Elle n’avait pas compris d’où venait ce mot.

Un autre jour, Tim se rendait au cabinet de son psychologue dans le centre et avait vu un message dans la salle d’attente. Dessus, il y avait marqué :

Si vous voyez ce mot, c’est que vous avez trouvé le refuge ! Surtout ne vous battez pas, c’est une horreur pour tout le monde ! Si vous êtes fâché avec quelqu’un, faites la paix.

Une autre fois, Lya Dubois était elle aussi tombée sur un message de ce genre. Alors qu’elle balayait, elle avait vu une feuille de papier avec écrit dessus :

Chères générations futures, j’écris cette lettre pendant la seconde guerre mondiale. Cachez-vous à l’endroit où vous avez trouvé cette lettre s’il y a une guerre. Profitez de vos proches le plus possible, car il est possible de les perdre.

Et enfin, Pénélope avait trouvé le dernier message dans la cantine du centre. Il était écrit dessus :

Faites l’amour pas la guerre !!!

Pénélope avait été choquée par ce message et l’avait montré à Océane.

Pour comprendre l’origine de ces messages, il nous faut revenir dans le passé. Pendant la seconde guerre mondiale, la petite ville de New York en Bretagne était occupée par l’armée allemande. En utilisant de la dynamite, des personnes juives construisirent ce refuge souterrain pour pouvoir se cacher des Allemands. Parmi ces personnes se trouvait l’arrière-arrière-arrière-arrière-grand-père de Tim. À la fin de la guerre, un soldat allemand qui s’était installé à New York eut une idée. Il avait lui-même harcelé des français pendant la guerre. Mais depuis que la France avait repoussé l’Allemagne, c’était les Allemands qui étaient harcelés par les français. Il pensa alors : « si nous laissions des messages, les générations d’après pourront peut-être les voir et arrêter le harcèlement ». De nombreux habitants du village décidèrent donc d’écrire des messages aux générations futures pour éviter une nouvelle guerre. Mais alors pourquoi certains de ces messages avaient été retrouvés dans le centre contre le harcèlement ? C’est qu’au-dessus du refuge découvert par Océane et Tim se trouvait une statue hantée par le fantôme de Charles de Gaulle. Un jour, alors que l’esprit de Charles de Gaulle remontait sur Terre, il eut un très mauvais pressentiment et pensa qu’une troisième guerre mondiale allait éclater. Il décida donc de déplacer certains messages du refuge vers le centre pour que les habitants de New York les trouvent.

En voyant Océane et Tim, le fantôme de Charles de Gaulle eut peur qu’ils racontent à tout le monde l’existence du refuge et qu’il ne soit plus possible de s’y cacher si une nouvelle guerre éclatait. Il se mit donc à faire tomber plein d’objets et à déplacer des choses pour leur faire peur et qu’ils partent. Cela fonctionna. Océane et Tim s’enfuirent en courant. Seulement, alors qu’ils avançaient dans le tunnel, ils tombèrent sur Owen qui voulait les racketter et qui les menaça avec un gros chien. Tout à coup, Océane se mit à penser sans raison au film Aladin :

Ce rêveeeuuuu bleuuuu… 

Elle s’interrogea beaucoup sur sa pensée. Pourquoi pensait-elle à cela tout à coup ? Au lieu d’aider Tim, Océane était distraite.

De son côté, Tim pensa comme quelqu’un de sage et se dit :

Ah dommage, c’est pas grave pour mes cinq euros. 

En le regardant, Océane comprit à quoi pensait Tim. De son côté, Tim vit qu’Océane était dans les nuages et se dit : « elle pense à tout et n’importe quoi comme d’habitude ». Exaspéré, Tim se laissa faire. Il fronça les sourcils et ne se défendit pas. Owen trouva le billet de cinq euros puis fouilla Tim encore et encore en pensant trouver plus d’argent. Puis Owen en eut marre de ne rien trouver et repartit avec son chien. Alors Océane dit à Tim : « mais peut-être qu’Owen n’est pas si méchant… ». Océane repensa alors à une histoire que lui avait racontée Pénélope. Un jour, alors qu’elle rentrait chez elle, Pénélope avait vu Owen arriver chez lui avec une mauvaise note. Le père d’Owen s’était mis à le frapper devant Pénélope. Owen avait lancé un regard à Pénélope qui voulait dire : « ne le répète pas ». En effet, Owen harcelait les gens parce qu’il avait une vie pourrie et voulait qu’ils subissent le même sort. Le père d’Owen avait commencé à le battre alors qu’il avait trois ans et, depuis qu’il n’avait plus de travail, il sombrait dans l’alcool. Owen n’aimait pas son père et avait une meilleure relation avec sa mère mais il ne la voyait plus car elle était partie en voyage d’affaire. Il ne voyait plus ses frères et sœurs non plus car ils s’étaient tous mariés et avaient quitté la maison. Quand il était avec son père, Owen n’avait le droit de rien faire.

Quand ils retournèrent au centre, Océane et Tim racontèrent leur découverte à Pénélope qui leur dit : « si cette vision vous a été destinée, c’est qu’il y a une bonne raison ». Océane et Tim décidèrent alors de faire connaître le refuge autour d’eux. Le père de Pénélope, Vango Max leur donna les coordonnées d’une archéologue qui s’appelait Micheline Jaq et ils prirent rendez-vous avec elle. Celle-ci fut très heureuse d’apprendre leur découverte car elle cherchait ce refuge depuis longtemps. En discutant avec Micheline Jaq, Océane et Tim eurent l’idée d’écrire un livre qui raconterait leur histoire et celle du refuge. Micheline leur expliqua les étapes à suivre : il fallait d’abord qu’ils écrivent le livre, puis qu’ils le montrent à une maison d’édition qui le publierait si cela lui plaisait. Le fantôme de Charles de Gaulle avait suivi Océane et Tim jusqu’au rendez-vous avec l’archéologue. Il était content d’apprendre qu’ils allaient écrire un livre car beaucoup de gens allaient pouvoir lire les messages de la seconde guerre mondiale et cela pouvait peut-être aider à mettre fin au harcèlement. Océane et Tim se mirent donc au travail et quelques mois plus tard ils finirent leur livre qui s’intitulait Le refuge du harcèlement. Après l’avoir envoyé à plusieurs éditeurs, ils reçurent une réponse positive de la maison d’édition Jeunesse, qui accepta de le publier.

Le livre d’Océane et Tim eut beaucoup de succès et la découverte du refuge provoqua plusieurs événements. La maire de la ville de New York en Bretagne s’appelait Paola Dumarais. Elle avait remporté les élections avec un programme écologiste. Son grand combat pour la ville était le tri des déchets. Paola Dumarais fut très heureuse de la découverte du refuge car il s’agissait d’un monument historique. Elle prit la décision de construire un musée qui serait une copie exacte du refuge et où seraient exposés tous les messages de la seconde guerre mondiale. Le musée s’appellerait Les Réfugiés et serait situé juste au-dessus du vrai refuge qui resterait fermé au public. Paola Dumarais envoya donc une lettre aux habitants de New York pour les informer de son projet :

Bonjour,

j’aimerais construire un musée dans notre ville, qui serait la copie d’un refuge de la seconde guerre mondiale. Ce musée sera ouvert à tous pour quelques euros seulement. Le refuge a été construit par des juifs et quelques années plus tard, il a été trouvé par deux enfants. Il va y avoir une augmentation des impôts pendant un mois pour construire ce refuge.

Vive la Bretagne. Vive la France.

Paloa Dumarais, maire de New York en Bretagne

Au même moment, dans l’entreprise de construction de bâtiments Buildax, Mme Anne Kessel, la patronne, dont le but était de se faire de l’argent pour agrandir son entreprise et ses biens, était dans sa salle de réunion. Elle venait d’apprendre l’existence du refuge et réfléchissait à ce qu’elle pourrait en tirer. Soudain, un de ses employés eut une idée, il dit : « et si on achetait le refuge pour construire un parking ? ». Tous dirent en cœur : « adjugé vendu », et envoyèrent une proposition d’achat à Paola Dumarais :

Bonjour,

nous avons vu votre projet de construction d’un musée mais nous pensons qu’un parking serait plus utile et bénéfique pour la ville. Nous vous proposons une offre d’achat de cinq millions d’euros pour construire le parking.

Anne Kessel, patronne de Buildax

Au début, Paola Dumarais refusa l’offre de Buildax car elle ne voulait pas vendre le monument. Puis, comme elle n’arrivait pas à réunir suffisamment d’argent pour construire le musée, elle reconsidéra l’offre. Un groupe d’archéologue dirigé par Micheline Jaq apprit la nouvelle et écrivit à son tour à la maire :

Bonjour,

nous sommes au courant de votre affaire avec Buildax. Nous cherchons ce refuge depuis tant d’années et nous avons enfin une piste. On vous en supplie, ne le détruisez pas. Nous voulons l’étudier et cela pourrait vous rapporter plus gros que l’offre de Buildax grâce aux touristes qui viendront voir les recherches. Nous pouvons aussi le vendre à d’autres pays pour une grosse somme d’argent. Les visiteurs seront plus intéressés par la visite d’un refuge original. Nous pourrions y trouver autre chose comme des vestiges de la seconde guerre mondiale ou de nouveaux messages encore plus intéressants.

Micheline Jaq et les archéologues

Paola Dumarais était très mal à l’idée de vendre le refuge, mais elle accepta tout de même l’offre de Buildax en espérant que les travaux du parking seraient retardés et que le projet finirait par être abandonné. Elle répondit aux archéologues :

Bonjour,

nous acceptons l’offre de Buildax mais nous allons récupérer tous les messages et leur trouver une place dans le musée de la ville. Le temps de la construction du parking, on vous laissera explorer le refuge de fond en comble.

Paloa Dumarais, maire de New-York en Bretagne

            Une grande période de travaux débuta donc dans la ville de New York. Pour construire le musée, il fallait d’abord en dessiner les plans, faire les bases avec les briques, construire les murs, le toit et enfin rajouter les éléments décorateurs. Quant au parking, les travaux consistaient à creuser dix mètres de profondeur, faire couler du béton, construire les poteaux pour faire tenir le deuxième étage, faire la plateforme du deuxième étage et faire la rampe pour que les voitures montent.

De son côté, le fantôme de Charles de Gaulle percevait très mal ces projets car le refuge n’allait plus être accessible en cas de nouvelle guerre. Il hanta donc les chantiers de construction pour empêcher les travaux. Sur le chantier du musée, il fit tomber des objets qui se cassèrent et changea de place les objets. La construction du musée pris deux jours de retard à cause des objets cassés par le fantôme.

Mais le fantôme de Charles de Gaulle concentra tous ces efforts pour arrêter le chantier du parking. Il fit voler les briques pour former dans les airs le nom d’Anne Kessel suivit de la phrase : « partez de chez moi ». Il prit du béton et le fit couler sur la tête du patron de chantier. Il trempa ses pieds dans le béton et marcha pour faire des traces de pas. Finalement, les employés du chantier eurent peur et plus personne ne voulut travailler pour la construction du parking. Le projet ne vit jamais le jour.

Seul le musée ouvrit ses portes. Le jour de son inauguration, tout le monde était réuni pour écouter le discours d’ouverture de Paola Dumarais. Devant la foule, elle dit :

Mesdames, messieurs. Tout d’abord, merci d’être venus à cette inauguration du musée Les Réfugiés. Nous avons travaillé dur pour arriver à ce résultat et j’espère qu’il vous plaira. Je déclare donc le musée Les Réfugiés ouvert !

            Quelques temps plus tard, alors qu’Océane et Tim étaient devenus les stars de New-York suite à la parution de leur livre, ils reçurent une lettre d’Owen :

Chers Océane et Tim le petit,

j’ai lu votre désastre et je ne l’ai point aimé. Vous ne précisez pas où se trouve votre horrible refuge. Cordialement.

Owen.

Océane et Tim répondirent :

Merci de votre message mais nous n’aimons pas les lettres de jaloux. Cordialement.

Les auteurs.

Alors Owen pris la décision d’écrire lui aussi une lettre aux générations futures. Une nuit, il partit à la recherche du refuge sous le musée et y laissa sa lettre :

Bonjour générations futures.

Si vous lisez ce message c’est que vous avez trouvé le refuge. Je ne vous dirais pas de ne pas faire la guerre car moi je la crée en harcelant tout le monde. Donc faites la guerre, pas ami-ami. Cordialement.

Une personne du passé composé.

Fin.

Les aventures de Lola et Lintailo

Les aventures de Lola et Lintailo – école Jean Lurçat à Gennevilliers

Par : Naïla Allal, Aymen Ali Baais, Alya Bensehil, Aya Blout, Adam Boumour, Khady Camara, Kounda Djikine, Naba-Fatoumata Doumbia, Assiya El Bekkaoui, Zakariya Ferjani, Naël Geoffre Bouras, Adel Hajji, Filipe Lopes Araujo, Giulietta Mivovan, Rafid Mohamed, Elise Ren, Adam Taieb, Selma Talsi, Janna Taoussil, Maïmouna Toure, Yann Walla Kitt

Autrice intervenante : Faustine Noguès

Graines de conteurs – saison 4


1. LOLA

Il était une fois une petite fille qui s’appelait Lola. Elle avait neuf ans et elle était en CM1. Elle avait les cheveux noirs et des lunettes. Elle était petite et très bronzée. Dans la vie, Lola était très chanceuse. Par exemple, un jour, elle était en cours de mathématiques quand le maître l’interrogea. Il lui demanda : « combien font vingt fois vingt ? » Lola ne connaissait pas la réponse. Elle dit une réponse au hasard et c’était la bonne réponse. Un autre jour, en cours de français, le maître lui demanda de conjuguer le verbe dormir à l’imparfait. Lola ne connaissait pas l’imparfait mais il y avait des affiches à côté d’elle et elle y lut la réponse. Encore une autre fois, en cours de sciences, le maître dit de prendre le produit violet et de le verser dans le verre. Lola n’écoutait pas les consignes mais elle tomba sur le bon produit par hasard. La plus grande peur de Lola était de perdre sa mère car elle avait déjà perdu son père. Son rêve était d’avoir un grand château. À l’intérieur, il y aurait une grande piscine, un grand jardin avec beaucoup de fleurs et de grandes douves remplies d’eau pour la protéger. Lola avait une sœur qui s’appelait Lillyte, et une cousine du nom de Sara.

2. LINTAILO

Le jour de la rentrée, Lola traînait dans les couloirs de l’école et elle rencontra un maître qui s’appelait Lintailo. Il avait des livres dans les mains et il les fit tomber. Alors Lola les ramassa et les lui donna. En arrivant en classe, elle vit que Lintailo était son maître. Elle pensa qu’il était génial.

Lintailo avait vingt ans. Ses yeux étaient bleus et il avait les cheveux noirs et bleus. Lintailo avait un secret : il avait un pouvoir magique qui lui permettait de jeter des lunettes en feu pour protéger les gens. Lintailo avait très peur des monstres. Cette peur venait d’un événement qui lui était arrivé lorsqu’il était bébé. Un sorcier du nom de Gargamel qui vivait dans une maison sale, pleine d’araignées et de souris, voulait voler le pouvoir de Lintailo parce qu’il était jaloux. Il avait capturé Lintailo et avait répété : « Oh Lintailo, Lintailo, que ton pouvoir vienne à moi. Oh oh magie pouvoir ! Que ton pouvoir soit à moi pour toujours ! Et que personne ne prenne mon pouvoir ! ». Mais Lintailo avait jeté ses lunettes en feu et avait réussi à s’enfuir. Alors, le sorcier en colère avait jeté une malédiction à Lintailo pour que toute sa vie il ait peur des monstres.

3. LE SECRET

Une semaine après la rentrée, Lola surprit Lintailo en train d’utiliser son pouvoir dans un parc. Voyant qu’elle avait découvert son secret, Lintailo lui dit : « je suis un super-héros. Mon pouvoir c’est de jeter des lunettes en feu. Quand je jette des lunettes tout le Luth brûle. Même les personnes brûlent quand elles touchent mon feu. Je peux également éteindre le feu avec mes lunettes. Lola, promets-moi de ne pas révéler ce secret car je l’ai caché à tout le monde. S’il est découvert, plus personne ne m’aimera et mes parents ne me feront plus confiance ». Seulement, de retour en classe, Lola ne put se retenir et répéta à tout le monde que le maître avait des pouvoirs. Depuis, elle avait très peur qu’il la renvoie de l’école.

4. LE LUTH

L’école de Lola et Lintailo se trouvait dans le quartier du Luth à Gennevilliers. Dans le Luth il y avait des bâtiments, des maisons, des écoles, des collèges, des magasins, des parcs pour faire du sport et jouer. Il y avait aussi un stade de foot, des arbres, des fleurs, des buissons et des oiseaux. Dans le Luth il y avait un endroit magnifique : la pleine, d’où on voyait tout, la lune, les étoiles et même des étoiles filantes. Mais il y avait aussi un endroit horrible : le cimetière, avec ses tombes, ses araignées et leurs toiles. Une rumeur disait que le Luth était hanté par Zélèph, un petit garçon qui était mort en tombant dans les escaliers de l’école quelques années plus tôt.

5. ERINA

Dans le Luth vivait une petite fille qui s’appelait Erina. Ses parents étaient très méchants avec elle et la punissait tous les jours parce qu’elle pleurait tout le temps. Sa maison était toute moche et pleine d’araignées. Dans la maison d’Erina, il n’y avait pas de cuisine, pas de couleurs, pas de fenêtres. Erina n’aimait pas le Luth car elle trouvait que les gens y étaient trop gentils. Un soir, elle décida de mettre le feu au quartier. Elle fabriqua trois bombes qu’elle plaça au milieu du Luth. Avec les bombes, Erina mit le feu aux bâtiments, aux rues, aux maisons, aux toits et aux piétons. Lintailo fut le premier à voir le feu et il appela les pompiers. Erina essaya de s’enfuir mais il l’attrapa et elle partit en prison.

Quand Lola apprit ce qu’il s’était passé, elle expliqua à Lintailo que les parents d’Erina étaient méchants avec elle et qu’il fallait l’aider à devenir gentille plutôt que de la mettre en prison. Lola prépara donc un entraînement pour Erina afin de la pousser à devenir gentille. Lola demanda ensuite à Lintailo de l’aider à faire sortir Erina de prison.

6. EN PRISON

Erina était enfermée dans une prison sécurisée très loin du Luth. La prison était surveillée par des gardes violents et glaciaux. Erina fit plusieurs tentatives pour essayer de sortir. Elle dit aux gardes qu’elle avait réfléchi et qu’elle s’excusait pour ce qu’elle avait fait. Comme ils ne la laissèrent pas sortir, elle essaya de leur faire croire que quelqu’un s’était échappé. Comme ils ne la crurent pas, elle leur dit qu’ils faisaient erreur et qu’elle n’était pas Erina mais Lola. Cela ne marcha pas non plus et elle prétendit qu’elle était amie avec le chef des gardes. Mais toutes ces ruses ne fonctionnèrent pas. Erina était très en colère dans la prison. Elle pensait : « je déteste mes parents, un jour je vais me venger encore une fois. Un jour je vais sortir de la prison et mettre des pièges dans tout le Luth ».

Pendant ce temps, Lola et Lintailo arrivèrent à la prison. Ils virent que deux surveillants n’étaient pas là, alors ils prirent leurs vêtements et se déguisèrent en gardes. Ils cherchaient la cellule d’Erina quand ils virent une gardienne s’approcher d’eux en les regardant bizarrement. Lola pensa qu’ils allaient se faire attraper et eut peur qu’on la prenne pour une menteuse. De son côté, Lintailo se sentait rassuré dans son costume de gardien. Mais Lola dit tout à coup à la gardienne : « pourquoi tu me regardes comme cela ? », la gardienne demanda : « qui es-tu ? » et Lola répondit : « je suis une gardienne ». Lintailo n’aimait pas le comportement de Lola car il pensait qu’ils allaient se faire remarquer. Finalement, la gardienne continua de marcher. Lintailo et Lola allèrent chercher la clé dans le bureau du directeur de la prison.

En sortant du bureau, ils virent qu’ils étaient filmés par des caméras de surveillance. Lintailo était stressé et se méfiait, il avait peur d’être vu. Il décida de se cacher sous les caméras avec Lola pour ne pas se faire repérer. Mais un garde les remarqua. Lola proposa à Lintailo de lancer ses lunettes en feu puis elle alla elle-même donner un coup de poing au garde. Elle prit ensuite la clé et courut vers la cellule d’Erina. Lintailo pensa que Lola était forte, très puissante et courageuse.

Alors qu’elle essayait d’ouvrir la porte de la cellule où était enfermée Erina, les alarmes se mirent à sonner. Elle pensa qu’ils allaient se faire attraper. Lintailo sentit qu’ils s’étaient trompés de clés. Lola alla casser l’alarme pendant que Lintailo essayait toutes les clés pour ouvrir la porte. Enfin, la porte s’ouvrit et ils partirent tous les trois en courant.

7. DEVENIR GENTILLE

De retour au Luth, Lola donna à Erina une lettre qu’elle avait écrite pour elle :

Ma chère Erina,

on se rejoint au parc où on s’est rencontré. Si tu acceptes de venir, je te promets que tu ne seras plus jamais seule.

Lola

Erina accepta d’aller au parc et de suivre l’entraînement de Lola pour devenir gentille. La première étape de l’entraînement consistait à aider une vieille mamie. Puis Erina dut sauver des canards en les aidant à traverser la rivière. Ensuite, elle dut jouer avec des petites filles. À la fin de l’entraînement, Erina jouait avec tous les petits du parc. Dans sa tête, elle se dit alors : « maintenant, je promets que je vais essayer de me faire des amis, que je ne mettrai plus jamais le feu au Luth et que je ne serai plus jamais méchante ».

8. ZÉLÈPH

De son côté, Zélèph, le fantôme du Luth, cherchait une idée pour se venger de ses camarades de classe qui l’avaient poussé dans les escaliers trois ans plus tôt. Depuis ce jour, il hantait le Luth en poussant les gens, en faisant bouger les objets, en claquant les portes et en soulevant les meubles. Quand Zélèph apprit qu’Erina avait mis le feu au Luth il était étonné et triste. Mais il était tout de même un peu content qu’Erina soit partie en prison. Zélèph n’aimait pas Erina car il pensait qu’elle était responsable de sa mort. En CP ils étaient dans la même classe et Zélèph bousculait tout le temps Erina, donc elle avait décidé de se venger en le poussant dans les escaliers. Elle ne pensait pas qu’il allait mourir.

Après l’entraînement de Lola, Erina se mit à repenser à la mort de Zélèph. Elle se sentit très coupable. Elle eut peur que le fantôme de Zélèph ne la tue, alors elle décida de lui écrire une lettre :

Bonjour Zélèph,

c’est moi, Erina. Je viens te présenter mes excuses car je m’en veux de t’avoir poussé dans l’escalier quand nous étions en CP.

Erina

Zélèph se sentit mal en lisant la lettre mais il était toujours en colère. Il voyait qu’Erina se sentait coupable de sa mort mais il lui en voulait tellement qu’il ne réussit pas à lui pardonner. Zélèph continua donc à hanter le Luth jusqu’à la fin des temps.

9. TRAHISON

À l’école, Lintailo entendit des élèves de la classe parler de son pouvoir et découvrit que Lola avait révélé son secret. Il était très fâché et se mit en colère. Depuis qu’il avait été enlevé par le sorcier Gargamel, Lintailo avait peur que des méchants viennent l’attaquer. C’est pour cela qu’il ne voulait pas que l’on connaisse son pouvoir, même s’il savait qu’il était très fort et très puissant. Lintailo avait également peur que les gens viennent tout le temps lui demander des autographes s’ils savaient qu’il était un super-héros. Il fit donc un discours à la classe et dit : « n’écoutez pas Lola ! Ne l’écoutez pas ! Ce n’est pas vrai ». Puis, le soir, il écrivit une lettre à Lola :

Chère Lola,

Tu n’imagines pas toutes les conséquences de tes actes. Tous les méchants savent de quoi je suis capable. Ils me craignent et peuvent préparer des plans pour m’avoir. Tu dois convaincre les élèves que tout est faux si tu veux revenir dans mon groupe de travail.

Le maître.

         Lintailo avait raison d’avoir peur car depuis vingt ans, le sorcier Gargamel préparait sa vengeance. Il avait réussi à inventer une poudre qui, si elle touchait Lintailo, lui prendrait son pouvoir. Gargamel laissa un bonbon empoisonné sur le bureau de Lintailo. Quand il le mangea, il s’endormit et Gargamel jeta sa poudre sur lui. Quand il se réveilla, Lintailo avait perdu son pouvoir et ne pouvait plus jeter de lunettes en feu.

10. TRANSFORMATION

Lintailo fut beaucoup plus détendu une fois qu’il avait perdu son pouvoir car il n’avait plus peur que des méchants l’attaquent. Il pardonna donc à Lola d’avoir dévoilé son secret et elle put revenir dans son groupe de travail. Erina avait complètement changé depuis l’entraînement de Lola. Avant l’entraînement, quand Erina rencontrait une nouvelle personne elle se disait : « elle est moche, stupide et bête ». Maintenant, quand elle rencontre quelqu’un, elle se dit : « courage, tu peux te faire une amie ». Avant, quand Erina et ses parents allaient manger chez des amis, Erina pétait à table, elle mettait ses doigts dans son nez, elle enlevait ses chaussures et mettait ses pieds sur la table. Maintenant elle se comporte bien, elle ne pète plus, elle ne met plus ses doigts dans son nez ni ses pieds sur la table.

Fin.

La mystérieuse recette du Coca-Cola

La mystérieuse recette du Coca-Cola – collège Guy Môquet à Gennevilliers

Par : AIT BAALI Sofia, ARENAS Kevin-John, ARRADI Mohamed Yasine, BADAWI Iléna, BASTIEN Léon, BOUARABA Zakarya, BOUBAKRI Dina, BOUMAIL SI MOHAMMED Ranya, CHEN Lucas, CISSÉ Mahya, DAHMANI Youssra, DAUNIS Rayan, DEMBELE Ismaël, DORSAIN Mathis, EL JEROUANI Amine, FERKOUS Ryad, HAFDI Mouâd, LE GUILLOUX-TREHOREL Alexandra, LUCKIEWICZ Zuzanna, MAMALASHVILI Nila, MARTA Tony, WANG Joel

Autrice intervenante : Faustine Noguès

Graines de conteurs – saison 4


 

Il était une fois deux amis, Billie, une jeune fille de quatorze ans, et Molio, un garçon de treize ans. Ils formaient une bande de trois avec un autre garçon du nom de Matama. Ils s’étaient tous trois connus enfants car leurs pères étaient amis. Mais le père de Molio et celui de Billie étaient morts prématurément, ce qui avait rapproché les deux adolescents. Ils avaient beaucoup de points communs. Leurs pères étaient morts mais pas de la même façon. Le père de Molio était mort d’un cancer, alors que celui de Billie s’était étouffé avec un cookie. Bizarre non ? Leurs objectifs aussi se ressemblaient. Molio voulait être un grand scientifique et Billie une jeune joueuse de baseball. Tous deux des métiers très malins. Molio avait une grande sœur du nom d’Emma, avec laquelle il s’entendait bien. Emma était très solitaire à cause de la mort de son père. Molio avait une peur particulière, celle du cancer, depuis que son père était décédé de cette maladie. Le chemin que Molio prenait tous les matins pour aller au collège était assez terrifiant car il l’obligeait à passer devant l’hôpital dans lequel son père était mort. Mais le plus effrayant fut ce jour où Molio eut une hallucination et vit son père sortir guéri de l’hôpital alors qu’il était déjà mort. De son côté, Billie avait peur du vide depuis une sortie scolaire qu’ils avaient faite au début de l’année dans l’usine de fabrication de Coca-Cola de la ville. Passionnée par la boisson, Billie s’était approchée de la cuve quand soudain, Emma qui essayait de rattraper sa classe avait couru un peu trop près de Billie et l’avait, sans faire exprès, poussée dans la cuve. Billie avait fait une chute de plusieurs mètres et il avait fallu aller la chercher dans les bulles du Coca-Cola.

Un soir, les mamans de Molio et Billie les laissèrent tous les deux pour se rendre à une fête avec leurs amies de la fac. Ils avaient tout à leur disposition, sauf du soda et ils repensèrent à leur sortie dans l’usine de Coca-Cola. Ils se souvinrent qu’il y avait de grandes machines qui remplissaient les canettes et les bouteilles comme dans les dessins animés. Il y avait d’immenses structures qui stockaient les bouteilles en attendant que les camions viennent les chercher. Mais ce qui les avait marqués, c’est qu’on leur avait dit que dans cette usine était cachée la recette secrète du Coca-Cola. Elle se trouvait dans un coffre-fort presque impossible à ouvrir. Il était possible d’acheter une carte magnétique qui servait à ouvrir le coffre mais elle coûtait 100 000 000 000 milliards de dollars. Ayant soif et le goût du risque, Molio et Billie décidèrent d’aller dans l’usine de Coca-Cola où ils essaieraient de trouver le coffre-fort.

Arrivés devant l’usine de Coca-Cola, les deux amis repérèrent une entrée un peu à l’écart d’où une lumière brillait. Ils tentèrent d’ouvrir la porte mais n’y parvinrent pas et errèrent dans les buissons à la recherche d’une idée. Là, ils trouvèrent une pince et un tournevis que les gardes de l’usine avaient oubliés dans les buissons. Molio dit à Billie : « j’ai trouvé une pince ! » mais au même moment ils entendirent les pas d’un garde qui s’approchait d’eux. Billie dit à Molio : « cache-toi, je vais faire diversion pendant que tu essaies d’ouvrir la porte avec la pince ». Le garde arriva près de Billie et la regarda bizarrement. Celle-ci le salua et elle entendit Molio chuchoter : « je n’arrive pas à ouvrir la porte, j’ai pris le tournevis au lieu de la pince ». Exaspérée, Billie eut une idée et dit au garde : « regardez un écureuil, il a besoin d’aide ». Ce à quoi le garde répondit : « reste-là, je vais l’aider ». Alors, pendant que le garde avait le dos tourné, Billie lança la pince à Molio et fit semblant de partir. Le garde continua sa ronde. Quand Billie revint vers Molio, elle vit qu’il avait réussi à ouvrir la porte. Seulement, dès qu’ils entrèrent dans l’usine, un garde les attrapa et appela la police qui vint les chercher. Au poste, les policiers essayèrent d’appeler leurs mères mais elles ne répondirent pas. Ils placèrent donc les deux adolescents en garde à vue.

Le lendemain matin, c’est Ethan qui vint les chercher au poste de police. Ethan était le médecin qui s’était occupé du père de Molio pendant son cancer. Depuis sa mort, il gardait toujours un œil sur Molio et sa sœur Emma. Ethan entra dans la pièce avec les yeux rouges et les mains tremblantes, il dit : « les enfants, j’ai une terrible nouvelle à vous annoncer. Vos mères sont portées disparues. » Les deux adolescents étaient au bord des larmes. Billie, qui était la plus grande, devait montrer l’exemple, elle dit : « on va les retrouver hein. » Ce à quoi Molio répondit : « maintenant ça me revient ! J’ai entendu leur nom hier à l’usine ! »

L’intuition de Molio était la bonne. En effet, la veille, Vegesun, qui était le gérant l’usine avait repéré le manège de Molio et Billie sur les caméras de surveillance. Vegesun était très méchant car il avait vu beaucoup de films de clowns tueurs et voulait lui-même en être un. Il ne supportait pas de voir une famille avec des parents protecteurs et leurs enfants parce que quand il était petit, ses parents s’aimaient tellement qu’il n’était rien pour eux. Vegesun habitait dans l’usine de Coca-Cola, dans une petite salle qui était sa chambre. Elle était rouge comme Coca-Cola et noire comme l’obscurité de la nuit. Les murs étaient remplis de posters de clowns tueurs. Quand Vegesun était plus jeune, il avait été en prison car il avait tellement regardé de films de clowns tueurs, dont un très connu, qu’il avait un jour essayé d’étrangler un enfant avec la ficelle d’un ballon. Vous vous demandez comment il a pu devenir gérant de l’usine de Coca-Cola après tout cela ? C’est très simple. Le grand-père paternel de Vegesun était le créateur de Pepsi. Mais son fils, Arouf, ne l’aimait pas et créa l’entreprise Coca-Cola qui eut beaucoup de succès grâce à sa recette secrète qui était meilleure que celle de Pepsi. Quand Arouf fut trop vieux pour gérer l’entreprise, il légua le titre de gérant à son fils. C’est Arouf qui décida d’enfermer la recette du Coca-Cola dans un coffre, afin que personne ne puisse faire de contrefaçon.

Quand Vegesun vit Billie et Molio tenter de s’introduire dans l’usine, il décida de leur donner une bonne leçon en enlevant leurs mères. Vegesun avait comme gardes du corps des gorilles qu’il avait capturés lors d’un de ses voyages. Au moment même où Molio tentait d’ouvrir la porte de l’usine avec la pince, Shisui et Lili, les mères des deux adolescents, étaient sur le chemin du retour de leur fête. L’autoroute était vide quand tout à coup, trois voitures les encadrèrent. Les gorilles de Vegesun sortirent des voitures et les ceinturèrent. Elles tentèrent de se débattre mais les gorilles étaient plus forts qu’elles. Ils les assommèrent et les emmenèrent dans l’usine. Quand elles se réveillèrent, elles ne savaient pas où elles se trouvaient.

Le lendemain, après les cours, Emma et Molio se retrouvèrent devant l’usine. Billie manquait à l’appel. Molio dit à Emma : « Billie a une heure de colle, un élève l’a insultée alors elle a sorti sa batte et l’a menacé ». Emma répondit : « zut, on a besoin d’elle ». Ils attendirent donc une heure pendant laquelle ils firent leurs devoirs. Quand Billie finit par arriver, Emma lui dit : « tu fais tout pour te faire punir quand tu as quelque chose à faire ». En attentant Billie, Emma et Molio avait repéré une entrée par les bouches d’aération de l’usine. En rampant, ils réussirent à pénétrer à l’intérieur mais tombèrent nez-à-nez avec Vegesun qui leur dit : « vous savez, diriger cette usine, c’est seulement une couverture, mon vrai métier c’est de tuer des gens ». Alors Billie eut soudain envie de détruire le monde qu’elle trouvait injuste car son père était mort. Elle se sentit très triste mais le cacha au fond d’elle. De son côté, Molio pensait à cette phrase qu’il entendait souvent : « Ha ha ha tu fais ton mignon mais en vérité tu te sens mal ». Molio était découragé par sa pensée, mais Billie qui avait envie de détruire le monde attrapa sa batte qu’elle avait récupérée dans le bureau du principal et frappa de toutes ses forces dans l’arcade de Vegesun qui se mit à saigner et perdit connaissance. Les adolescents partirent en courant à la recherche de leurs mamans mais découvrirent avec stupeur que, pour ralentir leurs recherches, Vegesun avait placé de fausses femmes en plastiques cagoulées dans toutes les pièces de l’usine. Dans l’une des salles se trouvait les vraies mamans, mais où était cette salle ? Ils cherchèrent mais ne trouvèrent pas et, ayant peur que Vegesun se réveille, ils rentrèrent chez eux pour préparer un plan.

Quand ils arrivèrent, ils virent qu’une lettre avait été déposée pour eux, ils l’ouvrirent et lurent :

Demande de rançon

Chère Billie, cher Molio,

Je suis Vegesun, le gérant de l’usine où vous vous êtes baladés il n’y a pas longtemps. Je voudrais que vous me présentiez vos excuses.

Pour que nos conflits soient éteints, je vous propose de travailler gratuitement pour moi dans l’usine. Si vous acceptez, je libèrerai vos mères. Si vous refusez, vous ne les reverrez plus jamais. Travaillez pour moi et vous les sauverez de la mort.

Si vous prévenez la police, vos mères mourront sur le champ.

Je vous laisse un jour de réflexion. Un garde viendra chercher votre réponse demain à vingt-et-une heure.

Pensez à vos mères.

Vegesun, gérant de l’usine Coca-Cola.

            À la lecture de cette lettre, Molio était en pleurs et Billie en rage. Molio pleurait comme un enfant de cinq ans. Emma voulut le réconforter mais il était trop tard, Molio avait craqué. Il pleurait toutes les larmes de son corps en criant : « Maman ! ». Cela dura trois minutes puis il se calma. Il dit : « excusez-moi, j’en avais besoin ». Alors Billie lui mit une claque et cria : « je m’en fous de tes besoins, on est tous découragés ». Elle dit ensuite qu’il ne fallait pas accepter l’offre mais aller prendre des photos pour les donner à la police. Molio répliqua : « non, il faut obéir et les policiers croiront mieux nos mères que nous ». Ils débattirent pendant dix minutes et, finalement, ce fût Billie qui trancha : « on va à l’usine », dit-elle. Sur le chemin, ils virent plusieurs voitures et eurent le réflexe de se cacher. Arrivés devant l’usine, ils retrouvèrent la bouche d’aération par laquelle ils étaient entrés la fois précédente. Seulement, une fois de plus, Vegesun les avait vus entrer par les caméras de surveillance. Il se lança à leur poursuite et leurs petites jambes ne suffirent pas à lui échapper. Molio s’énerva sur Billie car il pensait que tout était de sa faute. Il se dit intérieurement : « elle est trop lente cette fille et elle ne sait même pas courir ». Quant à Billie, elle devint soudain anéantie et perdit espoir. Molio s’acharna sur Billie et elle se mit à pleurer, ce qui est étonnant car elle n’avait pas pleuré depuis longtemps, plus précisément depuis la mort de son père. Pendant que Molio et Billie se disputaient, Vegesun réussit à attraper Emma et il disparut avec elle.

Vegesun dit à Emma qu’elle allait désormais travailler gratuitement pour lui. Il lui montra le processus de fabrication du Coca-Cola. La première étape consistait à mettre la boisson dans une énorme cuve. Il fallait ensuite l’extraire grâce à un grand tuyau pour le transférer dans une bouteille en plastique. Enfin, il ne restait plus qu’à mettre l’étiquette de la marque sur la bouteille, le bouchon et à placer le Coca-Cola dans un environnement froid. À la fin de son explication Vegesun dit à Emma : « mais toi, ton travail sera de nettoyer les toilettes de l’usine ». Pour qu’elle ne puisse pas s’enfuir, Vegesun plaça une puce électronique dans la nuque d’Emma. Celle-ci était dégoutée par le travail qu’elle devait accomplir et chercha une idée pour s’enfuir.

Au même moment, Ethan, ne voyant pas revenir les adolescents, sentit que quelque chose clochait. Il eut alors une idée. Connaissant la concurrence historique entre Vegesun et Mohamed Ni, le gérant de l’entreprise Pepsi, Ethan décida d’appeler ce dernier pour l’informer que quelque chose ne tournait pas rond dans l’usine de Coca-Cola :

« – Bonjour, je vous appelle car il se passe des choses dans l’usine de Coca-Cola, dit Ethan.

– Ah bon ? répondit Mohamed d’un air intéressé.

– Oui, Vegesun fait n’importe quoi.

– Oui, vraiment ?

– Oui, je ne plaisante pas, vous pouvez nous aider vous et votre équipe ».

Quand Ethan raccrocha, Mohamed Ni réfléchit quelques instants. Bien qu’Ethan ne lui ait pas vraiment donné d’informations sur ce qui se passait dans l’usine de Coca-Cola, il s’agissait peut-être d’une opportunité pour Pepsi de remporter enfin le marché des sodas.

Dans l’un des sous-sols de l’usine de Coca-Cola, Shisui et Lili, les mères de Molio et Billie, étaient enfermées et gardées par les gorilles de Vegesun. Leur prison était très sombre, les gorilles les forçaient à travailler et les empêchaient de dormir. Au début, Shisui et Lili ne virent pas de solution pour s’enfuir puis elles remarquèrent que la fatigue commençait à s’emparer des gorilles. Elles se mirent donc à chanter des berceuses et tous les gorilles finirent par s’endormir. Alors, Shisui qui était journaliste, courut dans une autre pièce où se trouvait un téléphone. Elle appela son bureau :

Bonjour Catherine,

je me suis fait séquestrer dans l’usine de Coca-Cola par le gérant de l’usine qui s’appelle Vegesun. SOS aidez-moi. Je suis avec Lili, la mère de la jeune Billie. Attention, tout est surveillé par des gorilles. Faites passer au plus vite les infos.

Catherine était sa collègue la plus proche et la responsable de la rédaction. Catherine décida donc de faire passer le message. Elle rédigea son texte le plus vite possible. Les caméras s’allumèrent, les lumières s’allumèrent et c’était parti. « TOP ! »

Bonjour, bienvenue sur Infofofo le journal des nouvelles infos. Aujourd’hui, notre jeune et célèbre Shisui a été séquestrée dans l’usine de Coca-Cola par son gérant appelé Vegesun. Pourrait-on voir et découvrir le visage de ce mystérieux Vegesun ? De nouvelles infos seront mises à jour sur Infofofo.

            Suite à cette première annonce télévisée, toute la rédaction du journal se mit à enquêter sur Vegesun et, un peu plus tard dans la même journée, Catherine fit une deuxième annonce :

Bonjour, nous revoilà sur Infofofo. Pour la première fois, nous vous dévoilons les secrets de Vegesun et de l’usine de Coca-Cola. Vegesun habite dans l’usine de Coca-Cola. Il est devenu gérant suite au départ de son père Arouf. Il a des gorilles domestiques faits pour séquestrer les mères.

            De son côté, Mohamed Ni réfléchissait à un plan pour découvrir ce qui se tramait dans l’usine de Coca-Cola. La télévision était allumée dans son bureau quand soudain, il vit le journal Infofofo. Mohamed se doutait que la police n’allait pas tarder à perquisitionner l’usine de Coca-Cola et décida donc de s’y rendre au plus vite dans le but de récupérer la recette secrète. En arrivant à l’accueil de l’usine, il se fit passer pour un inspecteur sanitaire et put entrer sans problème. Il arpenta l’usine à la recherche de la pièce où se trouvait le coffre-fort. Il fit une pause pour aller aux toilettes où il croisa Emma qui nettoyait. Quand il sortit des toilettes, Emma remarqua un levier situé sous l’urinoir. Elle tira dessus et une trappe s’ouvrit. Alors Emma rassembla son courage et s’entailla la nuque pour enlever la puce que lui avait implantée Vegesun. Elle laissa la puce dans les toilettes pour que Vegesun pense qu’elle s’y trouvait toujours. Elle avança dans la trappe et rampa dans un petit tunnel. Au bout de celui-ci, elle arriva dans une cave où se trouvait le coffre-fort. Elle essaya de l’ouvrir mais il était solidement fermé. Elle vit qu’il y avait un emplacement pour la carte magnétique, mais aussi une petite caméra. Elle comprit qu’il s’agissait d’un dispositif de reconnaissance d’iris. Elle eut alors une idée. Elle remonta dans les toilettes puis passa dans les bouches d’aération pour arriver dans le bureau de Vegesun. Elle entendit la télévision et vit que Vegesun faisait les cent pas dans la pièce d’à côté. Emma récupéra son portable qu’elle aperçut sur le bureau, puis retourna dans la cave où se trouvait le coffre. Là, elle chercha sur internet une photo de Vegesun et trouva celle qu’Infofofo venait de publier. Elle zooma sur l’œil de Vegesun, plaça la photo devant la caméra et le coffre s’ouvrit. Emma était choquée, contente et joyeuse. Elle se dit intérieurement : « oh mon dieu, j’ai enfin trouvé la recette ! Je suis la première personne à avoir trouvé la recette secrète du Coca-Cola. »

Vegesun ne remarqua pas la présence d’Emma dans son bureau parce qu’il était absorbé par ce qu’il venait de voir dans le journal Infofofo. Tout était révélé au public. Il pensa : « et mince, je suis mal barré. Je suis vraiment dans la merde. Il faut absolument que je réalise un plan et au plus vite ». Il décida de s’en aller très loin et de prendre les deux mères avec lui. Il s’imaginait laisser Shisui et Lili dans une petite maison dans la forêt qui avait un jour appartenu à ses parents, puis revenir à l’usine l’air innocent. La difficulté était que Vegesun était très connu pour les années qu’il avait passées en prison et que certains de ses voisins avaient déjà commencé à avoir des soupçons, voire à informer la police de sa mauvaise réputation dans toute la ville. En pensant à cela, Vegesun s’énerva et cassa la télévision. Il descendit ensuite voir Shisui et Lili et commença à se déchaîner sur elles. Il les frappa, recouvrit leur corps de bleus, et le pire c’est qu’il appréciait pleinement ce qu’il était en train de faire. Après cela il sortit de la pièce et essaya de se calmer en fumant une cigarette.

À ce moment-là, Shisui et Lili comprirent qu’elles couraient un grand danger et décidèrent d’arrêter d’attendre que la police vienne les délivrer. Elles se mirent donc à courir dans toute l’usine, les gorilles à leurs trousses. Elles réussirent à semer les gorilles et tout à coup, Shisui vit au sol la montre de Molio. Elle comprit alors que leurs enfants essayaient de les retrouver dans l’usine et dit à Lili : « Billie, Molio et Emma sont aussi dans l’usine, on ne peut pas partir sans les avoir retrouvés. »

Mohamed Ni errait toujours dans l’usine. Désespéré de ne pas trouver la salle du coffre, il retourna aux toilettes. Emma était ressortie mais avait laissé la trappe ouverte. Mohamed Ni avança donc dans le tunnel et pénétra dans la salle du coffre. Alors qu’il pensait à tout l’argent qu’il allait gagner grâce à la recette du Coca-Cola, il arriva devant le coffre et découvrit que celui-ci était vide. Il poussa un grand cri et se jeta contre le mur. Dans son désespoir, il appuya par mégarde sur un bouton. Le sol se mit à bouger sous ses pieds. La salle du coffre était en fait un ascenseur qui permettait d’aller dans un placard à balais enfoncé plus profondément sous terre. Mohamed entra dans le placard à balais, jeta tous les balais au sol et découvrit un tiroir dans le mur, il l’ouvrit et trouva une feuille sur laquelle était inscrit :

Vegesun, mon fils.

Voici la vraie recette du Coca-Cola. Jamais personne ne doit tomber sur cette recette. J’ai placé une fausse recette dans le coffre. Ainsi, même si quelqu’un parvient un jour à acheter la carte magnétique, il ne pourra pas faire du vrai Coca-Cola.

Caféine + sucre + eau + colorant + gaz + herbe aromatique.

Alors que Mohamed Ni sautait de joie, il entendit des bruits d’explosion. C’était Emma qui, ne parvenant pas à retrouver Molio et Billie, avait trouvé des pétards dans une salle. Elle les alluma, ce qui produisit un feu d’artifice au sein de l’usine. Molio, Billie, Shisui et Lili comprirent qu’il s’agissait sans doute d’un appel d’Emma et il se précipitèrent à l’endroit où explosaient les feux d’artifices. Quand ils se virent tous les cinq, ils se jetèrent dans les bras les uns des autres. Emma cria : « j’ai trouvé la recette secrète du Coca-Cola ! » et montra la feuille aux autres qui n’en croyaient pas leurs yeux. Ils coururent jusqu’à la porte de l’usine et rentrèrent chez eux avec la recette. En entendant les bruits d’explosion, Vegesun prit peur et tenta de s’échapper mais il tomba sur la police qui arrivait dans l’usine et il se fit embarquer aussitôt. Quant à Mohamed Ni, il reprit le chemin de l’usine Pepsi en sifflotant et prépara les papiers pour racheter l’usine de Coca-Cola.

Chez Molio, tout le monde fit la fête. Billie inventa une devinette :

Quelles sont les deux premières syllabes du mot « végétarien » et comment on dit « soleil » en anglais ?

Tout le monde répondit : « Vegesun » et se mit à rire. Billie se dit intérieurement : « quand je pense qu’il y a quelques heures on était tous tristes et que maintenant on rigole ».

Molio écrivit et déclama un poème :

Pour celui qui,

En prenant des vies,

Se prenait pour un génie,

Prends garde,

Car celui qui a les yeux plus gros que la vie,

Ne sait pas qu’elle est plus grosse que lui.

Tout le monde applaudit.

Avant de s’endormir Molio pensa : « j’ai eu si peur de perdre ma mère, heureusement maintenant elle est avec nous. Aujourd’hui Billie est plus que ma meilleure amie… ».

Dans son lit, Billie se disait mentalement : « ça fait du bien de rentrer chez soi, cette aventure nous a tous soudés ».

En effet, cette aventure rapprocha encore plus les deux familles. Le lendemain matin, Billie trouva même une lettre de Molio devant sa porte et lut :

Billie,

t’es fraîche comme la crème fraîche. Quand je te vois je deviens rouge comme la fraise. T’es trop jolie comme les raviolis. Toi, fille, veux-tu être ma copine ?

            Et c’est ainsi que s’achève l’histoire de comment Billie et Molio ont réussi à renverser l’empire Coca-Cola. Suite à cette aventure, Vegesun passa le reste de ses jours en prison. Mohamed Ni racheta l’usine de Coca-Cola et Pepsi devint leader sur le marché des sodas. Quant à Molio, Billie et Emma, ils tentèrent à plusieurs reprises de faire du Coca-Cola en suivant la recette trouvée dans l’usine mais ils s’étonnèrent à chaque fois car leur boisson avait un goût fade et qu’elle ne pétillait pas.

L'aspirateur maudit

L’aspirateur maudit – collège Les Champs Philippe à La Garenne-Colombes

Par : Aya Aboulghazal, Lola Aix, Ghania Arifi, Zakarya Ben Ali, Alicia Betari, Nourhene Boudjedir, Hajar Boulhez, Nicolas Chamussy, Tilouen Destrebecq, Siloe-Keren Dimatshio Mpombo, Enzo Gautherin, Noura Ghafir Dit Masri, Asselyne Kachroud, Zackaria Kaddouri, Diarra Thei Keita, Ines Maccury, Soheir Messar, Adil Mir, Salome Passerat, Jaycee Rakotondrazanany, Kamil Renard, Nayla Samba, Lina Sekkai, Livia Sitbon, Yathusa Sivakumar, Ania Slimane, Merlin Sokambi, Thierno Sy, Noha Zaghdane

Autrice intervenante : Faustine Noguès

Graines de conteurs – saison 4

1. Bill Super Pauvre et Léna

Quelque part au milieu de l’océan se trouvait Koh Lanta, une île très petite, d’environ quinze kilomètres carrés. Une plage s’étendait sur ses côtes et, dans les terres, il y avait une forêt. On surnommait Koh Lanta, « l’île de la longévité », car ses habitants vivaient très longtemps et gardaient toujours une apparence jeune grâce à un bouclier qui protégeait l’île du vieillissement. Le record de longévité était détenu par une personne décédée à l’âge de quatorze mille ans. Au cœur des terres, on trouvait une Fontaine de Jouvence ainsi qu’une pierre qui permettait de guérir toutes les maladies. De plus, les habitants avaient créé des potagers avec des légumes et des fruits grâce auxquels ils se nourrissaient très bien et restaient en bonne santé.
La capitale de l’île, Katanakana était une ville d’une propreté remarquable grâce à Bill Super Pauvre, un homme de quatre-vingt-dix-huit ans, dont le métier était aspirateur de rue. Il était passionné par ce métier qu’il avait exercé toute sa vie. Son aspirateur n’était pas comme les autres. Grâce à une puissance pulmonaire remarquable, Bill Super Pauvre pouvait, d’une simple inspiration, aspirer les saletés. Ces dernières finissaient dans un réservoir qu’il portait sur son dos. Sa plus grande peur était de ne plus pouvoir aspirer les choses depuis ce jour où, enrhumé, il avait été obligé d’arrêter de travailler. Son rêve était de devenir le plus grand pauvre du monde. Seulement, il cachait un secret : sa famille était très riche car son grand-père de trois cents ans, Bill Super Riche, était devenu millionnaire après avoir gagné plusieurs fois au loto. Bill Super Pauvre avait honte de cette richesse et avait très peur des cambriolages.
Dans la ville de Katanakana vivait également une jeune fille nommée Léna. Elle avait vingt ans, elle adorait la magie et voulait en faire son métier. Ses cheveux étaient très clairs, quasiment blancs, comme ceux de son petit frère Félix, âgé de seize ans, et de sa petite sœur Rosa, âgée de treize ans. Léna était très gentille et aimait aider les gens. Elle adorait sa famille et sa meilleure amie, Bella. Léna avait très peur de perdre son frère et sa sœur depuis l’accident qui lui était arrivé un jour où elle les avait emmenés avec elle faire des courses. Alors qu’elle cherchait des ingrédients pour créer une potion, un portail magique était apparu et Rosa et Félix avaient disparu dans le néant. Léna avait été terrifiée à l’idée de ne plus jamais les revoir. Heureusement, ils étaient réapparus quelques minutes plus tard et elle avait décidé de ne plus jamais amener son frère et sa sœur au supermarché.

2. La rencontre mystérieuse

Avant que ne commence la plus grande aventure de la ville de Katanakana, Léna et Bill Super Pauvre se connaissaient très peu. Ils s’étaient simplement croisés un jour au Billmarché, le supermarché de la ville. Léna s’y était rendue pour faire des provisions de bières et Bill Super Pauvre venait se fournir en sacs d’aspirateur. Quand il l’avait vue, il avait pensé : « Ah elle est belle ! ». Léna, elle, ne l’avait pas trouvé à son goût. Pour engager la conversation, il lui avait demandé : « Vous prenez quoi comme marque ? ». Ils avaient un peu discuté et Léna avait fini par l’apprécier. Plus tard dans l’après-midi, Léna avait eu rendez-vous au Café de l’Amour avec Billy Wikings, qu’elle avait rencontré sur le site Bouboulechérie.com. Billy Wikings avait six cents ans mais son apparence était celle d’un jeune homme. Ces cheveux étaient courts, blancs avec des mèches rouges. Il avait les yeux verts pendant la journée et bleus pendant la nuit. Billy Wikings avait beaucoup fait rire Léna pendant ce rendez-vous, en lui racontant les nombreux métiers qu’il avait exercés. Il avait adoré être médecin car il pouvait manger des cœurs pour rester en vie, banquier car il pouvait voler de l’argent, livreur de pizzas car il pouvait manger des pizzas en cachette, bijoutier car il volait les bijoux. En revanche, il n’avait pas aimé être programmeur car il était sous-payé, ni professeur car il n’aimait pas les élèves. Le métier qu’il rêvait de faire à ce moment-là, était agent secret parce qu’il connaissait le monde par cœur et aurait pu se servir de ses compétences. Alors que Léna riait, Bill Super Pauvre, qui se trouvait par hasard dans le même café, s’était retourné et avait tout de suite reconnu la jeune femme rencontrée plus tôt. Désespéré de la voir avec Billy Wikings, il avait dit à la serveuse : « Hey mademoiselle, t’es jolie, t’es fraîche, ça te dirait pas une glace à la menthe ? ». Ce à quoi la jeune femme avait répondu : « Monsieur, sortez, je ne tolère pas qu’on me parle d’une façon aussi irrespectueuse ! » et l’avait mis dehors. Léna avait à son tour reconnu Bill Super Pauvre et l’avait regardé d’un air interloqué. À ce moment-là, elle ne pouvait imaginer l’aventure qu’ils s’apprêtaient à vivre ensemble.

3. Le début du cauchemar

Ce matin-là, tout était calme dans la ville de Katanakana. Bill Super Pauvre se rendit au Billmarché et décida d’aspirer les déchets laissés par les clients à côté du rayon chips. Une plume qui passait par là le fit éternuer. Quand il rouvrit les yeux, Bill Super Pauvre constata avec horreur qu’en éternuant, il avait aspiré toute la ville de Katanakana dans son réservoir.
De son côté, Léna rentrait d’un voyage sur l’île de Lathulicee. Quand elle arriva à Katanakana, elle fut stupéfaite. Là où auparavant il y avait des immeubles et constructions, il n’y avait plus qu’un espace entièrement vide. Elle tomba sur Bill Super Pauvre désespéré. Il lui dit : « J’ai aspiré la ville ! Toute la ville a été aspirée ! Qu’est-ce que j’ai fait ? ». Léna répondit :
« – Comment est-ce possible ? Est-ce que ça t’a fait mal ?
– Non.
– Tu n’as pas l’air si étonné, remarqua-t-elle.
– En fait, cela m’est déjà arrivé, confia Bill Super Pauvre.
– Ah oui ?
– Il y a longtemps, j’habitais dans une autre ville et je l’ai aspirée dans mon réservoir, c’est pour cette raison que j’ai déménagé ici.
– Et comment tu as fait pour remettre la ville ?
– Je ne l’ai pas fait, elle a disparu du globe.
– Attends, ça veut dire que notre ville va disparaître ?
– Pas si on arrive à la faire sortir de mon réservoir. »
Léna et Bill Super Pauvre devaient trouver une idée, alors ils allèrent siroter du Red Bill sur une petite plage ensoleillée pour réfléchir à une solution.

4. Katanakana en danger

Pendant ce temps, dans le réservoir, les habitants de la ville vivaient un véritable cauchemar. Au moment de l’aspiration, ils furent comme pris dans un ouragan et ne virent plus que du blanc et du néant. Puis, une fois que toute la ville avait été aspirée, ils virent dans le ciel une sorte de bulle qui était en fait la paroi transparente du réservoir. À l’intérieur de celui-ci, la ville était intacte à la seule différence que des déchets de chips et d’emballages flottaient partout dans les airs. Au journal télévisé Katinfo, les journalistes tentaient de trouver des explications. Le flash info de ce matin-là disait :
« Bonjour, nous nous retrouvons sur Katinfo pour une urgence. Nous ne savons pas encore ce qu’il se passe mais la police a promis d’ouvrir une enquête.
Hypothèse 1 : la Terre a été aspirée par un trou noir.
Hypothèse 2 : c’est l’apocalypse.
Hypothèse 3 : le soleil s’est éteint.
Hypothèse 4 : la Terre a explosé et nous sommes tombés dans l’espace. »
Plus tard dans la journée, les journalistes invitèrent Billy Wikings en espérant qu’il parviendrait à expliquer la situation : « Bonjour chers Katanakaniens, j’espère que vous êtes toujours là. Nous allons recevoir Billy Wikings, le plus grand érudit de tous les temps. Billy Wikings nous vous écoutons. » Billy Wikings apparut à l’écran et s’exprima posément : « Ça ne peut pas être un trou noir, sinon il ferait très chaud et on ne verrait rien. Ça ne peut pas non plus être l’apocalypse sinon on serait mort. Pareil pour le soleil éteint. Si la Terre avait explosé, la ville serait détruite et nous flotterions dans l’air. »
Les policiers municipaux, aspirés eux aussi, commencèrent leur enquête. Ils se rendirent sur le réseau social Superpauvre et virent une vidéo faite par Bill dans laquelle il filmait son réservoir d’aspirateur avec toute la ville coincée à l’intérieur. Ils lui envoyèrent donc un message sur un autre réseau social, SuperSnap et lui demandèrent : « que se passe-t-il ? ». Bill Super Pauvre répondit qu’il avait aspiré la ville et qu’il allait trouver une solution avec Léna pour la faire sortir du réservoir.
Bella, la meilleure amie de Léna, se réveilla elle aussi dans le réservoir de l’aspirateur. En voyant l’énorme bulle dans le ciel, elle ne comprit rien. Elle était sous le choc, en panique et pensa qu’elle rêvait. Elle envoya un message à Léna : « Léna, où es-tu ? J’ai besoin de toi. Je ne sais pas ce qu’il m’arrive mais c’est sûrement un rêve. Si tu peux, rappelle-moi quand tu recevras ce message. » Léna répondit aussitôt : « Ne t’inquiète pas, je vais venir vous chercher toi et Rosa, mais il faut que tu gardes ton calme. Et je veux que tu veilles sur Rosa, elle est sûrement en panique. Bisous ». Léna et sa sœur Rosa avaient rencontré Bella au Billmarché quelques années plus tôt. Bella était une charmante jeune fille aux yeux roses, brune avec deux mèches blondes. Elle était très vite devenue la meilleure amie de Léna, ce qui avait rendu Rosa jalouse. De son côté, Bella, qui avait perdu ses parents dans un accident de voiture alors qu’elle était enfant, était également jalouse de la relation que Léna entretenait avec sa sœur. Bella avait grandi avec un sentiment de honte et d’abandon et elle ne supportait pas de voir la famille parfaite de sa meilleure amie Léna. Cependant, après le message de Léna, Bella décida d’aller tout de même rendre visite à Rosa pour qu’elle ne soit pas en panique. Même si les deux jeunes filles se détestaient, elles discutèrent longuement et parlèrent du lycée où Rosa allait bientôt entrer car elle était très intelligente. Bella finit par se confier à Rosa et lui raconta l’histoire de sa famille. Seulement, Rosa décida de répéter ces confidences à tout le monde. Elle se rendit au milieu de la ville et raconta l’histoire de Bella à tous les passants.

5. D’îles en îles à la recherche de la solution

À l’extérieur du réservoir, Bill Super Pauvre et Léna cherchaient une solution. Il leur fallait trouver une personne qui serait capable de construire une machine permettant de faire sortir la ville. Bill Super Pauvre n’avait plus assez d’argent pour payer la construction d’une telle machine. Avec Léna, ils décidèrent donc de se mettre à la recherche de Bill Super Riche, afin de lui demander de l’argent.
Bill Super Pauvre pensa d’abord que son grand-père pouvait se trouver sur l’île cachée de Konoha. Cette île avait longtemps appartenu à Bill Super Riche, jusqu’à ce que son rival, Itachi, ne la vole et emprisonne l’ancien propriétaire. Sur l’île cachée de Konoha, il y avait des dragons à cent têtes, cinquante yeux rouges et cinquante yeux violets de samouraï géants. Ils parlaient une langue qui s’appelait le Katsuyan. Dans cette langue, katu voulait dire bonjour, kati : au revoir et voudzi : merci. Lorsqu’ils arrivèrent sur l’île, les dragons les accueillirent bien mais quelques temps après, ils voulurent les tuer. Bill Super Pauvre et Léna décidèrent donc de s’enfuir. Alors qu’ils couraient sur la plage, ils virent arriver sur la mer L’Île Flottante. Ils sautèrent dessus et échappèrent ainsi aux dragons.
Peu de temps après leur arrivée sur L’Île Flottante, un tsunami de crème anglaise, une avalanche de blancs en neige et des météorites caramélisées dévastèrent l’île. Bill Super Pauvre et Léna étaient aux anges. Ils dégustèrent ces événements météorologiques. Pendant qu’ils avalaient le dessert qu’avaient créé ces événements, ils découvrirent, coincée sous une météorite caramélisée, une femme du nom de Mahaut. Ils la libérèrent et, pour les remercier, elle leur apprit que s’ils mangeaient un bout de la montagne sacrée, ils trouveraient la réponse à leur question. Mahaut les mena à la montagne et après en avoir mangé un petit bout, ils eurent une certitude : ils devaient se rendre sur l’île des Inséparables.
Bill Super Pauvre et Léna trouvèrent un bateau qui effectuait la liaison. Après une nuit au milieu de la mer, ils arrivèrent sur l’île des Inséparables. Lorsqu’ils descendirent du bateau, un phénomène magique se produisit : une personne faite d’eau sortit de la mer. Léna cria : « C’est Jack dans le Titanic ! Il revit ! ». Bill Super Pauvre répondit : « Léna, tu délires. Non, c’est pas vrai, c’est Léonardo Di Caprio ! ». Léonardo Di Caprio s’avança sur la plage avant de se transformer brusquement en Madaka. Madaka était un ninja aquatique. Il possédait un œil qui lui permettait de voir les mouvements de ses ennemis à l’avance. Grâce à cet œil, Madaka savait que Bill Super Riche habitait au centre de la Terre et leur proposa de les y conduire.
Au centre de la Terre, Bill Super Riche avait une villa de couleur transparente, un zoo avec des animaux légendaires : guépards, léopards, lions en or. Il avait également une piscine avec un requin baleine, une plage privée, un jacuzzi, des Superstations 5, des Tours Eiffel de trois cents mètres de haut dans le jardin et un ascenseur dans la villa. Il vivait dans cet endroit avec ses majordomes et ses animaux. De huit heures à neuf heures, Bill Super Riche avait l’habitude de manger des céréales en or pour le petit-déjeuner, tout en regardant une émission de voitures appelée Autoriche. De neuf heures à dix heures il jouait à la Superstation 5 et le reste de la journée il regardait des vidéos sur Supersnap, se promenait dans son zoo, se baignait dans son jacuzzi et dans sa piscine. Quand Léna et Bill Super Pauvre arrivèrent chez lui, Bill Super Riche, ingrat, repoussa son petit-fils : « Tu n’as rien à faire ici, sors de là ! », s’écria-t-il. Alors Bill Super Pauvre éclata en sanglot et dit : « Moi dans la vie, tout ce que je voulais, c’était être pauvre ! ». Avec Léna, ils retournèrent sur l’île des Inséparables à la recherche d’une nouvelle solution.

6. Sortez-nous d’ici !

Au cœur du réservoir, la ville était dans le chaos. Billy Wikings organisa une manifestation avec d’autres habitants pour protester contre la situation. Sur les pancartes, on pouvait lire : « Sortez-nous d’ici ! », « On veut revenir ! », « On veut que tout redevienne comme avant ! », « Réparez tout ça ! ». La star de l’île, JP, un jeune garçon de onze ans qui avait gagné le célèbre jeu télévisé Mort Subite deux ans plus tôt et qui, depuis, était vénéré par tous les habitants, décida de faire une vidéo. Il y disait : « Salut tout le monde, c’est JP. On se retrouve pour une nouvelle vidéo. Je voulais vous soutenir dans cette période difficile. Pour vous remonter le moral, je vais vous montrer une toute nouvelle recette de cuisine que je viens d’inventer. » On le voyait ensuite préparer un sandwich à base de chips qu’il attrapait dans les airs. Quant à Rosa, elle était désespérée car son plan pour mettre la honte à Bella ne fonctionnait pas du tout. Tous les passants à qui elle avait raconté l’histoire de Bella prenait maintenant cette dernière en pitié. Bella se faisait de plus en plus d’amis et devenait de plus en plus gentille. De son côté, Rosa se sentait délaissée et était de plus en plus jalouse.

7. L’invention de Béatrice

Sur l’île des Inséparables, Léna et Bill Super Pauvre étaient toujours à la recherche d’une solution quand, sans le faire exprès, ils appuyèrent sur un bouton incrusté dans le sol. Celui-ci s’ouvrit et ils découvrirent un petit chemin qui menait à une maison en bois et en métal. Là, vivait Béatrice l’inventrice. Son magasin était au rez-de-chaussée, sa chambre et son atelier au premier étage. Par le petit chemin, elle pouvait arriver à la mer où le bruit des vagues l’aidait à se concentrer. Béatrice l’inventrice était devenue célèbre après avoir inventé un appareil électroménager qui, grâce à la musique, exerçait une attraction sur les feuilles mortes du jardin qui atterrissaient alors dans une grande tasse. Béatrice entendit du bruit sur le chemin et sortit accueillir Bill Super Pauvre et Léna. Elle avait une blouse blanche, des cheveux en pétard et de grosses lunettes rondes. Elle s’écria :
« – Salut mes cocos ! Venez prendre le thé ! Je m’appelle Béatrice, et vous ?
– Moi c’est Bill Super Pauvre, madame la mouche. Mais appelez-moi BSP, c’est plus stylé, répondit Bill.
– Excusez-le, moi c’est Léna.
– Je suis seule sur cette île mais dès qu’il y a des touristes c’est la même chose. Mais qu’est-ce qui vous amène à moi ?
– Eh bien nous sommes malencontreusement tombés ici. Mais attendez, vous êtes inventrice ! Nous allons vous raconter notre histoire, vous pourrez peut-être nous aider », dit Léna.
Bill se lança dans les explications :
« – Je suis aspirateur-man, je suis un Jedi, sauver le monde c’est mon métier. Sauf que là, j’ai aspiré ma ville, Katanakana. Nous avons parcouru trois îles pour arriver ici où nous avons rencontré Madaka. Il nous a conduit jusqu’à BSR, mon grand-père, mais celui-ci n’a pas voulu nous aider, alors nous sommes ici. Il faut qu’on trouve un moyen de sauver la ville.
– Vous êtes inventrice ! Vous pouvez nous aider. Il y a ma sœur et ma meilleure amie dans le réservoir. Pouvez-vous inventer une machine ? demanda Léna, désespérée.
– Je vais vous aider, parce que quand j’étais jeune, moi aussi j’ai été confrontée à une situation pareille. J’étais seule au monde. Je peux vous construire une machine en échange de votre amitié, dit Béatrice.
– Oui, je suis cent pour cent d’accord, s’écria Léna
– Être ami avec une mouche, c’est possible ? demanda Bill.
– J’ai déjà la machine en tête, il me faudra maximum deux semaines pour la réaliser, dit Béatrice à la cantonade. Allez mes cocos, vous allez dormir à la maison ! »
Bill Super Pauvre, Béatrice et Léna devinrent très vite les meilleurs amis du monde. Béatrice construisit une flèche en bois de cinq centimètres. Au bout de cette flèche était fixé un poste de pilotage en métal dans lequel se trouvaient quatre petits bonshommes. Le premier, Mahmoud, était un brocoli, Mimosa le cerveau de l’équipe était un fromage, Rania était une carotte stressée qui avait tout le temps peur et Banana une banane très gourmande et toujours prête. Ces bonhommes étaient magiques, mangeables, ils pouvaient ressusciter, se transformer en petits riquiquis ou devenir géants.

8. Les quatre bonshommes comestibles

Bill Super Pauvre, Béatrice et Léna, retournèrent sur l’île de Koh Lanta pour mettre leur plan à exécution. Béatrice enfonça la flèche dans le bras de Bill Super Pauvre. Les bonshommes devinrent alors minuscules et purent circuler jusqu’au réservoir. Au moment où ils furent injectés, ils s’exclamèrent :
« – Transformation tous petits !!
– Ça sent le renfermé ! s’écria Mahmoud.
– Normal, on est enfermé, rétorqua Banana.
– Let’s go trouver les gens ! encouragea Mimosa.
– On va se faire manger, s’inquiéta Rania.
– Si on les libère on gagne quoi ? demanda Banana
– Des chips barbecue, répondit Mahmoud
– Pas de souci, c’est pour quand qu’on va aider les habitants ? s’impatienta Banana.
– Pour maintenant, lança Rania. »
Tous en cœur, ils s’écrièrent : « on y va ! » et s’élancèrent dans la ville en demandant à tous les passants de les manger. Quand ils les croquaient, les Katanakaniens devenaient minuscules et pouvaient remonter le tuyau pour sortir du réservoir.
Bill Super Pauvre et Léna virent alors sortir un à un tous les habitants de la ville. Ils étaient fous de joie. Quand ils sortaient, les Katanakaniens s’écriaient : « enfin on est sorti ! On est libre !!! Allons faire la fête !! ». Ils firent des feux d’artifices et jouèrent de la musique tous ensemble pour fêter leur liberté retrouvée. Rosa aperçut Léna et était toute contente car elle lui avait manqué. Ne voyant pas Bella, elle se demanda où elle était et commença à s’inquiéter. Puis elle l’aperçut au loin et courut vers elle. Rosa réalisa alors qu’il valait mieux faire la paix avec Bella pour ne pas rester dans son ombre. De son côté, Bella se rendait compte qu’elle avait pu être méchante avec Rosa du fait de sa jalousie. Au milieu de la ville en fête, elle se pardonnèrent et se prirent toutes les trois dans les bras.
Devant tous les habitants, Bill Super Pauvre fit un beau discours : « Bonjour la ville de Katanakana. Je sais que vous avez été un peu perdus ces temps-ci et je vous comprends totalement. Pour info, vous étiez bloqués dans mon réservoir, scientifiquement dans mon dos. Ça peut paraître fou mais c’est la vérité. Ne m’en voulez pas mais c’est à cause de moi que vous vous êtes retrouvés dans mon réservoir. Pardonnez-moi mais j’ai éternué et vous avez atterri dans mon dos mais je peux vous garantir que cela n’arrivera plus jamais. Je vous le jure et que la fête commence ! »
Au milieu de la foule, Léna remarqua que les policiers prenaient des notes pendant le discours. Le lendemain, ils annoncèrent à Bill Super Pauvre qu’une enquête était ouverte pour déterminer s’il était responsable de ce qui était arrivé à la ville. S’il était reconnu responsable, Bill Super Pauvre risquait d’aller en prison, d’avoir une amende, d’être isolé dans une grotte ou d’être exilé. La justice sur l’île était rendue par une cour composée de cinq juges élus par le peuple. Pour se défendre, Bill prétendit avoir fait exprès d’aspirer la ville car il savait qu’elle était menacée par le cyclone Éole et voulait protéger les habitants. Le peuple manifesta son soutien envers Bill Super Pauvre. Les habitants ne voulaient pas qu’il soit sanctionné et ils demandèrent aux juges d’être cléments. Après avoir entendu la population et les arguments de Bill, les juges décidèrent de ne pas le condamner.

Peu de temps après la fin du procès, les Katanakaniens décidèrent d’organiser une grande fête et proclamèrent la date du 24 septembre, jour de leur sortie du réservoir, fête nationale de Koh Lanta. Depuis lors, chaque année à cette date, tous les habitants sont invités à faire la fête sur une petite île voisine du nom de Marvana. Au cœur de la fête, trône un immense buffet de chips à volonté.

Les trois voeux d'Aloha

Les trois voeux d’Aloha – collège Truffaut à Asnières-sur-Seine

Par : Rania Adjovi, Maissa Ben Belgacem, Abdouramane Diallo, Clément Dolley, Marine Richard, Adam Rurak.

Autrice intervenante : Faustine Noguès

Graines de conteurs – saison 4


  1. Un tajine

Notre histoire commence sur une île, dans un village qui s’appelait Village. Oui, c’est étrange. Les habitants de Village ne devaient pas être très inspirés le jour où ils trouvèrent ce nom. Quoi qu’il en soit, la vie de Village était rythmée par une grande fête qui avait lieu chaque année. Au cours de cette fête, les habitants, deux par deux, avaient pour mission de cuisiner un plat. Un jury était ensuite chargé de goûter les recettes pour décerner le prix culinaire de Village.

C’est lors de cette fête que Léa et Joe avaient fait connaissance. Ils avaient été réunis en binôme et avaient décidé de cuisiner un tajine. Leur plat se composait de persil, d’olives, de viande et d’œufs. Les autres participants du village avaient, cette année-là, concocté des plats étonnants. Les membres du jury purent ainsi déguster : des ramens au Nutella avec du poulet épicé ; des pâtes au wasabi avec une banane et du jus d’orange ; de la banane avec une souris ; des pêches au Ketchup ; du tiramisu au camembert et des œufs en chocolat avec de la mayonnaise. Sans surprise, c’est le tajine de Léa et Joe qui avait remporté le premier prix.

Léa avait soixante-dix ans et elle était passionnée par la musique. Elle rêvait de devenir chanteuse depuis ce jour où, alors qu’elle était enfant, elle avait vu un concert du groupe ABBA à la télévision. Léa adorait chanter de la musique pop comme Prince, Michael Jackson ou Elvis Presley. Sa maison était collée à celle de Joe qui l’entendait chanter toute la journée.

Joe avait vingt-six ans. Il portait toujours un chapeau de cow-boy, un gilet marron et des santiags car il était aventurier. Depuis qu’il était enfant, Joe rêvait d’avoir un teckel qui l’accompagnerait dans ses aventures.

  1. Un peu trop de silence

Un jour de juillet, il faisait très beau et chaud au Village. La journée était calme. Trop calme. Depuis son réveil, Joe sentait que quelque chose n’était pas comme d’habitude. En début d’après-midi, il réalisa qu’il n’avait pas entendu Léa chanter de la journée. Il décida d’aller chez elle, entra et la trouva étendue sur le sol. Elle avait fait un malaise. Il lui donna de l’eau et elle se réveilla. Il lui proposa un café et resta discuter avec elle pour s’assurer qu’elle allait mieux.

Au cours de la discussion, Joe raconta à Léa la mission qui allait l’occuper les jours suivants. Il devait trouver le trésor d’Aloha. La légende d’Aloha prédisait que les personnes qui trouveraient le coffre verraient se réaliser trois vœux.

Léa était fascinée par cette histoire et Joe lui proposa de l’accompagner dans son aventure. Tous deux ignoraient que Baki, le boxeur du village, avait tout entendu en passant sous les fenêtres de Léa. Baki avait un rêve lui aussi : il voulait devenir le plus grand boxeur de tous les temps. C’est pourquoi, il décida lui aussi d’aller chercher le trésor d’Aloha. Baki espérait le trouver avant Léa et Joe.

  1. De grottes en grottes

Léa et Joe commencèrent leurs recherches par une grotte qui s’appelait

L’Amazonie. Pour y descendre, ils avaient réuni leur équipement : une lampe torche, une blouse, un casque et des bottes. Quand ils arrivèrent au fond de la grotte, Léa et Joe firent une découverte macabre. Sur le sol, un homme était mort.

Baki, qui les suivait discrètement, fut désespéré en voyant le cadavre. Il s’agissait de son ami Léo, qui était lui aussi passionné de boxe. Léa et Joe décidèrent d’emporter le corps sur leur bateau pour le ramener au Village. Baki était très triste, il pleura et pensa qu’il avait un nouveau rêve : celui de ramener Léo à la vie.

Léa et Joe poursuivirent leurs recherches dans une autre grotte. Il s’agissait de la Grotte Mystérieuse. Dès qu’ils entrèrent, ils virent de la fumée sortir d’un coup et distinguèrent le regard sombre d’une personne. Il s’agissait de Baki, qui voulait leur faire peur afin de gagner du temps. Baki avait inventé un piège à destination de Léa et Joe. Pendant qu’ils essayaient de calmer leur peur, Baki disposa un faux coffre dans la grotte. Quand Léa et Joe le trouvèrent, ils crurent qu’il s’agissait du trésor d’Aloha. Seulement, leurs vœux ne furent pas exaucés. Ils crurent alors que la légende était fausse et décidèrent de rentrer chez eux. Baki était satisfait, il allait pouvoir chercher le trésor seul.

  1. L’indice de Mystère

Alors que Léa et Joe dînaient ensemble chez Léa, ils entendirent toquer à

la porte. Ils ouvrirent et virent apparaître Mystère, un garçon de seize ans très mystérieux. Mystère leur dit : « Je vous ai vu chercher le trésor, je connais des indices sur la grotte d’Aloha : dans la grotte il y a des gouttes d’eau et on peut entendre la voix du roi qui a caché son trésor en dessous de son île. Pour trouver la grotte, il faut d’abord chercher un sous-marin très spécial. Ce sous-marin s’appelle Malus, il a été construit par Ulysse pendant l’Antiquité grecque, puis il a appartenu à Jules Verne. Trouvez Malus et vous trouverez le trésor d’Aloha. »

Après avoir révélé ses indices, Mystère disparut aussi vite qu’il était apparu. Léa et Joe réfléchirent un moment à ce qu’ils venaient d’entendre. Tout à coup, Léa eut une illumination. Elle s’écria : « Le sous-marin Malus doit être resté à l’époque de Jules Verne, nous devons voyager dans le temps ». Alors que Joe se demandait comment ils allaient pouvoir retourner à l’époque de Jules Verne, Léa se précipita dans la cuisine et rassembla des ingrédients. Elle connaissait une recette à voyager dans le temps.

  1. Rendez-vous au XIXème siècle

Pour effectuer un tel voyage, il fallait mélanger du cassoulet, du saucisson, des pâtes, du Ketchup et de la sauce au chien saucisson. Quand le plat fut prêt, Joe et Léa le mangèrent. Les murs de la maison de Léa tremblèrent et se transformèrent. Les photos de la vie de Léa disparurent et furent remplacées par des portraits de Jules Verne. Ils avaient réussi ! Ils étaient retournés au XIXème siècle et se trouvaient à présent dans la maison de Jules Verne.

Léa et Joe arpentèrent les pièces de la maison et n’eurent pas de mal à trouver le sous-marin Malus. Il avait d’abord été construit par Ulysse avec des planches de bois. Pour avancer, il fallait utiliser des rames. Un très long tuyau permettait de respirer. Des siècles plus tard, Jules Verne avait découvert le sous-marin, l’avait restauré, y avait ajouté quatre grands pieds et une machine pour respirer sous l’eau. Dans le poste de pilotage, il y avait un tableau de bord avec huit boutons. Le premier permettait de démarrer le moteur, le deuxième de ralentir, le troisième d’accélérer, le quatrième de klaxonner, le cinquième d’allumer la radio, le sixième d’ouvrir la porte, le septième d’arrêter le moteur. Le huitième bouton était le plus mystérieux : il permettait d’enclencher des essuie-glaces, ce qui, pour un sous-marin est assez cocasse.

De son côté, Baki était entré chez Léa. Voyant qu’elle et Joe avaient disparus, il goutta le plat et se retrouva lui aussi chez Jules Verne. Il les suivit jusqu’au sous-marin et se cacha dans une de ses trappes.

Dans la cabine de pilotage, Léa et Joe découvrirent une carte sur laquelle une croix avait été tracée. Ils décidèrent de se rendre à cet emplacement pour voir si la grotte s’y trouvait. Ils se mirent en route et passèrent à côté de l’Afrique du Sud, du Brésil, des États-Unis, et de l’Australie. Après ce long périple, ils arrivèrent à l’endroit indiqué sur la carte. Incroyable ! Une grotte sous-marine était là.

  1. Une apparition

Bien qu’elle soit située sous l’eau, la grotte était lumineuse. Au centre de

celle-ci s’étendait un lac. Léa et Joe, suivis de Baki, arrivèrent dans une grande pièce au centre de laquelle le coffre brillait. On pouvait y lire plusieurs inscriptions comme : « Ouvre le coffre et tu auras ce que tu veux », ou encore :  « Fais attention à tes vœux ».

En voyant le coffre, chacun pensait aux rêves qu’il ou elle allait réaliser. Léa s’imaginait chanter sur scène comme France Gall. Elle rêvait de vivre dans la maison de Prince et d’avoir un studio d’enregistrement.

Joe pensait au teckel avec lequel il allait pouvoir vivre de grandes aventures.

Baki, lui, était animé par deux vœux. Tout d’abord, il souhaitait voir se réaliser son rêve d’enfance : devenir le plus grand boxeur de tous les temps. Mais Baki rêvait également de ramener Léo à la vie et s’imaginait pouvoir faire à nouveau des entraînements et des combats avec lui.

C’est pourquoi Baki surgit de sa cachette et se précipita pour voler le coffre. Léa se jeta sur lui et Joe lui fit un croche-pied. Baki tomba au sol et le coffre fut propulsé à l’autre bout de la pièce. À ce moment-là, le fantôme de Léo fit son apparition. Tout le monde fut stupéfait et la bagarre s’arrêta net. Léo prit la parole : « Il me reste encore beaucoup de choses à vivre et je ne peux me résoudre à mourir aussi jeune. Vous devez utiliser un des vœux pour me ramener à la vie. Si vous ne le faites pas, je vous hanterais pour le restant de votre vie. »

  1. Le dilemme

Dans la grotte, un véritable tribunal s’organisa. Léa, Joe et Baki n’apprécièrent

pas les menaces de Léo mais ils reconnurent qu’ils ne pouvaient pas refuser de le ramener à la vie. Il ne restait donc plus que deux vœux et chacun essaya de défendre son rêve.

Baki s’exprima le premier : « Je rêve d’être un grand boxeur depuis l’âge de douze ans. Je me souviens d’un entraînement que j’ai fait avec Léo il y a quelques semaines. Il m’encourageait et je ne me suis jamais senti aussi bien qu’à ce moment-là. Quand je boxe, c’est le seul moment où je me sens à ma place. Si je devenais le plus grand boxeur, je pourrais être un exemple pour beaucoup d’adolescents. En plus, je reverserais l’argent des compétitions à des associations, ainsi qu’au Village. »

Léa et Joe furent touchés par le discours de Baki mais ils lui répliquèrent qu’il n’avait pas nécessairement besoin du vœu pour devenir le plus grand boxeur : il pouvait s’entraîner.

Léa prit ensuite la parole : « Je suis la plus vieille d’entre nous et il ne me reste pas beaucoup d’années à vivre. Depuis toute petite, je rêve de devenir chanteuse et je suis triste de ne pas avoir réussi à accomplir ce rêve. Si je devenais chanteuse, je pourrais apporter de la bonne humeur aux gens. De plus, cela fait des années que je n’ai pas pu aller voir mon fils qui habite loin. Grâce à l’argent des concerts, je pourrais profiter de lui. »

Joe et Baki écoutèrent attentivement les paroles de Léa puis ils lui demandèrent : « mais est-ce que tu sais chanter au moins ? Si tu n’es pas devenue chanteuse, il y a peut-être une raison. »

Joe parla en dernier : « Quand j’étais petit, j’avais un chien qui s’appelait Saucisson. Le jour de ses quinze ans, il a sauté dans le vide et il est mort. Depuis, je me sens seul et je rêve de retrouver un ami fidèle qui m’accompagnerait dans mes aventures. Si j’avais ce chien, je pourrais résoudre encore plus d’enquêtes, trouver d’autres trésors et aider les gens en leur donnant de l’argent. Je pourrais aussi fournir les musées et enrichir la vie culturelle. En plus, c’est moi qui connaissais la légende d’Aloha, c’est donc normal que je puisse réaliser mon rêve. »

Léa, Baki et Léo n’étaient pas très convaincus par l’argumentaire de Joe. Pourquoi ne se contentait-il pas d’acheter un chien ? Joe répondit qu’il ne voulait pas n’importe quel chien, il souhaitait avoir un chien parlant.

  1. La solution

Dans la grotte, Léa, Joe et Baki semblaient dans une impasse.

C’est finalement Léo qui trouva une solution. Il dit à Joe : « J’ai une proposition à te faire. J’ai chez moi un chien très fidèle et dégourdi. Certes, il ne parle pas, mais je te promets qu’avec lui tu ne te sentiras plus jamais seul. Laisse Léa et Baki réaliser leur rêve et je te donne mon chien. »

Joe fit preuve d’altruisme et accepta la proposition de Léo. Les trois vœux furent prononcés. Léo revint à la vie, Baki devint le plus grand boxeur et Léa se mit à chanter avec talent. Léa sortit de son sac une boîte qui contenait la recette à voyager dans le temps. Tous en mangèrent une cuillère et retournèrent à leur époque.

Quand ils sortirent de la grotte, ils furent arrêtés par une foule qui attendait là. Il s’agissait du fan club de Léa et de Baki qui étaient devenus célèbres grâce aux vœux. Les deux stars restèrent là à signer des autographes tandis que Joe suivit Léo chez lui. Dès qu’ils ouvrirent la porte, le chien de Léo se jeta sur Joe pour lui faire la fête. Joe était si heureux qu’il éclata de rire. Il prit le chien dans ses bras et déclara en le regardant dans les yeux : « Saucisse, désormais, tu t’appelleras Saucisse ».

Fin.

La ville penchée

La ville penchée – école Jean Lurçat à Gennevilliers

Graines de conteurs – saison 3

Auteur intervenant : Marc Soriano

   0. L’écrivain

MARCO : – Bonjour je m’appelle Marco, je suis écrivain, je fabrique des histoires. Il y a quelques temps quelqu’un m’a téléphoné et m’a dit que j’allais recevoir une valise et il a raccroché. J’ai à peine eu le temps de dire que j’en avais déjà une. Le lendemain on a sonné à la porte et on m’a livré une valise. Elle était pleine de billets. Le téléphone a encore sonné et la même voix m’a demandé, en échange de l’argent, de fabriquer une histoire qui parle de… chut ! Il paraît que quand on en parle, ils viennent. Une histoire avec des…

L’écrivain se met à faire des grimaces et à se tordre dans tous les sens.

Vous avez compris ? Moi j’en ai une peur terrible. J’ai accepté le travail bien sûr. J’aurais préféré une histoire normale avec des gens normaux.

Vous y croyez, vous, aux… ?

L’écrivain se met à pousser des cris affreux, à hurler, à rugir comme une bête.

Je le fais bien, non ? C’est clair maintenant ? Vous êtes sûrs qu’il n’y en a pas ici ? Je les connais, en plus ils sont malins, ils se cachent. Vous avez bien regardé partout ? Non, je plaisante, ici on est tranquille.

Il sursaute.

Excusez-moi, j’ai cru en voir un derrière la porte, là. Peut-être que nous en rencontrons souvent sans le savoir ? On dit même que certains sont comme tout le monde pendant la journée, et que la nuit, ils se transforment en… Et s’il y en avait un à côté de vous ?

Il faut que je trouve une idée, la voix au téléphone m’a bien dit, « une histoire de … Il chuchote, on l’entend à peine… monstres… mais que personne ne connaît et qu’on ne trouve pas dans le catalogue habituel des Ogres, Loup-garous, Dracula, Frankenstein et compagnie ». Chut ! j’en ai des sueurs froides. On dit qu’il y en aurait, pas très loin d’ici. Vous êtes au courant ?

Tiens, j’aperçois des enfants qui discutent dans la cour de leur école. Allons voir de quoi ils parlent, peut-être savent-ils quelque chose ?

1. Cour d’école

CINDY : –  Tu habites où ?

SARAH : –  Par là. Tu passes devant le stade et tu continues. C’est loin. Tu marches longtemps.

CINDY : –  Ça s’appelle comment ?

SARAH : –  J’en sais rien, c’est la rue où les arbres sont carrés.

CINDY : –  Non mais autour de ta rue, ça s’appelle comment ?

SARAH : –  Je sais pas. Si, Légo-le-Grand,

CINDY : –  Ah oui je connais. Ma maison aussi c’est une grande biscotte. Mais c’est à Grande-barre-les-orteils

SARAH :  – Grande-barre-les-orteils !

CINDY :  – À côté de Chaussette city !

SARAH :  – Ça doit sentir mauvais.

EMMA :  – Il y a une ville qui s’appelle Bonbonville, où les gens ont mal aux dents.

SARAH :  – Et Trampoline-les-accidents ? où les gens sautent partout ?

CINDY :  – En vrai il y a une ville qui s’appelle Penché-sur-Seine

SARAH :  – Elle est où ?

CINDY :  – Pas très loin. C’est là où j’ai un cousin. Mon cousin Erdan, qui est policier.

SARAH :  – Je crois que je la connais cette ville

CINDY :  – Ça ça m’étonnerait, c’est une ville secrète

SARAH :  – C’est fait comment une ville secrète ?

EMMA :  – Pareil qu’une ville normale, mais personne ne sait où elle est

CINDY : – Non, elle est pas pareille qu’une ville normale.

SARAH : – Elle est comment ?

CINDY : – Elle a des tours qui sont toutes penchées

EMMA : – Comme ça ?

CINDY : – Non, pire, comme ça. Alors tout tombe par la fenêtre

EMMA : – C’est pas possible, on perd tout.

CINDY : – Si, c’est possible. Parce qu’il y a plein plein de magasins là-bas. On peut s’acheter tout ce qu’on veut

SARAH : – Ils doivent être riches

CINDY : – Plus que riches. Méga-riches. Ils ont des livres en chocolat et des shampooings à la fraise

EMMA : – Tu parles. Ils doivent avoir des armoires à laver, où les habits sont toujours propres et bien rangés

CINDY :  – Oui ils en ont plein. Et des chiens volants. Et des assiettes aussi. Volantes.

SARAH :  – Je sais c’est pour pas qu’elles tombent par les fenêtres

CINDY :  – Ben oui, demande à Arthur

ARTHUR : – Quoi ?

CINDY : – Penché-sur-Seine, ça existe ?

ARTHUR  : – Ben oui, je connais. Mais faut pas y aller là-bas. Il fait tout noir, tout le temps.

CINDY : – Ça m’étonnerait, ils ont plein de magasins

ARTHUR : – Oui, y’a l’électricité

EMMA : – Des magasins où on vend des chauves-souris ?

CINDY : – Non des magasins avec des tartines déjà beurrées

SARAH : – Et aussi des rouges à lèvres qui font parler les muets, je crois

ARTHUR : – Non, c’est des rouges à lèvres fluo, pour les sourds, pour qu’ils voient les lèvres bouger dans le noir

EMMA : – Ils ont des pulls à paillettes, des chaussures qui clignotent ?

SARAH : – Bien sûr, et des poupées avec des gros yeux lumineux !

ARTHUR :  – Mais là-bas tu peux pas jouer au foot

EMMA :  – T’as dit qu’il y avait l’électricité

ARTHUR : – Oui mais les terrains sont penchés, alors l’équipe du bas perd toujours dix à zéro.

EMMA :  – C’est l’enfer cette ville.

SARAH :  – On pourrait y aller

CINDY :  – N’importe quoi, on n’a pas le droit

SARAH :  – Pourquoi on n’a pas le droit ?

CINDY :  – J’ai pas le droit de le dire

ARTHUR :  – T’as qu’à le dire quand même

CINDY :  – Qu’est-ce que tu donnes en échange

ARTHUR :  –  Un autocollant à paillettes

CINDY :  –  Et un autre rose fluo ?

ARTHUR :  –  D’accord

EMMA : –  Ça sonne !

MARCO : – On ne va pas en rester là. Vous croyez que c’est vrai ce que dit Cindy ? Il existe vraiment, son cousin Erdan ? Attendez, je vais écrire la scène où elle lui téléphone. Non mais, c’est qui le patron ?

3. Au téléphone

CINDY :  – Erdan ?

ERDAN :  – Qui est à l’appareil ?

CINDY :  – C’est Cindy

ERDAN :  – Cindy, quelle surprise !

CINDY :   – J’aimerais bien venir te voir à Penché-sur-Seine

ERDAN :  – Non non non, moi je vais venir te voir à Grande-Barre-Les-Orteils

CINDY :  – J’en ai marre, pourquoi je peux jamais venir ?

ERDAN :  – Tu sais bien pourquoi. C’est dangereux

CINDY :   –  Je viens avec Arthur

ERDAN :  – Arthur c’est qui ?

CINDY :   – Il est dans ma classe, il est fort et même plus que fort, il a un déguisement de super-héros

ERDAN : – Tu parles !

CINDY : – Je t’envoie sa photo normale. Tu l’as ?

ERDAN : – Oui

CINDY : – Et sa photo de super-héros, voilà.Tu l’as ?

ERDAN : – Oui.  Tu parles !

CINDY : – Et aussi je serai avec Chloé. Tu la connais ?

ERDAN : – Non

CINDY : – Je t’envoie sa photo, elle a des super-pouvoirs, regarde bien ses yeux tu vas comprendre. Tu l’as ?

ERDAN : – Oui . Tu parles !

CINDY : – Laisse-moi essayer. Je viens aussi avec Emma et Sarah.

ERDAN : – Vos parents sont d’accord ?

CINDY : – Non, on va leur dire qu’on va au cinéma

ERDAN : – N’importe quoi !

CINDY :   – Allez ! S’il te plaît !

ERDAN : – Bon écoute-moi bien. Il n’y aucun bus, aucun tram, aucun train qui arrive ici

CINDY :  – On fera de l’auto-stop

ERDAN : – Personne ne connaît la route, personne ne sait venir ici

CINDY :  – Ce n’est pourtant pas loin

ERDAN : – Il n’y a qu’une voiture qui peut t’emmener à Penché-sur-Seine, une voiture toute noire, avec des vitres noires, qui roule à 200km/h sur une route isolée et introuvable. Bonne chance.

CINDY : – Erdan ! Il a raccroché.

  1. dans la rue

MARCO : – Ça se complique. Et ce n’est pas moi qui vais trouver cette route secrète, je n’habite pas ici. Je vais demander aux passants… Excusez-moi madame, pour aller à Penché-sur-Seine, je dois passer par où ?

LA DAME : – Où ? Non mais ça va pas ? Vous me prenez pour qui ?

MARCO : – Désolé, je… Monsieur ! Oh il est mignon votre chien, comment s’appelle-t-il ?

LE MONSIEUR : – Hot-Dog, je l’ai trouvé dans la rue, il avait l’air perdu.

MARCO : – Je voulais vous demander, vous connaissez la route pour aller à Penché-sur-Seine ?

LE MONSIEUR : – Pardon ? Vous êtes sûr que c’est dans le coin ? Tais-toi Hot-Dog ! Je ne comprends pas ce que dit le monsieur, arrête d’aboyer !

MARCO : – Votre chien a l’air de connaître

LE MONSIEUR : – Hot-Dog viens ici ! Il est parti comme une flèche. Redites-moi le nom que vous cherchez ?

MARCO : – Penché-sur-Seine

LE MONSIEUR : – Il recommence à faire des bonds et à piailler, on n’a qu’à le suivre.

MARCO : – Regardez, il s’est assis à l’entrée du stade, sur une plaque d’égoût.

LE MONSIEUR : – Ben alors, mon chienchien ?

MARCO : – Il penche la tête. Vous voulez bien m’aider à soulever la plaque ? Voilà… Il fait noir là-dedans ! C’est profond… ça sent l’essence, c’est sûr, la route doit passer là-dessous. Merci Hot…

LE MONSIEUR : – Hot-Dog !

MARCO: – Il a sauté…

LE MONSIEUR : – Hot-Dog !

MARCO: – Disparu

LE MONSIEUR : – Tout ça, c’est à cause de vous !

MARCO: – Venez, on va essayer de…

LE MONSIEUR : – Vous croyez que je vais vous suivre là-dedans ? Certainement pas ! Au revoir, monsieur, et si vous le retrouvez, voici ma carte, appelez-moi !

MARCO : – Bon… Rentrer là-dedans tout seul ? Jamais de la vie ! Je vais faire venir Cindy et sa bande. Je ne vais pas tout faire, non plus… les personnages de mon histoire sont là pour ça ! C’est qui le patron ?

  1. Devant le stade

ARTHUR : – Je ne vois rien. Pas de route secrète.

SARAH  : – C’est l’entrée du stade !

CINDY : – Attendez, c’est sous nos pieds que ça se passe. Arthur, tu es dessus. Vous avez pris vos lampes ?

ARTHUR :  – Il faut lever cette plaque ?

CINDY : – Oui. Voilà…Éclaire-moi

EMMA :  – Fais attention !

CINDY : – Il y a des barreaux d’échelle pour descendre, comme dans mon rêve. Allez on y va…

CHLOÉ : – Maman, j’ai peur !

CINDY : – Je suis déjà en bas, ce n’est pas si haut.

ARTHUR : – On n’y voit rien !

EMMA : – Eclaire avec ta lampe, il fait tout noir !

CINDY : – Bande de super-héros en carton !

CHLOÉ : – Attendez-moi !

  1. Dans le tunnel

SARAH : – Arthur, sors-nous de ce tunnel.

EMMA :  – Chloé, fais quelque chose

CINDY :  – Oui c’est le moment de mettre en action vos super pouvoirs

ARTHUR : – S’il n’y a pas de méchants, je ne peux rien faire

EMMA : – Il y a Sarah

SARAH : – N’importe quoi, c’est pas drôle

EMMA : – Elle a un lance-pierre je vous signale

CHLOÉ : – Il fait trop nuit, on ne voit rien

SARAH : – En vrai c’est juste un déguisement

ARTHUR : – N’importe quoi, j’ai déjà sauvé quelqu’un

EMMA : – Au fait Cindy tu le dis ton secret ?

CINDY : – Je l’ai dit à Arthur

EMMA : – Je n’ai pas d’autocollant en échange

CINDY : – Dis-le, Arthur

ARTHUR : – Contre deux vignettes de footballeur

SARAH : – Quand on sera revenu je te les donnerai, mon frère en a plein

ARTHUR : – D’accord. A Penché-sur-Seine, il y a une forêt, et dans cette forêt, il y a plein de monstres.

CHLOÉ : – Quel genre de monstres ?

ARTHUR : – Des monstres méchants et affreux

EMMA : – Ce n’est jamais gentil et beau, un monstre

CHLOÉ : – Ah si, ça existe. Il y a quatre catégories. Niveau 1, gentil et beau, niveau 2, gentil et affreux, niveau 3, méchant et beau, niveau 4, méchant et affreux.

ARTHUR : – Là-bas, ce n’est que du niveau 4

CINDY : – Regardez, on sort du tunnel

EMMA : – Toujours pas de voiture

CINDY : – Ça va venir

  1. Marco est devant son ordi. Il surfe

MARCO : – Ça y est, j’ai trouvé une voiture de course noire, modèle familial, très rare, et son chauffeur, un loup. Heureusement il ne mange que du poisson et des bonbons pétillants. Mais il roule comme un dingue. C’est bien ça ?

LOUP apparaît sur l’écran : – Affirmatif.  Pour aller là-bas, on n’a pas le choix. Bravo pour la voiture, une Sesto Elemento, le top. Vous avez pensé à mon paquet de bonbon-soucoupes ? Il m’en faut un bon kilo

MACRO : – Vous trouverez ça dans la boîte à gant. Je vous ai ajouté des Têtes Brûlées.

LOUP : – Génial

MARCO : – Avec des mammouth-tétines, des crocodiles et aussi des œufs au plat

LOUP : – Magnifique ! Juste une question : vous ne m’avez pas mis dans la liste au début, c’est normal ?

MARCO : – … Oui, dans toutes les histoires, le loup c’est la star enfin ! Ça ne se mélange pas avec les autres personnages !

LOUP : – Vu comme ça. Bon, j’y vais moi.

MARCO : – Soyez prudent.

LOUP disparaît

MARCO : – Je m’en suis tiré comme j’ai pu…On avait dit pas de loup. J’ai craqué. Oh et puis c’est qui le patron ?

  1. Sur la route

Une voiture de course, noire et longue, fait un grand dérapage et s’arrête. Ses portières s’ouvrent toutes seules, comme par magie. Les enfants montent dedans, et elle repart en trombe.

  1. Dans la voiture de course

CINDY : – Vous pouvez rouler moins viiiiiite ?

SARAH : – Au secours au secours au secours maman au secours au secours maman maman au secours !

CHLOÉ : – Je crois que je vais vomir.

ARTHUR : – J’adore

EMMA : – Il est fou ce loup il est fou ! Il est loup ce fou, il est loup !

CINDY : – C’est un loup ?

EMMA : – Un fou déguisé en loup !

ARTHUR : – Il ne nous entend pas.

SARAH : –  Au secours au secours au secours maman au secours au secours maman maman au secours !

CHLOÉ : – J’ai le cœur dans la bouche. Stoooooop !

EMMA : – Arrêtez, s’il vous plaît arrêtez !

ARTHUR : – Ça va tout droit et à fond, il maitrise. Aaaaaah ! Ooooooh !

La voiture s’arrête.

LOUP : – Non mais vous croyez qu’on arrive à Penché-sur-Seine comment ? En tricycle ?

CINDY : – C’est encore loin ?

LOUP : – On arrive. Je vous laisse en ville ou vous préférez la forêt ?

CINDY : – Vous connaissez Erdan ?

LOUP : – Non.

CINDY : – Il est policier

LOUP : – Je ne connais personne en ville, pas trop mon truc. Mais je peux vous déposer au commissariat

CINDY : – D’accord. Il y a des gens qui habitent la forêt ?

LOUP : – Oui dans les grottes. Les monstres ! Vous êtes au courant ? L’ambiance est bien plus sympa qu’en ville. Ils organisent une fête ce soir, j’y vais. Si ça vous dit, appelez-moi. Voilà ma carte.

CINDY : – Merci. Votre déguisement est mortel.

LOUP : – Mon déguisement ? Quel déguisement ?

CINDY : – De loup !

LOUP : – Mon déguisement de loup ? Le loup rit aux éclats. Excellent ! Mon déguisement de loup !!! Vous m’avez l’air d’être une sacrée bande ! Venez à la fête !

La voiture redémarre en trombe, encore plus vite

  1. Au commissariat de Police de Penché-sur-Seine

ERDAN : – Levez le doigt, s’il vous plaît, et faites votre description. Ne parlez pas trop vite, articulez bien, afin que le portrait-robot apparaisse sur l’écran. Oui Madame ?

NORA : – Il avait la peau blanche et transparente, avec cinq yeux, deux bouches et des tentacules

ERDAN : – Bien. Voyons ça… Ah ! Ça pourrait être Kémie, d’après la fiche…

NORA : – Oui c’est bien lui, quelle horreur !

ERDAN : – Non c’est bien elle, c’est une dame.

NORA : – Une dame ? Vous plaisantez ?

ERDAN : – Pas du tout.

ALI : – Moi, il ressemblait à un taureau, mais il avait des cornes à la place des oreilles, des ailes et une moustache. Il avait l’air gentil.

ERDAN : – C’est noté. Un instant s’il vous plaît… Oh oh, pas de doute c’est bien lui, c’est Gaspi. Tout petit taureau.

ALI : – Gaspi ?

ERDAN : – Oui apparemment il joue avec la nourriture et fait n’importe quoi.

CHALLAH : – Celui que j’ai vu a trois yeux, quatre bras et des oreilles de lynx.

ERDAN : – Veuillez répéter s’il vous plaît. Parfait. Attendons que le système… Voilà. Léoni ! On ne connaît que lui.

CHALLAH : Je le reconnais, il m’a volé des chouquettes.

ERDAN : – Oui madame ? À vous !

CLOÉ : -Moi il avait cinq têtes, des griffes mortelles et…

ERDAN : – Cinq têtes, cinq têtes… ça me dit quelque chose. Ah voilà, regardez c’est Mardi, aucun doute. Très dangereux.

CLOÉ : – Mardi, c’est son nom ça ?

ERDAN : – Faut croire. Il vous a fait quelque chose, une agression, un…?

CLOÉ : – Non, il a sonné à ma porte pour me vendre un calendrier. Je ne l’ai pas laissé entrer.

ERDAN : – Vous avez bien fait. Monsieur ?

KYLIAN (montrant Cloé) : – Je pense que cette dame nous cache quelque chose, je la reconnais.

CLOÉ : – Je vous demande pardon ?

KYLIAN : – Elle avait la peau jaune, une robe jaune, et une bouche pleine de dents pointues. Mais c’est la même personne. L’image apparaît sur l’écran. Regardez, c’est elle. Cloé sort du bureau en bousculant tout le monde.

ERDAN : – Attrapez-là ! Erdan siffle dans son sifflet et des agents se lancent à la poursuite de Cloé. Nos agents vont la capturer. Continuons.

CHALLAH : – J’en ai vu un, avec des poils rayés, jaunes et violets. Petit, rond, avec un œil et des dents pointues.

ERDAN : – Ça ne me dit rien… attendez… non, rien dans la bécanne. Ah si…Vingt, il s’appelle. Comme le chiffre vingt. Rien à signaler ?

CHALLAH : Il voulait des bonbons gratuits. Des oursons.

ERDAN : – Vous savez que c’est une drogue qui fait des ravages ? Je plaisante. Plus de témoignage ?

ISABELLE : – Si, moi j’ai vu briller trois yeux rouges dans un parking souterrain.

ERDAN : – Trois yeux rouges ? Pas d’autres détails ?

ISABELLE : – C’était dans le noir. Il riait sans arrêt. J’ai eu la peur de ma vie !

ERDAN : – Ça peut être celui-là, pas encore identifié, c’est un X .

NORA : – Deux têtes, avec une fermeture éclair sur une des bouches ? Oui je l’ai vu. Trois tentacules d’un côté, trois pattes de l’autre, des ailes et quatre pieds ?

ERDAN : – C’est ça.

NORA : – Une odeur infecte. Il roupillait en bas de mon immeuble. Avec un autre qui avait le corps couvert de poils verts et des tentacules très longues.

ERDAN : – Ça tombe bien, il s’appelle Tentacule, regardez. Il dit qu’il a 140 ans. Il attrape les pigeons pour se nourrir. Monsieur ?

MARIO : – J’en ai vu un avec un oiseau sur la tête !

ERDAN : – Oui, c’est Toby, un petit, le corps couvert d’insectes et une cape rouge ?

MARIO : – Ça doit être ça. Avec un autre qui crachait du feu, une langue de serpent, huit bras et treize pieds.

ERDAN : – C’est Jerry, c’est pas le pire… il est souvent avec Malke, lui il a 4 oeils , treize pieds, huit bras, tu en coupes un, ça repousse… un vrai monstre à l’ancienne, toujours sur un mauvais coup, un vraie teigne.

Bon je crois qu’on a fini les identifications ? Je voulais quand même vous faire part de nos dernières découvertes, car, comme dit le proverbe, « quand il n’y en a plus, y’en a encore »… Il semblerait que la vague d’arrivage de monstres ne cesse de grandir, cela afin de mieux vous préparer.

Les portraits apparaissent sur l’écran

Des piques rouges sortant du corps, une tête rectangulaire et de grandes oreilles, c’est Franck. Niveau 2.

Visqueux, une sorte de pieuvre avec une énorme verrue, c’est Destructeur, niveau 4.

Son visage est comme une feuille au bout d’un corps en forme de tige de 2 m, avec des pétales de fleur tout en haut, elle s’appelle Feuille. Niveau 1.

La paire Mou et Croc… c’est peut-être un couple. Croc ressemble à un dragon avec  grandes écailles dorsales, Mou a une tête d’ours avec des bras au niveau des oreilles… sa robe et ses chaussures à  talon laisse penser qu’il s’agit plutôt d’une femme. Niveau 2.

Lui il n’a pas de visages mais 9 yeux répartis sur des 3 tiges et 3 spirales en forme de crotte, six bras, deux jambes, il s’appelle Capi. Effrayant, niveau 4.

Je vous laisse admirer Luc… et le petit Biscoto, avec ses 4 jambes et ses 4 bras, son oreille unique, il est là, dit-il, pour protéger les humains à l’aide de son couteau.

Voilà, je vous rappelle les règles de sécurité, après 19h restez chez vous et faites le 111 si vous vous sentez menacé. Si vous en voyez, ne leur parlez pas et éloignez-vous.

NORA : – Il paraît qu’ils aiment la musique et qu’il suffit de chanter pour les rendre inoffensifs, c’est vrai ?

ERDAN : – On raconte beaucoup d’âneries.

Une image de monstre apparaît encore sur l’écran – Son visage ressemble à celui d’Erdan, mais avec un œil vert, un œil bleu, une grosse verrue sur le front, des piques sur la tête, des dents pointues, une chemise à bandes multicolores et surtout une énorme queue de crocodile. Et il porte le même insigne de police. Tous les regards se tournent vers Erdan, puis on pousse des cris. « C’est lui, c’est lui ! » Grosse pagaille. Erdan s’enfuit.

  1. Le bureau de l’écrivain

MARCO : – Oh la la elle commence à m’échapper complètement cette histoire. C’est bien ce que je disais, il faut se méfier de tout le monde. Et la voiture noire ? Elle est passée où ? Voilà ce que c’est, quand on laisse les personnages faire ce qu’ils veulent ! 

  1. La voiture noire s’approche de la ville, les tours penchées apparaissent. Les rues sont désertes, c’est l’heure du couvre-feu. Sur les murs on voit de grandes affiches avec des portraits de monstre et ce message :

AIDEZ-NOUS À CAPTURER LES MONSTRES

TANT QUE NOUS NE SERONS PAS DÉBARASSÉS DE CES CRÉATURES

NOS MALHEURS CONTINUERONT

EMMA : – Regarde, il y a un monstre qui s’appelle Erdan

CINDY : – Tu es sûre ?

EMMA : – Regarde !

CINDY : – Il ressemble à mon cousin en plus.

EMMA : – C’est lui ?

CINDY : – On dirait. Je n’y comprends plus rien

SARAH : – Qu’est-ce qu’on fait ?

LOUP : – Allons dans la forêt, vous allez voir, on va bien s’amuser.

  1. La voiture passe dans une zone industrielle, entre ville et forêt.

CHLOÉ : -Toutes ces usines !

EMMA : – Des centaines !

CINDY : – Comme ça ils peuvent fabriquer tout ce qu’ils veulent !

SARAH : – C’est aussi pour ça qu’ils vivent dans le noir, y’a trop de fumée !

ARTHUR : – C’est pas à cause des monstres ?

LOUP : – Mais non, eux ils viennent ici pour se cacher justement.

14. Une grotte au milieu de la forêt. C’est la grande fête des monstres. Il y a une scène, on joue de la musique, on danse etc. Arthur et Chloé ont leurs tenues de super-héros.

ARTHUR : – Depuis qu’on est arrivé, personne ne fait attention à nous

SARAH : – J’ai eu peur au début, mais maintenant je m’amuse comme une folle. Il faut s’habituer c’est tout, celui-là par exemple, il a un œil pour toi et les autres sont occupés à regarder autre chose.

CINDY : –  Regarde, il fait griller des saucisses en crachant du feu

EMMA : – Et celui-là, avec ses tentacules, il fait le service à toute vitesse, dix assiettes à la fois !

CINDY : – Et lui, il peut jouer de la guitare et du piano en se grattant les oreilles !

CHLOÉ : – Je crois que les méchants ne sont pas venus.

SARAH : – Ils font quand même des combats pour s’amuser.

EMMA : – Il monte à quel hauteur celui-là ?

ARTHUR : – Il dépasse les arbres.

CINDY monte sur la scène : Bonsoir tout le monde ! J’ai un message pour Erdan. Erdan tu es là ? Ce n’est pas la peine de te cacher, tout le monde est au courant. Erdan, si tu m’entends, voilà ce que j’ai à te dire. Ce serait bien mieux de reconstruire la ville. Avec vous, je crois que ça pourrait aller vite de remettre les immeubles bien droits. Comme ça, il y aurait moins d’usine, moins de fumée et donc du soleil à Penché-sur-Seine. La vie serait bien plus agréable, et bien plus marrante avec les monstres. Je suis sûre que si on s’y prend comme ça, les plus dangereux ne resteront pas.

– Bravo !

– Je suis d’accord !

– C’est génial comme idée !

– On va faire ça.

– Qu’est-ce que tu en penses Erdan ?

Je suis entièrement d’accord, merci Cindy !

Dans la grotte la fête fut extraordinaire. Dès le lendemain, les monstres arrivèrent en ville avec Erdan en tête pour réaliser l’idée de Cindy.

  1. Dans la rue, Marco se promène. Le chien Hot-Dog le rattrape.

MARCO : – Ça alors Hot-Dog ! Bonjour mon chienchien, je vais te ramener à ton maître. Il m’avait donné sa carte, voyons voir…

« Georges Delattre

Ligue Internationale de Défense des Monstres

29 rue de la tour »

C’est qui le patron ?

 

On raconte tou·te·s des histoires

On raconte tou·te·s des histoires

Ecrit par les élèves de 6e du collège Gay-Lussac avec l’aide de Guillame Cayet (auteur) et Céline Demeyere (enseignante). Année scolaire 2019-2020. Graines de conteurs – saison 3.

On raconte tou·te·s des histoire
Des histoires pour bien grandir
Des histoires pour se faire peur la nuit
Des histoires pour se démêler les cheveux
Se tordre les narines
Se crisper les doigts de pieds
Se faire mourir de rire
S’éloigner du pire
S’éclater la panse du ventre
Se regarder grandir
Quitter l’enfance
Quitter l’enfance
Avec l’impression que l’enfance est une île
L’adolescence une mer
Et le reste la terre en face…

On sait jamais trop comment ça commence une histoire
Par une majuscule, ça s’est sûr…
Mais d’où ça vient ?
Qui nous la raconte ?
Et comment ça finit ?
Comment ça finit une histoire ?
Comment ça se finit une histoire ?
Par un point ?
Pourquoi ça se finit une histoire ?
Qui pointe le dernier point ?
Pourquoi ça semble écrit depuis toujours et que ce toujours
Nous semble très vieux ?
Genre : Truc d’opéra pour les mort·e·s
Genre : Michel Drucker Vivement Dimanche
Genre : Perrault As-Been
Pourquoi il faudrait finir
Est-ce qu’on ne pourrait pas finir de finir ?
Commencer par recommencer

On se souvient très bien de la première fois
De la première histoire
Dans le lit
On s’endort
C’est assez agréable
On entend cette voix
On n’arrive pas à dormir
Une lumière s’allume
Le lit commence à trembler
Quelque chose se passe
Nos lits se craquellent sur une forêt

Mais pourquoi une forêt déjà ?
Qu’est-ce que de la forêt on peut bien en avoir à faire ?
Y’a que du béton
Une forêt de parpaings ici
Qu’est-ce qu’ils nous ont fait les arbres ?
Pourquoi les loups seraient forcément mangeurs de petites filles ?
Pourquoi les arbres voudraient-illes nous perdre ?
Pourquoi la forêt ça devrait être pour le monde des contes ?

Et ici
Le quartier
Ici
La ville
Ici
Notre jeunesse
Ici
L’école
Ici
Le monde
Le monde du vrai
Le monde du dur
Le monde du chiant
Le monde du pas pour les histoires

Peut-être que justement
Ce qu’on pourrait faire nous
C’est se raconter des contes d’ici
Pas des contes de princes et de princesses
Ni les comptes des riches et de leur richesse
Mais des contes de kebab et de dealers
Des contes de flics et de profs
Des contes de petits vieux
Des contes d’épiciers
Des contes pour ici
Pour pas finir
Pour se raconter
Pour pas finir d’en finir de s’en raconter des histoires…

1.

Sarah a 15 ans. Elle habite dans un petit appartement HLM avec ses parents. Un jour, elle entend un vieil homme appeler à l’aide. Le vieil homme a cassé sa canne, et faute de l’ascenseur toujours pas réparé, il n’arrive pas à monter les étages. Alors Sarah sort de son appartement et aide le petit vieux à rentrer chez lui.

Mais – il faut le croire – le vieil homme n’était pas vraiment un vieil homme. C’était plutôt un elfe, déguisé en vieil homme.

-Tu as été gentille avec moi. Tu es pleine de bonté. Dès que tu souhaiteras quelque chose, tu l’obtiendras, lui dit le vieil homme.

Depuis longtemps, Sarah rêvait d’offrir un voyage à ses parents, car c’était leur rêve de partir à Paris, mais le problème, c’est qu’ils n’avaient pas d’argent.

Sarah sourit au vieil homme.
Les billets tombèrent du ciel comme par magie.

Et l’on dit que le vieil homme, grâce au sourire de Sarah, devint immortel.

2.

Devanture de magasin.
6ème arrondissement de Paris.

C’est l’histoire d’Abraham. il a dix-huit ans. Il vit dans le ciel. Parce qu’il est pauvre. Et que le ciel c’est moins cher. Un jour il croise Roby (un nom comme ça, genre Britney, un nom qui fait star du show-bizz), il croise Roby, super pour lui elle est divorcée, il lui dit :
– Tu veux que je t’épouse ?
Il a rien à perdre Abraham. Il vient du ciel.
– Moi je te trouve plutôt sexy
Et Roby elle le regarde et elle dit… un truc qu’il comprend pas, mais ça doit vouloir dire « toi aussi, ouais… »

Et Abraham dit :
– Le plan c’est qu’on va faire deux gosses, le premier on l’appellera Hugues. Et le deuxième, on va l’appeler Gérard. Des noms bien français pour que ça se passe bien.

Abraham descend du ciel et ne rêve que d’une chose : s’accrocher les pieds au sol
S’arrimer à la terre
Dans l’habitude des gens qui vont bien

Abraham continue son histoire dans sa tête :
– Regarde nos enfants Roby ?
(Roby est loin. Roby est déjà partie. Elle est de la terre elle. Des espaces qui vont bien. Elle ne veut pas d’un homme du ciel)
Regarde nos enfants
Regarde nos enfants
dit Abraham en tenant ses deux chiens en laisse

Mais dejà derrière lui il les entend
Le policier : Bonjour…
– Bonjour
Le policier : Vous faites quoi ici?
– Je descends du ciel. J’attends ma femme qui est rentée dans le grand magasin
Le policier : Vous êtes devant les Galeries Lafayette Monsieur. Les gens comme vous c’est pas là qu’illes doivent trainer, on fait pas la manche devant les Galeries Lafayette.

3.

C’est l’histoire d’une fille qui mange dix grecs en 40 minutes et à la fin elle vomit.

4.

Il était une fois l’histoire d’une mère et de ses deux enfants. L’une s’appelait Léa et la deuxième Maddie. Maddie était traitée comme une servante. Elle faisait la vaisselle, le balai, la serpillère, rangeait toutes les chambres. Sa mère ne l’aimait pas vraiment, parce que Maddie était le portrait-craché de son père, parti il y a des années, pour la guerre, ou quelque affaire comme cela, et jamais revenu.

Un jour, la mère de Maddie lui demande d’aller lui acheter une bouteille d’eau. Maddie se rend à l’épicerie, achète une bouteille et rentre chez elle. En retour, elle croise une vieille dame, assoiffée, qu’il lui demande si elle ne peut pas boire dans sa bouteille.

Maddie lui tend sa bouteille. La vieille dame boit. Attendrie par l’acte de la jeune fille, la vieille dame lui révéla sa vraie nature. C’était en fait une fée. Elle farfouilla dans son sac, badigeonna le visage de la jeune fille d’une petite poudre. À partir de maintenant, quand la jeune fille parlerait, elle perlerait des billets.

En rentrant à la maison, et voyant le don que sa soeur venait d’acquérir, Léa décida de sortir dehors, pour elle aussi aller chercher une bouteille d’eau. Mais en retour, croisant la vieille dame et ne distinguant chez elle aucune présence féérique, Léa l’envoya balader. Elle gardait sa bouteille pour une fée qui devait trainer dans le coin, pas pour une vieille peau.

La vieille dame farfouilla dans son sac, en sortit une autre poudre, badigeonna le visage de la jeune fille. Celle-ci se mit à dire :
– qu’est-ce que tu fais vieille folle?
Mais c’était trop tard…

Des mouches, des araignées et des mygales sortaient déjà de sa bouche.

5.

Hafid a trente ans. Hafid vivote. Il a toujours vécu de petits commerces. Ça n’a jamais vraiment marché, mais c’est comme ça. Les autres disent d’Hafid que c’est parce qu’il est trop dans sa tête et pas assez dans ses baskets. Il vit à la Cité, avec les autres, là où il est né. Mais son rêve à lui, ce serait d’aller vivre à la Cité Suprême. Il y pense nuits et jours. La Cité Suprême. La Cité réservée pour les Grands, pour ceux qui ont de la maille. La Cité Suprême où t’as des métros partout, et des gens bien sapés qui font comme si la Cité, la sienne, n’existait pas.

Hafid il aimerait ça : faire comme si sa cité à lui n’existait pas vraiment.
Hafid il passe sa vie comme ça : à rêver de la Cité Suprême
Toute sa vie
Toute sa vie il passe sa vie à rêver
Et un jour
À force d’être trop dans sa tête
À un passage piéton, Hafid se prend une voiture
Et il meurt
Et son rêve avec lui

6.

Un jour, un boulanger et une boulangère attendaient une fille. La mère avait toujours fait le rêve que si un jour elle avait une fille, elle deviendrait danseuse étoile, rêve qu’elle n’avait pas pu accomplir.

En face de la boulangerie, il y avait un magasin de ballerines, les plus belles ballerines qui soit. Pour faire plaisir à son amoureuse, son homme alla acheter les ballerines, mais leur prix contenait quelque zéros de trop. Alors, sans trop réfléchir, tandis que le commerçant avait les yeux sur d’autres clients, le boulanger mit les ballerines dans son sac et partit en courant. Il fut vite rattrapé par le commerçant qui lui dit, comprenant que c’était pour une naissance, qu’il pouvait garder les ballerines jusqu’à la majorité de sa fille mais que si, à sa majorité, les ballerines ne lui étaient pas rendues, de graves problèmes allaient s’abattre sur sa fille.

Le temps. Les années. Les danses passèrent. L’enfant devenue fille devenue adolescente dansait de mieux en mieux. Arrivée à la veille de sa majorité, son père ne se souvint pas de la prophétie du commerçant, mort depuis longtemps et puis le lendemain sa fille devait passer une audition pour obtenir un premier rôle dans un ballet important, alors de ses ballerines, elle en aurait bien besoin.

L’audition arriva.

La fille se mit à danser. Mais à peine la musique avait-elle commencé que ses pieds se mirent à la chauffer. Elle regarda ses ballerines. Celles-ci avaient disparu et à la place de ses pieds se dessinaient la forme étrange d’une miche de pain.

7.

C’est l’histoire d’une vieille dame qui était coincée aux toilettes depuis mille ans parce qu’elle n’arrivait pas à tirer la chasse.

8.

Un jeune homme
Rêvait de partir en mer
Il prit un bateau
Mais son bateau coula
Il nagea tant bien que mal
Jusqu’à ce qui semblait être une île au loin
Mais l’île se transformera en crocodile
Et l’avala

9.

Un jeune homme
Rêvait de partir en mer
Il prit un bateau
Mais son bateau coula
Il nagea tant bien que mal
Jusqu’à ce qui semblait être une île au loin
Mais l’île était enneigée
Plus il marchait sur elle
Plus il s’enfonçait
Le jeune homme mourut de froid

10.

Un jeune homme
Rêvait de partir en mer
Il prit un bateau
Mais son bateau coula
Il nagea tant bien que mal
Jusqu’à ce qui semblait être une île au loin
L’île lui tendit des papiers
Et le jeune homme devient ilien

11.

C’est l’histoire d’une femme qui arrive chez un homme. L’homme vit seul depuis longtemps. Il a pourtant l’air sympathique. Il prévient juste sa femme qu’elle peut tout faire dans cette maison sauf ouvrir son ordinateur. Mais un soir que la femme voulait regarder une série, elle prit l’ordinateur de son homme, sans se rappeler de son interdiction. Lorsqu’elle ouvrit internet, elle tomba des pages et des pages de vidéos de femmes nues. Alors la femme prit ses affaires et s’en alla.

12.

C’est l’histoire d’une fille qui se marie et a beaucoup d’enfants

C’est l’histoire d’une fille qui ne se marie pas

C’est l’histoire d’une fille qu’on marie de force

C’est l’histoire d’une fille qui trouve que la mariage, c’est pour les boeufs

C’est l’histoire d’une fille

C’est l’histoire d’un gars

C’est des gars

Des filles

Des gars

Des filles et des gars

13.

Il était une fois Bernard, quatre-vingt-seize ans, qui voulait voyager, parcourir le monde en avion.

Le problème, c’est que Bernard était locataire d’une petite chambre en maison de retraite – maison de maltraite disait souvent Bernard pour rire.

Un soir quand tout le monde était en train de dormir, Bernard fugua, et courut prendre l’avion. Malheureusement, il n’avait pas assez d’argent pour cela. Il décida d’attendre que le jour se lève devant sa banque pour aller récupérer ce qu’il lui restait sur son compte en banque. Mais quand il arriva au guichet, il se rendit compte qu’il n’y avait plus rien sur celui-ci. Alors Bernard se souvint de ces films qu’il regardait enfant, des films de braquage et avec sa canne, il menaça le guichetier de lui filer tout le pognon de sa caisse, sinon il allait passer un sale quart d’heure.

Le guichetier ému du courage de Bernard vida tout l’argent qu’il avait sur son compte en liquide et l’offrit à Bernard, qui put, une fois à l’aéroport s’envoler, loin de sa maison de retraite.

On en aurait des histoires comme ça encore à se raconter

On en aurait des histoires comme ça encore à se raconter
Pour pas finir
Des histoires parfois qui ratent
Des histoires parfois dont on connaît pas encore la fin
Des histoires parfois où on a déjà la fin
Mais c’est pas grave on se les raconte quand même
Parce que dans la frite ce qui est bon c’est le goût, c’est pas de savoir qu’un jour t’auras fini ta frite
Des histoires qu’on aimerait pas raconter mais qui existent
Des histoires qu’on invente
Qu’on transforme
Pour se sentir plus grands
Des fois entre potes
On s’assoit sur les bancs
Et on se raconte des trucs
Des récits guerriers
On est des Super-Héros
Nos histoires font des voeux
On ne veut plus de châteaux
On veut des PS4
des trampolines
Nos histoires construire des mondes

C’est l’histoire de gens qu’on a souvent fait jouer dans un film muet
Et au bout d’un moment le film muet se met à parler…

C’est l’histoire d’un gars
Un jour il fait un film
mais le film est magique
Et le mec perd sa voix

C’est l’histoire d’histoires qui ne disent plus que l’important c’est l’atterrissage
Mais comment on se ré-envole une fois qu’on a atterri

Les animorphoses

Les animorphoses

écrit par les élèves de l’école Jean Lurçat à Gennevilliers
Graines de conteurs saison 2
Autrice intervenante : penda diouf

Distribution
Le conteur
La petite fille
Le camarade 1
Le camarade 2
La camarade 3
La camarade 4
Le camarade 5
La camarade 6
La camarade 7
Le camarade 8
Le camarade 9
Le camarade 10
Le camarade 11
Le camarade 12
Le camarade 13
Le camarade 14
Le camarade 15
Le camarade 16
La camarade 17
Le camarade 18

Le conteur
Il était une fois une petite fille, très tête en l’air. Ses parents voulaient lui offrir un animal pour son anniversaire. Son animal préféré.

La petite fille
Mais j’ai oublié lequel c’est.

Le conteur
Tu as oublié quel animal tu préfères ?

La petite fille
Oui, j’ai oublié.

Le conteur
Viens avec moi. Nous allons faire le tour de tes camarades de classe dans la cour de récréation. Peut-être ils pourront te donner une idée.

La petite fille
Excuse-moi, j’ai oublié quel était mon animal préféré. Est ce que tu peux m’aider ?

Le camarade 1
Mon animal préféré est un félin roux. Il a quatre pattes, des moustaches et il miaule. Il habite dans une maison et mange des croquettes et du pâté.

La petite fille
C’est le … chat !

Le camarade 1

Et devine quoi ! Hier, en buvant du lait, il s’est transformé en chalinpe. 
Il a une tête de lapin et un corps de chat. Son pelage est de la même couleur que les lions. Il miaule comme les chats. Il mange des croquettes de carottes. Il habite dans la forêt et creuse des terriers. Il marche à quatre pattes.
Ses petits s’appellent les chalapins.

Le conteur
C’est le chalinpe que tu cherches ?

La petite fille
Non ce n’est pas cet animal….

Le conteur
Allons demander à quelqu’un d’autre…

La petite fille
Excuse-moi… Je cherche mon animal préféré. Tu peux m’aider ?

Le camarade 2
Il ressemble à quoi ?

La petite fille
Justement, je ne sais pas, je ne sais plus.

Le camarade 2
Mon animal préféré est un chien très mignon qui est très joueur et qui vit dans les maisons. Il a un nom japonais. Il aime jouer avec son maître. Il ressemble à un petit renard avec des poils courts et roux. Son pelage est très doux. Il est très intelligent et futé.

Le conteur
Alors, c’est celui là ?

La petite fille
Non, malheureusement, ce n’est pas le … shiba inu ! Même si je les aime beaucoup.

Le camarade 2
Lorsqu’il mange de la viande empoisonnée, des ailes lui poussent deux heures il tard. Il a des grandes griffes. Il a 4 pattes. Il a de longues oreilles. Il a une grande gueule. Il mange de la viande et des os.
Il devient le … drachien renard.

Le conteur
Ne t’en fais pas, on va trouver. Allons demander à la petite fille là-bas

La petite fille
Excuse-moi, est ce que tu as un animal préféré ? J’ai oublié le mien.

La camarade 3
Où ça ? Sur une aire d’autoroute ?

La petite fille
Non, j’ai oublié à quoi il ressemblait. J’ai une mémoire de poisson rouge.

La camarade 3
Mon animal préféré a des oreilles pointues, parfois de différentes couleurs. Il court vite et il aime jouer. Il vit à la montagne. Il est connu pour ses yeux bleus.

Le conteur
C’est le… husky ?

La camarade 3
Oui, exactement. Et quand il boit une potion qui s’appelle Naturalia, il se transforme. C’est une fée qui prépare en mélangeant du persil, des fleurs, des zestes d’oranges et de l’eau.
Il devient très grand avec un pelage doux, noir et blanc. Il a aussi une corne qui pousse sur le museau et des ailes. C’est un huscorne. Ses petits s’appellent les Husreaux. Tu veux que je t’en donne un ?

La petite fille
Non, ce n’est pas le huscorne… mais c’est gentil.

Le conteur
On va finir par trouver. Est ce que ça t’a donné des idées ?

La petite fille
Oui, mais je n’ai pas encore fini le tour de mes camarades. Excuse-moi, tu pourrais me décrire ton animal préféré ? Ca va m’aider à trouver le mien. Je ne sais plus à quoi il ressemble.

La camarade 4
Mon animal préféré mange du bambou. Il a un pelage noir et blanc. Il a des petites oreilles et une petite queue. Il marche à quatre pattes et il vit dans la forêt en montagne. C’est le … panda !
Il se transforme grâce à un crayon magique qui a des pouvoirs. C’est moi qui l’ai dessiné et le dessin a pris vie.
Je lui ai dessiné une corne dorée, une crinière et une queue arc en ciel. Il flotte dans les airs même s’il n’a pas d’ailes. Il mange des bambous arc en ciel. 
C’est le pandicorne. Regarde, il est venu me chercher. Tu veux venir avec moi on va faire un tour ?

La petite fille
J’aimerais bien une fois que j’aurais trouvé mon animal préféré…

La camarade 4
Comme tu veux…

Le conteur
Et la petite fille se mit à voler, loin et haut dans les airs. De la cour de récréation, on ne distinguait qu’un tout petit point aux couleurs de l’arc en ciel.

Charades
Mon premier est la première syllabe du mot hutte. 
Mon deuxième nous sert à glisser sur les pistes de neige. 
Mon tout est un animal qui aime le froid. 
C’est le husky !

Mon premier est la troisième syllabe dans « il se penche ». 
Mon second est la première syllabe du mot « damier ». 
Mon tout est noir et blanc. Qui suis-je ?
Le panda !

Le conteur
Et si on allait demander au petit garçon qui joue aux billes là-bas ?

La petite fille
Allons-y !
Excuse-moi…

Le camarade 5
Tu veux jouer avec moi ?

La petite fille
Non, j’ai une question à te poser. A quoi ressemble ton animal préféré ?

Le camarade 5

Mon animal préféré a des poils gris. Il est de taille moyenne. Il a une longue tête. Il vit en meute dans la forêt. Il court vite. C’est l’ancêtre du chien. Il mange toutes sortes de viande. On le retrouve dans beaucoup de contes.

La petite fille
C’est le… loup ! Mais le loup aime manger les petites filles comme le petit chaperon rouge…

Le camarade 5
Un jour, mon loup est parti en forêt et le sinbiot l’a attaqué. Le sinbiot est un liquide qui peut être de toutes les couleurs. Mon loup est devenu visqueux, noir et rouge et plus grand qu’un humain. Il a toujours quatre pattes mais il peut en avoir plus parfois. Sa tête est plate. Il n’a pas de poils. Il a des dents très pointues. S’il se casse un membre, il se répare directement et se remet comme avant.

La petite fille
Non ton animal me fait peur. Ce n’est pas celui-là.

Le camarade 5

Dommage, il est très doux même s’il fait peur quand on le voit.

Le conteur
Ne désespère pas, on va demander aux deux petites filles qui jouent aux voitures là-bas.

La petite fille
Excuse-moi, à quoi ressemble votre animal préféré ?

La camarade 6
Mon animal préféré vit dans la savane et mange des gazelles. Il est très puissant. Mais un jour, avec la boucle de fusion, il a fusionné avec un singe. Il a maintenant le cri perçant d’un singe. Des fois, il se transforme quand il se bagarre. Il vit dans un volcan. Il est rouge. Ses griffes sont empoisonnées. Il habite dans la jungle et parfois on peut le voir dans les zoos aussi. Mais il est mieux en liberté. Dans on élément naturel.

La petite fille
C’est le … lion ! Comme dans le conte « comment le lion devint roi ».

La camarade 7
Le mien, il est gris. Il a des oreilles en triangle. Il a des moustaches. Il miaule.

La petite fille
C’est le … chat, comme le Chat Botté ?

La camarade 7
Non, il s’est transformé en chaironpar lorsqu’il est tombé dans une flaque d’eau. Maintenant, il a 8 yeux sur la gueule. Il a des pattes comme celles d’un oiseau, les ailes de pingouin, une tête de chat. Il a des écailles.
Il mange des requins grâce à sa grande gueule. Il nage et il marche. Il vit dans les nuages et sur la mer. Son petit est le chairon.

Charades
Mon premier est la première syllabe du mot loupe. 
Mon deuxième est la première lettre du mot pirate mais on ne l’entend pas. 
Mon tout est un mammifère très présent dans les contes de fée.
C’est le loup !

Mon premier est le nom du méchant dans le dessin animé Le roi lion
Mon deuxième est la première syllabe du mot loupe. 
Mon tout est l’animal imaginaire d’Amine
C’est le … scarlou !

Le conteur
Et les garçons là bas qui jouent au marchand. Allons leur demander.

La petite fille
Oui, on sait jamais…

Le camarade 8
Mon animal préféré a un pelage plein de poils dorés. Il vit souvent en Afrique. Il peut aussi rugir comme un lion. Il est très rapide et puissant.

La petite fille
C’est le … jaguar !

Le conteur
Je n’ai jamais rencontré de jaguar dans aucun conte. 
La petite fille
Et bien voilà, tu en as un. Même si ce n’est pas mon animal préféré.

Le camarade 8
Le jaguar a tué toutes les araignées du monde. Mais une araignée génétique l’a mordu. C’est devenu un Jaguardus.
Le Jaguardus est très grand, il a un pelage fait de pierres. Il habite dans des grottes. Il a le cri d’une petite fille et il peut voler dans l’espace.

La petite fille
C’est quoi le cri d’une petite fille ?

Le camarade 8
C’est comme ça.
Il crie.

La petite fille
Mais toi aussi, tu cries comme ça…

Le camarade 9
Moi aussi, je crie comme ça quand j’ai peur.

Le conteur
Et toi ton animal il est comment ?

Le camarade 9
Mon animal préféré vit dans le désert. Il est petit. Il a de grandes oreilles qui peuvent mesurer jusqu’à 18 à 20 cms. Il a des moustaches et il est doux. Il est très recherché comme animal domestique. Il est omnivore.

La petite fille
C’est le …fennec !

Le camarade 9

Il se transforme en fennicorne quand on lui dit « fennec, transforme-toi ! ». Mais il se transforme uniquement quand il fait confiance à son maître.
Tu veux essayer ?

La petite fille
J’essaierai quand j’aurais trouvé mon animal.

Le camarade 9
Le fennicorne vit dans le désert ou dans le ciel. Il est petit et quand il se transforme, il devient grand et doux. Il est aux couleurs de l’arc en ciel. Il a une corne et des ailes de licornes. Il est très recherché pour sa magie.

La petite fille
Ce n’est pas lui non plus. J’espère qu’on va finir par trouver.

Le conteur
Allons voir ce petit garçon qui est au coin. On dirait qu’il a fait une bêtise.

La petite fille
Pourquoi tu es au coin ?

Le camarade 10
J’ai mangé les goûters des autres.

Le conteur
Attention, tu vas finir comme dans Charlie et la chocolaterie…

La petite fille
Dis moi, quel est ton animal préféré ?

Le camarade 10
Mon animal préféré pèse 5 à 7 kgs et est de taille moyenne. Il mesure 105 à 130 cms de long. Il a la forme d’un vautour. Il vit en haut des montagnes. Il vole et il marche. Il a des plumes. Il a un bec et des yeux rouges.

La petite fille
Facile…C’est le gypaète barbu. Et qu’est ce qu’il s’est passé ?

Le camarade 10

Il volait en haut d’un volcan quand il a vu un rhinocéros s’enfuir. Etonné, il a arrêté de voler et a été touché par la cartouche d’un fusil. Il est tombé dans la lave en même temps qu’une araignée. Maintenant, il a le corps d’un dragon mais il n’a que deux pattes et des ailes de gypaète barbu. Il a 8 yeux et une gueule de tigre. Il est fait de lave et de roches. Il des déplace grâce à ses pattes et à ses ailes. Il est chaud comme de la lave et il a des cornes de rhinocéros. Il vit dans le volcan. Il est sauvage. Il crache de la lave. Il vit jusqu’à 3500 ans. Il fait un bébé tous les deux ans. Il s’appelle le dragon de lave. Ses petits sont les dragonions.

La petite fille
Il me plait bien… Mais je pense que mes parents auront du mal à en trouver…

Charades
Mon premier est la première syllabe du mot férié. 
Mon second est au centre de notre visage. 
Mon troisième est la troisième syllabe du mot quenelle. 
Mon tout est un animal qui vit dans le désert.
C’est le … fennec !

Mon premier est la 10ème lettre de l’alphabet.
Mon deuxième est quelque chose que l’on fait quand on marche.
Mon troisième est ma cinquième lettre de l’alphabet.
Mon 4ème est la première syllabe du bot barbe.
Mon 5è est la première syllabe du mot buffet.
C’est le … gypaète barbu

Le conteur
Et si on allait voir le petit garçon qui pleure là bas ?

La petite fille
Qu’est ce qu’il t’arrive ?

Le camarade 11
Lui là-bas a mangé mon goûter. Je lui ai couru après et je suis tombée. Je vais lui envoyer mon animal préféré pour lui faire peur.

La petite fille

C’est quoi ton animal préféré ?

La camarade 11
Mon animal préféré a des rayures noires. Il court vite. Il a des moustaches, un pelage jaune. Il a un cri féroce. Il mange de la viande. Il va le manger…

La petite fille
C’est le … tigre.

La camarade 11
Un jour, il a senti une fleur empoisonnée. Un enfant avait fait tomber une potion magique dessus, sans le faire exprès. Le tigre est alors devenu tout bizarre. C’est devenu un animal qui mange des humains et peut manger des arbres rien qu’en respirant. Il peut manger plein d’autres sortes de nourriture encore. 
Il court à la vitesse de la lumière. Il peut voyager dans le temps tellement il court vite. Il peut cracher du feu. Il vit sous terre, dans le sable par exemple.

Le conteur
Je pense qu’il ne mangera plus jamais ton goûter si tu lui racontes ça… Et les deux filles qui se bagarrent là-bas ?

La petite fille
Excusez-moi de vous déranger pendant la bagarre, est ce que vous pouvez me décrire votre animal préféré ?

La camarade 12
Le mien marche à quatre pattes et il miaule. Il est petit et vit dans les maisons et aime être dehors. C’est le … chat !Il s’est transformé durant son sommeil. Il est grand et gros et aime le bambou.
C’est devenu un… pancha.

La camarade 13
Moi, mon animal préféré est blanc, très doux et ressemble à une boule de coton. Il mange des carottes et de la salade.

Les autres en chœur
C’est le …lapin !

La camarade 13

Un jour, une sorcière a pris un crayon magique, a gommé ses pattes et les a remplacées par des pattes de cheval. Elle lui a rajouté deux cornes de vaches au-dessus des oreilles. Maintenant, ce n’est plus vraiment un lapin. C’est le vapinval, un mélange de vache, lapin et de cheval.

La camarade 12
Ca n’existe pas un Vapinval.

La camarade 13
Un pancha non plus…

Elles recommencent à se chamailler.

Le conteur
Viens on va finir par trouver…. Tu n’as toujours pas d’idée ?

La petite fille fait non de la tête.

Le conteur
Il reste encore ce petit groupe là-bas.

La petite fille
Pardon de vous déranger, vous pourriez me décrire votre animal préféré ?

Le camarade 14
Mon animal préféré a huit tentacules et une grosse tête. Il a 9 cerveaux céphalopode. Il vit sous la mer.

La petite fille

C’est la … pieuvre.

Le camarade 14
Elle se transforme naturellement quand elle a froid en mer… En niours. Le niours est petit animal et a un bec d’ornithorynque. Il a deux pattes palmées et est poilu. Ses yeux sont gros. Il a un très bon caractère. Il vit en forêt et peut être domestiqué. Il aime les choses qui brillent, donc fais attention à tes boucles d’oreilles et à ton bracelet.

Le conteur
C’est lui ?

La petite fille
Non, pas encore.

Le camarade 15
Mon animal préféré vit dans les arbres. Il est de petite taille. Il a un bec et des plumes grises sur ses ailes. Il vit dans le noir et mange des souris. Il se déplace en volant.

Le conteur
C’est le … hibou , comme dans « Le roi et le hibou ».

Le camarade 15

Quand il boit de la « précatise », une potion magique composée d’herbes, de croquettes et de carottes, il se transforme en Remouchika. Il devient alors grand et mince, avec une tête de renard. Il a des poils courts. Il peut être blanc ou roux. Ses pattes sont blanches comme celles d’un mouton. Il vole et court très vite. Il mange parfois des croquettes. Il vit dans la forêt mais peut être domestiqué et vivre dans la maison. Ses petits sont les rechika. Sa femelle s’appelle la chimouka.

Le camarade 16
Mon animal préféré a un pelage roux avec des rayures noires. Il est carnivore. Il mange des sangliers, des biches et d’autres animaux de la forêt. Il peut parfois attaquer l’homme. C’est un félin mignon mais féroce. 
C’est le … tigre !

Le conteur
Ça pourrait être lui ?

La petite fille
Non, je ne crois pas.

La camarade 17
Mon animal préféré vit dans la mer. Il a une peau lisse et douce. Il mesure environ 2 mètres et pèse environ 300 kgs. Il a de petits yeux et une bouche en forme de bec. Il est très intelligent. 
C’est le … dauphin, comme dans la série télévisée « Flipper le dauphin ».
Si je prends un crayon magique, il peut se transformer. En quoi ? ca reste un mystère ! Et toi ton animal ?

Le camarade 18

Le mien a un pelage noir et blanc. Il vit en Chine et au Tibet. Il mange du Bambou.
C’est le panda. Mais s’il mange du bambou empoisonné, il peut se transformer à minuit. Il devient très grand, avec de grandes oreilles. Il mange du bambou avec sa trompe. Il vit en Afrique et en Asie. 
C’est l’élépan !

Charades
Mon premier est le bruit que fait le pistolet. 
Mon second est la première syllabe du mot château.
Mon tout est un animal imaginaire.
C’est le pancha.

Mon premier est un endroit où dorment les oiseaux
Mon deuxième est un animal qui vit en Amérique, en forêt avec beaucoup de poils. 
Mon tout est un animal imaginaire décrit plus haut
C’est le niours !

Mon premier est la première syllabe du mot « jamais »
Mon deuxième est le premier son du mot « goûter »
Il faut supprimer une lettre du mot « tard » pour donner mon troisième. 
Mon tout est le … jaguar

Mon premier est la première syllabe du mot « histoire »
Mon deuxième est la première syllabe du verbe « bousculer »
Mon tout est un animal qui voit dans la nuit
C’est le hibou !

La petite fille
Je crois que j’ai trouvé

Les autres
Ah enfin… pas trop tôt…

Le conteur
Vas-y fais nous deviner…

La petite fille
L’animal que je préfère est de taille moyenne. Ses poils sont courts mais il y en a de plusieurs sortes et de plusieurs couleurs. Il vit dans une maison. Il obéit à presque tous les ordres qu’on lui donne. Il aime jouer mais quand il est mal éduqué, il peut mordre. Son repas préféré, c’est le riz et les croquettes. Il aboie.
C’est le … chien !

Mon premier est le premier son du mot « chiffre »
Mon deuxième est la 3ème voyelle de l’alphabet
Mon troisième est le chiffre entre 0 et 2
Mon tout est un animal qui aboie.
C’est le chien ! C’est un chien que je vais demander à mes parents pour mon anniversaire !

FIN

Le château mystérieux

Le château mystérieux

écrit par les élèves du Collège Guy Môquet à Gennevilliers
Graines de conteurs saison 2
Autrice intervenante : penda diouf

Distribution
Le conteur
Corentin
Anthony
Wassim
Rose
Noura
Louis
Wassila
Tom
Jason

Le conteur
Il était une fois … des enfants,
passant l’après-midi ensemble
pour fêter un anniversaire.
Les enfants
J’y étais!
Et moi !
Et moi aussi.
Le conteur
Oui. Et toi aussi…
Les enfants
On a visité le château ! Vous vous rappelez ?
Pour l’anniversaire des jumeaux, Wassim et Wassila.
Un vrai château,
Comme dans les livres !
On attendait ce moment depuis des jours,
Des semaines,
Des mois !
Au programme de la journée :
Visite du château
Visite des jardins,
Pique-nique
Jeu du loup garou improvisé. 
Corentin
Tu sais jouer au loup garou ?
Le conteur
Les enfants laissez-moi reprendre. Je vais vous laisser la parole tout à l’heure.
C’était un château magnifique. 
Pas un château fort construit sur une colline
pour guetter les ennemis.
C’était un château de la Renaissance
Où les rois et reines avaient leurs habitudes,
Venaient se reposer,
S’amuser dans les jardins
Ou chasser dans les bois.
Le château était majestueux.
Les enfants
Grand comme ça
Non comme ça
Plus grand que toi en tout cas, minus !
Le conteur
Les enfants s’il vous plait !
Un par un si vous voulez raconter.
Anthony
Est-ce que je peux continuer la description ? J’avais pris des notes ce jour-là.
Le conteur
Très bien. Les autres, on écoute votre camarade.
Anthony
Il y avait deux tours
Et des drapeaux de lions.
Wassim
Le lion, c’est mon animal préféré.
Le roi de la jungle.
Rose
Moi je préfère les ours. C’est plus fort que les lions.
Noura
Chut…
Anthony
Je recommence. Il y avait des lions, symboles des armureries de la famille…
Et une fois à l’intérieur…
C’était magnifique
Je n’ai jamais vu ça.
Comme dans un rêve
Louis
Il y avait de grandes pièces avec des tapisseries
Qui représentaient des scènes de chasse
Des batailles et des victoires.
Corentin
Et des grandes cheminées,
Tellement profondes qu’on pouvait s’y cacher.
Wassim
Et tenir debout sans se baisser.
Wassila
A l’intérieur, les chambres étaient tellement grandes
Corentin
Spacieuses
Le conteur
Mais dans ce château, il y avait trois chambres étranges.
Louis
Des chambres interdites aux visiteurs dans lesquelles il ne fallait entrer sous aucun prétexte.
Wassim
La première était une chambre dédiée aux énigmes.
Wassila
La seconde était la chambre des cauchemars. Une chambre où dormait l’ancêtre du château, dans son cercueil.
Corentin
S’endormir dans cette pièce, c’est donner vie à ses propres cauchemars.
Rose
Dans la dernière chambre se trouvait une bibliothèque remplie de livres avec un bureau. Sur le bureau, une machine à écrire très ancienne. Un vieux modèle. A côté, un coffre, plein de masques et de costumes. Il y avait de grandes armoires avec des films de science-fiction. C’était la chambre de Jason, le propriétaire du château, que personne n’avait revu depuis des années.
Marwan
La visite a commencé tôt le matin.
Nous étions fatigués de monter et descendre les escaliers,
Traverser les longs couloirs,
Passer de chambre en chambre.
Rose
Fatigués par la visite,
D’arpenter le château
De haut en bas
Et de bas en haut
Du nord au sud
et d’est en ouest.
Anthony
Les douze coups de midi ont sonné.
Enfin…
Nous sommes allés dans le jardin
Pour pique-niquer.
Louis
J’ai des chips du poulet !
Noura
Dis, t’aurais une serviette en papier ?
La sauce de ma salade s’est renversée.
Rose
J’échange mon morceau de fromage contre une banane.
Wassim
Du pain et du fromage
Des carottes râpées
Des fruits et de la compote en dessert !
Noura
C’était tellement bien de manger dehors, sur l’herbe.
Wassila
On a couru, sauté
On a fait la course
On a joué à chat
On s’est caché derrière les buissons du jardin
On a joué à se faire peur
On s’est raconté des blagues.
Anthony
Et puis on a décidé de jouer
A notre jeu préféré
Au loup-garou !
Les enfants, chacun son tour
Il y a beaucoup de personnages dans ce jeu.
Il y a le villageois. Il n’a aucun pouvoir sauf le vote.
Le loup-garou, il peut tuer quelqu’un chaque fois qu’il va au village.
Le chien-loup, il a le pouvoir de se transformer en loup-garou.
La petite fille peut ouvrir un œil pour savoir qui est le loup-garou.
La voyante, elle peut s’aider de ses cartes.
Le voleur peut voler une carte. 
Cupidon, il peut marier deux personnes.
Le maire du village, il se fait élire en début de partie. S’il y a une égalité, c’est lui qui tranche.
Le protecteur, il peut protéger une personne.
L’enfant sauvage peut tuer n’importe qui.
Les trois frères, ils tuent n’importe qui. Ils peuvent même se tuer entre eux.
Le chasseur, à sa mort peut emporter quelqu’un avec lui. C’est lui qui choisit.
La sorcière a trois pouvoirs : elle peut ressusciter, tuer ou ne rien faire du tout.
Le maître du jeu, il réveille chaque personnage chaque nuit. 
Le but du jeu, c’est que les loups garous tuent les villageois et que les villageois tuent les loups garous.
Tom
Vous avez compris les règles du jeu ?
Wassila
Alors on a commencé la partie.
Le conteur
C’est alors que Marwan a disparu. Il avait mal au ventre. Les enfants s’inquiétèrent et partirent à sa recherche. Quelle ne fut pas leur surprise de voir Marwan, avec des oreilles pointues. Ses habits étaient déchirés, ses ongles trop longs dépassaient de ses chaussures. Son nez s’épatait, ses yeux devenaient rouges. Il avait de grandes dents coupantes qui sortaient de sa bouche énorme. Il montrait ses mains pleines de poils à ses camarades effrayés. Lui-même ne savait pas ce qui lui arrivait.
Marwan
C’est moi c’est moi. N’ayez pas peur. Je ne vous ferai aucun mal.
Louis
Marwan, c’est toi ?
Marwan
Je voulais aller aux toilettes et je me suis perdu dans cette chambre là-bas.
Louis
Mais c’est la chambre interdite !
Marwan
Et je me suis endormi…
Le conteur
Les enfants effrayés s’enfuirent en courant.
Ils tombèrent nez à nez avec Jason, l’habitant du château. Il était très grand. Il avait des boutons sur la tête et des yeux vairons. Une tâche de naissance lui recouvrait une partie du visage. Ses cheveux étaient emmêlés comme s’il ne s’était jamais coiffé de sa vie. Il boitait et bégayait beaucoup. Il ne sortait jamais de sa chambre et n’avait pas l’habitude de rencontrer les visiteurs.
Jason
En jouant au Jeu du loup garou, vous avez réveillé la malédiction du château. En effet, sur cette plaine, il y a des centaines d’années, plusieurs enfants ont disparu. Des battues ont été organisées. Ils n’ont jamais été retrouvés. Une meute de loups a longtemps été chassée, sans succès. Le jeu du loup-garou les a réveillés. Leur âme est parmi nous. Vous allez devoir trouver la force et le courage de vous battre. Les épreuves seront nombreuses.
Noura
Mais il manque Tom ! Tom, où es-tu ?
Louis
Pourvu qu’il ne se soit pas transformé en loup-garou lui aussi.
Corentin
J’ai peur…
Le conteur
Sur les conseils de Jason, ils décidèrent d’aller dans la salle des énigmes. Ils cherchèrent partout dans la pièce. Soudain….
Anthony
J’ai trouvé quelque chose !
Le conteur
Anthony trouva une horloge sur laquelle était collé un papier avec une lettre écrite dessus. Petit à petit, comme un puzzle, à reconstituer, des lettres apparurent ainsi. Après le M, un R et un U.
Rose
MUR, c’est le mot mur qui est apparu. Il faut chercher sur le mur la suite des indices.
Le conteur
Le château, petit à petit, se transformait. Les enfants entendirent les éclairs, au loin. La nuit tomba très vite alors que c’était le milieu de l’après-midi. Ils entendirent les cris désespérés de Marwan le loup-garou et les bruits de sabots d’un cheval. 
Corentin
J’espère que ce n’est pas le chevalier sans tête.
Le conteur
Les enfants virent apparaître des toiles d’araignées aux coins des murs. Des gros rats se faufilaient entre leurs jambes. Un bruit attira leur attention.
Le grésillement d’une télé, que personne n’avait allumé, les surprit dans la bibliothèque. Les uns à côté des autres, ils cherchèrent de nouveaux indices. De nombreux livres étaient rangés. Ils furent attirés par un livre de Conan Doyle, « Sherlock Holmes ». Il semblait bouger tout seul sur l’étagère. 
Ils ouvrirent le livre et furent surpris d’y découvrir leur ami Tom à l’intérieur. Il accompagnait le détective et semblait beaucoup s’amuser.
Tom
Et les copains, c’est vraiment super ici ! Je mène des enquêtes. Je m’amuse comme un fou !
Wassila
Dis, tu ne veux pas sortir ? On est tous venus te chercher !
Tom
Ah non! Moi, je suis très bien où je suis. C’est mon livre préféré. Vous pouvez le refermer et le reposer dans la bibliothèque.
Corentin
Et l’école ?
Tom
Je m’en fiche. Je préfère aider Sherlock, même si le docteur Watson est parfois un peu jaloux. 

Le conteur
Les enfants lui obéirent, un peu déçus qu’il n’ait pas envie de les retrouver. Tom était heureux dans son livre. Il vivait plein d’aventures avec Sherlock Holmes et Watson. Mais à peine avait-il commencé un nouveau chapitre qu’il faillit tomber dans le néant. 
La page était vide…
Noura
La page était vide…
Rose
La page était vide…
Tom
Y a quelqu’un ? Les copains, vous êtes là ? Me laissez pas tout seul ici… Y a plus rien à faire… C’est le vide.
Wassila
Ah ! Heureusement que je suis restée à côté. Je savais bien que tu aurais besoin d’aide tôt ou tard.
Le conteur
Ni une ni deux, Wassila saisit la main de son ami et le tira de toutes ses forces, jusqu’à ce qu’il soit entièrement sorti du livre.
Et pendant ce temps…
Pendant que les enfants erraient dans le salon, on entendit un grognement sourd. Une patte poilue et griffue s’avançait vers l’entrebaillement de la porte, une respiration sourde les fit frémir.
Wassim
Marwan !!!!
Le conteur
Il était face à eux, bavant, les yeux plein de rage… Les enfants se mirent à courir partout, de haut en bas. De bas en haut. 
Le loup-garou fit tomber les tableaux, prêt à les dévorer tout cru.
Rose
Jason, vite, il faut venir nous aider !
Jason
Vous avez réveillé la malédiction du château en jouant au loup-garou dans le jardin. Ils sont réapparus en quête de chair fraîche. Pour enlever le sortilège, vous devez répondre à cette charade. Venez avec moi dans la chambre des énigmes.
Mon premier est le contraire de propre
Mon deuxième est un pronom personnel singulier neutre
Mon tout est la plus grande salle du château.

Noura
Moi, moi, je sais !
C’est le salon
Le salon !

Jason
Bravo ! Maintenant, il va falloir attirer Marwan dans la chambre des cauchemars. Une fois à l’intérieur, il va se rendormir et tout redeviendra comme avant.
Le conteur
Les enfants décidèrent alors d’attirer Marwan. Il était très gourmand. Il décidèrent de laisser dans la chambre des cauchemars tout ce que Marwan aimait bien : des sucettes, du chocolat, des bonbons, des biscuits, des gâteaux au chocolat. Toutes les bonnes choses qu’il leur restait du pique-nique. Les enfants installèrent toutes ces bonnes choses à l’entrée de la pièce, en faisant attention de ne pas s’endormir. Et puis, ils appelèrent Marwan. 
Les enfants
Marwan, viens voir ! On a une surprise pour toi. On t’attend.
Le conteur
Marwan arriva, essoufflé et menaçant. A la vue de toutes les friandises, il se radoucit et commença à manger tranquillement sans se rendre compte qu’il retournait dans la chambre des cauchemars. Repu comme un loup peut l’être, il s’endormit à même le sol. Petit à petit, le soleil se remit à briller à l’extérieur, le vent arrêta de souffler. La tempête disparut comme elle était apparue. Plus de rats, ni de toiles d’araignées. Tout était calme et apaisé. Marwan se réveilla, comme si de rien n’était, même s’il avait un peu mal au ventre.
Rose
Marwan, ça va ? Tu ne nous refais plus ça !
Marwan
Je ne me souviens plus. Qu’est-ce qu’il s’est passé ?
Corentin
Venez les amis, on ne doit pas rester ici !
Louis
Quel cauchemar cette journée…
Wassim et Wassila
C’était un super anniversaire ! Mieux qu’un parc d’attractions !
Le conteur
Les enfants quittèrent le château. Dans le salon, ils aperçurent un tableau auquel ils n’avaient pas fait attention précédemment : un portrait de Jason avec sa date de naissance, 1736 et sa date de décès :1817

Anthony
Regardez, il a quelqu’un qui nous fait coucou par la fenêtre !
Rose
Oui, il sourit !
Tous les enfants
C’est Jason !!

FIN

Le marchand de sommeil

Le marchand de sommeil

écrit par les élèves du Collège Gay-Lussac à Colombes
Graines de conteurs saison 2
Autrice intervenante : penda diouf

Distribution
Le conteur
Le père
Marvin
Linda
Le marchand de sable
Le marchand de cauchemars

Le conteur
Il était une fois… L’heure de se lever…
Hé ! Hé ! Il est sept heures. L’heure de se lever. 
Il est sept heures 10. L’heure de se lever.
Il est sept heures 15. L’heure de se lever.
Il est sept heures 20…

Le père
Tu exagères, tu vas être en retard !

Marvin

C’est mon père. Il s’exaspère…

Le père
Tu n’es pas encore levé ? Il y a école aujourd’hui.
Mais comment tu fais pour être en retard chaque matin…
Dépêche-toi ! Je t’ai préparé ton petit déjeuner.
Ton chocolat est chaud
tes céréales sur la table
la confiture sur tes tartines
ton jus d’orange pressé…
Va vite prendre ta douche.
Le temps que tu sortes,
je serai déjà parti
Mais on se voit ce soir,
Je t’aiderai à faire tes devoirs.

Marvin
Alors je me lève lentement
La tête pleine de moutons,
de rêves et de cauchemars
Pleine de sable et de désert
Pleine de lune
Je sors mes bras de sous la couette…
Ah ! il fait froid.
J’hésite,… Je sors un pied, puis l’autre. 
Je m’étire, une dernière fois
Avant de m’élancer dans la salle de bains.
Ah ! je glisse. Aïe !je me cogne.

Le conteur
Le compte à rebours,
comme chaque matin,
a commencé.

Marvin
J’ai mes super pouvoirs
D’une main je me brosse les dents,
De l’autre je me peigne les cheveux.
D’une main, j’enfile mes vêtements
De l’autre je bois mon chocolat chaud.
D’une main je fais mes lacets,
De l’autre je m’élance dans l’escalier.
Je cours, je m’envole.
J’ai comme des ailes
Pour sortir de l’immeuble,
Tourner à gauche,
Saluer Mme Mimoun
Qui promène son chien.
Courir, deux rues plus loin
Pour chercher mon amie Linda
Qui m’attend en bas de chez elle.

Linda
Ah, enfin, j’ai cru que tu n’arriverais jamais…
J’ai failli partir toute seule.

Marvin
Excuse moi !
Mon réveil a sonné… au moins dix fois
Sans que j’arrive à me lever.

Linda
On a une évaluation en maths et SVT en plus.

Marvin
Oh non, je n’ai pas révisé.

Linda
Il est trop tard. Je ne vais pas pouvoir t’aider.

Marvin
On va prendre des bonbons à la boulangerie pour la récré ?

Linda
Mais non, on est en retard… On ira ce soir, en rentrant.

Marvin
Allez suis moi on court !
On va passer par le raccourci !

Linda
Par le parc ?

Marvin
Oui !

Linda
Non, je n’aime pas passer par là!
Trop de coins sombres
Et d’ombres qui nous regardent…
On peut contourner et longer le mur du parc.

Le conteur
Attention les enfants ! Faites attention !

Marvin
Attention à la flaque d’eau Linda !

Le conteur
Mais c’est trop tard ! Elle a …

Marvin
Linda, Linda mais tu es où ?

Le conteur

Disparue, envolée
Volatilisée

Marvin
Je m’approche de la flaque,
Je n’y vois que mon reflet…
Inquiet
Je décide d’y mettre un pied, pour voir et…

Le conteur
Et il tombe,
Pendant des secondes
Des minutes
Des heures.
La chute semble interminable.

Marvin
Il ne manquait plus que ça
Je vais être en retard à l’école pour de bon…

Le conteur
Il atterrit dans une jungle
un peu secoué
tout étourdi,
si bien qu’il n’a pas la force de se relever.
Il fait sombre et humide.
Le sol est mouillé.
Il entend des bruits d’animaux : des hiboux, des loups, des tigres. 
Des singes l’approchent et lui font signe de suivre.
Ils se balancent de lianes en lianes,
Joueurs facétieux
Au loin il aperçoit
Un château, baigné par la lumière de la lune. 
Autour du château, une armée de fennecs.
Ils gardent le lieu, vigie immobile et bruyante.
Leurs cris résonnent comme un terrible avertissement.
Circulant entre les fennecs, leur caressant le dos
Comme des animaux de compagnie
Un homme porte des babouches et une djellaba.
Une djellaba bleue
Sombre comme la nuit.
A ses côtés, son fidèle âne
Portant des sacoches pleines de sable.

Marvin
Je le connais…
Je le reconnais
Je l’ai déjà vu quelque part
Dans le secret de mes nuits.
C’est le marchand de sable !

Le conteur
Il vient de très loin,
plus loin que l’océan,
de l’autre côté du désert.
Il marche, il marche,
Et saupoudre du sable,
Du rêve pour les enfants.

Marvin s’approche lentement.

Marvin

Hé ho ! T’es qui?
Qu’est-ce que je fais là ?

Le marchand de sable
Ne t’approche pas trop, ce sont des sables mouvants. Tu es dans le pays des rêves.

Marvin se pince.

Marvin
Je suis bien réveillé pourtant. Mais elle est où Linda ?

Le marchand de sable
Linda ?

Marvin
Ma voisine, mon amie. Elle a marché dans la flaque d’eau elle aussi et a disparu…

Le marchand de sable
Je pense qu’elle est avec mon frère.
Marvin
Quel frère ?
Le marchand de sable
Mon frère, le marchand de cauchemars.

Marvin
Où est-ce que je peux le trouver ?

Le marchand de sable
Suis les traces qu’il y a au sol.

Marvin
Merci !

Le marchand de sable
Bon courage ! Méfie-toi de lui
Il est terrible.
Il paraît même qu’il mange les enfants.

Le conteur
Quand Linda est tombée dans la flaque d’eau,
Elle est tombée directement dans les bras du marchand de cauchemars.
Il est très grand, très mince,
comme un squelette.
Il porte un masque blanc
Et une combinaison rouge.
Comme il vient de très loin lui aussi,
Il a des chaussures dans un état…

Linda
Un sale état
Toutes rapiécées, pleines de trous.
Et qui puent…

Le conteur
Il a les yeux rouges
Car il ne dort pas beaucoup.
Il distribue les cauchemars.

Linda
Lâchez-moi ! Lâchez moi je vous dis !
Vous ne me faites pas peur !

Le conteur
Linda s’est retrouvée dans un vieux cachot,
 au milieu d’un château hanté.
La petite est futée,
Elle est habituée à regarder des séries
A lire des livres
Où le héros finit par trouver
A force de réflexion
Comment s’échapper.
Elle retire la barrette de ses cheveux
Et l’enfonce dans la serrure. 
Clac. Ca s’ouvre.
Linda fait doucement, doucement…
Pour ne pas éveiller les soupçons du marchand de cauchemars.
Et elle se met à courir, vite, vite
Comme elle n’a jamais couru.

Pendant ce temps…

Marvin
Linda ? Linda ? 
Linda où es-tu ?

Linda
Marvin, c’est toi ?

Marvin
Linda ?

Linda
Marvin, ne crie pas trop fort… Le marchand de cauchemars va savoir que je me suis sauvée sinon.
Comment on fait pour sortir d’ici ?

Marvin
On peut aller voir le marchand de sable et lui demander de nous réveiller. Ou se cacher dans les sacoches de sable de son âne pour rentrer à la maison.

Linda
Allons-y !

Le conteur
Ils continuent de marcher, sans se rendre compte que le marchand de cauchemars les suit à la trace.
Ils marchent, sans trop savoir où ils vont dans cette végétation touffue, dense. La lune les éclaire à peine. Ils entendent les bruits de la forêt, les cris des fennecs au loin.

Marvin
Linda, je ne retrouve plus le chemin. Tout se ressemble ici.

Linda
On va y arriver Marvin.

La voix du marchand de sable
Linda, Marvin, par ici !

Marvin
Viens c’est le marchand de sable. Il est gentil. Il vient nous aider.

Le conteur
Les enfants s’approchent en courant.

Linda
Mais cette odeur de pieds…

Marvin
Ces chaussures trouées…
Ce masque blanc
Ces yeux rouges

Le marchand de cauchemars
Vous pensiez m’échapper… Mais j’ai une ouïe très fine, des yeux rouges très perçants qui me permettent de voir dans le noir.

Le conteur
C’est à cet instant que le marchand de sable arrive, suivi de son âne et des fennecs.

Le marchand de sable
Tu vas les laisser tranquille, maintenant !

Le marchand de cauchemars
Et pourquoi donc ?

Le marchand de sable
Ils ne t’ont rien fait !

Le marchand de cauchemars
Déjà petit, tu aimais défendre les autres.

Le marchand de sable
Je ne t’ai pas toujours connu comme ça. Tu te souviens quand tu m’as sauvé la vie petit ? J’étais tombé dans le lac et tu m’as secouru.

Le marchand de cauchemars
Oui mais c’était toi le chouchou. Les parents ne jouaient jamais avec moi. Je me suis toujours débrouillé tout seul.

Le marchand de sable
J’étais trop petit pour m’en rendre compte. Je suis désolé.

Le marchand de cauchemars
Je te propose ceci : Je vais te poser 3 charades. Si tu réponds juste, je les libère et tu pourras les ramener chez eux. Si tu te trompes, ils restent avec moi.

Le marchand de sable
Je t’écoute.

Le marchand de cauchemars
Mon premier est un déterminant possessif
Mon second est la deuxième syllabe de table
Mon troisième est le contraire de dur
Mon quatrième est l’air qui bouge les feuilles

Mon tout, on peut s’enfoncer dedans.

Le marchand de sable
Les sables mouvants !

Linda et Marvin :
Bravo bravo !

Le marchand de cauchemars
J’ai commencé facile… Voilà la suite
Mon premier, on le lance pour tirer au sort,
Mon second est le 1er son du mot Zorro
Mon troisième on le respire. Il est parfois pollué.
Mon tout est un endroit remplir de scorpions où resteront mes deux prisonniers.

Le marchand de sable
Le désert !

Le marchand de cauchemars
Tu ne perds rien pour attendre !

Linda et Marvin
Bravo bravo !

Le marchand de cauchemars
Mon premier signifie le partage
Mon second est la première syllabe de cheval
Mon troisième est l’endroit où vivent les canards
Mon tout fait peur la nuit et même le jour

Le marchand de sable, Linda et Marvin en même temps
Les cauchemars !

Le conteur
Marvin et Linda rejoignent le marchand de sable. Avant de partir, Linda court vers le marchand de cauchemars pour lui donner son goûter. Il est très ému.
Marvin et Linda rentrent chez eux à dos d’âne avec le marchand de sable. Ils traversent le monde des saisons. Le printemps d’abord avec les singes qui sautent d’arbres en arbres. Puis l’été avec la mer et son rivage. Arrive l’automne avec une avalanche de feuilles qui crissent sous les pas. Puis l’hiver et ses flocons de neige.
Ils se réveillent chacun dans leur lit.
Hé ! Hé ! Il est sept heures. L’heure de se lever. 
Il est sept heures 10. L’heure de se lever.
Il est sept heures 15. L’heure de se lever.
Il est sept heures 20…
FIN

De l'autre côté de la fôret

De l’autre côté de la forêt

écrit par les élèves du Collège Truffaut à Asnières-sur-Seine
Graines de conteurs saison 2
Autrice intervenante : penda diouf

Il était une fois une fée qui s’appelait Fleur. Elle vivait dans une immense forêt séparée en deux. Fleur vivait du côté joyeux. La végétation était belle. Il y avait de grandes et jolies fleurs et les fées naissaient à l’intérieur. Elles restaient dans les pétales à s’épanouir, jusqu’à ce qu’elles soient suffisamment grandes pour se débrouiller seules. Ca sentait partout très bon. Il y avait des odeurs de bonbons et de chocolat. Les maisons étaient très colorées et les toits étaient fait en biscuits. Cela ressemblait au paradis.
Fleur vivait ici avec sa famille et son fidèle loup Flèche. Flèche avait un arc magique. Cet arc lui permettait de protéger la famille de Fleur et la forêt. Il lui avait été transmis par son père, qui le tenait de son père, qui le tenait de son père…
Mais il s’aperçut un jour que son arc avait disparu. Il chercha partout, sous le toit, dans la cave, sur la terrasse, dans les fourrés, dans le jardin. Derrière les lianes, sous les champignons, sous les grands arbres, dans leur feuillage. L’arc n’était nulle part. Flèche s’éloignait de plus en plus de la maison et s’enfonçait dans l’autre partie de la forêt. Cette partie était interdite. C’était le domaine de la sorcière. La forêt était noire et profonde. Elle était effrayante parce qu’il y avait de grands arbres touffus et sombres. Elle était très étendue. En s’y promenant, on entendait des bruits d’animaux invisibles. Des animaux dangereux comme des loups, des ours, des serpents ou parfois des corbeaux ou des chauve-souris. C’était une forêt au coloris noir et marron. Un endroit abandonné où personne n’était allé depuis très longtemps. Même le soleil avait déserté . On sentait des odeurs d’animaux et de feuillage qui moisissait. En entrant, on ressentait de la peur.
La fée Fleur sortit de la maison à la recherche de son loup. Mais elle ne le trouva pas. 
Elle partit voir Ernest le grand chêne :
« -Bonjour Ernest, as-tu vu mon loup ?
-Flèche ? Non pourquoi ?
-Il a disparu…
Peut-être tu pourrais demander à la pie. Elle a toujours un œil sur tout. »
Et Fleur partit demander à la pie.
« -Bonjour Joséphine, as-tu vu mon loup ?
-Flèche ? Non pourquoi ?
-Il a disparu…
Peut-être tu pourrais demander à la marmotte. De son terrier en hauteur, elle voit tous ceux qui entrent et sortent. »
Et Fleur partit demander à la marmotte.
« -Bonjour Félix, as-tu vu mon loup ?
-Flèche ? Non pourquoi ?
-Il a disparu…
Peut-être tu pourrais demander à la chouette. Elle voit dans la nuit. »
« -Bonjour Lilly, as-tu vu mon loup ?
-Pourquoi ?
-Il a disparu…
-Au petit matin, alors que le soleil se levait à peine, je crois l’avoir aperçu en direction de l’autre coté de la forêt. »
Pendant ce temps, dans la forêt profonde, la sorcière préparait ses pièges à loups. Elle suspendit et cacha une cage dans les branches et posa sur le sol un morceau de viande. Il suffisait de déplacer la viande pour faire tomber tout droit la cage sur le loup.
Et Flèche avait faim. Cela faisait un moment qu’il était parti. Il avait marché longtemps, longtemps, sans retrouver son arc. Comment protéger sa famille, Fleur et les siens si l’arc avait disparu ? Il était encore tôt mais les rayons du soleil n’arrivaient pas à percer l’épais feuillage de ce côté de la forêt. 
Flèche se demandait comment retourner chez lui. Il était perdu, n’avait aucun repère. Et d’un coup, il se mit à renifler fort. De plus en plus fort. L’odeur de la viande… Il s’approcha, s’approcha du morceau de viande et sans se méfier, croqua dedans de toutes ses dents.
Il eut à peine le temps d’entendre le rire très aigu de la sorcière que la cage tomba sur lui et le fit prisonnier.
La pauvre petite fée n’avait toujours pas trouvé son loup. Pour le chercher, elle dut s’approcher du côté sombre de la forêt, dans des zones où elle n’avait jamais été auparavant. Elle aperçut la prison abandonnée, que personne n’avait visité depuis des années. 
Elle entendit des bruits bizarres, des cris. Les cris des prisonniers morts qui n’avaient jamais réussi à sortir. Et là, au milieu des gémissements, un appel à l’aide.
« Au secours… Aidez moi… au secours… »
Cette personne, c’était un pirate.
Le pirate jeta un papier sur Fleur pour signaler sa présence. Fleur regarda le papier où était écrit « Regarde en haut, je suis là, prisonnier ».
Mais un zombie vint le chercher pour l’éloigner de la fenêtre et lui dire de se taire. Elle l’entendit crier « Aide moi à sortir de la prison ». 
Alors Fleur utilisa sa bague pour immobiliser les zombies. Le pirate put récupérer les clés et partir en courant.
Le pirate se mit à courir, doucement au début car il n’avait plus l’habitude de courir. Il était resté de longues années dans une toute petite pièce, à tourner en rond comme un animal en cage, un éléphant dans un zoo, un tigre dans un minuscule enclos. Il eut l’impression de retrouver la liberté. Il sentait l’air sur son visage, le vent dans ses vêtements, la terre sous ses pieds. Il courait sans trop savoir où il allait, en oubliant complètement celle qui l’avait aidée lorsqu’il tomba nez à nez avec une maison un peu délabrée. 
C’était la maison de la sorcière, qu’il aperçut à trainer à traîner la cage où se trouvait le loup Flèche.
« Le pirate : Toi ici ?
La sorcière : Oh, mais qu’est ce que tu fais là ? Je te croyais mort depuis si longtemps…
Le pirate : Tu n’as pas changé.
La sorcière : Toi tu as vieilli. Je t’ai attendu. Longtemps…
Le pirate : Me voilà !
La sorcière : Maintenant, je ne t’attends plus… J’ai fait ma vie et elle me convient bien.
Le pirate : J’étais enfermé, dans une prison gardée par des zombies. Impossible de sortir pour te retrouver comme je te l’avais promis. »
Pendant ce moment de retrouvailles, la fée recherchait toujours son animal Flèche.
« Flèche, Flèche , où es-tu ? »
Peu à peu, elle arriva devant une énorme bâtisse toute sombre. De la cheminée sortait de la fumée verte ou violette selon le sens du vent. On entendait des bruits d’animaux lugubres. Il semblait à Fleur que les arbres se rapprochaient, se resserraient, que les branches des arbres allaient peu à peu l’enserrer et l’attraper.
Tout à coup, elle entendit Flèche l’appeler. Elle essaya de se dégager des branches et courut vers le bruit. Flèche hurlait tristement dans sa cage. Il n’avait pas l’habitude d’être enfermé, entravé. Sans son arc, il n’avait plus aucun pouvoir. Elle s’approcha de Flèche et le consola.
« -Flèche, mon loup, je suis là. Ne t’en fais pas, je vais te secourir. Où est ton arc ?
-C’est la sorcière qui l’a récupéré. La dernière fois que je suis allé en forêt j’ai beaucoup joué et je l’ai oublié sous l’arbre. La sorcière en a profité pour le prendre. »
Elle entendit du bruit, venant de l’intérieur de la bâtisse. Elle s’approcha et vit par la fenêtre la sorcière et le pirate en train de diner.
Fleur entra discrètement dans la cuisine et, du seuil de la porte, elle utilisa les pouvoirs de sa bague pour immobiliser la sorcière. Mais le pirate était rapide. Il récupéra l’arc et s’enfuit le plus loin possible.
La sorcière immobilisée, la fée courut après le pirate. Celui ci sans se rendre compte, se rapprochait de la prison où il avait été enfermé pendant des années. 
Mais dans la course, il ne vit pas la grosse pierre qui se dressait devant lui. Il tomba. La fée en profita pour récupérer l’arc.
La fée retourna ainsi jusqu’à la maison de la sorcière et délivra Flèche. Elle lui redonna son arc.
La sorcière était toujours immobilisée, comme figée en statue devant son ragoût, sans pouvoir le goûter. Le pirate, quant à lui, fut de nouveau fait prisonnier. Il se mit à crier
« A l’aide, A l’aide ! Venez m’aider s’il vous plait ! »
Mais les gardes zombies le tenaient bien attaché dans sa nouvelle cellule.
« -S’il vous plaît, je ferai ce que vous voulez ! »
Fleur et Flèche repassaient devant la prison. Ils entendirent le pirate les supplier et Fleur lui demanda :
« -Je t’ai aidé à te libérer tout à l’heure et tu ne m’as pas aidé en retour. Pourquoi nous devrions t’aider maintenant ?
-J’ai compris la leçon. Je vais devenir gentil. Je vous laisserai repartir sains et sauf. Je m’engage à devenir garde forestier et à m’occuper de la forêt. Je prendrai soin des animaux, comme des chevaux sauvages, des lapins, des loups, des sangliers et du corbeau. Je prendrai soin des fleurs, comme les roses, les tulipes, le muguet et les violettes. Je parlerai aux arbres comme le bouleau et le peuplier, le charme, le châtaignier et le sapin pour vérifier qu’ils vont bien. Je prendrai soin de l’épicéa qui est malade vers la maison de la sorcière. Je m’occuperai également de la sorcière et lui ferai de bons petits plats. »
La fée Fleur prit donc sa bague magique et la lança par terre. Comme par magie, la forêt commença sa lente transformation. La prison se transforma en chalet magnifique avec tous les outils nécessaires pour prendre soin de la nature. Le vieil arbre mort dont les fleurs ne poussaient plus devint un arbre magnifique plein de fruits et où les oiseaux pouvaient construire leur nid. Un arc en ciel apparut dans le ciel. Les fleurs se mirent à pousser, les arbres devinrent plus forts, les animaux plus accueillants. Plus Fée et Flèche se rapprochaient de leur maison et plus la nature se métamorphosait. Flèche salua ses amis : le grand chêne Ernest qui secoua ses branches, la marmotte Felix qui sortit de son terrier pour les saluer, la chouette Lilly qui put se rendormir enfin, la pie Joséphine qui annonça la nouvelle à tous les autres animaux. Le pirate ne retourna pas en prison et il devint un excellent garde-champêtre, protégeant tous les arbres et les animaux. La sorcière continua à faire des recettes au pirate et à lui concocter de bons petits plats. Flèche et Fleur rentrèrent chez eux et ils vécurent tous heureux entourés de leurs amis.

Le diner de la sorcière :
Recette
7 serpents
3 rats avec la peau
4 yeux de chèvre
2 langues de vache
3 oreilles de singe
200 gr de sucre
300 gr de farine
15l de sang
Mélanger le serpent, le rat avec les oreilles de singe. Mettre dans une casserole et chauffer à feu doux. Rajouter le reste des ingrédients avec la farine et le sucre. Beurrer le moule. Mettre dans un moule et dans le four pendant une heure à 150 degrés.

FIN

C’é moi ki è cramais la poubel

C’é moi ki è cramais la poubel

écrit par les élèves du Collège Gay-Lussac à Colombes
Graines de conteurs saison 1
texte lauréat du comité de lecture

Note de Sylvain Levey : C’est un travail collectif à partir d’une histoire vraie. Chaque petit groupe a pris en charge une partie de l’histoire et le tout a été mis en commun et terminé en commun.

1.
C’était un vendredi
Un vendredi sous la pluie
Une journée ordinaire
Maths, histoire-géo, récré, English
Cantine
Salade tomates sans oignons
Poulet patatoes sans sauce ketchup
Yaourt nature, y’a plus de sucre
Sauf dans les poches de Latronche.
Tout à coup, sous le préau : Un hurlement.
Suivi d’une pagaille dans le réfectoire.
Tout le monde court dans tous les sens.
Luna Méchante pète un câble.
Mimiki elle c’est les plombs.
Latronche termine toutes les assiettes.
Tout le monde pleure.
Panique dans la place.

2.
Latronche est un champion.
Latronche est capable de manger huit hamburgers en moins d’un quart d’heure.
Latronche porte du XXL.
Latronche a deux frères : Tronche de cake et Tronche au carré.
Il habite à Mantes-la-jolie au dessus d’un fast-food.
A l’école, tout le monde respecte Latronche
Parce qu’il est très fort du ventre.
Parce qu’il répond par des coups de poing quand il n’est pas content.
C’est pour ça qu’il a plus d’heures de colles que d’heures de cours.

3.
La belle Valentine
Belle et triste Valentine
Son père : il n’est jamais là.
Sa belle mère : elle l’oblige à faire toutes les corvées.
Une vraie cendrillon.
Valentine
Ce vendredi-là
Ce vendredi sous la pluie.
Elle a craqué
L’allumette.

4.
Luna est une fille de 6e5
Elle porte bien son nom.
Luna méchante.
Luna est méchante depuis qu’elle a attrapé la puberté
Des poils sous les aisselles
Des boutons partout sur le visage.
Et un sourire d’enfer avec son appareil dentaire.
Elle a une chaîne Youtube.
Les tutos de Luna
Une chaîne tuto make up
Elle a six abonnés
Sa mère, son père, ses frères et ses sœurs.

5.
Les autres ont couru pas moi.
Tout ce que je veux moi c’est manger.
Je m’appelle Latronche c’est pas pour mon QI c’est pour ma capacité à ingurgiter.
Moi j’ai juste entendu un cri.
J’ai senti l’odeur de brûlé.
J’ai cru que c’était le poulet qui cramait.
Non
C’était la poubelle.
C’est qui ?
Qui a cramé la poubelle ?
Luna méchante ?
Ca ne m’étonnerait pas.
Mimiki ?
Je pourrai l’écraser avec mon ventre.
Valentine n’était pas à la cantine.
Mais ! Non ! Pas elle ! Pas la belle Valentine !

6.
Mimiki est un garçon aux yeux verts et cheveux blancs.
Mimiki est en 6e6.
Son surnom c’est rapido.
Mimiki
Son père était fan de Naruto.
Il mange vite, il lit vite, il court vite, il travaille vite.
Il parle tellement vite que personne ne le comprend.
– Val…Cram…pob…
– Hein ?
– Val…Cram…Poub…
– Quoi ?
– Valentineacramélapoubelle.
– Je comprends rien.

7.
C’est bien fait pour elle.
Cette fille je la déteste.
Ne me dîtes pas que je suis jalouse.
Elle se croit la plus belle.
Même Latronche est amoureux d’elle.
C’est moi ki é cramais la poubel
C’est moi qui l’ai écrit au tableau.
Et j’ai signé Valentine.
C’est bien fait pour elle.

8.
Valentine était triste ce matin-là.
Sa belle mère lui avait encore crié dessus.
– Lève-toi petit cafard ! Va ranger le lave vaisselle.
Valentine était en retard comme d’habitude.
A cause de sa belle mère comme d’habitude.
Valentine en a eu marre ce matin là.
Elle n’en pouvait plus Valentine.
Valentine a trouvé un briquet dans la rue.
Elle s’amuse avec.
Elle brûle d’abord une feuille.
Un contrôle de maths sur les équations.
Ah oui X 2 donc x égal 4.
Ce n’était pas ça.
Valentine avait marqué trois.
Elle a jeté son contrôle à la poubelle.
Le papier s’est consumé, la flamme a repris vie et la poubelle a pris feu.
Valentine est partie et pense à sa vie qui part en fumée.

Abécédaire des objets chers

Abécédaire des objets chers (à nos yeux)

écrit par les élèves de l’école Jean Lurçat à Gennevilliers
Graines de conteurs saison 1

Note de Sylvain Levey : chaque élève a apporté un objet important pour lui, l’a fait découvrir aux autres élèves de la classe et a écris dessus pour, au final, rassembler 22 poèmes sur les objets chers à nos yeux.

H comme Héritage
Il est léger.
Il est long.
Il est rectangulaire.
Il me rappelle ma grand-mère.
Ma grand-mère qui est morte.
C’est elle qui me l’a offert.
J’étais moitié triste,
Moitié contente.
Il a appartenu à ma grand-mère,
Puis il a appartenu à mon grand-père,
Ensuite il a appartenu à mon père,
Et enfin pour finir à moi.
Il a voyagé dans le monde entier.
En Allemagne,
En Belgique,
Au Luxembourg,
Au Danemark,
En Norvège,
En Angleterre,
En Irlande,
En Espagne,
Au Portugal,
En Italie,
En France.
Il est rangé dans mon armoire.
J’avais 9 ans.
Il sent bon la Mecque.

Z comme Zoo
Un coeur
Un coeur très fragile
Un coeur que j’ai acheté au zoo
J’aimais bien ce zoo.
Il y avait du monde
Mes parents et mon frère
Et des animaux
Des singes, des lions, des éléphants.
Des animaux
Du plus petit au plus grand.
Mon coeur
C’est mes parents qui me l’ont offert.
C’était une belle journée.
La neige qui tombe sur le tigre.

M comme Mickey
Quand j’avais 1 an
Il était plus grand
Que moi.
Quand j’avais 2 ans
Il était un peu plus grand
Que moi.
Quand j’avais 3 ans
Il était un tout petit plus grand
Que moi.
Quand j’avais 4 ans
Il était presque à ma taille.
Quand j’avais 5 ans
Il faisait la même taille que moi.
Quand j’avais 6 ans
Il était un tout petit peu plus petit que moi.
Quand j’avais 7 ans
Il était plus petit que moi.
Quand j’avais 8 ans
Il était beaucoup plus petit que moi.
Quand j’avais 9 ans
Il était beaucoup, beaucoup
Beaucoup plus petit que moi.
Maintenant que j’ai 10 ans
Il est minuscule par rapport à moi.
Cet objet
C’est mon doudou Mickey Mouse.
Je l’ai eu pour mes 1 an en 2008.
Je l’ai encore mais je vais
L’offrir à mon petit frère.
Je dormais tout le temps
Avec lui, je mangeais
Tout le temps avec lui.
Et quand je le donnerai
à mon petit frère
J’espère qu’il sera
Comme moi quand
J’étais avec lui.

Q comme Question
– Qui te l’a offert ?
– C’est ma mère, j’avais trois ans et quand
Elle me l’a donné, je l’ai pris dans mes bras, j’étais rassuré.
– Quand l’as-tu eu ?
C’était en 2010 c’était un mercredi.
– Pourquoi tu tiens à cet objet ?
– Car il me fait penser à mes parents et aussi car il m’empêche d’avoir peur du noir voilà mon doudou est précieux.
– Où tu le mets dans ta chambre ?
– Je le met dans mon lit et quand j’ai besoin de mon doudou je le prend dans mes bras.
– Est-ce que tu l’aimes ?
– Oui je l’aime comme tous les enfants aiment leur doudou.

S comme Souvenir
C’est ma tante qui me l’a offert, elle apportait toujours des choses quand elle venait chez moi :
_mon autre livre d‘High School musical
_une poterie faite à la main
_un dauphin en verre
Et enfin mon livre Mon Chiot magique
Le chiot magique, je l’ai eu à neuf ans lors d’une fête chez moi. C’est le dernier cadeau qu’elle m’a fait avant sa mort.
Je le lis quand je m’ennuie.
C’est mon plus beau souvenir d’elle, le plus beau de tous.

C comme Coeur
C’est un souvenir de vacances.
J’avais 9 ans.
J’étais partie en vacances.
Avec l’ami de mon père, ma mère et mon frère.
Il faisait chaud.
Un jour, nous sommes allés sur un marché.
Un marché de souvenirs.
J’ai acheté un coeur.
Un coeur avec du sable dessus.
Un coeur avec un prénom.
Said
Said c’est le prénom de mon papa.
Je suis rentrée en France.
Je lui ai offert mon coeur.
Mon père était content.

D comme Dinosaure
Il appartenait
A mon petit, petit cousin
Qui l’a donné à mon
Petit cousin
Qui l’a donné à mon cousin
Qui l’a donné à mon grand, grand frère
Qui l’a donné à mon grand frère
Qui l’a donné à ma sœur
Qui me l’a donné.
Maintenant c’est mon doudou
Et je ne le donnerai à personne.
Mon doudou il est petit, il est vert,
Il est fabriqué en laine et en Chine
C’est un dinosaure.
Il me fait penser à mon grand-père
Car c’est lui qui me l’a offert juste avant sa mort.

V comme Victoire
Mon objet
Est très petit
Et il est très léger.
Je l’ai eu quand j’avais 6 ans dans mon club de football.
Je l’ai eu en m’entraînant très dur.
En courant 10 tours de terrain.
En transpirant beaucoup.
En m’entraînant dans la neige et dans la boue.
Mon entraîneur fait un classement et je suis arrivé deuxième.
C est mon entraîneur qui me l’a donné.
Il est dans une vitrine chez moi.
J’étais très heureux.
Quand je le vois, ça me fait penser à mon entraîneur.
Quand je le vois, ça me fait penser à Neymar et Ronaldo.
Quand je le vois, ça me fait penser au PSG.

L comme Légende Vivante
J’avais 10 ans et les autres avaient 12 ans.
J’ai fais beaucoup d’efforts pour l’avoir, c’était très compliqué.
Il faisait très froid et il était très tôt, c’était une compétition.
Il y avait 200 coureurs, c’était un cross très important.
Et je suis arrivé 11e, j’ai eu une médaille.
Ce cross s’appelle FSGT et même si je ne suis pas arrivé premier, je suis fier de moi et ma famille.
Et un jour je serai peut-être une légende vivante.

K Comme Kallbhi
Mon coeur
Le coeur de ma tante
Mon coeur est arrivé chez moi en 2014
J’avais 7 ans
Mon coeur me fait penser à elle
Mon coeur je l’ai appelé Najat comme me tante
– Grâce à mon coeur je suis joyeuse en ce moment même
– Grâce à mon coeur je pleure moins quand je suis triste
– Grâce à mon coeur je me sens bien
Cet objet est précieux à mes yeux
Je le mets sur mon bureau
Hafida kallbhi !

O comme Or
Tu me fais penser à ma victoire dans un tournoi de football.
Je t’ai posé au milieu de la chambre, de mes autres trophées.
Je t’ai ramené parce que notre équipe a tout donné.
Je te regarde avant de dormir.
Je rêve de toi la nuit, tu es ma coupe, elle vaut de l’or.

J comme Jumelle
Elles
Mes boucles d’oreilles.
Je les ai eu je n’avais pas 5 ans mais 5 mois.
Ma mère me les a achetées dans une bijouterie.
Elles
Mes boucles d’oreilles.
Etaient dans une vitrine dans une bijouterie pas dans une boulangerie.
Ma sœur a les même boucles d’oreilles que moi.
Caroline c’est ma sœur jumelle.
Caroline et moi nous sommes deux sœur jumelles non nées sous le signe des gémeaux
Mais née sous le signes du taureau
Mi fa sol la mi ré
Ce sont nos boucles d’oreilles adorées

W comme Waouh !
Je l’adore waouh !
Je l’adore waouh !
Je l’adore waouh !
Je l’adore la nuit
Le lundi
Le mardi
Le mercredi
Le jeudi
Le vendredi
Le samedi
Et le dimanche
Je l’adore vous le saviez
C’est ma Minnie waouh !
Ma Minnie c’est mon doudou adoré
Waouh ! Waouh ! Waouh !

B comme Belle
Il appartenait à une petite fille qui s’appelle Lounis.
Lounis c’est une petite fille que gardait ma maman.
Ma maman elle est copine avec sa maman.
Sa maman elle ma l’a offert quand j’avais un an et demi.
Quand je l’ai reçu, j’étais si heureuse que je passais mes journées entières à jouer avec.
Je l’ai appelé en souvenir de Belle et Sébastien.
Il est toujours à mes côtés même la nuit quand je dors.
Belle, c’est mon doudou favori.

F comme Fière
C’était mon premier tournoi.
C’était mon premier trophée.
J’ai gagné trois matchs.
Avec ma raquette j’ai tout défoncé.
Ce trophée est rouge et un peu argenté
C’est le plus grand de ceux que j’ai gagnés
Quand je l’ai eu, tout le monde était fier de moi
Maintenant il est dans mon armoire bien calé contre les autres
Quand je les regarde, moi aussi je suis fière de moi !

U comme Un jour
Cet objet appartenait à ma mère
Puis un jour à ma sœur qui l’a donné
à mon frère qui un jour me l’a donné
Qui un jour le donnera à mon petit frère
Qui le donnera a son fils
Qui le donnera a ses enfants.
Ce doudou pour l’instant est
Posé sur mon lit et restera
Tous les jours à mes cotés.

T comme Teddy
IL est très très très très très très précieux.
IL est très très très très très cher a mes yeux.
IL s’appelle Teddy.
Teddy c’est ma vie.
Teddy, je l’aime.
Teddy vit dans mon lit.
Teddy est blotti contre mon coeur.
Teddy est mon bébé.
Teddy c’est ma mère qui me l’a donné.
Teddy il me fait penser à mon grand-père.
JTM Teddy

A comme Ariane
Elle est si précieuse à mes yeux.
Les couleurs jaune bleu et noir sont mes préférées
Je l’ai fabriqué avec un bâton des ailerons des bout de bois
Avec une lame en fer je l’ai taillé
Je l’ai appelé Ariane 6 la plus légendaire
J’étais si heureux du résultat !
C’est ma fierté
C’est ma plus belle fusée

P comme Photo
Je l’ai eu à un an, un an et demi, encore tout petit petit.
C’était un vendredi à 21h30, je voulais aller dormir et j’ai vu toute ma famille, mes tantes, mes cousins, bref toute ma famille était chez moi, là devant moi.
Et depuis ce jour là, elle est posée en haut de mon armoire dans un cadre.
Tous les soirs je la regarde avant de m’endormir.
Sur ma photo, j’avais deux mois encore tout petit petit. Sur la photo, j’était bouboule (trop chou).
J’espère que je leur monterai à mes enfants et ça feras un bon exemple pour mes enfants.

N comme Neymar
Parce que le foot c’est ma vie
Parce que ça ma fait penser à Neymar.
Parce que c’est mon joueur préféré
Parce que ça me sert à jouer au foot
Parce que quand je le porte je suis très fort
Parce que ça me porte bonheur
Je l’ai eu dans la boutique du PSG à Saint-Denis
Parce que c’est mon père qui me l’a offert
Parce que j’étais très content
C’est mon maillot !
Neymar !
Jr !
P !
S !
G !
Ici c’est Paris !
Paris est magique !

E comme Enfance
Doudi est petit et léger.
Doudi est précieux pour moi.
Doudi a appartenu à mon grand grand frère puis à ma sœur puis à mon autre frère.
Doudi reste tout le temps dans mon lit.
Doudi dors souvent avec moi.
Doudi me fait penser a moi quand j était petite.
Doudi l’ai eu a 3 ans.
Doudi c’est un chien marron.
Doudi je l’ai eu chez ma grand-mère.
Doudi était très très précieux pour mes frère et ma sœur.
Doudi quand je ne l’aurai plus, je serai très triste.
Un jour je dirai adieu à mon enfance

365 jours

365 jours

écrit par les élèves du Collège LOUIS BLÉriot à levallois-perret
Graines de conteurs saison 1

Note de Sylvain Levey : chaque élève a écrit quatre souvenirs. Un souvenir de printemps, d’été, d’hiver et d’automne puis a choisi un des souvenirs et a écrit une scène (dialogue ou monologue) à partir de ce souvenir. L’ensemble des textes forme le texte 365 jours qui correspondent à une année scolaire.

03.07.2017
– Maman ???
– Oui ?
– Je peux aller à la piscine ?
– Non, prépare–toi, on va à la plage.
– Mais pourquoi ?
– Parce que c’est moi qui décide !
– Mais…
– Il n’y a pas de « mais ».
– Ça s’fait trop pas !
– Prends ton matelas et file !
– T’as pas d’ordres à me donner !
– Attends… Quoi ???
– T’as très bien entendu.
– C’est une blague, là ??! File !!!
– A la piscine !
– Non, ni à la piscine, ni à la plage, dans ta chambre !

18.07.2017
Y’a un bruit porte droite. J’y vais en tremblant. Rien. Quelle chance ! Je regarde le matelas et, là, une peluche Freddy. Dans le placard, il y a un monstre rouge, avec un crochet et des dents pointues. Et c’est un monstre ! C’est pire ! La lumière l’effraie, heureusement. Je ferme le placard et le rouvre. La lumière, vite ! C’est quoi, ça ? Une peluche trop mignonne. Je préfère ça plutôt que ce monstre réapparaisse. Porte gauche : j’entends une forte respiration. Je ne sais pas quoi faire. Bon, je vais fermer la porte. Je retourne vers le lit et… Boum ! Cet ours, c’était la peluche ou quoi ? Je me réveille brusquement. Quel drôle de cauchemar ! Il est seulement une heure du matin. Pauvre de moi… Maman m’avait pourtant dit de ne pas trop jouer aux jeux vidéo.

04.08.2017
Plage du Ruppione à proximité d’Ajaccio en Corse A1 (Corse– du– Sud)
On s’ennuyait (à en mourir). La location se trouvait (à trois mètres) derrière nous, mais maman ne voulait (comme d’habitude) rien entendre.
– Mais maman, ce n’est pas juste !
– Emma, tu es fatiguée (l’excuse du siècle) et Lise tu as les oreilles fragiles. (Pour la millième fois) NON !
– Mais maman, dès qu’on dit quelque chose, tu n’es pas (jamais) d’accord !

11.08.2017
– Maman je peux aller au parc ?
– Non, tu dois finir ce dialogue.
– Maman je peux aller chez un ami ?
– Non, tu as ce dialogue à finir.
– MamanjepeuxjoueràlaPS4 ?
– Non, tu joues à des jeux trop violents.
– Maman je peux faire voler mon drone ?
– Non, c’est trop dangereux pour le faire à la maison.
– Maman je peux allez au fast food ?
– Non, tu dois finir le dialogue.
– Maman je peux aller à la piscine ?
– Non tu as un problème d’oreille.
– Maman je peux jouer sur le PC ?
– Non c’est non ! Quand je dis non c’est non !
– Mais alors qu’est-ce que je peux faire ?
– Tu devrais lire un livre pour finir ce dialogue.

14.08.2017
En août, je suis allé en vacances au Cap Ferret. J’ai fait du surf avec mon frère et on s’est quand même bien marré mais, quand on surfe, il y a plein de trucs positifs et négatifs. Par exemple, quand on surfe sur l’océan Atlantique, l’eau est froide et c’est très énervant de tomber dans de l’eau glacée. Alors il me dit :
– Des fois, je me demande pourquoi j’aime le surf. Tiens, dis-moi des points positifs.
– Bah, je ne sais pas moi, il y en a plein comme la sensation qui est cool !
– Non mais t’as pas d’autres points positifs à part ça ?
– Que ça fait passer le temps, qu’il y a des grosses vagues… Bah, ok, j’avoue, il n’y a pas beaucoup de points positifs mais, au moins, il n’y a pas de points négatifs !
– T’es sûr de ça ?
– OUI !
– Je vais t’en citer des points négatifs tu vas voir… Alors il y a la température de l’eau, la planche jamais à la bonne taille pour celui qui la prend, les vagues qui soulèvent ta planche et qui te font mal, la foule et pleins d’autres choses comme ça.
– Ok, t’as gagné mais j’ai trouvé un point positif… C’est qu’on est ensemble !

22.08.2017
À la boutique de Futuroscope, j’ai voulu acheter la peluche lapin crétin mais ma mère m’a dit non !!! Je lui ai dit :
– S’il te plait
– Non !
– S’il te plait !!
– Bon d’accord mais que ça hein ?
Oui !!!

Après avoir acheté la peluche, je lui ai dit :
– Maman, je peux avoir la big peluche de l’âge de glace ?
– Non tu en as déjà une!
– Oui mais je n’ai pas celle de l’âge de glace.
– Non !
– S’il te plait ?
– Non !!!
– S’il te plait !
– Bon d’accord mais que ça !!
– Ouais !!!

Un peu plus tard, je lui ai dit :
– Maman, je peux avoir la peluche d’Arthur et les mini moy’s ?

31.08.2017
La veille de la rentrée.
– Maman j’ai pas envie d’aller au collège !!!
– Si, il faut aller au collège !
– Mais j’ai pas envie !!
– Tu es obligé de toute façon…
– Mais maman ça sert à quoi d’aller au collège ?
– Ça sert à apprendre des choses qui te serviront plus tard pour trouver du travail.
–Mais ça sert à quoi ??
– Ça sert à ne pas arriver en retard au collège, à ne pas prendre un billet de retard.
– Mais maman je veux pas aller au collège, les matières sont nulles !!!
– Mais non y’a des matières très bien comme les arts plastiques…
– Et ça sert à quoi l’art plastique ?!
– Bah je sais pas mais c’est très bien pour dessiner…
–Bah tu vois ça sert à rien !!
– Bon tu te tais et tu te prépares !!!
– OK…
Le lendemain
– C’est bon tu es près ??
– Oui je suis prêt…
– Okducouptuyvas…
– Oui…
–Àcesoirmonchéri !
– Oui c’est ça à ce soir…
Plus tard, devant le collège
– Oh salut Martin, ça va ?
– Ouais et toi ?
– Moi flemme de devoir aller au collège, pfff….
– Oui c’est pareil pour moi des fois. Bon, on y va ?
– Bah oui on est obligé, ok, pff…

13.09.2017
Devant le collège
A Salut les gars ça va ?
B  Ouais.
C  Çava…
B Vous avez bien dormi ?
A Pas très bien…
C Ça peut aller
A  On est le combien ?
B  Vendredi 14
C  Moi je n’en sais rien
A  Au moins on n’est pas vendredi 13
B  Grave
C  Heureusement
B Et j’ai oublié mon carnet !
A Tu vas finir à 17h30 !
C On finit à 13h30 en plus !
B Non mon téléphone il est plus dans ma poche
A T’es sérieux !!
C En plus ton téléphone il coûtait 800 €. Et moi, j’ai oublié mon sac !
A  Je n’avais même pas vu ! Tu vas finir à 17h30 toi aussi !
B  Mince j’ai toutes mes heures de colle aujourd’hui et j’en ai 4 du coup moi aussi je finirai à 17h30 !
C  On est le trio de la retenue ! LOL ! Et on aura une punition
B Eh les gars ! Il y a écrit vendredi 13 sur le panneau des absences !!!
A Je comprends mieux maintenant !!

03.10.2017
– M’man, où sont mes clés ?
– Dans ton sac.
– Oh ! J’avais oublié.
– ‘Pa, où sont mes lunettes ? Je les cherche.
– Hier j’ai cassé tes lunettes sans faire exprès.
– Eh ! Ça ne se fait pas. Tu aurais pu me prévenir avant.
– M’man, où est mon parapluie ?
– Il est…
Tut tut
– Hein ? Je n’ai rien entendu avec le klaxon des voitures.
– Hein?
– Tu peux la fermer ?
– Quoi?
– La fenêtre. Tu peux la fermer, s’il te plaît ?
– Non, il faut aérer la pièce.
– Oui, mais je ne t’entends presque pas.
– Tant pis. Débrouille-toi. Je m’occupe de Julia car il est 7h50 et elle n’est pas encore debout.
– Alors je la ferme.
– Comme tu veux.
– M’man? P’pa?
– Oui. Demande à ta mère.
– Mais elle ne répond pas.
– Qu’est-ce qu’il y a ?
– Tu m’emmènes ?
– Non.
– Pourquoi ?
– Parce qu’il est 7h53.
– Mais moi je suis en retard !
– Débrouille-toi, je dois emmener Julia à l’école.
– Mais il n’y en a que pour Julia à la fin ! Et moi je suis toujours en retard.

27.10.2017
La voisine d’en face.
Salut, c’est Manuella, la grande sœur de Thomas et Hugo. Ils sont à l’école ! GÉ-NIA-LI-SI-ME ! J’appelle Emma, ma B.F.F.
– Ouais allô ?
–…
– S’lut Emma !
–…
–Ouais et toi?
–…
– Eh bah, j’me disais que tu pourrais venir chez moi… pour voir un film toutes les deux ?
–…
–Twilight? Ça te va?
–…
– O.K. Bisous.
–…
Pendant que je préparais tout pour notre séance ciné entre Best Friend Forever, quelqu’un sonne à l’entrée. Je sors de la cuisine et je me précipite vers la porte. Je regarde par le judas et je vois une fille pas comme les autres. J’ouvre la porte et je lui dis :
– Euh… je peux t’aider ?
– Salut ! Je m’appelle Gamora, fille de Thanos. Je suis ta nouvelle voisine.
– Euh… Tu joues à quoi là ? Tu ne vas pas me dire que tu t’appelles GAMORA !?!
– Mais si, je m’appelle…
– MÃRÌA ! Dit une femme grosse comme un sac à patates qui sort de la porte d’en face. Encore en train de raconter des bêtises !
– Mais maman…
– Il n’y a pas de MAIS qui tienne ! Désolée, mademoiselle ! Elle est toujours comme ça, ma Marìñata.
La femme sac à patates rentre à l’intérieur et ferme la porte.
– Tu veux venir chez moi ? Lui demandai-je.
– Oui. Pourquoi pas ?
Emma arrive et dit :
– Salut Manuella ! Ça va ?
– Ouais. On peut dire ça. Ah au fait, je te présente Maria, ma nouvelle voisine. Elle regarde le film avec nous.
– AH ! D’accord.
On entre à l’intérieur et on montre la pochette du film à Maria. Elle dit :
– COOL ! Twilight ! J’adore ! Mais je préfère Dracula.
– T’es compliquée ! C’EST QUASIMENT LA MÊME CHOSE ! dit Emma à Maria.
On a regardé deux heures et demie sur la vie de Dracula et Maria dit :
– C’était cool. On regarde la suite demain !
Emma dit :
– C’était cool mais j’peux pas ! Trop de devoirs ! Manuella aussi !
AAH ! JE HAIS CETTE MARIA !

31.10.2017
Tu vas même pas me croire : je me suis baignée dans la Manche le seul jour de beau temps. Il y avait un soleil radieux, je te le promets, qui, à l’abri du vent, nous permettait de réchauffer nos corps. Les grosses vagues nous ont éclaboussés. J’ai vu des poissons ; un de mes amis a vu des crabes et a même ramassé trois kilos de coques et je te l’avais dit que tu n’allais pas me croire ! C’est beaucoup trois kilos de coques !!!
J’ai aussi fait des châteaux de sable. Oui oui, c’est vrai, je suis allée à la piscine et j’ai appris à plonger et c’est vrai ! J’ai aussi appris à jouer à la pétanque avec mon frère et mon père ; le soir, j’ai mangé une gaufre au Nutella.
Sur les planches, j’ai fait du vélo avec mon papa. Si, si, je te jure, même s’il y avait beaucoup de vent, j’ai fait du vélo. C’était trop cool !!!

15.11.2017
Il faut que tu mettes de la crème Nivéa ! C’est Nivea.fr qui te l’a dit.
Il faut manger cinq fruits et légumes par jour ! C’est mangerbouger.com qui te l’a dit.
Il faut acheter une Toyota Yaris ! C’est Toyota.fr qui te l’a dit.
Il faut changer d’assurance auto ! C’est lesfurets.com qui te l’a dit.
Il faut acheter du lait ! C’est « les produits laitiers, c’est nos amis pour la vie » qui te l’a dit.
Il faut acheter du shampoing Head & Shoulders ! C’est Antoine Griezmann qui te l’a dit.
Il faut acheter du steak ! C’est Mmm !!! Charal qui te l’a dit.
Il faut que tu ailles à Carrefour j’optimise ! C’est Carrefour.fr qui te l’a dit.
Il faut changer de banque ! C’est CIC.com qui te l’a dit.
Il faut que tu achètes des pizzas ! C’est Domino pizza qui te l’a dit.
Il y a des pâtes dans le frigo ! C’est maman qui te l’a dit.
Mais c’est pas un pub maman ?

01.12.2017
Les balises
Aujourd’hui, vous savez quoi ? On a sport ! On va faire une course d’orientation. Tout d’abord la prof nous dit comment nous allons faire. En avant !
Nous allons en balise 1. Ça fait du bien d’être dehors même s’il fait froid.
Direction balise 2 : dans la classe, certains se sont trompés.
En avant pour la balise 3. J’aurais préféré courir pour me réchauffer… C’est reparti.
Balise 4 : je commence à geler !
Balise 5 : je suis un glaçon !
On doit aller en balise 6. Je plains mes copines qui n’ont pas de gant… Capucine qui a fait une chute énorme et qui a dû arrêter.
Voici enfin la dernière balise : nous sommes toutes congelées. Enfin, je crois, sauf si un extra- terrestre se trouve parmi nous.
On rentre au collège, on a cours et on rentre chez nous. Je m’affale sur le canapé. J’ai mal au ventre, à la tête et j’ai froid. J’appelle ma mère. On va chez le médecin qui dit que j’ai une gastro. J’appelle mes amis pour leur dire que je ne serai pas là demain. Ils me disent que Capucine a une entorse, Valentin a la grippe et Benjamin la varicelle, que la prof a attrapé la gastro.
Voilà pourquoi j’ai lancé une pétition pour interdire la course d’orientation en hiver !

28.12.2017
17h45
« Maman on est bientôt arrivé à la montagne ? Nous sommes partis depuis 8 heures ce matin et il fait nuit maintenant.
– Oui, mon chéri dans dix minutes, on sera garés devant le châlet de l’hôtel. J’espère que nous aurons une grande chambre et un balcon avec une super vue !
– Et qu’il y aura des copains aussi !
– En tout cas, cette année, nous aurons de la neige, tu as vu tout ce qu’il est tombé pendant le voyage ?
– Oui, maman, j’ai même eu un peu peur de glisser dans le vide, quand nous avons dérapé sur la glace.
20h32
– Tu m’aides à porter les bagages ? On prend une douche et on descend prendre un chocolat devant la cheminée ?
– Bonne idée, j’ai hâte de louer le matériel de ski, de réserver nos forfaits et les cours à l’ESF. Je passe la seconde étoile cette année.
– On va se coucher pour être en forme demain.

28.12.2017
8h01
– Il est huit heures du matin, on va au ski !
– Ça y est, je suis en haut des pistes et prêt à m’élancer. AAAAAAAh, maman, il y a du verglas ! Je vais trop vite pour éviter ce sapin… »
Je me réveille dans un hélicoptère, bien enveloppé dans une coque en plastique, en route pour l’hôpital de Gap.

31.12.2017
– Oh j’adore l’hiver car on peut jouer avec la neige et demain, c’est la nouvelle année. C’est trop cool.
– On fait un bonhomme de neige ?
– Non, j’ai trop froid. On va plutôt boire un chocolat chaud. Hum, c’est trop bon.
– Et maintenant, on fait de la luge.
– OK, le dernier arrivé est une poule mouillée.
– J’ai gagné. Tu es une poule mouillée. Maintenant on fait du ski.
– Non, je ne veux plus jouer avec toi car tu gagnes tout le temps et tu me fais la rage.
– Bon, d’accord je ne te ferai plus la rage si toi tu me fais pas la rage.
– Non, tu m’as fait la rage alors je te fais la rage.
– Bon, peut-être qu’avec un peu de chance je gagnerai !
– Je te lance un défi : si tu gagnes, tu peux te réchauffer, mais si tu perds tu devras rester dehors. C’est compris ou je dois le répéter ?
– Non, j’ai compris. A la une, à la deux et à la trois.
– J’ai gagné, tu as perdu, tu vas mourir de froid.
– Ça ne se fait pas, j’ai perdu parce que j’ai trébuché sur un rocher… Pourquoi ça tombe sur moi ? Je vais mourir de froid et c’est reparti pour une dispute.

11.01.2017
– Salut les gars ça va ? Moi j’ai mal dormi.
– Ouais, moi aussi, j’ai mal dormi.
– Salut les gars, ça va ?
– Ça va bien et toi?
– Ça va.
– Vous saviez que la prof de math n’est pas là ?
– Ah bon ? Youpi ! On finit à 15h25.
– Oh non, j’ai oublié mon carnet, je vais me taper deux heure de perm’.
– Pas de chance, tu finis à 17h30.
– Oh non, moi aussi…
– Ouais, bah, on pourra rentrer ensemble.
– De toute façon, t’es bête, t’oublie tout.
– Quoi ? C’est toi qui parles ? Hier et avant– hier, t’avais oublié ton carnet.
– Bah toi non plus, c’est pas la première fois !
– Bon on arrête avec nos disputes.
– Ouais, t’as raison. On entre au collège.

22.02.2018
Je suis en février au ski, en ce moment je suis avec ma cousine Eloïse ; elle va passer l’étoile de bronze. Je parie que vous allez dire : « ouais, c’est trop génial ! » Mais en fait ça va être l’horreur toute la semaine. D’abord parce qu’elle va être la chouchoute du moniteur et ensuite elle va se la péter.

25.02.2018
Le jour des récompenses, je vais la voir…
– Alors je parie que tu l’as eue ?
–Bahoui !
C’est évident non, comme si elle ne m’avait pas assez cassé les pieds toute la semaine !
Elle engage une partie de boules de neige, bien sûr, c’est pour fêter ça. Je joue gentiment le jeu pendant deux minutes mais, par ennui, je lui lance une grosse boule de neige dans sa figure. Je fais semblant d’être désolée alors qu’au fond je me dis que, primo, si on me cherche, on me trouve et deusio, entre cousine nous sommes dans l’obligation de nous chamailler par moment.

11.03.2018
Salut ! Bon, eh oui ! vous êtes bien dans mon histoire, eh OUAIS !
Aujourd’hui, quand je me lève ma mère me dit tout le temps : « Ça va, tu n’as pas trop froid ? » – NON MAMAN !!!!!!!
Elle croit tout le temps que j’ai froid ; elle fait comme si j’avais froid à sa place, mais, en fait, je n’ai pas froid !!! « mais je l’aime ma Maman »
C’EST PAS TOUT ! Je n’ose même pas dire une réponse à ma mère, donc à la place, je dis :
– OUAIS… !

– Tu veux faire quoi ma chérie ?
– OUAIS… !
– Ma chérie ça va ?
– Mais tu me l’as déjà dit, Maman.
Mon frère qui s’en mêle :
– Ma petite sœur chérie, ça va ?
– Tu m’énerves !!! OH !!!!!!!!!
– Bon,on y va papa !
Ma petite sœur s’en va sans moi comme ça ? Ma mère s’adresse à mon frère :
– Mon poussin tu prends ton manteau. Allô ? Mon poussin ?
– Maman, je n’ai pas froid, et surtout, ne m’appelle pas mon poussin, s’il te plaît ; tu ne vas pas me le faire aussi !!!!
– Mon poussin tu as …………………………….
– Bon à mon avis on va partir sans lui. Papa, hein que c’est dommage ?

01.04.2018
Aujourd’hui c’est le poisson d’avril.
– Ça va?
– Oui.
– Stiti !
– OK, je vais voir Kevin.
– Tu passes une bonne journée ?
– Ouais.
– Stern !
– Salut.. À toute…
– Eh, tu sais comment on fait un poisson ?
– Non mais je m’en fish.
– Comment ?
– Taire !
– Ça va?
– Non…
– Bril !

03.04.2017 au 06.4.2018
La PIRE classe
En classe découverte, il y avait la pire classe ! La classe CM1 b. On n’avait pas de chance ! Surtout pour nos voisins (de chambre car on était en groupe) : d’un côté, il y avait notre PROFESSEUR !!!!! Et de l’autre côté, un groupe de filles très bizarres. Elles ne dormaient presque jamais ! Elles criaient tout le temps…
Et donc notre prof venait tout le temps et pensait que c’était nous ! La honte qu’on avait ! Un jour, on a décidé que j’allais entrer dans leur chambre sans faire de bruit.
Et, elles m’ont vue. J’ai vu leur chambre : c’était horrible !!!!!
Des bonbons partout avec des sucreries alors qu’on n’avait pas le droit !
Et je vous raconte pas la boum !
Depuis, je ne suis plus jamais rentrée dans des chambres comme ça…

19.04.2018
– Maman, je peux aller au parc avec Kira ?
– Ok.
– Maman, je peux aller au parc avec ma trotte ?
– Ok.
– Mais avant, j’ai envie de me faire belle !
– Ok.
– Donc tu me prêtes ton maquillage ?
– Ok.
– Et maman, je peux prendre ton nouveau sac de chez Zara ?
– Ok.
– Maman,jepeuxteprendreunbilletde20pouracheterdesbonbecs ?
– Ok.
– Etilyenadusoleil !
– Ok.
– Donc je peux prendre ta nouvelle paire de lunettes ?
– Ok.
– Et la casquette de papa ? Elle est trop stylée !
– Ok.
– Maman, je peux prendre les clé de p’pa ? J’ai perdu les miennes.
– Ok.
– Maman, il fait beau mais froid. Je peux prendre ton foulard qui te porte bonheur ?
– Ok.
– Maman, pourquoi tu me réponds toujours par OK et jamais par des phrases ?

03.05.2018
– Bonjour mon chéri. Aujourd’hui je ne serai pas là et ton père non plus, donc tu seras tout seul. Je vais te rappeler TOUTES les règles à suivre quand tu es seul :
Interdiction de manger des bonbons.
Tu n’invites pas de copains.
Tu ne sors pas sans mon autorisation.
Si jamais tu sors, ne cours pas.
Tu ne traverses pas au feu rouge.
Tu mets ton écharpe et tes gants.
Tu te laves les mains avant de manger.
Tu m’appelles avant de te coucher.
Tu te couches à 21h et pas après.
Tu fais la vaisselle.
Tu te douches.
Tu fais le ménage.
Tu te laves correctement les dents après avoir mangé.
Tu ne réponds pas aux inconnus.
Tu ne fais pas trop de bruit.
Tu ranges ta chambre.
Ne monte surtout pas sur une chaise ou un tabouret.
Appelle ton père aussi pour lui raconter ta journée.
Mange ce que je vais te préparer.
FAIS TOUT CE QUE JE T’AI DIT.
– Mais maman, toi tu fais tout le contraire de ce que tu viens de dire. Ça ne se fait pas !

15.05.2018
Les bourgeons explosent.
Je me souviens, les bourgeons explosaient. On était en tee-shirt. Il faisait chaud, le soleil était plein de joie. Nous étions de même, pour jouer surtout ! On riait.
Par contre pour travailler, il n’y avait personne. Sauf à l’atelier de peinture. Pourquoi ? Parce qu’il y avait Arsène Lupin ! Il menait une enquête sur l’aiguille creuse.

21.06.2018
– Alors, on mange quand ? J’AI FAIM !!!!
– Bientôt, bientôt.
– Quand bientôt ? J’AI FAIM !!!!
– QUOI!!! Dans une ou deux heures ? Deux heures, c’est trop long ! Une heure aussi. J’AI FAIM !!!!
Un peu plus tard
– Y reste combien de temps ? J’AI FAIM !!!!
– Plus qu’une heure.
– QUOI ? Y faut encore attendre une heure ? Mais J’AI FAIM !!!!
– Arrête d’exagérer.
– Je n’exagère pas, ça m’énerve ! J’veux manger des sushis, des hamburgers, des frites, des bonbons et plein de ketchup et surtout pas des épinards, des choux de Bruxelles, des brocolis, des endives, du poisson ou des courgettes. Et c’est mois qui décide, c’est clair ?
– Oui, oui, mais tu mangeras quand tes parents rentreront.
– J’AI FAIM!!!! J’veux manger tout de suite et pas après et ce n’est pas parce que mes parents sont à la fête de la musique que je mangerai plus tard pigé ?
– Ce n’est pas prêt de toute façon.
– Grrr ! C’est bon ? On passe à table ?
– Non pas tout de suite.
Ding ! Dong !
– Ah enfin vous êtes là, c’est pas trop tôt ! Allez allez ! À table !
– Je ne veux plus jamais revenir garder votre fils !

30.06.2018
La ponctuation
– Salut, tu veux lire mon texte ?
– OK!
– Oh mais tu as fait plein de fautes. Tu as oublié la ponctuation !
– OK, j’en ai marre. Tais-toi.
– Y’a quoi ? Je suis en train de corriger tes fautes.
– OK mais moi, au moins, je mange bien. Moi, au moins, je range ma chambre. Moi, au moins, je ne casse pas mon téléphone.
– Chut ! Tu m’énerves. Je vais te raconter une histoire. Tu te rappelles quand on est partis en Algérie ? Il y avait tous nos cousins et cousines dans la cuisine. On mange, on discute et, tout d’un coup, il y eu un grand coup de tonnerre. Puis, il n’y avait plus d’électricité et on a tous crié. Et comme on était dans le noir et qu’il y avait de l’orage en même temps ?
Ah oui ! J’en m’en souviens.
– Même Sofia a eu peur alors elle a couru pour aller voir maman et elle s’est cognée dans l’armoire.
– Ah oui, c’est vrai !C’était trop rigolo. Bref, tu peux me corriger.
– T’as oublié la majuscule.
– Fffff… Pourquoi j’ai dit ça, moi ? Stop ! Sors de ma chambre !
– Pourquoi ?
– Je parle bien français, non ? Tu as bien compris, là ? J’ai mis la ponctuation. Sors !
– Bon, si tu as des fautes, c’est pas de ma faute…

La fabrique des histoires

Avec les adultes allophones dans les centres sociaux et les étudiants au CROUS.

 

Le cercle des fières anonymes

Mesdames, je vous ai vues doucement vous détendre au fil de l’écriture, accepter mes petits jeux créatifs et vous livrer à la page avec confiance et joie. Je vous ai vues éclore et c’est toujours très émouvant d’assister au déploiement d’un être.

Cette floraison, ce bouquet de personnalités qui peu à peu s’est épanoui, n’aurait pu avoir lieu sans le regard empathique de Saida, qui a grandement oeuvré à la réussite de cet atelier. Merci à elle, merci à vous toutes.

Voilà certains de vos textes, je n’ai pas pu tous les intégrer ici, mais vous les retrouverez au sein du recueil. J’ai été très touchée par notre rencontre. Je vous souhaite une vie bonne, à sculpter selon vos souhaits.

Stéphanie Marchais, janvier 2021 au Centre social et culturel Petit-Colombes à Colombes

 

Le cercle des fières anonymes

Je suis anonyme et voilà ma parole, donnée à vous toutes, dans ce cercle de femmes :

J’ai vécu dans une famille pleine d’amour, de bonheur et de contentement, avec les meilleurs des parents, des frères et des sœurs, jusqu’à ce qu’il soit temps pour moi de voyager. La dernière heure est passée très vite. J’étais triste de quitter ma famille. Ma mère m’a serrée dans ses bras : « il n’y a personne au monde qui t’aime plus que moi mais c’est la vie. Je te souhaite d’être heureuse où que tu sois, tu vas beaucoup me manquer, je t’aime tant. »

J’ai quitté la maison en pleurant, désemparée de laisser ma famille. Je n’avais jamais pensé qu’il pouvait y avoir des moments plus difficiles que celui-là, jusqu’au jour où j’ai perdu ma mère. Le monde est devenu sombre à mes yeux, après sa mort, la vie n’avait plus de goût.

Je t’aime maman, tu es ma vie.

 

Et j’aime le ciel étoilé de Kestulc

j’aime mes réveils à Bath-yenni, mon village natal

j’aime l’humour de mes frères

les blagues de mes neveux

le souffle du vent sur mes montagnes Le Djurdjura

les contes que ma mère nous contait

j’aime lire Maalouf, Hugo, Djaout, Mammeri, Gary, Kateb Yacine

écouter Idir, Le Forestier, Les Beatles, Ferrat

j’aime déambuler dans les musées de Paris et d’Alger

j’aime ma langue maternelle, le berbère

j’aime voir la joie dans les yeux de mes enfants

j’aime ces moments partagés à refaire le monde ou tenter de le comprendre

J’aime l’honnêteté

j’aimerais que les hommes apprennent à s’accepter malgré leurs différences

j’aimerais que les hommes cessent de se haïr au nom d’une culture, d’une identité ou d’une religion

j’aimerais que mes rêves ne soit pas qu’illusion.

 

OUI. Je suis Sana, j’entre dans le cercle, voilà ce que je dis

S sensible
A algérienne
N nerveuse
A amoureuse

 

Quand j’étais petite, tu sais, j’aimais aller chez ma tante car elle avait des filles de mon âge. On s’amusait beaucoup. Elle avait une petite ferme avec des moutons, des coqs, des chiens, on jouait, on ne voulait jamais rentrer à la maison. Ma tante préparait de délicieux plats que l’on mangeait avec grand appétit. Ce sont des moments que je n’oublierai jamais.

 

Je te comprends. Jamila c’est moi, je vous rejoins et je dis ce qui suit

J’aime la vie, me balader dans Paris, regarder la mer de loin

J’aime apprendre la culture des autres, la tolérance

J’aime compter sur moi

J’aime partager ma joie

J’aime rigoler avec mes amies

J’aime l’argent

J’aime aider les nécessiteux

J’aime les bijoux en or

J’aime être simple et polie, active

J’aime le buffet des mariages, le poulet rôti et les biscuits aux amandes

J’aime les câlins de mes enfants, les voyages, les séries à la télévision

J’aime aller au marché chaque jour

J’aime me maquiller

J’aime l’été

J’aime changer de look

J’aime venir au centre culturel

J’aime j’aime j’aime beaucoup de choses !

 

Maman aujourd’hui je pars avec ma fille rejoindre mon amour. J’ai préparé toutes mes affaires, il me manque seulement ta bénédiction. Tu sais, je suis très contente, enfin je peux réaliser mon rêve d’aller en Europe. On verra si ce changement de vie me fait du bien. Je veux me débarrasser des contraintes vécues avec ma belle-famille tu comprends? Je te promets que je te parlerai souvent et que je te rendrai visite chaque vacances.

Je t’entends me dire: « tu as pris la décision de nous quitter ma fille, c’est ton choix et je ne veux pas t’empêcher pas de vivre heureuse avec ta famille. Je te souhaite bonne chance, du plus profond de mon cœur, bonne chance. Profite de la vie et prends soin de toi ».

J’entends ma chère maman, merci, je sais ton grand cœur. Tu connais mon caractère, je déteste les gens qui se mêlent de ma vie personnelle, je veux pouvoir sortir et entrer sans justifier où je vais ni d’où je viens. J’ai hâte de découvrir la vraie vie et retrouver, ou plutôt reprendre, la liberté qui m’a été volée. Je veux organiser des fêtes chez moi avec mes amies, je veux danser, plaisanter et faire ce que je veux, c’est tellement dommage que ces réjouissances soient considérées comme un défaut honteux. Un aveu, maman : je pars d’ici sans nostalgie. Il n’y a que toi qui me manqueras.

 

Je suis Wallaa, je partage ton goût de vivre, le mot que j’ai choisi c’est :

Les principes. Ce sont des valeurs importantes que l’on devrait semer dans le cœur et la tête de nos enfants. Ils sont le symbole de l’honnêteté et nous permettent de nous construire sur le plan financier et moral sans jamais rien dérober à personne.

 

Et moi Leila, j’ai choisi Pardon :

Ce mot à une grande valeur pour moi, la personne qui le prononce doit être courageuse et audacieuse. Il est difficile de demander pardon surtout si on a blessé ou si on a été blessé. Quand on demande pardon, on se sent bien et apaisé.

 

Je m’appelle Maria, je suis dans la ronde des femmes avec vous :

– Écoute -moi ma fille chérie, les enfants sont comme les oiseaux ils naissent, ils grandissent, ils ouvrent leurs ailes et s’envolent, mais ne t’inquiète pas, tout se passera bien, je serai heureuse avec votre bonheur.

 

– Maman je suis fière d’être ta fille, je sais que tu as le coeur brisé, mais soutiens-moi dans chaque décision que je prends.

 

– Oui. N’oublie jamais tes principes, les rêves se réalisent avec la responsabilité et la persévérance. Si un jour les choses deviennent difficiles, n’abandonne pas, n’arrête jamais de te battre pour tes idéaux, recommence chaque jour avec humilité et honnêteté. Parce que le vainqueur n’est pas celui qui remporte toutes les batailles, mais celui qui franchit tous les obstacles. Ma belle enfant tu me manqueras, mais dans mes prières je demanderai qu’on allume chacun de tes pas.

 

  • J’aime le rayon brillant du soleil chaque matin
  • j’aime quand le vent frappe mes cheveux
  • j’aime la brise au bord de la mer
  • j’aime le parfum de mes enfants quand je les serre dans mes bras
  • j’aime ma famille
  • j’aime me faire de nouveaux amis
  • j’aime apprendre de nouvelles cultures
  • j’aime lire des histoires d’amour
  • enfin j’aime vivre parce que la vie est belle.

 

Hasna je suis, je dépose cette lettre comme un caillou au centre de la ronde des femmes :

Mon cher oncle, tu as été un bel exemple pour nous. Tu t’es battu contre toutes les difficultés de la pauvreté pour atteindre ton objectif. Tu as vécu dans un petit village reculé, tes parents étaient illettrés mais ils ont cru en toi, ils t’ont poussé à étudier, ils ont quitté leur village pour que tu puisses faire des études. Tu ne les as pas déçus, tu as consacré toute ta vie à cela, à une époque où très peu de gens donnaient de l’importance aux études. Toi tu as été clairvoyant, intelligent et courageux. Ta réussite est un exemple pour beaucoup d’enfants et leurs parents. C’est une richesse inestimable. Je pense que tu as une place réservée au Panthéon auprès de tous ces gens exceptionnels.

 

Naheed c’est moi, j’entre dans le cercle à mon tour et je dis les choses suivantes :

N comme novembre

A adorable

H heureuse

E élégante

E énergétique

D dynamique

 

Ma mère ne voulait pas que je m’éloigne en me mariant, elle espérait me garder près d’elle. Personne n’était triste le jour de mon mariage, mais deux ans plus tard, je suis partie pour la France et toute ma famille a pleuré. Ma mère me disait souvent:

« Je me souviens encore du jour où tu es arrivée dans ma vie. Je n’aimais pas quand tu me laissais pour l’école ou les sorties. J’ignore si on pourra se revoir bientôt mais je sais qu’aujourd’hui tu es devenue une femme forte, autonome, gentille et intelligente et je suis fière de toi. »

 

Il n’y a pas de mots justes pour décrire la relation sacrée, spéciale, émotionnelle entre une mère et sa fille mais il arrive un moment dans la vie de chaque maman où elle se sent à la fois impuissante et heureuse : sa fille entre dans une nouvelle phase de la vie.

 

J’aime la vie et dans ma vie j’aime ma famille et mes amis

j’aime passer de bons moments avec mes parents

j’aime cuisiner différentes recettes

j’aime le lever du soleil

j’aime lire et écrire dans la tranquillité et le silence

j’aime être toujours positive

j’aime aider les autres avec plaisir

j’aime passer les vacances au Pakistan avec mes sœurs et mes frères

j’aime la nature

j’aime me promener au bord de la mer avec mon mari

j’aime la beauté et le silence des lacs et des vallées

j’aime être sociale

 

Bouacherine Leïla, je parle en mon nom dans cette ronde :

Beautiful
Oh, mon dieu
Un magnifique sourire qui éclaire la vie
Agréables moments avec ma famille
Calme comme mon grand-père
Humble
Excusez-moi jusqu’à la fin du monde
Rire toujours parce que la vie est courte
Intelligente
Ne me blâme pas
Essaye de me comprendre

 

Pour moi Sana, la tendresse est mon mot préféré.

Même si on est grand, on reste un enfant, on a toujours besoin d’une touche de tendresse : un joli mot, un câlin doux, un regard d’amour, pour nous donner la force de continuer à vivre. Sans tendresse, on ne le pourrait pas.

 

Maryvonne c’est moi, vous dans le cercle, écoutez mes J’aime

J’aime me balader

rire

j’aime mon fils

aller au magasin

les nouveaux vêtements

aller au cinéma

faire de la couture

j’aimerais bien améliorer mon écriture

j’aime lire

aller au théâtre

faire des gâteaux

j’aime ma maîtresse

j’aime discuter

voyager à l’étranger

j’aimerais bien aller en Haïti pour passer les fêtes avec ma mère

j’aime le couscous marocain

faire du ski

faire des économies

faire du sport

manger des sushis

jouer avec mes petits-enfants

j’aime la tranquillité.

 

Je suis Fatima, femme du cercle, je vous donne mon histoire :

Celle de ma mère et de la mer .

Ces deux mots ont une grande valeur pour moi et symbolisent des moments agréables que j’ai vécus. Plusieurs années ont passé, je n’arrive toujours pas à oublier la tendresse de ma mère, je n’arrive pas à trouver les mots pour exprimer mes sentiments pour ma chère Habibi maman, elle disait, « je vais consacrer ma vie à bâtir notre avenir ». Parfois je l’imagine au bord de la mer, à se baigner et s’amuser. Elle me surveillait en même temps qu’elle préparait de bons plats, de délicieux bains de mer. Comment elle arrive à faire tout cela ?!!? Ma mère est source d’amour. Ma mère et la mer ont en commun de donner beaucoup sans obtenir de récompense. Je t’aime ma chère mère, j’aime toutes les mamans du monde.

 

Sana, c’est moi, et j’aime Jouer :

C’est un mot de joie, d’éclats de rire, un mot clair et net, un mot qui ne connaît ni manque ni qualité. Jouer avec une poupée en bois fabriquée soi-même. Chercher des chutes de tissu chez la couturière pour faire de jolies robes à la poupée. Ramasser des boîtes vides pour construire sa maison. C’est un mot loin des soucis et du stress.

 

Moi, Dalila, j’ajoute cette lettre dans le cercle :

Chère grand-mère,

tu es une femme formidable. Tu as frôlé la mort plusieurs fois pendant cette guerre où tu as combattu pour la liberté et la dignité de ton peuple. Tu as soigné les femmes de ton village, tu les as soutenues dans les moments difficiles, tu as partagé leurs deuils et leurs problèmes au quotidien. Tu es devenue la fierté du village et de toute ta famille. Tu n’as jamais baissé les bras face aux crises. Tu t’es démenée pour les autres. Tu as construit ce cimetière qui porte ton nom. Grand-mère tu es un roc, tu es bienveillante et solide, ta place est au Panthéon. Repose en paix.

 

Je m’appelle Sasireka, j’entre dans la ronde :

J’aime ma famille

j’aime bien parler avec toi

j’aime beaucoup la musique et la danse tamouls

la lecture et l’histoire

le cinéma et le théâtre

j’aime aller à la mer avec mes enfants

voyager en Belgique

j’aime l’agriculture, la ferme et les animaux.

 

Walla je suis, un hommage à mon père :

Aujourd’hui j’écris pour toi papa. Il y a déjà 10 ans que tu es parti mais tu as toujours ta grande place dans mon cœur. Tu es la personne qui mérite d’avoir une place au Panthéon parmi les grands hommes. Tu as sacrifié ton temps et ta vie pour la création de cette association dont le seul objectif est d’aider les gens dans le besoin. Je t’ai vu rentrer du travail et repartir directement à l’association, demander à maman de préparer des repas et nous prier, nous les enfants, de les apporter à l’association. Je t’ai vu passer ton temps à récolter des fonds et distribuer des aides aux veuves et aux familles pauvres. Je t’ai vu aider les étudiants par tous les moyens possibles. Je t’ai vu mettre en place une garderie pour permettre aux femmes de travailler. Je te remercie au nom de toutes ces personnes. Aujourd’hui quand je passe devant cette association, je me dis : voilà la fleur de tout ce travail fantastique, papa.

 

Jamila, moi je dis que :

Notre vie, c’est maintenant. J’ai consacré la moitié de la mienne à l’éducation de mes enfants. Je suis restée à leur côté, je les ai accompagnés, poussés à réaliser leurs rêves. La vie est belle et ne dure pas. Mes enfants ont grandi et sont indépendants. Maintenant je suis libre, il n’y a aucun obstacle qui m’empêchera de continuer à vivre : je peux dormir sans que le réveil ne sonne, je peux me promener sans me soucier du temps, je peux voyager sans attendre l’arrivée des vacances scolaires. J’ai beaucoup de rêves dans la tête. Il n’est jamais trop tard. La couture, la danse, la peinture sur soie.

J’aimerais, vous savez, être une fée magique pour régler tous les problèmes des gens.

 

Aïcha c’est moi, dans le cercle avec vous  :

J’aime la nature

les grands arbres, les oiseaux

J’aime les oiseaux et leurs chants qui inspirent l’espoir et l’optimisme

J’aime l’optimisme qui apporte le bonheur

J’aime partager le bonheur avec les autres

J’aime respecter les autres et les aider

J’aime rendre les gens heureux, en particulier les enfants

J’aime les enfants avec leur bon cœur

J’aime les bonnes personnes qui acceptent les autres comme ils sont

J’aime la liberté qui apporte la paix

J’aime la paix dont nous avons besoin pour vivre en sécurité

J’aime la sécurité qui est la tranquillité d’esprit et le vrai bonheur.

 

Hasnae, j’entre dans la ronde pour vous donner mon histoire :

De quelle douleur parlez-vous ?

Je vois toujours mon frère fort malgré la souffrance, la tristesse et le choc. Je vois le sourire qui cache sa douleur, qui cache le manque et les larmes.

De quelle séparation parlez-vous ?

La séparation douloureuse. Cette séparation définitive, terrible, qu’est la mort, insupportable.

De quels souvenirs parlez-vous ?

Souvent les bons souvenirs font plus mal que les mauvais. Bouzine tu es mort mais toujours dans nos cœurs, chaque jour, à chaque occasion, à chaque Aïd, nous ne t’oublierons jamais.

 

Je suis Marwa, avec vous femmes de la ronde, j’aime

Ma famille

Le temps passé avec eux

Les couleurs

Je rêve de devenir une grande designer

Les voyages

Mon pays

Passer mes vacances en Tunisie

La vie

Sans Corona.

 

Je suis Hanan, j’entre dans la danse des paroles :

Ma tante est une personne formidable. Après trois ans de mariage, son mari est décédé en la laissant seule avec un bébé. Un peu plus tard sa belle-mère est décédée en laissant un petit garçon d’un an. Ma tante qui était très jeune, a pris la responsabilité d’élever son fils et son beau-frère. Elle vivait dans un village, allait chercher de l’eau au puits, cultivait son champ avec son beau-frère sur le dos. C’est un acte humanitaire et noble, surtout dans cette société qui considérait que les femmes célibataires n’avaient aucune valeur.

 

Moi Djamila, j’ajoute cette lettre au cercle :

Chère tante, à une époque de ta vie, la chance t’a abandonnée : ton mari est décédé en te laissant sept enfant à élever. Tu étais jeune et radieuse, très jolie mais sans aucune expérience et tu subissais une grande pression de la part de tes frères et beaux-frères qui refusaient l’idée que tu travailles. En plus les gens du village étaient médisants à ton égard et critiquaient ton mode de vie, contraire aux normes et mœurs établis. Pour eux, la femme est faite pour rester à la maison. Heureusement tu n’as pas pris en considération leurs opinions, tu n’as pas tenu compte de la critique. Tu es toujours la femme courageuse, battante, guerrière solide qui ne baisse jamais les bras. D’ailleurs ta dignité et ta fierté t’ont aidé à être indépendante. Tu es un exemple pour moi. Tu as créé une association pour aider les femmes en difficulté. Pour tes actes et tes sacrifices, tu mérites d’avoir ta place auprès des grands hommes et grandes femmes, au Panthéon, ce monument où se reposent les personnes qui ont laissé une trace et œuvré pour l’humanité.

 

– Entrez dans le cercle, ouvrez vos visages, tendez vos mains vous les humains,

– Notre vie, c’est maintenant.

– La preuve, nous sommes plein de vie.

– Il n’y a pas de femme ou d’homme idéal, alors

– Nous voulons être heureux malgré les obstacles qui parfois nous freinent

– Nous voulons profiter de chaque instant de notre vie, en restant honnête et en gardant un esprit libre.

– Nous sommes contents de rendre les autres joyeux, parfois, c’est la cerise sur le gâteau.

– Stop à la guerre

– Stop à la souffrance

– Stop à la violence

– Oui à la paix

– Nous souhaitons la belle vie à toute l’humanité.

 

 

 

Vivre, regarder, se réjouir, partir

Voilà les textes de fiction écrits lors des ateliers d’écriture menés en novembre et décembre 2020, au Centre social et culturel des Fossés Jean à Colombes.

Sur mes propositions d’écriture, ces histoires sont nées de l’imaginaire de Abla, Chérifa, Rachida, Mounira, Rakia, Sofia, Fernanda, Meriem et Oum, sous l’œil bienveillant de Flore Blancher, Femme Libre, d’Opinion, Râleuse et Energique.

Mesdames, j’ai pris un plaisir fou à vous accompagner sur ces chemins d’écriture, où nous nous sommes rencontrées par la grâce des mots. Je vous en remercie.

Je vous souhaite de continuer à rêver grand vos vies.

Stéphanie Marchais, janvier 2021.

VIVRE, REGARDER, SE REJOUIR, PARTIR

  • Je suis Abla, Aimable Beauté Libre et Assistante accomplie.
  • Je suis Chérifa, Chaleureuse Heureuse Energique Radieuse Idéale Femme forte A
  • Je suis Rachida, Ravie rationnelle Adulte Calme courageuse capable Honnête Intelligente Dynamique A
  • Je suis Mounira, Meilleure Orange Unique Normale Imaginaire imaginative Rapide Active moi aussi.

Nous sommes des Femmes de 2020, capables de prendre la responsabilité de nos familles, de travailler et de vivre libres. Nous aimerions voyager, exister dans un monde meilleur.

  • En 2020, il faut être une guerrière pour se sauver, pour se porter secours à soi-même. Etre une Femme en 2020, c’est difficile. Il faut avoir du courage et de l’espoir, et savoir être une bonne joueuse mais il ne faut surtout jamais abandonner ou laisser tomber. N’aie pas peur du futur, Femme de 2020, même si tu ne sais pas ce que l’avenir te réserve. Ne lâche pas l’affaire.
  • Moi je dis que La femme 2020 est très libre. Elle a l’égalité avec et contre l’homme. Elle est capable de tout et sort de chez elle pour travailler. Encore un effort et nous serons plus efficaces, plus solidaires, plus présentes, plus actives dans le monde.

La Femme de 2020 est courageuse, forte, patiente, aimante et aimée. Le courage et la force de travailler, de sortir. La patience et l’amour pour le foyer, les enfants. Nous savons tout mener de front, au travail et à la maison.

Moi je dis chapeau aux femmes, qu’elles travaillent ou qu’elles soient au foyer, nous sommes toutes courageuses.

  • Je suis Rakia, Rassembler, réussite, Agréable, aimable, K je n’ai pas trouvé, Intuitive, immensité, idéal, intense, infatigable, incroyable, intelligente, A
  • Je suis Sofia, Sexy, Orange, Fonction, Image, Aller jusqu’au bout.
  • Je suis Fernanda LEAL SILVA, Libre, Etat, Amoureux, amoureuse, Lumineux, Sensible, Imagination, Lunaire, Vague, A
  • Je suis Meriem, Magnifique, Elégante, Ravie, réaliste, Image, Enervée, M

Nous sommes des Femmes de 2020, et même de 2021, qui vivons dans les quartiers et regardons le monde autour de nous. Comment va le monde ?

  • Dans un quartier riche, que ce soit en France ou ailleurs, les conditions de vie ne sont pas les mêmes. J’ai remarqué qu’on ne peut pas se permettre de faire les choses qu’on a l’habitude de faire dans un quartier pauvre, chez les riches. Presque tout le monde y possède une voiture, il n’y a presque pas de HLM ou d’immeubles, rien que des pavillons et des maisons. On ne trouve que des gens aisés qui ont un mode de vie top. Les rues sont propres, moins fréquentées, bien calmes parce que chacun a tout ce dont il a besoin.  La majorité des gens des quartiers huppés ne considèrent pas trop les gens des quartiers populaires, qui sont sales et non structurés. Il y a un grand contraste. Qu’en penses-tu ?
  • Un jour je suis passée dans un quartier propre, très propre. De la lumière partout, sur les murs, par les fenêtres, sur les portes. La rue était grande, impeccable. J’étais tellement choquée que j’ai demandé à un homme devant son pavillon pourquoi la rue était si lumineuse. « C’est la fête bientôt », il m’a dit. J’avais oublié que c’était le nouvel an ! Même pour les fêtes, dans les quartiers riches, tous les voisins sont coopératifs. Ils sont attachés et travaillent ensemble. Qu’en dis-tu ?
  • Ecoute : c’est un matin du mois de mars, le printemps. Il fait beau. Je décide de faire une marche. Je me retrouve dans un quartier riche, calme, très très calme. Propre. Les pavillons ont une belle architecture et les arbres sont bien coupés. On n’entend que les oiseaux qui survolent les avenues et on voit des papillons danser. Peu de gens dans la rue. Voilà.
  • Je vais te dire quelque chose : dans une ville riche comme Neuilly-sur-Seine par exemple, il y a une grande différence. Au niveau de la propreté, entre les établissements scolaires. Le regard des gens est différent aussi. Et puis il y a des grands parcs et des boulevards magnifiques.
  • Il était une fois une femme, une dame plutôt, qui habitait un quartier riche. Je fais la dame aisée : « C’est un quartier que je n’oublierai pas, Il est sublime, quand tu pénètres les rues de ce quartier, tu trouves des arbres verts, et même de toutes les couleurs, des routes très propres, de très jolis hôtels offrant de bons services. Pour les voitures, il y a même des personnes rémunérées pour garer les voitures des résidents de ce quartier ». Tu vois l’ambiance ?
  • Je vois. Aujourd’hui en sortant me promener dans mon quartier, j’ai entendu une voix qui m’appelait, « Fernanda ! ». C’était une pierre.
    « Fernanda, écoute-moi, j’ai été piétinée pendant des siècles et maintenant je fais partie du chemin des gens. Ici je suis heureuse car j’occupe une position stratégique pour observer le monde.
    Quand le temps est sec, que je me trouve sale, parfois le boulanger sort et me baigne d’eau et de savon. Les poils de son balai me font rire, comme me font rire les doigts des enfants qui jouent dans les trous mouillés de mon trottoir. La boulangerie est à côté de la boucherie, et j’aime l’odeur de pain qu’elle dégage. Les oiseaux viennent manger les miettes sur mon dos. Nous, pierres, sommes connectées par une extension territoriale, jusqu’au changement de matière, quand nous sommes traversées par une rivière ou par la saleté grasse.
    Je me sens donc reliée avec les autres pierres du quartier. Je sais par exemple, que la pierre du passage piéton aime quand les mamans lui traversent tranquillement dessus, avec leurs poussettes et leurs bébés, ça donne de la beauté à la vie de tous les jours. C’est la première fois que j’entends murmurer une pierre vous savez. C’est aussi cela, mon quartier.

C’est le grand départ. La Femme de 2020 – 2021 sort de chez elle et prend le chemin du Panthéon. Pourquoi le Panthéon ?!!!?

  • Il y a quelques jours que je pense que oui, moi et beaucoup d’autres femmes, nous méritons d’entrer au Panthéon. Après tout, sur 81 personnes, seulement 4 sont des femmes. Cela me semble injuste.
  • Il y a cinq ans, j’étais en Algérie avec mes parents mais j’étais perdue. Ma vie n’avait pas de sens.
  • Notre vie c’est maintenant alors j’y vais aussi, sur la place des grands hommes. Pour moi, le départ de ma langue parle de l’arrivée de la nostalgie, celle qui embrasse les jours rythmés par les paysages autour de moi, autour du lit, et les bruits des enfants où je dors et où je me réveille.
  • Je vais m’asseoir devant le Panthéon, et durant un mois à partir de la pleine lune, à 17h précises, je vais broder une des belles robes de ma grand-mère. Cette pièce de soie beige représente la continuité générationnelle dont les femmes sont les grandes responsables. Cette robe de mon ancêtre figure aussi un véritable lien affectif, un respect du passé et une reconnaissance de ma propre histoire. Je l’emmène avec moi.

Je broderai les noms et prénoms de femmes de mon cercle social, de ma famille, de toutes celles qui comptent. À la fin du mois de la lune, je mettrai la robe, égrènerai tous les prénoms de ces femmes puissantes et je danserai à nouveau sous la lumière lunaire. Et toi, pour quelles raisons pars-tu pour le Panthéon ?

– Aujourd’hui, je suis là, en France et je suis mariée, j’ai trois enfants, deux garçons et une fille et ils sont adorables. Demain, je veux juste voir mes enfants grandir et avoir un bel avenir : santé, prospérité, bonheur.

–  Je sens qu’il y a quelque chose de Simone Veil en moi parce que je ne laisse pas quelqu’un d’autre choisir ma vie à ma place. Depuis que j’ai entendu parler de Simone Veil, je rêve de suivre ses pas. j’ai envie de faire des recherches sur l’adolescence et l’enfance de Simone Veil et voir si son histoire ressemble à la mienne car je me vois en elle.

– Oui un jour c’est le départ. C’est difficile, le premier départ, c’est difficile d’être maman mais avec l’habitude et l’amour, tout passe. Alors j’écris une lettre pleine de douceur, je mets les bols du petit-déjeuner sur la table, j’ouvre la porte et je sors. A bientôt.

– Elle se lève ce matin, très fatiguée, stressée car elle vit une situation dure. Tous les endroits et les objets lui rappellent le passé, c’est une femme battue par son mari…  Plus tard elle créera une association de défense pour les femmes battues. Et leurs enfants.

– Aujourd’hui, je suis triste. Hier, on était malade. Demain, on dépassera ça.

– Simone Veil est une femme politique française. Elle est déportée à Auschwitz à l’âge de 16 ans. Durant la Shoah, elle perd son père, son frère et sa mère. Malgré tout ça elle ne baisse pas les bras, elle continue ses études.

– Il y a vingt ans, je vivais au Togo. Depuis dix ans, je vis à Paris. Et dans cinq ans, je ferai le tour du monde.

– La chose de Simone Veil en moi, c’est la liberté de faire le travail que je veux et même d’avoir le corps que je veux. Elle est très courageuse cette Simone, de dire et de faire ce qu’elle fait pendant la période de 1975. C’est une femme qui fait progresser les droits des femmes.

– il y a toujours cette voix dans ma tête qui ne part pas : « tu devrais aller là où tu mérites d’être, parmi les grands et les penseurs ». C’est vrai que dans cette vie, j’ai fait un groupe d’œuvres exceptionnelles, ça mérite de reposer là-bas au Panthéon ou du moins de visiter cet endroit et de l’apprécier. Chaque femme qui se bat pour sa famille et pour elle-même le mérite en cette période, non ?

Aujourd’hui je me suis réveillée tôt, avec mon uniforme de travail, l’uniforme de médecin, je suis médecin, j’ai dans l’espoir toujours d’aider les autres, je suis prête à sacrifier ma vie pour mes passions. J’emporte avec moi un bouquet de roses qui poussent en hiver. Pour le déposer devant le monument des grands hommes et des grandes femmes.

– Il était une fois une dame du nom de Marie, Marie Femme Au Foyer, avec quatre gosses. Dépassée, épuisée par la routine de ses journées, elle décide de quitter la maison. Un vendredi après-midi elle part en direction du Panthéon. Elle fait le long chemin. Arrivée au monument elle en fait le tour, va voir l’un des agents et lui montre un emplacement en lui disant qu’elle est là pour rester. L’agent lui dit que ce n’est pas possible de s’installer là, il lui explique les conditions grâce auxquelles on est admis au Panthéon. Vu que la chère dame est déjà au bord de la crise de nerfs et commence à dénoncer cette injustice dans la manière dont les gens sont admis au Panthéon et d’autres pas, c’est vrai quelle injustice, l’agent se tait. Marie Femme Au Foyer déclare qu’elle vaut plus que tous ceux qui sont là parce qu’elle seule porte d’illustres personnalités en elle, qu’elle a fait quatre gosses qui font partie de l’histoire de France en plus d’elle-même, et que ses enfants ont tout pour devenir les quatre héros de demain, ainsi elle n’attendra pas sa propre mort pour accéder à la panthonéisation, ni que quelqu’un décide de son sort. La dame continue à demander à l’agent, qui est parti, si la devise de la France ne se pratique pas au Panthéon ? Où sont alors la liberté, l’égalité et la fraternité ? Sans réponse, elle sort un papier de son sac, écrit tout son mécontentement, le remet à l’agent qui s’est volatilisé, puis rentre chez elle en emportant dans ses bras l’enseigne de Simone Veil qui l’inspire tellement.

Des hommes trop grands, des femmes trop grandes

Vous allez lire les textes écrits par Morelle, Floriane, Raphaël, Ilias, Fatoumata, fidèles de l’atelier du jeudi soir, étudiants réunis par le CROUS de Versailles.

Certains étudiants n’ont fait que passer, d’autres sont restés. Alors j’ai tenté de tisser un ensemble cohérent avec toutes les paroles de cette jeunesse. Je n’ai pas pu inclure tous les textes, j’ai choisi les plus puissants, les plus singuliers.

J’ai pris beaucoup de plaisir à dialoguer avec ces jeunes hommes et ces jeunes femmes, tous authentiques, malgré la barrière des écrans.

Courage et rage, tendresse, espoir, rêves, écoutez, ils ont beaucoup à dire.

Stéphanie Marchais, janvier 2021.

Des hommes trop grands, des femmes trop grandes

C’est l’heure, et on ne change pas l’heure de la routine. Comme chaque soir j’enfile mon costume et je me prépare. Le bas puis le haut. Je gravis les quelques marches qui me séparent de la scène. J’inspire profondément. Je sens le silence et la pression autour de moi. C’est ce moment léger et flottant, que je préfère. Ephémère, délicieux.

  • J’aime l’odeur de la forêt, de la mousse du lierre, celle des longues randonnées en montagne,

J’aime l’odeur du soir, du crépuscule qui pénètre les campagnes,

J’aime les longues soirées d’été au lac, à regarder le soleil se coucher.

  • Qui sommes-nous ?

Je suis celle qu’on regarde de haut,

Celle qu’on dévalorise à cause de sa couleur de peau

  • J’aime les Noëls enneigés au coin du feu de cheminée.
  • Je suis aussi celle qui dans le silence de la nuit prie tous les dieux pour juste un regard affectueux

Celle qui dans l’espérance d’un devenir plus prometteur, a dû quitter ses terres entre larmes et peurs

Au risque d’être paradoxale, laissez-moi vous dire que je n’ai pas eu le choix, c’était peur ou douleur

  • Je n’aime pas les araignées aux longues pattes velues.

J’aime les personnes qui sont toujours là pour me soutenir quand je ne vais pas bien.

  • Si l’on m’avait demandé mon identité auparavant, j’aurais fièrement répondu que je suis Boty, descendante de la tribu des Gagou et des Baoulés, de la digne lignée d’Abla Pokou !
  • Mais aujourd’hui, qui suis-je, je vous le demande ?
  • J’aime me perdre dans les rues et découvrir de nouveaux endroits
  • J’aime l’odeur du gâteau au chocolat

J’aime me perdre dans tes yeux.

  • Aujourd’hui, ma terre ne vibre plus sous mes pieds

Ce noir dont on dit qu’il est la somme de toutes les couleurs, ici ce noir, c’est du délavé !

Prise entre deux cultures, quelle est mon identité ?

  • J’aime la devise de notre pays, liberté – égalité – fraternité
  • Mon identité est trop vaste et polysémique pour ne tenir que sur quelques pages du Robert
  • Mon identité prend vie dans les champs de cannes à sucres et se développe sur les terres blanches
  • J’aime l’odeur de fumée de l’automne orangé.
  • Mon identité n’est pas que le passé hérité de mes Pères, c’est aussi le futur que je léguerai à ma descendance.
  • J’aime le fait d’être une Femme
  • Je n’aime pas l’égoïsme de cette société.
  • J’aime sentir ton cœur battre contre ma peau.
  • Je suis humaine ! je suis femme ! je suis noire ! je suis africaine ! je suis francophone ! je suis moi !

La petite fille regarde par la fenêtre la pluie tomber et les arbres danser dans le vent. Elle attend tous les jours son père parti au combat. Il rentrera sain et sauf de cette guerre sanglante qui a déjà brisé des milliers de familles. L’espoir

D’une vie normale.

Nous incarnons la mer qui ne cesse jamais

Nous sommes les émotions, c’est par elles que nous nous exprimons

Nous naissons, grandissons et nous diffusons

Sous la forme de modestes vaguelettes,

Nous sommes aussi de fortes claques quand nous l’osons

De colossales vagues quand il s’agit de prendre position

Le risque est alors lâcher-prise , nous nous abandonnons

A un acte dévastateur, ouragan nous devenons.

  • Trop de morts parmi les miens dans les mers

Trop d’enfants qui meurent de faim quand les adultes s’empiffrent

Ça doit bouger ! Ça doit bouger mais surtout ça doit changer !

Notre vie c’est maintenant. Pas demain. Pas hier. Nous, toi, moi avançons, courons plutôt. À grands enjambés. Vite.  Notre but se rapproche. Pas le moment de ralentir.

Maintenant je fais tout pour y arriver. Je ne nous laisserai pas passer à côté.

La lumière au bout du tunnel, nous, toi, moi accélérons. Excités, on se surprend à rire, est-ce vraiment possible d’aller aussi vite ?

On y est, nous tendons la main à la lumière. Elle s’éteint.

Désabusée, je me retourne vers toi. Mais il n’y a que moi.

J’ai compris. La prochaine fois je saurai. Je reprendrai mon souffle, je serai prête. La prochaine fois, sans toi j’y arriverai. Ma vie n’attendra plus.

  • J’aime tellement de choses mais pas dessus tout, je t’aime toi

J’aime quand tu souris, mais j’aime encore bien plus quand tu me souris moi.

Les forêts brûlent, le niveau des mers monte, la terre est à l’agonie. Nous la regardons souffrir sans rien faire. Partout, la pollution s’invite dans nos villes et le bruit des klaxons envahit nos rues. La faune sauvage se meurt car elle n’a plus de maison, l’Homme la chasse pour conquérir davantage de terres. Nous fermons les yeux, ce n’est qu’un mauvais rêve. Ça doit bouger, ça doit changer.

  • J’aime quand, dans tes bras je trouve refuge pour prendre ma dose matinale de gaieté.

A perte de vue, c’est tout ce qu’il perçoit de l’horizon. Les nuages forment une collerette, trop grande, qui l’empêche de voir le reste de son corps. Il n’est qu’une tête, une tête flottante. Il lui arrive de rencontrer d’autres têtes comme la sienne mais beaucoup plus petites. Elles se cachent derrière de drôles d’oiseaux métalliques qui volent à sa hauteur. Elles apparaissent et disparaissent régulièrement .

  • J’aime la société, mais j’avoue, la société sans toi serait irréelle

Ardeur

Bravoure du chevalier

Combat loyal

Déplacer des montagnes

Eteindre les flammes

Force herculéenne

Guépard agile

Héros

Lion féroce

Monstre vaincu

Nager en eaux troubles

Océan de volonté

Point fort

Regard déterminé

Suivre son instinct

Tuer son ennemi

Un espion de l’ombre

Victoire héroïque

Yeux perçants

  • J’aime partager avec toi mes rêves, mes passions mais je préfère de loin partager ton vécu réel.

Soudain, son regard a changé. J’ai dit quelque chose qui ne fallait pas ?

Je sens un poids grandir dans ma poitrine, un sentiment que je ne parviens pas à définir. Son regard exprime l’étonnement et l’incompréhension mais ce n’est pas ce qui m’interpelle. C’est quelque chose de plus profond et qui me blesse : du dégoût. Tout d’un coup, j’aimerais revenir cinq minutes en arrière. De tout mon cœur j’aimerais faire disparaître cette phrase qui l’a tant perturbé. Le silence s’installe entre nous. Lourd, douloureux. Je n’ose plus parler de peur d’aggraver la situation. Je lève la tête dans l’espoir de le voir sourire et de l’entendre dire : « Je ne savais pas, pourquoi tu ne l’as pas dit plutôt ? » ou encore « Ce n’est pas grave, c’est tout à fait normal ». Si c’était normal il n’aurait pas eu cette réaction. Je lui prends la main. Il se laisse faire, sans conviction, plongé dans ses pensées.

Pourtant, je connais les règles, quand je fais une bêtise, je sais que je serai puni. Je fais donc tout mon possible pour les éviter ou du moins, pour ne pas me faire attraper. Aujourd’hui c’est différent. Nous sommes sur le chemin de retour. Il est venu me chercher après l’école et je lui raconte ma journée. Les parties de foot et nos jeux d’enfants. Qu’est-ce qui a bien pu se passer ? Maintenant, je le vois fuir mon regard, se détourner. Il va m’abandonner et ça, ça me fait peur. La panique m’envahit et je me mets à pleurer. Bon sang, mais quel mal y-a-t-il à dire que l’on aime les garçons ?

  • J’aime quand après la pluie toi et moi on savoure passionnément l’odeur du sable mouillé.

 

Notre vie c’est maintenant

Un condensé de sentiments

Un tourbillon de questionnements

 

Préserver sa zone de confort

Ou partir à l’aventure

Nous sommes pris par le vertige

Avons déjà accumulés 50 piges

 

Réfléchissons aux derniers chapitres

D’une vie à déconstruire

J’aimerais faire le grand pas

Mettre fin à ce débat.

  • J’aime ma famille, mes frères, mes sœurs, ma mère
  • J’aime quand tu me regardes passionnément, quand tu me protège de tout comme un père.

Sous le soleil de plomb, elle porte sa lourde protection. Sous son masque, personne ne peut apercevoir qu’une fille combat aux côtés des plus grands chevaliers du royaume. Sous son masque, elle manie les armes avec une habilité sans égale. Sous son masque, elle poignarde son adversaire en plein cœur avec une froideur remarquable. Sous son masque, elle cache une longue chevelure dorée. Sous son masque, elle est une fille, une chevalière hors pair.

  • Pourquoi avoir peur du lion qui ne tue que pour se nourrir et aimer l’Homme qui tue pour son plaisir ?

Ça doit bouger ! Ça doit bouger mais surtout ça doit changer ! 

Nous incarnons la mer qui ne cesse jamais

Nous sommes l’argent pur de la planète

Notre force intérieure ne cesse de grandir

Face aux fauteurs de misère malhonnêtes

Aucune organisation pour nous retenir

Notre combat est porteur de sens

Pour la nouvelle génération, un îlot d’espérance

Regagnons nos terres, spoliées par l’argent Roi

Rêvons d’un retour triomphant toi et moi

  • Tant d’Hommes dans le monde mais pourquoi si peu d’humanité ?

Je vois des pauvres charbonner pour des miettes tandis que les riches sont payés pour se prélasser

Pour être plus libres, on crée des lois qui nous emprisonnent et après, contre ces lois, on fait la guerre

Ça doit bouger ! Ça doit bouger mais surtout ça doit changer !

  • Maman c’est une femme homme. C’est une femme forte. Elle n’a jamais faim, à chaque fois elle nous dit mangez, j’ai le ventre le plein, mangez. Et chaque nuit son ventre grogne. Maman, c’est une femme brave, elle n’a jamais peur, même quand il pleut, l’eau qui tombe sur notre lit moisi ne l’effraie pas, ça camoufle ses larmes. Maman n’a pas de limites, pas de honte, chaque jour, je la vois s’agenouiller, quémander afin de trouver de quoi remplir nos ventres ballonnés de vers. Elle me dit, fais-toi humble, tout le temps de ta vie, fais-toi humble. Être humble ou faire pitié, je me le demande sans cesse.
  • Egalité des sexes prononcée mais pourquoi les coups ne sont que pour les femmes ?

Egalité des êtres humains reconnue mais pourquoi les Noirs sont sans cesse discriminés ?

Ça doit bouger ! Ça doit bouger mais surtout ça doit changer !

Dans mon champ, je suis ma propre norme, je construis un petit monde à mon image. Je ne supporte plus la présence humaine, je suis pétrifié à l’idée d’y être de nouveau confronté.

Un jour je me lève et suis complètement subjugué par cette grande femme au corps disproportionné, ce même visage lourd à porter. Pour la première fois, je n’esquive pas ce miroir qui me hante depuis tant d’années. Je me sens, enfin, pleinement à ma place.

 

Les visages de nos maisons

Il y a eu des séances d’écriture zoom à 3, puis à tous, des séances d’écriture depuis un train de banlieue, depuis une voiture au milieu des embouteillages, des ateliers d’écriture mi zoom au centre avec Amina et mi de chez nous, avec des fonds d’écran d’Arc de Triomphe et de vaisselle pas faite. On a tout expérimenté, et rien ne nous a rebuté. On a écrit avec la vie qui va.

Merci Iman, Erdem, Camilla, Nora, merci Nourredine, Kahina, Khadija, Amina, d’avoir partagé ces temps de vendredi pour la beauté du geste d’écriture, pour la poésie et le soin de nos âmes.

Stéphanie Marchais, février 2021.

Les visages de nos maisons – par les adultes du Centre social et culturel Europe

Dans ma maison, tu viendras, sois prête à monter tout en haut d’un arbre.
Ma maison est une petite cabane au sommet d’un grand chêne, un beau sapin, un blanc bouleau, un bel érable, décoré de deux hamacs.
Dans ma maison, tu viendras, et tu seras courageuse parce que tu verras le monde d’en haut comme le ferait un petit garçon, mais moi je crois qu’il n’y a ni grand ni petit, c’est juste une histoire de regard.
Dans ma maison, tu viendras et tu laisseras ta valise à ses pieds, parce qu’ici on est sans bagage.
Tu viendras, et tu perdras le temps. Il n’y aura pas d’heure dans cette maison, parce que pour moi, la bonne heure ici, c’est quand le soleil nous donne un bisou sur le visage ou qu’un oiseau chante une chanson.
Dans ma maison, qui n’est pas le Panthéon, tu viendras.

Tu y monteras, aussi mon Papa, mon Trésor.
Perdre son père, c’est perdre une partie de soi. Quelqu’un qui a toujours été là, pour le meilleur et pour le pire. C’est perdre l’homme qui nous a appris tellement de choses. C’est perdre notre meilleur ami, avec lequel on riait et on faisait des activités toutes plus extraordinaires les unes que les autres. Si je devais revivre ma vie, je choisirai à nouveau d’être ton fils.

Et moi ta petite fille.
J’écris ton nom grand homme, symbole de ma famille. En 1973, tu as combattu le jour et la nuit pour ton pays. C’était la guerre d’Egypte. Je me rappelle la félicité de te voir et d’entendre ta voix raconter les jours passés. Ces souvenirs sont des leçons de vie pour moi. Ma mère est née sans toi, elle avait 5 mois, tu ne l’avais encore jamais vue. Tu ne connaissais d’elle que quelques photos où elle jouait, entourée d’oranges. Ta valeur est ma force.

Dans ma maison d’automne, tout seul, j’écris pour toi.
Je cherche l’équilibre entre la simplicité et l’intelligence.
Le jour où tu viendras, nous cuisinerons ensemble.
J’espère que tu aimes le piment rouge, j’ai choisi un super plat pour nous.
Est-ce que tu pourras mettre, s’il-te-plaît, ton rouge à lèvres rouge rouge, c’est mon préféré?
Dans ma maison, tu verras le rouge est la seule couleur pour moi.
Je mettrais un peu de musique dans ma maison,
Et nous danserons.
Ce ne sera pas le Panthéon, mais nous danserons. Nous danserons.

Tu avais neuf ans, tu montais à cheval avec ta sœur Gabriela. Elle te racontait une histoire en surveillant la vitesse du trot. Gabriela était enceinte, tu étais heureuse, dans moins de quatre mois, un nouveau membre arriverait dans la famille. Soudain, un homme inconnu a fait irruption à cheval et il a séquestré ta sœur en la prenant par la taille. Elle hurlait. Sans hésiter, tu as grimpé sur le cheval pour aller chercher l’aide de votre père. C’est à cet instant que tu es devenue une cavalière experte. A la fin du jour, ton père est rentré à la maison avec Gabriela. L’homme avait cessé sa course aux cris du père.
Cette histoire me donne la force de ne pas hésiter quand quelqu’un que j’aime a besoin de moi. Elle me dit aussi qu’il est possible de bien vivre, même si l’existence paraît compliquée et qu’il semble ne pas y avoir de solution à un problème. Je me souviens de toi et ton courage.

Je sais que tu voudrais venir plus souvent dans ma maison, mais le boulot, la famille et tout le reste, t’empêchent de me rendre visite. Mais quand quelqu’un se pose devant ma porte, je deviens le plus heureux du monde.

Je suis puissant, parce que j’ai une force de résistance élevée.
Je n’ai plus peur, parce que j’ai vécu des moments qui m’ont marqué très fort.
Je suis vivant, parce que j’ai décidé de tourner la page et tout recommencer.

J’aime le visage de ma mère, il ressemble à un paysage à deux façades. Quand je regarde ses yeux verts comme de l’herbe humide, brillante du soleil du matin, ils reflètent la bonté de son cœur. Au-dessous de ses yeux, sa peau est ravinée par des rides creuses comme des rivières qui perforent la terre. Elle a souffert dans sa vie pour nous faire grandir mes frères et moi, mais elle est toujours souriante, bienveillante.

Mon visage a vieilli, il a plusieurs marques de vie.
L’expérience nous traverse complètement et aussi notre peau.
Mon visage a vieilli depuis que j’ai quitté mon pays.
Je suis une jeune avec beaucoup d’expérience.
Je peux dire que mon visage a vieilli
Parce que mes pensées ont changé
Grâce aux difficultés.
C’est juste les cadeaux que la vie nous donne.
Alors oui, peut-être il a quelques taches mon visage,
Quelques lignes qui s’approfondissent chaque année.
Ça nous arrivera tôt ou tard.
C’est le commun de l’humanité.

Moi, personnellement, je crois dans les énergies de l’univers. Je pense que tout se produit à cause de quelque chose : ce qu’on fait aujourd’hui, on en verra le résultat plus tard. Profiter “aquí y ahora” c’est le mieux, parce que c’est tout ce que nous avons. Après, on verra.

Je rêve d’une petite maison tout en bois avec des fenêtres transparentes pour être au contact de l’extérieur. A l’intérieur, une cuisine minuscule dotée de vaisselle en bois clair, de chaises de bois sculpté, d’une table à manger et d’un lit près de la cheminée. Cette maison produit son électricité, elle dispose d’une petite salle de bain et elle est sur roulettes, ce qui permet d’être proche de la nature et de vivre dans des endroit différents toute l’année : le printemps dans la forêt verte, l’été à côté d’une belle plage, l’automne et l’hiver dans la prairie avec les animaux et l’odeur de terre humide.

Le Visage du Paysage
Aimer l’Aurore
L’Eau, y Entrer
Fatigué des Fleurs Fanées
Hurler Imaginer, jamais cesser
La Langue de la Lune
Le Nez de la Nuit
Respirer nos Rivières

Il était courageux, sévère avec les grands mais les petits l’aimaient beaucoup, c’est lui qui organisait les activités du village. À la fin de la semaine, le jour du marché, tous les petits l’attendaient, il venait les bras pleins de cadeaux. Notre relation était belle. Parfois il me déposait à l’école dans sa jolie Mercedes. Il avait un seul fils, banquier au nord du bled, les visites étaient rares. Il est mort à l’âge de 90 ans. Dans le Panthéon de mon coeur, il est.

Je veux vous dire pourquoi je suis vivant, parce que tout est nouveau en France pour moi et j’apprends tout un par un, et ça me rend trop énergique !
Je veux vous dire pourquoi je n’ai plus peur, parce que j’ai vécu le pire avant.

Je suis puissante.
Parce que j’ai appris de presque toutes mes erreurs.
Parce que je peux choisir ce qui me donne du bonheur.
Il faut être motivé pour vivre tu sais, si on vit sans avoir un but c’est comme ne pas vivre.

Regarde : le rayon de lumière de ton regard transforme l’obscurité de la toundra en une plage unique et vivante !

À dix-huit ans, j’ai vieilli à l’intérieur de moi.
Mes yeux voient au-delà de mon âge, j’ai une responsabilité sur moi.
J’ai vieilli, je ne parle pas le langage des jeunes. A 18 ans, j’ai vieilli parce que je ne sens plus l’envie d’être à la mode ou d’acheter un sac de marque.
Maintenant je suis celle qui me fait confiance
Je préfère le silence plutôt qu’une réponse.

À dix-huit ans, je me suis rendue compte que j’avais vieilli quand j’ai vu ma soeur de 15 ans gérer ses centaines d’applications avec sa chaîne Youtube et ses comptes Instagram et Facebook et je me suis dit : « Ouhlala le temps passe très vite ! »
Dans un ou deux ans je serai une adulte complètement dépassée par les nouvelles technologies.

Dans ma maison, tu viendras, une fois passée la porte d’entrée, ce sera ta maison.
Elle sera un rêve et donnera sur un lac, un lac couleur d’espoir. Tu prendras ton petit-déjeuner au jardin, tu cuisineras dans une cuisine toute équipée avec vue sur l’eau et partout, il y aura tes tapis préférés. Elle sera ouverte à tous les gens que tu aimes.
Dans ma maison, qui n’est pas le Panthéon, tu viendras et tu resteras longtemps car elle fera de toi une femme détendue.

Pour moi, le dieu est présent à l’intérieur de nous, de chacun et chacune de nous. C’est cette chaleur qui réchauffe notre âme, cet amour qu’on éprouve envers l’autre et cette force qui empêche de faire du mal au vivant.

Moi je crois que c’est moi le dieu de ma vie. Je peux créer ce que je veux et ce que je pense et inventer ma destinée.

Ça fait cinq ans que je suis partie de chez mes parents. La seule chose que j’ai emportée avec moi, c’est la clé de la porte principale. « Pourquoi tu ne prends pas la clé de ta chambre ? a demandé mon frère, c’est privé c’est tes affaires à toi, pourquoi ? »
Il ne comprend pas que c’est l’amour que j’ai pris avec moi, le bonheur de nous quatre, mes parents, lui et moi. Chaque fois que je saisis la clé entre mes mains, je rentre à la maison et la joie m’envahit.

Quand je la regarde, je vois une grande mer où le temps s’arrête et le soleil se lève très vite.

Quand je la regarde, son visage souriant me fait « Heidi prends-moi dans tes bras et on voyage jusqu’aux Chutes du Niagara ! »

Quand je la regarde, je vois le tableau d’une maison simple dessinée, où un vieux couple vit ensemble.

Quand je la regarde, je vois un jardin infini de fleurs de pavots, une première impression à couper le souffle.

Quand je la regarde, je vois un désert, au coeur duquel un homme vient de trouver une rivière.

Janette

Janette – Centre social et culturel Petit-Colombes

Auteur intervenant : Guillaume Cayet

Dans un petit pavillon situé dans un quartier calme de Colombes, assise à côté de la fenêtre, une vieille femme mince porte une robe fleurie et une grosse écharpe. Elle a des cheveux mi-longs qui tombent sur ses épaules, couleur des rayons du soleil. Elle a des yeux bleus et un regard aussi profond que la mer, un peu perdu. Elle a des joues roses et creuses, des mains frêles. Son sourire reflète sa sympathie et sa gentillesse.

Aujourd’hui le pavillon est en ruine, il a, hélas, perdu toute sa beauté. Dans le petit jardin qui le borde, Janette a planté de petits légumes pour survivre. Elle prépare elle-même ses repas, c’est la seule chose qui lui fait plaisir car elle ne gagne pas assez d’argent. Sa retraite est trop petite et à la mort de son mari, elle n’a eu droit à rien.

Quand la tristesse l’envahit, elle repense à son mariage, à sa robe de princesse avec un long voile, au joli bouquet de fleurs, à la belle bague en diamant que son mari lui avait offert. Toute sa famille était là, elle était la plus heureuse du monde.

Elle repense aussi à son enfance. Elle se souvient de la maison de ses grand-parents, où elle a passé toutes ses vacances, presque la moitié de l’année. La plupart du temps, elle jouait dans le jardin, elle avait peu d’amies, deux voisines seulement. Elle se rappelle très bien de certains détails : à l’entrée du jardin, il y avait une porte en bois ornée de clous en fer qui dessinaient des arabesques. Le jardin était entouré de lauriers roses et blancs. Derrière la maison, il y avait des arbres, une dizaine de citronniers et d’orangers. Au printemps, ils étaient couverts de fleurs qui embaumaient tout le jardin. Ce souvenir la remplit de joie et de nostalgie en même temps.

Lorsqu’elle se réveille ce matin-là, elle se rend compte qu’on est le 25 février 2020, jour de son anniversaire. Elle sort dans le jardin, à la recherche de petit bois pour se chauffer et de quelques fleurs pour se faire un couronne. Mais elle est si seule, il n’y a personne avec elle pour faire la fête. Elle décide de préparer un gâteau. Elle allume le four. Qui ne s’allume pas parce qu’EDF a coupé l’électricité et le gaz. Elle s’énerve très fort et commence à casser les choses autour d’elle. C’est en ramassant les débris, une fois calmée, qu’elle l’a trouvée : la lampe magique.

Dès qu’elle l’a prise entre ses main, le président Macron est sorti de la lampe, l’a regardée et lui a demandé :
– Que se passe-t-il ? Pourquoi êtes-vous dans cet état ?
– Mêle-toi de tes affaires ! a répondu Janette.
– Tu ne me reconnais pas ? a demandé le président surpris.
– Non, qui es-tu ? Que fais-tu ici ? Laisse-moi tranquille !
– Mais je suis le président ! Je suis là pour réaliser tes souhaits !
– Qu’est-ce que tu racontes ? a-t-elle demandé stupéfaite.
– C’est la vérité, demande-moi ce que tu veux.

Janette est restée pensive pendant un moment puis elle a répondu :

je veux que les enfants vivent dans l’insouciance
je veux la liberté
je veux voyager
je veux des bouquets de roses chaque matin
je veux une bonne retraite
je veux une grande maison
je veux un sac Louis Vuitton
je veux que tout le monde ait un bon salaire
je veux plus de moyens pour l’éducation, pour la santé, pour les personnes âgées
je veux que tous les retraités puissent aller en cure thermale
je veux faire du shopping sans compter
je veux que tout le monde ait du travail
je veux être heureuse et en bonne santé
je veux être riche
je veux avoir des amis et des parents
je veux revoir mon mari
je veux du travail
je veux retrouver ma jeunesse et avoir des enfants
je veux rectifier toutes les erreurs.

Et pour mon prochain anniversaire, je veux que mes amis viennent avec des bouquets de roses et des cadeaux, je veux porter une nouvelle robe, mettre le gâteau sur la table et le couper en pleurant de joie.

Récits des évènements

Récit de évènements – Centre social et culturel Petit-Colombes

Auteur intervenant : Marc Soriano

Je me souviens de la maison de mes grands-parents où j’ai passé toutes mes vacances quand j’étais enfant – presque la moitié de l’année. La plupart du temps, je jouais dans le jardin. J’avais peu d’amis, deux voisines seulement.
Je me rappelle très bien de certains détails : à l’entrée du jardin, il y avait une porte en bois, ornée de clous en fer qui dessinaient des arabesques.
Le jardin était entouré de lauriers roses et blancs. Derrière la maison, il y avait des arbres, une dizaine de citronniers et d’orangers. Au printemps, ils étaient couvert de fleurs qui embaumaient tout le jardin.
Ce souvenir me remplit de joie et de nostalgie en même temps.

Quand ma fille avait onze mois, nous sommes allées à la mer en Bretagne. C’était la première fois que ma petite Samia voyait la mer.
Elle aimait tout ce qui se passait autour d’elle. Avec la curiosité et toute sa concentration, elle passait son temps à examiner le sable. Avec tout son courage elle apprenait à marcher. Elle a réussi !
Mais la plus importante découverte était la mer. Quand Samia l’a vue pour la première fois, elle était impressionnée : qu’est-ce-qu’elle est grande et belle ! Elle a presque couru vers les vagues en voulant mettre ses pieds nus dans l’eau.
Mais dès que ses pieds ont touché les vagues, le bonheur sur son visage s’est changé en frayeur : c’était si froid ! C’était horrible !
L’instant d’après, Samia a fui cette méchante mer pour rejoindre sa maman…
Sanaa est partie rendre visite à ses parents qui vivent en Algérie. Elle est heureuse de les retrouver. Ses enfants en profitent aussi en faisant plein de choses. Malheureusement son fils fait une chute et s’ouvre la joue. Il est bien soigné à l’hôpital mais reste traumatisé, choqué. Sanaa a dû écourter ses vacances pour rentrer en France. Depuis, son fils ne veut plus repartir en Algérie.

Un jour, le centre social organise une sortie en bateau-mouche. Nous partons avec Saïda et mes copines. Saïda insiste toujours pour qu’on reste ensemble et qu’on suive l’itinéraire qu’on a préparé avant. Pour moi c’est une bonne expérience : j’apprends à me diriger dans les transports en commun. Tout d’un coup une des copines a disparu. Toutes paniquées, nous l’appelons sur son téléphone. Comme elle ne répond pas, on décide de continuer notre chemin dans l’espoir de la retrouver à la dernière station. Mais arrivées là, personne. Soudain le téléphone de Saïda sonne, c’est elle ! Saïda part la chercher puis revient avec elle. À ce moment, je me suis sentie heureuse : nous allions enfin nous balader toutes ensemble.

Ma copine était en Espagne dans sa famille. Pour revenir en France, elle prend le bus jusqu’à l’aéroport. Elle arrive à l’heure mais elle a l’air pressé. Elle se précipite vers le portique de sécurité en espérant ne pas rater son avion. Malheureusement en passant le contrôle, on lui demande de se mettre sur le côté. Le scanner n’a rien détecté aussi elle est choquée que les douaniers la fouillent minutieusement. Ils l’obligent à soulever ses vêtements devant tout le monde, heureusement pour elle, ils ne trouvent rien. Elle s’est sentie humiliée. Pour elle c’était une expérience inoubliable.

Un jour, j’avais un rendez-vous. J’ai pris le bus avec mes enfants. On arrive à destination. Je descends avec la poussette, le bus ferme ses portes et démarre. Mon fils est resté à l’intérieur. J’ai couru derrière le bus en pleurant. Heureusement, il y a avait des gens qui l’ont fait s’arrêter. Mon fils pleurait et je pleurais aussi. Le conducteur ne s’est même pas excusé.

L’année dernière, Jamila est partie en vacances en voiture avec ses amis. Le voyage s’est bien passé, ils faisaient des pauses toutes les trois heures. Le soir arrivé, ils ont décidé de passer la nuit sur une aire de repos car ils étaient très fatigués. Deux heures après, Jamila était dans la voiture endormie. Soudain elle entend un bruit, elle croit que les autres veulent quelque chose mais c’était des voleurs. Jamila perd connaissance alors que ses amis continuent de dormir. Les voleurs en profitent pour tout leur prendre, les choses et l’argent. Jamila est restée trois jours à l’hôpital. Après cette mauvaise expérience, elle a décidé de ne plus jamais voyager en voiture.

Un jour, on est allé au théâtre à Paris pour voir une pièce. Nous avons adoré la pièce qui était très drôle. Sur le chemin du retour, une de nos copines nous propose de prendre un raccourci. Nous la suivons à travers les petites rues. Mais finalement cela nous rallonge, nous sommes fatiguées. Arrivées à l’arrêt de bus, on s’est rendu compte qu’on l’avait accompagnée jusque chez elle car elle avait peur de rentrer seule. Elle nous a dit :
– Merci mes amies de m’avoir raccompagnée !

Aujourd’hui c’est l’anniversaire de mon fils. J’ai préparé une fête surprise pour lui. Tout est prêt, les invités, la famille, le gâteau… quand mon fils m’appelle et me dit :
– Maman, je ne peux pas venir, ma copine est à l’hôpital… elle va accoucher ! C’est mon cadeau d’anniversaire ! Et toi, maman tu vas être grand-mère !
On a laissé tomber la fête. Je suis allée à l’hôpital. J’étais la plus heureuse des grands-mères même si je n’étais pas au courant que ma belle-fille était enceinte.

En 1989, il m’est arrivé un terrible évènement. Une nuit, alors que nous étions couchés, mon mari a fait un malaise. Je lui parlais mais lui ne répondait plus. Antonio ! J’ai vu qu’il ne bougeait plus alors j’ai commencé à paniquer. Antonio ! Mon fils me demandait ce qu’il se passait et je lui répondais que son père n’allait pas bien. Il me conseilla alors d’appeler les voisins. Les voisins sont venus et ont essayé de le ranimer mais sans succès. Alors ils l’ont emmené à l’hôpital mais les médecins n’ont pas pu le ranimer. Tout était fini.

Dimanche dernier, il était prévu que j’accompagne mon fils au Salon de l’Agriculture, Porte de Versailles. On arrive à l’accueil pour acheter des billets mais la personne nous explique qu’on ne peut en acheter que dans certains centres commerciaux. A coté du Salon, aucun point de vente. Mon fils se met à hurler, je suis attristée, ne sachant où trouver de solution. Tout à coup une dame me propose ses billets : sa fille et sa nièce ne peuvent pas venir. A ce moment, mon fils se met à crier de joie. Enfin on visite le Salon ! On s’amuse à observer les animaux : les vaches, les chèvres, etc…

En mai 2019, j’ai vécu mon pire cauchemar. J’étais tombée très malade et j’ai perdu confiance, je ne croyais plus en l’amour. Ma vie s’est écroulée et j’ai du être opérée d’urgence pour une malformation de l’intestin. J’ai été hospitalisée pendant quatre mois. C’était long, j’ai déprimé, je me suis retrouvée toute seule et j’ai perdu confiance en mon entourage. Mais Dieu à fait un miracle : j’ai rencontré une femme et l’amour de ma vie dans cet hôpital.

Je suis partie au parc en groupe avec tous mes enfants. On a passé une belle journée. En rentrant à la maison, je ne vois plus ma fille de deux ans. Je commence à la chercher, à crier comme une folle. J’ai pensé au pire. Tout le monde commence à chercher avec moi et au bout de trente minutes on l’a trouvée : elle jouait tranquillement. J’ai beaucoup pleuré.

Pendant les dernières vacances, Saskra est partie avec ses enfants au zoo. Le matin, elle a préparé des sandwichs pour le pique-nique. Arrivés au zoo, ses enfants étaient très contents de voir les animaux. A midi, ils ont mangé, joué juste à côté d’un potager. Les enfants étaient excités. ils se sont jetés sur les légumes et ils ont tout arraché. Saskra était furieuse. Le propriétaire est arrivé en courant. Les enfants se sont sauvés. Saskra a payé les dégâts et les enfants ont été punis.

L’année dernière, le centre nous a suggéré de visiter la maison de l’écrivain Victor Hugo. On est arrivés sur place. Nous étions émerveillés par la beauté de cette maison, nous ne l’imaginions pas aussi belle et élégante. En la visitant on a découvert l’univers de Victor Hugo, où il a vécu. En voyant une telle maison, je pensais que les propriétaires étaient très heureux. Mais quand j’ai entendu l’histoire de leur vie, j’ai su qu’ils avaient été malheureux. Le récit était tellement captivant qu’un grand silence régnait dans la salle. Tout le monde écoutait avec attention. À tel point que ma copine Salima s’est endormie debout.

Histoires courtes

Histoires courtes – Centre social et culturel Petit-Colombes

Auteur intervenant : Marc Soriano

Ce garçon et cette fille ont l’air sympathique, à chaque période de vacances au bord de la mer je les retrouve en train de vendre des beignets. D’ailleurs face à une telle gentillesse, on est obligé de leur acheter ces délicieuses sucreries.

À la campagne, la nature est très belle, elle porte une jolie robe verte magnifique. Le soleil brille en souriant, on y respire un air frais et doux qui me remplit de bonheur et de nostalgie.

Hier, j’ai accompagné ma fille à la piscine, il faisait beau, le ciel était bleu. On est arrivées à l’heure, c’était la dernière séance avant les vacances. Elle a profité des jeux gonflables avec ses amies. En retournant chez nous, nous avons rencontré une amie dans la rue que l’on avait pas vue depuis longtemps. On a beaucoup parlé, on a échangé nos numéros, je suis rentrée chez moi joyeuse et comblée.

Hier j’ai fait une promenade dans la forêt. À ma grande surprise, j’ai retrouvé un ami d’enfance que je n’avais pas vu depuis mes 10 ans. Alors je lui ai raconté tout ce qui m’était arrivé depuis. C’était il ya si longtemps, quelle surprise !

J’ai pris une rue pour faire du lèche-vitrine, pour me relaxer du mal de tête que mon chien a provoqué. J’ai fini par conduire un camion et je me suis retrouvée dans un gîte en pleine nature.

Hier, je suis allée chez une amie, j’ai marché longtemps, arrivée chez elle je suis montée car elle était très fatiguée (elle habite au troisième étage). J’étais choquée de trouver la porte ouverte et de voir qu’il n’y avait personne et que tout était sombre quand soudain j’ai entendu « surprise ! » Il y avait des amis que je n’avais pas vu depuis longtemps j’étais tellement contente, c’était le meilleur jour de ma vie.

J’aimerais trouver le véritable amour mais je n’ai pas de chance. Alors j’ai décidé de construire mon propre amour en commençant par m’aimer. Je me sentais mieux que jamais alors j’ai pris la décision d’acheter un chien : je suis allée dans une animalerie, j’ai eu un coup de cœur pour un petit chiot blanc adorable que j’ai considéré comme mon bébé.

Quand j’étais à la mer avec mon amoureux mon cœur battait de joie en rentrant à la maison j’ai dessiné son portrait de profil et j’ai accroché ce tableau dans ma chambre.

Partir ! (et autres poèmes)

Partir ! – Centre social et culturel Petit-Colombes

Auteur intervenant : Marc Soriano

Partir !

Partir !
Aller n’importe où vers l’aventure, vers le soleil ou la banquise
Mais que ce soit avec une malle pleine de pain, de fromage et d’enthousiasme
Mais que ce soit dans une fusée pleine de bouquets, de baisers et d’amour !

S’habiller de lin, de soie et de cachemire,
De parfums et de jasmin
Partir
Malgré les guerres, les incendies, la pluie et les moustiques

Raccommoder s’il le faut nos cœurs
Comme des voiles trouées, arrachées au mât des bateaux
Mais partir !
Aller n’importe où et malgré tout !

Mais accomplir une œuvre !
Et que l’œuvre choisie soit belle,
Et qu’on y mette tout son cœur,
Et qu’on lui donne toute la vie.

Haïkus

dans le lieu où je travaille
je n’arrête pas de courir
pour ne pas être en retard

dans le jardin
les oiseaux chantent
un chasseur les tue

dans la forêt noire
un loup court
il mange le lapin

dans la salle de sport
je saute partout
je me casse les muscles

dans ma maison
mon fils joue au ballon
je laisse tomber mes photos

dans le vieux placard
une course de rats
un trou a été trouvé

à la mer
j’ai mis un sac de sable
pour arrêter l’eau

dans l’université
j’ai passé avec distinction
pour trouver un emploi

dans la cuisine
ma fille nettoie et parle
une assiette tombe

dans la salle de mariage
la femme danse trop vite
la gâteau tombe

À quoi tu penses ?

Je suis à Lidl mais ma tête n’est pas a Lidl, ma tête est au Maroc. Je pense à ma mère qui est malade et seule, je ne sais pas comment elle va aujourd’hui.

Quand je suis chez mon amie, je pense à ce que je dois faire le soir.
Quand je vais chercher mes enfants à l’école, je pense que je ne dois pas être en retard.

Quand je marche, j’imagine que je trouve de l’argent par terre.

Je pense à ce que je vais faire à manger, comment je vais me déplacer malgré les grèves.

Quand je suis à la salle de sport, je pense au coucher de soleil sur une plage de Tunisie.

Au Monoprix je me dis que je ne dois pas oublier d’acheter du riz, du sucre, de l’huile, des légumes et des couches pour mon bébé.

Je fais le ménage mais mon cerveau est au bled en Algérie. Je pense beaucoup à ma famille qui est restée là-bas.

À la maison, je pense que je dois appeler mon mari pour lui dire que j’ai eu l’attestation d’accueil pour le visa de mes beaux-parents. Je pense que je dois acheter les billets d’avion pour les faire venir.

Je suis à la bibliothèque, je pense que j’aimerai parler français couramment.

Je vois

Je vois la rue Colbert
il y a beaucoup d’immeubles
je vois de grandes maisons
je vois deux arrêts de bus
je vois les gens et les enfants sortir de l’école Henri Martin
je vois les bus 378, 304 et 276.

Je vois un plan d’évacuation
je vois des femmes qui se réunissent pour échanger et faire du sport
je vois dans chaque salle des jeux, des livres
je vois des portes
sur chaque porte, il y a un mot
je vois, dans le jardin, des enfants qui jouent et des parents qui échangent.

Je vois une grande porte
je vois 5 verrous
une cuisine
un grand couloir
des toilettes
une salle de sport
je vois une salle multimédia

je vois des fleurs jaunes
je vois des oiseaux dans la forêt
je vois un bébé mignon.

Je vois la réception
la salle multimédia
le centre est divers
je vois plusieurs espaces
toilettes, local de ménage et salle d’activité
je vois la rue, les voitures, les chiens
je vois beaucoup d’arbres, l’école maternelle, les enfants jouer.

Je vois les enfants
un groupe de personnes fêter un anniversaire dans le parc
un groupe d’étudiants en voyage dans le bus.

Je vois la fenêtre
la table
le plan d’évacuation
le bureau
je vois la petite annonce sur le tableau dans l’entrée
je vois le bureau d’accueil
la petite bibliothèque
les places pour attendre
la salle d’art
je vois des voitures, des trams
des bâtiments, le bus, le marché, le supermarché, l’hôpital, les personnes, l’église, l’école, les arbres, les restaurants.

Je vois plein de gens aujourd’hui au marché
je vois des femmes qui font de la couture dans ce centre
je vois une formation à la télé c’est important
je vois dans mon immeuble
je vois le facteur qui ramène un courrier
je vois un grand incendie au pays de l’Australie
je vois qu’il y a beaucoup d’arbres dans le parc de Gennevilliers
je vois que la femme de ménage a bien fait son travail.

Je vois beaucoup de ports
je vois une porte transparente, j’ouvre la porte
je vois plein de personnes, certaines qui marchent, certaines qui discutent, certaines qui pensent
je vois des enfants contents, des enfants pleurer
je vois des oiseaux chanter et danser
je vois la mer calme
je vois une incroyable aventure
je vois ma mère qui me manque beaucoup
je vois la guerre et beaucoup de gens blessés
je vois mon petit village qui porte une jolie robe verte
je vois un incroyable moment quand j’étais petite
je vois tous les beaux moments que j’ai vécus en étudiant
je vois tous les moments que j’ai passés à travailler entre le tribunal et le bureau
je vois les moments que j’ai passés dans les champs
je vois des gens qui nous ont quitté pour toujours.

Contes traditionnels

Contes traditionnels – Centre social et culturel Petit-Colombes

Oeuf d’or

Dans un petit village, un homme élève des canards. Chaque matin, il vend leurs œufs au marché. Un jour, il trouve un œuf en or. La chose se reproduit chaque matin. Il se met alors à gagner beaucoup d’argent. Mais un jour, il se demande : « pourquoi ne pas avoir tous les oeufs en une seule fois ? »
Alors, espérant devenir très riche, il ouvre le ventre du canard qui pond les oeufs en or. Malheureusement, il ne trouve rien de plus. Quant au canard, il est mort.

Morale : en espérant trop, on perd ce qu’on possède.

L’éléphant à la défense dorée

Dans une maison près d’un étang, vivait une femme qui élevait seule ses deux filles. Un jour un éléphant avec une défense dorée s’approche de sa maison. La femme a très peur mais l’éléphant la rassure :
– J’ai quelque chose à vous offrir : un peu de ma défense dorée afin que vous puissiez la vendre et vivre plus confortablement.
Et c’est ce qu’ils ont fait : la femme a vendu l’or de la défense a vécu plus confortablement. Mais très vite, elle a tout dépensé alors elle a décidé de s’emparer de la défense de l’éléphant.
– J’ai voulu t’aider et toi tu essayes de me tuer ? lui demanda le pachyderme.
Et l’éléphant est partit très loin pour toujours.

Morale : ne soyez jamais gourmand.

Ahmed et Bachir

Il était une fois deux amis, le premier s’appelait Ahmed et le second, Bachir.

Ahmed était aimé de tout le monde car il était gentil. Chaque matin, il partait pêcher du poisson qui lui servait à nourrir les plus pauvres.
Bachir, son ami, était jaloux de lui. Il tenta de ternir la réputation d’Ahmed en racontant partout autour de lui que ce n’était pas celui qu’on croyait. Comme personne ne le croyait, il s’engagea à en apporter la preuve.
Il expliqua qu’il devait s’absenter pour un voyage et demanda à Ahmed de cacher pour lui une bague précieuse qu’il devrait lui rendre à son retour. Ahmed accepta. Bachir se cacha pour voir où Ahmed cachait la bague précieuse et dès que ce dernier fut sorti, il la prit et la jeta à la mer.
Quand Bachir rentra de voyage deux semaines plus tard, il demanda à Ahmed de lui rendre la bague. Ahmed accepta mais insista pour manger d’abord ensemble les poissons fraîchement pêchés le matin même.
En nettoyant les poissons pêchés ce matin-là, la femme d’Ahmed trouva la bague dans le ventre d’un poisson. Ahmed la reconnu et la mis dans sa poche. Lorsqu’ils eurent terminé leur repas, Ahmed rendit la bague à Bachir.
Bachir, tout pâle, lui demanda comment il a trouvé cette bague alors qu’il l’avait jetée dans la mer.
Ahmed lui raconta comment sa femme l’a trouvée dans le ventre d’un poisson.

Hadidouène et l’âne de l’ogresse

Il était une fois un petit rusé qu’on appelait Hadidouène. Il n’avait de cesse de narguer l’ogresse en lui empruntant son âne dès qu’elle avait le dos tourné. Il gambadait toute la journée à travers champs. Dès qu’il la voyait, il se sauvait. Furieuse, l’ogresse le poursuivait mais n’arrivait jamais à l’attraper. Plus rapide, Hadidouène lui échappait et s’enfermait dans sa maison en fer.
L’ogresse pleurait de rage :
– Ah ! Si je pouvais mettre la main sur ce chenapan qui fatigue mon âme, je le mettrais dans la marmite et j’en ferais… un couscous !
Mais voilà Dame hyène qui passait par là :
– Bonjour ogresse, pourquoi pleures-tu ? C’est Hadidouène qui te cause du chagrin ?
Tu vois bien ! Si quelqu’un pouvait m’aider à l’attraper, je le récompenserais.
C’est simple ! Il n’y a pas mieux que la moelle de la queue d’une hyène pour coller Hadidouène sur le dos de l’âne. Ainsi tu pourras t’en emparer.
L’ogresse l’observa, un sourire en coin. Au lieu de récompenser son amie, elle lui lança :
– Merci du conseil ! Et puisque tu es là, je vais me servir de ta queue !

Dame hyène se débattit comme elle put mais l’ogresse la lui coupa net ; c’est d’ailleurs depuis cette époque que les hyènes n’ont plus de queue dit-on. Elle badigeonna le dos de l’âne avec la moelle de la queue de dame hyène puis, se frottant les mains, elle se dit : – Je vais mettre mon âme devant la porte d’ Hadidouène, je me cacherai derrière sa maison et dès qu’il sera collé, je me jetterai sur lui et n’en ferai qu’une bouchée.
Elle était tellement pressée que, pour aller plus vite, elle grimpa elle-même sur le dos de l’âne.
– Hue ! Hue ! cria-t-elle
Et l’âne trotta. Une fois arrivée, elle voulu descendre mais n’y parvint pas : elle était collée ! Hadidouène qui regardait par le trou de la serrure riait, riait. L’ogresse pestait, pestait. Une fois de plus, l’ogresse était victime de sa stupidité. Et Hadidouène le rusé continua à la narguer.
Je le sais parce qu’il m’a tout raconté.

Le garçon qui avait un sale caractère

Un garçon avait un sale caractère. Son père lui donna un sachet de clous et lui dit d’en planter un dans la barrière du jardin chaque fois qu’il perdrait patience.
Le premier jour il en planta 37. La semaine suivante, il arriva à se contrôler et le nombre de clous plantés diminua. Il comprit ainsi qu’il est plus facile de se contrôler que de planter des clous.
Le jour où il ne planta aucun clou, il alla trouver son père. Ce dernier lui demanda alors d’enlever un clou chaque fois qu’il arriverait à ne pas perdre patience.
Finalement le garçon réussit à enlever tous les clous. Le père emmena son fils devant la barrière et lui dit :
– Regarde la barrière : elle ne sera plus jamais comme avant. Chaque fois que tu te disputes avec quelqu’un, tu laisses une trace, que ce soit avec tes mots ou avec un couteau et même si tu t’excuses.

Le pêcheur et le poisson

Il était une fois, un vieux pêcheur qui habitait dans une petite cabane avec sa fille Sara qui avait 20 ans. Il sortait toutes les nuits avec sa petite barque pour pêcher des poissons qu’il vendait le lendemain. Une nuit, lorsqu’il retira son filet de la mer, il le trouva vide. La seconde fois, il entendit une voix douce qui venait du filet : c’était un poisson émerveillé qui implorait :
– S’il vous plaît pêcheur, remettez-moi à la mer, je vous aiderai.

Le pêcheur était surpris mais il fit ce que le poisson demandait en le prenant délicatement entre ses doigts. Lorsqu’il le rejeta dans l’eau, le petit poisson remercia le pêcheur. A son retour, il trouva sa fille devant la porte de la cabane. Elle était très contente : elle lui annonça qu’un homme était venu lui apporter un coffre plein de pièces d’or.

Le pêcheur retourna au bord de la mer qui était agitée de grosses vagues et longtemps il appela de toutes ses forces
– Petit poisson d’or !

Celui-ci sortit enfin de l’eau et demanda au pêcheur ce qu’il voulait. Le vieux pêcheur lui répondit qu’il voulait le remercier pour son aide. Le petit poisson était content parce qu’il avait réussi à semer la joie dans le cœur du vieux pêcheur.
Le vieux pêcheur devint un homme riche et il décida d’aider les pauvres.

Itak et la baleine

Quand le vent souffle fort c’est qu’il veut nous parler, écoutez ! Écoutez !

Le soir est tombé sur la banquise, Itak rentre chez lui. Mauvaise journée, mauvaise pêche ! Pas un seul poisson gros ou petit, son harpon n’a pas servi. Itak est triste et fatigué, ses enfants n’auront rien à manger et cela fait trois jours… ça ne peut pas durer ! Bientôt la nuit enveloppe Itak : plus moyen de se repérer.
– Quelle déveine ! s’écrit-il. Comment faire pour retrouver mon chemin ?

Il avance au hasard sans savoir où aller jusqu’à ce qu’une masse surgisse devant lui : « un îlot ! Sauvé ! Je vais tenter d’aborder… »
Itak s’approche, Itak observe quand soudain il comprend. Quel idiot ! Ce n’est pas un îlot, c’est une baleine. Une grande et lourde baleine grise, immobile sur la banquise qui le fixe d’un œil inquiet.
– C’est mon jour de chance ! s’écrit Itak. Personne n’a jamais tué une baleine tout seul, si j’y parviens, on racontera mon exploit jusqu’à la fin des temps.
Il saisit son harpon, s’apprête à le lancer…

– Pêcheur, pêcheur ne me tue pas ! gémit la baleine. Je suis venue près du rivage me reposer, la marée s’est retirée pendant que je dormais, je suis échouée. Si tu me laisses en paix, tu seras remercié.
– Une baleine qui parle ! Ça n’existe pas ! se dit Itak effrayé. C’est sans doute un esprit de la mer… je ferais mieux de m’en aller.

Flic-Flac, quelques coups de pagaie et le kayak s’est éloigné.
Le ventre vide, Itak pense à la baleine…
– Je suis stupide se dit-il, la chance ne revient pas deux fois, j’aurais dû vaincre ma peur et la tuer. Elle a promis de me remercier mais comment une baleine pourrait-elle m’aider ?
Le lendemain, le kayak n’obéit plus à ses pagaies, il se dirige tout seul vers le large, comme guidé. Soudain il s’arrête : sous le canot, Itak voit tant de poissons qu’il ne peut les compter !

Bonne journée, bonne pêche ! Ce soir-là, Itak et sa famille ont bien mangé et il en a été ainsi le jour suivant et tous les autres jours jusqu’à la fin de sa vie. Itak a rapporté du poisson même quand les autres pêcheurs revenaient les mains vides. Aujourd’hui encore, en conte dans tout le pays les exploits d’Itak, l’homme qui avait épargné la baleine.

Le vent vient de se calmer, mon conte est terminé.

Le corbeau et le pichet

Un jour un corbeau à moitié mort de soif trouve un pichet contenant un fond d’eau. Il essaye de mettre sa tête dans le pichet mais n’arrive pas à atteindre l’eau. Soudain il a une idée : il laisse tomber un caillou dans le pichet et l’eau monte, un second puis plein jusqu’à ce que l’eau se trouve à portée de son bec.
Et cela lui sauve la vie.

Les trois poissons

Cric crac mon conte sort du sac !

Dans un étang vivaient trois poissons. Le premier s’appelait Egasel, le second Nilamel, le troisième Tosel. Ce sont de drôles de noms mais les poissons ont souvent de drôles de noms. Egasel était prudent et instruit. Il connaissait beaucoup de choses et comprenait même le langage des hommes ce qui est très rare chez les poissons. Nilamel était téméraire et rusé, il n’avait peur de rien, nageait vite et savait toujours trouver la meilleure nourriture. Quant à Tosel, il était plus bête qu’un têtard qui vient de naître. Il regardait sans voir, écoutait sans comprendre et passait son temps à nager en tous sens sans savoir où il allait.

Un jour, deux pêcheurs s’approchèrent de l’étang et découvrirent les poissons.
Quelle chance ! se dirent-ils. Nous qui n’avons rien pêché depuis trois jours ! Nous reviendrons demain avec nos filets et nous les attraperons.
Egasel qui nageait près de la surface avait tout entendu.
Il avertit tout de suite ses amis :
– Fuyons avant qu’il ne sois trop tard ! Je connais un petit canal qui mène à un ruisseau. Suivez-moi et nous serons sauvés !
– Pourquoi nous presser ? répondit Nilamel. Si les pêcheurs ne viennent pas nous aurons quitté notre étang pour rien. Attendons demain, il sera toujours temps de partir.
Quant à Tosel, il ne répondit rien car il n’avait rien compris.
Egasel n’insista pas, il nagea jusqu’au canal et se réfugia dans le ruisseau.

Le lendemain, les pêcheurs arrivèrent. Nilamel les vit et prit peur. Vite, il nagea jusqu’au canal, mais les hommes en avaient fermé l’accès.
– Malheur ! se dit le poisson, j’aurais dû écouter mon ami. Si je ne trouve pas rapidement une ruse, je suis perdu !
Il monta jusqu’à la surface et se laissa flotter le ventre en l’air sans bouger, ni respirer. Les pêcheurs le virent et crurent qu’il était mort. Ils s’en saisirent et le jetèrent dans un coin. Alors Nilamel, en quelques bonds agiles, parvint jusqu’au ruisseau où il plongea.

Quant à Tosel, il nageait sans s’inquiéter. Les pêcheurs jetèrent leurs filets et il se retrouva prisonnier. Il comprit alors le danger mais trop tard. Il eut beau se débattre et s’agiter, il ne parvint pas à s’échapper. Les hommes le tirèrent hors de l’eau et le lendemain, le vendirent au marché.

Cric, crac, mes pied sont mouillés, mon conte est terminé !

Aladin

Il était une fois, dans un pays d’Orient, un jeune garçon prénommé Aladin. Il vivait dans la misère avec sa pauvre mère. Tandis que celle-ci travaillait dur, Aladin vagabondait. Un après-midi, sur la place du marché, alors qu’il jouait avec ses amis, un riche étranger s’approcha de lui. L’homme portait un turban orné de diamants. Son regard était aussi noir que le charbon.
Tu es bien Aladin ? demanda l’étranger.
Oui monsieur, c’est moi, répondit l’enfant.
Aimerais-tu gagner beaucoup d’argent ?
Oh oui ! s’exclama Aladin.
Alors viens avec moi.

Aladin suivit l’inconnu jusqu’à un endroit éloigné du village. Il s’arrêtèrent devant un tas de pierres. L’homme en souleva une et dit :
– Tu vas passer par ce petit trou, descendre sous terre et me rapporter la lampe qui est tout en bas. Tiens, prends cet anneau en or, il te protégera.

À ces mots, l’homme retira la bague qu’il portait au doigt et la tendit à Aladin. Aladin se glissa dans l’étroite ouverture et découvrit un escalier qui menait à une caverne. Celle-ci était remplie de coffres de pierres précieuses et de bijoux en or. Aladin resta sans bouger : il n’avait jamais vu pareil trésor ! Soudain la voix de l’homme au-dehors se fit entendre :
– La lampe Aladin ! Apporte-moi la lampe !
Le garçon regarda autour de lui et vit, posé sur un coffre, une vieille lampe sans éclat. Il s’en empara mais au lieu de ressortir sur le champ, il décida de remplir d’abord ses poches d’or.
– Dépêche-toi ! hurla l’homme au dehors, impatient.
– J’arrive, répondit Aladin qui remontait maintenant l’escalier. Tendez-moi la main pour m’aider à sortir, demanda-t-il en arrivant en haut.
Non, donne-moi la lampe avant ! cria l’étranger.
Vexé, Aladin mit la lampe dans sa poche et redescendit. Si cet homme ne voulait pas l’aider, et bien il ne l’aiderait pas non plus !

Soudain l’enfant entendit un bruit sec et se retrouva sans lumière. L’homme avait rebouché le trou avec une pierre.
– Puisque tu te plais là-dedans, restes-y pour l’éternité ! bougonna l’étranger avant de s’en aller.
Seul dans l’obscurité, Aladin se mit à pleurer. Pourquoi avait-il suivi l’homme au regard noir ? Alors qu’il se frottait les mains de désespoir, l’anneau qu’il portait au doigt se mit à briller. Une créature scintillante apparut dans un nuage de fumée et lui dit :
– Je suis le génie de l’anneau, fais un vœu et je l’exaucerai.
– Je veux rentrer chez moi, murmura Aladdin.

L’instant d’après, Aladin se retrouvait près de sa mère. Il lui raconta son incroyable aventure et comme elle refusait de le croire, le garçon sortit la lampe de sa poche. Sa mère déclara :
– Je vais la nettoyer puis la vendre au marché.
À l’aide d’un chiffon, elle commença à astiquer l’objet. Quand elle l’eut frotté trois fois, un autre génie, plus grand encore que celui de l’anneau, en sortit.
Je suis le génie de la lampe, dit celui-ci, fais un vœu et je l’exaucerai.
J’ai faim, chuchota Aladin.

En un clin d’œil l’enfant vit paraître devant lui un énorme festin. À partir de ce jour, grâce à la lampe magique d’Aladin, sa mère ne manqua plus de rien. Il lui suffisait de frotter la lampe trois fois et le génie surgissait, prêt à exaucer ses souhaits. Quant au jeune Aladin ce jour fut pour lui le premier d’une longue vie remplie d’extraordinaires aventures.

Un jour peut-être le recroiseras-tu dans tes lectures.

La vache des orphelins

Il était une fois il y a fort longtemps, une famille composée d’un couple et de leurs deux enfants, une fille et un garçon. Le bonheur submergeait le cœur de la famille qui habitait dans une cabane où chantaient les oiseaux. Le ciel était bleu, le vent caressait la verdeur de la terre. La femme s’occupait affectueusement de ses enfants et de leur vache malgré la pauvreté, les manques et les misères. Les jours et les nuits allaient ainsi, calmes et heureux quand soudain la mère eut une grave maladie qui la conduisit à la mort. Alors la tristesse entra dans la maison sans demander la permission. Misère, douleur, déluge de larmes, ce fut le temps de la séparation. Les enfants cherchèrent leur mère dans le cœur de leur père, la cabane devint triste, même la vache sentit la perte de la mère.

Un an après la mort de la mère, le père décida d’épouser une autre femme pour prendre soin des enfants. Il choisit une femme qu’il pensait être bonne mais derrière sa beauté se cachait un cœur des plus sévères. Lorsque la femme donna naissance à une fille qu’ils appelèrent Aïcha, sa haine envers les deux enfants devint totale. La femme maléfique les obligea à passer la journée dehors, affamés, négligés. Ils ne rentraient qu’à la nuit tombée avec la vache et se couchaient dans l’étable. Ils recevaient affection et tendresse de la vache et tiraient leur nourriture de son lait frais.

La femme du père était inquiète : malgré la privation et la négligence à leur égard, les enfants grandissaient et devenaient beaux alors que sa fille Aïcha restait pâle et mince malgré sa grande attention envers son alimentation. Elle décida de surveiller les deux enfants et envoya sa fille avec eux pour savoir ce qu’ils faisaient, où ils mangaient, qui s’occupait d’eux. Le lendemain Aïcha découvrit avec surprise que ses frères et sœurs se nourrissaient au pis de la vache comme des enfants allaités par leur mère. Alors qu’elle essayait de les imiter, la vache la frappa à l’oeil. Aïcha retourna auprès de sa mère et lui raconta ce qui était arrivé. Quand la femme vit et entendit cela, sa colère s’intensifia. Elle punit les enfants et décida de se débarrasser de la vache. Elle demanda à son mari de vendre la vache mais ce dernier refusa car elle était le seul héritage de sa première épouse pour les enfants. La femme insista de mille et une manières, si bien qu’il ne put refuser. Lorsqu’il vendit la vache, les enfants furent affligés : ils sentirent à nouveau la mort de leur mère, comme si elle était morte deux fois. La nuit où le père vendit la vache, il vit sa première femme en rêve. Pleurant, elle lui dit :
– Pourquoi as-tu vendu la vache ? Va voir le boucher, reprends le sein de la vache et mets-le sur ma tombe.
Le père se réveilla affreusement de son sommeil, il alla chez le boucher, rapporta la poitrine et la plaça sur la tombe comme il lui avait été demandé. Puis il dit aux enfants d’aller sur la tombe de leur mère. Les deux enfants arrivèrent affamés et assoiffés. Le sein de la vache était plein de lait qu’ils burent jusqu’à être repus.

Chaque jour, ils venaient sur la tombe de leur mère pour manger et retournaient heureux à la maison. La femme était confuse : elle voyait bien que les deux enfants étaient en bonne santé et qu’ils devenaient plus beaux chaque jour. Une nouvelle fois, elle demanda à sa fille de les surveiller. Les enfants, connaissant la haine de la femme, tentèrent de la dissuader de les suivre mais elle insista et découvrit leur secret. Quand elle s’approcha pour boire le lait sur la tombe de la mère, celui-ci se changea en sang. En colère, elle rentra se plaindre à sa mère et lui dit ce qu’elle avait vu et ce qu’il s’était passé. La femme commença à penser à une astuce pour se débarrasser des enfants. Elle se rendit sur la tombe et jeta le sein de la vache aux chiens, puis elle expulsa les enfants de la maison et même du village. Quand le père revint, il ne trouva pas ses enfants mais la femme dit qu’ils étaient partis sans prévenir et il les chercha en vain.

Ne sachant où aller, le frère et la soeur marchèrent à travers la montagne, les vallées. Un jour trop fatigués, ils s’arrêtèrent près d’une rivière. La fille vit quelque chose de bizarre dans l’eau et se souvint que sa mère lui avait parlé d’une vallée magique. Elle se retint de boire et tenta d’en empêcher son frère mais ce dernier ne réussit pas à l’écouter, il ne supportait plus la soif. Dès qu’il but, il fut métamorphosé en une étrange créature. Tous les deux continuèrent leur marche jusqu’à atteindre une vieille cabane où vivait une vieille femme seule. La fille lui raconta son histoire et la vieille décida d’aider les enfants. Après tout ce qui leur était arrivé, un sentiment de bonheur et de joie les étreignit enfin devant la générosité de cette dame.

Un jour, la fille décida d’aller chercher de l’aide pour son frère.
En chemin elle rencontra le cortège du roi qui était à la chasse. Celui-ci admira sa beauté fascinante et l’aima d’un coup de foudre. Lorsqu’elle raconta son histoire, il accepta de l’aider à condition qu’elle accepte sa demande en mariage. Ce fut un grand mariage dont tout le monde parla. Le frère fut traité avec gentillesse et redevint normal.
Ainsi ils vécurent heureux avec amour et dans la paix et ils oublièrent leur tristesse et la misère.